Il y a eu, ces derniers jours, les propos méprisables, ouvertement racistes proférés par l'une de ses adhérentes, sanctionnée depuis. Un débat un peu hors-sol sur la place qui devrait être celle du parti sur l'échiquier politique. Et puis il y a le mouvement de fond. La crise n'est pas uniquement économique et sociale, elle touche également au sens que l'on donne au vivre-ensemble, à notre rapport aux gouvernants, aux élites. Lorsque la confiance, la foi dans le système, dans l'avenir tel qu'il semble tracé s'effritent, des voies autres que celles traditionnellement admises sont promues au rang de possibilités. Les sondages, les scrutins successifs le démontrent : le Front national a le vent en poupe. Caricaturer son électorat ne revient-il pas à se voiler la face, à nier cette réalité ?

   « Quel parti politique est le plus à même de "réformer en profondeur le pays en surmontant les blocages au sein de la société française" ? » Le FN, pour 44% des sondés (CSA). Les intentions de vote pour les Européennes de 2014 ? La formation présidée par Marine Le Pen ferait la course en tête (24%), d'après l'institut Ifop. Une étude BVA suggérait il y a quelques mois le recul du rejet inspiré par le Front national, la montée en puissance de sa sélection en tant que "vote d'adhésion", et plus simplement de "protestation". La confirmation de son « potentiel électoral » élevé. Particulièrement chez les ouvriers (40%) et chez les jeunes (33%)...

   Julien Rochedy est le président du Front national de la Jeunesse. Forte de ses presque 20.000 adhérents, la branche junior du FN serait, selon ses termes, « le premier mouvement jeune de France ». J'ai souhaité m'entretenir avec lui, l'interroger sur son parcours, sur le fond de ses idées, le plus impartialement, le plus honnêtement possible. Je le dis d'autant plus facilement que je ne partage pas nombre de ses options. Je le remercie d'avoir accepté de jouer le jeu, avec sérieux et diligence. Ses propos susciteront des débats, forcément. Notre société ne pourra bientôt plus en faire l'économie... À vous de juger, sur pièces, de réagir, d'interpeller... Merci. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JULIEN ROCHEDY

Président du Front national de la Jeunesse

 

« Le FNJ est le premier

mouvement jeune de France »

 

Julien Rochedy itw

(Photo proposée à ma demande par Julien Rochedy)

 

Q : 20/10/13 ; R : 22/10/13

 

Paroles d'Actu : Bonjour Julien Rochedy. Un « exemple », un « maître », un « professeur d'énergie ». C'est en ces termes que vous évoquiez la figure de Bonaparte l'année dernière, à l'occasion d'une interview accordée au blog Marine Le Pen 2012. Qui côtoierait-il au sein de votre panthéon personnel ?

 

Julien Rochedy : J’ai toujours du mal avec ces questions car, en réalité, je me passionne depuis mon plus jeune âge pour tous les hommes de l’Histoire qui ont réalisé de grandes choses pour leur patrie, leur peuple et leur civilisation. Pour moi, Napoléon les domine tous d’une tête, c’est pourquoi je le cite plus volontiers, et puis il est Français… Mais sinon, mon panthéon est très grand car, de l’Antiquité à aujourd’hui, les hommes exceptionnels ont été nombreux. Voyez, je viens de finir la biographie de Charles XII, et j’admire donc une nouvelle personne, un grand roi !

 

PdA : Qu'est-ce qui, dans votre parcours, dans votre vie, a contribué à forger votre conscience de citoyen ?

 

J.R. : Ça s’est passé au collège, lorsque, justement, j’ai commencé à m’intéresser à l’Histoire. J’ai pris conscience que mon être n’était pas, comme ça, hors sol. J’ai pris conscience que j’appartenais à une lignée, à un pays, à une histoire, et que tout mon avenir dépendait de cette filiation et d’une certaine fidélité à son égard. Avec l’Histoire, je me suis senti appartenir à un tout, à une communauté, et, ainsi, que je devais lier mon destin à celle-ci.

 

PdA : Qu'est-ce qui vous a poussé à vous intéresser aux idées du Front national, puis convaincu d'adhérer à ce parti ? Votre décision a-t-elle coulé de source ? A-t-elle donné lieu à, disons, des débats avec vos amis, vos proches ?

 

J.R. : En vertu de ce que j’ai dit plus haut, tout s’explique : je ressentais le devoir de m’engager pour mon pays, pour son salut, sa gloire, sa survie ; la question était donc : "Par quel biais ?". Si je choisissais le biais politique, alors il n’y avait aucun doute, ce ne pouvait être qu’au Front national, parti qui me semblait le plus à même de tirer mon pays vers le haut.

 

PdA : Je vous ferai grâce de la question à la mode en ce moment, celle de la classification du FN sur l'échiquier politique : un parti d'« extrême-droite », « national-fasciste » diront certains, vous n'êtes pas d'accord avec cette analyse, chacun le sait...

La question que j'aimerais vous poser fait écho à celle à laquelle Marine Le Pen a déjà eu l'occasion de répondre : est-ce que, Julien Rochedy, vous assumez et reprenez à votre compte la totalité de l'histoire, de l'héritage du Front national ?

 

J.R. : Bien sûr ! Et, comme je l’ai déjà dit, je me moque des qualificatifs utilisés par nos adversaires pour nous discréditer. D’abord, parce qu’ayant une certaine connaissance historique, je relativise : pour ces gens-là, n’importe quel grand homme de l’Histoire eut été « d’extrême-droite ». Et puis, si n’être pas comme eux, c’est être « d’extrême-droite », alors je veux bien, même si, fondamentalement, c’est complètement faux.

 

PdA : Marine Le Pen n'a de cesse de fustiger le traitement réservé à votre parti par certains médias, notamment à l'occasion d'interviews. Le commentaire de "petites phrases" ou de photos présentées comme compromettantes amputerait d'autant le temps dévolu à l'exposé, à l'explication de votre projet.

Certains de vos militants donnent toutefois l'impression de tendre le bâton pour se faire battre, sapant par leurs actions ou leurs déclarations le travail effectué pour restaurer l'image du FN. J'ai évidemment à l'esprit cette femme, Anne-Sophie Leclère, pour ses propos ouvertement racistes à l'égard de Christiane Taubira. Et qui, d'ailleurs, a été sanctionnée par votre parti. Un cas qui n'est pas totalement isolé...

Quelle est la ligne du Front national de la Jeunesse s'agissant de ce type de comportement ? Quelles sont vos règles, vos réactions en la matière ?

 

J.R. : Il faut différencier deux choses. Premièrement, il faut éviter de céder tout le temps au politiquement correct qui fait que n’importe quoi d’un peu franc et viril passe pour un dérapage. C’est insupportable ! Mais nous devons faire très attention vis-à-vis des expressions pénalement répréhensibles, car elles ne représentent pas du tout la ligne de notre mouvement. Notre projet est républicain, et c’est bien cela qui embête nos adversaires, justement.

 

PdA : De nombreux sondages - y compris ceux sortis des urnes - ont indiqué ces dernières années, ces derniers mois, ces dernières semaines, que le Front national tenait désormais une place de choix dans celui des jeunes électeurs, parfois la première.

Ces jeunes, qu'ils soient militants ou "simples" sympathisants, vous êtes amené à les côtoyer au quotidien. Quel est leur profil, leur message ?

 

J.R. : C’est là une de mes rares sources d’espoir : énormément de jeunes nous rejoignent et ont à cœur de ne plus se faire avoir par les partis du système. Ces jeunes ont des profils différents, du jeune chômeur au jeune étudiant. Ils ont compris que leur avenir dépendait de celui de la France, que leur identité était menacée et que, pour la première fois depuis des dizaines d’années, on leur promet qu’ils vivront plus mal que leurs parents, etc. Ils se sont débarrassés de tous les mensonges bien-pensants qu’on leur a assénés depuis qu’ils sont jeunes et sont désormais fiers d’être des patriotes.

 

PdA : Que pouvez-vous nous dire, pour ce qui concerne le Front national de la Jeunesse, que vous présidez, des tendances du moment ? Les adhésions sont-elles vraiment plus nombreuses, de plus en plus nombreuses ? Vient-on vous voir plus facilement, plus "ouvertement" ?

 

J.R. : Oui, nous approchons les 20.000 jeunes, ce qui est un record. Actuellement, nous sommes le premier mouvement jeune de France. Désormais, les jeunes rejoignent avec beaucoup plus de facilité le Front national car, d’une, ils savent qu’ils n’ont pas vraiment le choix s’ils veulent un avenir, et, de deux, parce que l’image que nous avons est désormais à leur image : des Français qui souhaitent simplement mener une politique de bon sens, loin de l’extrémisme dont on a raconté qu’il était notre logiciel.

 

PdA : Je vous propose maintenant d'aborder quelques questions de fond, d'examiner ensemble quelques uns des grands axes de votre projet pour la France et les Français...

 

L'une de vos propositions fondatrices concerne notre monnaie. Vous souhaitez que notre pays quitte l'union monétaire, qu'il abandonne l'euro au profit d'un franc restauré... La France retrouverait alors sa souveraineté monétaire et, en théorie, sa capacité à jouer sur les taux directeurs donc sur l'économie, à monétiser une partie de la dette publique... Vous comptez sur la dévaluation qui ne manquera pas de suivre une telle décision pour relancer notre compétitivité-prix, donc nos exportations, donc notre activité.

De nombreux experts doutent du réalisme du postulat que vous posez et jugeriez salutaire : la disparition de l'euro suite à la défection française. Pour eux, sortir de l'euro s'avérerait désastreux : le poids de la dette exploserait, l'inflation deviendrait galopante et la confiance des investisseurs et des marchés en sortirait durablement affectée. L'Institut Montaigne (auquel vous opposerez probablement d'autres études, c'est votre droit le plus strict) prévoit qu'elle provoquerait la perte de 6 à 19 points de PIB, la disparition de plus d'un million d'emplois... Que leur répondez-vous ?

 

J.R. : Avant d’entrer dans les détails techniques, j’aimerais attirer votre attention sur une chose : ceux qui nous disaient il y a vingt ans, avec Maastricht, que l’adoption de l’euro serait le paradis sont les mêmes que ceux qui, aujourd'hui, nous disent que son abandon serait un enfer. Ils se sont complètement plantés sur le paradis, et je peux donc vous assurer qu’ils se plantent aussi sur l’enfer prévu…

 

Ensuite, vous devez savoir qu’aujourd’hui de très nombreux économistes considèrent que l’euro a été une gageure. De Sapir à Krugman (prix Nobel d’Économie), tous estiment désormais que l’euro est le boulet numéro un de la croissance et de l’emploi en Europe. Nous sommes donc loin d’être seuls dans nos analyses.

 

Pour faire rapide, récupérer notre outil monétaire nous permettrait de relancer l’économie avec un peu d’inflation. Et là-dessus, il faut arrêter de dire que ce serait une catastrophe ! Durant les Trente Glorieuses, (1945-1973, ndlr) la France a dévalué peut-être une dizaine de fois et, à chaque fois, cela relançait la croissance ! De même, le Japon vient juste de dévaluer et son économie est repartie…

 

[Retrouver la maîtrise de l'outil monétaire] nous permettrait de monétiser la dette et de pouvoir emprunter directement à la Banque de France à des taux à 0 ou 1%, ce qui nous libérerait du poids de la dette et de l’influence négative des marchés financiers. Enfin, cela reboosterait nos exportations, qui, je vous le rappelle, ont plongé depuis l’adoption de l’euro. Vous pensez que c’est un hasard ?

 

PdA : Votre philosophie européenne pourrait se résumer comme suit : une coopération inter-États sur la base du volontariat en lieu et place d'une intégration communautaire jugée par trop dogmatique (sur le commerce, notamment), bureaucratique et antidémocratique. Il y a objectivement des éléments qui alimentent ces critiques.

Pour autant, à l'heure de l'émergence de géants démographiques (la Chine, l'Inde, le Brésil...) sur les scènes économique et diplomatique, le sens de l'Histoire n'est-il pas, pour reprendre l'expression de Kissinger, au développement d'une Europe politique au « numéro » unique ? Quelles conditions poseriez-vous à la subsistance d'une structure, d'institutions supranationales en Europe ?

 

J.R. : Je vais profiter de votre question pour préciser une chose essentielle : être contre l’Union européenne, ce n’est pas être contre l’Europe ! Au contraire ! C’est précisément parce que j’aime l’Europe que je n’aime pas ce qui la chaperonne bien illégitimement, au mépris de ses peuples et de sa civilisation, à savoir l’UE. Nous sommes pour une grande alliance européenne, avec des partenariats stratégiques entre les Nations qui ont tout intérêt à travailler de concert.

 

Il faut savoir que l’Europe n’est forte que par les Nations qui la composent : plus celles-ci sont libres et disposées à prendre les décisions qui servent leurs intérêts, plus l’Europe progresse et se développe. Nous pourrons d’autant plus échanger et travailler ensemble quand chacun aura récupéré toutes ses marges de manœuvre et sa liberté. C’est la raison pour laquelle l’Union européenne est destinée à mourir, en tout cas sous cette forme, car il n’est pas dans le logiciel de l’Europe d’être dominé par une structure supranationale.

 

PdA : Vous êtes souvent très critiques vis-à-vis des États-Unis et de l'esprit en général plutôt atlantiste des politiques français. Vous favorisez clairement un rapprochement avec la Russie, citée à de nombreuses reprises dans votre projet présidentiel de 2012.

Que partageons-nous, et qu'avons-nous vocation à partager avec la Russie, dont je rappelle au passage qu'une loi bannissant la "propagande" homosexuelle a récemment provoqué quelques remous, et pas uniquement en Occident ?

 

J.R. : Nous appartenons à une civilisation européenne qui a en réalité plus à voir avec la Russie qu’avec les États-Unis, qui se sont construits, historiquement, en rupture avec les principes et les valeurs européennes de la « Vieille Europe ». Mais ça, beaucoup d’entre nous l’ont oublié, gorgés comme nous le sommes par les films, les séries, les musiques, les produits américains…

 

En dehors de la civilisation, nos intérêts stratégiques communs sont immenses : l’Europe plus la Russie, c’est le cœur du monde (l’Heartland, que les États-Unis redoutent tant…) qui bat d’un même rythme. Nous redevenons la zone la plus puissante du monde.

 

Plus prosaïquement, nous partageons aujourd’hui le même souci pour l’émergence d’un monde multipolaire, la lutte (réelle) contre l’islamisme et, ajouterais-je, avec Vladimir Poutine, le même goût pour une société tout à fait moderne, mais qui ne méprise pas pour autant ses traditions.

 

PdA : Le thème "signature" du Front national, c'est l'immigration. Quelles modifications comptez-vous apporter aux règles relatives au droit de séjour des étrangers en situation régulière sur notre territoire ?

Qu'adviendrait-il, par exemple, d'un étranger intégré ayant travaillé, cotisé durant vingt ans ou plus, qui aurait fait sa vie en France et se retrouverait brutalement, durablement au chômage ? Aurait-il réellement vocation à être reconduit dans son pays d'origine ?

 

J.R. : C’est bien simple : un étranger en France, s’il veut rester, devra subvenir à ses propres besoins, comme dans la plupart des pays du monde. Un étranger ayant travaillé des années en France touchera le chômage qui lui est dû, et, lorsque ses droits au chômage seront terminés, alors, il devra soit trouver un autre travail, soit quitter le pays. Bon sang ! C’est normal à la fin !

 

Est-ce que vous et moi, nous nous dirions, « Tiens, si je partais en Argentine ou aux États-Unis, parce que j’aime ces pays, pour y toucher des aides ? » Non ! Vous et moi, on chercherait du travail dans ces pays. Si on en trouve, on y va. Si on n’en trouve pas, on reste chez nous. C’est normal.

 

PdA : Vous souhaitez réduire de manière drastique le nombre d'entrées légales sur notre territoire, qui seraient portées à environ 10 000 par an, je crois. Une telle restriction ne porte-t-elle pas en son sein le risque de nous priver du concours de gens qui souhaiteraient entreprendre, créer de la richesse en France ?

Par ailleurs, une politique active de codéveloppement serait-elle conduite pour contribuer à traiter d'une autre manière, en amont, les causes qui mènent aux migrations de désespoir ?

 

J.R. : [Le risque que vous évoquez ne se présenterait pas] car les 10.000 personnes qui entreraient encore en France seraient essentiellement des étudiants. Quant au reste des étrangers, ce seraient, comme je l’ai dit précédemment, des étrangers ayant un travail en France ou de quoi subvenir à leurs besoins, donc, en réalité, les étrangers qui apportent une plus-value à la France seront toujours présents. Seuls les chômeurs que nous ne pouvons plus assister ne viendront plus et, hélas, aujourd’hui, ils constituent 80% de l’immigration que nous connaissons chaque année.

 

PdA : En matières pénale et d'application des décisions de justice, vous préconisez, outre la création de nouvelles places de prisons, la tenue d'un référendum qui inviterait les Français à se prononcer pour ou contre l'instauration d'une perpétuité "réelle", irrévocable, pour ou contre le rétablissement de la peine de mort.

Admettons que ce référendum se tienne effectivement (il faudrait d'abord se retirer de plusieurs traités de défense des droits de l'Homme...), voteriez-vous, à titre personnel, pour la réintroduction de la peine capitale dans notre système judiciaire ?

 

J.R. : Personnellement, je voterais "Oui". Je pense que certains crimes doivent être punis de cette peine hautement symbolique.

 

PdA : Sans transition... Quelle serait votre stratégie pour défendre et promouvoir notre culture, notre langue au-delà des frontières nationales ? Quel doit-être notre rapport à la communauté francophone ?

 

J.R. : La francophonie est effectivement un bien dont on ne tire pas assez avantage. Nous devrions aller ouvrir beaucoup plus d’universités dans les pays francophones, nous devrions être inflexibles sur la défense du Québec, nous devrions réinvestir massivement dans la production et l’exportation de nos biens culturels. Et puis, vous savez, une maxime que j’affectionne dit « Concentration signifie attraction ». Lorsqu’un vent de patriotisme sera passé à nouveau sur la France avec l’élection de Marine Le Pen et que nous nous serons reconcentrés sur notre génie propre, alors la France attirera à nouveau dans le monde.

 

PdA : Deux chiffres : 14% et 0,5. Le premier, c'est le score du Front national lors du premier tour des législatives de 2012. Le second, votre part (arrondie) d'élus à l'Assemblée. Une situation contre laquelle vous vous insurgez, à juste titre à mon avis. L'écrasante majorité des pays d'Europe organisent leur démocratie selon le système de l'allocation des sièges proportionnellement (avec quelques correctifs) au nombre de suffrages obtenus.

Quelle dose de proportionnelle appelez-vous de vos vœux pour la chambre basse ? Quelles sont, plus globalement, les réformes institutionnelles qui vous semblent nécessaires ? Faut-il mettre fin à la dualité à dominante présidentielle de l'exécutif, opter pour un véritable régime parlementaire ?

 

J.R. : Nous souhaitons que la Vème République persiste, car nous pensons qu’elle correspond bien à la France. La France a toujours eu besoin d’un exécutif fort, et elle ne s’avilit que lorsque, justement, l’exécutif n’est pas à la hauteur, comme aujourd’hui… En revanche, nous sommes pour la proportionnelle intégrale, car nous pensons que l’Assemblée doit être totalement représentative des opinions politiques des Français.

 

PdA : Nous venons d'évoquer quelques idées importantes de votre programme, quelques questions qui comptent pour nos concitoyens, pour notre pays. Une sélection, forcément partielle. Voyez-vous d'autres points que vous aimeriez porter à notre connaissance, au jugement de nos lecteurs ?

 

J.R. : Ce qui me tient à cœur personnellement, c’est l’idée de l’État-stratège dont parle Marine Le Pen, c'est-à-dire un État qui pourrait investir dans des secteurs clefs déterminants pour l’avenir. Un exemple : personne ne s’occupe de notre espace maritime, alors qu’il est le plus riche du monde. Pourquoi ? Car son exploitation demande des investissements sur le long terme, ce que peu d’entreprises privées peuvent se permettre. Ici, l’État pourrait jouer son rôle, un peu comme l’État sous le général de Gaulle, lorsqu’il a eu l’intelligence d’investir dans le nucléaire et dans des projets comme le TGV ou le Concorde.

 

Cet État-stratège, que seule Marine propose de recouvrer, est quelque chose d’essentiel pour l’avenir de notre pays, et en tant que jeune, ça me parle particulièrement.

 

PdA : Ce qui vous sépare des autres partis, de la gauche de la gauche à la droite dite « républicaine » tient, disent-ils régulièrement, à une incompatibilité en termes de « valeurs ». Comment définiriez-vous les vôtres ?

 

J.R. : Nos valeurs sont la liberté, la justice, la souveraineté, l’identité, la probité, etc. Bref, autant de valeurs que, manifestement, nous ne partageons effectivement pas avec les partis du système !

 

PdA : La puissance de votre force d'attraction ne réside-t-elle pas, pour une part significative, dans ce qui découle de votre non-participation au pouvoir, à savoir : une absence de bilan, de votes à assumer, de compromis à réaliser... ? Pourrez-vous prétendre exercer le pouvoir un jour en faisant l'économie d'une coopération avec d'autres pour obtenir une majorité, d'un abandon de quelques éléments de votre "pureté idéologique" ?

 

J.R. : Vous savez, nous sommes en situation de crise, et à chaque fois que la France touche le fond se libère un espace pour un grand mouvement patriotique. C’est là toute l’histoire de France… Viendra un temps (que l'on espère très proche) où une majorité de Français se porteront sur nous, car nous serons les seuls à pouvoir sortir le pays du cataclysme dans lequel les autres l’auront mis.

 

PdA : Au printemps prochain, vous serez à la tête de la liste Front national - Rassemblement Bleu Marine pour la municipale de Montélimar, dans la Drôme. Comment sentez-vous cette élection ?

 

J.R. : Très bien ! Et même mieux que je ne le pensais préalablement ! Les attentes des citoyens sont extraordinaires, et beaucoup de Montiliens sont déjà prêts à m’aider pour faire du Front national et du Rassemblement Bleu Marine des forces incontournables dans la ville et, d’une manière générale, dans le département.

 

PdA : Quels sont vos projets, vos ambitions pour la suite, Julien Rochedy ?

 

J.R. : Au niveau politique, je veux que le FNJ soit encore meilleur dans son implantation et dans sa communication, et je veux que le RBM et le Front national changent la donne dans la Drôme, avec mon concours.

 

PdA : Quelle évolution prédisez-vous au Front national pour les mois, les années à venir ? Le FN au pouvoir au niveau national, franchement, vous y croyez ?

 

J.R. : Bien sur que j’y crois ! Sinon, je ferais autre chose ! Je ne me bats pas pour rien. Comme le dit souvent Marine, nous ne sommes pas là pour témoigner, mais pour changer les choses !

 

PdA : Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

J.R. : Merci à vous, et bon sang, croyez en la France !

 

 

Merci encore, Julien Rochedy, pour vos réponses. Et vous, que vous inspirent les idées du Front national ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

<<< Julien Rochedy avait accepté, il y a cinq mois, de prendre part à l'article choral Hollande : l'an 1 vu par de jeunes citoyens. Sa contribution, datée du 22 mai, est ici retranscrite... REPLAY

 

PdA : Bonjour Julien Rochedy. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

J.R. : Me concernant personnellement ? Que même si je suis au FN, je ne mange pas d’enfants et je n’ai jamais torturé de petits chats. Plus sérieusement, je suis diplômé d’un Master de Relations internationales, j’ai déjà écrit plusieurs livres mais n’en ai pour l’instant publié qu’un seul. Je suis engagé au Front national depuis 2006 et je suis un jeune bien ancré dans son temps, mais soucieux de l’amender pour notre salut.

 

PdA : François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

  

J.R. : Ce sont les mêmes orientations qui ont guidé notre pays vers la catastrophe que nous connaissons. Il veut plus d’intégration européenne, ce qui signifie moins de souveraineté pour la France et plus de soumission à des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Il continue une politique d’immigration qui se révèle tous les jours dramatique.

 

Il ne prend pas les mesures nécessaires pour endiguer l’insécurité qui frappe de plein fouet beaucoup de Français, parmi les plus fragiles. Enfin, il ne cherche pas d’autres modèles économiques en refusant le protectionnisme et la relance, seuls expédients qui pourraient nous faire retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi. 

 

PdA : Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

J.R. : J’aimerais que Hollande change son fusil d’épaule ! En tant que président de la République, il doit rendre le pouvoir aux Français, en l’arrachant s’il le faut à la Commission européenne et aux marchés financiers. Il doit cesser l’immigration au plus vite, car nous n’avons plus les moyens d’accueillir chaque année 200.000 personnes, sans parler des clandestins.

 

Il doit protéger notre économie et la relancer afin qu’elle ne sombre pas dans la récession, comme c’est le cas aujourd’hui. Je demande qu’il ait du courage et de la lucidité, qu’il ne reste pas dans les poncifs mondialistes, européistes et ultralibéraux qui ont fait tant de mal à notre pays.

 

PdA : Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

J.R. : Qu’il faut croire à la France ! Si notre pays se dote d’une vision et de grands projets pour l’avenir, nous avons encore le potentiel de jouer dans la cour des grands. Nous avons le second espace maritime mondial, et peut-être le plus riche, or nous ne l’exploitons pas.

 

Nous avons des qualités immenses dans la recherche et dans l’énergie. Nous avons un savoir-faire incomparable dans notre industrie, pour peu qu’on l’aide. Nous avons enfin une position internationale qui nous permet de nous faire entendre. Alors bon sang, qu’il croie à la France ! 

 

PdA : Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

J.R. : Le déclin généralisé que connaît la France vient des décisions politiques qui ont été prises de concert par l’UMP et le PS depuis des années. On ne soigne pas le mal avec le mal. Il faut donc changer de politique, et la seule alternative s’appelle Marine Le Pen, avec le Front national.

 

 

Vous pouvez retrouver Julien Rochedy...

 

 

Édition mineure de la présentation de l'article : 12/09/14.