21 septembre 2015

Julien Alluguette : Mes « Vœux du cœur »

Il y a cinq semaines, il nous racontait, en exclusivité pour Paroles d’Actu, son rapport au personnage de James Dean et les coulisses des shootings réalisés par David Alouane sur la base de clichés célèbres de l’acteur américain. La première de la pièce à laquelle Julien Alluguette, comédien de talent, se préparait alors - Les vœux du cœur, écrite par Bill C. Davis et mise en scène par Anne Bourgeois -, a eu lieu depuis ; d’autres représentations se sont enchaînées après le 26 août, sous le regard ravi des spectateurs et, souvent, conquis des critiques. J’ai proposé à Julien Alluguette de coucher sur papier numérique cette expérience telle qu’il l’a vécue personnellement, avec sa sensibilité propre. Je le remercie d’avoir accepté, une fois de plus, de répondre à ma sollicitation. Et ne peux que vous encourager à aller voir la troupe sur scène. Vous aussi, vous allez être séduits par ces Vœux du cœur... Une exclusivité Paroles d'Actu, par Nicolas Roche.

 

 

Avril 2014. Je reçois un appel d’Anne Bourgeois, une metteur en scène qui m’avait vu dans Equus,  quelques années plus tôt, sur la scène du théâtre Marigny. Elle m’avait exprimé, à l’époque, son envie de travailler avec moi un jour… Elle fait partie de ces gens de parole : elle souhaite m’auditionner pour Les vœux du cœur, une pièce de Bill C. Davis. Elle m’explique que Davy Sardou est déjà distribué pour le rôle de Tom, et que la pièce se jouera à la rentrée 2015, au théâtre La Bruyère.

Elle m’envoie le texte. Et je découvre le rôle de Brian… Je suis immédiatement séduit ; je ris, je suis ému, je suis touché. Une pièce qui parle, avec humour, d’amour, de sexualité(s), de religion(s), d’engagement... C’est un petit bijou.

Quelques jours plus tard, l’audition se déroule au théâtre. L’accueil est chaleureux et tout se passe à merveille.

Je sais que nous serons plusieurs comédiens envisagés, alors je prie pour que ça soit moi. Et puis, le lendemain matin, Anne me laisse un message vocal : « Julien, je suis folle de joie. Nous avons stoppé les auditions, nous voulons que Brian, ce soit toi ! » J’en ai les larmes aux yeux. Puis sont choisis ceux qui deviendront ma sœur - Julie Debazac - et le Père Raymond - Bruno Madinier.

Un an plus tard, les lectures et répétitions commencent. Elles sont à l’image de la metteur en scène : pleines de joie, d’humanité, de bienveillance, et de travail. Cette équipe devient une véritable petite famille.

De mon côté, je cherche ce qui définira au mieux Brian : c’est un amoureux, homo et catho, utopiste et intransigeant. Il croit en l’Autre et dans l’évolution possible et positive de la société et de sa religion. Il est dans la vérité et la sincérité de ses sentiments. J’apporte un soin particulier à la relation fusionnelle qu’il a avec sa sœur Irène, à l’amour qu’il porte à Tom, à sa foi et son respect pour l’Église et le Père Raymond.

Le 26 août 2015, vient le soir de la première. On a peur, mais on a hâte de raconter, ensemble, cette histoire au public.

C’est un moment inoubliable : les éclats de rire, l’émotion qui plane dans la salle, les applaudissements si chaleureux… Et les retours des spectateurs, de la presse… Tous semblent être touchés, émus, parfois même changés.
 
Pour moi, c’est cela, la plus belle des récompenses ; quand quelqu’un, à la fin d’une représentation, vous dit : « Merci. C’est un spectacle qui va marquer ma vie… »

Julien Alluguette, le 21 septembre 2015

 

B

R

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Les voeux du coeur

Photos : dossier de presse

 

Les vœux du cœur, pièce écrite par Bill C. Davis et mise en scène par Anne Bourgeois, est à l’affiche du théâtre La Bruyère (9e ar. de Paris) depuis le 26 août : du mardi au samedi à 21h, également en matinée le samedi, à 15h30, ce jusqu’à, au moins, la fin décembre. Julien Alluguette y joue aux côtés de Davy Sardou, Bruno Madinier et Julie Debazac - pour ne citer que les acteurs, le reste de l’équipe méritant lui aussi d’être salué.

 

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Quelques liens...


13 août 2015

’James Dean et moi’, par Julien Alluguette

En juin 2013, le comédien Julien Alluguette acceptait une première fois de répondre à mes questions, sur son parcours notamment, pour Paroles d'Actu. Il a depuis continué son petit bonhomme de chemin, sur les planches et les écrans, mais pas uniquement. Il a participé il y a quelques mois à une série de shootings voulue et réalisée par le photographe David Alouane, pour lequel il a bien voulu « incarner » l’un des acteurs les plus emblématiques - et les moins oubliés - des années 50 : James Dean.

Partant, j’ai proposé à Julien Alluguette de nous « raconter » son rapport à et son « histoire » avec James Dean. Son texte, retranscrit ici, m’est parvenu le 13 août. Il est suivi dans cet article, que j’ai choisi d’intituler ’James Dean et moi’, par Julien Alluguette, des photos dont il est question, reproduites avec l’autorisation de David Alouane. Je les remercie tous les deux. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Nicolas Roche.

 

 

Sans que je m’en aperçoive, James Dean est entré dans ma vie. J’ai dix ans. Ma mère m’emmène dans une petite boutique acheter une « boîte à bonbons » (dont je suis, à l’époque, un grand consommateur). Dans le rayon, il y en a des tas, de toutes les formes, de toutes les couleurs, et de toutes les matières. J’en repère une, tout en bas, poussiéreuse, d’un bleu métallique, avec, dessus, la silhouette d’un jeune homme en noir et blanc... C’est James Dean. Mais ça, je l’ignore encore.

Dix ans... C’est à cet âge que je suis saisi de l’envie de devenir comédien. Je prends mes premiers cours de théâtre, passe mes premiers castings... Et puis, on déménage de Paris avec mes parents, alors je m’éloigne aussi un peu de la comédie… Mais je découvre la danse, le chant et la musique. La scène me rattrape. J’apprends. Je travaille...

J’ai vingt ans. Je suis de retour à Paris. À nouveau, le théâtre me manque... Je reprends des cours et m’offre, en librairie, la fameuse Méthode Stanislavski… Un bouquin à la couverture noire et blanche, sur laquelle il y a… James Dean. Encore. Et je ne le remarque toujours pas !

À vingt-deux ans, j’achète dans une boutique des Halles un DVD qui me fait de l’œil : À l’Est d’Eden. Avec James Dean… C’est – je le crois à cette époque – la première fois que je découvre ce comédien. Je suis fasciné par le film, par ce qu’il raconte, par le jeu de Dean : il ne joue pas, il est. Comme Brando. Comme ces acteurs mythiques qui font l’âge d’or du cinéma américain.

Je regarde, dans la foulée, La Fureur de vivre, Géant, ainsi que des documentaires le concernant. Je lis des biographies ; je me découvre tellement de points communs : sa façon d’appréhender ce métier, son rapport à l’autre, Le Petit Prince en livre de chevet... Je me sens proche de lui.

Il y a quelques mois. Je déménage. Je range ma vie dans des cartons, et je remets la main sur la boîte à bonbons, et sur cette Méthode de l’Actor’s Studio. J’observe le couvercle de la boîte et la couverture du bouquin. Il était là, depuis le début. Et il m’a suivi.

Au même moment, David Alouane, un photographe dont j’aime énormément le travail, me parle de son envie de rendre hommage aux acteurs des années 50, qu’il admire. On évoque James Dean, évidemment. David me demande si je serais prêt à accepter de l’incarner à l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort. Je suis flatté, mais stressé… En tout cas, je ne peux dire que oui.

J’ai découvert le résultat il y a quelques semaines : des photos en noir et blanc en reprenant certaines, fameuses, dont celles présentes sur ma boîte à bonbons et la couverture de mon livre. La boucle semble bouclée, et je suis honoré d’avoir pu, le temps d’un shooting, lui ressembler un peu.

Il fait désormais partie de ces personnes qui m’aident à aller toujours de l’avant et à repousser mes limites…

Julien Alluguette, le 13 août 2015

 

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Crédits photos : David Alouane 

 

Son actu...

Julien Alluguette sera bientôt à l’affiche de la pièce Les vœux du cœur, écrite par Bill C. Davis et mise en scène par Anne Bourgeois. Ils arpenteront, avec ses camarades de jeu Bruno Madinier, Davy Sardou et Julie Debazac, les planches du théâtre La Bruyère (9e ar. de Paris) à partir du 26 août : du mardi au samedi à 21h, également en matinée le samedi, à 15h30.

 

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Quelques liens...

  • Les vœux du cœur, pièce mise en scène par A. Bourgeois, à partir du 26 août au théâtre La Bruyère.

  • Le travail de David Alouane est à retrouver notamment sur son site personnel.
     
  • L’actualité de Julien Alluguette est mise à jour régulièrement sur son propre site.
     
  • L’interview Paroles d’Actu de Julien Alluguette datée de juin 2013.
     
  • Suivez Paroles d’Actu via Facebook et Twitter... MERCI !

26 juin 2013

Julien Alluguette : "Ce jour où Bernard Giraudeau m'a pris dans ses bras..."

Avec sa "Troupe d'un soir", dont elle a retransmis le show en direct, il y a quelques semaines, France 2 s'était fixée un objectif : tenter d'attirer un public plus large que celui habituellement présent devant les pièces de théâtre télédiffusées. Quelques saynètes et interventions visant à vulgariser les termes inhérents à cette forme d'expression, et des extraits en "live" de spectacles du moment - donc celui de l'excellent Jean-Claude Dreyfus, en hommage à Raymond Devos -. La bonne humeur, la bonne volonté des artistes n'ont pas fait de miracle : l'audience fut faible, bien faible. Plusieurs voix se sont faites entendre, dans les jours qui ont suivi. Celle de Bruno Solo, notamment. Pour lui, le service public est légitime et louable dans sa volonté de rendre "populaire" cet art trop longtemps considéré comme élitiste. Mais les programmes doivent être exigeants, sans forcément chercher à être facilement accessibles, à plaire à tout le monde. Si la qualité est là, le public qui en fera l'effort suivra. Et ses rangs, petit à petit, grossiront. Devant le poste. Dans les salles de spectacle.

 

"Je crois juste que le théâtre est fait pour être vécu en vrai, avec ce qu'il y a d'unique dans chaque représentation..." C'est l'essence même du théâtre. Un moment de partage, intense, unique, quand les deux parties - sur scène mais aussi dans le public - sont "bonnes". C'est le jeune comédien et metteur en scène Julien Alluguette qui m'a fait part de cette pensée, en marge de notre entretien. Il a notamment interprété Alan Strang dans "Equus" -, la pièce de Peter Shaffer mise en scène par Didier Long au Théâtre Marigny. Une version forcément moins médiatisée que l'anglo-saxone, dirigée par Thea Sharrock avec Daniel Radcliffe dans le rôle de Strang, mais une version qui n'en fut pas moins saluée par la critique, par le public. Rencontre, donc, avec Julien Alluguette, un garçon bourré de talents et d'idées, et dont on n'a pas fini d'entendre parler. J'ai souhaité parsemer ce document de liens, nombreux, pour vous permettre de compléter cette découverte, de la rendre plus vivante. Merci à lui. Merci à vous. Allez au théâtre ! Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JULIEN ALLUGUETTE

Comédien, metteur en scène

 

"Ce jour où Bernard Giraudeau

 

m'a pris dans ses bras..."

 

Julien Alluguette

(La photo m'a été envoyée, à ma demande, par Julien Alluguette)

 

 

Q : 15/06/13

R : 24/06/13

 

 

 

Paroles d'Actu : Bonjour Julien Alluguette. Vous êtes jeune et avez vécu de beaux débuts, prometteurs, à votre parcours d'acteur. Une formation au long cours, vous êtes notamment passé par la fameuse École Florent. Qu'est-ce qui vous a donné envie de suivre cette voie, au départ ?

 

Julien Alluguette : Petit, je rêvais d'avoir des pouvoirs magiques... À chaque fois que je pouvais faire un voeu, je faisais celui d'avoir la capacité de me transformer en un autre, ou de voler, et que mes camarades de classe se disent "Waouh, ce mec a l'air trop cool !". Ça répondait certainement à une enfance assez solitaire et une grande timidité. Du coup, j'ai demandé à mes parents de m'inscrire dans un cours de théâtre à l'âge de 9 ans. Pour vaincre ma timidité, exister et développer mes pouvoirs magiques !

 

 

PdA : C'est sans doute votre interprétation d'Alan Strang, le garçon au coeur de l'intrigue d'"Equus" - pièce écrite par Peter Shaffer et mise en scène par Didier Long à Marigny - qui a le plus marqué. Sort-on indemne d'un tel rôle ? Quelles "traces" gardez-vous de cette expérience ?

 

J.A. : Effectivement, c'est sans doute la plus belle et intense expérience théâtrale que j'ai vécue à ce jour. Artistiquement et humainement. Je n'en revenais pas quand on m'a annoncé que c'était moi qui avais été choisi après les auditions, et jusqu'au jour où j'ai vu mon nom sur les affiches devant le Marigny, je n'y croyais pas. C'est un rôle d'une force et d'une complexité folles, dans lequel il faut se jeter tout entier, sans filet. Mais j'avais confiance en mes partenaires, en Didier Long (le metteur en scène), et même s'il fallait que je m'abîme, je n'ai pas hésité une seule seconde. Le plus difficile, c'est ensuite de dire au revoir à ce théâtre, à son équipe, à ce rôle, à ces acteurs avec lesquels on a partagé ce que l'on sait être un évènement marquant de sa vie.

 

 

PdA : Cette composition vous a valu - pour ne citer qu'elle - une nomination au Molière de la Révélation Théâtrale en 2009. Sincèrement, quelle est l'importance que vous prêtez au jugement de vos aînés, de vos pairs du "métier" ?

 

J.A. : J'ai été très touché d'être nommé aux Molières, mais au-delà de mon travail, ça récompensait aussi et surtout les croyances d'un metteur en scène (Didier Long) et d'un directeur de théâtre (Pierre Lescure, qui venait d'arriver à la tête du Marigny) en un jeune comédien que personne ne connaît pour endosser un rôle principal dans une salle de 1000 places. C'est devenu tellement rare aujourd'hui...

 

 

PdA : Cette nomination a-t-elle constitué un tournant dans votre carrière ?

 

J.A. : Il y aura effectivement pour moi un avant et un après "Equus", mais la nomination n'a pas changé grand chose, au contraire, je suis resté sans travail pendant plus de 9 mois après les Molières...

 

 

PdA : Comment vous y prenez-vous, en général, pour vous imprégner d'un personnage ?

 

J.A. : Tout dépend du rôle, et du metteur en scène ou du réalisateur... J'essaie surtout de trouver le juste milieu entre le personnage et moi. Me nourrir du rôle tel qu'il est écrit, son fonctionnement, ses ruptures, et lui donner de ce que je suis. C'est à ce point de rencontre, je crois, que l'on devient le seul à pouvoir l'interpréter de cette manière tout en restant sincère.

 

 

PdA : Y'a-t-il, justement, des personnages ou types de personnages que vous aimez ou rêveriez d'incarner ?

 

J.A. : On me confie souvent des rôles de mecs un peu tarés, à vrai dire ! Mais j'adore aussi les rôles plus fantaisistes... Et surtout quand il y a un défi physique. J'ai toujours eu le désir d'utiliser mon instrument de travail sans le limiter juste au visage. Un peu à l'américaine, où le corps vit tout autant.

 

J'aimerais beaucoup jouer dans un film musical, un "Moulin Rouge" à la française.

 

 

PdA : "Equus", un élément parmi tant d'autres de votre CV artistique. Je pourrais citer "Les Muses orphelines" et "Ma vie avec Mozart", au théâtre, "L'échappée belle", "Mystères de Lisbonne", "I bambini della sua vita" ou encore "Louise Wimmer" pour le cinéma. Quels ont été vos grands moments jusqu'ici, les rencontres, les collaborations qui resteront dans votre palmarès perso et dont vous aimeriez inviter nos lecteurs à découvrir le fruit, si bien sûr il en existe une trace ?

 

J.A. : Chacun de ces projets m'a marqué. J'essaie d'ailleurs de toujours aller là où il y a de l'enjeu, de l'originalité et du danger.

 

"Les muses orphelines", ça a été pour moi l'une des premières pièces où j'ai compris quel comédien j'étais et qui m'a donné la confiance pour avancer.

 

"Equus", c'est vraiment le projet qui aura toujours une place importante dans mon coeur et ma tête. Je me souviens surtout de deux moments : un soir où il y a eu une coupure de courant au Marigny, excepté un projecteur qui est mystérieusement resté allumé... Et on a continué à jouer la pièce, dans un carré de lumière de 2 mètres carrés, puis avec des torches électriques. Et à la fin, personne n'avait vu qu'il y avait eu un problème. C'était incroyable à vivre. Il y avait un sentiment de "Show must go on" où il faut y aller, coûte que coûte... L'autre souvenir marquant lié à "Equus", c'est ce jour où Bernard Giraudeau a frappé à ma loge après avoir vu le spectacle, m'a pris dans ses bras en me disant "Je sais pas si j'aurais réussi à le faire...", ça m'a bouleversé.

 

"Louise Wimmer", c'est le premier long métrage d'un réalisateur plein de talent pour lequel j'ai beaucoup de respect (Cyril Mennegun) et avec qui je rêve de retravailler. Il a un regard très humain sur la société, et sur les acteurs. J'étais ravi qu'il me propose ce petit rôle qui a son importance sur la route du personnage que joue Corinne Masiero. J'ai éclaté de joie quand on a reçu le César du Meilleur Premier Film !

 

"Mystères de Lisbonne", je me rendais pas compte de l'énorme machine que c'était... J'ai le souvenir de la projection d'équipe, j'étais assis entre Catherine Deneuve, Isabelle Huppert et Fanny Ardant, impressionnant... Je découvrais ce chef d'oeuvre de 4h30, avec une direction photo incroyable. Un cadeau de Raoul Ruiz, son dernier film...

 

 

PdA : Quels conseils donneriez-vous à un(e) jeune qui, séduit(e) par l'une de vos performances, serait irrépressiblement tenté de suivre une voie similaire à la vôtre ?

 

J.A. : Chaque parcours est propre à chacun, alors c'est dur de donner un conseil. Je crois que l'une des clés, pour durer, c'est de garder sa flamme toujours allumée, ses utopies, ses rêves. Mais aussi de savoir se protéger, car c'est aussi un métier d'attente, de déception, qui peut être parfois très violent. En gros, garder sa sensibilité pour la scène et les plateaux, et savoir remettre sa carapace en dehors.

 

 

PdA : Nous avons longuement évoqué votre expérience d'acteur. Vous vous essayez également, depuis quelques années, à la mise en scène. Il y a eu "Cendrillon", "Alpenstock", et tout récemment "La piste aux ordures". Passer de l'autre côté, organiser, diriger... Une position que vous avez appris à apprécier, que vous voudrez tenir à nouveau, j'imagine ?

 

J.A. : J'adore ça. Être dans l'ombre, et mettre en lumière d'autres comédien(ne)s en qui je crois, qui me touchent ou me font rire. Tenir les ficelles, faire se rencontrer plusieurs corps de métier, proposer et être à l'écoute du talent de chacun, pour arriver à un projet qui appartienne à tous et qu'on veut faire découvrir. Créer des souvenirs pour les yeux, les oreilles, la tête et le coeur. Maintenant que j'y ai goûté, oui, j'ai beaucoup de mal à m'en passer...

 

 

PdA : Parlez-nous de vos dernières créations. Vous avez carte blanche, pour donner à nos lecteurs l'envie de les découvrir.

 

J.A. : Je viens de reprendre "Cendrillon" (ma première mise en scène) à la Manufacture des Abbesses, une version décalée et drôle du conte de Perrault. On a eu la chance d'avoir d'excellentes critiques, du coup on reprend de fin septembre à début janvier 2014.

 

La dernière création c'est un spectacle de rue, "La piste aux ordures" qu'on joue cet été au festival d'Aurillac. Un face à face entre une caisse en bois et une danseuse, deux anciennes bêtes de foire qui se retrouvent dans la rue, suite à l'incendie de leur cirque, et qui vont nous raconter leur histoire et essayer de s'enfuir avant que le camion poubelle ne vienne les broyer... Un journal a parlé récemment de "conte poétique à donner des frissons...", ça correspond bien je trouve !

 

 

PdA : Quels sont vos projets ? Vos envies pour la suite ?

 

J.A. : Je vais bientôt tourner avec Muriel Robin le téléfilm "Manta corridor", réalisé par Jérôme Foulon, j'y interprèterai Louis Manta. J'ai également un nouveau projet de mise en scène, et je reviendrai certainement en janvier au théâtre pour interpréter Rimbaud. Et je l'espère, en attendant, un peu de cinéma... Ça me manque. (Éd. : 01/07/13)

 

 

PdA : Un message pour nos lecteurs ? Pour quelqu'un en particulier ?

 

J.A. : J'espère que je n'aurais pas été trop bavard... C'est le défaut des anciens grands timides ! :)

 

 

PdA : Que peut-on vous souhaiter pour la suite, cher Julien Alluguette ?

 

J.A. : Du bonheur, du travail, des rêves, de la vie...

 

 

PdA : Un dernier mot ? Merci infiniment.

 

J.A. : Merci.

 

 

 

Merci encore, Julien. Bonne route... avec tous mes voeux ! Et vous, quel est votre rapport au théâtre ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

 

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Vous pouvez retrouver Julien Alluguette...

 

Sur son site ;

 

Bientôt au cinéma, à la télévision... ;

 

...et bien sûr au théâtre.

 

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