La gauche au pouvoir depuis cinq mois n'a pas fini de le déplorer : la crise économique et financière est toujours d'actualité. L'an dernier, j'interrogeais Madame Najat Vallaud-Belkacem, future Ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement. L'adjointe au Maire de Lyon m'affirmait que non, malgré les difficultés, la gauche n'abandonnerait pas le socio-économique au profit du sociétal. Depuis la victoire, plusieurs lois ont été votées. Pourtant, si l'on en croit les études d'opinion, la confiance est loin d'être rétablie... Entretien avec l'un de ses ex-collègues, Monsieur Jean-Louis Touraine, député socialiste du Rhône et premier adjoint auprès de Gérard Collomb, Maire de Lyon. Ce professeur illustre, spécialiste de l'immunologie, des techniques de greffe et du SIDA souhaite "contribuer à restaurer de l'optimisme et de la joie de vivre". Il évoque pour nous son engagement au service de la médecine, les priorités sanitaires du quinquennat, les ambitions de la présidence Hollande... et la capitale des Gaules, ville qu'il aime tant. Je lui adresse mes remerciements chaleureux et respectueux. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JEAN-LOUIS TOURAINE

Député de la 3è circonscription du Rhône (depuis 2007)

Premier adjoint au Maire de Lyon (depuis 2001)

Professeur de Médecine

 

"Contribuer à restaurer de l'optimisme"

 

Jean-Louis Touraine itw

(Source de la photo : http://www.jeanlouistouraine.net)

 

 

Q : 28/08/12

R : 11/10/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Avant d'être un homme politique, vous vous êtes illustré dans le domaine de la santé. Professeur de médecine, vous vous êtes spécialisé, au cours de votre carrière, dans l'immunologie, les techniques de greffe, et la lutte contre le SIDA, notamment...

 

Qu'est-ce qui vous a poussé à embrasser une carrière dans la médecine ? Qu'est-ce qui est le plus gratifiant lorsque l'on choisit cette voie ? De quoi êtes-vous le plus fier, s'agissant de ce parcours ?

 

Jean-Louis Touraine : Mon choix a probablement été guidé par le désir d'être utile, de me prouver que je pouvais apporter concrètement du bien aux autres. Je n’ai jamais regretté ce choix. Être médecin et chercher m’a beaucoup apporté. Il est très gratifiant de développer de nouveaux traitements qui guérissent les maladies antérieurement incurables, notamment chez l’enfant. Il est émouvant de les revoir 30 ans plus tard en pleine santé et parents à leur tour. L’une de mes fiertés a été le mettre au point et de réaliser les premières greffes de cellules souches fœtales au monde, puis les premières greffes in utero sur des fœtus demain.

 

 

PdA : Vous avez été réélu député pour un deuxième mandat en juin dernier. À ce titre, et de par votre expertise, vous jouerez un rôle éminent dans la détermination de la politique sanitaire de notre pays. Quelles devront être les priorités en la matière ?

 

J.-L.T. : Redonner à l'hôpital public les moyens matériels et humains pour remplir sa mission de soins de qualité pour tous, de recherche et d'innovation, d’enseignement. Simultanément redynamiser, sous plusieurs formules, la médecine de premier recours, partout sur le territoire français. Organiser le parcours de soins. Promouvoir le progrès, la prévention. Pour effectuer tout cela, on exerce un contrôle médicalisé de l’évolution des coûts de la santé.

 

 

PdA : La gauche a gagné les élections du printemps dernier, mais elle hérite d'une situation budgétaire particulièrement dégradée, couplée à une croissance quasi-inexistante. Le chômage ne cesse de progresser... Dans ces circonstances, quelles devront être les ambitions de cette majorité dont vous êtes désormais ? Qu'est-ce qui, en 2017, devra avoir été accompli ou au moins entrepris, quels résultats seront attendus pour que l'on puisse parler d'un succès de la présidence Hollande ?

 

J.-L.T. : Être député de la majorité offre beaucoup plus d'opportunités, de potentialités, de capacités de réalisation mais aussi de responsabilités qu’être député d'opposition. Dans la difficile conjoncture présente, la clé du succès réside d'abord dans le retour de l’emploi. Celui-ci nécessitera plusieurs années. Il conditionne en partie la redynamisation économique, la réindustrialisation, la consommation, l’équilibre des comptes sociaux, le pouvoir d’achat et le moral des Français.

 

 

PdA : Élu à Lyon depuis 1989, vous êtes depuis 2001 le premier adjoint au maire de la capitale des Gaules, en charge des déplacements, de la tranquillité publique et de la décentralisation. C'est sur ce dernier point que je souhaiterais vous interroger. Diriez-vous, en tant qu'élu local, que la philosophie qui anime le gouvernement concernant les collectivités territoriales va dans le bon sens ? Qu'est-ce qui, de votre point de vue, devrait être fait dans l'idéal pour une optimisation de la décentralisation à la française ? (Je pense aux compétences, aux ressources, à la représentation nationale...)

 

J.-L.T. : Oui, j'adhère à la philosophie de décentralisation, de simplification et clarification de la répartition des compétences telles qu’elles ont été exprimées par le gouvernement.

 

 

PdA : Quel bilan tirez-vous jusqu'ici de votre gestion, aux côtés de Gérard Collomb, de Lyon et du Grand Lyon ?

 

J.-L.T. : Il est difficile d'être juge et partie. C'est pourquoi je demande plutôt aux Lyonnais d'exprimer leur opinion sur l'évolution de Lyon et de son agglomération. Le plus souvent j'entends des points de vue très positifs sur l'évolution de notre métropole. Quant aux visiteurs, ils signalent régulièrement la beauté de notre ville et la qualité de la vie à Lyon. Beaucoup se disent impressionnés des progrès et changements notés depuis quelques années.

 

 

PdA : Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les inciter à venir découvrir notre belle ville de Lyon (la deuxième ville de France... s'il est marseillais, il dira sans doute troisième...) ? Qu'est-ce que vous aimez à Lyon ? Quels sont les coins dans lesquels vous aimez déambuler, les bons plans que vous voudriez partager avec nous (restaurants, etc...) ?

 

J.-L.T. : Venir à Lyon pour travailler ou pour des loisirs, c'est saisir une opportunité de vivre dans une ville à taille humaine, ou la nature a repris toute sa place, où la sécurité est bonne et les déplacements aisés. Surtout, c'est profiter d'un art de vivre exemplaire où ont toute leur place la gastronomie, la culture, le sport, la santé. Et, de plus, les Lyonnais sont très amicaux et plus du tout « frileux », depuis longtemps maintenant.

 

 

PdA : Que peut-on vous souhaiter, Monsieur Touraine ?

 

J.-L.T. : Aboutir à faire passer les lois qui me paraissent nécessaires à l'amélioration des soins et de la santé des Français. Contribuer à restaurer de l'optimisme et de la joie de vivre. Puis me dire que je suis un « honnête homme » effectuant un « honnête travail » pour mes concitoyens.

 

 

PdA : La dernière question. En fait, une carte blanche, pour vous permettre de conclure l'interview. Vous pouvez approfondir un sujet déjà abordé, en évoquer un autre, lancer un appel... Vous êtes libre ! Merci infiniment !

 

J.-L.T. : Dans l'épreuve que traversent la France et les Français, puissions-nous être tous solidaires ! En 1944-45, alors que nos parents tentaient de surmonter les difficultés d'une période encore plus délicate, le Conseil National de la Résistance a inventé le merveilleux système de solidarité nationale qu’est la Sécurité sociale. Le même esprit humaniste doit nous inspirer aujourd’hui.

 

 

 

Merci encore, Monsieur le député Touraine, pour vos réponses. Pour votre engagement... Phil Defer

 

 

 

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