31 mai 2022

Pascal Louvrier : « Depardieu, il faut qu'il tourne, sinon il tombe... »

Parmi nos monstres sacrés, et il n’en reste plus beaucoup, je vous propose aujourd’hui un gros plan sur un homme et un artiste qui incarne peut-être mieux que personne la notion de démesure. Nounours ou bien ogre, qui se cache derrière l’enveloppe corporelle imposante, la carapace Depardieu ? Pascal Louvrier, auteur de nombreux ouvrages, tente de tirer la chose au clair avec Gérard Depardieu à nu (L’Archipel, avril 2022), une bio fouillée et passionnante dans laquelle il analyse la carrière monumentale de Depardieu et le parcours de vie de Gérard, entre petits bonheurs et grandes failles.

Je remercie M. Louvrier pour l’interview qu’il a bien voulu m’accorder le 23 mai : j’ai pris le parti d’exclure des questions revenant souvent (les liens de Depardieu avec Vladimir Poutine, les affaires dans lesquelles son nom est cité) parce qu’il n’y avait pas grand chose d’intéressant à en dire ; j’ai également pris le parti de retranscrire l’interview telle qu’elle s’est faite, en ne retouchant quasiment rien pour la restituer aussi fidèlement que possible. J’espère que cette lecture plaira à qui s’y engagera, et je suis persuadé que ceux-là auront plaisir à lire le livre. Exclu. Paroles d’Actu, par Nicolas Roche.

 

EXCLU - PAROLES D’ACTU

Pascal Louvrier : « Depardieu,

il faut qu’il tourne, sinon il tombe... »

Depardieu à nu

Gérard Depardieu à nu (L’Archipel, avril 2022).

 

Pascal Louvrier bonjour. Comment choisissez-vous ceux dont vous allez tirer le portrait, et pourquoi avoir choisi Depardieu pour ce nouveau livre ?

Les choix se font un peu par hasard. Je n’ai pas véritablement de méthode : ce sont surtout des coups de coeur. En ce qui concerne Gérard Depardieu, je me suis dit qu’après une biographie de Brigitte Bardot (Vérité BB, TohuBohu, 2021), il était difficile de trouver un sujet équivalent en ce qui concerne l’intérêt. J’ai réfléchi, et je me suis dit que Depardieu s’imposait, de par son parcours et surtout, sa carrière cinématographique exceptionnelle.

 

Est-ce que, s’agissant de Depardieu et d’Amy Winehouse notamment (je la cite parce que vous lui avez aussi consacré une bio), on peut dire que leurs failles ont favorisé l’apparition du génie, l’affirmation de la personnalité ? Chez Depardieu, ces failles originelles, c’est bien la conscience d’avoir été pour sa mère un "boulet" non désiré, et les scandales de l’arbre familial ?

Oui. Je ne mettrais pas sur le même plan ces deux personnalités. Déjà, parce qu’Amy Winehouse est morte à 27 ans, donc le parallèle est un peu difficile à faire. Les failles d’Amy sont peut-être plus facilement discernables, avec, à 9 ans, l’explosion de sa famille, même si elle a pu continuer à avoir un dialogue avec ses parents, et notamment son père qui allait devenir son manager. Avec Depardieu, c’est beaucoup plus compliqué : la mère, effectivement, ne voulait pas de se troisième enfant et a essayé de le "faire passer", comme on dit. Lui évoque des aiguilles à tricoter, c’est assez spectaculaire mais je penche plutôt vers la thèse de ces breuvages utilisés pour "faire passer" les enfants. Il y a un peu d’exagération sans doute, comme souvent chez lui ce qu’à plusieurs reprises j’essaie de montrer dans mon livre. Mais sur le fond c’est vrai, avec ce père qui est alcoolique, mutique... Rapidement Depardieu devient un voyou qui se retrouve à l’école de la rue, il a des problèmes d’élocution, peine donc à se faire comprendre, etc... C’est quelqu’un qui est très "en friche", au moins jusqu’à certaines rencontres de personnes qui vont lui tendre la main.

 

Amy Winehouse

 

Vous m’offrez une transition parfaite : vous racontez bien qu’au départ, le passage au théâtre n’a pas été simple pour un Gérard brut de décoffrage et ne croyant pas vraiment en lui. Est-ce qu’on peut dire que des rencontres comme avec Jean-Laurent Cochet, professeur d’art dramatique ont, à ce moment-là, changé sa vie ?

Forcément, parce que Gérard était une nature brute et brutale. Il a fallu quelqu’un qui le comprenne, qui lui donne sa chance et qui même, puisqu’il n’avait pas d’argent, lui permette de suivre ses cours sans avoir à débourser un centime. Jean-Laurent Cochet a compris que, derrière cette "force qui va", il y avait une sensibilité exacerbée empêchant tout équilibre. Cette rencontre fut déterminante.

 

Gérard Depardieu a relativement peu joué au théâtre au regard de sa longévité et de sa carrière cinématographique imposante. Pourquoi ?

Je pense que le cinéma convient mieux à la nature de Gérard Depardieu. Comme je vous l’ai dit, c’est une force qui va, il a besoin d’être en permanence dans le mouvement. Le cinéma c’est une équipe, en général le tournage dure trois mois au maximum, on peut un peu tricher avec le texte. Je raconte à plusieurs reprises que souvent Gérard ne connaît pas correctement son texte et qu’il colle des fiches sur le dos ou le front de ses partenaires, comme d’ailleurs le faisait Marlon Brando. Alors qu’au théâtre il y a une discipline qui est plus grande, et tous les soirs on monte sur scène pour rejouer la même chose. Il y a peut-être davantage de lassitude, c’est pourquoi je crois que Depardieu se sent mieux au cinéma.

 

 

Qu’est-ce qui justement caractérise pour vous le jeu de Depardieu ? Un mix de sensibilité et de spontanéité brute, qui se joue jusqu’à une non connaissance de son texte ? Peut-on le raccrocher à une tradition d’acteurs, et lui voyez-vous à ce titre des aînés - vous avez déjà cité Brando - ou des descendants évidents ?

Depardieu est un grand instinctif. Il sent les choses et a aussi un vécu très important, une dramaturgie personnelle. Il a une ou plusieurs failles mais il arrive à les maîtriser, même s’il ne les maîtrise pas toujours. Il suit un peu la méthode de l’Actors Studio, sans y penser. C’est souvent très spontané chez lui : il est arrivé à surmonter toutes les épreuves de la vie. En ce moment on parle beaucoup de Patrick Dewaere, pour les 40 ans de sa disparition, et on lie souvent ces deux-là, mais ce ne sont pas du tout les mêmes personnalités. Dewaere, c’est quelqu’un qui n’a jamais trouvé le moindre équilibre alors que Depardieu, même s’il est intérieurement plein de blessures et de fêlures, sait être maître de lui et utiliser ses failles face à une caméra. On peut aussi évoquer sa force physique qui est extraordinaire, au sens premier du terme.

L’équivalent dans le cinéma mondial c’est effectivement Marlon Brando, même si je pense que la carrière de Depardieu est meilleure. On peut penser aussi, parmi les aînés, à Jean Gabin, parce que lui jouait un peu comme ça, à l’instinct. Je pense aussi au professionnalisme de Montand, parce que c’est un grand pro, Depardieu. Même s’il n’apprend pas ses textes ou qu’il les oublie, quand il est devant une caméra, il est sérieux. Après bien sûr, au bout de 150 ou 160 films, il y a des moments où il est certainement moins performant, avec un peu de lassitude, mais dans sa grande période, jusqu’à Cyrano de Bergerac (Jean-Paul Rappeneau, 1990), il est très pro. Après, il est plus dans l’intime, donc le jeu est un peu différent.

Dans Maigret (Patrice Leconte, 2022) par exemple, pour continuer d’évoquer sa méthode, je le trouve éblouissant. Il est éblouissant parce qu’il connaît l’univers de Simenon. Donc quand il joue Maigret, il est Simenon, il est l’univers de Simenon, et ça colle parfaitement. On a un Maigret très intimiste, et cet univers-là dépasse le roman policier. Depardieu a côtoyé des personnalités avec des univers très différents mais très profonds. Il a été très ami avec Marguerite Duras, pour rentrer dans son univers, ça prend du temps... Idem pour Maurice Pialat.

 

 

Vous revenez longuement dans votre ouvrage sur les relations difficiles (le mot est faible) qu’entretinrent Gérard et Guillaume. Depardieu a-t-il "écrasé" son fils Guillaume comme il aurait écrasé son camarade des Valseuses, Patrick Dewaere ?

Inconsciemment, ou non ça dépend, il écrase tout le monde. C’est vraiment Obélix, avec sa tendresse, sa sensibilité exacerbée, mais clairement il écrase. Le tort de Dewaere fut je crois d’avoir voulu rivaliser avec Depardieu. C’est lié aussi aux metteurs en scène, notamment à Bertrand Blier qui l’a fait jouer et l’a mis dès le début en rivalité avec Depardieu. C’était à la fois un atout, parce que Les Valseuses (1974), ça a été un succès reposant sur un duo, voire un trio avec Miou-Miou, mais il faut ensuite essayer de s’en défaire...

En ce qui concerne son fils, c’est évidemment beaucoup plus compliqué. Guillaume, c’est le fils de Gérard Depardieu, c’est une évidence, mais c’est quelque chose qu’il faut arriver à surmonter. Il vit dans l’intimité familiale et voit un père qui est complètement borderline, donc pas simple... Et, il y a quelque chose qui m’a toujours étonné et qui est à mon sens un peu "criminel" : dans le film Tous les matins du monde (Alain Corneau, 1991), on offre à Guillaume, qui je pense était encore plus écorché vif que son père, avec moins d’énergie et moins "le physique" que lui, le rôle de son père jeune. C’est suicidaire. Cinématographiquement c’est terrible. En plus, dans la suite du film le père prend la relève et il est comme absent, lourd et désabusé. L’ombre portée du père est dans cette histoire écrasante, asphyxiante...

 

 

Vous le racontez bien dans votre ouvrage, et on sent tout le mal être de Guillaume...

Oui d’autant que Gérard Depardieu est souvent sans limite. Je raconte aussi que Guillaume a un jour écrit un texte admirable. Gérard l’a trouvé sur sa table de chevet, il a trouvé que c’était un beau texte, considéré qu’il était fait pour Barbara. Il l’a faxé à la chanteuse sans demander quoi que ce soit à son fils. Il l’a ensuite interprété sur scène quand son fils est mort, en pensant à lui. Mais il y a parfois quelque chose d’assez pervers dans ses attitudes, c’est pourquoi Gérard Depardieu est intéressant : il est à la fois un soleil, la lumière avec quelques zones d’ombre assez terrifiantes...

 

 

Ses reprises de Barbara, n’est-ce pas aussi, justement une façon de rendre hommage à ce qui animait Guillaume, l’introspection via par exemple la poésie ?

Il y a deux choses. Déjà, de la part de Depardieu, une très grande fidélité, mais plutôt avec les morts qu’avec les vivants. Il parle de Maurice Pialat d’une façon extraordinaire, il parle de Barbara qu’il a très bien connue. Ils étaient très liés et il lui rend hommage. D’ailleurs, si on ne rend pas hommage aux morts avec notre société qui va de plus en plus vite et qui est un peu sans mémoire, les artistes et même ceux de la trempe de Barbara risquent de disparaître. Donc, Depardieu monstre sacré qui rend hommage à Barbara, c’est admirable parce que c’est pratiquement là une seconde vie. Une fidélité ici tout à son avantage. Mais quand par exemple il chante À force de, les paroles de Guillaume, oui il rend hommage à son fils, à la sensibilité de l’artiste. Mais je ne crois pas que ce soit l’élément premier qui le fasse monter sur scène pour chanter Barbara.

 

Est-ce que, chez les Depardieu, il n’y a pas d’une certaine manière transmission du malheur de génération en génération : la mère, Gérard, Guillaume... ?

Je crois en effet que l’élément psychologique est important. Oui, c’est un peu une famille maudite comme je l’ai écrit. Gérard n’aurait pas dû vivre, il vit donc il est l’Élu mais avec une ombre au-dessus de lui. Il a une grâce sombre qui fait partie de la tragédie de toutes ces familles qui sont maudites mais qui agissent malgré tout suivant leur destinée. Sans être prédestiné, Gérard est un peu l’instrument de ses failles, et en même temps il a su les surmonter, les projeter dans l’univers cinématographique de façon exceptionnelle. Après, dans sa vie personnelle, c’est je crois beaucoup plus le fatras.

 

 

Je crois comprendre, à vous lire, que de tous les réalisateurs avec lesquels Depardieu a tourné, Maurice Pialat est sans doute celui qui l’a le plus marqué, bien au-delà de l’aspect purement professionnel. Vous proposez d’ailleurs des témoignages intéressants de sa veuve, Sylvie. Pourquoi ce lien si fort, si profond aussi apparemment entre les deux hommes ?

Ce sont deux êtres instables, colériques, excessifs qui se sont trouvés. L’attelage a fonctionné même s’il y a eu des sorties de route. Mais ils se sont compris tous les deux, et ça a pu donner un chef d’oeuvre comme Sous le soleil de Satan (1987), ou même des films comme Loulou (1980), Police (1985) ou Le Garçu (1995) qui est plus intimiste. Ce sont deux fortes têtes qui se rencontrent, qui se reniflent, qui s’engueulent, qui se détestent pour finalement se rendre compte que l’un ne peut travailler sans l’autre. Sylvie Pialat m’a dit que Maurice avait besoin d’une locomotive pour pouvoir écrire, tourner, diriger. Depardieu était cette locomotive, ils s’entendaient pour continuer un film après les engueulades. Il y avait comme un jeu entre les deux, et la complicité était réelle entre ces grands enfants, tous deux contre l’ordre établi. Le coup de gueule de Pialat quand il reçoit la Palme d’Or, le poing levé, illustre bien cet aspect du réalisateur. À titre personnel je trouve que les films les plus réussis de Gérard sont ceux qu’il a faits avec Maurice Pialat.

 

 

Depardieu a dit de Catherine Deneuve qu’elle était "l’homme qu’il aurait aimé être". Comment qualifier les rapports artistiques entre ces deux grands noms qui se sont souvent croisés, notamment bien sûr pour Le Dernier Métro (1980) de Truffaut ?

Je pense qu’il y avait, et qu’il y a un grand respect mutuel. Un respect et en même temps, une certaine distance. Gérard Depardieu est assez maladroit avec les femmes, c’est un grand timide. Il y a ce côté un peu froid de Catherine Deneuve qui a fait que c’est toujours resté au stade de l’amitié et du respect. C’est pourquoi leurs rapports ont toujours été apaisés. Rien à voir avec Carole Bouquet, avec qui les rapports amoureux sont entrés en ligne de compte, la passion dans tout ce qu’elle a de débordant et de déséquilibrant. C’est encore différent avec Fanny Ardant, avec qui il y a eu une amitié amoureuse où l’un soutient l’autre dans les moments de faille parce que les deux sont assez "noirs" quand ils ne jouent pas. Je le dis parce que je sors une bio de Fanny Ardant au mois de septembre, et je pense que Fanny est encore plus "noire" que Gérard Depardieu.

 

 

Depardieu n’est-il pas le dernier des grands acteurs populaires, de ceux qui ont connu grands succès publics et critiques et qui suscitent en même temps une forme de sympathie, à la Belmondo ?

Oui, je pense qu’il est le dernier des géants. Et l’époque a changé. Aujourd’hui on est plutôt dans l’horizontalité : dès qu’une tête dépasse, on lui trouve toujours querelle ou procès. D’ailleurs quand, en ce moment, je suis interviewé, on me questionne souvent sur les rapports de Depardieu avec Poutine, ce qui m’agace parce qu’on ne peut pas résumer Gérard Depardieu à une amitié avec Poutine. Gérard est une personnalité hors norme. Et je crois que le cinéma d’aujourd’hui, en France par exemple mais pas que, ne tolère pas beaucoup ces acteurs ou actrices hors norme. Dès qu’on affiche des personnalités au caractère un peu trempé, même physiquement, on sort un peu des codes imposés par la société. Je le vois par exemple, avec Léa Seydoux. C’est une fille qui à mon sens travaille et progresse énormément, mais à chaque fois que j’en parle, j’entends des "Oui mais, c’est la fille de..." ou des "Elle est née avec une cuillère en or dans la bouche"... Pour moi, tout ça, c’est des conneries. Donc oui, Depardieu est vraiment le dernier des grands acteurs hors norme, de la veine de Gabin, de Michel Simon avant, de Belmondo et surtout de Delon dont la carrière me paraît bien plus intéressante que celle de Belmondo.

 

Même si Delon ne suscite pas forcément a priori la même sympathie qu’un Belmondo ou qu’un Depardieu...

Oui mais ça à la limite, peu importe. Sympathique ou pas, moi je m’en moque assez. Quand je vais au cinéma, je vais voir Depardieu interprétant untel, voilà. Je ne suis pas en symbiose totale avec Depardieu, loin s’en faut. Il y a des éléments qui m’irritent, d’autres qui me choquent : je vous ai parlé de Tous les matins du monde, si j’avais été à la place de Depardieu je pense que je n’aurais pas accepté que mon fils joue mon rôle jeune. Mais tout cela dit c’est une immense acteur à la filmographie impressionnante. Voyez, un acteur que j’aime beaucoup, Denis Podalydès, il est quand même très limité dans son jeu malgré sa finesse. Depardieu est le dernier des géants oui, mais ça tient beaucoup je le dis à l’évolution de la société et à une permissivité qui n’est plus tolérable aujourd’hui. On ne pourrait pas filmer Les Valseuses aujourd’hui : impossible. Et pourtant, c’était en 1974. Pour moi, il y a une régression de la liberté de création qui m’insupporte et qui me fait peur. Depardieu est à l’étroit aujourd’hui, au sens propre comme au sens figuré.

 

D’ailleurs quels films avec Depardieu suggéreriez-vous à quelqu’un qui voudrait se forger une culture cinématographique ?

Je prendrais Sous le soleil de Satan. Je prendrais Cyrano de Bergerac. Plus intimiste, Valley of Love (Guillaume Nicloux, 2015), justement pour montrer l’évolution. Je choisirais aussi La femme d’à côté (François Truffaut, 1981), pour moi nettement meilleur que Le dernier métro, en tout cas dans le jeu de Depardieu : le binôme qu’il y forme avec Fanny Ardant est extraordinaire.

 

 

Dans votre livre vous dites quelque chose que j’avais ressenti aussi, à propos de son regard : en dépit des coups et des épreuves qu’on connaît et qu’on lit sur son corps, malgré les provoc’ et son air détaché de tout, il subsiste quelque chose de doux, de profondément touchant dans ce regard. Qui est somme toute le Depardieu que vous croyez, Pascal Louvrier, avoir compris ?

C’est à la fois je pense cet être qui peut être imbuvable, intolérable, et plus qu’énervant, qui peut avoir ses moments d’exubérance extraordinaire comme dans Uranus (Claude Berri, 1990), qu’on peut aussi citer pour la question précédente. Et dans un film comme Valley of love, il est extrêmement touchant, avec un regard plein de tendresse, où l’on sent des abîmes de tristesses. C’est la phrase de Pialat : "La tristesse durera toujours". Dans Des hommes (Lucas Belvaux, 2020), film sur la guerre d’Algérie, les vingt premières minutes il joue le rôle d’un raciste, il y est épouvantable. Seul Depardieu peut jouer un sale type pareil : il va tuer le chien d’une famille d’arabes, faire des choses monstrueuses... Et, à un moment donné, on comprend sans l’absoudre évidemment pourquoi il agit comme ça : il est assis dans son fauteuil, carabine à la main, gros plan sur son visage et là, il est bouleversant de tendresse. C’est la plus grosse ordure qu’on puisse avoir mais on arrive à comprendre pourquoi il a fait ça. Son regard dit tout, avec une sensibilité extraordinaire. Quand Gilles Lellouche a repris le rôle d’Obélix, il est allé demander à Depardieu comment jouer le personnage, ce à quoi Gérard a répondu : "Pense qu’Obélix, c’est un type qui a des pâquerettes dans la tête". Je crois que ça résume Depardieu.

 

 

Dans quels films peut-on percevoir quelque chose de l’âme Depardieu, Valley of love peut-être ?

Dans la filmographie des dix dernières années principalement : c’est là qu’on peut percevoir l’âme de Depardieu. Il y a aussi ce film qui n’a pas eu de succès, Tour de France (Rachid Djaïdani, 2016), dans lequel il joue le rôle d’un peintre, avec un jeune de banlieue. Il y est touchant, avec une transmission qui s’opère, de la sensibilité, de la culture et de la tolérance. Dans Maigret aussi, il y a cette profondeur, on voit ce type qui connaît l’âme humaine, qui est revenu de tout et est désabusé mais qui malgré tout continue à vivre.

 

 

Qu’est-ce qui aujourd’hui, le pousse à avancer encore ?

Je crois que c’est quelqu’un qui est terriblement angoissé. Pour arriver à contrôler ses angoisses il se doit d’être en permanence en mouvement. Et il est cerné de morts, de fantômes, alors pour cerner ses morts il faut avancer. S’il n’est pas dans le mouvement il tombe. Comme à l’intérieur de lui-même. Au début de mon livre, il est sur scène et il y a cette histoire de rêve éveillé où il se voit tomber sans paroi, il tombe dans l’espace sans limite. C’est ça Depardieu aujourd’hui. Et il s’emmerde aussi, alors il faut qu’il tourne. Sinon il tombe.

 

Notre époque si prompte à juger et à faire la morale est-elle haïssable aux yeux de Depardieu ?

Oui, profondément. Je pense qu’il vomit notre époque. C’est d’ailleurs pour ça qu’il est parfois dans la pure provocation. Vu, aujourd’hui, le rétrécissement mental des libertés créatrices, comme je le disais tout à l’heure, quand on a tourné avec Truffaut, avec Pialat, quand on a fait La dernière femme de Marco Ferreri (1976)... Bertrand Blier aussi, Les Valseuses, Buffet froid (1979) ! On ne peut plus tourner ça aujourd’hui. Notre époque est haïssable et je crois qu’il faut la haïr, et que c’est salutaire de le faire. À titre personnel je la trouve épouvantable, c’est pourquoi je m’intéresse à Depardieu, à Fanny Ardant... Quand Fanny Ardant dit : "Moi je suivrais quelqu’un jusqu’à la guillotine", ça fait du bien. C’est une bouffée d’oxygène, ces gens-là...

 

Les yeux dans les yeux, quelle question intime poseriez-vous à Depardieu ?

(Il réfléchit) As-tu des remords concernant ton fils ? Tout dépendrait des circonstances bien sûr mais si je devais lui poser une question ce serait celle-là. Pas pour le piéger mais parce qu’on est au coeur de la boîte noire de Depardieu. Les gens que j’ai rencontrés, tous, me l’ont dit : il y a eu un avant et un après mort de Guillaume. C’est assez naturel mais chez lui, c’est la faille absolue.

 

 

Dans Valley of love, où il doit composer avec la mort d’un enfant, il livre une part de sa vérité ?

Absolument. J’ai interviewé le réalisateur Guillaume Nicloux qui me l’a confirmé. D’ailleurs au départ le scénario n’était pas le même. Il a évolué avec la personnalité de Depardieu. Ce film est à voir, avec une Isabelle Huppert qui joue très bien l’antidote de Gérard, elle a plus les pieds sur terre que lui. Au départ il ne croit pas à ces histoires de fantômes, de réincarnation, etc... Et à un moment, il suit une ombre dans le désert, il laisse Isabelle Huppert et part tout seul, voit sans le voir son fils qui lui prend les mains et au retour il porte des stigmates rouges. Il est bouleversant dans ce film, bouleversant...

 

Vos projets, vos envies pour la suite ? Vous m’avez parlé de la bio de Fanny Ardant...

Oui elle est écrite et sortira le 22 septembre. Des envies ? Pas beaucoup en ce moment. Je m’interroge et suis un peu en stand by.

 

Un dernier mot ?

Pas spécialement. Merci de m’avoir interrogé sur la question que j’aurais posée à Depardieu.

 

Pascal Louvrier

 

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27 janvier 2013

Véronique de Villèle : "Davina, c'est ma soeur"

Il y a quatre mois, Madame Véronique de Villèle, dont chacun garde en mémoire le duo "tonic" qu'elle forma avec Davina, avait accepté de répondre à mes questions pour Paroles d'Actu. Je l'avais notamment interrogée sur son combat, au sein de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, contre cette effroyable maladie neurodégénérative qui frappe tant de familles...

En ce mois de janvier, j'ai souhaité que nous réitérions l'exercice, emballé par la chaleur de notre premier échange. Elle m'a suivi tout de suite, avec la générosité et l'enthousiasme qui la caractérisent. L'interview a été réalisée en live sur la base d'un questionnaire que j'ai rédigé le 25 janvier. Merci pour tout, chère Véronique. Une dernière fois, je souhaite à toutes et à tous de vivre une belle et heureuse année 2013, qu'elle vous soit douce, pour vous, pour vos proches. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

VÉRONIQUE DE VILLÈLE 

Membre d'honneur de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer

Membre du Comité d'organisation de la Fondation

 

« Davina, c'est ma soeur »

 

VdV1

(Photos fournies à ma demande par Madame Véronique de Villèle)

 

Entretien : 27/01/13

  

Paroles d'Actu : Bonjour Véronique de Villèle, comment allez-vous ?

 

Véronique de Villèle : Magnifique, et vous ?

 

PdA : Bien, je vous remercie. Heureux de vous retrouver pour une nouvelle interview Paroles d'Actu.

 

V.d.V. : Je suis ravie.

 

PdA : Lors de notre premier entretien, réalisé au mois de septembre, nous avions longuement évoqué votre engagement contre ce fléau qu'est la maladie d'Alzheimer. En 2013, j'imagine que vous répondrez également présente ?

 

V.d.V. : Bien sûr que oui. Nous avons notre première réunion avec le Comité d'organisation demain (le 28 janvier, ndlr) !

 

PdA : Le 29 septembre, Véro trouve tout n'était pas encore sorti. Cette actualité, nous l'avions à peine effleurée. Près de quatre mois après sa parution, quel bilan tirez-vous de cette aventure ?

 

V.d.V. : Je crois que ma maison d'édition, Hachette - Le Chêne, est très contente !

 

VdV2

 

PdA : Que vous ont dit les gens qui ont apprécié ce livre ? Les retours les plus enthousiasmants, les plus touchants ?

 

V.d.V. : Il y en a beaucoup. On m'en parle dans mes cours, dans les magasins, dans la rue, mais ce qui est amusant, ce sont les gens qui ont essayé une adresse et qui me disent « merci ».

 

PdA : Qu'aimeriez-vous dire à celles et ceux qui ne l'ont pas encore acheté, lu, je pense notamment aux non-Parisiens, pour leur donner envie de le faire ?

 

V.d.V. : Que ce livre est un petit guide pour rendre service, et qu'il plaira aussi aux gens qui n'habitent pas Paris.

 

Il y a aussi plein de petits trucs et combines pour les Parisiens. La moto-taxi, géniale. La petite couturière rapide et pas chère. Une manucure en 20 minutes pour 8 €. Un salon de coiffure anti-déprime, tant l'ambiance de ce salon est top, chez Patrick Rolland, avec Rena, la meilleure coloriste de Paris. Acheter un scooter moins cher qu'ailleurs, "Rue du Scooter"... Se faire livrer un plateau de fruits de mer sublime et pas cher, etc, etc, etc...

 

PdA : Vous me faisiez part, la dernière fois, de votre espoir de décliner le concept à d'autres villes que vous connaissez bien. Une suite est-elle en bonne voie pour 2013 ?

 

V.d.V. : Nous attendons de voir ce que dira l'éditeur, mais il en est question.

 

PdA : Quelles seraient les villes retenues ?

 

V.d.V. : J'aimerais Véro trouve tout à New York... Ou à Marseille, pourquoi pas ?

 

PdA : Bonne idée ! Revenons maintenant, si vous le voulez bien sur quelques étapes clés de votre vie.

 

Tout d'abord, la collaboration qui vous a valu ce fameux surnom, "Véro trouve tout". Avant Darc-Delon, il y a eu Mireille Darc. Vous vous souvenez de votre rencontre... ?

 

V.d.V. : Oui, parfaitement bien. J'avais 17 ans. J'étais hôtesse d'accueil dans un grand salon de coiffure très en vogue, à Paris Carita... J'y ai rencontré beaucoup de têtes couronnées et d'actrices célèbres, dont Mireille. Un jour, elle m'a dit, « Je cherche une assistante débrouillarde avec ton énergie. C'est urgent, je pars tourner au Liban dans une semaine ». J'ai répondu, « J'en connais une, c'est moi ! ».

 

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PdA : Belle histoire. Et vous l'avez suivie au Liban ?

 

V.d.V. : Après avoir eu un grand rendez-vous avec mes parents. L'examen de passage réussi, j'ai ensuite convaincu les soeurs Carita qu'il fallait que je parte... Et je suis partie à Beyrouth, sur le tournage de La Grande sauterelle, avec Hardy Krüger, Francis Blanche, etc...

 

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PdA : Et c'était parti... Une question un peu taquine, maintenant. Alain Delon n'a pas pour réputation d'avoir le plus facile des caractères. Alors, mythe ou réalité ? ;-)

 

V.d.V. : C'est quelqu'un avec une forte personnalité, avec beaucoup de cœur. Il a le culte de l'amitié comme personne. Je l'adore depuis plus de 40 ans !

 

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PdA : À quoi votre vie avec ces deux grandes vedettes ressemblait-elle ? Avez-vous à l'esprit quelques anecdotes que vous souhaiteriez partager avec nous ?

 

V.d.V. : J'en ai 1 000, mais mon quotidien avec eux était magique. Sur les tournages, avec Jean Gabin ou Lino Ventura... Avec Michel Audiard, chez qui j'allais en week end... ou a la campagne, tout simplement. J'ai participé à l'entraînement de (Carlos, ndlr) Monzon pour le championnat du monde de boxe organisé par Alain Delon. Je courais et nageais avec les boxeurs partenaires !

 

PdA : Que de belles images en tête, j'imagine... Et vous me fournissez une excellente transition pour ma question suivante. Vous vous êtes essayée à votre tour au cinéma, à plusieurs reprises. C'est un exercice qui vous plaît ?

 

V.d.V. : J'adore. Mon premier "petit" rôle était dans La Grande sauterelle...

 

PdA : Quel était votre rôle ? Vous avez de bons souvenirs de ce premier tournage ?

 

V.d.V. : Très bon souvenir. C'était sur une plage. Hardy Krüger cherchait partout Mireille, jusque sur cette plage où une fille (moi) était avec un jeune homme. Il arrive en fureur et decouvre que ça n'est pas elle ! Puis d'autres scènes, où je danse...

 

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PdA : D'autres expériences ont suivi. Quels types de personnages rêveriez-vous d'incarner aujourd'hui ? Avec qui ? Delon, Darc, Max, votre talentueux filleul ?

 

V.d.V. : Non, je n'ai pas de préférences. Mais j'aimerais tourner avec Lelouch, car il laisse aux acteurs une part d'improvisation. Et j'aime improviser !

 

PdA : J'espère qu'il lira cet entretien, que l'idée le séduira ! D'ailleurs, quels genres de films recueillent vos faveurs ? Vos incontournables ?

 

V.d.V. : Les films d'aventures, les jolies histoires à la Claude Sautet, les histoires de sagas familiales, les histoires sur l'amitié...

 

PdA : Je profite de cette escapade dans le monde du 7ème art pour évoquer un autre de ses monstres sacrés, également cher à votre cœur, - il apparaît d'ailleurs dans votre ouvrage - je pense évidemment à Gérard Depardieu. Pas mal de gens lui sont tombés dessus ces derniers temps... Ces attaques vous ont fait mal ?

 

V.d.V. : Non, car Gérard est grand, très intelligent. Il a des ressources pour se défendre. En revanche, je deteste que l'on tombe sur quelqu'un de faible.

 

PdA : Diriez-vous que l'on paie trop d'impôts en France ? Pourriez-vous avoir, vous aussi, la tentation de partir ?

 

V.d.V. : Non. Je reste, car j'adore la France. Et je suis loin, tres loin des gros salaires dont on parle !

 

PdA : Sans transition... un autre moment fort de votre vie. Votre duo avec Davina. Comment vous êtes-vous rencontrées ? C'est une amie très chère, quasiment une soeur pour vous ?

 

V.d.V. : C'est ma soeur. Nous nous sommes rencontrées dans un cours de danse classique à Paris. Notre amitié est sans faille depuis 35 ans !

 

PdA : Comment êtes-vous passées de ce cours de danse classique à Gym Tonic ?

 

V.d.V. : Après avoir obtenu un prix dans un concours de chorégraphie et dansé sur plusieurs scènes, dont l'opéra de Toulouse, nous avons donné des cours dans un sous-sol à Paris, emmenagé en salle de danse. Tout le quartier parlait de nous... un monde de folie. Puis, la visite d'une journaliste du magazine Vital... Presque un numéro special sur nous, avec un joli titre, « Véronique et Davina, elles inventent l'énergie beauté ». Ce magazine est tombé sur le bureau d'une productrice, Pascale Breugnot. Elle vient nous voir, et nous engage sur le champ à Antenne 2 (la future France 2) !

 

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PdA : Très belle histoire ! Une authentique success story ! Vous reconnaît-on souvent dans la rue ? Ça fait quel effet, de rester aussi populaire après tant d'années ?

 

V.d.V. : Oui, on nous reconnaît assez souvent, mais ce qui est le plus drôle, c'est lorsque je suis dans un magasin ou une station d'essence et que j'entends, « Regarde, regarde, c'est Véronique et Davina ! ». Alors que je suis seule !

 

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PdA : Vous avez récemment participé à Danse avec les stars en tant que coach d'Amel Bent. Cette même chaîne, TF1, vous a posé un lapin il y a quelques jours, pour une émission...

 

V.d.V. : Oui, ils sont spécialistes ! Je ne le regrette absolument pas... Je devais être trop sportive, ou pas assez blonde ! C'est peut-être un mal pour un bien. Je ferai autre chose de mieux, sûrement ?

 

PdA : Qu'est-ce que vous aimez dans la télé d'aujourd'hui ?

 

V.d.V. : Les émissions de grands reportages comme Thalassa, Des Racines et des ailes, les émissions politiques, les sujets de Mireille Dumas... Les classiques, comme les émissions de Drucker... il est respectueux de ses invités, les lumières sont belles...

  

PdA : Ce que vous aimez moins ?

 

V.d.V. : La télé-réalité. Tout ce qui est navrant pour les gens... Tout ce qui ridiculise, qui manque de finesse et d'intelligence...

 

PdA : Si demain, un producteur vous voulait à la tête d'une émission, pour le concept de votre choix, quel serait-il ?

 

V.d.V. : J'ai plusieurs idées, je ne vais pas vous les donner ! Mais je me verrais bien dans une émission interactive qui rendrait service aux gens, je suis sûre que ça marcherait à fond... J'ai 2 000 idées !

 

PdA : C'est tout le mal que je vous souhaite, qu'un producteur prenne cette initiative de vous contacter !

 

V.d.V. : Alors, qu'il lise Paroles d'Actu !

 

PdA : Une question inspirée par mon ami Cédric Anderegg et qui nous renvoie à Gym Tonic. Quel regard portez-vous sur l'évolution des cours de fitness depuis l'émission ?

 

V.d.V. : Je trouve que c'est formidable, car ça incite les gens a se remuer... Mais attention ! Regardez, testez, choisissez le bon coach avant de vous inscrire dans un club.

 

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PdA : Gym Tonic, c'était aussi une époque, les années 80. On sent qu'il y a chez certaines personnes une nostalgie pour ces années-là. C'est votre cas ?

 

V.d.V. : Pas du tout, mais j'adore l'idée d'aimer à nouveau quelque chose que l'on a aimé...

 

PdA : Revenons à Davina... Elle vit aujourd'hui dans un monastère, en harmonie avec les principes bouddhistes qu'elle a embrassés. Est-elle une source d'inspiration pour vous ?

 

V.d.V. : Non. En revanche, j'ai une immense admiration pour ce qu'elle fait, pour ce qu'elle est devenue. Alors, quelquefois, je me dis, « Que ferait Davina ? », « Que dirait Davina ? » dans telle ou telle situation... et je m'en inspire.

 

PdA : La spiritualité, la foi sont-elles importantes dans votre vie ?

 

V.d.V. : Je suis catholique, croyante. J'ai la foi, voilà. Mais sans débordements.

 

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Le petit bracelet des medailles miraculeuses de "Sur la terre comme au ciel", une des adresses de mon livre...

  

PdA : Votre foi vous aide-t-elle à mieux accepter le départ de votre maman en mai dernier ?

 

V.d.V. : Oui... mais je sais qu'elle ne doit pas être très loin de moi. En tout cas, je le souhaite et l'espère de tout mon cœur...

 

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PdA : J'en suis persuadé... Quelques évocations, avant de conclure... Je pense à Henri Salvador. Le copain au grand cœur, le camarade de pétanque...

 

V.d.V. : Henri était élegant. Élegant physiquement, certes, mais élegant dans son cœur. Courtois avec les femmes, généreux... C'était un ami que j'aimais beaucoup. Je garde 1 000 souvenirs merveilleux avec lui et Catherine, sa femme.

 

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PdA : Et puis Johnny, l'éternel phénix, qui renaît toujours de ses cendres...

 

V.d.V. : Un être à part. Il est magique. C'est aussi quelqu'un de généreux et de simple dans la vie. J'ai passé des moments extraordinaires avec lui, Laeticia et leur famille. Je les aime.

 

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PdA : Allez... une question d'actu que je n'avais pas prévue mais que je ne peux pas ne pas poser en ce jour. Il y a tout juste trente ans, l'immense Louis de Funès rejoignait le paradis des acteurs. C'est quelqu'un que vous aimez ? Peut-être l'avez-vous rencontré ?

 

V.d.V. : Génial, fabuleux... Quel acteur... Oui, je l'ai croisé un jour, aux studios de Boulogne. Il m'a dit, « Mademoiselle, vous avez de jolis yeux bleus ». Tout le monde m'a dit, ensuite, « Tu as de la chance, il est timide, ses paroles sont rares ! ».

 

PdA : Vous me disiez avoir une affection particulière pour le musée Rodin, à Paris. Quelles sont vos autres passions, celles que l'on ne vous connaît pas forcément ?

 

V.d.V. : J'aime les marchés à Paris et en province. J'aime les églises où l'on peut mettre un cierge. Je peux rester deux heures dans un magasin de papeterie ou dans une quincaillerie ! J'aime le Musée d'Art Moderne de Paris et le MoMa (Museum of Modern Art, ndlr) de New York. J'aime les bons bistrots avec des amis. J'aime la mer, le soleil et l'eau...

 

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PdA : Au fond, comment voudriez-vous que le public vous voie, au-delà de l'éternelle Véro de Véronique et Davina ?

 

V.d.V. : Comme une femme banale, qui est naturelle et sur qui on peut compter !

 

PdA : Quels sont vos projets, vos rêves ?

 

V.d.V. : Un peu moins de guerres, un peu moins d'histoires, un peu moins d'impôts... Une vie calme et sereine pour tout le monde, ça, c'est pour les rêves... Et avoir une émission de radio ou de télé. Je ne crois pas, je suis sûre que ça marcherait !

 

PdA : En cette période de voeux, que peut-on vous souhaiter pour 2013, chère Véronique ?

 

V.d.V. : D'avoir une bonne santé et la même énergie, pour que je puisse continuer de la communiquer à ceux qui en ont besoin. Et que les gens pensent à et aident la Fondation pour la Recherche sur la maladie d'Alzheimer, auprès de laquelle je suis engagée depuis plus de 10 ans !

 

PdA : Un message pour nos lecteurs ?

 

V.d.V. : Qu'ils mettent un peu de soleil dans leurs cœurs, car la vie est belle malgré tout...

 

PdA : En voilà un beau message... En avez-vous un autre pour quelqu'un en particulier ?

 

V.d.V. : Non, je ne vois pas...

 

PdA : Un dernier mot ? Merci infiniment !

 

V.d.V. : Merci Nicolas pour ce moment avec vous.

 

 

Merci Véronique, merci pour tout ! Phil Defer. Un commentaire ?

 

 

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Présentation remaniée : 07/11/13.