6 mai 2012 : Nicolas Sarkozy est battu, il annonce son retrait de la vie politique. Depuis dix ans, l'UMP détenait l'Élysée et était majoritaire à l'Assemblée. Le président sortant, comme ministre de l'Intérieur, comme ministre de l'Économie et des finances, comme patron de l'UMP puis enfin comme chef de l'État, a traversé la décennie au cœur du pouvoir. Une page se tourne. Dans l'immédiat, la bataille des législatives. Les leaders du parti veulent contraindre François Hollande à une nouvelle cohabitation. Jean-François Copé, le secrétaire général, et François Fillon, l'ex-premier ministre, veulent y croire. L'unité est de mise. La succession, le droit d'inventaire, ce sera pour plus tard. Quelle ligne pour l'UMP de demain ? Quid d'un dialogue éventuel avec le FN (les sondages pour les législatives de juin donnent aux deux formations un total additionné d'environ 50% des intentions de vote...) ? L'avenir nous dira ce qu'il adviendra du parti de Jacques Chirac. L'avenir, justement, il en est question dans le document qui suit. J'ai souhaité interroger un homme qui comptera, sans doute, dans les années qui viennent. Benjamin Lancar, le président des Jeunes Populaires (les jeunes de l'UMP). Il est aujourd'hui candidat dans la cinquième circonscription de Paris. Je le remercie pour les réponses qu'il a bien voulu apporter à mes questions. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

BENJAMIN LANCAR

Président des Jeunes Populaires (depuis 2008)
Candidat dans la 5è circonscription de Paris

 

"Il est impératif de garantir un certain

 

équilibre des pouvoirs"

 

(Photo fournie par M. Benjamin Lancar)

 

 

Q : 13/05/12

R : 30/05/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

 

Benjamin Lancar : J’ai 26 ans, je suis diplômé de Sciences Po et d’HEC, Président des Jeunes Populaires depuis 2008, Conseiller Régional depuis 2010 et secrétaire national de l’UMP à la Nouvelle économie. Je suis actuellement candidat dans la 5ème circonscription parisienne, c’est-à-dire dans le 3ème et le 10ème arrondissement.

 

 

PdA : Quel cheminement personnel vous a conduit à vous engager de manière aussi active dans la vie politique ?

 

B.L. : Cette envie m’a été transmise à la fois par mes parents à travers leur parcours – je suis issu d’une famille modeste arrivée au début des années 60 en France - mais aussi par une envie forte d’assouvir une grande curiosité intellectuelle.

 

 

PdA : C'était il y a tout juste une semaine... Nicolas Sarkozy est battu, François Hollande sera le prochain président de la République. Comment avez-vous vécu cette journée ? Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez compris que le résultat ne vous serait pas favorable ? Dans quel état d'esprit êtes-vous, aujourd'hui ?

 

B.L. : J’ai été extrêmement triste et déçu. D’abord parce que depuis quatre ans, je me suis engagé à l’UMP en tant que Président des Jeunes Populaires avec la volonté de faire réélire Nicolas Sarkozy. Mais aussi parce que Nicolas Sarkozy a été une figure qui a structuré ma génération. Il a donné à beaucoup de jeunes l’envie de s’engager en politique et de défendre leurs idées.

 

Le sarkozysme, c’est pour moi le refus du renoncement, la volonté de réformer et d’être dans l’action. C’est pourquoi il faut aujourd’hui continuer à se battre pour les idées qui sont les nôtres et qui étaient celles défendues par le chef de l’État.

 

 

PdA : Comment expliquez-vous cette défaite ? Certes, vous me direz, et vous aurez raison, que des réformes difficiles, impopulaires ont été engagées. Que notre pays a subi durant une bonne partie du quinquennat les effets de la crise mondiale, et qu'il s'en est plutôt mieux tiré que d'autres. Voyez-vous malgré tout dans les racines de ce résultat des éléments de nature à vous inspirer des regrets ? Des choses qui, à votre niveau ou non, auraient pu, auraient dû être faites différemment ?

 

B.L. : Nous sommes dans la campagne législative et le temps de l’analyse n’est pas encore venu. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas une « envie de gauche » en France, que le score de la présidentielle était serré et que François Hollande est très loin d’entraîner une grande adhésion. Je doute même fortement qu’une majorité de Français approuve son programme présidentiel.

 

 

PdA : J'ai eu le sentiment que Nicolas Sarkozy a mené, surtout après le second tour, une campagne plus conservatrice qu'il ne l'est lui-même. Sur les valeurs (mariage homosexuel, euthanasie...), sur l'immigration, sur le vote des étrangers aux élections locales, il a clairement fait campagne "à droite". Certains diront que c'était là une stratégie visant à récupérer les voix des électeurs de Marine Le Pen. Certains membres de l'UMP, alliés ou ex-alliés du parti présidentiel ont en tout cas fait part de leur malaise vis à vis de cette ligne. Jean-Louis Borloo lui-même estime qu'il a manqué un "virage social" au gouvernement. D'autres ont stigmatisé un discours qui, d'après eux, diviserait les Français, voire les monteraient les uns contre les autres.

Vous êtes jeune, et compterez sans doute parmi les dirigeants futurs de votre formation politique. Avez-vous été  totalement à l'aise avec tout ce qui a pu être dit par les vôtres durant cette campagne ? Sans parler d'opposition, avez-vous des différences d'appréciation, une sensibilité qui pourrait vous conduire, sur certains sujets, à vous démarquer de l'opinion dominante au sein de votre parti ?

 

B.L. : Nicolas Sarkozy a fait le bon constat sur le besoin et l’envie de protection des Français : protection de nos emplois, de nos frontières, de notre industrie, de notre modèle social ou encore de notre modèle d’État-Nation. J’ai fait campagne à fond et je ne me renie pas. On nous annonçait tout de même des écarts de 10 à 20 points dans certains sondages, et alors que les gouvernements européens sortants ont été balayés avec des écarts majeurs, il n’aura manqué à Nicolas Sarkozy que 1,5 point.

 

 

PdA : Vous respecterez certes sa décision, mais souhaitez-vous à titre personnel que Nicolas Sarkozy demeure un leader actif au sein de l'UMP ? Quel bilan tirez-vous de son quinquennat ? Si le dynamisme et l'activisme de l'homme sont largement reconnus, sa personnalité, son image "bling-bling", d'"ami des riches" ont heurté nombre de Français de bonne foi. Il a été majoritairement impopulaire durant une bonne partie de son quinquennat. Que vous inspire cette perception d'une large part de la population ? Qui est le vrai Nicolas Sarkozy, celui que vous connaissez, que vous aimez ?

 

B.L. : Je suis persuadé que le lien entre les Français et Nicolas Sarkozy est très fort et au fond de moi, j’espère que l’histoire connaîtra de nouveaux chapitres.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur François Hollande, alors qu'il s'apprête à prendre ses fonctions ? De la manière la plus objective qui soit, et en mettant de côté le fait que vous ayez soutenu son adversaire, diriez-vous qu'il a les qualités requises pour être un bon président de la République ? Quelles sont ces qualités que vous êtes prêt, même "à la limite", à lui reconnaître ? Quel message souhaiteriez-vous lui adresser ?

 

B.L. : François Hollande est un homme habile qui a su obtenir les soutiens à gauche et à l’extrême gauche qui ont fait son élection.  Je désapprouve en revanche totalement le programme politique qu’il souhaite mettre en place : augmentation de 60 000 fonctionnaires dans l’éducation nationale, annulation de la réforme des retraites, droit de vote des étrangers aux élections locales… Je crois qu’il lui manque le dynamisme, la vision et la force qu’il faut pour être un grand Président de la République. Il se conduit jusqu’à présent en chef d’un clan.

 

 

PdA : Dans un mois, les législatives. Le contexte sera particulièrement difficile pour l'UMP. Après dix ans d'un large contrôle de la chambre basse, votre parti a perdu le Sénat, puis l’Élysée. Marine Le Pen, forte de ses 6,4 millions d'électeurs, compte bien vous compliquer davantage encore la tâche. Certains à votre droite estiment que l'on peut "parler" avec elle. Si l'on met de côté la face obscure du FN, dont les provocations douteuses du père, pensez-vous qu'il y ait sur le fond des possibilités de rapprochement entre vos deux formations ?

 

B.L. : Je pense qu’il n’y en a aucune. Jamais.

 

 

PdA : Vous êtes candidat à la députation dans la 5è circonscription de Paris. Comment résumeriez-vous, Benjamin Lancar, vos idées, votre projet ? Pourquoi êtes-vous LE député dont cette circonscription, dont la nation a besoin ?

 

B.L. : Je rêve de participer un jour à l’écriture de la loi de mon pays et de porter les réformes dont la France a besoin. Cette volonté est à l’origine de mon engagement comme candidat dans la 5ème circonscription.

 

Je crois aussi qu’il est essentiel d’avoir de jeunes députés qui puissent renouveler le parlement et la pratique de la vie politique. Je porte le message de mon parti, l’UMP, mais aussi des idées plus personnelles. Depuis 17 ans, la 5ème circonscription de Paris est dirigée localement et représentée nationalement par la gauche sans que la vie des habitants ne se soit améliorée : il est temps de changer.

 

J’ajoute que je me suis engagé à être un député à temps plein puisque si je suis élu, je démissionnerai de mon mandat de conseiller régional.

 

 

PdA : Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour tenter de les convaincre de voter pour un candidat UMP ou allié au mois de juin ?

 

B.L. : Les raisons de voter pour un candidat UMP aux élections législatives sont nombreuses. Il est impératif de garantir un certain équilibre des pouvoirs. Il n’est pas souhaitable de voir la gauche cumuler la majorité au sein des collectivités territoriales, de l’Assemblée Nationale, du Sénat et de l’exécutif.

 

Il est impératif d’empêcher la gauche d’obtenir les 3/5èmes au parlement qui leur permettraient de réformer la Constitution et d’y inscrire le droit de vote des étrangers aux élections locales.

 

Enfin pour tous ceux qui ne cautionnent pas le programme de François Hollande et qui ne veulent pas de l’augmentation des dépenses, d’un accroissement insoutenable de la dette qui nous rapprochait un peu plus de la Grèce, alors ma candidature et celles des autres membres de l’UMP est l’unique rempart à la mise en place du programme socialiste.

 

C’est aussi un premier et dernier moyen avant cinq ans pour pouvoir exprimer un message d’équilibre, de vigilance voire de résistance à François Hollande.

 

 

PdA : Quels seront pour vous les grands enjeux de ces prochaines années, pour la France, l'Europe ? Comment s'y préparer, y faire face dès à présent ?

 

B.L. : La résolution de la crise des dettes souveraines ; l’évaluation, le contrôle et la réforme des politiques publiques ; la promotion de l’innovation et des nouvelles technologies ; la réforme de la sécurité sociale ; la réforme du marché du travail ; la nécessité de créer un « big bang » du logement social ; la solidarité intergénérationnelle et la promotion des libertés individuelles sont pour moi les grands enjeux de ces prochaines années.

 

 

PdA : C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

 

B.L. : Je vois l’avenir de la France avec préoccupation et optimisme. Préoccupation parce que je crois que l’on est à un tournant de notre histoire et je crains que nos gouvernants actuels n’en aient guère conscience. De l’optimisme parce que la France à toutes les qualités pour s’en sortir. Il faut pour cela qu’elle fasse les bons choix et que ses dirigeants politiques aient le courage d’entreprendre les réformes nécessaires. Je crois nous vivons dans un très beau pays qui a tous les atouts pour le rester. En particulier, notre jeunesse par sa vitalité, son envie d’entreprendre et de créer, sera au cœur du changement de modèle économique et social que notre pays connaîtra.

 

 

 

Merci encore à Benjamin Lancar ! Bon courage pour ces élections ! Phil Defer

 

 

 

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