Si l'on se fiait à la couverture qu'en proposent les grands médias nationaux en ce moment, deux impressions pourraient habiter le spectateur non-averti - bon, d'accord, surtout l'observateur un brin malhonnête - : les municipales se résument à Paris, et celles de la capitale à un duel. "Paris et le désert français", Jean-François Gravier se penchait déjà sur la question en 1947, rien de nouveau sous le soleil - façon de parler ! -. L'affaire serait entendue, le siège de Bertrand Delanoë se jouant entre sa première adjointe socialiste Anne Hidalgo et l'ex-ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce serait faire offense aux électeurs parisiens que d'ignorer les propositions des autres formations politiques - dont le MoDem, représenté par sa vice-présidente Marielle de Sarnez - et, s'agissant du principal groupe d'opposition au sein du Conseil de Paris, les alternatives à "NKM". Outre l'ancienne maire de Longjumeau, qui ne fait pas l'unanimité dans son camp, ils seront quatre à prendre part aux primaires ouvertes organisées par l'UMP pour désigner sa tête de liste : Jean-François Legaret, Franck Margain, Chenva Tieu et Pierre-Yves Bournazel. J'ai contacté ce dernier pour lui proposer une interview, il m'a donné son accord, je l'en remercie. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

PIERRE-YVES

BOURNAZEL

Candidat à la Marie de Paris, dans le cadre des Primaires organisées par l'UMP

 

"Mon projet n'a pas été improvisé

 

sur un coin de table"

 

Pierre-Yves Bournazel

(Photo de Jean-François Damois, fournie par l'équipe de Pierre-Yves Bournazel)

 

 

Q : 06/05/13

R : 22/05/13

 

 

 

Paroles d'Actu : Bonjour Pierre-Yves Bournazel. Un mot d'actu pour commencer. Il y a un an, François Hollande était élu à la présidence de la République. Quel bilan tirez-vous, objectivement, de cette première année ?

 

Pierre-Yves Bournazel : François Hollande n'a pas donné à la France les moyens de peser dans un monde en mutation. En préférant une augmentation massive des impôts à une meilleure maîtrise des dépenses publiques, il a cassé une croissance déjà fragile et plongé notre pays dans la récession. L'économie française a besoin de réformes structurelles de compétitivité et d'un investissement massif dans les nouvelles technologies. Le premier devoir d'un Président est de rassembler les Français, sur ce point aussi il a échoué.

 

 

PdA : Maire de Paris, vous aurez à coeur de mettre fin à la "muséification"de la ville, avec le souhait d'être un manager pour une métropole économiquement dynamique et ouverte au monde, à l'image de Londres ou de New York. Voulez-vous expliciter ce retard que vous croyez percevoir à Paris par rapport aux autres grandes métropoles ? Comment comptez-vous y remédier ? 

 

P.-Y.B. : Plusieurs études récentes (KPMG, PwC) ont montré la perte de compétitivité de l'espace économique parisien, notamment dans sa propension à accueillir les fonctions stratégiques des entreprises. Le virage manqué de l’exemplarité numérique et du développement digital, les infrastructures inadaptées, la difficulté à faire des affaires, les problèmes de sécurité, le coût de la vie exorbitant sont autant de lacunes désormais identifiées par les investisseurs du monde entier. Nous devrons par conséquent recréer une dynamique globale à l'échelle du Grand Paris pour reconquérir notre place dans le monde. D'un point de vue économique, je souhaite créer dans le nord-est de la capitale une cité de l'innovation, en partenariat avec les grandes écoles et les universités, qui sera dédiée aux nouvelles technologies. Je veillerai également à dynamiser le monde des affaires et de l’entrepreneuriat grâce à plusieurs leviers : un fonds de capital investissement dans l'innovation, une politique du microcrédit, un statut du jeune entrepreneur, le recours au city branding, l'extension des zones touristiques pour favoriser l’ouverture des magasins le dimanche et la diminution de la CFE (cotisation foncière des entreprises, ndlr). 

 

 

PdA : Vous avez affirmé être plutôt en phase avec les politiques menées par le maire sortant Bertrand Delanoë en matière de transports en commun, d'événements culturels ou festifs et voulez mettre l'accent sur les questions de sécurité. Comment vous positionnez-vous sur deux problématiques brûlantes, les tensions que connaît le foncier parisien et les relations de la capitale avec les villes qui l'entourent ?  

 

P.-Y.B. : Depuis cinq ans, au Conseil de Paris, je mène une opposition ferme mais pas fermée face à la politique de Bertrand Delanoë. Le tramway, Velib', Nuit blanche ont obtenu l'adhésion des Parisiennes et des Parisiens. Je ne remettrai pas en cause ces réussites même si je les réaménagerai à ma façon. Je dénonce depuis douze ans le dogmatisme de la gauche parisienne. Je ne lui substituerai pas le sectarisme de la droite. Seuls le pragmatisme et l'intérêt général guideront mon action. Cette position me donne plus de légitimité et de force pour dénoncer l'échec de la majorité sortante. Je pense en premier lieu à la stratégie foncière : en systématisant des préemptions dispendieuses, en réduisant la politique du logement à la construction des HLM et en cédant des terrains aux promoteurs sans limiter le prix de vente des futurs appartements, la gauche a encouragé une spéculation dont les Parisiens sont les premières victimes. Dès 2014, je rééquilibrai cette politique au profit du logement intermédiaire destiné aux classes moyennes et aux familles. Je développerai les aides à l'accession à la propriété. J'apporterai des réponses pertinentes (que j'ai déjà eu l'occasion de détailler) au problème des logements vacants. Enfin, et c'est le deuxième sens de votre question, je mettrai en place une stratégie de développement cohérente à l’échelle du Grand Paris (notamment en matière de construction et d’attribution d’habitations à loyer modéré) pour répondre à l’urgence sociale.

 

 

PdA : Maire de Paris... L'une des charges les plus prestigieuses de France. Vous n'avez que 35 ans. Qu'est-ce qui, dans votre parcours, dans ce que vous êtes, vous qualifie à votre avis pour cette fonction de pouvoir et de symboles ?

 

P.-Y.B. : Je suis engagé depuis dix ans au service de la capitale, dont cinq au Conseil de Paris. J'ai été porte-parole de notre candidate, Françoise de Panafieu, lors des municipales de 2008. Je suis secrétaire national de l'UMP en charge des grandes métropoles et j'ai à ce titre beaucoup travaillé sur la question du Grand Paris. La jeunesse n'est pas un problème. Elle est une force. Quels âges avaient les généraux de l'Empire, les fondateurs de Google ou Mark Zuckerberg lorsqu'il a créé Facebook ? Élu du 18ème arrondissement dans lequel je vis, j’ai beaucoup appris et compris les attentes des Parisiens. Le 18ème (204 000 habitants) est un petit Paris de la diversité sociale, générationelle et d’origine.

 

 

PdA : Vous serez principalement opposé à Nathalie Kosciusko-Morizet lors des primaires organisées par l'UMP. Vous dites vouloir être un maire à plein temps, sans vue sur autre chose durant son mandat, et affirmez régulièrement votre ancrage à Paris, deux piques lancées à votre camarade de parti. Ceci mis à part, qu'est-ce qui, sur le fond, rend de votre point de vue votre candidature, votre projet supérieurs aux siens ? Pourquoi les électeurs seraient-ils bien inspirés de vous choisir plutôt qu'elle ?

 

P.-Y.B. : Aucun candidat, ni à gauche, ni à droite, n'a mené la réflexion de fond que j'ai engagée avec mon équipe depuis des années. Mon projet n'a pas été improvisé sur un coin de table ou dans le cadre d'une candidature de dernière minute. Il est le fruit d'un travail de terrain et de proximité. De nombreux journalistes ont d'ailleurs eu l'occasion de souligner que mon programme est le seul à être consistant, réfléchi, argumenté, chiffré et financé.

 

 

PdA : Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a pour elle une véritable expérience du pouvoir - plusieurs fois ministre, députée depuis 2002 -, de la gestion locale - maire de Longjumeau depuis 2008 -, et une notoriété certaine, est ultra- favorite dans votre camp. Qui est avec vous ? Vous avez annoncé avoir été rejoint par plusieurs proches de Rachida Dati. Clairement, avez-vous le soutien de l'ex-Garde des Sceaux ?

 

P.-Y.B. : Je ne suis pas le candidat de la notoriété d'en haut. Je suis le candidat de la légitimité d'en bas. Cette logique de terrain ne m'a pas empêché d'obtenir les parrainages d'élus nécessaires à ma candidature. Beaucoup d'entre eux me soutiennent activement : je pense au sénateur Pierre Charon mais aussi à Géraldine Poirault-Gauvin (conseillère de Paris) et Geoffroy Boulard (adjoint à la maire du 17ème arrondissement). Je peux compter sur Nathalie Fanfant qui est secrétaire nationale de l'UMP. Des proches de Rachida Dati m'ont effectivement déjà rejoint. J'ai été très sensible au témoignage d'amitié de Françoise de Panafieu mais aussi au soutien apporté par Geoffroy Didier. Je veux également remercier La droite progressiste qui a décidé, à l'unanimité, de m'apporter son soutien. Je ne me sens pas seul. Beaucoup d'élus me font savoir qu'ils voteront pour moi et qu'ils appellent à voter pour moi. Je suis chaque jour rejoint par des citoyens avides d'un renouvellement des idées et des méthodes.

 

 

PdA : Quelques mots sur votre campagne ? Pourquoi – les exemples de candidats battus d'avance et au final victorieux, la méthode Coué laissés de côté – êtes-vous optimiste quant à l'issue de cette confrontation entre « amis » ?

 

P.-Y.B. : Je respecte toutes les candidatures. Si je suis investi, je tendrais la main à Nathalie Kosciusko-Morizet et aux trois autres concurrents pour construire ensemble l’alternance. Si je suis battu, je proposerais à l’élu(e) de travailler à ses côtés sans amertume et en toute loyauté. Je veux que notre famille politique gagne dans un an la bataille des municipales à Paris. C’est au nom de cette ambition que j’ai mis en garde contre les méthodes du passé. De Philippe Séguin à Nathalie Kosciusko-Morizet, en passant par Dominique Versini, Christine Lagarde, Jean-Marie Cavada, Arno Klarsfeld et Chantal Jouanno, toute l’histoire de la droite parisienne depuis douze ans est la même. La suite, tout le monde la connaît : nous n’avons cessé de reculer et de perdre. Un sondage et la notoriété n’ont jamais fait une élection. Mais la proximité, le travail, la sincérité et l’authenticité ont souvent créé la surprise.

 

 

PdA : Admettons que vous l'emportiez. Dès lors débutera pour vous l'élection générale. Anne Hidalgo est depuis 2001 le bras droit d'un Bertrand Delanoë populaire. Qu'est-ce qui, dans la confrontation des projets, peut-être dans le jugement des bilans, vous fait penser que les Parisiens, apparemment favorables aux convictions progressistes de l'équipe sortante, pourraient vouloir vous donner une majorité ?

 

P.-Y.B. : La majorité sortante peut s’enorgueillir d’afficher un très bon bilan en matière de communication. Le quotidien des Parisiens lui s’est dégradé. Les loyers ont progressé de 47 %, l’accession à la propriété est devenue une utopie pour le plus grand nombre des habitants de notre ville, la politique des transports aboutit à une thrombose généralisée, la pollution n’a pas diminué et la pression fiscale a bondi dans des proportions inédites pour les particuliers comme pour les entreprises. Lutter contre la démocratie des apparences, c'est le fondement et le sens de ma candidature. Ce qu’ils ont fait de bien (tramway, Vélib’ par exemple) je le garderai car le sectarisme est la pire des politiques.

 

 

PdA : Parlez-nous de "votre" Paris, celui que vous aimez. Comment comptez-vous faire briller davantage encore la "Ville Lumière" ?

 

P.-Y.B. : Peu de villes au monde recèlent autant d'atouts légués par le temps, façonnés par l'architecture, mis en lumière par l'offre culturelle, servis par la puissance économique, habillés par un art de vivre, traduits dans la vie quotidienne de ses habitants. En la parcourant inlassablement, de jour et de nuit, j'ai conservé, malgré les années, la force de l'étonnement des premiers jours. J'y puise mon énergie en pensant à la formule de Sinatra, consacrée à New York, mais qui s'applique si bien à Paris : « I want to wake up in a city that never sleeps ; je veux me réveiller dans une ville qui ne dort jamais ».

 

Paris est une ville rebelle, frondeuse, indomptable mais également avant-gardiste et généreuse. Elle étonnera demain le monde en élisant un maire de 36 ans qui n'est pas le candidat du système.

 

 

PdA : Finalement, pourquoi êtes-vous le meilleur candidat pour porter les couleurs de la droite puis, par la suite, faire gagner Paris ?

 

P.-Y.B. : Je suis engagé depuis dix ans au service des Parisiennes et des Parisiens, dont cinq au Conseil de Paris. Je suis le seul candidat à mener la reconquête depuis le nord-est de la capitale. J'habite dans le 18ème arrondissement, dont je suis l'élu. Dans ces quartiers populaires comme dans les autres, je mène chaque jour depuis des années une action de proximité au plus près de la réalité du terrain. Personne ne peut contester le courage, l'authenticité et la sincérité de mon engagement. À plusieurs reprises, j'aurais pu opter pour des choix plus faciles et confortables. J'ai toujours privilégié la continuité de mon engagement et la fidélité à ma terre électorale. Je n'ai d'autre ambition que celle de servir Paris. Quand on aime sa ville, on ne la quitte pas.

 

 

 

Merci encore à Pierre-Yves Bournazel pour ses réponses. Merci également à Clarisse Coufourier, ainsi qu'à Marion Lecuyer, pour nos échanges.

 

Les cinq candidats aux primaires ouvertes organisées par l'UMP sont Jean-François LegaretFranck MargainChenva Tieu, Nathalie Kosciusko-Morizet et Pierre-Yves Bournazel. Le site officiel de ces primaires vous permettra d'en savoir davantage. Et vous, que vous inspire ce scrutin ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

 

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Le site officiel "Élection primaire ouverte pour l'alternance à Paris en 2014"

 

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