19 mai 2015

Regards sur l'état du monde... et de la société française : printemps 2015

Fin mars, fidèle à mon habitude d’inviter de jeunes citoyens engagés en politique à s’exprimer sur des questions d’actualité, j’ai proposé à cinq d’entre eux, de familles de pensée différentes, de coucher sur papier numérique un texte imprégné de leur sensibilité propre autour de la thématique suivante : « Regards sur létat du monde (et de la société française) ». À la date de cette publication, le 19 mai, quatre textes m’étaient parvenus. J’entends renouveler cet exercice régulièrement, avec des panels de contributeurs à chaque fois différents. Le prochain sera un peu moins masculin. Merci à vous, Benoit, Arthur, Vincent, Arnaud, pour vos textes qui, tous, méritent lecture. Pour ce premier numéro de Regards sur l’état du monde... et de la société française, jai pris pour illustration une image d’actualité : une photo du site antique de Palmyre, menacé d’extinction par les tristes sires qui portent l’étendard du soi-disant État islamique. 19 mai 2015. Ainsi va le monde... Une exclusivité Paroles d’ActuPar Nicolas Roche.

 

Regards sur l’état du monde...

et de la société française

Palmyre

Illustration : Joseph Eid/AFP

 

 

Parler de la situation de la France et du monde aujourd’hui, c’est bien souvent dépeindre des souffrances, des renoncements, notre déclin. Et pourtant !

Mon statut de jeune entrepreneur me fait rencontrer chaque jour des hommes et des femmes qui créent ou développent leurs entreprises et essaient dans chaque situation qui pourrait survenir de retirer un maximum de positif. Agir pour ne pas subir. C’est cet optimisme qui m’entoure dans l’entrepreneuriat que j’ai décidé d’adopter aussi dans mon combat politique et de transmettre.

Si, fin février 2015, le nombre de chômeurs s’élevait à 5 561 000, toutes catégories confondues, la France est, après les États-Unis, le pays où se créent le plus de start-ups dans le monde, le pays où le taux de start-ups ayant atteint le seuil de rentabilité sur cinq ans avoisine les 80%, le pays où sera réalisé, bientôt, le plus grand incubateur au monde !

Si l’économie française souffre et subit des turbulences, elle est surtout en train de se métamorphoser : la « destruction créatrice » chère à Schumpeter est en marche ! Le rôle du politique ne doit pas être alors de freiner cette entrée de notre pays dans une nouvelle ère technologique, industrielle et sociétale mais de l’encourager. La reconversion, si elle est douloureuse, est nécessaire et plutôt que de maintenir sous perfusion des activités, que l’État investisse massivement dans la recherche et le développement ou la formation professionnelle serait plus bénéfique à mes yeux. Comme le disait le Général de Gaulle dans un discours du 14 juin 1960 : « On peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais quoi ? Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités. »

Il n’y a pas que l’économie qui évolue, la société française elle-même change aussi. Et s’il faut accompagner ce changement, il faut cependant prendre garde à ne pas faire disparaître toutes les structures. L’Homme a besoin de cadres pour se construire et se développer et il en existe deux pour moi : le cadre familial et le cadre national.

Si tous deux sont menacés en France, ils seraient pourtant simples à remettre en place par quiconque aurait un peu de courage politique : réaffirmer que chaque être humain doit savoir d’où il vient pour savoir où il va et en tenir compte lorsque l’on légifère, redonner la fierté d’être français par les programmes scolaires mais aussi par la mise en œuvre d’un grand projet national.

Pour mener à bien tous ces changements et combats, j’ai remarqué, dans mes rencontres de terrain chaque jour, que je pouvais compter sur les jeunes. Les jeunes, loin de se désintéresser de la politique, ont leur mot à dire. En 2007, 67 % des 18-30 ans se disaient intéressés par la campagne présidentielle et, en 2014, ils étaient tout de même 83% à déclarer suivre régulièrement l'actualité politique. Si les jeunes s’abstiennent, ils sont donc loin d’être dépolitisés.

Si je n’ai pas peur pour la démocratie française, il est temps pourtant pour les partis politiques de se remettre en cause s’ils ne veulent pas disparaître et être remplacés par de nouvelles structures. La mise en place et la multiplication des primaires au sein des partis, que ce soit pour le candidat aux élections présidentielles ou pour les candidats aux élections communales, est un exemple. Il faut plus de transparence, de démocratie, d’écoute et, ne vous inquiétez pas, les partis l’ont bien compris. Les jeunes d’ailleurs engagés au sein de ces partis commencent à faire bouger les lignes.

Parler de la France amène naturellement à parler aussi de la situation mondiale. Le monde doit relever aujourd’hui trois enjeux : le problème du terrorisme, la question environnementale et la gestion des flux migratoires. Et là encore je suis optimiste ! 

La communauté internationale, si je regrette son inaction et sa lenteur face à la barbarie terroriste, ne pourra pas se permettre de ne pas intervenir si elle ne veut pas que l’ensemble des pays du globe et notamment les pays occidentaux soient touchés à leur tour massivement. Il en est de même pour la question environnementale. Quant à la gestion des flux migratoires, il est temps d’aider les pays du Sud à se développer, cela est dans notre intérêt comme dans le leur. Le monde ne peut pas être stable si 50% de la population mondiale regarde les 50% autre profiter des richesses et ne pas les redistribuer. Nous avons su inventer la redistribution au sein d’un État, pourquoi ne pas le faire à l’échelle planétaire.

J’ai d’ailleurs de grands espoirs pour un continent comme l’Afrique ! L’Afrique dispose d’une jeunesse éduquée, de ressources importantes; elle est un marché en pleine expansion. Tout le monde en prend conscience et en particulier aujourd’hui les entreprises asiatiques. Elle ne sera pas laissée sur le banc de touche de la prospérité économique au 21ème siècle si elle s’affirme et sait tirer profit de l’attrait qu’elle représente.

Il ne s’agit pas de nier les souffrances et les difficultés qu’il peut y avoir aujourd’hui mais les solutions pour sortir de ce marasme existent. Alors plutôt que de commenter, agissons, ayons du courage et surtout, soyons optimistes, on a toujours raison d’avoir foi en la France !

 

Benoit Vergeot

 « Restons positifs ! »

par Benoit Vergeot, le 8 avril 2015

 

 

 

Parce qu’il faut bien un mot pour commencer un article, j'en prendrai un : terrorisme. Relativement à la mode depuis un certain temps. Seulement, qu'est ce que le terrorisme ? En voila un concept large, sans définition précise mais pourtant omniprésent dans le discours médiatico-politique. Le terrorisme serait aujourd'hui compris avant tout comme l'usage de la force, de manière illégale et non conventionnelle, afin de générer un sentiment de peur sur une population ciblée et porter ainsi certaines revendications, peu importent ces revendications ou la personne qui emploie ces méthodes (cela peut être une organisation, un État, etc.)

Dès lors, comment entendre ce discours bien pensant et politiquement correct de la “nécessaire” et “inévitable” “guerre contre le terrorisme” ?

Comment peut on penser faire la guerre à un concept, qui plus est aussi large et peu précisément définissable ? Le terrorisme est un mode d'action. Il nest pas porteur en soi d'une identité, si ce n'est la lâcheté de ceux qui s'attaquent à des populations ou des personnes sans défense dans le but d'atteindre un objectif qui leur est supérieur. Il nest pas non plus en soi porteur de revendications, si ce nest celles de refuser de sinscrire dans la légalité pour porter ses revendications.

Alors que l’on parle depuis plusieurs mois et années d'un terrorisme “islamiste”, il faudrait rappeler qu'en France, depuis les années 2000, l’immense majorité des attentats a été perpétrée par des nationalistes, corses et basques, qui représentent près de 78% des attentats perpétrés sur le territoire national depuis lan 2000. Est-ce à ce nationalisme que lon prétend faire la « guerre » ?

Les incantations répétées à mener une guerre contre le terrorisme ont un but politique très clair, pour ne pas dire politicien. Si certains pensent sincèrement, et naïvement, que cest une « guerre » dont nous avons besoin, la majorité du personnel politique qui sinscrit dans ce flot dincantations perpétuelles ont conscience de la portée belliciste de leurs propos. Ainsi, pour faire un parallèle avec lactualité, quand Christian Estrosi se prend dune envolée contre lislamo-fascisme et la guerre quil faudrait lui mener, il ne fait rien d'autre que crier avec les loups, prêts s’il le faut à déclencher une guerre civile dans le pays. Car, quest-ce dautre quune proposition ouverte de guerre civile ?

Dans lHistoire, les grandes tirades sur la guerre contre le terrorisme ont souvent ajouté de la confusion et de la destruction plutôt que constitué de véritables solutions à des problèmes bien réels. Pour ne pas évoquer un exemple qui est largement connu de tous (la stupidité de Bush, des néo-conservateurs états-uniens et de leurs quelques caniches européens dans les interventions en Afghanistan et en Irak), je parlerai de la situation qua traversée un pays que je connais bien : le Pérou.

Dans les années 80, puis dans les années 90, le pays a connu une vague de violence interne, initiée dans les Andes péruviennes par un groupe, le Sentier lumineux, rapidement classé sur la liste des organisations terroristes. À maints égards, ce mouvement, qui nest absolument pas assimilable aux guérillas qui se sont développées en Amérique latine à la même époque, utilisait largement des méthodes terroristes. En réponse à cette violence, les gouvernements péruviens qui se sont succédé ont déployé des solutions de répression aveugle, facilitées par un état de racisme ambiant qui imprégnait la classe politique à lencontre des populations andines. Lapogée de cette violence d'État fut atteinte sous le gouvernement Fujimori, qui utilisa la répression systématique comme mode de légitimation de son gouvernement.

Seulement, alors que le président en question roulait des mécaniques et que larmée employait des techniques anti-subversives extrêmement violentes à l'encontre des populations « suspectes », un groupe de renseignement créé bien avant l'arrivée au pouvoir de Alberto Fujimori infiltrait et démantelait les principaux réseaux dirigeants du Sentier lumineux. La dénommée « Opération victoire » procédait ainsi à l'arrestation du chef du mouvement, Abimael Guzmán, le 12 septembre 1992 alors que le-dit « sauveur de la nation », Alberto Fujimori, sen était allé à la pêche, preuve sil en fallait de son absence totale dimplication dans ce qui fut lun des événements les plus décisifs dans l'élimination de la violence du Sentier lumineux. Plus tard, la Commission de la Vérité de la Réconciliation admettra, après plusieurs années d’enquête, après avoir recueilli plusieurs milliers de témoignages, que lattitude des gouvernements successifs avait aggravé de manière considérable le conflit.

Quest ce que j’entends démontrer par cet exemple ?

Simplement que lefficacité des politiques destinées à éliminer la violence exercée par des « groupes terroristes » est souvent inversement proportionnelle aux grandes incantations politiciennes et aux déclarations de guerre. Déclarer faire la « guerre » au terrorisme est aussi inefficace quirresponsable. Inefficace parce que ce n’est pas avec les techniques de guerre que lon met un terme aux actions terroristes. Irresponsable parce que ces déclarations nont comme seule et unique conséquence quune aggravation du problème qui est posé.

Ainsi, les véritables laxistes en terme de politique de sécurité sont ces marabouts de la solution sécuritaire. Rouler des mécaniques, appeler à faire la guerre, renforcer des mesures de répression sans aucune compréhension des phénomènes que lon a en face de soi est autant une preuve de stupidité intellectuelle que de lâcheté face à ceux que lon prétend « combattre ».

Dans le contexte actuel, le pays ne peut se passer d'un véritable débat sur les méthodes à adopter pour relever ensemble la situation. Une chose est certaine : cela ne passera pas par lutilisation dune procédure accélérée dans l'examen au Parlement de la prochaine loi de renseignement, ni par l'utilisation de vocables bellicistes qui sont le comble de lirresponsabilité et sacrifient la sécurité des Français sur lautel de la compétition politique.

 

A

 « “Guerre” contre le terrorisme ? »

par Arthur Morenas, le 29 avril 2015

 

 

 

Notre génération a peu de repères. Elle nen voit pas la nécessité. La paix, la mondialisation, la crise et, paradoxalement, un certain individualisme fractionnent la société en petits égoïsmes préoccupés par leur futur proche, mais pas vraiment concerné par leur devenir commun. 

Les troubles contemporains, aux causes complexes et aux conséquences imprévisibles, entretiennent en effet un climat absurde dans lequel la survie individuelle prime. 

Le mal-être est flou, persistant, usant. Des forces sopposent à chaque être humain sans que celui-ci soit capable de les comprendre, donc de les affronter. Le terrorisme international, la finance dérégulée, la crise écologique sont autant de menaces auxquels lHumanité nencore jamais eu à lutter. Comment, dailleurs, faire face à un ennemi invisible ? À la fois sourds, aveugles mais paniqués, nous attendons que le salut vienne à nouveau dun Grand Homme qui montrera la voie.

Par le passé, les combats que livraient les Hommes étaient primaires : un adversaire clairement identifié, des impacts directs, un duel manichéen. La victoire ne nécessitait quun courage particulier, ce qui était à la fois terriblement exigeant et diaboliquement simple.

Ces conditions ont favorisé pendant des siècles lémergence de Grands Hommes. Les guerres, les discriminations raciales, les colonisations ont fait naître des De Gaulle, des Mandela ou des Gandhi. 

Pour deux raisons, ce nest plus d'actualité.

D'abord, parce que ces personnages ont été statufiés, figés dans un au-delà a priori inatteignable pour le commun des mortels. La déification des Grands Hommes empêche leurs semblables de comprendre que leurs actes étaient à la portée du moindre individu, quils étaient des exemples avant d'être exemplaires (ce quils n'étaient jamais totalement).

Ensuite, parce que la globalisation des problèmes auxquels les Hommes font face aujourdhui n'exige quune réponse collective. Toute initiative individuelle est désormais imperceptible, quand elle nest pas tuée dans l’œuf. Les mouvements de foule, de soutien ou dindignation nont plus de leaders – Je suis Charlie et les Anonymous en témoignent. Au lieu de venir den haut, les changements doivent donc émerger de la base. Lopinion publique remplace désormais lHomme providentiel. La contestation est devenue anarchique.

Cette reconnaissance de l'intelligence collective découle, on le comprend aisément, du pouvoir attribué au citoyen par ses rôles délecteur et de consommateur. Chaque individu étant un faiseur de rois politiques et commerciaux, les responsables des deux branches ne reconnaissent alors comme légitimes que les critiques portées par un certain nombre de leurs clients.

Il devient donc de plus en plus difficile de protester dans un système qui pousse à la survie individualiste mais ne reconnaît que la contestation collective. 

On peut comprendre que notre génération vive ainsi avec une perception inutile de la révolte dont découle un complexe dinfériorité vis à vis des Grands Hommes du passé, capables de prouesses aujourdhui irréalisables.

Mais, au contraire, il me semble essentiel de rappeler que nous détenons tous une part de Grand Homme. Il y a, même dans la personne isolée, la plus misérable – ou qui s'imagine l'être – de quoi améliorer le monde. Au lieu d'attendre la personnification de notre salut, nous devons chacun et chacune dentre nous faire appel à ce que nous avons de meilleur et mettre collectivement à profit ces forces individuelles.

En cela, jappelle tous les lecteurs de ce billet à donner un peu de leur temps et de leur énergie à une activité publique. Les possibilités ne manquent pas : parti politique, association, service civique, volontariat, etc.

Si nous ne sommes pas à la hauteur des Grands Hommes du passé que nous admirons tant, prenons au moins notre part dans laction collective. Alors, ensemble, nous serons les Grands Peuples de demain.

 

V

 « Des Grands Hommes aux Grands Peuples »

par Vincent Fleury, le 9 mai 2015

 

 

 

Qui ose prétendre que l’idee de nation est ringarde ? Tant de personnes se sont battues, tant d’êtres humains sont morts pour que survive la leur.

On a souvent, dans nos sociétés modernes, une impression culpabilisatrice lorsque l’on défend l'idée du patriotisme, en dehors de toute notion politique. On discute avec des amis, des connaissances, des membres de notre famille : un certain nombre nie la nécessité de la nation.

Alors certes, la nation ne fait plus rêver : il est devenu loin, le temps où, de la Révolution jusqu’à De Gaulle, on se sentait appartenir à une grande nation, une et indivisible. La notion de fraternité, notamment, a disparu : en même temps qu’au sommet on prône un universalisme inavoué, on détruit des liens forts, millénaires presque - ceux-là même qui faisaient notre unité.

Presque étrangers les uns des autres, les nationaux d’un même pays sont parfois devenus étrangers à eux-même : on doit renier notre appartenance nationale, puisque l’on doit se fondre dans une masse mondialisée, sous la coupe de l'universalisme, dénuée de toutes les valeurs que l’on a mis tant de temps à mettre en place : la liberté, l’égalité et la fraternité en font partie.

Les acquis révolutionnaires, et les acquis sociaux de ces dernières décennies se voient fondre au sein d'un régime juridique de plus en plus large, qui nie les particularismes nationaux : pourquoi, par exemple, la France devrait-elle payer de lourdes amendes lorsqu’une de ses lois n’est pas la même que celle voulue par l'Union européenne ? Quel serait, également, le SMIC européen que tous nous promettent, sans - évidemment - nous en donner le montant ?

Plus que jamais, ces acquis sociaux sont en danger; plus que jamais, nous devons avoir foi en notre nation, nous devons faire en sorte qu’elle (re)devienne protectrice pour nos concitoyens : aucun de nos dirigeants ne devrait pouvoir rompre avec cet objectif.

Il y a là la condition sine qua non d’une société internationale qui fonctionne correctement. Nous devons respecter notre nation, mais également celle des autres. Jaurès disait que c'est le bien de ceux qui ont tout perdu. En d’autres termes, nous devons reconnaître à ceux qui nous entourent le droit d’être fiers de leur patrie.

Mais certains liens, il est vrai, dépassent l'idée de nation ou de patrie. C'est le cas de la langue, par exemple. Si les Anglais l’ont déjà compris, la France doit également sauter le pas et recréer du liens avec les autres pays francophones. Nous pouvons trouver, en Asie, en Afrique, aux Amériques, des amis solides qui parlent notre langue mais que le gouvernement traite actuellement comme des États lambda. C’est vraiment dommage.

Il est donc possible de repenser notre monde, d'apporter un nouveau souffle patriote et pacifique. Nous devons dire haut et fort qu’on peut être fier de son pays sans faire la guerre ! L'avenir de notre monde sera, je l’espère, le patriotisme.

 

A

« La nation comme avenir de notre monde »

par Arnaud de Rigné, le 17 mai 2015

 

 

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09 mars 2014

Municipales 2014 : Paroles de jeunes candidats

À la fin du mois, nous nous rendrons aux urnes pour renouveler les plus de trente-six mille conseils municipaux qui constituent, ensemble, la première strate politique et administrative de notre pays, le cœur de la France des territoires. Pour l'occasion, j'ai souhaité donner une nouvelle fois la parole à quelques jeunes engagés, chacun sur une liste. Je ne prétends évidemment pas à l'exhaustivité, pas davantage à une représentativité parfaite du panel tel qu'il apparaît ici : Paris et Lyon sont, au 9 mars (date de la rédaction de cette introduction - 11 réponses reçues), sur-représentées, les hommes le sont largement. Les rapports de forces issus de ce panel ne reflèteront pas nécessairement ceux que l'on retrouvera au plan national, après les résultats. D'autres réponses me parviendront peut-être, je l'espère, en tout cas.

 

Le parti pris est le suivant : laisser s'exprimer quelques jeunes qui croient en la politique, en la capacité qu'elle peut avoir de changer les choses. Le scepticisme, le désabusement ne sont pas de mise ici. Ça fait du bien, parfois... Il y a également dans ce document un aspect "décrochage régional" que j'assume totalement : il vous donnera, je l'espère, l'envie de découvrir les communes, les coins dont il est question, de vous intéresser aussi à ces scrutins-là. Si vous souhaitez réagir à tel ou tel propos, interpeller un candidat ou apporter vos propres réponses, n'hésitez pas... les commentaires sont là pour ça ! Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

UNE EXCLUSIVITÉ PAROLES D'ACTU

MUNICIPALES 2014 

Paroles de jeunes candidats

 

Marianne

(Illustration : Larousse.)

 

 

 

Bruno Clavet

Bruno Clavet

3e ar. de Paris - FN/RBM (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Bruno Clavet. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Bruno Clavet : Originaire de Marseille où j’étudiais en école de commerce, j’ai emménagé à Paris en 2012 pour intégrer un master de stratégie à Sup de Pub, la grande école de communication de Paris. Installé durablement dans la capitale, j’ai ainsi fait mes premiers pas en tant que militant frontiste parisien avant de devenir tête de liste du 3e arrondissement pour les élections municipales.

 

Toutefois, c’est depuis mes dix-huit ans que j’ai à cœur de devenir un acteur du changement, afin de ne pas rester spectateur du spectacle catastrophique qui nous est offert depuis des années. Hier à l’UMP, aujourd’hui au Front national, je suis convaincu que nous incarnons la véritable alternative politique attendue par les Français attachés à leur pays, à ses valeurs, à son histoire et à son identité.

 

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 3e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

B.C. : Continuer de voter pour le système UMPS, c’est continuer la politique menée aujourd’hui par le gouvernement - politique que l’on sait injuste et inefficace. À cela s’ajoute une insécurité croissante : vols à la tire, cambriolages, violence des mineurs... Cela est intimement lié à la politique pénale voulu par le PS.

 

Que voit-on ? Une fiscalité écrasante, notamment pour les commerces, qui peinent à payer toutes leurs charges et à employer. Une crise du logement, qui favorise les plus riches et laisse les classes moyennes sur le bord de la route. Pour conclure, les politiques menées jusque là ont fait perdre au troisième son attractivité, aussi bien pour les commerces que pour les classes moyennes.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

B.C. : Nous voulons réduire la fiscalité, afin de recréer un écosystème attractif pour les commerces de proximité, qui sont la force vive de Paris et qui font partie de son histoire. Nous mettrons un terme aux travaux pharaoniques qui creusent la dette un peu plus chaque jour. Nous prônerons l'utilisation accrue de la vidéosurveillance et le retour d’une police municipale mieux équipée, donc plus efficace. Nous ferons en sorte d’appliquer le plus strictement possible le principe de laïcité cher à notre République. Et, pour finir, en ce qui concerne le logement, nous voulons le retour des classes moyennes dans Paris. Les commissions d’attribution des logements sociaux qui se tiendront sous notre mandat seront publiques, transparentes, elles appliqueront le principe de priorité nationale.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

B.C. : Je suis assez optimiste en ce qui concerne un poste de conseiller d’arrondissement. L’accueil est assez chaleureux. La population de l'arrondissement est désormais beaucoup moins fermée à l’idée d’un vote FN. C’est très encourageant... Au niveau de la ville, nous aurons évidemment des conseillers de Paris. Ce qui marque un véritable changement de mentalité.

 

Évidemment, nous attendons également avec impatience les élections européennes, qui signeront la fin du système européiste UMPS...

 

Propos recueillis le 12/02/14

Retrouvez Bruno Clavet sur Twitter...

 

 

Hugo Hanry 2014

Hugo Hanry

15e ar. de Paris - FG

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Hugo Hanry. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Hugo Hanry : Bonjour. Tout d'abord, je suis très heureux de répondre à nouveau à Paroles d'actu, qui avait déjà interrogé les jeunes sur le thème « Hollande, l'an 1 ». J'ai 20 ans et je suis étudiant en deuxième année de science politique à l'Université Paris Ouest Nanterre. J'habite Paris depuis 2000, et j'ai grandi dans le 15e arrondissement, où je suis candidat pour l'élection municipale sur la liste « À Paris, place au peuple ! » du Front de Gauche, menée dans le 15e par Françoise Giboteau et soutenue par Danielle Simonnet, tête de liste dans le 20e et à la mairie de Paris.

 

Je me suis engagé en politique en 2010, au Parti socialiste et au Mouvement des Jeunes socialistes, où j'étais coordinateur d'équipe des 15e et 7e arrondissements. La campagne présidentielle de 2012 a été un moment crucial dans mon engagement politique, puisque c'est à ce moment-là que j'ai pris véritablement conscience de la dérive néo-libérale du Parti socialiste. Le programme politique des « 60 engagements » de François Hollande ne prenait pas la mesure de l'ampleur de la crise que nous connaissons et des urgences sociales qui en découle. Un quinquennat d'austérité s'annonçait, et j'ai donc quitté mes fonctions au MJS et rendu ma carte du Parti socialiste.

 

Mon choix est allé vers le Front de Gauche et, plus précisément, le Parti de Gauche, seul parti à défendre une orientation de résistance à l'austérité et, en même temps, éco-socialiste : l'écologie politique et les réponses aux urgences sociales sont au cœur du programme. La politique économique de droite appliquée aujourd'hui par François Hollande et Jean-Marc Ayrault me conforte dans ma décision, et je porterai donc les couleurs du Front de Gauche aux élections municipales dans mon arrondissement.

 

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 15e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

H.H. : Le 15e arrondissement de Paris est un arrondissement particulier. C'est, tout d'abord, le plus grand, si l'on enlève les bois de Boulogne et de Vincennes des 16e et 12e arrondissements, et le plus peuplé, avec plus de 235 000 habitants. C'est également un arrondissement acquis à la droite depuis toujours.

 

Concernant le bilan de la municipalité sortante, sur Paris, tout d'abord, le bilan est très mitigé. En 2001, les Parisiennes et les Parisiens brandissaient les clefs de Paris devant l'hôtel de ville pour symboliser la fin de l'ère Chirac-Tibéri et exprimer leur ras le bol de la droite à Paris. D'ailleurs, le projet de Nathalie Kosciusko-Morizet, la marquise de Longjumeau qui vit des « moments de grâce » dans la ligne 13 du métro (toujours saturée), est comparable à la politique de la droite menée à Paris avant 2001. Notre opposition y est donc totale, je n'y reviendrai pas, son cas est réglé. Sous les deux mandatures de Bertrand Delanoë, des choses ont été faites. Par exemple, alors que la droite s'obstinait, par volonté politique, à réserver Paris aux riches, refusant de produire du logement social, Bertrand Delanoë a respecté la loi SRU et atteint en deux mandatures le taux de 20% de logement social sur la ville. Cependant, de grandes disparités subsistent selon les arrondissements : le taux de logement social dans le 7e arrondissement n'est que de 1,3%, contre plus de 36% dans le 19e...

 

Pour être plus critique, on constate à Paris un phénomène de « gentrification » qui s'accélère, et donc un exode social toujours plus important des classes populaires et moyennes, du fait du coût de la vie. Celles-ci sont forcées de se loger de plus en plus en banlieue, accentuant les distances domicile-travail et rendant par conséquent souvent obligatoire l'usage de la voiture ou le paiement de tarifs de transports en communs très élevés. On ne peut pas trouver un 50m² à moins d'un SMIC et, du fait de la rapacité des promoteurs immobiliers et du refus de s'attaquer à la spéculation immobilière, les loyers continuent de grimper, et la loi Duflot ALUR n'y changera malheureusement rien. On ne peut plus se loger dans la capitale de la France ! Du fait de la politique d'autofinancement de la ville et du refus d'investir dans le logement social par le recours à l'emprunt, seul un logement social sur trois - parmi les 70 000 produits en douze ans- est accessible aux personnes les moins aisées.

 

L'accès à la santé se dégrade, et de plus en plus de Parisiennes et de Parisiens ne peuvent plus se soigner, du fait des dépassements d'honoraires et du coût exorbitant de certains soins. La municipalité actuelle a d'ailleurs engagé la casse des urgences de l'Hôtel-Dieu, seul hôpital de proximité contenant des urgences dans les neuf premiers arrondissements de Paris. De plus, une grande partie des services de Paris a été privatisée au profit de grands groupes privés : JCDecaux pour Vélib et la publicité, Vinci qui, pour les parkings, pratique des prix exorbitants, Bolloré qui effectue avec Autolib une opération de publicité industrielle en faisant payer les Parisiens, ou encore Derichebourg, pour la collecte des déchets... Ce recours au privé coûte une fortune aux Parisiennes et aux Parisiens, d'une part parce que ces groupes doivent faire du profit pour rémunérer leurs actionnaires, mais aussi du fait des contrats signés. Dans le cas de Vélib, par exemple, si le taux de vélos dégradés dépasse celui prévu par le contrat, la ville paye 400 euros par vélo dégradé supplémentaire !

 

Malgré douze ans de mandature du Parti socialiste, la « gentrification » s'accentue, et Paris devient, de plus en plus, une ville réservée aux riches, du fait, principalement, de la spéculation immobilière. Pour ce qui est du 15e arrondissement, le bilan est également très mitigé et, les mairies d'arrondissements ayant peu de pouvoir, la mairie de Paris a plutôt limité la casse par rapport à ce qu'aurait pu faire le maire de droite du 15e, qui distribue actuellement sur les marchés des tracts anti-Roms racistes. Cependant, les projets de Bertrand Delanoë soutenus par la candidate Anne Hidalgo ne vont pas dans le bon sens. Tout d'abord, les 20% de logements sociaux ne sont toujours pas atteints, et le 15e manque cruellement de logement accessible à toutes et tous.

 

Je vais m'attarder ici sur un projet soutenu uniquement par le Parti socialiste qui résume parfaitement toutes les problématiques de l'arrondissement, et même celles de Paris en général : celui de la « Tour Triangle ». Ce projet inutile et imposé consiste à détruire une partie du Parc des Expositions de la Porte de Versailles pour y construire une tour de 180m de hauteur, composée à 95% de bureaux, sur un terrain vendu à Unibail par la ville à un prix trois à quatre fois inférieur à celui expertisé. Ce projet est anti-écologique, anti-social, il encourage la spéculation immobilière, engraisse les profits d'un groupe privé et est une tache architecturale. Anti-écologique parce qu'une tour de cette hauteur est obligatoirement énergivore, et elle est également contraire au plan climat adopté par le Conseil de Paris. Anti-social car cette tour sera composée à 95% de bureaux, alors que le 15e arrondissement manque cruellement de logements et, surtout, de logement social.

 

Des études ont montré que la construction de tours de grande hauteur faisait mathématiquement augmenter le prix du foncier, des loyers et des baux commerciaux dans le quartier alentour, du fait de la spéculation immobilière. Nous refusons par ailleurs les constructions de grande hauteur, par respect des impératifs écologiques mais aussi du patrimoine architectural de Paris. Bref, des projets coûteux, inutiles, imposés et anti-écologiques, voilà ce que nous réserve Anne Hidalgo si elle est élue, au lieu de s'attaquer à la spéculation immobilière et de rendre Paris accessible à toutes et tous.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

H.H. : Nous proposons aux Parisiennes et aux Parisiens un programme de 424 mesures de radicalités concrètes pour cette élection municipale. Je ne vais évidemment pas toutes les énoncer, mais je vais insister sur quelques points, notamment sur le logement, qui est notre priorité dans cette élection.

 

Tout d'abord, nous assumons de soutenir que l'élection municipale est une élection politique, et que la politique nationale a, bien évidemment, des répercussions à l'échelle locale. Par exemple, dans le budget 2014, du fait des baisses de dotations de l'État aux collectivités décidées par François Hollande, c'est un demi milliard de moins qui rentre dans les caisses de la Ville ! Nous portons l'ambition de faire de Paris la capitale de la résistance à l'austérité. Tous les autres candidats, que ce soient Anne Hidalgo, NKM, le candidat du Front national ou Christophe Najdovki pour EELV, sont dans une logique de soumission à l'austérité. Nous, nous refuserons la baisse des dotations de l'État à la Ville de Paris et nous réclamerons le remboursement de la dette de l'État auprès des Parisiennes et des Parisiens : elle s'élevait déjà, en 2011, à plus d'1,3 milliard. Parce que le logement est notre priorité, et que beaucoup de leviers relèvent du domaine législatif, nous assumons, si les électeurs portent le Front de Gauche à la mairie de Paris, capitale de la France, d'imposer un rapport de force avec le parlement pour faire adopter une loi d'encadrement à la baisse des loyers de 20%, dans le privé et dans le public. Pour en finir avec ce qui relève du domaine national, nous réclamerons une révolution fiscale pour rendre l'impôt plus juste et plus redistributif.

 

Concernant les radicalités concrètes locales, je vais développer plus longuement nos mesures pour l'accès au logement, préoccupation numéro 1 des Parisiens. Nous engagerons un combat sans relâche pour faire baisser les loyers. Pour cela, il faut frapper la spéculation immoblière en augmentant les droits de mutation, que la municipalité sortante a refusé d'augmenter, alors que la loi l'y autorise ! Nous taxerons davantage les transactions immobilières dans les quartiers les plus chers. Il est également indispensable de faire appliquer le droit de réquisition sur les 115 000 logements vides, presque un million de m² de bureaux vides, pour rééquilibrer l'offre et la demande qui mettra fin à la course folle à la hausse des loyers. Malheureusement, pas une seule réquisition n'a eu lieu depuis l'élection de François Hollande et l'arrivée de Cécile Duflot au ministère du Logement. Nous développerons également le compte foncier de la ville, en assumant notamment le recours à l'emprunt. Nous créérons dans cette logique 12 000 logements sociaux par an, répartis dans tous les arrondissements, pour parvenir à l'objectif de 30% de logements sociaux avant la fin de la mandature et non, comme le propose hypocritement Anne Hidalgo, en 2030 (soit trois mandatures)... Nous baisserons également le loyer de ces logements sociaux pour les rendre accessibles à toutes et tous. Nous créerons des conseils de l'habitat social pour avancer dans la participation des locataires à la co-gestion du parc social.

 

Notre programme est ambitieux, il répond aux urgences sociales et écologiques des Parisiens. C'est pourquoi il s'accompagne d'une série de mesures d'émancipation par rapport aux intérêts privés mais aussi, par exemple, par rapport à la publicité. Nous reprendrons la main sur les intérêts privés en municipalisant ou remunicipalisant ce qui a été privatisé. Ce sera le cas pour Autolib, Vélib, les parkings, la collecte des déchets, les cantines scolaires ou encore le nettoyage des bureaux. Nous souhaitons défendre et étendre nos services publics en créant des espaces de gratuité, notamment dans les transports, pour les premiers m3 d'eau, pour les musées, les bibliothèques et médiatèques... Nous instaurerons une régie publique de l'internet et des énergies renouvelables et embaucherons 4 000 nouveaux agents de la ville. Pour désengorger Paris, nous développerons et rendrons les transports publics accessibles à toutes et tous en baissant drastiquement les tarifs et en portant une bataille qui n'a pas été menée par la majorité sortante, celle de la tarification unique - sur les tarifs des zones 1 et 2 - pour toute l'Île-de-France.

 

Pour faire face aux impératifs écologiques et garantir le droit aux espaces verts, nous organiserons une planification écologique municipale et défendrons la création d'un troisième bois dans Paris, en plein coeur du 18e arrondissement, sur la friche « Chapelle International ». Nous repenserons également l'aménagement du territoire pour réduire les distances domicile-travail, rééquilibrer le ratio emploi/logement dans les quartiers et, ainsi, amoindrir le recours à la voiture. Pour faire vivre la vie associative, nous affecterons 50m² pour 100 habitations à des locaux dédiés aux activités associatives dans les immeubles gérés par les bailleurs sociaux. Enfin, à l'instar de São Paulo, nous portons l'ambition de faire de Paris une ville débarrassée de la publicité, notamment sur les édifices publics en travaux, tout cela nourrit la logique consumériste, et, de surcroît, engraisse les profits de JCDecaux. Nous favoriserons au contraire l'art dans la rue.

 

La Ville de Paris n'est pratiquement pas endettée et fonctionne à 80% en autofinancement par ses propres recettes fiscales. Pour planifier et préparer l'avenir, nous assumerons le fait d'avoir un plus grand recours à l'emprunt et nous dégagerons de nouvelles recettes, notamment en taxant la spéculation immobilière.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

H.H. : Je dois d'abord dire que je suis désespéré de constater que nous faisons face à une candidate UMP qui ne connaît pas le prix d'un ticket de métro, ni les horaires de bus, qui propose de créer des « zones franches de droit du travail » dans les quartiers (complètement illégales, et heureusement), qui souhaite engager le plus grand plan social que la Ville ait connu en supprimant 2 500 postes d'agents et veut réserver le logement social aux classes moyennes aisées. Donc, de fait, soutient un Paris réservé aux riches.

 

Je suis également désespéré de voir un candidat du Front national, déjà champion d'absentéisme au Conseil régional de Picardie, déclarer qu'« À Paris, il n'y a que des bobos et des immigrés », qu'il ne « gagne pas (sa) vie si bien que ça » avec des revenus annuels de plus de 100 000 euros - alors que 15% des Parisiens vivent en dessous du seuil de pauvreté (25% dans les 18e, 19e et 20e arrondissement) - et préparer la plus sévère cure d'austérité que la ville ait jamais connue (et, qu'heureusement, elle ne connaîtra jamais). Bref, le profil type du vote inutile : même si, par malheur, il était élu, il ne daignerait même pas siéger au Conseil de Paris...

 

Enfin, je suis consterné par le programme du Parti socialiste et celui d'EELV. Ils manquent gravement d'ambition et condamnent Paris à se soumettre aux logiques d'austérité dictées par le gouvernement et Bruxelles. Les listes d'Anne Hidalgo sont bien des listes gouvernementales.

 

Je pense que le Front de Gauche, dans de nombreuses villes, et également à Paris, sera la surprise de ce scrutin. Nous sommes les seules listes assumant une rupture avec les logiques de réduction des dépenses au détriment des citoyens et préparant l'avenir en investissant dans nos services publics. Malgré un cadrage médiatique déloyal focalisé sur le « duel NKM/Hidalgo » qui n'en est pas un, sauf à être un duel de l'austérité, Danielle Simonnet, notre tête de liste à la mairie de Paris, réussit à percer dans ce cadre médiatique. Lors du débat sur LCP et Europe 1 réunissant les cinq candidats à la mairie de Paris, notamment, où le chef du service politique d'Europe 1 a reconnu qu'elle était « excellente » et « la révélation » de ce débat. Je le dis franchement, les autres candidats ont pour eux l'image et la priorité médiatique, mais nous avons le fond et la force militante de terrain. Pour preuve, nous sommes les seules listes en progression, et, déjà, la troisième force politique de Paris, à cinq semaines du scrutin.

 

Je ne vais pas cacher que, pour le 15e arrondissement, la tâche est rude, mais nous comptons sur le travail de terrain, où nous avons de très bons retours, pour remporter cette élection et faire triompher l'autonomie conquérante. Nous souhaitons remobiliser les 110 000 électrices et électeurs parisiens de Jean-Luc Mélenchon lors de l'élection présidentielle et, bien sûr, rassembler au-delà. Je pense notamment aux électeurs socialistes et écologistes qui ne se reconnaissent pas dans la politique menée par François Hollande et qui ne veulent pas en subir les conséquences à Paris en votant pour Madame Hidalgo. N'hésitez plus. Vous êtes de gauche, votez Front de Gauche ! À Paris, place au peuple !

 

Propos recueillis le 18/02/14

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Valentin Fontan-Moret 2014

Valentin Fontan-Moret

1e ar. de Lyon (Rhône) - UMP

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Valentin Fontan-Moret. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Valentin Fontan-Moret : Bonjour. J'ai 18 ans et suis un militant engagé depuis deux ans aujourd'hui à l'Union pour un Mouvement populaire. Mes convictions viennent toutes d'un même credo : "Il faut que cela change !" Voilà, pour moi, le sens réel et profond d'un engagement : l'envie d'en finir avec ce qui ne va pas, ce qui ne va plus, et participer à l'avènement d'une vision nouvelle. La volonté de faire bouger les lignes et l'optimisme, conditions sine qua non à tout engagement, sont pour moi les piliers indestructibles du combat politique. Et c'est précisément cette envie de porter un projet nouveau qui motive aujourd'hui mon engagement dans le 1er arrondissement de Lyon, aux côtés de Jean-Baptiste Monin. La volonté d'incarner le renouveau et de porter des idées nouvelles est à mon sens une belle façon d'ajouter sa pierre à l'édifice républicain, qui en a bien besoin.

 

Pour ce qui est de mon "étiquette" (UMP), elle est le fruit de l'adhésion à cette idée certaine de la France qui est celle du gaullisme. Aussi bien sur le plan institutionnel, économique que social, je crois que la quintessence du modèle français qui nous est cher est gaulliste avant tout. Mais je ne suis pas un nostalgique : je crois que notre devoir à tous aujourd'hui est d'être tournés vers l'avenir, et qu'il nous faut pour cela ne pas oublier d'où nous venons, c'est aussi ça, le gaullisme, selon moi. C'est cette vision de la France et du monde qui motive mon engagement. 

 

PdA : Vous serez candidat à Lyon, dans le 1e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

V.F.-M. : Le pluriel est effectivement de mise ! Je ne suis pas de ceux qui jetteront la pierre à un camp ou l'autre. La gauche est fracturée dans le 1er arrondissement : une liste du Parti socialiste présentée par Gérard Collomb ; une liste plus à gauche portée par Nathalie Perrin-Gilbert, maire sortante après deux mandats, soutenue par le Front de Gauche ainsi que son propre groupe, le Gram ; et, enfin, une liste Europe Écologie Les Verts.

 

On ne peut pas reprocher à Nathalie Perrin-Gilbert d'avoir fait du mal à l'arrondissement. Mais les citoyens ont souffert du jeu politicien de rivalité entre ces différents mouvements de gauche et les ambitions des uns et des autres qui ont trop souvent primé sur l'intérêt des habitants. C'est pour moi la grande part d'ombre du bilan des équipes sortantes, et le drame, c'est que ces équipes, Parti socialiste en tête, ont fait le choix de poursuivre cette bataille d'égos et d'ambitions sur la place publique, devant les électeurs, à l'occasion de cette campagne. Je crains que cela ne se fasse au détriment de notre arrondissement, et c'est pour cela que je milite pour l'alternative ambitieuse et dynamique qu'incarne Jean-Baptiste Monin.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

V.F.-M. : Notre projet est très dense, et c'est une fierté pour nous ! Nous n'avons pas peur d'être ambitieux pour notre arrondissement. Mais, parmi nos propositions, certaines me tiennent particulièrement à cœur : l'idée, par exemple, de rendre son sens et sa fonction à ce lieu chargé d'histoire et pourtant abandonné qu'est l'Amphithéâtre des Trois Gaules, en y organisant régulièrement les états généraux de l'arrondissement : une grande concertation ouverte à tous sur la politique à mettre en oeuvre dans l'arrondissement pour impliquer chacun dans le processus de décision. S'exprimer autrement que par un bulletin de vote tous les six ans : voilà le sens profond de ce qu'est la démocratie !

 

Mais il y a aussi cette proposition de bon sens, et pourtant trop rare, qui est de faire de la police municipale une véritable police de proximité, bien loin d'une politique répressive : l'idée est que les agents soient comme des veilleurs de quartier, vecteurs de lien social, figures connues et respectées dans leurs quartiers et quotidiennement au contact des riverains pour contribuer à ramener une atmosphère paisible. Je pourrais aussi développer longuement les thématiques qui touchent directement les jeunes : l'intergénérationnel ne sera pas laissé de côté avec le projet du Collège Truffaut qui a fait l'actualité ces dernières semaines. C'est une belle perspective qui redonne tout leur sens à ces termes que certains mettent aujourd'hui à toutes les sauces et que sont l'humanisme, le vivre ensemble. Nous n'en faisons pas un argument marketing, et pourtant, c'est l'essence même de ce type de projets.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

V.F.-M. : Je les sens bien, pour tout vous dire !

 

Évidemment, la situation actuelle invite à un vote massif en faveur de notre mouvement, qui représente l'alternative. Mais je vois aussi en ces élections municipales, dans un certain nombre de communes comme dans le 1er arrondissement de Lyon, un moyen de renouveler les tendances, idées et personnes. Et, peut-être, qui sait, de faire définitivement éclater un certain nombre de clivages qui n'ont plus de sens et que certains entretiennent comme un fonds de commerce, électoralement très rentable ?!

 

PdA : Un dernier mot ?

 

V.F.-M. : Engagez-vous ! D'autres vous incitaient à vous indigner, je préfère inciter tous les jeunes qui, comme moi, ne sont pas à l'aise avec la situation politique qui est la nôtre, ni avec une bonne partie des projets qu'on leur soumet pour l'avenir, à s'engager, quelles que soient leurs convictions. Il m'arrive encore, souvent, de me lever le matin, de regarder les nouvelles du jour et de penser : "Nous ne pouvons pas ne pas agir !". Jeunesse, agissons !

  

Propos recueillis le 22/02/14

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Stéphanie V.

8e ar. de Paris - PS

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Stéphanie V. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

  

Stéphanie V. : Je suis étudiante en droit des affaires, passionnée par tout ce qui touche à l'entrepreneuriat et aux start-up. J'aime aussi beaucoup le monde de l'art et en particulier le théâtre, que j'ai pratiqué de nombreuses années, notamment au cours Florent, ainsi que la peinture - je me réfugie dans un musée dès que j'ai un peu de temps ! -. Parallèlement à mes études, j'ai la chance de travailler dans une galerie d'art du 10e arrondissement de Paris, où je participe à la programmation et à la logistique. J’adore la musique et joue du violon depuis mon enfance. 

  

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

  

S.V. : J'aime mon pays. Depuis petite, je me suis intéressée à l’histoire de France et j'ai voulu apporter ma modeste contribution personnelle à l'histoire collective. J'ai d'abord milité dans l'associatif mais, au bout de quelques années, j'ai eu envie d'agir au cœur du « mécanisme », je me suis donc naturellement tournée vers la politique en adhérant au Mouvement des Jeunes socialistes et en rejoignant la sensibilité La Relève. J'ai aujourd'hui la chance de coordonner l'équipe des jeunes socialistes du 8e arrondissement de Paris, dans lequel je réside.

  

PdA : Vous serez candidate à Paris, dans le 8e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ? 

  

S.V. : Quel gâchis... Notre arrondissement a un potentiel incroyable, qui n'est absolument pas exploité par la majorité sortante, qui manque cruellement d'énergie et de dynamisme. Le 8e s'est endormi, les familles et les commerçants sont délaissés, le maire ne relaye pas correctement les nombreux dispositifs mis en place par la mairie de Paris pour les habitants de l'arrondissement, et particulièrement pour les jeunes. Ce manque d'ambition et de volonté est affligeant. Nous abritons le premier quartier d'affaires de France et la plus belle avenue du monde : nous méritons un 8e innovant, qui soit un arrondissement d'excellence. Un maire qui soit au service des citoyens et capable de prendre des décisions courageuses sur des dossiers sensibles ou difficiles, sans se dédouaner comme c'est le cas actuellement, en particulier sur le manque de places en crèches, la sécurité ou encore la propreté. 

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

S.V. : Nous avons fait le choix de contribuer activement au développement économique de l'arrondissement. Je considère tous les cabinets et les entreprises qui entourent nos résidences comme un patrimoine, une richesse qu'il faut exploiter. Cette réflexion nous a conduit, par exemple, à proposer la création d'une pépinière d'entreprises et la création d'un label "Paris8e".

 

Les petits commerces aussi sont précieux, ils garantissent la vitalité du quartier et sont un facteur de lien social conséquent, pour les personnes âgées en particulier. Nous proposons de mettre en œuvre de nombreux dispositifs pour favoriser et protéger l'implantation des commerces de bouche, tels que l'inscription des principales rues commerçantes dans le plan local d'urbanisme.

 

Nous voulons aussi préparer l’avenir et penser à ceux qui seront le 8eme de demain. Aussi, nous voulons construire une nouvelle école dans le nord de l'arrondissement, ainsi qu'une crèche d'une trentaine de berceaux. Nous avons également souhaité faire un focus sur cette jeunesse trop longtemps oubliée par la droite, en avançant des propositions élaborées par les jeunes pour les jeunes, telles que la création d'une bourse de stage à destination des 15/30 ans ou encore celle d'un local jeunesse muni d'ordinateurs et de wifi en libre accès, ainsi que de nombreux partenariats avec les entreprises environnantes.

 
Des événements récents ( une fusillade puis un blessé par balle) ont aussi démontré la nécessité absolue de traiter des questions afférentes à la sécurité de manière rapide et efficace : si nous sommes élus, nous mettrons en place un conseil local de sécurité, demanderons qu'un bus antenne de police soit présent dans les lieux touristiques, un gardien et l'installation d'une vidéosurveillance dans le square Marcel Pagnol.

 

Un plan local de propreté, en partenariat avec les inspecteurs de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations, ndlr), sera mis en place et nous inscrirons l'arrondissement dans une démarche environnementale plus approfondie (mise en place de l'Agenda 21, trame verte, lieux de compost...).

 

Dans la lignée de mon parcours et de mes hobbies, je suis très attachée à l'idée de promouvoir la culture, dans toute sa dimension intergénérationnelle, en enrichissant notre identité culturelle (création du forum de l'entreprenariat européen, demande d'obtention de la localisation du Musée du Numérique et de la Société Informatique sur notre territoire, création de soirées "Paris Upground" sur les toits d'immeubles parisiens en partenariat avec des galeries d'art du 8e, création d'un centre socio-culturel type Centre Barbara du 18e). Nous favoriserons aussi l'accès au patrimoine existant : le Festival de l'Europe, qui s'appuierait sur les rues affiliées, le Parcours de Design culinaire, en partenariat avec nos grandes maisons gastronomiques du 8e, le Parcours Modo (transposition de l'événement bruxellois)...

 

La solidarité et la citoyenneté sont au cœur de notre engagement, et sont deux thématiques portées avec force et conviction par notre tête de liste, Corine Barlis : un conseil de la jeunesse et une assemblée de tous les conseils de quartiers seront notamment crées en mairie.

 

Enfin, nous nous engageons fermement sur le logement et sommes fiers de voir cette thématique revendiquée comme prioritaire pour Anne Hidalgo. Nous interviendrons, par exemple, en fournissant un effort de vigilance sur les immeubles vacants, par la mise en place de "Relais location 8e", de l'agence Multiloc et, dans un souci de transparence, nous installerons une commission d'attribution des logements sociaux avec une commission de surveillance paritaire.

 

Ceci est très loin d'être exhaustif, je vous invite donc à venir découvrir l'intégralité de notre projet sur notre site.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

S.V. : Très bien! Notre équipe a déjà réussi beaucoup de choses : cohésion, pragmatisme et écoute des habitants lors de l'élaboration de notre programme ont porté leurs fruits et, au fil des tractages, de nos rencontres avec les commerçants, porte-à-porte et autres actions de terrain, je découvre les nombreuses retombées positives de notre travail : une confiance qui croît de jour en jour en la capacité de Corine Barlis et de son équipe à gérer cet arrondissement et à en faire un lieu de vie privilégié. Nos propositions sont pertinentes, concrètes et audacieuses, dans la droite ligne de celles de notre candidate à la mairie de Paris, Anne Hidalgo. Je suis très fière de la soutenir dans le 8e, c'est une personnalité qui m'inspire énormément, en tant que militante mais également en tant que femme : progressiste, écologiste, féministe et bosseuse, je pense qu'elle fera une excellente maire de Paris et j'ai toute confiance en ses chances de victoire.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

S.V. : Oui ! Je vais en profiter pour remercier Corine Barlis et toute la commission qui a procédé à l'élaboration de la liste pour m'avoir donné la chance de participer à cette campagne en tant que candidate. Nous comptons quatre personnes de moins de 30 ans sur notre liste, ce qui témoigne de leur confiance en la jeunesse. Je voudrais également saluer mes colistiers : nous sommes une liste hétéroclite, unie, au sein de laquelle chacun a su trouver sa place et apporter ses compétences, ce qui est suffisamment rare pour être salué. Nous avons une équipe de communication qui fait un incroyable travail, des militants socialistes et des formations politiques partenaires qui savent se mobiliser au quotidien, je tiens à les remercier chaleureusement pour cette belle aventure collective. 

  

Propos recueillis le 02/03/14 

 

 

Julien Mariller

Julien Mariller

Binges (Côte-d'Or) - UMP (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Julien Mariller. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Julien Mariller : Parler de soi est toujours un exercice difficile, surtout lorsque l’on fait preuve d’une certaine humilité. Depuis très jeune, l’engagement public est une véritable passion. Il permet d’offrir des perspectives à nos concitoyens, de transformer le quotidien, d’être l’acteur de notre avenir commun. Depuis huit ans, j’ai la chance d’accompagner un certain nombre d’élus en Côte-d’Or. Ils sont présents pour m’apprendre à analyser les rouages de la République et la servir. Ils sont, pour moi, comme des pères.

  

Depuis 2010, je suis, d’ailleurs, secrétaire de l’association de soutien du député de ma circonscription et membre de Conseil national de l’Union pour un Mouvement populaire. Ce sont de très belles missions. Mais, désormais, je suis prêt, avec l’équipe qui m’accompagne, à assumer d’autres responsabilités : c’est le sens de ma candidature aux élections municipales de notre belle commune, Binges.

 

PdA : Vous serez candidat à Binges (Côte-d'Or) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

J.M. : À cet instant, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces hommes et toutes ces femmes qui, bien avant nous, ont œuvré pour la réussite de notre commune. Je pense notamment à l’ensemble des élus municipaux, aux bénévoles associatifs, aux artisans et commerçants, aux agriculteurs... Binges possède une identité, une histoire qu’il nous faut avant tout respecter pour construire notre avenir. Notre commune est aujourd’hui à la recherche d’une espérance, d’une perspective. Nous avons besoin de retrouver un projet commun, une envie de vivre ensemble.

 

Je suis un amoureux de notre belle commune. D’abord parce que j’y suis né, parce que Binges a toujours été le témoin des étapes de ma vie, de mon enfance à ma vie d’adulte. Mais aussi parce que les liens d’amitié et de proximité que j’ai tissés avec chacun des Bingeois depuis vingt-cinq ans sont pour moi une drogue dont je ne pourrais aujourd’hui me passer.

 

J’ai beaucoup de respect pour l’équipe municipale sortante, même si je considère désormais qu’un autre avenir est possible. Nous n’avons plus le temps d’attendre que le temps passe. Avec mon équipe, nous éveillerons Binges. D’une certaine manière, nous sommes tous les membres d’une même famille. C’est cette famille que nous souhaitons servir avec passion. C’est pour cette famille que nous souhaitons nous battre et donner beaucoup de notre temps.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

J.M. : Le moment est venu de développer un projet de vie qui s'appuie largement sur les contacts humains, l’écoute et la proximité. Le moment de construire une commune qui défende ses racines et ses intérêts. Le projet que nous défendons est enraciné dans l’identité de notre commune. Il est composé de propositions réalistes, comme la redynamisation de notre tissu associatif et de notre cœur de village, la limitation du nombre de nouveaux logements ou encore la sécurisation de notre route départementale, avec le souci permanent du respect des équilibres financiers et de l’argent public. Ce projet est porté par une équipe rassemblée d’hommes et de femmes venant d’horizons complémentaires et animée par une même volonté : mettre leurs compétences et leurs énergies au service de notre commune.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

J.M. : Les élections municipales sont un rendez-vous démocratique majeur. Les Bingeois auront à faire un choix qui engagera notre commune pour les six prochaines années. Je suis très serein, avec le sentiment d’un devoir pleinement accompli. J’ai toujours choisi la sincérité, la proximité et l’honnêteté dans la campagne que nous conduisons. Je ne me détournerai jamais de l’objectif de servir Binges et ses habitants.

 

D’une manière plus générale, ces élections doivent être un moment de vérité. Dans un contexte national difficile, les Français ont besoin de faire confiance à des élus de proximité compétents et présents.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

J.M. : Je veux dire qu’au service de notre commune, il n’y aura pas de clan. Il n’y aura que les bonnes volontés de ceux qui aiment Binges. Il n’y aura que les compétences, les idées, les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l’intérêt général. À tous ceux qui veulent servir notre belle commune, je dis, du fond de mon cœur, que nous sommes prêts à travailler avec eux. Qu’est-ce qui nous fédère ? C’est d’abord une conception élevée de notre identité communale. Cette conception n’est en rien démodée. Il y a chez de nombreux habitants une demande d’ordre, d’unité et d’avenir commun. Ce qui nous fédère, c’est aussi une certaine idée de l’engagement publique faite de lucidité et de courage.

 

Nous menons un engagement de vérité. Cette vérité peut parfois déranger mais nous sommes présents pour servir Binges, pas pour séduire avec un tissu de mensonge, ni pour nier la réalité qui nous entoure. Ce qui importe, c’est d’incarner une lucidité, une franchise en continu, et de mettre cette attitude au service d’un projet nouveau et structurant. Nous ne gagnerons pas avec des postures. Je veux dire qu’il est dangereux de penser que les fautes de mon adversaire feront nos succès. Ce sont les idées qui guident les victoires et les actes.

 

Nous avons un travail de crédibilité à accomplir, crédibilité qui doit être solide et qui doit être digne. Crédibilité dans notre projet, qui doit être profondément réfléchi et débattu avec chacun des habitants. Crédibilité, enfin, dans notre volonté de rassembler les Bingeois et de les convaincre que nous devons passer à l’étape que nous permettra de tous nous rassembler.

 

Propos recueillis le 03/03/14

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Anthony_Pitalier

Anthony Pitalier

Château d'Olonne (Vendée) - PS (tête de liste)

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Anthony Pitalier. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Anthony Pitalier : Je suis collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale depuis 2007, d'abord aux côtés d'Elisabeth Guigou et aujourd'hui auprès de Pascal Deguilhem et, depuis 2012, de Sandrine Doucet. Je me suis engagé en politique à 18 ans, en adhérant au Parti socialiste. Le virus de la politique, je l'ai attrapé à l'âge de 15 ans.

 

PdA : Vous serez candidat à Château d'Olonne (Vendée) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

A.P. : Ce n'est pas à moi de faire le bilan, mais aux électeurs.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

A.P. : Ma première priorité, c'est un nouveau mode de gouvernance : je veux réconcilier les citoyens avec leurs élus en développant la démocratie participative. Ma deuxième priorité est l'excellence environnementale, les pouvoirs publics doivent montrer l'exemple dans ce domaine. Ma troisième priorité c'est le vivre ensemble et l'intergénérationnel, je ne veux pas d'une ville cloisonnée. Pour les jeunes de moins de 30 ans et les familles monoparentales : je propose la mise en place d'une caution municipale pour leur installation dans ma commune. Pour les personnes âgées : je veux permettre leur maintien à domicile. Enfin, ma quatrième priorité, c'est de redynamiser ma commune, notamment en mettant en place une bourse communale pour les 18-30 ans qui veulent créer leur entreprise. Pour les seniors de 50 ans et plus, je propose un plan "emploi rebond senior" en direction des entreprises de ma commune qui embaucheront un senior. L'aide communale sera de 2 000 euros pour un emploi en CDI, 1 000 euros pour un emploi en CDD. Une charte entre l'entreprise et la commune devra être signée, si elle n'est pas respectée, l'entreprise devra rendre les aides perçues à la commune.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

A.P. : Le porte-à-porte se passe très bien. L'accueil est chaleureux, et je suis plutôt surpri,s car le contexte national n'est pas favorable aux socialistes. Mais je pense que pour les citoyens, les élections municipales restent avant tout des élections locales, ils ne mélangent pas tout.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

A.P. : Je suis très fier et très heureux d'être candidat dans la ville qui m'a vu grandir !

 

Propos recueillis le 04/03/14

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Julien Rochedy 2014

Julien Rochedy

Montélimar (Drôme) - FN/RBM (tête de liste)

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Julien Rochedy. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

 

Julien Rochedy : Bonjour. Alors, très rapidement, je suis directeur national du FNJ (Front national de la Jeunesse, ndlr). J’aurai bientôt 26 ans (le 10 mars), j’ai un master de Relations internationales et j’ai déjà écrit quelques livres (mon premier ressort bientôt). Je suis candidat aux municipales à Montélimar, ville que je connais bien puisque j’y ai travaillé et que j’y ai ma belle famille, dont je suis très proche. 

  

PdA : Vous serez candidat à Montélimar (Drôme) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

J.R. : Nous avons à faire, à Montélimar, à un maire du centre droit qui n’a pas vraiment d’idées politiques et qui ne s’intéresse qu’aux affaires. Depuis quelques années, il apparaît que son ambition est de ruiner la ville par de grands projets absolument inutiles et même nuisibles, en oubliant totalement nos atouts, comme le centre-ville qui se meurt, la culture qui n’est pas assez mise en avant, et, bien sûr, la sécurité. Nos objectifs sont tout l’inverse. 

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

J.R. : Nous voulons, nous, nous reconcentrer sur l’essentiel, sur nos atouts, pour les revaloriser afin d’éviter que Montélimar ne devienne qu’une ville de Provence sinistrée, comme tant d’autres. Nous voulons associer les Montiliens aux grandes dépenses de la ville, en faisant des référendums locaux. Nous voulons rétablir la sécurité par la création de brigades d’intervention de la police municipale, en sous-effectif aujourd’hui dans notre ville. Enfin, pour faire très court, nous voulons baisser la fiscalité pour rendre notre ville attractive aux commerces et aux entreprises.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

J.R. : Je pense que ces élections municipales vont changer beaucoup de choses. Enfin, le Front national aura partout (ou presque) des conseillers municipaux qui incarneront, physiquement, d’autres idées. Et la France en a grand besoin, de ces idées-là...

 

Propos recueillis le 05/03/14

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Charles Aslangul

Charles Aslangul

Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) - UMP (tête de liste)

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Charles Aslangul. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Charles Aslangul : Mon engagement politique s’est fait en deux temps. D’abord par amour de l’histoire de France, et donc de mon pays. J’ai appris, à travers le gaullisme, à chérir mon pays, mais surtout l’engagement à son service. Le patriotisme, la souveraineté nationale, la résistance, le refus du renoncement et le rayonnement de la France sont l’essence même du gaullisme. Épouser ces notions, c’est épouser une « certaine idée de la France ». Cette prise de conscience s’est faite à l’âge de 14-15 ans. Dès lors, j’ai voulu concrétiser mon amour de la France non plus dans la contemplation du passé, mais dans l’action pour l’avenir.

 

Au même moment, Nicolas Sarkozy amorçait son ascension vers la présidence de la République. Son dynamisme, son discours décomplexé et volontaire a éveillé l’appétit de l’engagement du jeune gaulliste que j’étais. J’ai donc adhéré à l’UMP en 2006 puis fait campagne pour Nicolas Sarkozy au sein des Jeunes populaires. Après la victoire, j’ai senti le besoin de ne plus rester simple militant. Mais de m’investir à mon tour, concrètement, pour changer les choses. J’ai donc décidé d’écrire fin 2007 au maire de Bry-sur-Marne, à 18 ans, pour lui proposer ma candidature. Trois mois plus tard, je me suis retrouvé élu de la République dans la commune qui accueille ma famille depuis cinq générations. Quel bonheur de concrètement se rendre utile pour sa ville !

 

En parallèle, j’ai fondé L’Ordre républicain, association gaullienne de défense et promotion des valeurs républicaines, citoyennes et civiques. J’ai attaqué l’entreprise Quick pour son offre tout halal, alors accompagné de Maître Gilbert Collard (dont je me suis séparé avec son adhésion au FN). Je ne me doutais sincèrement pas un seul instant que cela allait déclencher un telle polémique au rayonnement national… Beaucoup n’ont pas compris mon message d’alors, que j’assume plus que jamais aujourd’hui : il n’existe qu’une seule communauté, la communauté nationale. Je dénonce fermement la communautarisation de notre société qui se clive de plus en plus. Offrir exclusivement une offre religieuse spécifique dans ces restaurants, c’est participer à ce communautarisme détestable. Par définition, le vivre ensemble commande de ne pas exclure. Cette offre clanique fait tout l’inverse. (J’ajoute que Quick est détenu à 94% par l’État via la Caisse des Dépôts et Consignations). Je ne regrette rien et reste déterminé à me battre pour le retour à une réelle cohésion nationale. Peut-être en commençant par revenir vers une véritable assimilation, un apprentissage scolaire non dogmatique et repentant (Histoire de France) et en appliquant nos lois avec fermeté (Laïcité).

 

Pour Bry, j’ai continué à servir ma vision de la ville, mais différemment, en démissionnant de la majorité municipale avec un autre élu municipal. Nous ne partagions plus la politique menée qui allait, selon nous, à l’encontre de la volonté générale et de ce pourquoi nous avions été élus en 2008.

 

PdA : Vous serez candidat à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

C.A. : Ma candidature était dans la logique. Je ne pouvais pas dénoncer la politique du maire sortant mais me taire dans le secret espoir d’avoir une place au chaud. Ce n’est pas dans mon caractère. J’ai réussi à créer les conditions d’un grand rassemblement bryard de la droite et du centre avec le ralliement de deux anciens maire-adjoints reconnus à Bry pour leur expérience.

 

Nous tirons un bilan assez dur. En effet, en quatorze ans le maire sortant n’a pas livré une seule nouvelle infrastructure à destination des Bryards, pourtant demandeurs. Pire, la seule fut une nouvelle mairie pour la somme de… 10 millions d’euros ! Nous aurions pu faire tellement de choses avec cette somme par une rationalisation de ce projet extravagant. Notre ville pourtant riche s’est donc fortement endettée et nous empêche d’avoir l’ambition que Bry mérite. Sur l’urbanisme, le maire sortant prône une politique de construction immobilière quand je porte l’idée de préservation de notre formidable cadre de vie. Bry est un « village aux portes de Paris » que nous devons protéger.

 

Par ailleurs le maire sortant s’est enfermé dans sa tour d’ivoire au mépris d’un contact indispensable avec les Bryards. Enfin, les Bryards réclament plus de transparence. En effet, l’attribution des permis de construire et des marchés publics pose question à Bry…

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

C.A. : Nos propositions sont très concrètes. Nous souhaitons modifier le P.L.U. pour le rendre plus protecteur et facteur d’activité (nous voulons privilégier l’activité économique à la densification incontrôlée). Il y aura un gel temporaire des constructions des collectifs dans les zones pavillonnaires, le temps de la modification du P.L.U. Nous réduirons les dépenses de 5% par an pour réduire notre dette et injecter les économies dans des investissements utiles aux Bryards : rénovation de la Grande rue, livraison d’un nouveau gymnase et étude de la faisabilité d’un bassin municipal... Une grande moralisation des pratiques interviendra, avec une application ferme de nos règles d’urbanisme, sans traitement de faveur, et l’embauche d’un contrôleur de gestion pour s’assurer de la saine gestion des finances et des marchés publics à Bry… Enfin, nous renouerons le dialogue par la création de permanences du maire, de comités de quartiers et l’organisation régulière de référendums locaux. Je vais m’arrêter là; pour ne pas être trop long, mais il y aurait tellement à dire encore…

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

C.A. : De l’avis commun, la dynamique est de notre côté. Nous livrons toutes nos forces dans cette aventure collective exceptionnelle. Le maire sortant est globalement rejeté à Bry. Encore fallait-il offrir une véritable alternative. C’est ce que nous nous efforçons de faire avec mon équipe. J’ai confiance en la démocratie, seuls les Bryards seront juges, rendez-vous donc les 23 et 30 mars !

 

Nationalement, les Français doivent comprendre qu’avec l’UMP, ils trouveront des réponses à leurs attentes légitimes. Le matraquage fiscal et l’insécurité sont typiquement les sujets sur lesquels l’UMP leur apporte des solutions : maîtrise des dépenses et donc réduction de la pression fiscale, création de postes dans la police municipale, déploiement de la vidéo-protection, etc... Ce sera aussi le moyen de passer un message fort à François Hollande : nous voulons du changement, non plus comme slogan creux mais comme réalité politique !

 

PdA : Un dernier mot ?

 

C.A. : La jeunesse de France doit s’engager pour ses idées, pour son pays. À l’UMP, premier parti d’opposition de France, les jeunes ont toute leur place pour préparer la reconquête et assurer des lendemains meilleurs…

 

Propos recueillis le 06/03/14

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Amaury Rubio

Amaury Rubio

2e ar. de Lyon - EELV (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Amaury Rubio. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

 

Amaury Rubio : Étudiant de 25 ans en Master 2 Éthique et Développement durable à l’Université Lyon 3, je suis engagé dans la vie politique lyonnaise auprès d’EELV et dans le militantisme associatif étudiant (Lyon 3 Développement durable, Fac verte Lyon, Anciela, Jeunes écologistes).

 

La question de la déforestation en Amazonie m’a confronté très tôt aux enjeux environnementaux. Contrairement à ce que l’on m’enseignait, j’ai compris que les désordres climatiques n’étaient pas la faute de l’autre mais que chacun pouvait, avec ses capacités et à son échelle, tenter de faire bouger les lignes.

 

Je m’engage ainsi pour une écologie concrète au quotidien, qui s’appuie sur l’intelligence collective pour trouver, ensemble, des solutions de long terme aux urgences auxquelles nos concitoyen-ne-s sont confronté-es aujourd’hui. 

  

PdA : Vous serez candidat à Lyon, dans le 2e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ? 

  

A.R. : Les écologistes lyonnais ont décidé, en décembre 2012, de partir en autonomie au premier tour pour présenter un projet écologiste, responsable et concret pour la ville de Lyon. Nous pensons que les élections municipales sont le moment idéal pour présenter des propositions, que nous co-construirons avec les habitant-e-s de la ville lors de la mandature 2014-2020. Pour nous, l’expertise habitante doit être valorisée et reconnue au même titre que l’expertise institutionnelle des élus ou l’expertise technique des professionnels de l’aménagement.

 

Notre position est claire et sans ambiguïté, tant envers le PS que l’UMP. Le maire sortant souhaite faire de Lyon une ville internationale, mais il ne se tourne que vers Dubai et Abu Dhabi. Nous souhaitons que Lyon s’ouvre plutôt aux expériences internationales en matière de citoyenneté et d’écologie (budget participatif, transport par câble, agriculture urbaine, pistes cyclables sécurisées, fab lab, …) plutôt que vers les pétrodollars des pays de l’OPEP.

 

Dans le 2e arrondissement, le maire sortant UDI-UMP ne dédie son mandat qu’au quartier d’Ainay, où il fait ses meilleurs résultats, en oubliant les autres quartiers. Il bloque les initiatives et entreprises citoyennes (notamment celles et ceux qui ont voulu, en vain, la création d’un composteur dans l’écoquartier Confluence pour valoriser les déchets alimentaires ou sur le refus de développer un centre social au sein de la MJC Presqu’île Confluence).

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

A.R. : Nos propositions visent à répondre aux formes de vulnérabilité auxquelles sont confronté-e-s les habitant-e-s du 2e, de Lyon et du Grand Lyon :

 

- Pour une mobilité facilitée, nous souhaitons développer une voie cyclable sécurisée traversant la Presqu’île jusqu’au pont Raymond Barre, développer des lignes de bus supplémentaires pour les Rives de Saône de Perrache et l’écoquartier Confluence, promouvoir le covoiturage, le transport par câble et en finir avec les nuisances (sonores, visuelles, pollutions, olfactives, poussières) de l’autoroute A7 qui coupe le 2e arrondissement en deux.

 

- Pour rendre notre ville respirable, nous proposons de multiplier les murs végétaux dépolluants, la végétalisation des espaces publics, cours d’immeubles, d’accompagner le développement de jardins partagés et de composteurs collectifs.

 

- Pour redonner un nouveau souffle à l’économie locale, nous voulons créer une Cité des Artisans pour faciliter aux habitants l’accès aux services artisanaux, ouvrir une Fab Lab (ateliers de bricolage partagés ouverts à tous et permettant l'innovation et la création via des outils numériques), accélérer l’éco-rénovation du 2e (principalement à Ste Blandine et à la Cité Perrache) pour créer des emplois tout en réduisant la facture énergétique.

 

- Pour une attention particulière aux générations présentes et futures, nous nous engageons à créer de nouvelles crèches, atteindre le 100% bio dans les repas scolaires et de développer l’habitat intergénérationnel.

  

- Pour un arrondissement plus sûr, nous souhaitons le démantèlement immédiat des caméras de vidéosurveillance inefficaces, la mise en place d’une police au service de la population, à l’écoute de ses besoins ou difficultés et la valorisation des métiers qui favorisent la tranquillité publique (médiateurs, gardiens, éducateurs de rue…).

 

Nous voulons également changer les processus de concertation, trop descendantsl afin de laisser de la place à l’expression de l’expérience des habitant-e-s, essentielle sur les projets d’aménagement à venir (rue Victor Hugo, Gare de Perrache, ZAC 2 de Confluence…). 

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ? 

  

A.R. : Les écologistes réussissent toujours les élections municipales (et aussi les européennes, qui auront lieu cette année aussi) car nous portons des propositions concrètes et ne tombons pas dans les attaques personnelles. Nous ne faisons pas campagne contre untel ou untel mais nous nous engageons en faveur de propositions qui favorisent le « toujours mieux ».

 

PdA : Un dernier mot ?

 

A.R. : Nous pensons que les expériences des habitant-e-s qui entreprennent chaque jour pour améliorer le cadre de vie, l’économie locale et la tranquillité publique de leur rue, quartier, arrondissement, doivent être reconnues et mises en avant. C’est le sens de mon engagement.

  

Propos recueillis le 07/03/14

 

 

Thomas Guillaume-Désidéri 2014

Thomas

Guillaume-Désidéri

Chamalières (Puy-de-Dôme) - PS

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Thomas Guillaume-Désidéri. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? 

 

T.G.-D. : Bonjour Nicolas, c’est toujours un plaisir ! Eh bien, je suis actuellement en 3e année de droit privé à l’université d’Auvergne, et je suis engagé au PS depuis bientôt quatre ans. J’ai participé à toutes les campagnes (internes et externes !) depuis mon entrée au PS avec, notamment, de grands débuts, en 2011, où j’ai appris énormément de choses, d’abord sur moi, puis sur les autres. Je suis aussi passionné par les sciences, l’histoire, la philosophie, les séries américaines, le grand air et beaucoup moins par la télévision, excepté le rugby.

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

T.G.-D. : Je suis né dans une famille de gauche, mais pas engagée, donc sans réseau politique. J’ai eu la fibre militante en échangeant beaucoup avec mon meilleur ami, lui-même colistier sur la préfecture du Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand. Puis de fil en aiguille, je me suis encarté, comme on dit, non pas pour changer le monde, mais pour participer activement à « la vie de la cité », qu’est le sens originel de la politique.

 

PdA : Vous serez candidat à Chamalières (Puy-de-Dôme) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

T.G.-D. : L’équipe sortante se targue d’avoir un bilan formidable, après tout, qui ne le ferait pas ? Mais prétendre que des crèches rénovées par un coup de peinture, et quelques trottoirs réajustés sont dignes d’un grand bilan, il ne faut pas exagérer, je dirais même que c’est la moindre des choses. Rien n’est fait depuis près de dix ans, et cela me désole de voir ma belle commune, dans laquelle j’ai grandi, devenir un lieu triste et résidentiel où l'on laisse agoniser le commerce de quartier, et où l'on délaisse les associations, pourtant il s’agit là de deux piliers fondamentaux de l’action communale, avec les employés municipaux qui ne sont pas toujours considérés à leur juste valeur.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

T.G.-D. : Des propositions crédibles, ambitieuses, et justes, tout simplement. Généraliser le stationnement gratuit les vingt premières minutes sur toute la commune, aider les personnes isolées à se connecter au monde en leur fournissant des tablettes numériques et un accompagnement pour se former à ces nouveaux outils, aider les commerces à subsister, car ce n’est pas la qualité qui manque ! Nous avons beaucoup de commerce de bouche et de services qui sont connus et reconnus dans toute la région, nous devons les aider. Mais la droite n’ayant pas l’apanage de la sécurité, nous proposons aussi la création d’un poste d’adjoint à la sécurité, la délinquance sur les biens et les personnes étant malheureusement en hausse, nous devons réagir, les caméras de sécurité servent à éventuellement identifier l’auteur d’infraction, pas à l’arrêter. Il y a de nombreux points, des nombreuses pierres à l’édifice que je vous épargnerai mais qui sont disponibles dans la rubrique programme du site internet de la campagne.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

T.G.-D. : La droite est présente depuis très longtemps dans cette commune, elle se divise en trois listes, deux se revendiquent « de centre et de droite », une « de droite et du centre ». Nous ne voulons pas participer à la lutte fratricide de gros égos de petites personnes qui en oublient toute considération pour nos concitoyens, dont ils font partie, à eux de s’en rappeler ! Mais le sortant ayant toujours l’avantage, nous ne sommes pas certains de l’emporter dans les urnes cette fois-ci. En revanche, nos idées, car nous sommes les premiers à avoir publié notre programme, sont reprises une à une par les listes de droite, ce qui signifie que nous avons déjà gagné une bataille, et pas des moindres, celle des valeurs et des idées !

 

Les autres élections se déroulerons bon gré mal gré, mais grâce au travail de terrain que le PS sait produire, je suis certain que nous allons montrer aux habitants des quelques 36 000 communes de France que l’enjeu local n’est pas l’enjeu national, et que nous sommes à l’écoute des personnes, en allant frapper aux portes, pour écouter et intégrer leurs revendications, afin de ne pas les laisser succomber à l’obscurantisme politique.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

T.G.-D. : Allez voter. Des personnes se sont battues toute une vie sans jamais voir une élection. Des personnes sont mortes pour nous permettre de choisir, de simplement glisser un bulletin dans une urne, de simplement changer les choses, car chaque voix compte, et ce n’est pas qu’un effet de manche à la tribune.

 

Propos recueillis le 07/03/14

 

 

Yasin Amrouche

Yasin Amrouche

Limoges (Haute-Vienne) - PS

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Yasin Amrouche. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

 

Yasin Amrouche : Issu d’un quartier de Limoges où j’ai grandi, étudié et forgé ma personnalité, mon premier engagement a été associatif en 2010. Depuis quelques années germait en moi l’idée de m’investir pour essayer d’améliorer le quotidien des habitants de ma ville et plus largement. Il ne faisait aucun doute pour moi que le vote est un acte primordial et fondateur pour changer les choses. Avec des amis, nous avions donc décidé de créer en Haute-Vienne un collectif civique pour promouvoir les droits et les devoirs des citoyens. C’est en animant les débats de ce collectif que j’ai eu envie de m’intéresser de plus près à la politique. J’ai assisté à des réunions publiques de différents candidats républicains et, très rapidement, mon choix s’est porté sur le Parti socialiste, dont le discours correspondait plus à mes valeurs et à mon idéal. Les élections présidentielles et législatives ont été le départ de ma vie de militant politique, période au cours de laquelle j’ai rejoint le MJS. J’ai milité, fait des rencontres et pu confronter mes idées tant avec mes camarades qu’avec la population. Animateur fédéral des jeunes socialistes haut-viennois depuis le dernier congrès, j’ai la chance de pouvoir mettre en avant les propositions de notre mouvement et des jeunes limougeauds.

  

PdA : Vous serez candidat à Limoges (Haute-Vienne) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

Y.A. : Pour convaincre, nous nous appuyons sur un solide bilan. L’équipe sortante n’a pas à rougir. En dépit d’une conjoncture rendue difficile par une crise économique et financière sans précédent, aujourd’hui, les Limougeauds sont en mesure de constater que les objectifs fixés en 2008 ont tous été atteints, et même dépassés. Notre ville est une cité où il fait bon vivre, où la culture est accessible à tous, où, à chaque âge de la vie correspondent des structures adaptées (crèches, établissements scolaires, centres de loisirs, centres culturels, centres sociaux, établissements pour personnes âgées…).

 

De nombreux chantiers ou réalisations ont été menés, je citerai en vrac : le maintien d’une fiscalité modérée, le développement de nouvelles zones d’activités, la labellisation Ville d’Art et d’Histoire, l’ouverture du prestigieux musée des Beaux-Arts, la réhabilitation de nombreux logements, le réaménagement progressif d’un large plateau piétonnier, la création de grands équipements sportifs et de loisirs (Zénith, nouveau conservatoire, centre aquatique et stade de Beaublanc profondément rénové…), la mise en œuvre de solutions énergétiques innovantes, écologiques et sources d’économies pour les usagers (notamment les plus précaires)…

 

Grâce à cette volonté et à l’action des élus, notre ville continue à offrir une sérénité et une qualité de vie largement reconnues en France.

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

Y.A. : L’équipe conduite par Alain Rodet souhaite continuer à faire de Limoges une capitale régionale dynamique, cœur d’une agglomération en constante expansion économique et démographique. Nous sommes attachés à valoriser les atouts d’une ville au patrimoine exceptionnel,  à visage humain, solidaire et soucieuse de son environnement. Nos propositions visent à améliorer encore la qualité de vie de chaque génération - avec des services accessibles à toutes et à tous - et à poursuivre la mise en valeur de nos quartiers.

 

L’avenir, c’est aussi la poursuite du combat prometteur que nous menons depuis plusieurs années pour permettre à notre ville d’entrer résolument dans le domaine de la grande vitesse ferroviaire, avec la LGV Poitiers-Limoges. Nos propositions sont nombreuses, mais réalistes. Faire un tri est impossible, je vous invite à les découvrir sur notre site internet.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

Y.A. : Comme je vous l’ai exposé précédemment, l’équipe sortante possède un très bon bilan et la richesse de nos propositions aux attentes des citoyens est à la hauteur des capacités de notre ville. Je ne doute pas qu’une majorité de Limougeauds nous accorderons leur confiance car ils savent que, pour nous, l’essentiel, c’est notre ville, et que nous sommes toujours à leur écoute.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

Y.A. : Le vote doit être un acte réfléchi, il ne faut pas le prendre à la légère… Les citoyens doivent analyser les programmes des candidats et ne pas se contenter de belles phrases, souvent simplistes que tiennent malheureusement trop souvent les opposants, et notamment l’extrême-droite. C’est l’avenir de nos villes qui se jouera les 23 et 30 mars 2014.

 

Propos recueillis le 09/03/14

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Robin Pretot 2014 2

Robin Pretot

Istres (Bouches-du-Rhône) - UMP

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Robin Pretot. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Robin Pretot : J'ai 24 ans et je suis étudiant à Sciences-Po Aix, en Master 2 Ingénierie politique. Je suis également surveillant d'internat la nuit au lycée militaire d'Aix pour payer mes études et, en 2012, j'ai fait campagne pour Nicolas Sarkozy, collaborant avec son équipe de campagne web.

 

Mon engagement et mes convictions politiques viennent de très loin. J'ai toujours été intéressé par la chose publique. Mais il y a deux personnes qui ont motivé mon engagement : Nicolas Sarkozy, pour la passion et l'espoir qu'il m'a donnés. Et mon maire actuel, pour tout ce que je déteste et dont je veux me débarrasser dans ce milieu : la magouille, les menaces, le clientélisme forcené...

 

PdA : Vous serez candidat à Istres (Bouches-du-Rhône), lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

R.P. : Forcément, je ne suis pas tendre, mais il y a vraiment de quoi critiquer. À tel point que la presse nationale s'est penchée sur ce bilan, comme le magazine Le Point, qui a fait une double page sur mon maire (édition du 13 février). Il a endetté la ville à hauteur de 23 millions d'euros alors que nous n'avions plus que 11 000 euros d'emprunts à éponger. Pire, en parallèle, il a accablé les contribuables d'une double augmentation d'impôts de 10% (taxe d'habitation et foncière ) pour, au final, construire une troisième mairie de 6 500 m², pour un coût de 25 millions d'euros... Ce n'est pas ce que j'appelle une gestion "en bon père de famille" d'une commune.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

R.P. : L'idée est d'abord de rendre aux contribuables l'effort conséquent qu'on leur a demandé, en baissant les impôts de 10% (ce qui fait une économie de 2,5 millions d'euros, à réaliser en rognant sur le train de vie excessif des élus et les autres dépenses inutiles).

 

Ensuite, nous leur soumettons des projets urbains ambitieux, mais raisonnés, propres à la commune (une grande place au centre-ville pour redonner du souffle aux commerces, ou encore une côte maritime développée avec un musée des savoir-faire et une navette maritime pour relier la ville à Marignane, où se trouvent l'aéroport et Eurocopter). Nous entendons redynamiser notre économie en maximisant son potentiel aéronautique (présence de la base aérienne militaire la plus stratégique de France, avec des industriels comme Dassault et Thalès).

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

R.P. : Il est clair que cela sera compliqué. On ne vient pas à bout d'un tel système facilement. Nous faisons face à des méthodes d'un autre temps. Ce sera d'autant plus difficile que le FN a choisi de cibler la ville pour faire un score, ce qui divise les voix des opposants à la majorité actuelle. Pour autant, je ne perds pas espoir ! Il y a un ras-le-bol palpable au sein de la population.

  

Pour les autres élections, j'ai peur que le FN ne devienne, lors des Européennes, le premier parti de France...

 

PdA : Un dernier mot ?

 

R.P. : « Mot. » Non, je plaisante. Juste merci à toi d'offrir à des jeunes comme moi une tribune qui leur permettent de témoigner de leur engagement.

 

Propos recueillis le 09/03/14

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Martin Dourneau 2014

Martin Dourneau

Angers (Maine-et-Loire) - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Martin Dourneau. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Martin Dourneau : Bonjour Nicolas. J'ai 19 ans et je suis étudiant en deuxième année de droit à l'Université d'Angers. À côté de mon activité d'étudiant, qui est relativement prenante, j'arrive à me dégager du temps pour assumer, au mieux, je l'espère, ma fonction de président des Jeunes UDI du Maine-et-Loire.

 

Je dois dire que mon engagement politique est réellement né en 2002, lors des résultats du 1er tour de l'élection présidentielle. Ce n'est certainement pas faire preuve d'originalité que de dire ça, mais je me revois, alors âgé de 7 ans, en train de pleurer devant ma télévision. Je crois que j'avais saisi l'intensité du moment, et c'est là que j'ai mesuré l'impact de la politique sur nous, citoyens. J'ai alors décidé, quelques années après avoir fait de l'associatif, de découvrir le monde de la politique. 

 

PdA : Vous serez candidat à Angers (Maine-et-Loire) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

M.D. : Je suis effectivement sur la liste de Laurent Gérault, candidat UDI à la mairie d'Angers. En cas de victoire, je serai en charge de la jeunesse et de la citoyenneté. Quant à l'équipe sortante, on ne peut avoir qu'une conviction : Angers décroche. Je suis profondément attaché à ma ville et je souffre aujourd'hui de voir que nous perdons des habitants (4 000 en l'espace de 10 ans). Je souffre aussi de voir que les jeunes cherchent à s'éloigner d'Angers pour trouver du travail, alors que nous regorgeons de talents, de créateurs, d'entrepreneurs. Je souffre que, pour la première fois de notre histoire, le taux de chômage à Angers soit supérieur à la moyenne nationale.

 

Depuis près de 40 ans, il n'y a pas eu d'alternance. Il est nécessaire d'opérer cette respiration démocratique, de faire bouger les lignes et qu'apparaissent, enfin, de nouveaux visages. Alors, certes, Angers est une ville formidable, dans laquelle il fait bon vivre - les classements l'attestent au quotidien. Toutefois, il ne faut pas se contenter de ce constat, qui met de côté une grande partie des Angevins qui souffrent de la situation actuelle, qui se sentent délaissés. Je souhaite qu'Angers redevienne une ville attractive dans laquelle aucun habitant n'aura le sentiment d'être oublié par les équipes nouvellement élues.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

M.D. : Il faut distinguer deux dimensions dans cette campagne. La première concerne avant tout l'équipe et la dynamique qui nous anime. Nous avons rassemblé ces propositions dans notre charte éthique.

  

Concernant la liste, nous avons une vision commune de la politique : c'est un mandat, pas un métier. Voilà pourquoi nous nous engageons à limiter les mandats au sein de l'exécutif à deux au maximum. Les élus ont la particularité de tous habiter Angers et d'avoir des compétences particulièrement pointues dans le domaine qui leur a été confié, ce qui nous distingue de nos concurrents. De plus, nous avons fait de la justice fiscale le fondement de notre pacte local. Nous faisons des choix pour ne pas augmenter les impôts, ces choix sont réalistes, pragmatiques et tiennent compte d'une notion fondamentale à nos yeux : l'équité fiscale. Ainsi, nous limiterons les dépenses d'investissement que nous prévoyons pour le mandat suivant. Nous avons le courage d'affirmer qu'il y a des priorités, ce sont l'emploi et le pouvoir d'achat.

 

Les élus seront exemplaires et auront autant une obligation d'engagement que de résultat envers les Angevins. Chaque adjoint aura en effet une délégation dont les contours seront consignés dans une lettre de mission publique, engageant ainsi sa responsabilité sur les résultats attendus. De plus, nous comptons renforcer la notion de démocratie locale, en nous engageant à soumettre à référendum tout investissement supérieur à 10 millions d'euros. Tout cela participe à la construction du nouveau pacte budgétaire et fiscal que nous souhaitons mettre en place. Nos objectifs sont clairs et réalistes : nous n'augmenteront pas les impôts et les taxes en vue d'agir sur le pouvoir d'achat. Vous pouvez retrouver l'ensemble de nos mesures, dont je n'ai évoqué ici que des généralités, sur notre site de campagne.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

M.D. : Je pense qu'il ne faut pas se laisser déstabiliser par les sondages ou les attaques. Le seul sondage qui compte reste celui du 23 mars, et c'est certainement la plus belle réponse que nous pourrons apporter à nos détracteurs.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

M.D. : J'espère que les Angevins se mobiliseront les 23 et 30 mars pour ne pas faire de l'abstention la grande gagnante de ces élections.

 

Propos recueillis le 10/03/14

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PHB 2014

Pierre-Henri Bovis

Achères (Yvelines) - UMP

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Pierre-Henri Bovis. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Pierre-Henri Bovis : Bonjour, merci de me redonner la parole sur votre blog. C’est toujours un immense plaisir de m’exprimer chez vous.

 

Étudiant en Master de Droit public et d’Économie fondamentale à l’Université Sorbonne-Paris Cité, j’ai pris ma carte à l’UMP en 2011. Après avoir travaillé au Bureau des Jeunes populaires auprès de Benjamin Lancar (alors président des Jeunes UMP) puis dans la 5e circonscription de Paris pour les élections législatives (10e et 3e), j’ai monté avec Mickaël Camilleri, entre autres, les « Jeunes avec Fillon » pour la campagne interne à la présidence de l’UMP. J’estimais, à ce moment-là, que l’ancien Premier ministre était l’homme du rassemblement des diverses droites, tout en continuant dans l’héritage sarkozyste. Depuis le début de l’année 2014, je suis Délégué national des Jeunes populaires et membre de la direction collégiale des Jeunes UMP. Par ailleurs, je suis candidat aux élections municipales sur la liste « Unis Pour Achères » (Yvelines, 78230), aux côtés de Marc Honoré.

 

PdA : Vous serez candidat à Achères (Yvelines) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

P.-H.B. : Le maire communiste sortant est élu depuis treize ans et les communistes gèrent la ville depuis 1977, sans interruption. Aujourd’hui, le fort rejet de l’équipe dirigeante mélangé aux nombreux reniements et retournements de veste de François Hollande nous amène à penser que nous pouvons renverser la vapeur ! Nous ressentons aisément une grande amertume à Achères, encore plus depuis que les socialistes ont fait alliance avec les communistes ! Eux qui ne se sont jamais entendus sur aucun sujet au cours du dernier mandat…

 

Notre action quasi-quotidienne sur le terrain démontre sans difficultés que les premières préoccupations des Achérois sont la montée exponentielle des impôts, qui les étouffent par strangulation, l’incohérence des réalisations immobilières, ainsi que l’insécurité permanente.

 

Sans trop m’étendre, le bilan du maire sortant se résume à quelques chiffres : 40% d’impôts locaux supplémentaires, seulement 40 berceaux créés en crèche collective depuis 1976, 44 ans pour mettre en chantier un centre de loisir, une école restée en préfabriqué depuis 40 ans, sans compter l’augmentation de la dette par habitant, qui est passée de 625 à 1 753 euros au cours du dernier mandat ! Cela prouve que les élus communistes n'ont pas été capables de maîtriser leurs finances et d'anticiper l'endettement, en dépensant toujours plus pour encore moins de résultats. Des élus inconscients du risque de banqueroute qui menace Achères. Même le développement économique de la ville est abandonné, comme le prouve la réhabilitation de la ZAC des Communes, qui était une promesse de campagne… mais qui n’a jamais été réalisée…

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

P.-H.B. : Nous voulons redonner espoir aux habitants et montrer que l’essor économique des villes avoisinantes n’est pas le fruit d’un miracle mais d’un déterminisme sans faille.

 

Sur le volet urbanistique, la densification est nécessaire mais le bétonnage intensif du maire sortant se fait au détriment des zones pavillonnaires existantes et défigure nos rues. Nous devrons donc réorienter la politique de la ville, en concertation avec les habitants. L’installation de pistes cyclables est une solution pour combiner le respect de l’environnement et la lutte contre le stationnement anarchique. Pour dépister rapidement les dégradations accidentogènes, nous voulons créer un système d’alerte citoyen pour réagir dans les quarante-huit heures.

 

Côté solidarité, à l’instar de nos voisins, nous proposons la création d’une maison médicale et le renforcement du maintien à domicile, par l’implantation d’une résidence intergénérationnelle. Pour les étudiants, qui vont étudier, en particulier, à Cergy et Nanterre, nous créerons une résidence étudiante.

 

Pour la sécurité, l’un des piliers phares de notre campagne, nous avons la volonté de mettre en place une police municipale. Le tout pour zéro impôt supplémentaire. Démagogie ? Non. Seulement grâce à une meilleure gestion des comptes publics et la suppression des nombreuses gabegies de l’actuelle équipe dirigeante.

 

Enfin, au sujet du développement économique, il nous paraît essentiel de renforcer l’action du SAREF (service d'aide à l'emploi, ndlr) par la création d’un site internet pour se faire rencontrer les offres d’emplois des entreprises et les demandes des Achérois. Réhabiliter la ZAC des Communes est, enfin, essentiel à nos yeux.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

P.-H.B. : Nous sommes très confiants, car la connaissance des dossiers de notre candidat, Marc Honoré, est infaillible, et sa notoriété locale est un atout non négligeable. Les résultats de 2008 étaient déjà très prometteurs. Le contexte national et les mauvais chiffres de François Hollande ne peuvent que nous faire remporter cette élection. La victoire est toute proche… mais l’ennemi redoutable est toujours le même : l’abstention de notre électorat.

 

Au niveau national, la seule réponse forte que les Français peuvent adresser au gouvernement actuel passe par le vote : enlever des pouvoirs à la gauche, en commençant par les municipalités. C’est le moment ou jamais de montrer que nous sommes mobilisés face à une gauche mortuaire qui tue l’économie du pays. Nous sommes confrontés, entre autres, à une hémorragie sans précédent qui est la fuite des jeunes vers l’étranger. L’entreprenariat doit être félicité et l’assistanat sanctionné. Autrement dit, l’inverse de la politique actuelle de François Hollande.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

P.-H.B. : Comme le disait un ancien président, « Il n’est rien de plus beau en démocratie que d’aimer son pays ». Pour que celui-ci rayonne à l’international et conserve son rang de cinquième puissance mondiale, la politique menée doit être à la hauteur des exigences. Cela commence au niveau local, au premier maillon d’une longue chaîne...

 

Propos recueillis le 12/03/14

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Jérémy Coste 2014

Jérémy Coste

Vanves (Hauts-de-Seine) - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Jérémy Coste. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Jérémy Coste : Bonjour, Paroles d'Actu. J'ai 28 ans et je suis conseiller parlementaire à la Société du Grand Paris dont la mission est de réaliser le métro Grand Paris Express. Dans cet établissement public, je suis particulièrement responsable du Comité stratégique qui réunit les collectivités et acteurs socio-économiques d'Île-de-France concernés. J'effectue également un travail de veille parlementaire et suis les relations institutionnelles d'André Santini, président du conseil de surveillance de la SGP.

 

Politiquement, j'ai été adhérent UMP de 16 à 18 ans puis j'ai cessé mon engagement pour créer une association de promotion de l'identité européenne avec des étudiants. Parallèlement à cet engagement politique et associatif, j'ai participé à la formation de jeunes sportifs aux fonctions de dirigeants au sein du Comité olympique de la région Rhône-Alpes. C'est donc dans l'engagement associatif sportif et européen, ainsi que dans la richesse de ces expériences que je puise mes convictions et mes méthodes de fonctionnement. En 2007, j'ai soutenu Nicolas Sarkozy puis rejoint le Nouveau Centre. En 2010, j'ai été élu président national des Jeunes centristes.

 

Candidat en 2008 à Lyon, en 2010 en Rhône-Alpes et aux législatives dans le Rhône en 2012, j'ai finalement décidé de m'investir pleinement en Île-de-France où je suis installé et où je travaille depuis 2009. C'est un déracinement/enracinement qui fut progressif. Sans oublier mes terres natales, j'ai choisi Vanves car je m'y sens bien. J'apprécie les transitions douces et réfléchies. Aujourd'hui, je suis prêt à m'investir à 100% dans la région capitale, car les défis sont nombreux pour demeurer au premier rang des villes mondes et des pays qui comptent. La mondialisation nous impose de réussir ce pari.

 

PdA : Vous serez candidat à Vanves (Hauts-de-Seine) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

J.C. : Vanves est un "village" de 27 000 habitants. J'aime l'état d'esprit qui y règne, aux portes de Paris. On y trouve une douceur de vivre, un climat apaisé, loin de la tornade stimulante et épuisante parisienne. Pour autant, j'aime pouvoir me rendre dans la capitale en quelques arrêts de métro, de Transilien ou de coups de pédales grâce au Vélib'. Cette ville est bien située. Le bois de Meudon est tout proche, la Seine à Issy-les-Moulineaux offre des balades très agréables, et le niveau d'emploi y est excellent, grâce à une politique dynamique de l'agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO). Vivre à Vanves, c'est un peu vivre dans une campagne urbaine avec tous les avantages que peut offrir une capitale en termes de culture et d'emploi. Mais Vanves est par elle-même dynamique et attractive, tant au niveau sportif que culturel. Nous avons deux équipes sportives de très bon niveau et un festival international qui attire les foules.

 

Voilà une partie du bilan du maire centriste que je soutiens. Si la ville ressemble à cela aujourd'hui, c'est incontestablement grace à son action ainsi que celle de son équipe depuis douze ans. Bernard Gauducheau (UDI) et Isabelle Debré (sa première adjointe UMP) ont su inscrire Vanves dans une dynamique régionale et nationale. Évidemment, il reste de nombreuses choses à faire. Le maire actuel souhaite poursuivre l'embellissement de la ville, qui a souffert d'un aménagement incohérent, et parfois disgracieux, après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir rénové le centre-ville, la place de la République et son église du 15ème siècle, Bernard Gauducheau souhaite entamer une réflexion sur les autres quartiers. Vanves doit continuer de progresser et de nombreux chantiers doivent être finalisés, c'est pourquoi nous sollicitions la confiance des Vanvéennes et des Vanvéens.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

J.C. : Notre défi, avec la création de la Métropole du Grand Paris en 2016, c'est de garantir aux Vanvéens une réelle proximité entre eux et l'équipe municipale. Lors de la mise en place de la MGP, nous veillerons à conserver ce lien, car nous refusons que cette structure géante réunissant plus de six millions d'habitants se coupe des préoccupations réelles des habitants du Grand Paris et de Vanves en particulier. A Vanves, il faut faire campagne pour réaliser à quel point les citoyens connaissent leur maire. C'est un atout essentiel pour préserver la confiance des Français dans les institutions républicaines. La MGP risque de réduire l'influence du maire, ses compétences et ses marges de manœuvre. Nous militerons au coté de Bernard Gauducheau pour défendre cette proximité importante aux yeux des habitants et la faculté du maire de prendre des décisions qui concernent le quotidien de chacun.

 

Plus généralement, notre projet consiste dans un premier temps à poursuivre ce que le maire et son équipe ont commencé. Mais nous souhaitons aussi améliorer les portes d'entrée de la ville, en assurant une meilleure liaison avec Paris. Si l'on veut construire une métropole cohérente, il faudra que Paris et ses voisines investissent massivement pour faire disparaitre ses frontières, telles que le périphérique. C'est la même chose pour le tunnel du métro, que nous souhaitons rénover. Mais une ville, c'est aussi un espace de détente le week-end et les soirs de semaine. C'est pourquoi, malgé le refus des socialistes du Conseil régional d'Île-de-France, nous souhaitons offrir un second parc à Vanves, en ouvrant le domaine du lycée Michelet aux familles de notre commune

 

La ville doit aussi poursuivre sa politique en faveur des commerçants. Jeunes et moins jeunes aiment les services de proximité, les restaurants et commerces. Nous nous nous battrons pour que de nouvelles entreprises s'installent dans notre commune. En 2020, la gare du Grand Paris Express viendra accroître l'offre de transport dans la ville. Nos souhaitons accompagner les riverains de la future gare dans l'aménagement de leur quartier.

 

Les projets sont nombreux. Je vous invite à venir les découvrir le 20 mars, à l'espace Saint-Rémy. Vanves est une ville "village" que nous souhaitons développer tout en garantissant ce cadre de vie si paisible et plaisant.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ?

 

J.C. : Je suis serein, mais vigilant. Chaque élection est différente et le contexte national décourage de nombreux Français d'aller voter. C'est la raison pour laquelle nous avons débuté notre campagne très tôt pour expliquer le bilan du maire et notre ambition pour Vanves à l'horizon 2020. Les Vanvéennes et les Vanvéens sont assez réceptifs et ils apprécient le maire, car c'est un élu de proximité et compétent. Toutefois, chaque élection est un combat et une confrontation d'idées. Dans une relative bonne entente avec nos opposants, nous sommes sur le terrain pour défendre notre vision.

 

PdA : Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

J.C. : Ces élections sont un plaisir. Rencontrer les gens est une bouffée d'oxygène, car cela nous inspire pour la suite. Les Français et les Vanvéens, notamment, ont une tonne d'idées géniales pour améliorer leur quotidien. C'est une expérience à chaque fois enrichissante d'aller à leur rencontre et d'entendre leur doléances.

 

Les élections européennes seront pour les centristes de l'Alternative un moment important, il sera déterminant pour l'Europe et la France. À l'heure où des gens meurent pour rejoindre notre communauté, d'autres tombent dans la facilité du populisme et du repli sur soi. C'est inquiétant. C'est pourquoi, avec le MoDem, l'UDI a décidé d'investir le terrain des idées et de la vérité. Nous serons mobilisés pour dire aux Français ce que l'Europe apporte concrètement dans leur quotidien. Nous leur dirons aussi que l'Europe telle qu'elle est construite n'est pas idéale, mais qu'elle est l'unique voie à suivre pour se protéger de la vision des États-Unis, qui veulent faire la guerre partout et tout le temps pour faire tourner leur économie, de l'hégémonie naissante de la Chine, qui exploite l'Afrique de façon déraisonnée et d'une Russie bien décidée à récupérer ses territoires perdus en 1991. L'Union européenne n'est pas la coupable de nos problèmes, ceux qui sont responsables, ce sont les politiques qui nous gouvernent. Il est donc inutile de s'en prendre à l'Europe mais il faut sanctionner ses gouvernants. Voilà les messages que nous défendrons, dès mai prochain. Nous voulons que l'Europe et les Européens reprennent confiance en eux et défendent leur vision dans le reste du monde, sans attendre d'autrui une quelconque aide. L'Europe puissance qui protège ses citoyens et lancent de grands projets pour garantir l'emploi, voilà de quoi nous avons besoin. L'Alternative et les Européens sont les seuls à pouvoir offrir cet avenir.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

J.C. : J'ai été stupéfait et agréablement surpris par un sondage récent sur la politique et les jeunes. Dans cette étude, on voit que les jeunes ne sont pas en rupture avec la politique mais avec les partis politiques. La jeunesse préfère s'investir dans le monde associatif et syndical, elle aime manifester ses opinions, sur le web comme dans la rue. C'est très positif pour notre démocratie. Les partis, quant à eux ne nous représentent plus réellement. Je suis bien placé pour le dire, puisque j'en suis membre depuis l'âge de 16 ans. C'est un repère de citoyens conscients, voire un club d'intérêt. Néanmoins, s'ils sont de plus en plus éloignés des préoccupations des Français, les partis politiques sont essentiels au bon fonctionnement de la démocratie car ils forment et accompagnent les Français dans l'exercice des fonctions républicaines. Voilà pourquoi je milite pour une modification de la gestion des partis et une autre façon de concevoir le lien avec les Français.

 

Je souhaite défendre un modèle davantage coopératif et direct de la politique où les partis, les militants et les élus seraient davantage des facilitateurs, des accompagnateurs de projets que des guides et des concepteurs d'idées. Les Français regorgent d'initiatives, écoutons-les, défendons-les et rendons-les concrets grâce à nos réseaux et l'influence de nos élus dans tous les territoires. Voilà mon combat, je veux révolutionner la façon de faire de la politique. Avec des copains, nous avons quelques idées concrètes... Cela passe également par le niveau local. Selon moi, depuis la loi portant sur les métropoles, les communes doivent s'adapter et se concentrer sur la gestion du quotidien et l'accompagnement des projets citoyens. Le rôle des élus, c'est de représenter et aider le peuple. Alors, il est temps de retrouver cette mission première.

 

Dernier mot. Ma photo est un peu décalée et estivale, mais je tenais à vous la transmettre pour parler de la Nouvelle-Calédonie, où je me suis rendu l'été dernier. C'est un territoire français du Pacifique exceptionnel, je le conseille vivement aux lecteurs de Paroles d'Actu. C'est loin, mais c'est un paradis qui vaut le détour. Alors, mention spéciale à ces territoires et ces Français du bout du monde qui participent au rayonnement de notre beau pays.

 

Propos recueillis le 13/03/14

 

 

Michael Rameil

Michael Rameil

18e ar. de Paris - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Michael Rameil. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

Michael Rameil : J’ai fait toute ma scolarité en région parisienne, je me suis installé à Paris à l’été 2012 afin de poursuivre mes études en management politique. Le 18e est un arrondissement dynamique et multiculturel. Ses habitants peuvent être fiers de participer à une vie locale et associative aussi riche. J’aimerais faire triompher cette vision de l’arrondissement, loin des images d’insécurité et de précarité auxquelles il est souvent attaché.

 

J’ai rejoint l’UDI peu après sa formation et je me suis engagé totalement dans la campagne municipale. Malheureusement, les accords nationaux UDI-Modem-UMP n’ont pas tenu compte du travail et des compétences de l’UDI locale. Aussi, j’ai pris part à la liste dissidente « Le 18e, évidemment » emmenée par David Pierre-Bloch. Cette indépendance vis-à-vis de l’UDI, nous a permis de construire une liste citoyenne, avec des propositions concrètes qui font appel au dynamisme de la société civile.

 

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le dix-huitième arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

M.R. : C’est sans conteste un constat d’échec. Durant les dix-neuf ans de gestion socialiste, l’arrondissement s’est paupérisée, et la délinquance s’est accrue. Les problèmes liés à la vente à la sauvette ou aux trafics perdurent. Par ailleurs, très peu d’efforts ont été faits pour les jeunes couples, qui souffrent d’un manque cruel de crèches et de solutions de garde. La prochaine équipe devra prendre à bras le corps ces problèmes cruciaux, et y obtenir des résultats.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

M.R. : En premier lieu, nous nous engageons à soumettre une grande part de nos décisions aux suffrages de nos concitoyens, via la procédure du référendum local, qui demeure sous-utilisée, malgré sa reconnaissance légale, et nous prônons une gestion irréprochable et transparente de la part de nos élus. Pour pallier le manque de crèches publiques, nous voulons favoriser l’implantation de crèches privées. Nous souhaitons également la création d’une antenne de sécurité municipale locale joignable à toute heure pour compléter l’action de la police, et l’instauration de « zones de nettoyage prioritaire ». Enfin, nous appelons de nos vœux le développement de ramassages scolaires piétons effectués par des retraités du 18e pour alléger l’emploi du temps des parents.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

M.R. : Nos propositions sont très bien accueillies, notre offre politique séduit et suscite la curiosité des habitants. La plupart de nos interlocuteurs sont étonnés de trouver les principes de consultation citoyenne et de transparence en tête de nos priorités. Nous pouvons créer la surprise dans cet arrondissement historiquement ancré à gauche.

 

Concernant les élections municipales d’une manière générale, je crains une montée des extrêmes et de l’abstention. Il y a une profonde exaspération à l’encontre des partis traditionnels, beaucoup d’habitants se détournent du politique. Rousseau écrivait : « Sitôt que quelqu'un dit des affaires de l'État, "Que m'importe ?", on doit compter l'État pour perdu. ». Je veux croire qu’il y a encore de l’espoir, toujours est-il qu’il faut de solides convictions pour se présenter aujourd’hui devant les électeurs, il me paraît urgent d’en revenir à des listes locales et citoyennes qui fassent passer l’intérêt des habitants avant les querelles et les intrigues de parti.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

M.R. : J’ai été heureux d’apprendre la constitution d’une liste de 18-25 ans à Saint-Cloud, les Français placent beaucoup d’espoir dans le renouveau du personnel politique. La profusion de listes enregistrées pour ces municipales montrent que l’envie de participer au processus démocratique reste vive contrairement à ce que pourrait laisser supposer l’abstention.

 

Propos recueillis le 13/03/14

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Cédric Mouflard

Cédric Mouflard

Lille (Nord) - FN/RBM

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Cédric Mouflard. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

 

Cédric Mouflard : Bonjour ! J'ai 34 ans. Je suis divorcé, et papa de trois enfants. Professionnellement, je suis Chef d'Antenne. Titulaire d'un BTS audiovisuel en option administration de la production et des spectacles vivants, obtenu au lycée Jean Rostand de Roubaix (59), voilà bientôt 14 ans que j'évolue dans l'univers de la programmation télé !

 

Politiquement, je suis engagé au Front national - Rassemblement Bleu Marine depuis l'été 2012. Candidat aux élections municipales de Lille les 23 et 30 mars prochains, je suis neuvième de la liste « Lille Bleu Marine », conduite par Éric Dillies.

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

C.M. : Pour mieux me cerner politiquement, voici, en résumé, mon parcours...

 

La chose publique m'a mordu dès le jeune âge ! Il arrivait souvent que l'on me reproche de trop m'intéresser à des sujets qui n'étaient pas de mon âge... Mais visiblement, si je vous réponds aujourd'hui, c'est sans doute que, malgré la critique, je n'ai pas contrarié cette disposition à la réflexion et la controverse.

 

Passionné par l'histoire de France, je me suis attaché assez tôt à sa souveraineté, jusqu'à en faire pleinement mon cheval de bataille. En effet, j'avais 12 ans l'année de Maastricht, lorsque j'ai commencé à développer ma conscience politique, et que je me suis positionné pour la première fois. C'était pour dire « non » au traité ! Même si, malheureusement, il me fallait encore attendre pour pouvoir voter, c'était déjà un bon point de départ. Aurais-je été influencé par mon entourage, me demanderez-vous ? M'aurait-on inculqué cela ? Assurément non. Ma famille et mes fréquentations ont toujours été politiquement très hétéroclites ! À l'époque, une partie pour Jacques Chirac, l'autre pour François Mitterrand, un peu de Raymond Barre, et même de Georges Marchais... Une diversité d'opinions à l'image du résultat serré du référendum en 1992 ! D'ailleurs, je serais d'avis de consulter à nouveau le peuple français à ce sujet...

  

Je suis souverainiste, et conservateur social. J'ai navigué dans les eaux de la droite dite de gouvernement tant que je l'assumais. Cependant, les pertes successives, pan après pan, de notre souveraineté - et particulièrement l'adoption de traité de Lisbonne dans le dos du peuple français, alors que nous avions dit « non » - ont sonné le glas de mon engagement avec l'UMP, dont j'ai été adhérent par contrat d'association, de 2002 à 2006, via le Forum des Républicains sociaux. 2007 a été pour moi l'année de la contestation, pour ce qui a été de mon vote de premier tour - et de la rupture avec l'UMP. Je n'ai absolument pas pris au phénomène Sarkozy, bien au contraire : il m'a fait partir ! Maintenant, je dois avouer, je voulais m'abstenir au second tour, mais pour ne pas avoir Ségolène Royal, j'ai voté contre elle. C'était la dernière fois que je faisais le choix du "moins pire". Ensuite, je me suis rapproché du Front National pour les échéances électorales suivantes, tout en restant sans appartenance politique jusqu'en 2012, où j'ai adhéré au Front national dans la lignée de la présidentielle de 2012.

 

L'échiquier politique a glissé avec le temps, j'ai été attentif à Marine Le Pen, une femme d'aujourd'hui, qui développait et défendait les grandes idées qui sont miennes depuis l'éveil de ma conscience politique. J'ai donc franchi le Rubicon ! J'y suis venu par Marine Le Pen, sa personnalité, son propos ; pour la défense de la souveraineté de la France, et le volet Europe notamment. Sur le fond des idées, j'abordais cette traversée sans craintes ! Sur la forme, après tout ce que j'avais pu lire et entendre au sujet du Front national depuis mon enfance, étant homosexuel, je vous avouerais avoir eu quelques appréhensions... Cependant, une fois arrivé sur l'autre berge, et depuis que je m'investis au Front national, il en est tout autre en réalité ! Cela n'était que préjugés ! Lorsque l'on dépasse ces derniers, que l'on pousse la porte, on rencontre des personnes sincères, de valeurs, attachées à la France, et au débat d'idées. Après, comme dans tous groupes, tous les caractères sont présents, et on ne peut pas forcément plaire à tout le monde. Néanmoins, je n'y ai pas d'ennemis, bien au contraire ! Sur un plan humain, j'y ai trouvé des camarades d'engagement pour la défense et l'avancée de nos idées, et même une amie sincère en politique, ce qui m'est très précieux !

 

J'aime la France, mon pays ! J'aime sa culture, ses traditions, son identité, ses valeurs ! Mon engagement politique vient de la volonté de transmission, ainsi que de la défense de toute cette richesse à partager, de l'idée que j'ai de la nation, de la patrie, de la nécessité de notre souveraineté. Aujourd'hui, plus que jamais, ces grandes idées que certains voudraient présenter comme désuètes, arriérées, ou très sombres, revêtent toute leur superbe, car seuls remparts et réponses à cette mondialisation galopante sans règles sacrifiant l'Homme sur l'autel de l'argent ! La raison de mon engagement politique, ce sont mes enfants, et plus largement les générations qui nous suivent, à qui je ne veux pas laisser la société telle qu'elle est, ni le monde tel qu'il part à la dérive, sans m'être investi pour changer le cours des choses...

 

Ceux qui ne chercheront pas à voir plus loin que le bout de leur prêt-à-penser conformiste, me trouveront sans doute pessimiste. Si je le suis, à prime abord, c'est par pur réalisme de la situation. Mais il n'y a aucune fatalité à cela ! Au contraire, je suis en parallèle terriblement optimiste car je considère que lorsque nous sommes tombés bien bas, nous ne pouvons que nous relever ! Je crois que je fais partie de cette génération qui va user de son droit d'inventaire ; rectifier le choix de la facilité aveugle, intéressée, individualiste, et court-termiste qui a été fait par ses aînés ; restaurer une cohésion et un avenir commun plus juste ; et sortir de la honte de nous-même et de l'état de repentance permanente dans lesquels nous nous sommes progressivement laissés plonger. Lorsque nous relevons la tête, et que nous réalisons pleinement qui nous sommes, d'où nous venons, nous savons où nous allons !

 

PdA : Vous serez candidat à Lille (Nord) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

C.M. : Je suis critique quant à l'action du mandat de Martine Aubry qui s'achève.

 

De mon point de vue, le bilan de sa majorité rose, vert, rouge est en réalité en trompe-l'oeil ! À l'image du feuillet de 79 pages distribué il y a peu chez chaque administré(e) pour la promotion de la liste de Martine Aubry. Un vrai catalogue de tour opérateur ! Au moins, à mon sens, ils pourront se recycler dans ce domaine, à défaut de gérer convenablement la commune pour les Lilloises et les Lillois. Des photos et des propos alléchants, épurés et pris sous leur meilleur angle... Néanmoins, une fois que vous ouvrez votre porte et partez en immersion dans le monde réel... vous cherchez le décor carte postale ! À la place, insalubrité, bouchons permanents, mendicité agressive, insécurité, chômage... Alors que Lille est une très belle ville, aux atouts nombreux, et au potentiel énorme ! À ces teintes plurielles des tenants du bilan, je rajouterais également le bleu ciel délavé, à savoir "l'opposition" UMP et centriste qui a finalement voté 95% des délibérations socialistes du mandat qui se termine ! Et ce n'est pas le sénateur Jean-René Lecerf - soutien de la réforme pénale de Christiane Taubira, pour qui la campagne de l'UMP-UDI sur Lille ressemble plus à un chemin de croix imposé, qu'à une motivation réelle et profonde de s'investir pour modifier et reconstruire les choses - qui est capable d'incarner un quelconque changement. Au contraire ! Ces dernières semaines, la campagne de l'UMP-UDI, c'est un peu Règlements de comptes à O.K. Corral, à qui arrachera le leadership de la "droite" locale. Dans ces brisbrouilles internes, une fois de plus, l'intérêt premier des Lilloises et des Lillois est le grand absent ! Jean-René Lecerf fera comme Valérie Létard, en son temps, lors des élections régionales de 2010 en Nord Pas de Calais... un petit tour... et puis s'en va !

 

Les échecs de Martine Aubry, qu'elle partage avec ses alliés objectifs précédemment nommés, en termes de sécurité ; d'emploi ; de dette par habitant ; d'insuffisances d'intendance de la commune - comme la propreté que l'on souhaiterait identique dans tous les quartiers sur la durée totale du mandat au zèle mis en place le mois précédant le premier tour de l'élection municipale... ; de transports et de déplacements dans la commune..., etc. sont masqués en fait par le volet culture "Lille Fantastic" que Martine Aubry s'empresse sans cesse de mettre en avant, quasi religieusement. À 15% du budget municipal, lorsque la sécurité, par exemple, n'en représente que 3%, ce serait un tort !

  

Cependant, voilà, il y a juste comme un "petit" bémol à cette gestion de façade, avant tout idéologique, des affaires courantes. L'insécurité, bien plus que le simple sentiment d'insécurité, ne grimperait pas en flèche à Lille, ainsi que dans la communauté urbaine de Lille (j'aimerais pouvoir vous donner des chiffres, mais même après la demande faite auprès de la préfecture, l'opacité reste totale sur la réalité de la situation. En parallèle, les témoignages et sollicitations de victimes lilloises et de la communauté urbaine de Lille victimes se multiplient) ; le chômage ne serait pas, dans la capitale du Nord, significativement supérieur à la moyenne nationale ; Lille ne serait pas un immense bouchon permanent ; la propreté serait la règle dans tous les quartiers et non l'exception... alors, je comprendrais sans doute ce tel déséquilibre dans les priorités et moyens accordés par la majorité sortante ! Alors, je saurais sûrement expliquer qu'ils aient réussi à trouver le moyen de doubler la dette de la commune ces quatre dernières années pour un résultat quasi nul, au regard des critères qui intéressent nos administré(e)s dans les enjeux de cette élection ; et un résultat fait surtout de paillettes, tourné davantage vers les citoyens du monde et les bobos de passage, qu'au profit des Lilloises et des Lillois eux-mêmes. C'est important d'être attractif, pourtant il ne faudrait pas que les premiers acteurs et intéressés, qui vivent tous les jours dans leur ville, en soient les grands oubliés !

 

Hormis pour les grandes parades de Lille Fantastic et la Grande braderie - que Martine Aubry n'a d'ailleurs pas inventée - (j'en profite pour vous inviter toutes et tous à venir y faire plus qu'un tour, les 6 et 7 septembre prochains ! :)), Lille n'est pas assez connue pour sa gastronomie régionale, ses savoir-faire, son histoire et son influence flamande, notamment. Ce déficit de notoriété lui est préjudiciable pour son développement, et c'est sûrement cela que les Lilloises et les Lillois sont en droit d'attendre d'une équipe municipale. Un cap ; une valorisation de l'existant, des acquis et de l'histoire ; des priorités et des moyens équilibrés, en premier lieu au service des Lilloises et des Lillois, pour leur présent et leur avenir !

 

À l'issue de ce constat, la seule alternative à Martine Aubry et son système - limite féodal - en place, c'est Éric Dillies, ses co-listières et ses co-listiers de la liste « Lille Bleu Marine » ! Un homme de bon sens, conseiller régional, implanté localement de longue date. Une équipe dynamique et motivée pour défendre et porter la voix des Lilloises et des Lillois, et leur rendre la part de leur cité qui leur revient !

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

C.M. : La recherche de l'intérêt premier de toutes les Lilloises et de tous les Lillois est la clé de voûte de notre projet pour Lille, le lien entre chacune de nos propositions. Nous voulons rendre aux habitantes et aux habitants de Lille la place qui est la leur, à savoir les principaux bénéficiaires des politiques de la ville, puisqu'ils en sont les premiers contributeurs. Une équipe municipale, et des services municipaux au service de leurs administré(e)s.

 

Nous redéfinirons les priorités, et redéploieront les moyens alloués à leur financement. Pour Lille, nous nous engageons à :

- Rétablir la sécurité. La première des libertés, c'est la sécurité !
- Attirer, protéger, encourager l'emploi.
- Lutter contre les gaspillages, les dépenses fastueuses et inutiles.
- Assurer la transparence totale des critères et procédures d'attribution des logements sociaux.
- Donner le pouvoir aux Lilloises et aux Lillois par référendum.
- Faire de nos écoles un lieu de transmission des savoirs dans la sérénité.
- Défendre la laïcité dans tous les secteurs de la vie municipale.
- Restaurer la propreté dans toute la ville.
- Mettre fin aux installations sauvages de campements de Roms et interdire la mendicité agressive.

 

Afin d'y parvenir voici quelques une de nos propositions phares, par thèmes, qui nous différencient des autres listes.

 

Délinquance et criminalité - Sous le mandat municipal qui se termine, Martine Aubry a consacré 3% du budget à la sécurité des Lilloises et des Lillois, alors qu'elle en a attribué 15% à la culture. Les moyens financiers existent. Nous proposons juste aux Lilloises et au Lillois, sans dénigrer une thématique par rapport à une autre, de répartir équitablement les priorités et les moyens accordés. Afin de rétablir la sécurité dans notre commune de Lille, nous proposons de redéfinir la convention de coordination entre la police municipale et les forces de sécurité de l'État. Concernant la police municipale, nous proposons de tripler les effectifs. Actuellement, 95 agents, dont près de la moitié affectés au stationnement, assurent la protection de plus de 225 000 habitants. Nous proposons de porter leur nombre à 300. Les policiers municipaux seront présents et répartis sur l'ensemble de la commune. Pour assurer cette présence sur le terrain, un poste de police municipale sera créé dans chaque quartier de Lille et des villes associées (Hellemmes et Lomme). Les agents de la police municipale seront armés, et formés au port de l'arme. Un professionnel reconnu sera placé à sa tête, et des cadres issus de la police nationale et de la gendarmerie seront recrutés. Parallèlement, nous créerons un réseau de vidéo-surveillance. Dans les transports en commun lillois, les postes de médiateurs seront remplacés par une police métropolitaine des transports.

 

Économie et emploi - Nous voulons attirer, protéger, et encourager l'emploi à Lille. Parmi nos propositions, l'aide à la création d'entreprises par la mise à disposition de locaux à loyer minoré pendant les trois premières années d'activité, et la création de zones d'activités sécurisées. Nous proposons de favoriser l'attribution des marchés publics aux PME/PMI, TPE, et aux artisans. Ces entreprises qui emploient les travailleuses lilloises et les travailleurs lillois, qui payent réellement des impôts, et qui sont respectueuses des droits du travail, doivent être encouragées ; de même, les aides directes leur seront exclusivement réservées.

 

Nous voulons également faire de Lille un moteur de croissance ! Ce ne sont pas les projets qui manquent, ni les femmes, ni les hommes, mais bien les financements. Force est de constater que les banques et les collectivités locales n'assurent plus leur mission de financement. Pour pallier cet abandon, nous proposons d'innover en mettant en place de nouveaux instruments permettant de mobiliser l'épargne disponible dans la région, par la création d'une coopérative d'investisseurs particuliers permettant de lever l'épargne des ménages au profit de la petite entreprise.

 

Fiscalité et gestion - Nous voulons agir pour le désendettement de notre ville. Une fois élus, afin de réaffecter les fonds à des dépenses utiles pour les Lilloises et les Lillois, nous commencerons par réaliser un audit complet des finances réelles de la ville. Nous proposons de recourir au référendum d'initiative municipale pour tout sujet majeur qui engage les deniers publics et augmente le niveau de la dette des contribuables.

 

Nous proposons de supprimer les subventions aux associations communautaristes, électoralistes et celles dont les actions ne servent pas l'intérêt local. Nous porterons l'idée du chèque associatif, à discuter et à définir, permettant aux Lilloises et aux Lillois de décider de la répartition de tout ou partie des subventions publiques municipales accordées aux associations. Nous créerons une commission citoyenne d'audit financier composée d'électeurs, chargée de contrôler les comptes de la commune, et également des associations qui reçoivent des subventions publiques. Afin que les Lilloises et les Lillois puissent juger des finances publiques en toute liberté, et par eux-même, tous les rapports d'audit seront publiés.

 

Démocratie locale - Nous voulons une vraie participation des citoyennes et des citoyens à la vie de leur cité. La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Élire un maire, ce n'est pas lui signer un chèque en blanc pour six ans. Les habitantes et les habitants doivent pouvoir exercer un contrôle sur les choix majeurs, sur l'utilisation de l'argent public durant cette période. Un peu à l'image de la démocratie suisse, nous proposons aux Lilloises et aux Lillois de rétablir un droit de pétition réel. Le dépôt d'une pétition signée par 2 000 habitants permettra d'inscrire automatiquement une question à l'ordre du jour soumise au débat du conseil municipal. Nous consulterons régulièrement les Lilloises et les Lillois par la voie du référendum local. Nous permettrons aussi aux Lilloises et aux Lillois de déclencher l'organisation d'un référendum local dès lors qu'une pétition recueillera 10 000 signatures.

 

Logement - Il manque à Lille, et aux villes associées (Hellemmes et Lomme) 16 500 logements pour satisfaire la demande des habitantes et des habitants. Afin de lutter contre la spéculation immobilière qui en découle, nous lutterons contre la pénurie de logements en libérant du foncier public. Les friches et les bâtiments publics non occupés seront affectés prioritairement au logement. Concernant les logements sociaux, nous proposons de mettre fin au clientélisme, et d'imposer la transparence dans leur attribution.

 

Nous proposons de développer les aides financières allouées à la rénovation des logements insalubres, et inciterons à la construction de logements à énergie positive. Nous refuserons que les hébergements d'urgence soient principalement attribués aux Roms et aux immigrés clandestins. Nous proposerons de créer un service de consignes pour les SDF, afin qu'ils puissent y déposer leurs papiers d'identité et leurs documents administratifs, trop souvent volés dans les centres d'hébergement.

 

Circulation et stationnement - Le chantage permanent exercé par les Verts sur leurs alliés socialistes a eu pour conséquence d'abandonner complètement le transport routier à Lille et dans toute la métropole. La congestion a gagné toute l'agglomération. Nous proposons de redéfinir le plan de circulation pour fluidifier les déplacements dans la ville et raccourcir les temps de trajets ; doubler les places de stationnement en mutualisant les parkings des administrations pour les ouvrir au public entre 17h00 et 7h00 ; rétablir la gratuité du stationnement entre 12h00 et 14h00 ; réaliser le contournement autoroutiers au sud-est de Lille.

 

Concernant les transports en commun, nous proposons de les redéployer dans toute la ville et de les sécuriser ; le prolongement de la ligne 1 du métro de la station des 4 cantons jusqu'à l'aéroport de Lille-Lesquin ; également la création d'une 3ème ligne de métro entre Wattignies et Saint-André desservant le quartier universitaire Vauban-Esquermes, le Vieux-Lille, Lille-Europe et La Madeleine.

 

Environnement et propreté - Nous proposons de renégocier le contrat de ramassage des ordures ménagères et affecter un opérateur unique par secteur géographique ; de mettre en place une incitation financière pour le recyclage déchets, afin d'affiner leur tri ; de développer la production de biogaz à partir des déchets ménagers. Concernant la distribution de l'eau, nous proposons de renégocier la délégation de service public à l'avantage des Lilloises et des Lillois, auquel cas nous remettrons sa distribution en régie. Nous accélérerons la transition vers l'éclairage LED pour réaliser des économies sans altérer la puissance de l'éclairage de nos rues, en installant des chaussées et des trottoirs à récupération d'énergie cinétique.

 

École et petite enfance - L'école doit redevenir le lieu de l'apprentissage du respect, de l'effort et de l'excellence. Cela passe par la sérénité. Il est anormal de constater que les écoles primaires elles-mêmes puissent devenir des lieux d'insécurité. Les enfants des quartiers populaires ont eux aussi le droit à la sécurité et à l'excellence. Dans le cadre de la réforme scolaire, nous proposons de privilégier le mercredi pour son application ; et de favoriser les activités sportives et artistiques, de promouvoir le patrimoine local et son histoire. Dans les cantines, nous proposons d'augmenter la part de produits issus de l'agriculture locale et biologique, et d'y faire respecter la laïcité.

 

Lille souffre d'un manque de place de crèche et de personnel dédié. Nous proposons d'accompagner le développement des crèches d'entreprises, et de mettre en place des crèches de nuit, en co-gestion et en co-financement. Nous proposons de développer les crèches familiales, sous la responsabilité d'une assistante maternelle, subventionnées par la municipalité ; ainsi que la mise à disposition des bâtiments publics vides pour créer des maisons d'assistantes maternelles.

 

Culture - La municipalité actuelle dépense plus de 63 millions d'euros pour la culture, soit 15% du budget, essentiellement pour des spectacles éphémères et coûteux, qui expliquent le délabrement des finances municipales et font l'objet d'un clientélisme scandaleux. Nous proposons de permettre l'émergence d'artistes indépendants en généralisant la pratique des concours, sous la direction de jurys indépendants. Comme évoqué dans le thème "Fiscalité et gestion" au sujet du chèque associatif, nous souhaitons associer les Lilloises et les Lillois à la décision de subventionner des artistes ou des structures culturelles. Concernant le zoo de Lille, nous sommes pour le maintien de sa gratuité. Nous privilégierons l'entretien des bâtiments historiques de la ville, tel que le Palais des Beaux-Arts.

 

Sport - Les socialistes engagent des dépenses pharaoniques dans des projets tels que le grand stade à Villeneuve d'Ascq, et ne financent presque pas les équipements sportifs de proximité. Il ne reste que des reliquats pour les habitantes et les habitants : 4% des investissements. Nous proposons de doter Lille de piscines modernes, et réhabiliter ou reconstruire la piscine Max Dormoy. Nous avons en projet de rouvrir la salle de sport La Chênaie, à Lille-Sud, après l'avoir réhabilitée, et également de réaménager les créneaux horaires dans tous les équipements sportifs pour qu'ils soient ouverts au plus grand nombre. Nous proposons de passer un accord avec le LOSC pour que les joueurs s'impliquent, une journée par mois, auprès des jeunes lilloises et lillois.

 

Personnes âgées - Nous pensons que nos aînés doivent devenir une force vive de la vie locale. Ils disposent de deux atouts qui peuvent être mis à profit par la collectivité : d'une part, ils ont des compétences et de l'expérience ; d'autre part, ils ont du temps libre. Nous proposons de favoriser le tutorat par des personnes âgées, pour transmettre les expériences professionnelles. Également d'associer les personnes âgées aux activités périscolaires. Nous proposons de développer la solidarité entre les générations, par l'hébergement des étudiants contre des services d'assistance à la personne. Nous sommes pour le maintien des EHPAD au cœur de la ville.

 

Personnes handicapées -La cité ne peut laisser à l'écart les personnes souffrant d'un handicap physique. Nous proposons de créer, en concertation avec les associations de défense des handicapés, un label et un logo pour signaler les bâtiments publics et privés qui leurs sont accessibles. Dans un même temps, nous proposons d'accroître l'accessibilité aux bâtiments et lieux publics, et de faciliter l'accès aux transports en commun. Concernant le parc de logements sociaux LMH (Lille Métropole Habitat), nous réaliserons un audit des besoins en la matière.

 

Pour prendre connaissance de l'ensemble de nos propositions, je vous invite à consulter l'intégralité de notre programme sur internet.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

C.M. : Je n'ai pas de boule de cristal... Néanmoins, sans vouloir tomber dans des lieux communs, tout dépendra de la participation ! Maintenant, force est de constater qu'il y a plus qu'un malaise dans notre pays, dans nos communes ! Malgré les manipulations, les coups bas, et les calculs politiques de l'exécutif, je crois que les Françaises et les Français sauront se faire entendre, sans doute dans une mesure moindre nationalement que la lame de fond que l'on peut déjà percevoir, et qui déferlera lors des élections européennes le 25 mai prochain.

 

Cependant, localement pour les municipales, il est certain que là où le FN-RBM est présent, le signal sera fort et scruté de très près ! Concernant les villes politisées où le FN-RBM ne sera pas présent, l'UMP par défaut captera certainement les mécontentements du moment, mais je pense en réalité que le PS et ses satellites résisteront mieux qu'attendu... Les résultats des listes de Debout la République (Nicolas Dupont-Aignan) seront aussi à observer, et plus précisément leur capacité à capter la fronde de l'électorat centriste qui ne serait pas encore prêt à soutenir nos listes FN-RBM dans les urnes.

 

Pour ce qui est de Lille, la situation est particulière. Martine Aubry y règne presque en régente absolue ! Entre clientélisme, réseaux d'influence, et accointance avec la presse régionale et locale, le débat est quasi verrouillé, difficile alors de laisser entrevoir autre chose et de sonder la réalité du terrain... En tous cas, lorsque je tracte dans la rue, ou que je fais du porte-à-porte, comme samedi dernier par exemple, les sympathisants socialistes vous témoignent leur désamour pour Martine Aubry ! Étrangement, comme quelque chose que l'on se transmet de mère en fille, et de père en fils, sans pour autant savoir pourquoi, si ce n'est peut-être la peur de l'inconnu, je comprends que certains s'interdisent de se libérer et votent religieusement pour le système en place. L'outrance, pour une partie d'entre eux, cette fois-ci, sera sans doute le "choix" éphémère parmi les quelques listes dissidentes de gauche et d'extrême gauche, qui le soir venu des résultats du premier tour auront déjà convolé avec Martine Aubry pour former sa liste du second tour... Par contre, toujours sur le terrain, il en est tout autre des sympathisants UMP ! D'une manière générale, à l'exception des quelques personnes politisées, ou débordant de préjugés à notre égard... l'accueil chez les commerçants, les habitantes et les habitants de Lille est chaleureux. Les échanges sont constructifs, les attentes et les espoirs très grands ! Les gens prennent et demandent nos tracts ainsi que notre programme de plus en plus facilement, et avec le sourire !

 

Je crois que notre liste « Lille Bleu Marine » va créer la surprise le 23 mars ! Aujourd'hui, nous sommes estimés entre 14 et 20%, là où, en 2008, une liste déjà conduite par Éric Dillies avait obtenu 5,69%, après le siphonnage temporaire des voix FN par Nicolas Sarkozy. L'UMP-UDI chute d'autant entre les résultats de 2008 et les estimations pour le prochain scrutin, que de points supplémentaires que l'on veut bien nous accorder dans les sondages. Il n'est, à mon sens, pas impossible de voir notre liste talonner celle de l'UMP-UDI, et peut-être même arriver devant, au final, face à Martine Aubry dans une triangulaire avec l'UMP-UDI. L'avenir nous le dira !

 

PdA : Un dernier mot ?

 

C.M. : À l'heure où tout est insidieusement fait pour favoriser l'abstention (absence de débat, polémiques nationales à mille lieux des enjeux locaux, affaires...), en réalité le meilleur moyen pour ne mener aux urnes que les bataillons de fidèles politisés et reconduire les majorités sortantes - notamment UMP et PS - j'exhorte sincèrement toutes les électrices et tous les électeurs à reprendre en main le destin de leur cité ! Pour cela, une première chose à faire : se déplacer massivement les 23 et 30 mars prochains, et voter ! La deuxième, être attentif et exigeant après l'élection, en veillant et s'impliquant dans la vie et la gestion de leur commune. Merci pour vos questions, et peut-être à bientôt !

 

Propos recueillis le 17/03/14

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Vincent Fleury

Vincent Fleury

Montrouge (Hauts-de-Seine) - MoDem

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Vincent Fleury. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

 

Vincent Fleury : Bonjour. Merci de me donner la parole. Alors, j’ai 28 ans, je suis actuellement vice-président des Jeunes démocrates (MoDem), après en avoir été le trésorier. J’ai fait des études de droit et d’assurance, exercé plusieurs métiers. Comme je suis aujourd’hui demandeur d’emploi et que j’ai la possibilité de me réorienter, je cherche un secteur dans lequel je puisse vraiment m’épanouir. Pourquoi pas la politique, puisque ça me plaît ? On ne travaille bien que quand on est heureux de faire ce qu’on fait, non ?

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

V.F. : J’ai toujours aimé l’engagement citoyen. C’est un truc qui est en moi depuis pas mal de temps. Adolescent, j’ai été délégué de classe, scout de France… Mais honnêtement, avant la création du MoDem en 2007, aucun parti ne me donnait envie d’adhérer. C’était pour moi synonyme d’enfermement idéologique ! Le Mouvement démocrate m’a prouvé le contraire. Quand j’ai pris ma carte pour la première fois, en 2011, je ne l’ai fait que pour soutenir un parti qui correspondait à mes idées, un parti centriste qui ne voyait pas la gauche et la droite comme des suppôts de Satan. Un parti pragmatique et bienveillant. Bon, au départ, je voulais juste lui donner 20 euros et un adhérent de plus. Mais en fait, depuis, tout s’est enchaîné assez vite. Chassez le naturel, il revient au galop !

 

Pour résumer mon engagement, je pense à une phrase de Gandhi. Il disait que « croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête ». Voilà, je cherche à être honnête avec moi-même.

 

PdA : Vous serez candidat à Montrouge (Hauts-de-Seine) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

V.F. : Le bilan est bon. Comme vient très justement de l’écrire la revue Challenges, Montrouge est « une ville aux allures de village ». À deux pas de Paris et avec 49 000 habitants, ce n’est pas rien. On comprend que de plus en plus de Parisiens viennent y trouver ce qui leur manque dans la capitale. L’équipe sortante accompagne cela, tout en dotant Montrouge de belles infrastructures. Alors, effectivement, il manque des places en crèche, et la ville devient de plus en plus chère, mais c’est la rançon du succès. La prochaine équipe municipale devra se pencher là-dessus, afin que Montrouge reste une ville accueillante. La politique est toujours une question d’équilibre.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

V.F. : Il n’y a pas grand-chose à changer à Montrouge aujourd’hui. L’heure n’est plus vraiment aux grands travaux, elle est aux finitions et à l’entretien. Ce qu’il faut préserver et améliorer désormais, c’est la qualité de vie des Montrougiens. Il va falloir rénover certains lieux, rajouter des espaces verts, un cinéma, une école, des gymnases, limiter l’implantation des panneaux publicitaires, etc. Et il faudra lancer tout ça avant 2016, avant que Montrouge ne soit absorbée par la création du Grand Paris dans laquelle elle risque de perdre une bonne partie de son autonomie politique. Je pense que l’équipe actuelle, avec son bilan et son expérience, est la mieux préparée pour face à ces défis. C’est pour ça que j’ai accepté de rejoindre la liste du maire sortant.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

V.F. : À Montrouge, ça sent bon. L’équipe sortante devrait être reconduite assez facilement, peut-être même dès le premier tour. Elle a un bon bilan, les Montrougiens aiment bien leur maire, et l’opposition ne propose rien de solide.

 

Pour le reste de la France, j’avoue que je ne sens pas grand-chose ! Il faut dire que, malgré ce que pensent certains partis et certains médias, les municipales sont des élections locales. Dans la plupart des cas, elles ne sont pas liées à la couleur politique des candidats, mais à leur compétence, leurs propositions, leur bilan, s’ils en ont un, etc.

 

Le seul truc que je sens, c’est que les extrémistes et les écolos vont faire de bons scores. Je crois que beaucoup de gens n’ont plus envie de voter de façon réfléchie, car ils ne croient plus à la politique. Ils votent en réaction, et attendent une espèce de grand soir. Du coup, comme c’est la crise, ils votent FN ou Front de Gauche, et comme il vient d’y avoir un nuage de pollution, ils vont sans doute aussi voter pour les Verts. À force d’avoir des politiques qui ne pensent qu’à court terme, les électeurs s’y mettent aussi. Bon, dans le cas des Verts, ce n’est pas une si mauvaise chose, car il y a une urgence écologique que le PS prend à la légère. Mais sinon, la France a besoin d’aller de l’avant avec pragmatisme. Il ne faut pas qu’on cherche à sanctionner le passé, il faut construire l’avenir, et il y a du boulot.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

V.F. : Deux en fait. D’abord, je crois que la tendance générale est à la passivité et à la résignation, mais je suis convaincu que c’est en agissant tous un peu qu’on avancera. « Je me révolte donc nous sommes », disait Camus. C’est tout à fait ça, on est tous dans le même bateau. Donc, si le monde dans lequel vous vivez ne vous convient pas, quelle que soit votre sensibilité, engagez-vous ! Ensuite, le premier des engagements, c’est le vote. Vous pouvez voter deux fois cette année, aux municipales et aux européennes. Profitez-en.

 

Propos recueillis le 17/03/14

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Laurine Nocera

Laurine Nocera

Loire-sur-Rhône (Rhône) - Sans étiquette

 

Paroles d'Actu : Bonjour, Laurine Nocera. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

Laurine Nocera : Bonjour, je suis actuellement en deuxième année de DUT Génie Civil à Lyon. Le bâtiment est un milieu qui me passionne depuis toute petite. Je souhaiterais donc intégrer une école d'ingénieur l'année prochaine.

 

En ce qui concerne mon engagement politique, il y a trois mois, je ne pensais pas intégrer une liste. Puis Anne-Marie Sanchez m'a contactée et m'a parlé de son projet de monter une liste apolitique. J'ai trouvé cela intéressant de pouvoir s'investir dans les projets de sa commune, d'exprimer ses opinions et d'être écoutée, malgré mon jeune âge.

 

PdA : Vous serez candidate à Loire-sur-Rhône (Rhône) lors des élections municipales qui se tiendront à la fin du mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

L.N. : Il est plus difficile, pour ce qui me concerne, de faire un bilan, car je n'avais que 13 ans lors de l'élection de l'équipe sortante. Néanmoins, j'ai pu voir que beaucoup de leurs projets n'ont pas été réalisés. De plus, il n'y a pas beaucoup de différences entre leurs propositions d'il y a six ans et celles d'aujourd'hui. 

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

L.N. : Il a y un réel esprit d'équipe dans notre liste. Nous voulons montrer que nous sommes 19, et non pas 1+18. De plus, il y a aussi bien des "nouveaux" Loirards que des "anciens", cela nous permet d'avoir une vision assez large. Nous voulons essayer de donner un nouvel élan à Loire-sur-Rhône. Nous avons quelques projets clés, comme la création d'une Halle au centre du village, ou encore une fête pour réunir toutes les associations. Enfin, la communication entre les conseillers et les habitants est très importante, nous aimerions donc travailler à son amélioration.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ?

 

L.N. : Il est très difficile de savoir si nous allons être élus. Quoi qu'il arrive, cela m'aura permis de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir une nouvelle facette de Loire-sur-Rhône, qui est la vie politique. J'ai pu d'ores et déjà m'investir, lors de rédactions de tracts, notamment. 

 

PdA : Un dernier mot ?

 

L.N. : Je remercie Anne-Marie Sanchez pour m'avoir permis de me joindre à elle pour cette aventure. Et je trouve cela intéressant d'intégrer des jeunes dans les listes, car nous apportons une vision différente pour certaines choses.

 

Propos recueillis le 19/03/14

 

 

Nicolas Vervliet

Nicolas Vervliet

1er ar. de Lyon (Rhône) - PS

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Nicolas Vervliet. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ? 

 

Nicolas Vervliet : Bonjour Nicolas. Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre travail au sein de Paroles d’Actu, car il est rare que les jeunes, quelle que soit leur sensibilité politique, aient une tribune dans la presse à la hauteur de leur engagement au service de la cité.

 

Me concernant, j’ai 31 ans et suis originaire de Dunkerque. Après des débuts professionnels à Paris, j’ai choisi d’habiter Lyon à la suite d’un séjour chez des amis lyonnais. C’est une ville pour laquelle j’ai eu le coup de foudre, et notamment pour la Croix-Rousse. Ingénieur en électronique (ENSEA), spécialisé dans l’organisation du travail (Arts et Métiers ParisTech), je préside une coopérative de consultants indépendants que j’ai créée dans le 1er arrondissement. Une coopérative, parce que c’est le modèle de l’entreprise que je promeus, du fait de mon attachement à la valorisation de la force de travail avant la valorisation du capital, une coopérative dans le 1er arrondissement parce que c’est aussi cela, l’héritage des Canuts.

 

Je me suis engagé en politique à l’âge de 21 ans, au MJS et au PS, puis à HES (Homosexualités et Socialisme), dont je suis l’actuel trésorier national. Issu d’une famille de classe moyenne non politisée, mes convictions sont nées de la volonté de construire un monde plus juste, un monde meilleur où chacune et chacun peut trouver sa place sans prendre celle de l’autre, des convictions profondément humanistes. Pour moi, le respect des différences est ce qu’il y a de plus essentiel pour donner du sens au vivre ensemble. Lyon est une ville ouverte, notamment aux LGBT, j’œuvre pour qu’elle le soit encore plus. 

  

PdA : Vous serez candidat à Lyon, dans le premier arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ? 

 

N.V. : Je suis candidat dans le 1er arrondissement de Lyon, aux côtés d’Odile Belinga, sur la liste « Évidemment Lyon », portée par le maire sortant Gérard Collomb, qui a un excellent bilan. Lyon est classée la ville la mieux gérée de France alors que les investissements publics sont nombreux et très appréciés des Lyonnais. Cela prouve que l’on peut mettre en œuvre une politique de gauche ambitieuse tout en étant soucieux de maîtriser la dépense publique. Et les réalisations profitables aux Lyonnais-e-s sont nombreuses : trois fois plus de logements sociaux construits par an par rapport à 2001 (dont de nombreuses préemptions dans le 1er arrondissement), création des maisons de santé, création de deux trams et prolongations de trois lignes de métro/tram existantes, aménagement des rives de Saône, deux fois plus de pistes cyclables (par rapport à 2008), baisse de 10% des émissions de CO2, un développement économique profitable à l’emploi… Bref, un bilan que je porte fièrement. 

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

N.V. : Continuer à développer l’offre de logements sur Lyon, c’est aussi développer les logements étudiants, nous en créerons 6 000 d’ici 2020, tout en continuant notre politique volontariste en matière de logement social (4 500 logements par an) et de réhabilitation des quartiers.

 

Lyon est une ville économiquement dynamique, et nous avons un vivier de ressources précieuses, c’est pourquoi nous souhaitons développer les technologies vertes, numériques et robotiques. Pour cela, nous donnerons aux étudiants et chercheurs de la métropole les moyens de travailler dans de bonnes conditions, en rénovation des campus Lyon Tech la Doua, Charles Mérieux et Bron-Parilly.

 

En matière de transport, nous souhaitons prolonger le service de nuit du métro jusqu’à 2h le week-end – une mesure que nous attendons avec impatience –, accroître la capacité des rames de métro pour désencombrer l’espace lors des périodes de pointe, développer les voitures électriques libre service (1 000 d’ici 2020) et compléter l’offre de Vélo’v par des Vélo’v à assistance électrique - très pratique pour remonter les pentes de la Croix-Rousse.

 

Lyon, c’est aussi une capitale culturelle. Nous développerons les pratiques amateurs dans chaque institution culturelle pour que la culture soit notre bien commun. Dans le 1er arrondissement, la galerie des Terreaux (place des Terreaux) accueillera une galerie de l’architecture et du paysage. La culture passant aussi par la culture numérique, nous installerons le wifi en ville, la 4G dans les stations de métro et créerons des applications mobiles pour faciliter la vie quotidienne.

 

Niveau urbanisme, nous réhabiliterons la place des Terreaux, requalifierons la gare de Perrache et son centre d’échange afin de réunifier la Presqu’île à la Confluence.

 

Côté environnement, nous continuerons à rendre la ville plus verte, à développer les pistes cyclables et les lieux de balades piétonnes, dont les terrasses de la Presqu’île, qui seront aménagées au dessus du parking Saint-Antoine, qui deviendra alors souterrain... Il est très difficile de résumer les 400 pages de notre projet pour Lyon en quelques lignes. Des idées, nous n’en manquons pas et nous tiendrons nos engagements, comme nous les avons toujours tenus à Lyon. 

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement… Et les autres … ?

 

 

N.V. : Sur Lyon, je regrette que l’ensemble des sensibilités de gauche ne se soit pas toutes rassemblées autour de Gérard Collomb car contrairement à 2008, nous ne pourrons pas gagner dès le 1er tour. Notre liste est favorite mais cela ne nous empêche pas d’aller à la rencontre, dans la rue et en porte-à-porte, de nos concitoyens depuis 6 mois pour échanger avec eux et les inciter à aller voter pour nous dès le 1er tour. Sachant que le 1er arrondissement compte 16 400 électeurs inscrits, nous avons frappé près de 10 000 portes. C’est un travail de proximité qui est notre marque de fabrique : nous sommes à l’écoute parce que nous sommes proches de nos électeurs pour améliorer leur quotidien.

 

Au niveau national, les difficultés économiques que connaît notre pays, et plus globalement l’Europe, ne créent pas un climat favorable à la victoire de la gauche aussi largement qu’en 2008, cela malgré la bonne gestion des municipalités socialistes. Je suis navré que le président de la République et son gouvernement soient aussi peu populaires, cela joue en notre défaveur au niveau local. J’attends beaucoup de leur part d’ici 2017 pour être fier de leur bilan.

 

Par ailleurs, je suis inquiet de la montée du Front national, et d’autant plus pour les élections européennes car Marine Le Pen et ses amis font la politique de la haine en créant les conditions favorables à un repli sur soi, à encore plus d’individualisme. Leurs solutions sont extrêmes et irréalisables dans une démocratie. Le passé nous a montré qu’ils étaient capables du pire au niveau d’une municipalité, imaginez les conséquences dramatiques sur la France et sur l’Europe que causerait leur politique appliquée à plus grande échelle ! 

  

PdA : Un dernier mot ? 

  

N.V. : Je crois que j’en ai déjà beaucoup dit… alors je serai bref. E-lectrices, e-lecteurs n’oubliez pas d’aller voter les dimanches 23 et 30 mars prochains, votez à gauche, votez pour les listes soutenues par le PS. À Lyon votez pour les listes « Évidemment Lyon » ! 

 

Propos recueillis le 21/03/14

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Gaëtan Dussausaye

Gaëtan Dussausaye

11e ar. de Paris - FN/RBM (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Gaëtan Dussausaye. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ? 

 

Gaëtan Dussausaye : Bonjour. 19 ans, étudiant en troisième année de Licence Philosophie et Lettres modernes à Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) et à Paris 3 (Sorbonne Nouvelle), je suis actuellement Secrétaire départemental du FNJ de Paris et candidat FN-RBM à la mairie du 11ème arrondissement de Paris.

 

Je me suis découvert un certain intérêt pour la question politique à partir de la troisième. Ayant été confronté, assez jeune, à différentes problématiques qui malmènent encore aujourd’hui le quotidien d’un grand nombre de jeunes Français - que ce soit l’absence progressive d’autorité au sein des établissements scolaires, la nécessité de porter telle ou telle marque ou d’écouter telle ou telle musique dans un souci de reconnaissance de soi vis-à-vis des autres – je me suis posé un certain nombre de questions qui m’ont amené progressivement et plus largement à la question politique.

 

Afin d’être en mesure de mieux saisir notre actualité politique, j’ai pris le temps et le soin de regarder et de scruter les différents projets, réactions et communiqués de tous les mouvements politiques possibles. C’est au début de l’année 2011 que j’ai compris que le premier bulletin que je glisserais lors des présidentielles de 2012 serait un bulletin Front national - Rassemblement Bleu Marine. Face aux deux grands perdants de ces quarante dernières années, que sont l’UMP et le PS confondus, je considérais - et je considère évidemment encore - le FN-RBM comme le seul mouvement politique crédible, cohérent et clairvoyant, qui permet d’espérer à nouveau en la France et en son peuple.

 

Souveraineté, liberté, républicanisme, patriotisme, démocratie (réelle), unité nationale, justice sociale, laïcité, etc… Voici mes convictions ; convictions qui font les raisons de mon engagement au sein du Front national-Rassemblement Bleu Marine, que j’ai rejoint officiellement début décembre 2011.

  

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 11e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l’action des équipes sortantes ?

 

G.D. : Vois-tu, nous avons « la chance » d’avoir au sein du conseil municipal du 11e arrondissement non moins de sept sensibilités politiques « différentes » : PS, UMP, PCF, EELV, Modem, PRG, et MRC. Pourtant, à chaque conseil d’arrondissement, toutes les propositions faites par l’équipe municipale de Monsieur Patrick Bloche (PS) sont votées à l’unanimité ! Par conséquent, j’en tire la conclusion que tous les élus au conseil du 11e arrondissement, quelle que soit leur étiquette politique, sont tous responsables du matraquage fiscal que subissent de plein fouet les familles et les classes moyennes et populaires de l’arrondissement, de la chasse des classes moyennes et populaires hors de la capitale, de l’explosion des cambriolages, des braquages et des incivilités, de l’abandon des commerçants et des artisans au profit de la grande distribution sauvage, des politiques nocives à la qualité de vie des habitants et tout particulièrement des familles (crèches, hygiène, propreté, etc…).

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

G.D. : Le 23 mars, les citoyens du 11e arrondissement auront le choix entre le projet des sœurs jumelles de l’UMPS et de leurs alliés, et notre projet – un projet de bon sens, dont le fondement repose sur ces trois éléments : prospérité, sérénité et solidarité. Ainsi, conformément aux attentes des Parisiennes et des Parisiens, nous proposons de faire du 11e arrondissement :

- un arrondissement fiscalement attractif, pour rendre de l’oxygène aux commerces et redonner du pouvoir d’achat aux ménages ;

- un arrondissement tranquille et serein, en développant davantage la vidéosurveillance, en renforçant l’action municipale, et en encourageant les initiatives citoyennes à travers le milieu associatif ;

- un arrondissement où les classes moyennes et populaires peuvent de nouveau s’y loger, en vendant une partie du parc social aux locataires, en priorisant ceux qui travaillent dans la capitale dans l’attribution des logements sociaux, en créant de nouveaux logements par des réquisitions-réhabilitations de logements ou de bureaux vides ;

- un arrondissement qui soutienne les commerçants et les artisans d’abord, seuls garants d’une ville à taille humaine, plutôt que la grande distribution folle ;

- un arrondissement où les citoyens pourront enfin retrouver la parole, par la mise en place d’une démocratie locale et participative réelle (notamment par l’organisation de référendums locaux sur les grands sujets de l’action municipale)...

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... 

 

G.D. : Cela fait plus d’un an que nous sommes, mes équipes et moi-même, sur le terrain dans le 11e arrondissement. Que ce soit sur les marchés, à la sortie des métros, ou lors de visites aux commerçants et artisans, l’accueil a incroyablement changé. Les réactions vives, colériques ou agressives ont définitivement laissé place à la curiosité, aux échanges nombreux, si ce n’est à l’adhésion. Je crois que nous pouvons d’ores et déjà nous féliciter de cette évolution. Maintenant, rendez-vous le 23 mars au soir pour les résultats !

  

PdA : Et les autres... ?

  

G.D. : Je pense que le Front national-Rassemblement Bleu Marine sera le grand vainqueur de ces élections municipales de 2014. Déjà, nous avons réussi, à la grande surprise de nos adversaires de l’UMPS, à constituer près de 600 listes FN-RBM dans la France entière ! Et je suis persuadé que la quasi-totalité de ces listes parviendront à se maintenir au second tour. Cette élection sera donc très bénéfique pour notre mouvement, nous en tirerons plus d’un millier de conseillers municipaux, et plus d’une dizaine de mairies. Les Français verront ainsi, directement, de quoi sont capables les élus FN-RBM.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

G.D. : Merci ! Je tiens à te remercier de laisser une telle place à la jeunesse qui s’engage, comme tu le fais à travers ton blog. La jeunesse de France veut s’engager, veut s’exprimer, mais elle veut encore plus être écoutée ! Ta démarche contribue à lui ouvrir cette dernière porte.

 

Propos recueillis le 21/03/14

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Aurélien Taché 2014

Aurélien Taché

18e ar. de Paris - PS 

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Aurélien Taché. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?  

 

Aurélien Taché : Bonjour Nicolas. J’ai 29 ans et j’habite le 18e arrondissement de Paris. Je travaille comme chargé de mission Lutte contre les Exclusions au Conseil régional d’Île de France, où je suis plus particulièrement en charge des dispositifs d’aide aux personnes sans abris, habitants des bidonvilles et gens du voyage. J’ai grandi dans un milieu rural modeste et j’ai pu mesurer, après un parcours scolaire chaotique, les difficultés que l’on peut rencontrer en France pour prendre un nouveau départ et notamment suivre un cursus universitaire, quand on est sorti des sentiers battus.

 

Tout cela, conjugué à une conviction profonde dans les valeurs de liberté et de solidarité et à une aversion totale pour les situations d’injustices, m’a rapidement conduit à ma passionner pour l’action politique et à vouloir agir pour l’émancipation du plus grand nombre. Dans cette optique, la lutte contre le racisme et ceux qui le propagent, en particulier l’extrême-droite et l’idée que la démocratie et la coopération doivent trouver à s’appliquer au niveau international, ont pour moi été des marqueurs forts. L’engagement est néanmoins arrivé un peu plus tard, sans doute en raison d’un attachement prononcé pour l’indépendance (rires), puisque c’est seulement à l’âge de 24 ans que j’ai sauté le pas en rejoignant à la fois une organisation politique de jeunesse - à travers le MJS - et un syndicat étudiant - l’UNEF. J’ai ensuite adhéré au Parti socialiste, quelques temp après. 

   

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 18e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l’action des équipes sortantes ? 

 

A.T. : C’est un exercice assez convenu pour les sortants de défendre le bilan, mais pour ce qui est de Paris et du 18e arrondissement, on peut vraiment dire qu’il est excellent. Même si je n’y vivais pas encore, combien d’amis parisiens, engagés ou non, m’ont dit combien Paris avait changé depuis l’élection de Bertrand Delanoë... On est passé de 13 à 20% de logements sociaux entre 2001 et 2014, nous avons gagné deux moyens de transports en commun supplémentaires avec le tramway et le Vélib', de nombreux événements culturels comme Paris Plages ou la Nuit blanche, qui rythment la vie de Paris, ont vu le jour…Et, au-delà des réalisations, Bertrand Delanoë et son équipe ont su renouveler profondément la démocratie locale. Je ne prendrai qu’un exemple, qui me touche, car il est en lien avec mon combat pour le droit de vote des étrangers (non-communautaires, ndlr) aux élections locales : l'Assemblée des Citoyens parisiens extra communautaires, qui permet aux Parisiens n’ayant pas le droit de vote en raison de leur nationalité de s’exprimer sur les affaires de la Ville. En un mot, Bertrand Delanoë, a redonné les clefs de la ville aux Parisiens, à tous les Parisiens.

 

On peut dire exactement la même chose du 18e arrondissement, que Daniel Vaillant administre depuis 1995. Là encore et a fortiori, je ne vivais pas dans le 18e avant, mais autour de moi, le sentiment est unanime : le 18e s’est métamorphosé. En 2001, Daniel Vaillant a lancé, avec le soutien de Bertrand Delanoë, nouvellement élu, le plus vaste plan d’éradication de l’insalubrité et de l’habitat indigne qu’ait connu Paris. Des quartiers entiers ont été rénovés, notamment à la Goutte-d’Or, et plus de 3 000 logements sociaux nouveaux ont été créés.

 

De grands projets d’aménagements, tels que l’éco-quartier Chapelle International ou la création d’un grand pôle universitaire Porte de la Chapelle ont aussi été initiés. Surtout, le 18e arrondissement est un arrondissement jeune, et Daniel Vaillant a su en prendre toute la mesure, en le dotant d’équipements tels que le Centre Barbara, pour la culture, la Cité Traëger, pour le sport, ou encore la ZAC Pajol et sa superbe auberge de jeunesse. Bref c’est simple, avant il fallait lutter contre le risque de ghettoïsation du 18e, bientôt ce sera contre celui de sa boboïsation ! (rires) 

   

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

   

A.T. : Anne Hidalgo à Paris et Éric Lejoindre dans le 18e ont a cœur de poursuivre ce qui a été entrepris, mais aussi d’aller plus loin. En matière de logement, qui est leur priorité n°1, par exemple, Anne Hidalgo s’est engagée à atteindre 30% de logement sociaux à Paris en 2030, en construisant 10 000 nouveaux logements par an. Rien que pour le 18e, nous avons pour objectif la construction de 6 000 nouveaux logements diversifiés d’ici à 2020. Anne Hidalgo souhaite aussi s’engager fortement pour les transports et lutter contre la pollution, en créant un métro fluvial, en faisant fonctionner les lignes 1 et 14 du métro toute la nuit le week-end, en développant un réseau de scooters électriques en libre-service (Scootlib') et en faisant, d’une manière générale, le pari de la voiture électrique. Anne Hidalgo va aussi créer, avec son projet d’« Arc de l’Innovation », 100 000 m² d’incubateurs d’entreprises et de centres de télétravail supplémentaires autour de Paris. Elle compte enfin imaginer de nouveaux dispositifs de solidarité, tels que les premiers mètres cubes d’eau gratuits pour les Parisiens les plus modestes, et accentuer la politique de soutien aux jeunes créateurs et aux lieux culturels. Mettre la puissance de la capitale au service de sa bienveillance, voilà le programme d’Anne Hidalgo.

 

Éric Lejoindre à la même ambition pour le 18e. Il veut poursuivre la métamorphose urbaine de l’arrondissement, en accentuant notamment la rénovation des quartiers situés sur les portes, qui sont prioritaires et en poursuivant les grands projets d’aménagement. Mais il veut aussi plus loin, en étendant le tramway jusqu’à la porte d’Asnières, en créant une grande promenade urbaine sous le viaduc du métro aérien de Barbès à Jaurès, ou encore transformant les terrains « Chapelle Charbon » et « Hébert » en 250 000 m² dédiés aux loisirs et aux espaces verts ! Il veut aussi renforcer les effectifs de sécurité et de propreté dans notre arrondissement et y doubler le nombre de pistes cyclables ! 800 places nouvelles de crèches seront aussi créees, ainsi qu’un « café jeunes associatifs » et des maisons intergénérationnelles. Enfin, l’attractivité du 18e sera aussi renforcée, avec notamment la mise en place du dispositif « Vital'Quartier » pour maintenir et favoriser le commerce de proximité. Ce dispositif permet d’utiliser le droit de préemption urbain de la Ville de Paris afin d’acquérir des murs de locaux commerciaux, implanter des acteurs économiques de qualité et les accompagner dans leurs démarches d’installation, ce qui est crucial pour des quartiers comme la Goutte-d’Or ou Amiraux-Simplon. Un « marché des cinq continents » sera aussi créé Porte de la Chapelle, car pour Éric Lejoindre, la diversité culturelle de notre arrondissement est une richesse qu’il faut valoriser dans cette ville-monde qu’est Paris. 

   

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres ? 

  

A.T. : Très bien ! Les Parisiens savent ce que cela veut dire, la gauche à Paris et dans le 18e arrondissement, ils n’ont aucune envie de revenir en arrière. On ne va pas se mentir, nous nous heurtons à des difficultés sur le plan national, notamment en raison de la dette abyssale laissée par Nicolas Sarkozy - il l’a creusée de près de 600 milliards en cinq ans - mais aussi car certaines politiques peuvent être mal comprises, voir questionnées. Mais la dimension locale des élections municipales a toujours primé dans notre pays, et les électeurs ne s’y tromperont pas : dimanche, c’est le maire qu’on élit. 

 

Propos recueillis le 21/03/14

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Rémi Tell

Rémi Tell

Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) - UMP

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Rémi Tell. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?  

 

Rémi Tell : Je suis originaire des Yvelines. J’ai passé mon enfance à Conflans-Sainte-Honorine, où je vis encore. J’ai 19 ans, et je suis étudiant à l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po). Je viens d’un milieu modeste, ce qui ne nous a jamais empêché de toujours beaucoup échanger sur la politique à la maison. Très tôt déjà, j’avais des discussions avec mes parents sur des sujets d’actualité. Je trouvais le monde politique fascinant : ses codes, ses destins personnels, les ascensions comme les chutes… cela avait un caractère romanesque qui émerveillait mes yeux d’enfant. Puis, j’ai commencé à essayer de m’investir, en tant que délégué de classe, d’abord, puis en tant qu’élu, dans le conseil municipal des enfants de ma ville. J’avais cette envie, même à un niveau modeste, de pouvoir changer la donne, d’avoir une prise sur la réalité. Faire quelque chose qui puisse aider les autres, rendre leur quotidien meilleur.

 

Aujourd’hui, je suis engagé au sein de l’UMP, parce que je crois beaucoup aux valeurs de liberté et de responsabilité. Être un jeune militant dans ce parti est passionnant, car nous sommes dans l’opposition. Rien ne nous est acquis, et nous devons nous battre sans cesse pour faire valoir nos idées.

   

PdA : Vous serez candidat à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l’action des équipes sortantes ? 

 

R.T. : Nous sommes les challengers lors de ces élections. Cela fait maintenant presque quarante ans que la ville est aux mains des socialistes. Des personnalités fortes comme Michel Rocard ou Jean-Paul Huchon en ont été les maires. Mais nous ne sommes pas dans une stratégie de revanche. Nous voulons construire quelque chose pour Conflans et pour les Conflanais, leur proposer un véritable projet.

 

Certaines des politiques qui ont été menées par la muncipalité en place ont été positives, et c’est de notre devoir de le reconnaître, car il en va de notre crédibilité. Je pense à l’action vis-à-vis des seniors, notamment. Mais pour le reste, beaucoup de choses restent très insatisfaisantes. Conflans est une ville “dortoir”. Beaucoup ne font qu’en partir le matin pour aller travailler ailleurs et en revenir le soir pour se coucher, afin de… mieux repartir le lendemain ! Il y a très peu d’animation, et le potentiel de notre commune, pourtant capitale européenne de la batellerie, reste très largement inexploité. L’équipe en place n’a pas su développer une vision à moyen et à long terme, ne se contentant que de satisfaire des clientèles.

 

La situation est aussi critiquable au niveau des personnes. Nous avons un sénateur-maire, Philippe Esnol, qui a choisi, contre l’avis du plus grand nombre, y compris dans son propre camp, de présenter sa femme aux élections pour lui succéder. Cela pose des problèmes évidents de démocratie, et les Conflanais ne sont pas dupes de ces basses manoeuvres. C’est pour cela qu’un vent nouveau doit souffler sur la ville, qui permettra de d’apporter quelque chose de neuf pour les habitants.

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

   

R.T. : Nous avons des propositions résolument innovantes à proposer aux Conflanais. L’enjeu n’est ni plus ni moins que de faire rentrer pleinement Conflans dans le 21e siècle.

 

Nous formulons 78 propositions très concrètes pour la vie des gens, selon trois grands axes : la rénovation de l’aménagement du territoire, le développement économqiue et touristique, et enfin la scolarité et la petite enfance. Nous avons eu à cœur de formuler des propositions qui puissent s’adresser à tout le monde, quels que soient son origine, son âge ou sa condition sociale.

 

Pour l’aménagement du territoire, nous proposons par exemple de mettre fin au bétonnage de la ville et de favoriser, sauvegarder et mettre en valeur les espaces verts existants, afin de rendre le cadre de vie plus agréable, de faire de Conflans une ville moins grise, moins stressante. Et ce tout en garantissant l’accès de chacun au logement, qui est une priorité pour nous. Nous avons aussi de grands projets de réaménagement dans des endroits clés de la ville, afin de la redynamiser et de lui redonner toutes ses couleurs.

 

En ce qui concerne le développement économique et touristique, nous voulons faire de Conflans une ville attractive pour les entreprises, en créant un cadre d’accueil favorable. Il s’agira aussi de bâtir des ponts entre la municipalité et le secteur privé, afin de permettre aux Conflanais sans emploi de se réinsérer plus facilement dans le monde du travail. Pour favoriser le développement du tourisme, nous avons prévu l’installation de commerces et de lieux culturels sur les quais de Seine, ainsi que la mise en place d’une meilleure communication autour de la ville à l’extérieur. Nous avons des propositions très précises sur le sujet, qui je n’en doute pas permettront enfin à Conflans de mériter son titre de capital européenne de la batellerie.

 

Enfin, nous voulons faire de la jeunesse, de la scolarité et de la petite enfance nos priorités, en redéfinissant les besoins en place dans les crèches et dans les classes, en favorisant l’installation de logements pour les étudiants ou en élargissant la gamme d’activités proposées aux jeunes.

 

Bien sûr, nous avons aussi beaucoup de projets qui concernent la sécurité, les loisirs ou les sports, ainsi que le renforcement de la proximité entre la municipalité et les citoyens.

   

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres ? 

  

R.T. : Je suis assez serein en ce qui concerne ces élections. Nous avons mené une belle campagne, audacieuse, respectueuse des habitants, et je sais qu’elle portera ses fruits.

 

Au niveau national, l’UMP devrait aussi faire de très bons scores. Beaucoup de villes de taille moyenne vont basculer de notre côté. Plus que le résultat de la politique du gouvernement, je crois que ce sera la consequence logique de l’incroyable investissement de nos candidats sur le terrain. Ils ont fait au cours des mois passés un formidable travail, et je suis sûr qu’ils en seront récompensés.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

R.T. : Votez. Votez et engagez-vous. Notre pays va mal, et c’est le seul moyen de le sortir de l’état calamiteux dans lequel il se trouve. Des défis majeurs nous attendant, et c’est la nouvelle génération qui va devoir les relever. Les jeunes d’aujourd’hui doivent prendre leurs responsabilités en main, car le monde de demain est déjà le leur et parce qu’ensemble, malgré nos différences, nous pouvons faire quelque chose de grand pour la France, redresser ce pays qui souffre depuis tant d’années, et être à l’initiative des changements majeurs et indispensables qui se profilent pour les décennies à venir.

  

Propos recueillis le 21/03/14

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Aurélien Sebton

Aurélien Sebton

Talence (Gironde) - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Aurélien Sebton. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

 

Aurélien Sebton : J'ai 29 ans, je suis un jeune de mon temps, prototype de la Génération Y. Je suis juriste de formation, diplômé de l'Université Bordeaux IV où j'ai étudié le droit et les sciences politiques. Depuis 2007, je travaille comme attaché de groupe politique, d'abord au Conseil régional d'Aquitaine, pour le groupe centriste, et dorénavant à la Communauté urbaine de Bordeaux, au sein du groupe Communauté d'avenir, présidé par Alain Juppé.

 

En ce qui concerne mes fonctions électives, je suis conseiller municipal de Talence (ville de 45 000 habitants, la banlieue bordelaise), en charge de la jeunesse, de la politique de la ville et de la ZUS (zone urbaine sensible, ndlr). J'ai été élu président national de l'UDI Jeunes en novembre dernier et je suis par ailleurs vice-président de l'UDI en Gironde. En parallèle, et afin de m'ouvrir au monde de l'entreprise, je passe le Master des Grandes écoles de commerce à l'ESC de Bordeaux (Kedge Business School).

 

Je suis passionné de sport, que je pratique le plus régulièrement possible. L'amitié, la fraternité occupent une place prépondérante dans mon fonctionement. Les échanges, l'ouverture aux autres et l'entraide que cela engendre sont primordiaux pour moi. Je marche à l'affect.

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

A.S. : Très jeune, j'ai voulu m'engager, monter au créneau pour défendre ce qui me semblait juste, j'ai souhaité prendre mes responsabilités, ne pas "laisser faire" par les autres. J'ai commencé dans la cause anti-raciste, l'injustice des injustices. C'était insupportable pour un jeune qui vivait quotidiennement la diversité culturelle et sociale des « ZEP ». Il n'y a aucun doute, le 21 avril 2002 a été le déclencheur de mon engagement, je me souviens encore de l'effroi, à me glacer le sang, que j'ai ressenti quand j'ai vu apparaître le nom de Jean-Marie Le Pen.

 

Par ailleurs j'ai toujours été convaincu que la défiance du citoyen pour sa classe politique venait essentiellement de l'impression d'entre-soi, voire même de népotisme que l'on retrouve dans l'organisation des partis et la distribution des mandats. Ce n'est cependant pas une fatalité et j'en fais une de mes priorités, le rôle des dirigeants des partis politiques et a fortiori des responsables des mouvements de jeunes est de inciter les uns et les autres à s'engager dans le débat public, de rappeller que le mandat d'élu ne necessite pas de qualifiaction particulière, que chaque point de vue mérite d'être entendu, que la politique, c'est l'affaire de tous... Pour reprendre une expression d'initié : les voix se comptent, elles ne se pèsent pas...

 

PdA : Vous serez candidat à Talence (Gironde) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

A.S. : Oui, je suis candidat sur la liste du maire Alain Cazabonne, pour exercer un deuxième mandat à ses côtés. Je le dis à souhait, il est pour moi un « père » en politique. J'apprends avec lui l'importance de la proximité qu'il doit y avoir entre l'élu local et ses administrés. L'expertise et la maîtrise des dossiers ne suffisent pas. La présence au-delà des murs de la mairie, l'écoute des préoccupations quotidiennes des habitants sont indispensables  Le rôle de l'élu est d'aller prendre le pouls de la population, d'aller à la rencontre de ceux qui sont les plus éloignés des institutions, souvent d'ailleurs ceux qui en ont le plus besoin. Cette mandature qui s'achève a été placé sous le signe de la solidarité. Je pense à la mixité sociale, notamment, Talence étant la seule ville de l'agglomération à imposer aux promoteurs immobiliers 25% de logement sociaux dans leurs projets, ainsi qu'une obligation d'y inclure des logements familiaux. Je pense à la construction du plus bel équipement de la ville, le « Dôme », qui accueille une médiathèque, un centre social, un centre de loisirs, la maison des droits de l'Homme... dans notre quartier politique de la ville.

 

Notre bilan, c'est aussi l'accueil des « chalets d'Emmaüs ». Je suis assez fier que nous ayons été avant-gardistes en France sur ce projet. Cela se traduit évidemment par la requalification entière du quartier de Thouars, notre ZUS. Nos services sociaux sont plus performants. Ce que l'on observe, c'est aussi l'excellence de notre politique associative et sportive, puisque nous avons été récompensés en accédant à la plus haute notation au classement « Sports pour tous » : je citerai la construction du gymnase Boris Diaw dans les quartiers nord, le développement de notre politique culturelle avec le Festival 1,2,3 Musique, l'extension du Centre Animation Jeunesse, la création de la manifestation jeunesse Code Forum, pour sensibiliser sur les discriminations, la création d'une pépinière d'entreprises, de la crèche dans le nouveau quartier Renaissance, etc... En somme, nous pouvons être fiers du bilan de notre équipe.

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

   

A.S. : En ces temps difficiles pour les Français, nous ferons de la solidarité la priorité de ce mandat. Nous allons continuer à nous battre pour réouverture de la gare de la Médoquine et, à la différence du bus proposé par l'opposition socialiste, avec Alain Juppé, nous réaliserons un tramway desservant le campus et le quartier de Thouars, si les électeurs nous donne la majorité à la C.U.B. (Communauté urbaine de Bordeaux, ndlr). Nous construirons une nouvelle école de musique, avec un des plus grands auditoriums de l'agglomération, pour continuer nos efforts afin de faciliter l'accession à la culture pour tous. Nous lancerons le chantier du stationnement pour faciliter les déplacements des riverains encombrés par les voitures-ventouses, du fait du succès du tramway. Nous continuerons nos efforts pour l'environnement, en nous battant pour que le PLU nous permette de diminuer la hauteur des constructions, pour protéger nos espaces verts et de nouveaux espaces de respiration verte. Nous achèverons la construction de l'école Georges Lasserre. Nous réaliserons tous ces projets en contrôlant les finances de la ville et en nous assurant de ne pas aloudir la pression fiscale subie par les Talençais, déjà trop lourdement taxés par le gouvernement de François Hollande.

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres ? 

  

A.S. : Je les sens bien, mais rien n'est jamais gagné d'avance ! Nous avons un bilan qui nous rend fier, tant en ce qui concerne la gestion de la ville que sur notre présence au quotidien, à l'écoute des Talençais. Et franchement, je pense que les Talençais réalisent la chance qu'ils ont d'avoir un maire d'un humanisme rare, et dont le dévouement pour sa ville et ses habitants n'est plus à démontrer. Enfin, même si ce n'est pas le principal, et que je ne peux m'en réjouir, c'est la première fois que les Français auront l'occasion de juger l'action de François Hollande et de son gouvernement. La réaction des Français risque d'être cinglante pour le socialistes. Hélas, je crains, comme tous, la tentation pour les extrêmes. Je note tout de même sur le terrain que l'union du centre UDI-MoDem, allié sans ambiguïté avec la droite républicaine, est un signal d'unité bien perçu par les électeurs.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

A.S. : Toutes ces « affaires » me font enrager, ce sont d'énièmes coups de canif portés à la démocratie. Certains jouent scandaleusement les intrigants, comme si nous étions dans une serie américaine avec Kevin Spacey. Sauf qu'à la fin, la seule gagnante sera Marine Le Pen. Enfin, évidemment, je tiens à féliciter tous les jeunes UDI, qui ont été candidats par centaines dans toute la France, et tous ceux qui ont fait camapgne pour défendre nos valeurs. Alors, à tous « merde » pour dimanche !

  

Propos recueillis le 21/03/14

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Merci à toutes et à tous...

Au 21 mars, 24 réponses dont :

6 UMP (25%), 6 PS (25%), 4 FN (17%), 4 UDI (17%), 1 FG (4%), 1 EELV (4%), 1 MoDem (4%), 1 sans étiquette (4%)...

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27 mai 2013

Hollande : l'an 1 vu par de jeunes citoyens

Le 15 mai 2012, François Hollande devient le vingt-quatrième président de la République française. Porté par dix-huit millions d'électeurs neuf jours plus tôt, il accède à la plus haute charge de l'État, il sait qu'elle sera particulièrement lourde en ces temps assombris par les crises... C'était il y a un an. Un an... C'est peu, pour porter des jugements fermes sur ce qui restera d'un quinquennat. Suffisant pour apprécier d'un regard averti l'opportunité des décisions prises, des orientations suivies, et ce qu'elles augurent pour la suite. La confiance, peut-être la mère de toutes les crises lorsqu'elle n'est plus. Celle qu'accordent les Français au locataire de l'Élysée atteint des plus bas historiques : son taux d'approbation est désormais inférieur au score qu'il réalisa au premier tour de la présidentielle.

 

Le 14 mai 2013, j'ai souhaité inviter de jeunes citoyens engagés dans le débat public à s'exprimer à l'occasion de ce premier anniversaire. Les jeunes... Ils étaient la cible des attentions les plus appuyées du candidat Hollande durant la campagne. Une jeunesse qui n'a rien d'uniforme. Je suis heureux d'avoir pu recueillir pour le présent document l'expression d'opinions qui témoignent de cette diversité - c'était le but ! -. Je leur exprime ce soir ma reconnaissance. À l'heure où je rédige ce texte, le 27 mai, ils sont dix, leurs retours étant classés par ordre chronologique. D'autres suivront, bientôt. J'aimerais vous convier, toutes et tous, et notamment celles et ceux qui m'ont fait l'honneur de m'accorder de leur temps, à la lecture de ce que les uns et les autres ont pu écrire. Répondez aux questions, si vous ne l'avez déjà fait. Interpellez, communiquez, échangez... Les commentaires sont ouverts pour cela. Que ces échanges soient courtois, respectueux, tout le monde y gagnera. Merci encore, pour tout et de tout coeur. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer.  EXCLU

 

 

UNE EXCLUSIVITÉ PAROLES D'ACTU

HOLLANDE

L'an 1 vu par de jeunes citoyens

 

Hollande

(Photo : AFP)

 

 

 

Aurélien S.

"Rendre des comptes à ceux qui ont fait la victoire"

14.05

 

Bonjour Aurélien S... François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

J'ai la chance (cela évite la schizophrénie que certains doivent éprouver, au PS par exemple) de me retrouver presque intégralement dans les analyses et prises de position des dirigeants du Parti de Gauche. (...) Il faudrait revenir pêle-mêle sur les grands renoncements de la première année, sur le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, ndlr) et le MES (Mécanisme européen de stabilité, ndlr), l'ANI (Accord national interprofessionnel, ndlr), la réforme des universités, la continuité Guéant-Valls, l'abandon de la loi sur les licenciements boursiers, l'abandon de Florange, Pétroplus, Sanofi, les privatisations partielles, le crédit d'impôt de 20 milliards, la volte-face sur l'amnistie sociale, l'incapacité à défendre même les eurobonds (qui ne me satisfont pas réellement mais qui figuraient dans le programme de François Hollande), l'odieuse réforme des retraites en préparation, la grotesque loi de séparation bancaire dont s'est gaussé Frédéric Oudéa (le P.-D.G. de la Société générale, ndlr) en audition devant les parlementaires, la loi d'orientation scolaire et la réforme des rythmes qui met en danger l'égalité entre les usagers (élèves) selon les moyens de leur commune, la guerre au Mali décidée comme un petit monarque sans consulter la représentation nationale (il n'était pourtant pas difficile d'au moins associer à la décision les présidents de groupes des deux chambres ainsi que les présidents des commissions Défense)...

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Les premiers éléments sont dans le programme : l'Humain d'abord. En finir avec la précarité en titularisant les agents de la fonction publique qui multiplient les contrats atypiques (le coût serait d'ailleurs dérisoire puisque ces agents travaillent déjà), plafonner ces contrats dans les entreprises, de même les stages qui fournissent une main d'œuvre à très bas coût et qui sont quasiment des "délocalisations intérieures". Augmenter le SMIC, taxer réellement le capital, instaurer le salaire et le revenu maximums, poser des conditions sociales et écologiques aux subventions de l'État et des collectivités, lutter sérieusement contre les conflits d'intérêts (Le rapport Sauvé, commandé en 2011 par Nicolas Sarkozy, était limité mais bien plus intéressant et sérieux que le rapport Jospin... Il fut enterré par l'UMP et Nicolas Sarkozy lui-même, très doué pour les effets d'annonce, commander des rapports et les oublier : pensez au rapport Stiglitz de 2007-2008), faire cesser l'austérité en Europe qui étrangle littéralement les peuples (voyez les dernières études sur les suicides et la santé dans ces pays, lisez ceci), fait monter la xénophobie et met en péril le sens même du projet européen, l'amitié entre les peuples et non l'entente entre les banques ; pour cela il faut changer les statuts de la BCE ou, à défaut, y désobéir...

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?

 

Il n'y a pas véritablement de message à envoyer au président : ce sont plutôt des revendications. Bien sûr, c'est lui qui a été élu, et pas Jean Luc Mélenchon, mais il n'applique même pas son propre programme ! En outre, l'argument du "vote utile", tellement utilisé pendant la présidentielle qu'il semble que près d'un tiers de l'électorat de François Hollande ait songé voter pour Jean Luc Mélenchon (ce qui l'aurait mis en deuxième position devant François Hollande Marine Le Pen quatrième), a une contrepartie qu'il ne peut ignorer : les électeurs ont pris une "assurance gauche" sur le FN. Ils n'ont pas voté pour le programme de François Hollande stricto sensu, c'est le PS lui-même qui a donné ce sens au vote, il est d'autant plus normal de rendre des comptes à ceux qui ont fait la victoire.

 

 

 

Jonas Haddad

Secrétaire national de l'UMP en charge de l'entrepreneuriat des jeunes.

Délégué national des Jeunes populaires.

 

Jonas Haddad

 

"Les clés du redressement : l'entrepreneuriat... et une jeunesse ambitieuse"

15.05

 

Bonjour Jonas Haddad. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Je suis ravi de revenir dans Paroles d'Actu (deux contributions jusqu'ici, en août et en septembre 2012, ndlr). Depuis notre dernier entretien, l'UMP va mieux et s'organise pour préparer la reconquête.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Certes, 20%, en temps c'est peu, mais quand les 20% provoquent un record d'impopularité dans lequel le président dépasse péniblement les 20%, 20% c'est beaucoup.

 

D'abord en Europe. Je reviens d'un séminaire de jeunes européens dans lequel tous les pays, sans exception, ont la nostalgie d'une France qui prenait des initiatives et qui était respectée en Europe. Ce qui étonne, c'est que François Hollande ne semble pas trouver sa place et laisse se développer deux lignes totalement contradictoires, entre un Premier Ministre qui regarde l'Allemagne avec les yeux de Chimène et un Parti Socialiste qui tape en permanence sur Angela Merkel.

 

En France, comment exprimer autrement l'anniversaire de l'accession au pouvoir de Hollande que par le mot Échec.

Échec social : il promettait de rassembler les Français, la tension sociale est à son comble. Le mariage pour les couples de même sexe et l'adoption ont divisé les Français.

Échec moral : il promettait une république exemplaire, la Gauche a chuté avec les affaires Cahuzac et Augier.

Échec économique : les investisseurs et les entrepreneurs ne croient plus dans l'économie française. Les plans sociaux se succèdent. Le chômage a atteint son record historique.

Échec sur la politique jeunesse : celui qui s'est autoproclamé Président de la jeunesse a profondément déçu.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Pour arriver à redresser notre pays, il faut de suite cesser de décourager les forces vives de notre pays. Je le dis dans toutes les réunions que j'anime, il faut investir massivement dans notre jeunesse et pour nous entrepreneurs. Cessons de nous demander comment se partager un gâteau de la croissance qui rétrécit tous les jours. Si tous les jeunes perdent l'ambition collective de la France, si tous les entrepreneurs décident de fermer leur société ou d'exercer leur talent ailleurs, aucun redressement ne sera possible.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?

 

Au-delà des clivages partisans, le plus important, c'est l'avenir du pays. Il n'est pas trop tard pour que le déclin de la France soit évité. Cela appelle un revirement complet dans la politique pratiquée, et surtout une ligne politique claire, compréhensible par les Français qui sont épuisés par les violences et le chômage.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Si cet entretien vous a plu, passez du constat à l'action, et engagez-vous !

 

Suivez Jonas Haddad sur son site web, sur Twitter...

 

 

 

Adrien Grosjean

Membre du Bureau National du Front National de la Jeunesse.

 

Adrien Grosjean

 

"Que les Députés soient élus à la proportionnelle"

21.05

 

Bonjour Adrien Grosjean. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ? 

  

Je suis étudiant, j’ai 22 ans. Depuis 6 ans, je milite au FN, dont j’ai déjà porté les couleurs dans 3 élections. Je suis de droite, résolument et, à l’instar de Marion MARÉCHAL LE PEN, je soutiens une ligne de rassemblement ouverte à tous les patriotes, car pour réussir une grande action nationale, il faut une grande majorité déterminée, qui adhère et soutienne activement, durablement. 

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

  

François HOLLANDE ne serait-il pas plutôt le représentant du Monde et de l’Europe en France ? N’est-ce pas plus  vraisemblable dans cet ordre ? Comme disaient les anciens, le Diable est dans le confessionnal. Je crois que, d’instinct et d’expérience, une majorité de Français ont assimilé désormais à quel point on les avait baladés avec l’utopie fédéraliste. Jean-Marie LE PEN décrivait naguère l’Union Soviétique comme une « gigantesque usine à fabriquer des mégots ». On voit vers quelle même pente fatale nous poussent les dévots de la monnaie unique et autres liquidateurs de souveraineté. La crise financière de 2008 n’est pas la cause, mais un révélateur et un accélérateur. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, le rendez-vous avec la récession était inscrit dans le traité de Maastricht, déjà.

 

Quand vous dites qu’HOLLANDE est à 20% de son parcours, comme s’il sortait de son oeuf, c’est oublier qu’il est d’abord un simple maillon de la chaîne du déclin, activement ou passivement lié à toutes les décisions prises ces 30 dernières années. L’UMPS, ça n’est pas un slogan de campagne, c’est le sigle du système de partage du pouvoir qui a permis, par exemple, d’imposer le traité de Lisbonne malgré la victoire du Non au référendum de 2005. Ils sont tous interchangeables. Sarkozy était meilleur acteur, mais au final, le logiciel ne change pas. 

  

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Je préconise une mesure forte et préalable à toutes les autres : que les Députés soient élus au scrutin proportionnel, car si la volonté populaire s’exprime sans être contrariée ni « redressée », alors il sera possible de traiter les vrais enjeux. Dans le carcan légal actuel, les dés sont pipés, les cartes truquées, et les deux principaux joueurs des tricheurs en bande organisée. Chacun constate l’état d’anxiété et de nervosité du pays. Si l'on veut éviter les désordres sociaux et leurs conséquences, il serait bon d’anticiper en s’interdisant désormais de bricoler des majorités de papier.

 

Avec une Assemblée Nationale conforme aux suffrages exprimés, Marine Le Pen présiderait en ce moment même un groupe d’une centaine de députés qui ne laisseraient surement pas détruire notre modèle social, ni rançonner les Français pour le sauvetage de la monnaie toxique. On a oublié que le profit, c’est quelques uns, alors que la prospérité, c’est tout le monde. Là où j’habite, à Cannes, la visibilité médiatique saisonnière masque une réalité qui alimente trop souvent les faits divers et non les pages spectacle. 

  

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Je lui suggère qu’à l’occasion d’un prochain voyage en Chine, il s’applique à y passer plus de 32 heures ! C’est périlleux de se contenter de voir les réalités depuis sa fenêtre. Et qu’il n’hésite pas non plus à se servir du frein et de la marche arrière quand les évidences d’échec s’accumulent. Cela dit, je ne crois pas une seconde à une quelconque rédemption. Il y a des disciplines dans lesquelles François HOLLANDE n’aurait jamais creusé l’écart : la médecine d’urgence, la lutte contre les incendies… 

 

Quelque chose à ajouter ? Merci ! 

 

Nous, les militants, feront tout pour qu’à l’occasion des deux scrutins de mars et juin 2014, Municipales et Européennes, les Français réagissent en état de légitime défense et votent bleu marine.

 

Suivez Adrien Grosjean sur son site web, sur Twitter...

 

 

 

Alexandre Charpy

Animateur Fédéral des Jeunes Socialistes Lotois.

 

Alexandre Charpy

  

"Pour une Europe plus forte, plus proche des citoyens"

21.05

 

Bonjour Alexandre Charpy. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

Je pense que chacun est libre de se faire une opinion, mais il serait hâtif de se faire une idée de ce que j’ai dit avant de l’avoir lu. 

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ? 

  

Bien sûr, dresser un bilan au bout d’un an, c’est un peu rapide, le mandat dure cinq ans. Il n’y a pas si longtemps encore, c’était sept ans. Il faut faire attention à ne pas aller trop vite. Même si la France est en crise, il faut prendre le temps de mener des réformes efficaces, et pertinentes. Les orientations politiques, on s’y attendait, il y a des réformes économiques, et des réformes sociales. L’opposition parle sans cesse des priorités, comme la lutte comme le chômage. C’est important, certes, mais il faut faire attention au terme de “priorités”. Les réformes sociales sont également importantes, d’ailleurs François Hollande a aussi été élu pour cela ! C’est un socialiste, il lance donc, logiquement, de grandes réformes, telles que le mariage pour tous, ou encore le travail sur la moralisation de la vie politique, le suicide assisté, sur lequel le débat parlementaire devrait bientôt commencer. N’oublions pas, non plus, qu’un pays qui fonctionne, c’est un pays où règne la confiance, l’optimisme. Ces sentiments viennent en partie avec les réformes sociales, puisqu’elles visent à gommer les inégalités. Avec de la confiance, l’économie fonctionne mieux, il faut donc arrêter avec ce terme de “priorités”. 

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Je ne peux pas dire, personne ne peut le dire, que je suis satisfait de la situation économique aujourd’hui en France. Le pays est en crise, les plus riches n’ont jamais été aussi riches et les plus pauvres n’ont jamais été aussi pauvres. Tant d’inégalités qu’il faudra gommer. Ces inégalités, elles ne pourront pas uniquement être réduites au niveau de la France, car nous sommes un pays européen, et nous ne définissons pas seuls notre politique économique.

 

Ainsi, si je devais appeler de mes vœux une action en particulier, ce serait entamer un grand travail au niveau de l’Union européenne, notamment avec l’Allemagne, mais sans la laisser nous imposer son dogme de l’austérité, et du libéralisme. L’Europe est un outil formidable, mais que les États n’utilisent que trop peu. Nous pourrions travailler à la lutte contre la concurrence déloyale de l’industrie des pays d’Asie orientale, ou encore de l’agriculture d’Amérique du Sud, et c’est un chantier que je souhaite de tout cœur. Cela permettra également de donner de l’importance à l’Europe, la rapprocher des citoyens, mais c’est un autre enjeu.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Un message de confiance. Il n’a pas reculé sur la réforme du mariage pour tous, et beaucoup d’engagements ont été tenus, en une seule année. Je trouve cependant dommage que les mesures prises n’aient pas été suffisamment mises en avant. Le gouvernement agit, avec notamment les emplois d’avenir, ou les contrats de génération, mais les medias n’en parlent pas, et les citoyens désespèrent. Le gouvernement avance, dans la direction qu’il avait indiquée, d’où la confiance que je lui accorde. 

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Une dernière remarque oui. Notre combat, en tant que Jeunes socialistes, ce n’est pas seulement le débat national, ce sont aussi des enjeux locaux, notamment dans le Lot, le département dans lequel je milite. La gauche s’est aussi battue pour que nos collectivités territoriales puissent impulser des activités économiques, une action sociale, ... Les collectivités agissent aussi, elles jouent un rôle dans la résolution de la crise, un rôle non-négligeable. Nous fournissons un travail considérable, à notre petit échelon, pour faire connaitre cette activité, car elle joue un rôle déterminant dans la vie de tous les jours des citoyens, et c’est quelque chose que l’on oublie trop facilement à mon goût.

 

Suivez Alexandre Charpy sur le site web du MJS 45, sur Twitter...

 

 

 

Fanny Siouville

Ancienne Secrétaire générale des Jeunes Démocrates.

 

Fanny Siouville

  

"La France doit retrouver son rang de pionnière"

21.05

 

Bonjour Fanny Siouville. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ? 

   

Bonjour. Citoyenne consciente de vivre dans un monde en pleine mutation économique, sociale et politique, j’observe et agis dans cette société qui de plus en plus, perd confiance en ses institutions et en ses représentants politiques. Au Modem depuis 2007, je m’emploie du mieux possible à porter les exigences de mon mouvement auprès des citoyens à travers deux formes d’action : le militantisme de terrain et le laboratoire d’idées. Ancienne Secrétaire générale des Jeunes Démocrates, j’ai eu l’occasion de faire un tour de France des régions et le malaise est palpable. Nos convictions sont à bout de souffle. Quand bien-même ce malaise social serait nécessaire en vue d'un bien économique futur, plus personne ne semble y croire vraiment. La constance du Modem et sa combativité viennent de sa capacité d’être force de propositions « démocratiques ». 

   

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?  

  

D’abord, je crois que les orientations décidées par François Hollande marquent un changement de ton sur l'Europe. Elles inscrivent résolument l'avenir de la France dans une intégration européenne. Créer un gouvernement économique de la zone euro est un premier pas vers, je l’espère, une union politique de l’Europe. En tant qu’ancien disciple de Jacques Delors, j’attends plus d’audace de la part de François Hollande sur la question européenne. La France doit devenir comme il l’a suggéré, un "trait d'union" entre le nord et le sud de l'Europe. Nous aurions de cette façon un fédéralisme réunissant les pays latins ET l'Europe germanique et non plus une union-tampon subie, forcément critiquée. Nous avons besoin d’un président qui responsabilise notre pays au sein de l’Europe, identifie une mission qu’un citoyen français fasse sienne. Notre pays doit devenir, autant que l’Allemagne, l’interlocuteur de Madrid et de Rome. Je trouve encourageant de s'engager sur la lutte contre le chômage des jeunes, de créer une Europe de l'énergie, de fonder une stratégie d'investissements commune... mais le président doit concrétiser ses mesures, en particulier sa lutte contre le chômage, dans l’urgence. N’oublions pas qu’il a été le candidat qui a promis que « [n]otre génération vivra mieux que celle de [n]os parents ».

 

Du point de vue international, il faut saisir les opportunités en travaillant de concert, entre institutions publiques et privées pour encourager et guider les entreprises françaises dans leurs investissements à l’étranger. On pense à la Chine par exemple. Le gouvernement ne doit pas se fermer aux stratégies d’investissement proposées par les Chinois en France. A nous d’assurer qu'ils respectent les réglementations locales et qu’ils comprennent les avantages comparatifs du marché français. Les Américains ne veulent plus investir en France suite à la loi de finances 2013. Opaque et peu engageante, elle freine les investissements étrangers alors même que nos dirigeants cherchent des solutions pour contribuer à la croissance.
L'économie française doit s’incarner dans une coopération "gagnant-gagnant". Aussi, nous devons retenir nos nouveaux entrepreneurs et ne pas les laisser filer à Londres. Les entreprises en recherche de fonds vont tenter de lever de l'argent hors de France. On les comprend. Ces « réflexes » sont symptomatiques de lourdes défaillances infrastructurelles et organisationnelles en matière de “diplomatie économique”, parce que nos PME sont insuffisamment considérées. 
L’emploi, la compétitivité, l’innovation, la performance, l’Europe sont les tremplins de la France pour sortir la tête hors de l’eau. Dans l’esprit de beaucoup de Français, et en particulier dans la conjoncture de crise économique que nous connaissons, l’Europe est parfois vue comme un fardeau, alors qu’elle est un véritable levier de croissance. 
 

  

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?  

   

Quel est le constat ? Avec un déficit budgétaire à 5 % (rapporté au PIB, ndlr), un commerce extérieur en plein effondrement, des collectivités publiques complexes, coûteuses et à l'efficacité jugée toute relative par les Français, un taux de chômage qui devrait atteindre 10,9% fin 2013 selon l’OCDE, le constat est plus qu’alarmant. Il faut évidemment envisager des actions d’envergure, mais de long terme. Le chômage par exemple, est à l’évidence un dossier prioritaire, mais on ne lutte pas contre Goliath avec des mesurettes décidées dans l’urgence. Le travail ne se décrète pas. Quant aux méthodes utilisées par la droite et la gauche, elles ont échoué, mais on les renouvelle sans arrêt : baisse des charges sans embauches, contrats aidés avec effet rapide sur le chômage mais une influence sur le secteur marchand beaucoup plus aléatoire. J’en veux pour preuve ce que les économistes prévoient que pour l’année 2013-2014, sur les 150 000 contrats prévus, il n’y aura en réalité que 107 300 emplois nouveaux. Huit mois après la fin de leur emploi aidé dans le secteur non marchand, 70 % des jeunes sont au chômage. Finalement le grand absent du dispositif, c’est la formation, alors qu’il est facile de comprendre que seul l’accès à une formation qualifiante est indispensable pour permettre aux jeunes d’accéder à l’emploi pérenne. L’apprentissage des langues étrangères est un passeport pour cartonner à l'export !

 

De la même manière, c’est de l’innovation que dépend notre avenir. Regardez la Chine. L’avance de la Chine en matière culturelle semble naturellement la prédisposer à innover dans tous les autres secteurs. Cette culture millénaire a su résister à toutes les influences extérieures, assimilant les apports extérieurs dans le respect de ses traditions. Après la poudre à canon, il se pourrait bien qu’elle nous donne des leçons en matière de respect de l’environnement. Qui sait ? La France doit retrouver son rang de pionnière. En matière d’énergie, par exemple. 

  

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?  

 

Un message de confiance. Il n’a pas reculé sur la réforme du mariage pour tous, et beaucoup d’engagements ont été tenus, en une seule année. Je trouve cependant dommage que les mesures prises n’aient pas été suffisamment mises en avant. Le gouvernement agit, avec notamment les emplois d’avenir, ou les contrats de génération, mais les medias n’en parlent pas, et les citoyens désespèrent. Le gouvernement avance, dans la direction qu’il avait indiquée, d’où la confiance que je lui accorde.  

 

Quelque chose à ajouter ? Merci ! 

  

Il est impératif de réconcilier les Français avec leur système politique. Inquiets, désabusés, le contexte de défiance à l’égard de nos élus se manifestera par un abstentionnisme record et une poussée réactionnaire vers les extrêmes en 2014. La manière dont les gouvernants conçoivent leur statut, leur mission, leur apport et l’héritage qu’ils laissent sur la scène politique marquent la mémoire collective. François Hollande et ses successeurs auraient tout intérêt à impliquer les citoyens et les organisations de la société civile dans l’élaboration et l’application des politiques publiques.

 

 

 

Rami Zouaoui

Coordinateur National des Jeunes UDI.

 

Rami Zouaoui

  

"Monsieur le Président, l'action, c'est maintenant !"

21.05

 

Bonjour Rami Zouaoui. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

Je suis le coordinateur national des jeunes UDI. Passionné par la politique depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours souhaité m’engager dans la vie de la collectivité. J’ai commencé par m’impliquer dans le domaine associatif en tant que président de l’association Culture d’Or, association dont l’objet est de promouvoir la culture dans les quartiers populaires à Paris. Je suis également un grand sportif, passionné d’athlétisme et de football. Aujourd’hui, ce qui m’anime, c’est la volonté et la détermination de faire de mon parti, l’UDI, Union des Démocrates et Indépendants, le parti du 21ème siècle. J’œuvre ainsi au quotidien pour faire de l’UDI Jeunes la première force de proposition et de jeunesse de France. Et à travers ma démarche, je souhaite porter un projet moderne et défendre une nouvelle approche de la politique en donnant davantage la parole aux jeunes.

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ? 

  

Comme la plupart des Français, je ne trouve pas François Hollande convaincant. Un an après sa prise de fonction, le constat est particulièrement amer pour les Français. Les chiffres catastrophiques récemment publiés viennent s’ajouter à l’accumulation des mensonges dont François Hollande et son gouvernement ont fait leur crédo depuis un an. À force de mensonges et de reniements, le président de la République et son gouvernement se sont éloignés des Français. Ce qui se passe depuis un an est particulièrement grave. J’ai le sentiment que le pays est gouverné par une bande d’amateurs. Tous les voyants sont au rouge. La première année de son quinquennat est un échec cuisant pour la France, dans tous les domaines : chômage, dette, pouvoir d'achat, sécurité… Alors que le contexte exige du président plus de réactivité, plus de détermination et une plus grande capacité à fédérer les Français. Aujourd’hui, j’ai surtout le sentiment que François Hollande divise plus qu’il ne rassemble les Français, décourage les entrepreneurs et fait fuir les jeunes. Je constate également que, depuis que François Hollande est président de la République, la France a perdu de son influence en Europe et dans le monde, et ce constat a ses raisons. Faute d’un message politique clair, aussi bien en Europe que dans le monde, François Hollande peine à s’imposer sur la scène internationale, contrairement à son prédécesseur, qui lui était identifié. Le plus grand reproche que l’on puisse faire à François Hollande après sa première année à la tête du pays, c’est de manquer de courage et de détermination, espérons maintenant que l’an II de son quinquennat soit celui du vrai changement.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Au-delà de toute caricature, force est de constater que la "boîte à outils" du président de la République n’est pas adaptée pour redresser le pays, c’est pourquoi je pense que le président doit clairement changer de politique et modifier son approche de la crise, en prenant davantage en compte la réalité du pays. Après, je veux bien croire que des mesures ont été engagées, notamment pour lutter contre le chômage, et que le gouvernement agit en faveur de la croissance et de l’emploi, mais aujourd’hui l’heure est à l’urgence, c’est pourquoi, je pense qu’au regard de l’ampleur de la situation, un projet d’union nationale s’impose. Je rajouterai que la compétitivité est la première exigence économique et sociale. Il n'existe pas d'autre possibilité pour financer notre modèle de société que de permettre à nos entreprises de croître et prospérer. Il est urgent de restaurer un système pérenne de solidarité et de réhabiliter le principe de responsabilité. La première des solidarités, c'est l'emploi, qui donne à la personne la dignité et l'autonomie. C'est pourquoi la compétitivité est le problème premier que la France doit résoudre. Notons également que nous sommes entrés dans un nouveau monde, marqué par de nouvelles perspectives de croissance et par une révolution numérique, mais aussi par des inégalités de développement, par les crises financière et environnementale et par un retournement économique majeur. L'avenir de la France dans cette mondialisation dépend en grande partie de l'Europe. Seule l'Europe peut mobiliser suffisamment de leviers d'innovation et de créativité dans le jeu des grandes puissances pour répondre aux défis du nouveau siècle.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

M. le Président de la République,

Les jeunes étaient au cœur de votre projet lors de la campagne présidentielle en 2012. Un an après votre élection, le constat est particulièrement alarmant, notamment pour les jeunes qui subissent de plein fouet les effets de la crise.

Vous aviez pris l’engagement d'inverser la courbe du chômage avant la fin 2013, il vous revient maintenant la délicate tâche de joindre le geste à la parole.

Monsieur le Président, en un mot, l’action, c’est maintenant !

 

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Julien Rochedy

Président du Front National de la Jeunesse.

 

Julien Rochedy

 

"Mon message au président ? Qu'il croie à la France !"

22.05

 

Bonjour Julien Rochedy. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

Me concernant personnellement ? Que même si je suis au FN, je ne mange pas d’enfants et je n’ai jamais torturé de petits chats. Plus sérieusement, je suis diplômé d’un Master de Relations Internationales, j’ai déjà écrit plusieurs livres mais n’en ai pour l’instant publié qu’un seul. Je suis engagé au Front National depuis 2006 et je suis un jeune bien ancré dans son temps, mais soucieux de l’amender pour notre salut.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ? 

  

Ce sont les mêmes orientations qui ont guidé notre pays vers la catastrophe que nous connaissons. Il veut plus d’intégration européenne, ce qui signifie moins de souveraineté pour la France et plus de soumission à des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Il continue une politique d’immigration qui se révèle tous les jours dramatique. Il ne prend pas les mesures nécessaires pour endiguer l’insécurité qui frappe de plein fouet beaucoup de Français, parmi les plus fragiles. Enfin, il ne cherche pas d’autres modèles économiques en refusant le protectionnisme et la relance, seuls expédients qui pourraient nous faire retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi. 

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

J’aimerais que Hollande change son fusil d’épaule ! En tant que Président de la République, il doit rendre le pouvoir aux Français, en l’arrachant s’il le faut à la commission européenne et aux marchés financiers. Il doit cesser l’immigration au plus vite car nous n’avons plus les moyens d’accueillir chaque année 200.000 personnes, sans parler des clandestins. Il doit protéger notre économie et la relancer afin qu’elle ne sombre pas dans la récession, comme c’est le cas aujourd’hui. Je demande qu’il ait du courage et de la lucidité, qu’il ne reste pas dans les poncifs mondialistes, européistes et ultralibéraux qui ont fait tant de mal à notre pays.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Qu’il faut croire à la France ! Si notre pays se dote d’une vision et de grands projets pour l’avenir, nous avons encore le potentiel de jouer dans la cour des grands. Nous avons le second espace maritime mondial, et peut-être le plus riche, or nous ne l’exploitons pas. Nous avons des qualités immenses dans la recherche et dans l’énergie. Nous avons un savoir-faire incomparable dans notre industrie, pour peu qu’on l’aide. Nous avons enfin une position internationale qui nous permet de nous faire entendre. Alors bon sang, qu’il croie à la France ! 

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Le déclin généralisé que connaît la France vient des décisions politiques qui ont été prises de concert par l’UMP et le PS depuis des années. On ne soigne pas le mal avec le mal. Il faut donc changer de politique, et la seule alternative s’appelle Marine Le Pen et le Front National.

 

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Jade Dousselin

Secrétaire nationale du MJS à la Riposte contre l'extrême droite.

 

Jade Jousselin

  

"Que François Hollande aille jusqu'au bout"

22.05

 

Bonjour Jade Dousselin. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Bonjour, je m'appelle Jade Dousselin, j'ai 23 ans. Je viens de terminer mes études de droit et prépare en ce moment l'examen d'entrée à l'école du barreau. J'ai rejoint les jeunes socialistes en 2009 durant la campagne des élections européennes. À l'issue de cette élection, je suis devenue responsable du MJS de la Vienne pendant deux ans. En 2012, je me suis engagée dans la campagne de François Hollande où je me suis chargée pour les jeunes de la riposte au Front National. Aujourd'hui, je suis secrétaire nationale du MJS à la Riposte contre l'extrême droite.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ? 

  

Je crois que ce que l'on peut retenir dans un premier temps sur la politique interne, ce sont les réformes réalisées. Je pense évidemment à la loi pour le mariage et l’adoption pour tous, qui est une avancée sociétale majeure. Mais cette réforme majeure ne doit pas faire oublier l'ensemble des réformes adoptées depuis le début de son mandat par François Hollande et qui visent à changer le quotidien des jeunes. Je pense notamment aux contrats de génération, à l’encadrement des loyers, à la mise en place de la réforme fiscale, à la réforme des rythmes scolaires, à la mise en place d’un remboursement de l’IVG à 100 %. D'autre part, plusieurs lois importantes sont encore en discussion, comme la loi Peillon sur l'avenir de l'école ou la loi Fioraso sur l'enseignement supérieur et la recherche. Ces chantiers marquent la volonté de faire de la jeunesse une priorité et de se fixer comme objectif que les jeunes de 2017 vivent mieux que ceux de 2012. Toutes ces réformes sont des avancées et des progrès sociaux et sociétaux que nous attendions depuis bien trop de temps.

 

Je crois que ce qui a surtout changé dans la manière de gouverner, c’est le respect des institutions de la République et la place laissée aux contre-pouvoirs dans notre pays. La place du Premier ministre, celle du parlement ont été revalorisées. L’indépendance de la justice, la liberté de la presse ont été respectées, ce qui a permis de faire le jour sur l'ensemble des problèmes de notre société. Le rôle des syndicats, mais plus généralement des corps intermédiaires, stigmatisés lors de la campagne par Nicolas Sarkozy, ont été réaffirmés. Cette participation est salutaire, elle marque une volonté de réconciliation et d'unité pour affronter la crise. C’est un vrai renouveau dans l’exercice de l’État, et c’est capital.

 

Enfin, au niveau international, il est clair que la place de la France a été revalorisée. François Hollande a eu la capacité en quelques mois de remettre la France au rang des plus grandes nations et de renouer avec ses valeurs. Là où Nicolas Sarkozy portait à travers le monde une parole quasi-impérialiste, (je pense notamment au discours prononcé à Dakar), le président de la République a renoué avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’Homme. En Europe, il a su imposer le pacte de croissance face à la droite européenne portée par Merkel, il est aujourd’hui à l’origine de la réorientation de l’Europe et a su s’imposer en leader de la gauche européenne. Il est aussi celui qui a su prendre la mesure de l’impact des révolutions arabes, des enjeux dans cette partie du monde et la nécessité absolue de créer des liens par-delà les rives de la Méditerranée.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Le redressement de la France, qu’est ce que cela signifie ? Je crois que la question est plus large. La question du redressement, c’est surtout celle de la relance économique, de la lutte contre le chômage, du réinvestissement massif dans les services publics, dans l'industrie et l’innovation. Les grandes réformes sont en cours et il faut poursuivre dans ce sens. Il faut adapter le plan de relance à l’échelle européenne, poursuivre et aller plus loin dans la réforme fiscale pour mettre à mal la reproduction sociale, casser le système de rentes, d’héritage économique et social en agissant sur les droits de successions, et en s'assurant que le capital est davantage taxé que le travail.

 

Il faut investir dans la jeunesse de France. Je suis favorable à la création d'une allocation d’études sur critères sociaux pour permettre à tous les jeunes d'étudier. Je souhaite que chaque jeune en France, mais aussi en Europe, ait une solution qui lui soit offerte : une formation professionnelle, un apprentissage, un programme d'étude, d'échange, ou un emploi. François Hollande en a fait sa priorité, et elle doit le rester tout le long du quinquennat. Par ailleurs, je pense qu'aucun État ne peut prétendre au redressement de son pays s’il refuse de miser sur l’avenir, sa jeunesse.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

La meilleure chose que je pourrais dire à François Hollande, c'est que, tant qu'il appliquera son programme, nous serons derrière lui, nous le soutiendrons et ne le lâcherons pas. Cependant, nous sommes aussi, parce que nous avons contribué à son élection, garants du programme et nous souhaitons qu'il aille jusqu'au bout. Il ne doit pas se perdre dans l’exercice de l’État et oublier ceux qui ont voté pour lui, ceux qui se sont battus au quotidien pour permettre à la gauche de revenir au pouvoir après 10 ans d’une droite décomplexée. Nous savons que le contexte est extrêmement difficile, que la droite a laissé aux mains des socialistes un pays écorché, divisé, dont les valeurs ont été fourvoyées. Nous arrivons aussi dans un contexte de crise économique extrêmement violente, qui attaque notre économie et fragilise l’Europe. Mais nous n’en serons pas moins exigeants. C’est la force de la gauche et de la jeunesse, la volonté, la combativité et surtout l’exigence.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

J'ai plusieurs messages à adresser à ces jeunes qui vivent aujourd'hui en France et qui ne s'intéressent que peu ou pas à la politique. Tout d’abord, je voudrais lancer un appel à la mobilisation. Je me souviens avoir été méfiante vis-à-vis des femmes et des hommes politiques, d'avoir pu considérer qu'ils en faisaient pour certains trop, pour d'autres pas assez. La meilleure des choses pour exprimer son point de vue, pour s'assurer que notre avenir sera respecté, c'est l'engagement et la mobilisation. Quand on choisit de se battre et de s’engager, on peut perdre certes, mais si on choisit l’inertie, on a déjà tout perdu.

 

La seconde chose que j’aimerais ajouter est qu’il est important que la jeunesse européenne et la jeunesse de France prenne conscience du danger des populismes et des extrémismes. Dans cette période de crise économique, sociale et politique, certains pourraient être tentés de faire le choix du repli sur soi, de la peur et de la haine. Cependant, les jeunes doivent savoir que là où il y a des conservateurs, des populistes, là où il y a l'extrême droite, il y a pour eux un recul de leurs droits, de leur autonomie et de leur perspective d'émancipation. Il est essentiel qu’ils prennent conscience que quand la jeunesse boude les urnes, quand elle se trompe de colère, l’obscurantisme prend le pas sur la démocratie.

 

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Pierre-Henri Bovis

Secrétaire Général de la Droite Sociale Jeunes.

Vice-président de l'association "Les reniements c'est maintenant".

 

Pierre-Henri Bovis

  

"Stop au laxisme et à l'hypocrisie"

23.05

 

Bonjour Pierre-Henri Bovis. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Bonjour, et merci de me laisser la parole. Il est rare que les jeunes puissent l’avoir, c’est donc avec plaisir et enthousiasme que je la prends ici ! Pour me présenter en quelques mots et expliquer mon engagement, je suis originaire de Toulon, dans le Var. C’est près de la Côte d’Azur que j’ai grandi et passé mes 15 premières années. Par attaches familiales, je suis proche de la politique et des questions de sociétés puisque ma mère elle-même était fortement engagée en présidant l’UDF dans le Var dans les années 2000. C’est cette origine familiale qui m’a convaincu de m’engager en politique aux côtés de la droite républicaine. Je venais d’avoir 19 ans et, comme beaucoup, j’ai pris ma carte à l’UMP pour Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, outre l’association « Les Reniements c’est Maintenant » dont je suis vice-président, je me suis investi auprès de Laurent Wauquiez au sein de la Droite Sociale, dont je contribue à monter le mouvement jeune.

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ? 

 

De manière générale, je n’arrive pas à rester simple spectateur et subir la politique des autres si elle ne me convient pas ou si elle est contraire à mes idées – c’est pourquoi j’essaie d’agir… tant bien que mal ! Je suis de ceux qui estiment que ce n’est pas parce que des combats sont perdus d’avance qu’il faut renoncer à ses convictions. C’est finalement cela, l’engagement politique : ne pas en rester aux brèves de bistrot, mais oser agir. En ce sens, la critique de François Hollande sur son bilan est facile. Il y a les promesses de campagne, et ce qu’on en fait.

 

Le candidat François Hollande avait fait du chômage son cheval de bataille ; il est clair qu’aujourd’hui il est tombé de sa monture et peine à se relever. Alors que la France entre en récession, le taux de chômeurs atteint un niveau record, réveillant le spectre mitterrandien des années 80… Plus que le style, c’est la politique de François Mitterrand que l’actuel président imite. Un bilan ne serait effectivement pas pertinent, mais il est important à mes yeux de souligner ce qui a été promis et ce qui a, pour le moment, été renié. On scande des « anaphores hollandiennes » lors du débat télévisé de l’entre deux tours pour mieux souligner ensuite les mensonges permanents… ne serait-ce que pour la visite des parlementaires à l’Elysée. On promet aux syndiqués un « redressement productif » pour finalement mieux les abandonner, un an plus tard, jour pour jour, à Florange… D’autre part, on veut aussi appliquer une politique maccarthyste pour chasser les riches… tout en dépouillant les classes moyennes par la création de nouveaux impôts, toutes les semaines. Sur le plan interne, François Hollande sera seulement parvenu à réussir le pari du mariage homosexuel, aux dépens de la filiation, pour mieux camoufler les problèmes économiques et sociaux : la hausse de la délinquance et du chômage, la baisse du pouvoir d’achat…

 

Sur le plan européen, le sujet est beaucoup plus délicat puisque nous traitons ici d’un colosse aux pieds d’argile. L’Europe a permis à notre continent de connaître une paix durable depuis plus de 60 ans en assurant une prospérité alors inespérée, à l’époque. Aujourd’hui, il faut qu’elle puisse se réformer pour mieux affronter les réalités de notre temps. Sa gouvernance trop éloignée des peuples par une bureaucratie toute puissante l’affaiblit de jour en jour. Il est nécessaire de renforcer le sentiment d’appartenance à l’Europe en favorisant l’intégration des États qui la composent pour qu’ils puissent faire face aux puissances montantes : Chine, Brésil... Cette intégration est politique, mais surtout économique. En ce sens, nous devrons arriver à une forme de fédéralisme budgétaire d’ici peu de temps, aux dépens des divergences économiques et culturelles des différents États membres. Le projet de mutualiser les dettes européennes par l’émission d’eurobonds était tout à l’honneur de François Hollande et, admettons-le, une bonne idée… mais uniquement sur le papier ! Au nom de quoi l’Allemagne aurait-elle pu accepter de payer des dettes qui ne sont pas les siennes, quand elle sait être la seule à respecter la rigueur budgétaire ? Au nom de la solidarité, répondront certains, mais ils oublieront le côté humain du problème et resteront trop pragmatiques. La presse allemande résume tragiquement bien François Hollande et ce pragmatisme insolent dans l’hebdomadaire de gauche Spiegel Online, en mettant en parallèle sa politique et la pièce de théâtre En attendant Godot. Elle va même jusqu'à juger « bluffant » que François Hollande puisse « se féliciter de quelques-uns de ses succès », « en grande pompe monarchique » dans la salle des fêtes de l'Élysée quand le pays qu’il préside entre en récession…

 

Il faut mener une politique stakhanoviste de notre côté pour relancer la compétitivité de la France, sans quoi nous ne serons pas crédibles en Europe… et ailleurs. Les paroles sont bien là. Quant au redressement, il reste « improductif ». Arnaud Montebourg s'écharpe publiquement avec un grand investisseur américain, les usines françaises ferment une par une… autant dire que les beaux jours ne sont pas pour maintenant, même si le ministre du « redressement improductif » se prend en photo habillée d’une marinière.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Avoir plusieurs casseroles sur le feu ne permettra pas de faire une bonne cuisine. Vouloir s’occuper du mariage homosexuel et diviser les Français pendant que le pays entre en récession et que le chômage explose « ne fera pas avancer le pédalo que pilote actuellement François Hollande ». De ce pédalo, troqué contre un paquebot le 6 mai 2012, nous n’en voulons pas. Nous, Jeunes Populaires et jeunes de la Droite Sociale, nous souhaitons de notre pays qu’il félicite le succès plutôt qu’il ne le punisse ; nous voulons que le travail rapporte plus que l’assistanat ; nous ne voulons pas d’un pays qui massacre fiscalement les classes moyennes... François Hollande avait promis une politique maccarthyste pour chasser les riches ; ce qu’il fait… mais à côté de ça, la France connaît une augmentation de plus de 20 impôts enlisant le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français. Du « Robin des bois » il y a un an, l’actuel Président est devenu un véritable « Prince Jean » en réinventant une tour de Babel fiscale. La compétitivité ne sera pas relancée ainsi.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Hier, le Président prônait le changement. Aujourd’hui, nous en payons les conséquences, avec l’ouverture de centres d’injection de mort subite - les salles de shoot -, avec la déresponsabilisation de l’État par le maintien sous perfusion des personnes dépendantes, avec un taux de chômage record, avec des scandales républicains sans précédent, etc... Il faut cesser avec ce laxisme incessant et démagogique qui prétend défendre les volontés individuelles en confondant orientation sexuelle et modèle familial. Il faut cesser avec ce laxisme incessant qui pousse à défendre les délinquants avant de protéger les victimes. Mais il faut cesser aussi avec l’hypocrisie propre à la gauche qui est de « dire ce qu’elle veut faire mais pas ce qu’elle fait ». Le « Cahuzac’Style » en est un bon exemple, alors que l’ex-ministre du Budget lui-même, après avoir été pris la main dans le sac - plusieurs millions d’euros dans un paradis fiscal - accuse François Hollande de « mentir aux Français sur l’état de la France ».

 

Mon message à adresser au Président de la République est simple : revoyez votre politique ! Les habits de la Vème République, taillés par le général de Gaulle, sont définitivement trop grands pour François Hollande.

 

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Thomas Guillaume-Désidéri

Militant au sein du Mouvement des Jeunes Socialistes du Puy-de-Dôme et du Parti Socialiste.

 

Thomas Guillaume-Désidéri

  

"J'ai confiance. Nous devons tous avoir confiance !"

23.05

 

Bonjour Thomas Guillaume-Désidéri. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Bonjour Nicolas, je pense qu’il est judicieux avant tout de me présenter rapidement. Je suis donc âgé de 20 ans, j’habite à Chamalières dans le Puy-de-Dôme et je vais valider en fin d’année ma licence en droit privé. Je suis engagé depuis 4 ans au Mouvement des Jeunes Socialistes de mon département et engagé au Parti Socialiste depuis 3 ans. Je fais partie aussi du Service d’Ordre du PS qui est l’organe de sécurité au sein du parti lors de déplacements ou de meetings importants. J’ai aussi des passions comme les longues discussions entre amis (pas engagées !), l’écoute de la musique, la lecture, un peu de sport, surtout du VTT et de la randonnée ! Je vais m’arrêter là, je vous enverrai mon CV plus tard (je plaisante !)

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ? 

 

Comme vous l’avez rappelé, François Hollande n’a effectivement effectué que 20% de son parcours (bien que pour ma part je dirais plutôt 10%...), il est donc difficile de juger, d’autant que ses réformes sont à une vision à moyen et long terme. Il faut donc attendre avant de voir les graines plantées germer. Je pense qu’il est sur la bonne voie, et qu’il faut s’armer de patience. À l’heure d’internet, on veut « tout et tout de suite » et je pense qu’il faut attendre, et agir. Il a tenu ses promesses, il a commencé énormément de chantiers, il faut les mener à bout, et pour ce faire, il faut faire bloc. Car il est un président socialiste, mais à ceux qui le trouvent peu à gauche actuellement, il est aussi le président des 48% de Français qui ne l’ont pas élu...

 

Il gouverne avec énormément de sérénité et d’acuité, il est lucide sur la situation et sur les attentes des Français, et son programme est stratégique. Il met en place, il enraye la chute et ensuite cela redémarre. Un TGV lancé à 300 km/h ne s’arrête pas en 1 seconde ! Pour la France c’est pareil. De plus je pense que notre image à l’internationale est très bonne, notre président est plus calme, plus naturel, plus souriant et ne brasse pas de l’air en permanence, ça change ! Et les étrangers le voient. Je suis donc confiant.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Le redressement est en route, je n’attends rien de plus du président et de son équipe que de continuer sur sa lancée, deux ans où il faut faire des efforts pour stopper l’hémorragie dû à une droite trop destructrice, et trois ans où la machine redémarre en forme et progresse. On oublie aussi beaucoup de parler des domaines autres qu’économiques : le logement, l’écologie, la société, l’éducation, tout cela avance ! Vous avez vu des manifestations contre les réformes depuis l’arrivée du Président ? (mises à part celle des réactionnaires du printemps) Vous avez vu des grèves ? Vous avez eu des problèmes à la rentrée scolaire de 2012 ? Le chômage à bientôt fini sa montée car le poison de la droite est bientôt éliminé, j’ai confiance, nous devons tous avoir confiance !

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Le message que j’adresserai au Président et qu’il faut poursuivre, ne pas se laisser intimider car pendant que les chiens aboient, la caravane passe.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Je pourrais en ajouter bien des choses, mais l’essentiel a été dit. Je tiens juste à préciser que je ne suis pas un fanatique social-démocrate, bien sûr que non, mais je suis convaincu qu’une gauche pour être efficace doit savoir diriger. La droite à la culture du pouvoir, ils pensent qu’il leur revient de droit. C’est faux, et les gens ont parfois aussi du mal à le cerner. Ce qui est difficile aussi à cerner, c’est que la gauche ne peut pas répondre à tous les espoirs placés en elle de façon parfaite. La gauche arrive quand tout va mal, alors laissons-la (nous) un peu respirer pour mieux agir !

 

 

 

Florian Silnicki

Délégué de la Nouvelle Donne, collectif de secrétaires nationaux de l'UMP.

Ancien collaborateur parlementaire de Franck Riester et de Guy Geoffroy.

 

Florian Silnicki

  

"Dites la vérité aux Français !"

28.05

 

Bonjour Florian Silnicki. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

Que je ne suis pas un professionnel de la politique et que je n’en vis pas, ce qui me donne une liberté de ton absolue qui n’est guidée que par des convictions et des valeurs issues du terrain et des échanges quotidiens avec mes administrés dans ma ville de Chevry-Cossigny, en Seine-et-Marne. Enfin, je suis convaincu que la politique peut faire changer les choses et que les hommes politiques n’en ont pas assez conscience. Ils se résignent trop souvent à faire face à l’accélération continue du temps et donc à régler les affaires courantes. Nous manquons de penseurs de la politique en France, nous manquons de stratèges économiques, politiques et sociaux qui permettront pourtant de faire de la France un pays incontournable sur la scène diplomatique et économique mondiale.

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

  

Nous n’avons incontestablement pas la même conception de la société. Je pense que ses orientations produisent déjà des résultats néfastes et qu’elles ne permettront de retrouver ni la croissance ni l'emploi. François Hollande a choisi comme Président de la République un alourdissement massif du poids de l’État, je suis favorable à un allégement des structures administratives et je souhaite que nous stoppions les interventions économiques de l’État dans tous les sens qui ne font qu’amoindrir la confiance qu’ont les acteurs du marché en notre pays.Les impôts ont augmenté de plus de 60 milliards d’euros. Les Français comme les entreprises ont subi une mesure fiscale par jour. Comment voulez vous diriger une entreprise ou envisager sereinement l’avenir à partir de là ? À chaque mal, François Hollande et son Gouvernement ont associé une hausse des impôts. J’ajoute que jamais, si peu de réformes structurelles n’auront été réalisé. Le hollandisme est un conservatisme qui arrive au pire moment et dont la France n’avait malheureusement pas besoin.

 

Je souhaite que la France surmonte la crise, mais nous n’y arriverons pas avec les mêmes vieilles recettes qui sont appliquées aujourd’hui et dont nous attendons un miracle qui n’est qu’un mirage puisque ce sont ces mêmes vieilles mesures dépassées qui nous ont conduit dans la situation économique et sociale désastreuse que nous connaissons aujourd’hui et qui font de la France un pays montré du doigt dans la presse du monde entier.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Je vais être sincère. Le hollandisme est une régression. Nous avons augmenté les impôts. Le chômage a progressé. Les salariés n’ont jamais autant souffert. Les entreprises n’ont jamais aussi peu aperçu le cap de leur avenir. L’innovation comme l’investissement nous fuit. La société se raidit. La confiance du marché s’érode. Il faut faire de la France le pays de l’investissement, de l’avenir, de l’innovation, de la réussite par la promotion de la prise des risques plus que de l’assistanat. Il faut promouvoir le sens de l’initiative et ne plus stigmatiser l’échec comme cela est en train de rentrer dans notre culture de façon incroyable.

 

Je pose une question simple : où est le redressement ? où est le changement ? où est l’innovation dans la politique de François Hollande et de son gouvernement ? Je ne vois que multiplications de couacs, des zigzags quotidiens et une régression permanente. La société de François Hollande est celle qui a toujours été celle du Parti socialiste, celle de l'assistanat, de l'égalitarisme et du nivellement par le bas. François Hollande, depuis un an, a tout fait pour décourager le travail, l’initiative, la prise de risque au détriment des entreprises et de leurs salariés et au profit de la réhabilitation de l'impôt et de la dépense publique grossière et gaspillée. Ne nous leurrons pas, tout cela ne sert que les extrémistes politiques de droite comme de gauche et la société n’a rien à y gagner. Réfléchissons-y… je suis convaincu que le meilleur moyen de lutter contre le FN est de changer la politique économique et sociale qui nourrit le malaise actuel.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Réveillez-vous. Abandonnez le dogmatisme et adoptez le pragmatisme. Le destin de la France vous échappe… Notre pays doit retrouver l'esprit des Lumières. Cela sera possible si vous ramenez la confiance qui est la base de notre lien social et de notre performance économique et sociétale. Commencez pas dire la vérité aux Français qui sont capables de l’entendre. Vous avez fait campagne présidentielle en niant la crise, vous l’avez aujourd’hui trop pris comme un prétexte de l’inaction politique de votre gouvernement. Il faut que cela cesse. Il faut que cela change.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Merci cher Nicolas et bonne route pour ce très bel espace de dialogue et de démocratie que je continuerai à lire et à parcourir avec un plaisir non dissimulé.

 

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Daniel Cornalba

Vice-président des Jeunes Socialistes Européens (Young European Socialists).

Secrétaire National à l'Europe des Jeunes Socialistes.

 

Daniel Cornalba

  

"Qu'il ne perde rien de sa volonté de changement"

29.05

 

Bonjour Daniel Cornalba. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

En quelques mots : de père français, de mère allemande, j’ai grandi avec l’idée que l’Europe était une construction politique nécessaire. Pour dépasser les conflits du passé, certes, mais plus encore comme instrument pour combattre les inégalités persistantes, redistribuer les richesses et dessiner une véritable démocratie européenne pour notre continent.

 

Mon engagement politique a renforcé cette conviction. Du dérèglement climatique et la surexploitation des ressources planétaires à la crise économique et sociale actuelle, où la précarité s’accentue d’un côté et les richesses s’accumulent de l’autre, l’Europe me semble être l’échelle pertinente pour y répondre. D’où la nécessité d’en démocratiser le fonctionnement.

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

  

Avant toute chose, soyons fiers des combats menés. Fiers des premières avancées obtenues après un an,  pour l’emploi d’abord et vers plus d’égalité et de justice.

 

En matière économique déjà : création de la Banque publique d’investissement pour dynamiser nos PME principalement, 500 000 contrats de génération, 150 000 emplois d’avenirs ; protection des consommateurs en permettant l’action de groupe en France ; soutien à l’économie sociale et solidaire ; encadrement des salaires de 1 à 20 dans les entreprises publiques ; revalorisation du SMIC et de l’allocation de rentrée scolaire. Progressivité de l’impôt, pour faire contribuer chacun en fonction de ses moyens. Garantie pour les jeunes de moins de 25 ans, leur assurant un emploi ou une formation. Bras de fer européen pour un Budget de relance, permettant une transition énergétique et garantissant la ré-industrialisation de nos territoires. Une vraie union bancaire et une lutte acharnée contre les paradis-fiscaux. Mise au pas de la finance à l’aide d’une Taxe sur les Transactions Financières et séparation des activités bancaires.

 

Mais on pourrait aussi parler, évidemment, de la priorité à l’éducation pour donner sa chance à chaque enfant de la République ; du mariage et de l’adoption pour tous les couples, de la lutte contre toutes les discriminations, de la parité au Gouvernement, des mesures pour l’égalité salariale Femme-Homme, de la représentation des femmes dans les conseils d’administration et les partis ; de la retraite à 60 ans ou bien encore du partage des pouvoirs par le non-cumul des mandats et la transparence, que la gauche défend depuis tant d’années.

 

Mais au-delà c’est un état d’esprit nouveau, insufflé par François Hollande, qu’il faut saluer et qui tranche après 5 ans de casses et de fractures : dialogue entre exécutif et parlement, entre partenaires sociaux, pleine liberté des médias de s’exprimer et d’enquêter. En bref la démocratie, est de nouveau respectée.

 

En Europe, c’est la fin des directoires franco-allemands imposant une vision pour les 27, qui en plus de piétiner la démocratie européenne, ont prouvé leur totale inefficacité.

 

Dans le monde, c’est aussi une France plus respectueuse de ses partenaires, loin de la Françafrique ou des leçons d’histoire scandaleuses du quinquennat précédent. Une France soutenant ses alliés maliens dans le cadre de l’ONU et défendant les droits des femmes et la dépénalisation de l’Homosexualité partout dans le monde.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Il est impératif de poursuivre la défense d’une alternative aux politiques d’austérité qui plombent nos économies et ancrent les inégalités. Par le pacte de croissance, Hollande a amorcé ce combat, il faut impérativement le poursuivre. Le débat sur le budget européen, et l’obtention de ressources propres (impôt sur les bénéfices, activation du tarif extérieur commun), ainsi que les élections européennes à venir en 2014 en seront l’occasion.

 

En France comme en Europe, le développement d’une transition énergétique est nécessaire. La conférence environnementale a débuté : il doit en sortir une vision ambitieuse pour une Europe de l’énergie, multipliant nos sources d’énergies renouvelables, respectueuse des ressources naturelles et assurant une production locale non-délocalisable. La France devra y être pionnière.

 

Ce ne sont là que des exemples, car les combats ne manquent pas : en France il est impératif de ne plus attendre dans la mise en place d’une République exemplaire, interdisant les cumuls et les conflits d’intérêts, imposant parité et transparence. Une République sereine et solidaire, qui intègre en donnant le droit de vote aux étrangers et donne les moyens à son école publique. Une République qui fasse vivre ses valeurs en assurant l’universalité et la continuité des services publics sur tout le territoire. Car c’est ainsi que nous enrayerons durablement la montée des replis identitaires et communautaires qui font le jeu du Front National.

 

Tant de combats restent à mener : n’hésitons pas dans les mois à venir et à ré-ouvrir le chantier du partage du temps de travail, à poursuivre la redistribution des richesses par la revalorisation des salaires et leur encadrement de 1 à 20 dans toutes les entreprises, ou encore à aller plus loin en Europe, vers un véritable fédéralisme, donnant toute sa place à un Parlement européen, codécideur et source d’initiative législative.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Le message est simple : si la jeunesse est impatiente et exigeante, son espoir est immense. Vivre mieux en 2017 qu’en 2012, comme François Hollande s’y est engagé pendant la campagne, est une tâche ambitieuse, mais qu’il nous faut impérativement relever. Car c’est justement la promesse républicaine de progrès social, trop longtemps oubliée.

 

J’inviterais le Président à ne rien lâcher, à ne pas céder à la pression de lobbies ou d’experts en tous genres, qui justifieront toujours l’abandon. À ne pas perdre pied face aux Cameron, Merkel et autres conservateurs, qui préfèreront toujours alléger l’impôt des plus aisés, remettre la redistribution des richesses - l’Europe sociale -, la transition écologique et la démocratie européenne à demain.

 

En bref, je lui demanderais de ne rien perdre de sa volonté de changement.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Pour finir, je terminerai avec les mots d’un autre président, d’un autre « François » : « Il y a deux manières d’aborder une revendication sociale. La première consiste à additionner les difficultés pour justifier qu’on y renonce. La seconde à considérer qu’il s’agit d’une exigence de justice et que si l’on fait le compte des obstacles, c’est avec la volonté de les surmonter ». François Mitterrand.

 

Cela vaut sans doute dans bien des domaines… À tous les niveaux, tous les échelons, ne cessons pas de nous battre tant qu’il y aura une raison de nous indigner. Cette première année de quinquennat nous le rappelle avec force : le changement est un combat. Il ne s’octroie pas, il se conquiert. Alors à ceux qui s’interrogent et qui doutent, invitons les à peser de tout leur poids dans la balance, à faire entendre leur voix et faire en sorte, ensemble, que le changement soit réellement maintenant.

 

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Aurélien Taché

Délégué fédéral à l'Euro-Méditerranée et aux démocraties émergentes, Parti Socialiste, Paris.

 

Aurélien Taché

  

"Sortir de la dictature de l'urgence"

07.06

 

Bonjour Aurélien Taché. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

  

Je m’appelle Aurélien Taché, j’ai 29 ans et exerce la profession de cadre territorial. Mon engagement politique a débuté au Mouvement des Jeunes Socialistes, où j’ai exercé des responsabilités nationales. Il s’est naturellement poursuivi au Parti Socialiste, où je suis aujourd’hui en charge des questions ayant trait à l’Euro-Méditerranée et aux démocraties émergentes, à la fédération de Paris. Je reviens d’ailleurs d’un voyage à Tunis où nous sommes allés, dans le cadre d’une délégation militante, à la rencontre d’un certain nombre de formations politiques tunisiennes.

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

François Hollande a clairement opté pour une ligne sociale-démocrate. Si je suis, à titre personnel, favorable à la méthode réformiste, je trouve néanmoins qu’il manque une touche de radicalité en ce début de mandat. Entendons nous bien : la gauche a gagné en 2012 parce que François Hollande a été en capacité de rassembler les Français, alors que Nicolas Sarkozy fut le président, puis le candidat de la division.

 

Néanmoins il faut bien admettre que si nous avons gagné dans les urnes, beaucoup reste encore à faire dans les têtes… Un seul exemple : avant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, une majorité de Français était favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, or ce n’est plus la cas aujourd’hui car pendant qu’elle était au pouvoir, la droite a mené l’offensive idéologique sur cette question comme sur beaucoup d’autres.

 

Donc si la concertation, qui est un peu la marque de fabrique de François Hollande, est évidemment souhaitable, en particulier dans les domaines relevant du dialogue social, cela ne doit pas nous empêcher d’affirmer clairement nos marqueurs idéologiques. Sur la question du budget européen, par exemple, je regrette que François Hollande n’ait pas profité de l’occasion pour porter le clivage avec les droites européennes ! Nous nous sommes engagés à rétablir les comptes publics nationaux car nous prônions dans le même temps une relance au niveau européen, or ce n’est tout simplement pas possible avec un budget en baisse. Cela aurait aussi été un bon moyen pour aborder les élections européennes l’année prochaine.

 

Sur le plan international, François Hollande a pris des décisions courageuses, je pense notamment à l’intervention au Mali et je regarde aussi avec beaucoup d’attention les différentes initiatives qu’il a prise pour réamorcer les négociations avec la Turquie en vue de son éventuelle adhésion à l’Union Européenne. Ou encore pour relancer l’ambition euro-méditerranéenne, notamment dans le cadre du « dialogue 5+5 ». Il reste néanmoins des questions sans réponse… je pense bien sûr ici à la Syrie.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

 

Ma conviction est que le « redressement » ne pourra être uniquement national… il temps de hisser le Politique au niveau où se joue réellement le combat pour la transformation sociale et dans notre monde globalisé, il y a bien longtemps que ce n’est plus au niveau national.

 

J’attends donc avant tout de François Hollande qu’il se pose en leader de la gauche européenne face aux conservateurs de tout poil qui, en faisant de l’austérité le seul horizon de l’Union, font progresser les populismes un peu partout sur le continent, au risque d’étioler pour de bon « le rêve européen »…

 

Pour le reste, des décisions importantes ont été prises, telles que la mise en place des emplois d’avenir et du contrat de génération, la création de la Banque publique d’investissement, la séparation des activités bancaires ou la loi de refondation de l’école et s’il sera certainement nécessaire d’en prendre d’autres, laissons aussi le temps à ces premières mesures de produire leur effet. Je sais que les Français sont impatients, et à juste titre, mais la vérité est qu’il est nécessaire de sortir de la dictature de l’urgence pour inscrire l’action politique dans un temps long.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Que l’esprit du Bourget, où François Hollande désignait le monde de la finance comme son seul ennemi, ne cesse jamais de résonner en lui. C’est sur ces valeurs que François Hollande a été élu, et si des mesures en faveur des entrepreneurs sont nécessaires pour fluidifier l’économie et retrouver le chemin de la croissance, il est tout aussi indispensable de retrouver celui de la justice sociale et même si beaucoup de choses ont déjà été faites, il faut aller plus loin.

 

Il est temps d’engager une lutte sans merci contre la rente sous toutes ces formes, en taxant davantage le capital et les successions afin de financer une véritable sécurité sociale professionnelle, en intégrant les grandes écoles aux universités, en mettant en place une garantie européenne pour l’emploi des jeunes et en luttant contre toutes les formes d’exclusions et de discriminations. Bref, en donnant à chacun les moyens de s’émanciper.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Oui. Même si je sais que l’engagement politique est parfois vu comme quelque chose de très lointain et un peu désuet, il est plus que jamais indispensable. Je veux dire à tous les jeunes de France et d’ailleurs de ne jamais se laisser convaincre que la politique est une affaire trop sérieuse pour qu’on leur demande leur avis ! La démocratie est ce que nous en faisons, or il y a aujourd’hui beaucoup trop de fatalisme et de résignation dans les jeunes générations.

 

Je veux leur dire aussi de regarder de l’autre côté de la Méditerranée, ou l’engagement de jeunes qui comme eux n’aspirent qu’à s’émanciper, a permis le « printemps arabe » et que le combat pour la liberté ne doit jamais s’arrêter. Ses ennemis sont en effet nombreux et n’attendent que le bon moment pour se mettre en marche. En France, le débat sur le mariage pour tous a été l’occasion de jeter la lumière sur un certain nombre d’entre eux. Et la mort de Clément Méric de montrer de quoi ils sont capables.

 

Merci !

 

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Joan Font

Militant au sein du Mouvement des Jeunes Socialistes et du Parti Socialiste.

 

Joan Font

  

"Pour une réorientation économique de notre continent"

12.06

 

Bonjour Joan Font. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Je suis un militant au Mouvement des Jeunes Socialistes et au Parti Socialiste, bien que m'étant toujours retrouvé dans "l'aile gauche" de la famille socialiste, j'ai soutenu François Hollande depuis Juin 2011 lors de la campagne des primaires citoyennes. Je vous parle donc avec une totale liberté car je n'exerce aucun mandat.

  

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

  

François Hollande avait exposé lors de la campagne présidentielle un projet très abouti qu'il avait proposé aux Français sous la forme des 60 engagements. Force est de constater que la moitié de ces engagements sont d'ores et déjà tenus ; que ce soit dans les actions symboliques (baisse des salaires du Président de la République et de tous les ministres), concrètes pour l'emploi (Banque Publique d'Investissement, contrats de génération, A.N.I…), soutien aux Français les plus démunis (retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, coup de pouce au SMIC, +25% de l'allocation de rentrée scolaire, …) et je peux vous citer des tas d'exemples sur le logement, les transports, l'égalité des droits …

 

Alors certes, les instituts montrent une déception des Français vis à vis de l'action du Président de la République et du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ; mais ce n'est pas en un an que l'on va remettre la France dans l'état de bonne santé économique dont le pays jouissait en 2002, lorsque que les socialistes ont quitté le pouvoir. Les chiffres montrent que l'époque 1997-2002 (Jospin Premier ministre) avait permis de remettre le quasi plein-emploi en France, le pouvoir d' achat avait sensiblement augmenté, une réorientation européenne s'annonçait… Mais 10 ans de droite et de Sarkozysme ont laissé la France dans un piteux état, et il nous faudrait porter les responsabilités de la situation de la France actuelle ? François Hollande agit dans l'intérêt de le France et de l' Europe pour une réorientation économique de notre continent. Il est face à une Europe dirigée quasi-exclusivement par une caste néolibérale, démagogue et conservatrice, alors il ne peut pas faire tout ce qu'il souhaiterait et doit faire des compromis. L' UMP appelle cela le reniement, j'appelle celà de la diplomatie. Mais j'ai bon espoir que les élections allemandes portent un nouvel espoir pour l' Europe dans la direction claire et déterminée décidé par le Président de la République française. Le FMI s'excuse désormais d'avoir prôné l'austérité depuis 5 ans en Europe et demande maintenant à l' Europe et à la BCE de mener une politique de relance. François Hollande peut être fier du cap qu'il mène pour l' Europe et la place de la zone Euro dans le monde.

 

Sur le monde, il a montré lors de son discours aux Nations Unis l'année dernière une continuité de la diplomatie française dans le monde, et c'est une bonne chose. Les choix de la France sont respectés et la France est écoutée attentivement en Afrique et de plus en plus en Asie, on l'a vu lors du récent déplacement officiel de François Hollande au Japon.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

  

Un contrôle de la BCE par les États de l' Eurogroupe (contrôle des produits financiers toxiques, une taxe sur les transactions financières plus globale, possibilité d'emptrunts directs par les États, …). Une allocation autonomie jeune. Un partage plus juste du temps de travail. Un plan logement ambitieux. Un pas supplémentaire vers la transition écologique. Il y a tant à faire.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Gardez le cap sans revenir sur vos 60 engagements. François, les Français t'ont élu sur un projet clair et ambitieux, la situation de la France est alarmante, le peuple de gauche t'a porté au pouvoir avec l'espoir du changement, cet espoir doit se transformer en réalité en 2017. Les décisions que tu as d'ores et déjà prises vont dans le bon sens, mais une réorientation économique pour s'attaquer à ton adversaire, "le monde de la finance", est urgente. J'espère qu'à l'automne les élections allemandes porteront les progressistes au pouvoir et là, j'en suis sûr, ensemble vous réorienterez l' Europe pour la croissance.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Que malgré les nombreuses critiques et les attaques contre le pouvoir en place portées par la droite française qui se délite, se bat entre elle, (Fillon-Copé / NKM-droite parisienne...) ne sait pas si elle est conservatrice ou libérale, amie ou ennemie du FN,… la gauche républicaine aux responsabilités est fière de ses valeurs et de l'action qu'elle mène pour tous les Français.

 

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Hugo Hanry

Militant au sein du Parti de Gauche, ex-M.J.S. et P.S.

 

Hugo Hanry

  

"Il faut mettre un terme à la dramatique politique de l'offre"

28.06

 

Bonjour Hugo Hanry. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Je m'exprime avec plaisir dès que l'on m'en donne l'occasion ! Malheureusement, cela est rare ! J'ai passé presque deux ans au sein du Parti Socialiste et du Mouvement des Jeunes Socialistes. Années que je ne regrette aucunement. Cela dit, les orientations politiques droitières prises par la direction du PS m'ont conduit, pour rester fidèle à mes convictions, à rejoindre le Parti de Gauche.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Il est vrai qu'établir un bilan sur 20% d'un quinquennat est assez compliqué. Cependant, les orientations politiques prises par François Hollande illustrent plutôt bien son bilan actuel. Depuis les années 1980, François Hollande a choisi une orientation politique dite "Sociale-Démocrate". Il a soutenu, successivement, les mesures prises par les sociaux-démocrates européens de ces époques comme Gerhard Schröder, politicien responsable du massacre de l'État social allemand. François Hollande est sur cette ligne politique. Il s'est résigné, en temps de crise, à appliquer une politique de l'offre : produire n'importe quoi, n'importe comment et en n'importe quelle quantité en abaissant au maximum le coût du travail. Produire, produire, produire, exporter, vendre ! Vite ! Cette orientation politique est celle appliquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et maintenant en France qui est bien la 5ème sur la liste!

 

La politique de l'offre menée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault est l'exact inverse de ce qu'il faut faire. C'est une politique de la demande qu'il est absolument, et urgemment, nécessaire de mener ! Partir de ce dont les gens ont besoin, donner plus de pouvoir d'achat, produire en respectant des normes écologiques qui doivent être imposées, relancer la consommation. Consommation qui représente, je le rappelle au passage, 65% du moteur de l'économie. Les Français peuvent alors dépenser, investir, emprunter et se projeter dans l'avenir. D'un seul coup, l'économie respire, le climat social s’apaise et les rentrées fiscales augmentent. Il faut absolument que François Hollande change d'orientation politique et mette un terme à la dramatique politique de l'offre.

 

Venons-en à sa manière de gouverner. François Hollande fixe le cap, Jean-Marc Ayrault le suit. C'est comme cela que l’exécutif fonctionne sous cette mandature. Le Premier Ministre est au centre de l'action exécutive et dirige, recadre s'il le faut, le gouvernement. C'est une manière de gouverner semblable à celle de Jacques Chirac et à l'inverse de la vision hyper-présidentialiste gaullienne et sarkozyste. Personnellement ce n'est pas la manière de gouverner qui me dérange le plus. Je pense que le Premier Ministre doit être le moteur de l’exécutif.

 

La représentation de la France aux yeux de l'Europe et du monde est certainement un des points les plus critiquables de la politique de François Hollande. La France est la 2ème puissance européenne, la 5ème du monde. Bientôt la première population et déjà le premier territoire maritime. Tout cela pour fixer l'idée que nous ne sommes pas la 5ème roue du carrosse en Europe. Donc, lorsque la France parle, on l'écoute. François Hollande n'en a pas pris conscience et a abdiqué face à la volonté politique de fer d'Angela Merkel. Toute l'Europe est soumise à une politique qui convient à l'électorat de Madame Merkel. C'est à dire des retraités qui ont besoin d'un euro fort et de cours de bourse élevés pour garantir leurs retraites par capitalisation. François Hollande, donc, représentant de la 2ème puissance européenne, s'est couché et nous fait subir cette politique absurde. Nous sommes un peuple de plus en plus jeune, de plus en plus nombreux et nous avons besoin d'un euro faible pour vendre nos marchandises. La France est ainsi vue comme un Etat de second ordre à cause de la passivité dramatique de François Hollande.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

 

Nous voilà dans le concret après les discours un peu généraux ! Tout d'abord, avant d’énoncer les réformes qui vont suivre, il est nécessaire de préciser que j'écarte pour le moment la règle des 3% de déficit public qui n'a aucun sens. Bien que des mesurettes aient été adoptées, c'est un bien un programme global de relance qu'il faut engager.

 

De nombreuses mesures auraient déjà dû être prises lors de cette première année. Il était nécessaire de donner un rythme de travail. Tout d'abord, apaiser. Faire passer la loi sur l'amnistie sociale. Ensuite, immédiatement, on vote une loi interdisant les licenciements boursiers, on titularise les 800 000 précaires de la fonction publique, on passe le SMIC à 1700 euros (bruts, dans un premier temps). Voilà des millions de gens qui tout d'un coup ont un avenir, consomment, empruntent. L'économie tourne, les recettes fiscales augmentent, le déficit diminue, la dette faiblit.

 

Il est nécessaire en temps de crise d'avoir un rythme soutenu de réformes. On organise donc, méthodiquement, la réorientation écologique de notre production en incluant dans la Constitution la Règle Verte. Dans le même temps, on prépare une grande réforme fiscale, on rééquilibre le rapport capital/travail, on passe l'impôt à 14 tranches pour lisser l'effort, on taxe d'autant plus le grand capital. On créé une taxation différentielle, au cas où certains seraient tentés par l'exil fiscal.

 

Ensuite, au niveau européen. On sort du traité de Lisbonne, on renégocie l'accord Merkozy. Nous allons voir nos collègues européens, en ayant bien en tête le fait que nous sommes la 2ème puissance du continent, et la BCE doit changer de statut : elle doit prêter directement aux États. Point! Il faut négocier avec fermeté et CONVICTION avec l'Allemagne, et nos autres partenaires, également dans le but d'établir un protectionnisme européen écologique et solidaire.

 

Enfin, il faut absolument réorganiser notre démocratie. Pour cela, on convoque une Assemblée Constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Cette assemblée sera composée de députés ne pouvant venir d'aucune Assemblée et qui ne seront pas rééligibles plus tard. On y introduit un contrôle politique des élus, avec l'aide du référendum révocatoire, la Règle Verte que j'évoquais plus haut, de la proportionnelle aux élections. Et à ceux qui me diraient que ce n'est pas la priorité : SI, l'organisation de notre démocratie est une priorité.

 

Je n'ai énoncé là qu'une partie des mesures et réformes nécessaires au redressement de notre pays mais cela donne, je pense, une idée assez claire du "cap" à suivre.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Je n'ai pas spécialement de message à adresser au président de la République. Simplement qu'il est inutile de s’entêter comme une bourrique à appliquer une politique qui ne marche NULLE PART et, qu'en conséquence, il faut absolument réorienter cette politique.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Je me suis beaucoup étendu dans le but d'évoquer une vision d'ensemble et non pas pour vous ennuyer ! Merci à vous de donner la parole aux jeunes! Pour le reste... Engagez-vous !

 

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Clarisse Heusquin

Membre du comité exécutif de la Fédération des Jeunes Verts Européens (FYEG).

Membre de l'exécutif fédéral des Jeunes écologistes, en charge de l'international.

 

Clarisse Heusquin

  

"Nous vivons une crise de modèle de société"

30.06

 

Bonjour Clarisse Heusquin. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Auvergnate et Bruxelloise, étudiante et militante, écolo et féministe. Tournée vers les questions européennes, je suis chargée de l’International des Jeunes Ecologistes (plus pour très longtemps) et j’ai été très récemment élue au sein du Comité exécutif de la Fédération des Jeunes Verts européens (FYEG) !

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

En vivant à l’étranger, on a toujours une perception « filtrée », à moins peut-être de vivre dans un monde d’expat franco-français. Ce que je perçois est donc plutôt contrasté : un Président limité par le contexte, pas toujours courageux notamment sur les questions bancaires et financières, qui néglige l’importance de l’UE et la nécessité d’y consacrer du temps et de l’énergie. Pourtant, c’est le seul moyen de contrebalancer le corpus néo-libéral de l’Union et de promouvoir les principes « à la française » d’organisation de la société. L’attaque virulente de José Manuel Barroso contre la position française sur l’accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis démontre cette urgence d’occuper le terrain des idées au niveau européen.

 

D’autant plus que François Hollande ne paraît pas très visionnaire quant à la direction que doit prendre le projet européen : c’est problématique lorsque l’on sait que la très grande majorité des lois françaises s’inscrivent dans des régulations ou des schémas de pensée précédemment élaborés à Bruxelles (ouverture des marchés, retraites..). Penser et imaginer la forme que pourrait prendre l’Union européenne est donc primordial si l’on veut peser sur la scène politique européenne.

 

J’attends donc plus et j’attends mieux : nous vivons une multi-crise - économique, social, démocratique et environnementale -, qui est pour moi, une crise de modèle de société. C’est une opportunité pour promouvoir et mettre en place des politiques de transition écologique, d’abord au niveau national et local ; ce que permet la très forte présence socialiste au sein des assemblées régionales, départementales et municipales.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ? 

 

Je refuse d’utiliser le terme de « redressement ». Son utilisation est contre-productive: elle sous-entend que la France ou l’économie française part à volo. Son utilisation popularise l’image d’une France déclinante que l’on devrait relever, ce qui alimente au passage le pessimisme des Français et les critiques des médias étrangers.

 

Evidemment, en tant qu’écolo, je suis en faveur d’un changement de société, qui réponde aux différentes crises et aux défis que ces crises soulèvent - modèle économique à bout de souffle, changement climatique, raréfaction des ressources naturelles, explosion démographique…-. Soyons optimiste ! Les solutions existent, elles ne demandent qu’à être appliquées.

 

Certaines politiques permettraient de répondre aux enjeux actuels et de renouveler le contrat social entre l’État et les citoyens. Par exemple :

 

  • la mise en œuvre de la transition énergétique - avec notamment une sortie des énergies fossiles en 2050, une réduction de la consommation énergétique et des politiques industrielles et d’innovation en faveur des énergies renouvelables - est une première étape pour répondre à la crise économique et environnementale
     
  • la réforme du système bancaire, y compris au niveau national, - notamment en réduisant la taille des banques, en séparant les activités de dépôt et d’affaires et en augmentant leur fonds propres - est un moyen de limiter les effets d’une nouvelle crise financière

  • la refonte du système fiscal - avec un impôt sur le revenu rénové, la suppression des niches fiscales inutiles et la mise en œuvre d’une contribution climat-énergie - ainsi que la mise en place d’un revenu maximum acceptable (30 fois le SMIC) permettent de renouveler le contrat social tout en finançant le système social

  • la mise en place de mécanismes financiers favorables à la biodiversité, y compris la biodiversité agricole, est un outil pour protéger nos territoires sur le long terme (sols, abeilles…)

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

François, tu n’as pas le droit d’être résigné : tu peux et tu dois changer la société vers un vivre-mieux. Dans 4 ans, il sera trop tard !

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

L’écologie politique, c’est un terme barbare. Mais c’est actuellement, pour moi, la seule « idéologie » qui propose une alternative responsable et concrète aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux actuels tout en renforçant les aspects démocratiques de notre société.

 

N’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur le site des Jeunes Écolos ! Merci !

 

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Lucas Nédélec

Militant au sein des Jeunes Écologistes.

 

Lucas Nédélec

  

"L'économie a remplacé l'humain"

01.07

 

Bonjour Lucas Nédélec. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Je vous remercie d'inviter des jeunes écologistes à s'exprimer sur ce blog. Il y a une vraie demande sociale vis-à-vis de l'écologie et, souvent, celle-ci apporte ce regard différent et de plus en plus nécessaire sur les problèmes de notre société. Le développement de notre mouvement (les Jeunes Écologistes) illustre cette aspiration des jeunes à replacer le long terme et l'émancipation sociale au cœur de la pensée politique. Nous les invitons à nous rejoindre !

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Il y a une désillusion. Il avait dit qu'il serait l'ennemi de la finance. Il avait dit qu'il porterait la voix de la solidarité plutôt que de l'austérité en Europe. Il avait dit qu'il réformerait la sphère politique. Force est de constater qu'on en est loin, et cette déception devient de plus en plus palpable, dans les conversations comme dans les urnes des élections partielles. Alors oui, c'est certain, ce début de quinquennat est largement préférable au précédent, ne serait-ce que parce que des petits pas ont été obtenus et que la méthode a relativement changé. Mais c'est trop faible pour qu'on ait envie d'y croire vraiment. Quand est-ce qu'on va vraiment engager la transition écologique pour créer ces centaines de milliers d'emplois dont on a tant besoin ? Quand est-ce qu'on va isoler les logements et développer les transports publics pour réduire en même temps les factures des Français et les gaspillages inutiles ? Quand est-ce qu'on va réformer cette République poussiéreuse en laquelle les électeurs ne croient plus ?

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Le "redressement", qu'est-ce que ça veut dire ? Le redressement de la croissance ? Le redressement des salaires des patrons ? Le redressement des bénéfices de Total et des autres entreprises du CAC 40 ? On a parfois l'impression que les responsables politiques de gauche comme de droite se battent simplement pour "redresser" l'économie, c'est-à-dire faire en sorte qu'on produise et qu'on consomme toujours plus. En tant qu'écologiste, je pense qu'on se trompe gravement de cible. Le but de la politique n'est pas la croissance économique ou la bonne santé des magasins de fringues importées du Bangladesh, mais plutôt l'émancipation de tous-toutes, le fait que tous les individus trouvent leur place dans la société.

 

On ne s'en rend pas compte mais l'économie a remplacé l'humain. Elle était à la base un moyen et elle est malgré nous devenue une fin. Il faut que la politique retrouve l'amour de l'intérêt général et de l'avenir. Et pour ça, il faut aller prendre le fric là où il est : régulons la finance internationale, faisons en sorte que l'argent serve à construire des écoles plutôt qu'à construire des sous-marins nucléaires, arrêtons les gaspillages d'énergie, de nourriture, de pétrole, créons des richesses avec la transition écologique, instaurons un salaire maximum et un revenu minimum, parce que tout ça, ce n'est que du bon sens, une fois qu'on arrête de penser au fantasme de ce point de PIB qui manque pour faire la une des médias et recevoir les félicitations inutiles de Mme Merkel.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Il faut qu'il tape du poing sur la table ! Nous sommes tous embarqués dans la même galère, chômeurs ou grands patrons. Il faut qu'il écoute tout le monde, et qu'il fasse les choix qui profitent à la majorité, aux 99% plutôt qu'au 1%, et donc à l'intérêt général. Qu'a-t-il à perdre ? Rien, sinon l'image d'un Président social-de rien du tout.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Ce bon vieux Umberto Eco disait : "À force d'inventer des mondes, on finit par changer celui-ci". C'est un message pour la jeunesse. Notre force de changement, c'est l'espoir, c'est l'utopie. On vit dans la société de l'instantané, on veut tout, tout de suite. Ne soyons pas attirés par la facilité qui consisterait à dire que le danger vient des autres, qu'il faudrait fermer les frontières, sortir de l'Euro, insulter les Chinois et que tout irait mieux ensuite. Nous sommes parfois aveuglés par notre désir ardent de changement. La solution se trouve dans l’insurrection des consciences, dans notre capacité à dire non, à faire preuve de notre esprit critique pour inventer des alternatives et se projeter vers d'autres horizons. Allons crier plus fort que ceux qui nous assourdissent, allons marcher sur les pavés, allons dormir sur les places, allons nous enchaîner aux arbres, allons bloquer ceux qui veulent nous bloquer. Les politiques finiront par bouger leur cul. S'ils restent aveugles, nous irons prendre leur place.

 

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Antoine Léaument

Responsable de la commission réseaux sociaux du Parti de Gauche.

 

Antoine Léaument

 

"Nous traversons une période historique critique"

08.07

 

Bonjour Antoine Léaument. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Si je devais choisir une seule information à donner à vos lecteurs, je choisirais la suivante : avant d’avoir adhéré au Parti de Gauche, je soutenais le MoDem (sans être encarté). En 2007, lors de l’avant-dernière élection présidentielle, je n’avais que 17 ans et n’étais pas en âge de voter ; toutefois, je m’intéressais beaucoup à la politique, et il se trouve que si j’avais eu le droit de le faire, j’aurais mis un bulletin « Bayrou » dans l’urne. Deux choses m’avaient plu, à l’époque, dans le discours du MoDem : premièrement, l’accent mis sur la nécessité de rembourser la dette « avant qu’il ne soit trop tard » ; deuxièmement, l’idée qu’une « troisième voie » consensuelle, mettant en commun les talents du PS et de l’UMP, était possible et salutaire pour notre pays.

 

Le basculement vers le Parti de Gauche s’est effectué pour moi à la fin de l’année 2010, période à laquelle j’étudiais à l’Université de Poitiers (un mélange de Lettres, d’Histoire, d’Economie, de Droit et d’un certain nombre de matières plus ésotériques comme les « études cinématographique » ou la « culture critique »). Ce sont deux éléments qui m’ont amené à adhérer, petit à petit, aux idées développées par ce parti. Il y a d’abord eu la question des retraites et le développement d’un discours qui prenait pour point de départ non pas l’économie (sur le mode « on n’a pas le choix », ce que François Hollande est d’ailleurs en train de nous ressortir actuellement) mais ce qui était juste, c’est-à-dire, dans ce cas précis, le droit au repos après une vie de labeur. Partant de là, des solutions étaient proposées pour réaliser cet objectif (meilleure répartition de l’impôt, taxation du capital, réorganisation de l’économie en ayant pour buts la transition écologique et le plein emploi, action pour la hausse des salaires, etc.). Le deuxième élément était, paradoxalement, celui qui m’avait d’abord fait adhérer au discours du MoDem : la question de la dette. Là encore, le point de départ de la réflexion développée par le Parti de Gauche n’était pas l’économie mais ce qui était légitime et ce qui ne l’était pas. Ce qui m’a plu alors, c’est que ce parti posait sur ce point des questions que je n’avais jamais entendues ailleurs, comme : « la dette est-elle légitime ? », « à qui profite la dette ? » (je vous invite d’ailleurs à regarder cette vidéo, réalisée par des camarades belges), ou encore « que se passe-t-il si on ne paye pas ? ». En fait, le Parti de Gauche ouvrait des horizons qui m’étaient jusqu’alors inconnus, mais il ne faisait pas que cela : il traçait des routes pour y parvenir, il montrait que, dès lors que l’on pensait que le politique devait primer sur l’économique (et non l’inverse), il existait des solutions alternatives pour sortir de la crise sans que le plus grand nombre ait à en pâtir.

 

Evidemment, je n’ai pas répondu innocemment à votre question : certaines personnes se disent que les militants du Parti de Gauche sont des utopistes qui ne comprennent pas grand-chose à l’économie ; je voulais montrer ici non seulement que ce n’est pas le cas, mais encore que nous développons au contraire une réflexion élaborée pour sortir de la crise par le haut, en ayant l’intérêt général pour seule et unique ligne de mire.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous : je pense qu’au bout d’un an, on doit pouvoir commencer à juger un président sur son bilan et que, dans le cas de François Hollande, il est pour l’instant catastrophique : chômage en hausse continue, désindustrialisation de la France non stoppée, écologie reléguée au second plan, affaire Cahuzac… La liste est longue et je vais m’arrêter ici afin de ne pas trop charger la barque (ou le pédalo) et de répondre uniquement aux questions que vous m’avez posées.

 

Sur les orientations politiques prises par le président de la République, je reprendrai à mon compte le titre d’une note de blog de Jean-Luc Mélenchon : « On n’attendait rien, mais surtout pas ça ! ». Comme beaucoup de mes camarades, en 2012, j’ai voté au deuxième tour pour François Hollande, non pas parce que j’avais été convaincu par son programme mais parce qu’entre lui et Nicolas Sarkozy, la question ne se posait pas (je renvoie ici vos lecteurs vers un article que j’avais écrit juste après le premier tour). Je ne vous cacherai pas, néanmoins, que le clip de campagne de François Hollande, qui reprenait des séquences du discours du Bourget, titillait un peu ma fibre sociale et républicaine et me faisait espérer que, peut-être, son arrivée au pouvoir permettrait non pas un « changement » mais au moins une inflexion de la politique libérale qui avait été menée les années précédentes.

 

Cet espoir ténu a évidemment été déçu : 20 milliards d’euros pour les entreprises sans conditions associées, tentative de relance par l’offre plutôt que par la demande, accord « compétitivité-emploi » (que nous appelons, nous, « made in Medef », pour en donner la teneur), maintien du gel du point d’indice de la fonction publique, réforme des universités dans le droit fil de la politique menée précédemment par Valérie Pécresse, annonce d’une nouvelle réforme des retraites qui promet d’être encore pire que la précédente, « remerciements » pour Cahuzac mais « limogeage » pour Batho… Ça commence à faire beaucoup. Les Français ont voté pour le « changement », pas pour la continuité avec la politique menée par Nicolas Sarkozy. C’est pour ça que la formule « on n’attendait rien, mais surtout pas ça ! » me plaît : au Front de Gauche, on savait pertinemment que François Hollande ne mènerait pas la politique que nous souhaitions, mais imiter à ce point ce qui était fait par Nicolas Sarkozy… faire pire, même, parfois… je crois qu’aucun de nous ne s’attendait à cela ! De plus, je pressens que la prochaine étape pourrait être la relance de l’exploitation des gaz de schiste (une recommandation contenue dans le dernier rapport « made in Medef »)…

 

Sur la manière de gouverner, je dirais qu’il y a incontestablement du mieux dans le « style » : François Hollande a réussi à rompre avec ce qu’on appelait « l’hyperprésidence » ou « l’omniprésidence » de Nicolas Sarkozy, ce qui n’était pas gagné d’avance, parce que les Français s’étaient habitués à voir en permanence un président « sur la brèche » (la faiblesse de la cote de popularité de François Hollande vient d’ailleurs probablement de là, pour partie). On revient à une pratique du pouvoir plus proche de ce qu’elle était pour Jacques Chirac (l’influence bénéfique de la Corrèze, sans doute) et, finalement, plus proche de la logique initiale des institutions de la Ve République. Cela dit, on a gagné en plan-plan ce qu’on a perdu en bling-bling. Tout cela semble un peu ankylosé, mou, sans panache ; on a l’impression d’un gouvernement qui gère les affaires courantes sans avoir de vision de long terme pour l’avenir de notre pays.

 

Votre question sur la manière qu’a François Hollande de représenter la France en Europe et dans le monde est intéressante parce qu’on peut la prendre sous deux angles différents : premièrement, l’image qu’il donne de la France à l’étranger en tant qu’individu, deuxièmement, l’action qu’il mène aux deux niveaux que vous évoquez (européen et mondial). Sur le premier de ces points, je n’ai pas grand-chose à dire et, pour être honnête, cela ne m’intéresse pas beaucoup ; bien sûr, comme tous ceux qui sont tombés dessus, j’ai beaucoup ri quand j’ai découvert le blog « François, ta cravate ! », mais je ne crois pas que la tenue vestimentaire ou le comportement corporel de François Hollande puissent influer de quelque manière que ce soit sur la vision que l’on a de nous à l’étranger. Sur le second point, en revanche, il y a beaucoup à dire.

 

Au niveau européen, d’abord, je dirais qu’il n’y a pas de grand changement avec ce que faisait Nicolas Sarkozy : comme son prédécesseur, François Hollande refuse tout rapport de force avec Angela Merkel sur les orientations à donner à l’UE. La politique de rigueur budgétaire menée partout en Europe à l’heure actuelle, sous l’impulsion de Berlin, sert avant tout les intérêts de l’Allemagne, qui a une population vieillissante et un système de retraites par capitalisation, ce qui l’oblige à favoriser une monnaie forte et des cours de bourse élevés (pour faire simple : favoriser la rente au détriment de l’activité économique). Ce n’est pas du tout le cas de la France qui a, au contraire, un système de retraites par répartition et une population jeune (comparée au reste de l’Europe) et qui sera bientôt le pays le plus peuplé de l’UE : il nous faut de l’activité, il nous faut de l’emploi ; mais cela ne veut pas dire que nous devons pour autant perdre de vue l’objectif écologique et nous mettre à produire n’importe quoi n’importe comment. Soit François Hollande n’a pas saisi ces enjeux, soit il a peur des conséquences qu’impliquent la mise en place de ce rapport de force avec l’Allemagne ; dans tous les cas, pour l’instant, il est en dessous de ce que l’on pouvait espérer de lui à ce niveau géopolitique puisque, contrairement à ses promesses de campagne, il n’a même pas renégocié le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Si vos lecteurs veulent avoir une idée de ce qui aurait pu ou de ce qui pourrait être fait au niveau européen, je leur recommande l’excellent débat Sapir-Mélenchon sur le thème : « faut-il sortir de l’euro ? ».

 

Pour ce qui est de l’action de François Hollande dans le monde, il y a plusieurs points qui me semblent problématiques : sur le Mali et la Syrie, on a l’impression qu’il n’y a pas vraiment de ligne directrice et, en comparant les deux situations, on peut se demander ce qui fait que nous sommes intervenus militairement à un endroit et pas à l’autre. En toute honnêteté, je n’ai pas d’avis tranché sur ces questions car je ne suis pas un spécialiste des enjeux maliens et syriens, mais l’impression que j’ai de l’action militaro-politique de François Hollande est qu’elle est incohérente. Sur un autre plan, celui des relations diplomatiques internationales, je suis effaré par les évènements récents : grâce à Edward Snowden, nous apprenons que les États-Unis espionnent la France et, alors que Monsieur Snowden demande l’asile politique à notre pays, nous le lui refusons. Pis : nous bloquons à Vienne l’avion d’Evo Morales, président de la Bolivie, en l’empêchant de survoler notre territoire parce qu’il est soupçonné de transporter clandestinement Monsieur Snowden ! C’est une faute diplomatique grave, qui provoque, à juste titre, l’indignation dans l’ensemble de l’Amérique du Sud. Sur ce point, François Hollande a fait preuve d’un manque de discernement incroyable et montré patte blanche aux Etats-Unis alors que nous aurions dû leur signifier que l’espionnage de notre territoire était une ligne à ne pas franchir.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

D’abord, il faut se questionner sur ce que l’on met derrière la notion de « redressement ». Si le « redressement », c’est avoir pour modèle les Trente Glorieuses, produire n’importe quoi n’importe comment et ne se soucier ni des enjeux environnementaux ni des questions de répartition des richesses, alors ça ne sert à rien. Si l’on veut vraiment sortir de l’ornière, il faut arrêter la politique menée à l’heure actuelle et penser aux enjeux sociaux et environnementaux du XXIe siècle : changement climatique, montée des eaux, creusement des inégalités, déplacements de populations sans précédent, etc. Si on continue, comme on le fait en ce moment, à regarder dans notre rétroviseur un passé idéalisé, tout ce qu’on va réussir à faire c’est se prendre de plein fouet le mur écologique et social vers lequel nous sommes en train de nous diriger.

 

Par conséquent, il y a plusieurs actions que j’appelle de mes vœux, même si je doute que François Hollande soit la bonne personne à qui s’adresser pour les mettre en œuvre. Au Parti de Gauche, nous proposons un programme économique, écologique et social cohérent pour sortir de la crise par le haut : planification écologique, protectionnisme solidaire, refonte de l’impôt sur le revenu (14 tranches au lieu des 5 actuelles), répartition équitable de l’effort entre le travail et le capital, smic à 1 700 euros par mois, salaire maximum à 360 000 € par an, éducation populaire, loi contre les licenciements boursiers, titularisation des 800 000 précaires de la fonction publique, convocation d’une Constituante pour mettre en place une VIe République, pôles publics de l’énergie et de la banque, investissements dans l’économie de la mer… La liste est longue et n’est pas exhaustive.

 

Tous ces éléments sont cohérents entre eux et répondent à trois grands objectifs : premièrement, assurer la sauvegarde de notre environnement ; deuxièmement, agir pour plus d’égalité sociale ; troisièmement, sortir notre économie des mains de la finance pour la placer entre les mains des citoyens. Pour un certain nombre de gens, tout ceci semble irréalisable et idéaliste mais j’aimerais dire deux choses pour les convaincre du contraire : d’abord, nous avons pu constater que les « solutions » employées jusqu’à présent (réduction drastique de la dépense publique, libéralisme exacerbé, etc.) ont fait la preuve de leur inefficacité (la Grèce en est à sa sixième année de récession !)… à tel point que même le FMI a dû faire son mea culpa sur la politique menée ; ensuite, nous sommes les seuls – je dis bien les seuls – à avoir présenté un contre-budget chiffré qui montre le réalisme de nos propositions… ceux qui nous critiquent feraient donc bien d’en prendre connaissance (libre à eux, s’ils le peuvent, de tenter de montrer ensuite que nous sommes « irréalistes ») et d’imiter cet exemple, puisqu’ils se contentent la majeure partie du temps de critiquer sans faire de propositions concrètes.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

François Hollande doit prendre pleinement conscience que nous traversons en ce moment même une période historique critique. Quand ses électeurs ont voté pour le changement, ils n’ont pas seulement voté pour un changement de personne : ils ont voté pour un changement de politique, ils ont voté pour l’alternance. En inscrivant sa politique économique dans le droit fil de celle menée par Nicolas Sarkozy, François Hollande valide en creux le discours du Front national, qui rabâche en boucle : « UMPS, tous les mêmes, tous pourris ». Prendre la mesure de la situation historique que nous traversons doit au contraire mener à réaffirmer avec force ce qu’est la gauche et ce qu’est la droite. En d’autres termes, François Hollande ne devrait pas soutenir corps et biens le grand patronat comme il le fait, en pensant que c’est de lui et de lui seul que viendra la reprise, mais chercher des solutions pour répondre aux attentes de ceux qui forment l’immense majorité de la population ; salariés, ouvriers, agriculteurs, artisans, chômeurs (malheureusement), etc.

 

De plus, la politique d’austérité qui est menée en Europe, et appliquée à la lettre par le président de la République qui devrait au contraire s’y opposer, conduit à la baisse de l’activité économique et à l’augmentation du chômage, ce qui grève les comptes publiques et nécessite de nouvelles mesures d’austérité, ce qui conduit à la baisse de l’activité économique… et ainsi de suite ! C’est ce qu’au Parti de Gauche nous appelons le « cercle vicieux de l’austérité ». Cette logique, validée au sommet de l’Etat, pousse les gens à se dire : « comment faire des économies ? ». Ils se mettent alors à regarder du coin de l’œil leur voisin, leur semblable, en disant : « celui-ci profite du système » ou « moi j’ai moins d’aides de l’Etat que lui » ou « je paye trop d’impôts et lui n’en paye pas assez ». Ces réflexions s’appuient alors sur tel ou tel document pipeauté qui fait le buzz, elles s’inspirent de ce qui est répété en boucle dans les médias dominants (sur les liens entre les médias et la finance, voir le film : Les nouveaux chiens de garde)et, surtout, sont exacerbées par le discours de Marine Le Pen qui voudrait que l’immigration soit responsable de tous nos maux, alors que de nombreuses études ont montré qu’elle rapporte au contraire autour de 12 milliards d’euros par an à notre pays.

 

Plutôt que de cajoler la finance comme le faisait déjà son prédécesseur, François Hollande devrait donc s’attaquer aux véritables inégalités, c’est-à-dire celles qui existent entre les très riches et l’immense majorité des autres. Ainsi, peu de Français le savent, puisque les médias ne relaient pas ce type d’arguments, mais les 50% les plus pauvres de la population française se partagent 27% du revenu total et 4% (seulement !) du patrimoine français, quand les 1% les plus riches se partagent 11% du revenu total et 24% du patrimoine. De même, dans le monde de l’entreprise, celles du CAC 40 paient moins d’impôts que les PME : 8% en moyenne pour les premières, quand le taux légal est de… 33% ! Par conséquent, la vraie question qui devrait être posée par la puissance publique n’est pas « comment faire des économies ? » mais « où est l’argent ? ».

 

Faute de prendre à bras-le-corps la question des inégalités entre l’infime minorité qui accapare tout et l’immense majorité qui possède peu, les tensions sociales risquent d’augmenter dans notre société et de mener tout droit au racisme et à la xénophobie ; les agressions de femmes voilées à Argenteuil doivent nous alerter : elles ne sont pas des évènements anodins mais les révélateurs d’une banalisation de la violence islamophobe. Si l’Histoire ne se répète jamais à l’identique, il est de notre devoir moral de ne pas oublier les leçons que nous devons tirer de notre passé… et, à y regarder de près, la période que nous vivons actuellement présente de fortes similitudes avec les années 30 : une crise financière, une crise de l’économie réelle, une augmentation du chômage et, au final, une montée des tensions au sein de la société (dans notre cas, l’islamophobie semble avoir remplacé l’antisémitisme). Evidemment, il y a entre les années 30 et la période que nous vivons actuellement des différences notables, mais elles ne doivent pas nous empêcher d’être extrêmement vigilants : l’Histoire nous a appris que la haine de l’autre menait inévitablement au désastre ; il est primordial pas l’oublier.

 

Aussi, voici ce que j’ai à dire à François Hollande : il est temps de changer de politique et de s’attaquer aux inégalités entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien, il est temps d’orienter notre économie vers le mieux-disant social et écologique, il est temps de mettre un terme à l’arrogance de la Commission européenne, qui provoque catastrophe sur catastrophe dans les pays du sud de l’Europe, il est temps de lutter contre la finance, il est temps de réaffirmer le rôle de l’Etat en matière d’économie ; bref : il est temps de donner un contenu au « changement » promis. Ce sont ces mesures et ces mesures seules qui permettront de lutter efficacement contre le Front national : les déclarations de bonnes intentions ne suffisent plus. Il faut des actes. Des actes de gauche.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Je tiens d’abord à vous remercier de m’avoir proposé de répondre à vos questions : il est rare que nous soit donnée, comme vous l’avez fait, la possibilité de développer à loisir le discours qui est le nôtre. Ensuite, j’aimerais adresser un petit message à vos lecteurs : il existe un Parti de Gauche qui ne se résume pas aux caricatures véhiculées par les médias dominants. Certes, nous avons le verbe haut, nous parlons fort – parfois même « cru et dru » – et nous ne sommes pas toujours tendres avec les journalistes ; mais tous ces éléments mis en avant par les médias, qui se sentent agressés en tant que corporation, ne doivent pas cacher l’essentiel : nous développons un discours structuré et cohérent ayant pour seule ligne de mire l’intérêt général humain, ce qui passe pour nous par des mesures politiques (la Constituante, la démocratie dans l’entreprise, etc.), sociales (le smic à 1 700 euros, le salaire maximum, la refonte de l’impôt sur le revenu, etc.) et écologiques (la planification écologique, le protectionnisme solidaire, ect.). Par exemple, peu de gens savent que nous éditons régulièrement, chez Bruno Leprince, des livres sur des sujets divers et variés, pour expliquer ce que nous pensons de tel ou tel élément et/ou ce que nous proposerions si nous étions au pouvoir.

 

En d’autres termes, nous ne « vociférons » pas, nous n’« éructons pas » : nous sommes critiques, certes, mais nous faisons aussi de nombreuses propositions pour sortir de la crise par le haut, en expliquant de manière systématique à la fois pourquoi nous pensons que nos solutions sont les plus efficaces et comment les mettre en œuvre. Beaucoup ne s’astreignent pas à cet exercice et se contentent de proférer des lieux communs (« chacun sait que… », « personne ne conteste l’idée que… », etc.) qu’ils n’expliquent jamais ; cela appauvrit considérablement le débat public et participe de la montée de l’abstention. Au Parti de Gauche, nous appelons au contraire à une « Révolution citoyenne », c’est-à-dire un changement politique et économique par les urnes, qui s’appuie sur une vaste mobilisation populaire. Cela n’a de chance de fonctionner que si nous parvenons à élever le débat public et à montrer qu’un autre monde est possible si l’on accepte de sortir des « solutions » traditionnelles qui ont fait la preuve de leur inefficacité.

 

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Jérémy Coste

Porte-parole des Jeunes Forces Democrates FED, membre fondateur de l'UDI.

 

Jérémy Coste

  

"L'Europe a tant à montrer au monde..."

18.07

 

Bonjour Jérémy Coste. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Merci tout d’abord de nous donner une nouvelle fois la parole (deux interventions jusqu'ici, en août et novembre 2012, ndlr). Les fidèles lecteurs de Paroles d’Actu – relativement jeunes pour la plupart – sont des observateurs avisés de la vie politique française et je veux aujourd’hui partager avec eux ma conviction que le temps est venu d’agir. La jeunesse doit s’engager activement dans la vie démocratique de notre pays, contribuer à retisser la confiance perdue et restaurer les capacités d’action de la politique au service du plus grand nombre.

 

Quelle désespérance de voir ces derniers mois la fragmentation prévue et prévisible du bloc de gauche, avec un Parti socialiste incapable de faire la synthèse des idéologies contradictoires de ses alliés pour fixer un véritable cap, pour trouver des solutions. En face, rien de mieux, l’UMP est en triple faillite – morale, politique et financière. Pourtant la situation est grave, nous sommes la 6ème puissance mondiale mais les interrogations oppressantes « comment vivre, se nourrir, se loger, se soigner, trouver un emploi » se multiplient pour les Français, dans toutes les catégories sociales.

 

Les partis extrémistes profitent de cette situation mais n’offrent que le chaos comme échappatoire. Je veux dire aujourd’hui que le parti auquel j’appartiens, l’UDI, a réalisé un important travail ces derniers mois pour s’imposer comme la seule alternative crédible, républicaine et efficace à l’UMP et au PS. Beaucoup d’élus volontaires nous ont rejoint, des militants aussi, nous sommes près de 50 000 ! Et nous avons eu nos premières victoires, notamment avec l’élection d’un nouveau député UDI représentant les Français de l’étranger (Italie, Turquie, Israël, Grèce, Italie, Malte, Chypre).

 

A l’UDI, nous progressons, nous proposons. Désormais, nous sommes une nouvelle force politique dans notre pays et nous avons la volonté de réformer un système qui ne fonctionne plus au bénéfice des Français. Les jeunes de l’UDI joueront notamment leur rôle dans ce renouveau que nous voulons porter. Il faut continuer de croire en la France et en l’Europe malgré les difficultés.

 

Personnellement, j’ai décidé de m’engager dans cette voie en soutenant tous ceux qui voudront s’investir utilement et en travaillant un projet politique qui sorte des sentiers battus. Concrètement, j’ai accepté la mission que m’a proposée Jean-Christophe LAGARDE, Secrétaire général de l’UDI et Président de la FED (Force Européenne Démocrate), d’animer une Agora Démocrate. Je prends cette mission très à cœur, je la conçois comme un espace d’échange et de propositions, un lieu de rencontre avec les Français afin de poser les fondations d’un projet novateur pour la France et l’Europe. Cette Agora démocrate, ouverte à tous, est un tableau d’anticipation pour l’avenir, nous pouvons tout inventer et repenser. Notre projet sera révolutionnaire !

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Il est sans doute trop tôt pour établir un bilan, mais l’on peut au moins s’inquiéter de l’absence de ligne directrice dans la politique du Gouvernement, de vision d’avenir cohérente et claire à laquelle s’accrocher. Personne ne comprend rien à ses actions désordonnées, faîtes au jour le jour. Même leurs alliés écologistes et d’extrême gauche sont déstabilisés ! François HOLLANDE voulait tout changer, mais personne n’avait imaginé que la France plongerait davantage… Quels fruits retirent les Français des choix effectués, des lois votées il y a un an, dès son élection ? La France décline et la population souffre. Ce ne sont pas des formules creuses et emphatiques. Dans votre entourage, combien connaissez-vous de personnes qui galèrent pour trouver un boulot, qui peinent à finir le mois ?

 

A cause de ce manque de cap politique, François HOLLANDE n’a pas non plus réussi à se glisser dans les habits de chef d’État, à rassembler la communauté nationale, à susciter un enthousiasme. Lui-même n’impose que difficilement ses volontés à sa majorité et à son gouvernement. Les divergences au sein de l’équipe gouvernementale se multiplient, ce qui prouve que c’est une équipe de circonstance, constituée pour ménager des équilibres partisans et pas pour redresser la France et servir l’intérêt général !

 

Et comment ne pas reprocher aussi à François HOLLANDE son manque criant de sincérité face à la situation. Il a été élu sur le déni, en clamant pendant toute sa campagne que la crise n’existait pas et que le remplacement de Nicolas SARKOZY suffirait à tout résoudre. Il continue aujourd’hui à nier l’évidence, nier la réalité quotidienne que subissent la majorité des Français. Est-ce digne d’un chef d’État ?

 

Nous aurons dans les mois et les années qui viennent des choix difficiles et importants à faire, sur nos institutions, le rôle de l’État, notre vision du système économique international, la place de la France dans le concert des nations… Quel modèle voulons-nous suivre ? La Chine, les États-Unis ? Ou inventer/défendre notre propre modèle ? Nous devons décider quelle voie nous souhaitons emprunter et quel monde nous souhaitons léguer aux générations futures.

 

Personnellement, je ne rêve ni du « maoïsme capitaliste » ni du « libéralisme sécuritaire ». L’Europe de nos pères fondateurs reste pour moi une référence. Je veux que nous retrouvions cette Europe des peuples et cette Europe des territoires. Je désire que nous soyons à nouveau ambitieux et que nous retrouvions notre fierté d’avoir fait ce que personne d’autre au monde n’a su faire : unir 500 millions de personnes tout en préservant notre diversité, héritage d’une histoire commune pluriséculaires. Je désire que les Européens se réveillent et cessent d'accepter la soumission aux grandes puissances. Nous avons tant à montrer au monde...

 

François HOLLANDE ne s’engage pas dans cette voie, par ses attaques répétées contre l’Allemagne et la Commission européenne. Je garde quand même espoir que cette politique soit infléchie et qu’il agisse enfin pour trouver des solutions. L’UDI prendra toute sa part dans ce travail, dans une démarche d’opposition constructive et de proposition, comme elle l’a toujours fait.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Concrètement, il faut commencer par une refonte de nos institutions. Je n’ai pas peur de parler de Nouvelle république car je suis convaincu que notre système démocratique est à bout de souffle. Il me semble opportun d’ouvrir les yeux sur le monde tel qu’il évolue et de prendre conscience des nouveaux enjeux et des puissances qui émergent.

 

Le redressement aurait donc dû commencer par une réforme institutionnelle majeure qui replace le citoyen au cœur du processus décisionnel. La Suisse à cet égard fait office d’exemple. Les sujets nationaux sont tranchés par le Gouvernement central et les questions de société sont tranchées par référendum populaire. Parfois, il est vrai que cela peut aboutir à des dérives populistes, il faut en être conscient mais cela a le mérite de préserver un lien de confiance entre le peuple et ses dirigeants. Pour réussir ce changement institutionnel, l’avis du peuple est essentiel. Partout sur le territoire national, nous pourrions interroger les Français dans le cadre d’ateliers citoyens, une sorte de constituante populaire.

 

Le redressement économique doit aussi aller de pair avec la restauration de la République et de la confiance. Je ne crois pas en revanche que l’amélioration à la marge d’un système défaillant permette de s’en sortir durablement. Nous ne faisons qu’empiler les pansements sans soigner le mal à la racine. Le capitalisme financier ne répond plus aux exigences de notre société. Ce système qui a porté ses fruits jusque dans les années 1990, est désormais coupé de la réalité. Il faut revenir à un capitalisme familial qui replace l’Homme comme décideur.

 

De plus, je suis perplexe face à l’idée que la France, seule, puisse s’en sortir. Je crains qu’en ne participant pas plus activement à la création d’une Europe fédérale, la France perde à terme son identité, sa créativité, sa crédibilité et son influence dans le monde. Je suis en revanche certain que si l’Europe fait enfin son saut fédéral, qu’elle harmonise sa politique fiscale et migratoire, qu’elle se concentre sur les enjeux essentiels que sont la stratégie économique et la géopolitique, la France en sortira renforcée. A fortiori si elle est l’un des acteurs principaux de ce changement.

 

Pour résumer, je dirais que la France doit adapter ses institutions à son temps et aux nouvelles attentes et pratiques des Français. Elle doit ensuite engager les réformes économiques en allégeant les charges qui freinent la création d’emplois. Elle doit enfin s’engager franchement en faveur de la construction d’une Europe puissante et plus démocratique qui nous protégera tous. Ces trois priorités constitueraient déjà à elles-seules un cap !

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? 

 

Quelles que soit ses convictions, et même si je ne les partage pas toutes, loin de là, il est temps qu’il agisse avec fermeté, clarté, efficacité. La politique tiède, ça suffit. Il y a urgence, il faut qu’un changement radical s’opère.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Pour relever ces défis, l’UDI est prête, la structuration de notre parti sera entièrement achevée à la rentrée après moins d’un an d’existence, c’est une belle réussite. Les Jeunes de l’UDI disposeront à cette date d’une organisation opérationnelle pour accompagner l’UDI et ses élus dans leurs objectifs. Cette naissance ne peut découler que d’élections directes qui légitimeront pleinement l’équipe élue. Après une phase de transition avec une direction provisoire, les militants vont pouvoir reprendre la parole et définir eux-mêmes l’orientation de notre mouvement. Je suis heureux d’avoir contribué à cette réalisation.

 

Une équipe renouvelée doit émerger, porteuse d’une vision nouvelle. Personnellement, j’aiderai ces visages nouveaux à construire un mouvement moderne et un projet novateur pour notre pays.

 

Je pense que l’UDI est forte de la diversité de ses sensibilités. C’est pour cela que je crois que les composantes de l’UDI et des Jeunes UDI doivent continuer leur réflexion politique propre tout en agissant de concert avec les équipes dirigeantes. Par conséquent, l’idée formulée par l’un des membres de notre direction provisoire de créer une instance réunissant les responsables de ces mouvements me semble pertinente. Cela permettra de mieux coordonner nos actions futures. Mais l'essentiel pour moi est d'encourager les jeunes à nous rejoindre et construire une France nouvelle. Notre avenir est plus que jamais entre nos mains.

 

Pour conclure, je veux souhaiter à tous un excellent été.

 

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Alexis Mancel

Militant au sein de l'UMP. Initiateur du Débat Club.

 

Alexis Mancel

  

"Qu'il incarne l'homme providentiel dont notre pays a besoin"

18.07

 

Bonjour Alexis Mancel. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Il faut d’abord qu’ils sachent qu’il n’y a rien de plus noble que de s’engager pour son pays et ses valeurs, et c’est ce que je fais. Ensuite, je ne peux pas le cacher : je suis fils de député et je dois par conséquent en assumer les avantages et les inconvénients. Cela n’a pas toujours été facile mais ayant suivi et accompagné mon père depuis un certain nombre d’années, je peux vous dire que l’on peut réaliser de belles choses grâce à la politique. Il faut arrêt de tirer à boulets rouges sur nos responsables qui pour l’immense majorité d’entre eux font un travail formidable et dédient leur vie au service des habitants.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Je crois que tout le monde s’accorde sur une chose : il n’est pas à la hauteur. Rappelons que nous sommes la 5ème puissance du monde, que le monde entier nous envie et qu’il y a encore deux ans nous étions au 4ème rang des investissements directs à l’étranger ! Toutefois, les premiers symptômes de la déchéance sont de plus en plus flagrants, en commençant par Paris qui, autrefois dans le Top 10 des capitales attractives, a été reléguée à la 15ème place. Et ce n’est que le début car la pression fiscale subie par les entreprises ne cesse de s’alourdir. Le gouvernement actuel n'offre aucune visibilité aux investisseurs, aucun projet de grande envergure, comme la France a pu en connaître sous De Gaulle ou même Sarkozy avec le Grand Paris. Je conçois la France comme un grand pays, un pays puissant capable de rayonner économiquement et culturellement mais malheureusement c’est le chemin inverse que nous empruntons actuellement. Concernant sa manière de gouverner, il faut être mathématicien pour calculer le nombre de promesses déjà reniées ! À cela s’ajoute un manque de charisme qui s’incarne par son incapacité à faire preuve d’autorité. C’est le premier président de la République française qui se fait publiquement critiquer par son propre gouvernement !

 

Enfin, sur la représentation de la France à l’étranger, il y en aurait tant à dire en commençant par le poids sans cesse décroissant de la France en Europe. On pourrait aussi s’attarder sur toutes les « boulettes » qui, mises bout à bout, décrédibilisent considérablement notre pays. On ne peut pas trop attendre d’un président qui avant d’entrer en exercice n’avait jamais mis les pieds en Chine…

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Je vois trois axes majeurs essentiels au redémarrage de notre économie : la compétitivité, la libéralisation du marché du travail et l’innovation.

 

D’abord la compétitivité, car le constat est simple : nous avons un coût du travail de 10% supérieur à nos voisins allemands, alors qu’il était de 10% inférieur il y a encore 10 ans. De droite comme de gauche, nous avons laissé exploser les prélèvements de toutes sortes ce qui a un double effet néfaste : on décourage le recrutement et on atteint un coût horaire exorbitant.

 

Ensuite la libéralisation du marché du travail ne doit pas se faire avec des mesurettes. C’est une refonte totale de notre code du travail qui s’impose à nous. Il n’y a aucun point commun entre le monde du travail d’aujourd’hui et celui des années 70. Le code a certes évolué mais dans des proportions bien moindres que l’évolution de notre société. Cela doit passer par exemple par un contrat de travail unique mais aussi par un système d’embauche / licenciement beaucoup plus simple.

 

Enfin, il n’y a pas d’économie qui prospère sans innovation, et cela passe par des investissements massifs de toutes nos PME dans la recherche et le développement. Ce ne sont pas les grands groupes du CAC 40 qui sortiront la France du gouffre mais bien nos petites et moyennes entreprises qui sont le cœur du dynamisme français. Elles doivent, avec l’aide de l’État, être les leaders mondiaux de leur secteur d’activité.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?

 

Je ne pense pas que François Hollande soit quelqu’un d’incompétent, bien au contraire. En revanche, je voudrais qu’il incarne l’homme providentiel dont notre pays a tant besoin pour sortir de l’ornière. Je voudrais qu’il prenne véritablement conscience de la tâche qui est la sienne et que l’on ne peut plus se permettre de faire de la politique électoraliste. L’heure est grave et malheureusement ce n’est pas avec le mariage pour tous, la taxe à 75% ou encore le droit de vote des étrangers que les Français verront leur qualité de vie progresser.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Je voudrais d’abord saluer l’équipe de Paroles d’actu qui fait un excellent travail grâce à leurs interviews pertinentes.

 

Pour terminer, je veux pointer une situation alarmante : jamais dans l’histoire de la 5ème république le fossé entre le citoyen et son responsable politique n’aura été si important. En effet, les faibles taux de participation aux élections témoignent de la perte de confiance et de crédibilité envers nos responsables politiques. Je pense qu’à vouloir faire trop de démocratie, nous avons tué la démocratie et il faut y remédier par deux façons.

 

D’abord en clarifiant le mille-feuille administratif. A cause de toutes nos strates administratives, nous avons le record mondial du nombre d’élus par habitant. Cela fait-il de nous le pays le mieux géré et le plus démocratique ? J’en doute. Il faut donc moins de strates, moins d’élus.

 

En second lieu, il faut qu’il y ait plus de justice démocratique. Dans l’Oise, le président de mon conseil général est le recordman des mandats : 17 ! Comment peut-on faire croire aux Français que l’on peut exercer proprement autant de fonctions ? D’autant plus que, d’un point de vue financier, un certain nombre de ces mandats ne rentre même pas dans le plafonnement d’indemnités. Il est temps de limiter à deux le nombre de mandats électoraux. Quand je me mets à la place d’un Français moyen qui a du mal à boucler ses fins de mois et qui travaille sans relâche pour nourrir sa famille, je constate ce genre de situation et je me dis qu’il reste beaucoup, beaucoup de choses à réaliser dans notre pays.

 

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Lorenzo de La Rochefoucauld

Militant au sein de l'UMP ("La Droite forte").

 

Lorenzo de la Rochefoucauld

  

"Que François Hollande arrête de se comporter en chef de clan"

29.07

 

Bonjour Lorenzo de La Rochefoucauld. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Bonjour. Merci de m'avoir invité. C'est la première fois que je m'exprime dans Paroles d'Actu et j'en suis ravi !

 

J'ai commencé à militer avec mes amis à l'université, mais c'est pendant la dernière campagne présidentielle que j'ai littéralement attrapé la « fièvre » de la politique. Comme bon nombre de mes amis, c'est Nicolas Sarkozy qui m'a donné envie de m'engager : son amour pour la France, son incroyable énergie, sa capacité à se rendre indispensable sur tous les sujets sont autant de sources d'inspiration pour moi.

 

Je milite à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. J'ai connu Saint-Ouen à travers mon travail. J'ai d'emblée été séduit par cette ville si particulière qui se situe aux portes de Paris, avec un fort potentiel (On y trouve notamment le siège de Samsung France), et qui mérite aujourd'hui autre chose que de faire la une pour son taux d'insécurité record ou pour sa mauvaise gestion qui en a fait la troisième ville la plus endettée de France. Saint-Ouen doit connaître l'alternance en 2014 pour retrouver la maîtrise de son destin et pour se donner une nouvelle ambition, en cohérence avec le développement du Grand Paris.

 

Comme militant engagé UMP, je ferai tout mon possible pour faire gagner la droite et le centre aux élections municipales en mars prochain.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Je suis d'accord avec vous : dresser le bilan d'un quinquennat au bout d'un an, c'est un peu rapide. Mais c'est tout à fait suffisant pour parler de sa façon de gouverner, de la politique qu'il a choisi d'entreprendre, dans ses grandes lignes...

 

François Hollande se voulait « normal », il en devient presque médiocre. Sa boîte à outils n'a pas l'air de convaincre les Français (sa cote de popularité ne cesse de chuter) et son interview lors du 14 juillet n'est franchement pas rassurante. Surtout lorsqu'il affirme : « La reprise, elle est là. »Quant à ses ministres, ils ont pris l'habitude de s'émanciper sur la place publique.

 

Il a consacré six mois au mariage gay, mais qu'a-t-il fait pour lutter contre le chômage ou l'insécurité ? Attendons les réformes nécessaires de 2014.

 

Sur la scène internationale, on a du mal à entendre la voix de François Hollande. Obama en oublie même son nom... Sur la scène européenne, c'est du pareil au même. Le pouvoir socialiste semble en effet plus attaché à casser le couple franco-allemand, qui représente pourtant 92% du PIB de la Chine, plutôt qu'à le développer.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

En France, on n'investit plus, on n'embauche plus, on ne crée plus de richesse : le pays est en panne. Il faut que François Hollande encourage l'entrepreneuriat et non qu'il l'asphyxie comme il l'a fait en 2013 en augmentant partout la fiscalité. Je pense que mon ami Jonas Haddad a raison de dire qu'il faut investir massivement dans notre jeunesse.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?

 

J'aimerais que François Hollande arrête de se comporter comme le chef d'un clan ou d'un parti et qu'il soit le président de tous les Français, de ceux qui ont voté pour lui comme de ceux qui n'ont pas voté pour lui. Je souhaiterais qu'il s'attache à mener les réformes indispensables pour enrailler notre déclin, à l'image de la réforme des retraites ou encore de la question de la compétitivité, trop vite oubliée.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Si vous pensez comme moi, alors faites vivre la démocratie et engagez-vous dans vos territoires pour les municipales !

 

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Florian Brunner

Représentant des Jeunes Démocrates de France (Young Democrats for Europe),

Président des Jeunes Démocrates (MoDem) d’Alsace.

 

Florian Brunner

  

"Il faut un sursaut du peuple français"

09.08

 

Bonjour Florian Brunner. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Je suis actuellement Président des Jeunes Démocrates d’Alsace et Représentant des Jeunes Démocrates de France chez les Young Democrats for Europe. Durant mon parcours, j’ai toujours tenté de renouveler l’engagement et l’action politique. J’ai participé à de nombreuses démarches collectives dépassant les clivages au service d’un projet commun.

 

En 2008, après l’annulation de premières élections municipales à Colmar en Alsace par le Tribunal Administratif de Strasbourg, des jeunes de tous courants politiques se sont retrouvés pour constituer une liste dépassant les clivages. J’ai participé à cette aventure. Nous avons constitué une liste « Bougeons les lignes ! ». Le Maire est repassé dès le 1er tour. Notre liste a totalisé 1088 voix soit 5,39% des suffrages. Nous avons été remboursés et notre tête de liste, Tristan Denéchaud, a été élu au Conseil Municipal de Colmar. Nous avons constitué une association afin de structurer notre action. J’en ai été Secrétaire durant trois ans et Président durant un an.

 

Début 2012, dans le contexte du débat sur la Collectivité Territoriale d’Alsace, un collectif « transpartisan » de jeunes engagés sera formé. Les Jeunes Démocrates d’Alsace en font partie. Le collectif Alsace Unie regroupe outre les jeunes MoDem, des jeunes UMP, PS, EELV et « Bougeons les lignes ! ». Nous structurons une association début 2013 afin de défendre le « Oui » à la Collectivité Territoriale d’Alsace. Malgré le résultat du référendum chaotique, l’expérience sera positive pour les Jeunes Démocrates d’Alsace. Nous avons réussi à émerger et à nous affirmer dans une coalition, notamment au niveau médiatique. Nous avons pu entraîner une formation dynamique dans une campagne électorale qui mobilisait de nombreux acteurs. Les Jeunes Démocrates d’Alsace ont été fiers de défendre un projet pour l’Alsace et continuent de s’engager pour leur Région.

 

J’ai également commencé à travailler pour Jean Lassalle, le député MoDem qui fait un tour de France à pied pour écouter les citoyens. J’ai rencontré Jean Lassalle à Strasbourg, où j’ai organisé une réunion publique pour sa venue. Nous avons marché dans Strasbourg puis nous nous sommes retrouvés à Gueberschwihr pour entamer une marche de 17h à 00h30 où je l’ai guidé jusqu’à Ensisheim. Une marche sous les étoiles, où nous avons pu échanger sur l’exercice physique, les montagnes et la famille. Guidés par l'équipe des militants MoDem de Mulhouse, nous nous sommes rendus le lendemain à Mulhouse. J’ai été chargé par Jean Lassalle d'animer une équipe sur le thème des Jeunes et de l'Europe, dans le cadre des Cahiers de l’Espoir.

 

À côté de l’action politique, j’aime beaucoup pratiquer le sport. Je me suis adonné au ski, à l’escrime, à la randonnée, au jogging, à la natation et à la musculation. Je suis également un grand cinéphile, féru de l’actualité du 7ème art, avec un penchant pour l’action et l’aventure. Je compose également de la musique électronique et je travaille sur différents projets en ce moment.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

En 2012, j’ai voté François Hollande au second tour de la présidentielle. Je l’avais annoncé dans les médias locaux. La présence de François Hollande dans l’élection présidentielle en tant que candidat de la gauche ne m’a pas surpris. En effet François Hollande, dès fin 2009 s’est lancé dans une phase de conquête du parti en vue de 2012. Un homme qui a été Premier secrétaire du Parti Socialiste pendant tant d’années avait forcément une bonne connaissance des réseaux et une bonne maîtrise qui en faisaient dès le début, le véritable favori des primaires socialistes. Certes, Dominique Strauss-Kahn était flambant neuf au FMI mais ses relations avec les femmes soulevaient déjà des scandales, il semblait évident qu’elles le rattraperaient. François Hollande semblait être un bon manœuvrier avec suffisamment d’intelligence et de fond pour y arriver. Surtout il était sous-estimé ce qui devait faciliter sa percée. Ça a été le cas. François Hollande avait un bon discours au départ et a amené des propositions intéressantes mais au fur et à mesure de la campagne, il a été piégé dans son parti. En outre, une fois élu, il était clair que l’équipe qu’il mettrait en place ne serait pas en accord avec un véritable changement et qu’il devrait s’en accommoder. « Le changement, c’est maintenant », personne n’y a vraiment cru. Le changement pour beaucoup de citoyens, c’était le départ de Nicolas Sarkozy. Et en effet, nous avons soufflé avec le résultat de la présidentielle. Nicolas Sarkozy était trop proche des thèses de l’extrême-droite, trop atlantiste. Nicolas Sarkozy ne répondait plus aux attentes de l’aile centriste de la droite qui a d’ailleurs voté pour François Hollande. François Hollande apparaissait comme un homme plus modéré et ouvert au dialogue. Nicolas Sarkozy est un homme trop fermé, trop autoritaire et chaotique dans son action. En outre, de nombreuses affaires ont animé le mandat de Nicolas Sarkozy. Il fallait en finir. Nicolas Sarkozy a perdu parce qu’il ne rassemblait plus son camp et surtout son aile modérée. La stratégie de siphonner l’extrême-droite a été un échec. Du président sortant, on attendait un barrage, pas un mariage. Tous ces facteurs font qu’un an après, je ne regrette pas mon vote pour François Hollande.

 

Après le délire sarkozyste pro-américain, le retrait des troupes françaises d’Afghanistan est à saluer. Dans la Défense française, nous continuons cependant à colmater les brèches. Notre Armée est encore de qualité et a une bonne capacité d’action, mais nous restons trop limités. L’intervention au Mali en reste un exemple : nous avons été leaders de l’intervention mais nous avons eu de grands soutiens logistiques de la part d’alliés comme les États-Unis. En outre, cette action au Mali a permis de mettre fin à l’autocongratulation de Nicolas Sarkozy, Chef de Guerre autoproclamé depuis l’intervention en Libye contre un homme à qui il avait ouvert les bras au début de son mandat. François Hollande n’étant pas crédible en Chef de Guerre, on est maintenant sûr de calmer les fantasmes de la classe politique française sur les expéditions militaires. En plus, ils ont l’air d’avoir compris que ça avait des coûts. La Défense européenne est un chantier très important. Nous devons le débuter. Les pays européens sont encore trop mous sur cette question et le chemin vers une armée européenne semble difficile. Mais il faut s’y atteler. Nous avons besoin de leaders qui fassent des compromis et qui, en même temps, sachent trancher. Nicolas Sarkozy tranchait à l’excès et François Hollande veut s’entendre avec tout le monde. Nous avons deux opposés. Au final ce serait plus simple, si ces deux personnalités n’en formaient qu’une pour trouver un équilibre. La légalisation du mariage homosexuel était une avancée nécessaire, même si un autre terme comme Union aurait été préférable et même si le débat suscité par cette légalisation a entraîné trop de violences. Ces violences auraient dû être évitées. C’est curieux que notre pays en soit arrivé jusque là avec un président plutôt tourné vers le compromis…Il faut dire que ces violences arrangeaient bien du monde. Pour la droite et l’extrême-droite, on ne parlait plus de leurs divisions et ils pouvaient mobiliser leur électorat sur cette thématique. Pour la gauche, on n’abordait pas d’autres problèmes au gouvernement. Heureusement, tout ce désordre est désormais fini. Il était temps, ça devenait usant.

 

Au niveau de la culture, François Hollande et son gouvernement ont eu raison de défendre l’exception culturelle dans le domaine de l’audiovisuel. L’exception culturelle est un sujet très important pour l’identité des pays et leurs marchés. L’exception culturelle ne concerne pas que la France mais l’ensemble des cultures et des pays qui doivent se protéger face à un marché très libéral et dangereux. Nous ne devons pas être abreuvés de culture américaine, nous devons aussi avoir nos propres contenus culturels. C’est aussi important que la question de l’environnement. La diversité culturelle doit être entretenue comme la diversité des espèces d’animaux ou de plantes. Jean-Michel Jarre, le président de la Confédération Internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs (CISAC) a rappelé ces éléments avec beaucoup de pertinence et un beau mordant. Nous ne sommes pas les Indiens d’Amérique, incapables de se défendre face aux colons. Le cinéma américain peut être de grande qualité mais il produit aussi trop de films et trop de films de mauvaise qualité. Un débat s’est ouvert sur ce sujet aux Etats-Unis. Les studios américains ont tendance à vouloir placer trop d’argent dans des blockbusters (ou « tent-poles ») censés ramener de gros bénéfices alors que le public n’est pas demandeur ce qui conduit à de grands échecs financiers qui remettent en cause toute l’industrie hollywoodienne. Avec Lone Ranger, Disney a subi de lourdes pertes. Disney tient aujourd’hui grâce au succès de ses parcs d’attraction Disney World. Nous ne devons à aucun prix rentrer dans un tel système qui risque d’ailleurs de s’effondrer. De grands cinéastes américains comme Steven Spielberg poussent des cris d’alarme. Nous pouvons construire une alternative, fondée sur une économie plus durable.

 

Nous pouvons aussi constater que les médias restent accrochés à la fonction de Président de la République. En fin de compte, la médiatisation de la fonction se poursuit mais cette fonction apparaît de plus en plus vide de sens. François Hollande est prisonnier de son camp et avec l’état de l’Administration française actuelle, il n’a pas de véritables leviers d’action. Les citoyens ont aussi tendance à tout ramener à la fonction présidentielle. La réalité, c’est que le Président de la République (c’était aussi vrai du temps de Nicolas Sarkozy) n’est pas responsable de tout. De manière plus globale, les responsables politiques ne sont pas la source de tous les maux en France. Il y a ce que toute une société (notamment celle qui a émergé en Mai 68) a échafaudé : une France à la traine, avec de nombreux problèmes de fonctionnement. Le système scolaire français connaît de graves problèmes de l’école primaire à l’Université, l’Administration française est une usine à gaz sans efficacité, la création et l’entrepreneuriat ne sont pas assez favorisés et il reste trop de pessimisme et de résignation. Les Français sont aussi trop figés sur le passé, il serait temps de penser à l’avenir. Le pays, l’histoire d’un pays est un concept auquel les Français semblent attachés. Ce concept a sa pertinence. Mais les Français doivent aussi prendre du recul. D’abord nous sommes tous des êtres humains sur une planète installée dans un espace qui semble infini. L’exploration spatiale est un grand défi aussi qui est à relever. La France a un rôle à y jouer, d’abord parce qu’elle y a pris une belle avance en Europe avec Ariane. La France s’est lancée dans la conquête spatiale sous l’impulsion du Général De Gaulle puis l’Union européenne a rejoint cette démarche. Dans les années 60, la France était la 3ème puissance spatiale dans le monde. Aujourd’hui l’exploration spatiale en Europe a un beau potentiel. Dans le domaine scientifique, il reste de nombreuses choses à accomplir. Il est important que les Français se mettent à comprendre l’avenir et à en parler. On ne fait pas l’Histoire en pensant à l’Histoire, on fait l’Histoire en pensant à l’avenir. Ce que nous regardons comme des actes passés ont d’abord été des actes d’avenir. La France d’ailleurs est un pays moderne avec de nombreux atouts qu’elle peut exploiter. Nous sommes au sein d’une union économique forte (l’Union européenne), nous ne connaissons plus de guerres sur notre sol, notre système sanitaire est efficace, nous avons de nombreuses possibilités. Rien ne justifie un tel pessimisme. Nous ne sommes pas dans un pays ravagé d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud, nous sommes en France et en Europe. Une différence de taille.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Je ne pense pas que le « redressement » doive être l’objectif. Si l’on ne voit que ça, on risque surtout de ne rien atteindre. La crise ce n’est pas un passage entre une période où tout allait bien et une autre période où tout ira mieux. Il ne suffira pas d’attendre pour que tout se redresse par miracle. Dans le terme de « redressement », il y a l’idée aussi de tout rétablir comme dans un état antérieur. Or, soyons lucides, depuis les années 70, la France n’arrive pas à enrayer le chômage. Et les années 60, aussi éclatantes qu’elles ont pu être, comportent aussi leur part d’ombre. Nous n’allons donc pas remonter le temps. Ce qu’il faut, c’est initier un renouveau. Il faut oublier les vieilles méthodes pour entamer une démarche nouvelle et différente. Il y a tant de structures à changer, tant de réformes à faire que le terme « redressement » est faible. Nous devons parler de « Renouveau ».

  

Nous pouvons évidemment envisager de nombreuses réformes. Le système éducatif actuel n’est plus adapté à la jeunesse. Trop de pertes d'élèves chaque année sans diplôme, trop de chute du niveau, pas assez d'apprentissage et d'indépendance de l'élève (apprendre à apprendre…). L’obsession de la mémorisation dans le système scolaire français est une grave erreur. La capacité de mémorisation n’est en rien une preuve d’intelligence. L’intelligence humaine regroupe d’autres aspects comme la capacité de réflexion et de déduction. Ces aspects sont tout simplement ignorés voire méprisés dans l’Université française. On en constate aujourd’hui les dégâts. Les responsables universitaires les plus réformateurs sont paralysés, le système reste figé dans son inefficacité et refuse de bouger. Nous pourrions instaurer une sorte de BAC à la carte où les élèves trouveraient leurs spécialités avec une refonte totale de l’Université, une université moins théorique et plus proche de la pratique et du monde de l’emploi. Il serait important de mettre comme priorité l’enseignement des langues, encore une fois moins de théorie et plus de pratique. L'éducation est aujourd'hui également citoyenne. Elle apprend à vivre dans la société dans laquelle on évolue, à la comprendre, à devenir une personne civique et à se perfectionner dans un domaine choisi pour trouver un travail qui nous intéresse afin de gagner sa vie. Aujourd'hui, on demande à l'éducation de plus en plus de remplacer les parents dans le sens où, par la variété des cultures, elle a besoin d'apprendre les valeurs communes qui pourraient paraître basiques pour certains mais qui manquent à d'autres. L'éducation est dans un grand paradoxe aussi entre les riches et pauvres, avec une très forte inégalité. Elle en a un autre en ce qui concerne les zones géographiques. Elle a de plus en plus de priorités et est la base même de notre société future, de nos futures élites, elle doit de plus en plus accomplir des missions différentes et ceci avec des moyens qui ne suivent pas. Ainsi, à la place d'un service militaire strict, et à la place de rien (la journée d'appel à la défense qui est inutile), nous pourrions imaginer plusieurs options : un service européen qui sera au choix soit militaire, soit dans une association caritative pour apprendre à tout le monde, quelles que soient les ressources de ses parents, que la solidarité est une force et la base d'une société soudée, unie pour repartir dans une même direction, non divisée. Il pourrait également y avoir des partenariats dès le plus jeune âge entre les écoles des différentes nations européennes afin de créer un partage culturel européen, d’apprendre une langue très jeune. Tout cela va dans le sens d’un accès à la culture : développer les liens entre les nations européennes. Vouloir créer un État européen avec une Constitution, c'est bien, mais il faut déjà créer un lien culturel, du moins développer celui qui existe déjà. Rapprocher les générations lors des manifestations, conserver les cultures et traditions géographiques qui sont une richesse incroyable et qui prouvent que la France est un pays uni dans la diversité, un bon exemple pour l'Europe. Les jeunes devraient aussi pouvoir créer leur entreprise plus facilement. Quand on est jeune, on a de nombreuses idées, et pas d’argent pour les réaliser. Ensuite quand on a un peu de moyens on n'a plus d'idées ou beaucoup moins, sauf exception pour des gens très créatifs. C'est là que le lien doit se faire, entre d'un côté, des banques, des structures de financement (associatives, coopératives, ou encore publiques - collectivités), ou des entreprises importantes, voire des particuliers, et de l'autre côté, des jeunes qui ont envie d'entreprendre. Bien sûr, il y aura des pertes, des faillites, mais qui ne tente rien n'a rien. C'est encore une force de nos voisins allemands ou suisses, chez qui on voit nombre de jeunes entrepreneurs. Chez nous, si l'on n’a pas au minimum la trentaine, on ne nous fait pas confiance et on ne nous prête pas un centime.

 

Quelles que soient les divisions aujourd'hui sur la fainéantise, la qualité de travail des chômeurs, les qualifications des chômeurs, le principal problème est qu'il n'existe pas autant de nombre de places à pourvoir que de demandeurs d'emploi. C'est à dire que ce n'est pas parce que les chômeurs sont fainéants qu’il y a du chômage mais parce qu'il manque de la demande de travail. Cette pénurie de demande de travail s'explique par de multiples raisons combinées : la complexité de notre code du travail, des lois et règlements imposants et non plus naturels, un problème du lien éducation et monde du travail, des capacités non exploitées des personnes qui n'arrivent pas à se mettre en valeur et qui n'ont plus confiance en elles pour se lancer dans un travail et se perfectionner, ce dernier point étant essentiel aujourd'hui. Il faudrait mettre en place un système de retraite plus juste, négocier dans les conventions collectives, les branches, les conventions spécifiques par emploi, et créer une fiche nationale des métiers qui existent avec une tolérance de l'âge de départ à la retraite. L'espérance de vie augmente, mais la force de l'employé, sa santé ne suivent pas forcément en fonction de l'emploi qu'il a occupé durant toute sa vie.

 

Il y a aussi des blocages comportementaux ou barrières comportementales : nous ne pouvons que constater l’échec du vivre ensemble dans l’entreprise et l’administration. La rationalisation des process (procédés de création de biens ou de services) passe par une simplification outrancière des tâches de production, des savoir-faire se perdent et une déqualification technique des acteurs s’opère. Le but final est d’employer moins de monde, quitte à perdre en technicité. Depuis le début de la contraction du marché du travail, on voit se déployer avec force des stratégies de verrouillage et d’accaparement de postes, et ce jusqu’aux plus hautes responsabilités. De par leur formation, les cadres ne connaissent pas le terrain, entraînant des décisions hasardeuses et empiriques, ce qui les décrédibilise face à leurs employés. Une mise à plat est nécessaire : en temps de crise, le réflexe est de durcir les conditions de travail sans repenser l’organisation et les moyens en œuvre. Les solutions éculées sont maintenues coûte que coûte et les solutions alternatives ne sont pas mises en œuvre car on a exclu ou bridé les créatifs qui pourraient les porter. Il faut à tout prix attirer des individus prometteurs dans les filières professionnelles, qu’ils s’étoffent sur le terrain afin de donner à terme tout leur potentiel dans l’encadrement ou la recherche et développement. À l’exemple des CFA (Centre de Formation d’Apprentis), il faut que l’enseignement et le monde du travail se rapprochent pour leur bénéfice mutuel, avec des passerelles favorisant les va-et-vient entre enseignement et activités professionnelles pour les étudiants mais aussi les professeurs. Ainsi nous pouvons que constater un énorme gâchis, des potentiels bridés voire ignorés, ceux-là même qui nous permettraient de nous en sortir, mais par-dessus tout une crise de confiance. L’entrepreneur n’a plus la confiance de l’investisseur, le dirigeant n’a plus la confiance du travailleur, le politique n’a plus la confiance du citoyen, et les aînés n’ont plus la confiance de la jeunesse. On le voit déjà, il n’est plus question du Président de la République mais bien de nos problèmes, de nos lacunes et de nos erreurs. Il n’est plus question de l’Europe qui nous causerait du tort, il est bien question des retards de la France dans de nombreux domaines. Et l’Europe, on le voit, apporte de nombreuses solutions. Si nous voulons un avenir, nous devrons savoir l’inscrire dans le cadre de l’Union européenne. Ce que j’appelle de mes vœux, c’est un sursaut des Français. Il est trop facile de plier et de pleurer lorsque les temps apparaissent difficiles. Un peuple doit savoir se montrer courageux et nous ne nous en sortirons qu’en mobilisant l’intelligence collective.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ? Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Je peux lui dire qu’il ne sert à rien d’occuper une fonction comme la sienne, sauf pour s’attirer une multitude de désagréments, sauf pour se retrouver attaqué de toute part, sauf pour être perpétuellement sous le feu de la critique, sauf pour être observé par une foule de commentateurs ayant chacun leur vision des choses. La fonction de Président de la République apparaît plus aujourd’hui comme une source d’ennuis pour son occupant que pour un poste donnant des leviers d’action. Notre monde et notre pays ont changé. Nous ne sommes plus dans les années 60. Jouer au Général De Gaulle est adapté pour les jeux de stratégie retraçant les anciennes épopées, mais dans la réalité de notre présent, nous attendons autre chose. En outre, quelle preuve de manque de personnalité que d’imiter plutôt que de tracer sa voie... Les Français aussi doivent prendre de la distance avec leurs reliques. La fonction présidentielle doit être abordée à notre époque de manière plus décontractée, avec plus de recul. Arrêtons ce culte du solennel et de la complexité, allons vers un système plus simple et efficace. François Mitterrand était aussi un spécialiste de la posture hautaine. Laissons De Gaulle à l’Histoire, laissons Mitterrand aux archives. Un ancien Président qui mérite l’attention est à mon sens Valéry Giscard d’Estaing. Président centriste de 1974 à 1981, il adoptera une attitude plus décontractée, plus appropriée et lancera le pays dans un élan moderne et réformateur. De nombreuses réformes sociétales seront menées. Elles ne diviseront pas le pays comme la légalisation du mariage homosexuel, elles seront acceptées et appliquées. La légalisation de l’avortement était une réforme sociétale importante, elle n’a pas conduit les foules dans la rue. Valéry Giscard d’Estaing a inscrit son mandat dans l’innovation, une innovation concertée et assumée. La France a besoin d’un mandat de l’innovation. Aujourd’hui, François Hollande se perd dans une contemplation de la figure poussiéreuse de Mitterrand et de la figure de marbre de De Gaulle. Soit. Mais nous, nous avons besoin d’un visage de chair. François Hollande en bon élève socialiste, cite la figure gaullienne parce que tout le monde la cite, puis évidemment en vient à la figure mitterrandienne qui est plutôt controversée… Il ne va pas citer un Président centriste, jamais. Ce serait une hérésie pour les barons frileux de la gauche et pour les électeurs socialistes perdus dans le mysticisme d’un changement émanant de la gauche éternelle et pure. Qu’il ne le cite pas alors, pour caresser ses troupes dans le sens du poil. Mais qu’il s’en inspire, notamment dans la modernisation qu’il a pu apporter au pays, tout en concertant les différents acteurs. Alors que François Hollande a renvoyé la ministre Delphine Batho du Gouvernement, Valéry Giscard d’Estaing a su faire une place aux femmes dans son gouvernement, des femmes comme Simone Veil ou Françoise Giroud. Delphine Batho, en tant que Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, avait le droit d’exprimer son désaccord sur la politique du gouvernement. En exprimant ce désaccord, ce n’est pas son attitude qui était choquante, ce qui était surprenant, c’était de constater que François Hollande n’arrivait pas à concilier sa propre équipe. Si Delphine Batho a protesté, c’est parce que François Hollande n’a au préalable pas écouté et n’a pas créé le consensus dans son gouvernement. François Hollande n’a pas su négocier. Comme Daniel Cohn-Bendit l’a souligné, l’éviction de Delphine Batho apparaît comme une manœuvre autoritaire et machiste. Daniel Cohn-Bendit qui est le seul, d’ailleurs, à proposer une stratégie et une démarche pertinentes pour Europe Écologie Les Verts. Sinon, dans le courant des écologistes, je ne vois personne d’autre d’intéressant. Ségolène Royal avait été bien mieux traitée par François Hollande. Peut-être que Delphine Batho aurait dû être la maîtresse de François Hollande, mais cela aurait été compliqué avec Valérie Trierweiler… Je n’ai d’ailleurs pas du tout compris l’affaire du tweet. Dérisoire. François Hollande doit savoir gérer son équipe, la fédérer. Lionel Jospin, qui a été l’un des mentors de François Hollande, arrivait bien mieux à encadrer son gouvernement en tant que Premier Ministre. François Hollande doit mettre en place une méthode du compromis, sinon il finira comme Nicolas Sarkozy. On ne lui souhaite quand même pas ça. François Hollande devrait vraiment travailler son concept de « candidat-président normal ». C’est tout à fait giscardien comme démarche. Nicolas Sarkozy s’y est risqué mais il s’est perdu, il était trop grisé par la fonction. François Hollande, après tout, est normal. Il est président de la République, soit, mais les chefs d’État, ce n’est pas ce qui manque dans le monde. Les médias français se concentrent sur le Président. Ce dernier entreprend des actions à la tête de l’État. Tout ça fait partie de la marche de notre pays depuis une longue période, c’est normal. Après, tout le monde ne devient pas Président de la République c’est sûr, mais il en va de même pour tous les postes décisionnels. La situation est normale. Nicolas Sarkozy était, en comparaison, plutôt étrange. L’homme est étrange.

 

François Hollande a raison, en revanche, de souligner l’importance de l’état psychologique du pays pour relancer notre économie. Et comme il le dit, l’optimisme est important. François Hollande est tout à fait libre d’être optimiste, il serait en train de pleurer sur le sort de la France et de dire qu’il ne faut plus rien faire, là, je me poserais des questions. Il y a tellement de Français pessimistes et fatalistes sans raison, laissons à François Hollande le droit d’être optimiste parce que, malgré la crise, notre pays a encore du potentiel, notamment dans notre économie. Le défi est de réussir à stimuler ces potentiels. Ce n’est pas impossible. Pour parvenir à relever des défis, il faut le vouloir. Nous sommes dans un contexte de concurrence. On n’a jamais vu un dépressif remporter une épreuve sportive. Il en va de même pour un pays. Si la France veut se maintenir dans le peloton de tête dans la compétition, il faut qu’elle ait l’énergie et la volonté. Nicolas Sarkozy n’exprimait que de la tension, il épuisait les Français. Le climat du mandat de François Hollande est plus apaisé et plus propice à un changement d’état d’esprit des Français. Et je pense que si la droite veut réellement se relancer, après tant de défaites électorales, il faut qu’elle passe à autre chose, elle a quelques leaders intéressants, en tout cas plus intéressants que Nicolas Sarkozy. Ce qui est certain avec François Hollande, c’est qu’au moins nous avons un Président intelligent. On peut encore avoir des étincelles. Soyons optimistes.

 

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Christopher Guéna

Entrepreneur. Militant Europe Écologie Les Verts.

 

Christopher Guéna

  

"Instaurer l'austérité revient à décréter le chaos"

18.08

 

Bonjour Christopher Guéna. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Bonjour. J'ai 22 ans. J'étais le plus jeune candidat à l'élection présidentielle de 2012. Je suis aujourd'hui entrepreneur et aspirant politique. Je suis encarté à Europe Écologie Les Verts depuis que je me reconnais dans leur critique appuyée du productivisme et dans l'attention qu'ils portent aux plus vulnérables.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

J'aime le personnage. Hollande est à n'en douter un homme bon qui porte aux Français un amour sincère. C'est un homme respectueux, un homme qui a le goût du dialogue et le souci du consensus.

 

Sur le fond maintenant. Ses 60 engagements de campagne, on les connaît. Certains, bienvenus, parfois courageux, ont été réalisés : l'ouverture du droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, la fondation d'une banque publique d'investissement, la création progressive de dizaines de milliers de postes supplémentaires dans l'éducation. D'autres, importants, ont été abandonnés : la réduction du déficit public à 3 % du PIB en 2013 et la tarification progressive de l’eau, du gaz et de l’électricité, engagement sur lequel le gouvernement doit revenir au plus vite. Toutefois, ces promesses non tenues ne font pas du chef de l'État un président du renoncement. Là n'est pas le problème.

 

Le problème du gouvernement, c'est qu'ils se trouve dans l'incapacité totale et déconcertante à endiguer le chômage de masse qui est à la racine de nos maux économiques et sociaux. Les quelques contrats de génération et emplois d'avenir ne permettront pas à plus de cinq millions de Français de retrouver un travail ! Là est le drame de sa politique.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

J'ai une obsession : l'emploi. Je propose la mise en place immédiate d'une TVA emploi. Je voudrais que l'on module le taux actuel quasi universel de 19,6% (20% bientôt) en fonction de la part de main d'oeuvre utilisée dans la fabrication et la distribution de tous les biens commercialisés. L'idée est d'encourager les entreprises à confier leur activité aux femmes et hommes plutôt qu'aux machines, lesquelles envahissent les chaînes de production et détruisent en masse des emplois pour n'en créer en retour qu'un petit nombre. Récompenser les entreprises qui participent du redressement par l'emploi. Sanctionner celles qui, cupides à l'excès, abusent du machinisme. Telle est l'orientation économique que j'appelle de mes vœux. Le plein emploi, j'y crois.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?

 

Je voudrais lui dire qu'instaurer l'austérité dans le pays en augmentant les impôts et en procédant à des coupes sombres, c'est favoriser la progression des extrémistes, décréter le chaos.

 

Quelque chose à ajouter ? Merci !

 

Bonne continuation.

 

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Martin Dourneau

Membre du Pôle Projet des Jeunes Forces Démocrates - UDI, chargé des questions du logement.

 

Martin Dourneau

  

"Il faut changer de dynamique"

26.08

 

Bonjour Martin Dourneau. Qu'aimeriez-vous que nos lecteurs aient à l'esprit vous concernant avant d'aller plus loin ?

 

Je suis avant tout un citoyen. Je pense qu’il est nécessaire de le préciser car chaque engagement en politique est le fruit d’une vie citoyenne passée à observer, commenter ou même introspecter la société dans laquelle nous vivons. Ce cheminement a fait de moi un militant convaincu par les idées et les valeurs de mon parti, l’UDI. C’est alors que j’ai exprimé le souhait d’agir dans une logique d’action collective et éclairée au sein des Jeunes Forces Démocrates (JFD), notamment au pôle projet, dans lequel je suis chargé des questions liées au logement. Je m’applique également à agir au niveau local avec les Jeunes UDI dans le Maine-et-Loire. C’est donc à travers le prisme du jeune étudiant en droit de 18 ans que je suis, résolument engagé en politique pour faire valoir une certaine vision de la société, que je vais tenter de répondre à vos questions.

 

François Hollande est à l'Élysée depuis un an. Établir un bilan sur 20% d'un parcours donné n'est pas forcément pertinent. J'aimerais plutôt vous demander ce que vous inspirent ses orientations politiques telles que vous les percevez, sa manière de gouverner et de représenter la France en Europe et dans le monde ?

 

Effectivement, il semble assez prématuré d’établir un « bilan » de ce quinquennat dès aujourd’hui. Je tiens cependant à souligner que « l’agenda du changement », soutenu par Laurent Fabius et initié par François Hollande n’a été que très partiellement respecté. Ceci est une première donnée qui devient rapidement quantifiable pour tous les citoyens. Certaines mesures étaient singulièrement attendues et n’ont pas été honorées par le gouvernement. Ceci me semble dès lors particulièrement grave et préoccupant. Qu’un gouvernement finisse par échouer lors de la mise en œuvre de ses propositions, sous l’incidence d’un contexte difficile, est concevable. Ce ne peut être que le juste revers de l’histoire face à des mesures trop souvent incohérentes et qui viennent se placer hors des réalités. Cependant, abandonner la « vitrine » dont il pouvait se targuer lors de la campagne présidentielle, apparaît comme curieusement désobligeant de la part d’un Président de la République. Il est nécessaire pour l’exécutif de ne pas, sans cesse, marquer son éloignement face à une France de plus en plus inquiète. La crise de confiance de l’opinion publique vis-à-vis des hommes et des organisations politiques semble s’accroître à mesure que surgissent les distorsions internes aux partis politiques. Quelle réaction avoir lorsque surviennent des limogeages, évictions et autres petites phrases au sein d’un même gouvernement ? Cela est indubitablement le fait d’une certaine faiblesse dans les convictions et les idées qui animent les acteurs de la scène politique dès lors que la crédibilité d’une organisation se bâtit sur un véritable socle de pensée.

 

Voilà pourquoi, cher Nicolas, nous attendions bien plus de fermeté de la part de François Hollande dans l’exercice de sa fonction. Le contexte actuel exige du Président une capacité à réagir dont il ne semble pas avoir conçu l’extrême nécessité. Lorsque l’on confie à un homme la possibilité de restaurer les valeurs de la République, basculer les conservatismes et les conformismes, il est consternant que celui-ci fasse un si mauvais usage de sa fonction.

 

On ne peut également que déplorer sa présence sur la scène internationale. La renégociation du traité européen est un véritable échec. Le pacte budgétaire a été manifestement jugé « non négociable » par la Chancelière Angela Merkel. Une approche similaire avec les euro-obligations, qui sont tombées à l’oubli, est un autre marqueur de l’insuccès des mesures gouvernementales dans le domaine international. Le message politique porté par François Hollande n’est pas clair, ce qui fait de sa représentation à l’étranger une véritable gageure.

 

Le "redressement", il en est beaucoup question en ces temps de crises, en tout cas dans les discours. Quelles sont les décisions, les actions que vous appelez de vos vœux pour les prochaines années pour atteindre cet objectif ?

 

Il semble inutile, en dépit des affirmations du FMI et de l’Insee, de continuer à marteler que la France va « sortir de la récession ». La contraction de 0,1% du PIB prévue sur l’ensemble de l’année 2013 viendra asséner un nouvel insuccès pour le Président de la République. Il est donc nécessaire de se reconnecter à la réalité pour avoir une vision plus globale des enjeux. Notamment la situation de la jeunesse, élément phare de la campagne qui marque là aussi un véritable échec. Redonner sa dignité au débat public, cela s’inscrit avant tout dans une dynamique de proposition, de correction et d’ajustement.

 

La France ne doit pas rentrer dans une logique individualiste. Tout est conditionné par les moyens qu’elle saura se donner. Plus concrètement, je crois à une Europe fédérale. Il est nécessaire que la France joue un rôle majeur dans sa construction pour conserver son âme, ce qui fait sa cohérence. Les relations internationales initiées par le Président ne semblent pas entrer en ce sens et c’est un point qui m’attriste. Une unification de la politique sociale, fiscale, migratoire européenne ne peut qu’avoir un retentissement favorable pour la France et sa crédibilité mondiale.

 

Ainsi, j’invite le Président à changer de dynamique. Il faut manifester une énergie grandissante face aux problématiques actuelles. Engager des réformes est inévitable, notamment en matière d’économie où l’allègement de charges apparaît comme une évidence, vu sous le prisme de l’emploi. Je ne crois pas, du moins, partiellement, dans les emplois aidés qui ne viennent qu’obscurcir des chiffres du chômage de plus en plus brumeux.

 

Quel message souhaiteriez-vous adresser au président de la République ?

 

M. le Président de la République, bonne chance.

 

Suivez Martin Dourneau sur Twitter...

 

 

 

 

Les personnes interrogées ont été contactées dans un esprit tendant à favoriser, sans préjugé, la juste représentation des grandes familles politiques françaises. L'ensemble des réponses sont publiées, par ordre chronologique de réception. Vous souhaitez interpeller un intervenant ? Poster vos propres réponses ? Les commentaires sont ouverts à cet effet ! Merci... Nicolas alias Phil Defer

 

 

 

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14 janvier 2013

Pierre-Henri Bovis : "Les Jeunes populaires doivent montrer l'exemple"

   En 2012, j'ai eu à coeur de donner la parole à de nombreux jeunes engagés en politique, ou en tout cas intéressés par notre avenir collectif. Le leur. Pour cette première interview politique de l'année, voici Pierre-Henri Bovis, membre des Jeunes populaires qui a bien voulu évoquer pour Paroles d'Actu son parcours, ses idées, ses espoirs. Des questions d'actu, comme le mariage gay et la manifestation de la veille. Militant à l'UMP dès l'âge de 19 ans, il a appris sur le tas à s'imposer au sein d'organisations préexistantes. Une expérience qui parlera sans doute à pas mal de "juniors", quelle que soit leur bannière.

   Pierre-Henri Bovis l'affirme, la reconquête qu'entend opérer la droite se fera avec les jeunes... ou ne se fera pas. Ils fourniront à leur parti ses cadres de demain et ont dès aujourd'hui un message à délivrer à leurs aînés, à la société, à la jeunesse. Un enthousiasme à communiquer. Lui aussi, vous allez vite le découvrir... Merci. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

PIERRE-HENRI BOVIS

Ancien coordinateur de campagne de Benjamin Lancar

Membre des Jeunes avec Fillon, aux côtés de Mickaël Camilleri

 

« Les Jeunes populaires doivent

 montrer l'exemple »

 

PHB

(Photo fournie par Pierre-Henri Bovis)

 

Q. : 30/12/12 ; R. : 14/01/13

 

Paroles d'Actu : Bonjour Pierre-Henri Bovis. Vous avez 20 ans et déjà derrière vous un joli début de parcours de militant. Parlez-nous de vous. Qu'est-ce qui vous a poussé à adhérer à l'UMP ?

 

Pierre-Henri Bovis : Je suis originaire de Toulon, dans le Var. C’est près de la Côte d’Azur que j’ai grandi et passé mes quinze premières années. En quelques sorte, je peux dire que j’ai presque toujours baigné dans la politique, grâce à ma mère, qui s’est dévouée et engagée sans relâche dans les années 2000, peu de temps avant la création de l’UMP. Malgré mon jeune âge et mon incompréhension face à des réunions qui se terminaient sur les coups de minuit, 1h du matin, j’ai appris d’elle la sociabilité, le fait d’aller de l’avant, de ne pas avoir peur de se présenter et de parler sans cesse.

 

C’est justement cette origine familiale qui m’a convaincu de m’engager en politique aux côtés de la droite républicaine. En parcourant les différents cantons provinciaux avec elle, j’ai pu observer de mes propres yeux un système, dirigé la plupart du temps par des socialistes, qui ne fonctionne pas. Soit il achète à coups d’allocations le silence de personnes qui n’ont plus la force de descendre dans la rue, soit il matraque fiscalement des classes moyennes qui ne parviennent plus à se relever. Dans les deux cas, ce sont des milliers de personnes qui perdent foi en eux et qui, à chaque période électorale, croient voir en un nouveau candidat le messie qui peut les aider.

 

Plus grave encore, j’ai pu remarquer de moi-même que ce système présente une perversité telle qu’il est difficile de s’en échapper. Dans cette politique de la « main tendue » d’un côté et du « matraquage fiscal » de l’autre, la haine de celui qui habite en face de chez vous ne fait que progresser de jour en jour. Lorsque vous avez dans un même immeuble deux personnes, une qui se lève tous les matins pour gagner un SMIC qui sera avalé par une trop lourde fiscalité et une autre qui reste chez elle toute la journée sans rechercher forcément un travail, avec, pour « l’aider », le RSA, la CMU, l’allocation logement, la gratuité des transports... comment voulez-vous éviter un vote extrême de la part du « smicard » ? Il ne faut pas leur jeter la pierre, ni à l'un ni à l'autre, mais au contraire combattre ce système qui les dévore de l’intérieur.

 

C’est pour ce combat que je me suis engagé réellement en 2011, contre cette politique de gauche qui aliène plus qu’elle n’aide. Je suivais déjà depuis longtemps les affaires politiciennes. Lassé d'entendre toutes ces critiques contre un homme qui a tant fait pour ce pays, je ne pouvais que m’engager. Je venais d’avoir 19 ans et, comme beaucoup, j’ai pris ma carte à l’UMP pour Nicolas Sarkozy, un homme qui a redoré le blason de la méritocratie et du travail.

 

PdA : 2012, année électorale intense. Vous avez notamment été coordinateur de la campagne législative de Benjamin Lancar dans la cinquième circonscription de Paris. Quels moments forts, quelles leçons retiendrez-vous de toutes ces expériences sur le terrain ?

 

P.-H.B. : Benjamin Lancar est une personne extraordinaire, qui a un immense talent. C’était d’ailleurs au début très dur de le suivre. Je rentrais à peine dans la machine, en novembre 2011, et j’ai dû m’adapter à un rythme extrêmement soutenu, dès le mois de mars 2012.

 

Je ne le remercierai sans doute jamais assez pour la confiance qu’il m’a accordée, alors que nous nous connaissions à peine personnellement. De tout ce que nous avons fait, je pense que j’ai appris la réelle signification du mot « envie ». Nous avions un emploi du temps très chargé, de 8h du matin à parfois 23h le soir, avec peu de pauses - et, souvent, courtes - dans la journée. Nous ne comptions pas les heures de travail, de tractages, de réunions, d’appels…

 

Cette expérience nous a tous beaucoup rapprochés, car nous étions dans une équipe qui s’entendait très bien. Nous étions, stagiaires ou non, très investis dans cette campagne. Je pense notamment à Déborah Pawlik (sa suppléante), Sébastien Julienne, William Pesson, Charles-Henri Alloncle, Lucie Roche, Constance Nebbula, Aloïs Bazin de Jessey, et tous les autres ! Nous avons vraiment vécu de très bons moments !

 

Grâce à Benjamin, j’ai pu apprendre en trois mois ce que j’aurais appris en une année : gérer un planning de campagne, une équipe, des relations presse, des rendez-vous avec des anciens ministres… C’est une expérience inoubliable que j'ai pu vivre avec toute cette grande équipe !

 

PdA : Après les défaites du printemps, l'automne de la discorde, on parle de possibles difficultés financières pour l'UMP. Annus horribilis ? Pas la meilleure, en tout cas... Quel regard portez-vous sur l'année qui s'achève ? Dans quel état d'esprit aborderez-vous 2013 ?

 

P.-H.B. : Une défaite électorale se traduit toujours par une perte d’argent considérable, c’est une évidence. Mais il faut arrêter de porter un regard toujours négatif sur la situation. Cela fait vingt ans que la droite se prend des coups par l’opposition, à nous maintenant de les rendre. Je remarque une chose à ce sujet : la gauche était au pouvoir la dernière fois avec Mitterrand. Depuis, elle n’a eu cesse de lancer des pierres successivement à la présidence de Chirac et de Sarkozy. Les médias nous annonçaient une victoire de la gauche, à la limite d’un plébiscite, avec un 70/30, dès les mois de janvier, février. Au final, la présidentielle ne s'est jouée qu’à 500.000 voix.

 

Aujourd’hui, c’est la première fois sous la Vème République que la gauche détient tous les pouvoirs et cela veut dire une chose simple : nous avons plus à gagner qu’à perdre. Perdre... François Hollande est plutôt bien placé pour en parler. Sa cote de popularité est en forte baisse depuis sa prise de fonction, et pas moins de 63% des sondés désapprouvent son action, avec 59% de mauvaises opinions, selon BVA, à la fin du mois de décembre. Mais le plus grave est de remarquer que François Hollande a fait des promesses purement électoralistes. La tranche d’imposition à 75% est anticonstitutionnelle et il le savait. Pourtant, il a fait cette promesse alors même que son conseiller économique, Jérôme Cahuzac, ignorait ce projet de réforme au moment de l’annonce.

 

Amateurisme ? Sûrement. Car ce début de quinquennat est marqué par une profonde incompétence qui « change » réellement avec l’image présidentielle que Nicolas Sarkozy avait laissée. Au moins, il ne nous a pas menti : le « changement » est bien maintenant. Mais la réelle question est de savoir si c’est bien celui que les gens attendaient. On se la pose lorsqu’on voit la presse qui, telle Marianne, titre « Hollande, secoue-toi, il y a le feu »… Cette même presse qui l’a mis au pouvoir quelques mois plus tôt.

 

Du prix de l’essence au traité européen, ces derniers mois n’ont été que des retournements de veste. Sans parler des couacs permanents du gouvernement, comme récemment avec Najat Vallaud-Belkacem, qui a fait la propagande du « mariage pour tous » à des élèves de 4ème le lendemain même du jour où Vincent Peillon envoie une lettre aux recteurs d’académie pour demander le respect d’une totale neutralité…

 

En résumé, la présidence de François Hollande, se résume pour le moment à un reniement en tous genres ! C’est pourquoi, nous avons lancé une initiative nationale appelée « Les Reniements, c’est maintenant », compilant chaque trahison, chaque promesse non-tenue de François Hollande. Et nous avons de quoi faire. Ce groupe est accessible sur son site web, sur Facebook et Twitter. Aujourd’hui, nous avons dépassé les trente reniements au compteur et, au regard du succès que nous avons eu dès la création du groupe, nous savons que nous aurons beaucoup de travail en cette année 2013.

 

PdA : J'évoquais tout à l'heure l'élection du président de votre parti. Les suites du scrutin de novembre ont eu le parfum de chaos que l'on sait, mais les tensions semblent s'être apaisées, un nouveau vote se tiendra bientôt. J'aimerais vous interroger sur une autre échéance dont on parle peu : la présidence des Jeunes populaires. Vous êtes proche de l'un des favoris à la succession de Benjamin Lancar, Mickaël Camilleri.

Quel bilan tirez-vous de l'action accomplie depuis 2008 ? Que pouvez-vous nous dire, à ce stade, des enjeux de cette consultation qui devrait également avoir lieu en 2013 ?

 

P.-H.B. : L’UMP reste aujourd'hui une force politique de plus de 300.000 adhérents, ce qui en fait le premier parti de France. C'est incontestable. Et je regrette énormément les dires du Parti socialiste et du Front national, qui n'ont cessé d'attaquer notre famille politique. Si le spectacle donné a été désastreux, il ne doit pas être moqué par des partis qui élisent leur dirigeant soit à huis clos, soit sur présentation d'un livret de famille.

 

Entre la dictature imposée par les ténors du PS et la monarchie instaurée par la dynastie Le Pen, je préfère ma famille politique, qui s'est lancée dans une campagne au sein même de son parti. Cette campagne a abouti à des déceptions, c'est vrai. Les premiers déçus restent les militants, que nous avons souvent tendance à oublier.

 

Aujourd’hui, un accord a été conclu entre « Copéistes » et « Fillonistes », et nous aurons un nouveau vote dès septembre 2013. En attendant, nous avons une direction plus ou moins collégiale et nous nous en contenterons. Les tensions étaient aussi très fortes chez les jeunes, mais elles semblent également s’être apaisées.

 

L’élection du président des Jeunes populaires est encore incertaine à ce jour et la solution la plus plausible reste une direction collégiale avec des « jeunes copéistes » et des « jeunes fillonistes ». C'est-à-dire une direction similaire à celle des aînés.

 

Vous parliez de « favori », mais aujourd’hui, il n’y en a pas vraiment. En revanche, il y a ceux qui peuvent se féliciter d’un passé militant, avec de l’expérience de terrain, des déplacements dans les différentes fédérations de France, et d’autres qui n’ont que leur parole pour se défendre. Je pense très sincèrement que, chez les aînés, comme chez les jeunes, on privilégiera ceux qui ont agi contre ceux qui n’ont fait que parler.

 

PdA : Quel devra être, de votre point de vue, le message adressé à vos aînés de l'UMP et, au-delà, à l'ensemble de la société par les Jeunes populaires ? Quelle ligne politique, quelle voix originale souhaiteriez-vous porter ?

 

P.-H.B. : Les militants, qui ont été oubliés dans cette campagne interne, veulent aujourd’hui montrer, à l’instar des Jeunes socialistes, des Jeunes frontistes, des Jeunes du Front de Gauche, qu’ils sont capables de porter un message de démocratie militante. Et ce sera le rôle du président des Jeunes - ou de cette direction collégiale - de montrer, y compris à nos aînés, qu’une démocratie interne est possible. Nous voulons montrer l’exemple.

 

Cette campagne interne nous a permis de visiter plusieurs fédérations et de parler avec les militants. Le message était clair : « Nous voulons le respect des voix des militants et que la victoire électorale soit méritée ; qu’elle soit le fruit d’un travail collectif de plusieurs mois. Nous ne voulons pas qu’elle soit volée, nous voulons le meilleur président pour une reconquête assurée des territoires. »

 

Le message à porter est donc simple : quoi de mieux pour assurer une reconquête territoriale que d’avoir des jeunes formés ? Il faut prendre le problème à la base, et préparer les jeunes désireux de réussir et de changer les choses aux prochaines échéances électorales. Le bureau des Jeunes avait créé une École de Formation pour, justement, préparer ces jeunes talents à prendre la relève de leurs aînés.

 

Si nous voulons remporter les municipales, nous devons avoir un maximum de jeunes sur les listes, un maximum de jeunes sur le terrain. Cette formation, qui s’étend sur un week-end, enseignait le fond (développer des idées fortes, des arguments pertinents...) et la forme (comment agencer les idées, comment aborder les personnes...), avec un cours de media-training (savoir parler devant une caméra, prendre la parole au micro...). Les aînés nous parlent de reconquête. Si, effectivement, nous en voulons une, ce ne sera pas sans les jeunes, sans cette force de frappe incroyable que l’UMP a à sa disposition.

 

Quant au parti en lui-même, il doit continuer de tenir un discours ferme sur les questions d’immigration, de sécurité, de lutte contre l’assistanat, principal cheval de bataille de Laurent Wauquiez. L’UMP ne doit pas se laisser piéger par des discours de pseudo-intellectuels bien-pensants jactant que les ténors du parti ne tiennent pas un discours politiquement correct. Il faut récupérer les électeurs du Front national que nous avons perdus, tout en affirmant le côté social du parti.

 

La gauche n'a pas le monopole de l’écologie, elle n'a pas celui du pouvoir d’achat. L’immigration et la sécurité ne sont pas des sujets frontistes. Ils sont des sujets essentiels au maintien de notre société et l’UMP ne doit pas avoir peur de dire la vérité aux Français, de tenir un discours juste et réel. C’est aussi le rôle des Jeunes populaires aujourd’hui de tenir ce discours de fermeté et de rigueur. Qu’en est-il pour la jeunesse ? Que nous réserve la politique de François Hollande, quand celui-ci déclare, Porte de Versailles, que son ennemi est la finance, ou quand celui-ci insulte les investisseurs et les créateurs d’emplois ?

 

PdA : Je le suggérais tout à l'heure, vous n'aviez pas 20 ans au moment de vos premiers combats militants. Je crois savoir qu'il n'a pas toujours été facile de vous faire accepter, respecter en tant que militant à part entière. Voulez-vous vous exprimer sur ce sujet ?

 

P.-H.B. : Il est vrai que lorsque vous avez 25, 26 ans, que vous travaillez, vous n’avez pas forcément envie d’entendre les conseils d’un jeune de 19, 20 ans, encore en études. C’était parfois agaçant mais ça a un avantage : j’ai beaucoup appris de mes « aînés », et ce partage de compétences qui peut s’opérer force à l’humilité. Même si cela a été effectivement difficile au début, les choses se sont arrangées depuis, et si quelque chose ne me convient pas, je ne me gêne pas pour le faire remarquer.

 

Je ne veux pas rester spectateur, ou simple exécutant. Pire, rester grincer des dents devant ma télé, sans pour autant avoir le courage de dire ce que je pense. Nous avons une chance extraordinaire, qui est de pouvoir s’exprimer. Je ne vois pas pourquoi, au nom d’un certain conformisme qui viserait à faire taire les plus jeunes face aux aînés, j’exécuterais ma tâche de militant sans donner mon avis.

 

PdA : Quels sont vos projets, vos ambitions pour la suite ?

 

P.-H.B. : Je suis actuellement en Licence 3 en Droit à Paris Descartes. J’attends donc de valider mon année pour envisager la suite, pour le Master. À l’issue de mon cursus, je passerai certainement des concours administratifs, ou bien l’école du Barreau.

 

PdA : Un message pour nos lecteurs ? Pour quelqu'un en particulier ?

 

P.-H.B. : Oui, j’aimerais m’adresser à Frédéric Gal, pour lui transmettre toute ma sympathie. J’ai beaucoup apprécié cette interview et le combat qu’il mène avec son association « Le Refuge ». L’homophobie mène aujourd’hui à de terribles drames, et il est nécessaire de la combattre.

 

Toutefois, il est dangereux de faire l’amalgame entre l’homophobie et les opposants au mariage gay.  Ce dimanche 13 janvier, plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé pour sauvegarder la notion même de mariage. La France reste attachée aux « valeurs ». Il ne s’agit pas là de refuser les mêmes droits aux couples homosexuels, car cela serait intolérable dans une démocratie comme la nôtre. Il s’agit de préserver une institution républicaine basée au départ sur la relation entre un homme et une femme, binôme indispensable pour assurer la procréation naturelle. Cela assure la stabilité de la famille et, par voie de conséquence, celle de la société.

 

Le mariage gay est mis sur la table de manière trop hâtive, c’est une réforme à la va-vite. Comment nier le fait que le mariage n’ouvrira pas nécessairement à l’adoption, à la filiation ? À l'heure d'aujourd'hui, les conventions européennes et internationales ne permettent pas d'adopter ou, du moins, difficilement, pour des couples homosexuels. Pour l'adoption, en France, les couples hétérosexuels attendent dix ans, en moyenne. L'alternative à l'adoption reste la marchandisation du corps de la femme, restée interdite en France et d'ailleurs dans la plupart des pays européens.

 

Regardons si, moralement, l'individu a réellement un « droit à l'enfant », considéré alors comme un objet de vente, acheté à une femme qui « louerait » son ventre comme si elle « louait » ses bras (Pierre Bergé, ami de F. Hollande). Sur un plan moral et éthique, cette alternative reste discutable. Eu égard à ces deux raisons, le mariage civil en tant que tel pour les homosexuels est trop rapide et reste incertain. Il faudrait aller, selon moi, étape par étape, et ouvrir tout d’abord une « union civile », pour ensuite commencer à revoir les conventions européennes d'adoption et, peut-être, mieux réguler l'adoption nationale.

 

Il ne faut pas oublier que l’enfant n’est pas « un droit », mais une chance de la nature. L’argument de l’amour n’est pas valable dans un débat portant sur le mariage. Il ne faut pas oublier non plus que celui-ci reste une institution placée sous le coup dune législation. Depuis quand fait-on rentrer les sentiments dans le domaine de la loi ?

 

Si la question doit être réglée rapidement, je pense alors que la solution du référendum est la bonne. Pour une question qui touche autant la société, le peuple devrait pouvoir s’exprimer directement.

 

PdA : Que peut-on vous souhaiter, Pierre-Henri Bovis ?

 

P.-H.B. : J’aimerais plutôt qu’on souhaite quelque chose à tous les Français, et plus particulièrement à tous les jeunes de France. Quand je vois, aujourd’hui, d’un côté, des jeunes à la recherche d’emplois, des jeunes au chômage ; quand je vois, a contrario, ce gouvernement qui crée la polémique sur le « mariage pour tous », je me dis qu’il n’y a aucune preuve de responsabilité de la part du pouvoir en place.

 

François Hollande agit avec amateurisme et clientélisme. Au lieu de vouloir faire plaisir à tel ou tel corporatisme, il serait préférable qu’il renverse la courbe du chômage et qu’il en fasse une priorité. Cette réforme sur le mariage gay a été très mal amenée et tombe, à cette heure, un peu comme un cheveu sur la soupe. Elle reste cependant trop médiatique au regard des problèmes touchant au pouvoir d’achat, à l’emploi et, donc, au chômage.

 

Je veux pour mon pays qu’il soit responsable et créateur d’emplois pour nos jeunes. Ce n’est pas en déresponsabilisant un pays, en créant, par exemple, des salles de shoot, que nous redressons un État. Ce n’est pas en reniant nos racines judéo-chrétiennes pour satisfaire des corporatismes religieux que nous serons une France forte.

 

PdA : Un dernier mot ? Merci !

 

P.-H.B. : Merci. Merci de m’avoir donné la parole…

 

 

Merci Pierre-Henri pour vos réponses. Bravo pour votre engagement, votre enthousiasme très prometteurs... Un commentaire ?

 

Quelques liens...

 

 

Présentation remaniée : 12/10/14.

27 août 2012

Jonas Haddad : "Pour entreprendre son avenir, il faut pouvoir le choisir"

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP depuis 2010, vient de rendre officielle sa candidature à la présidence du parti. Les sondages, eux, sont plutôt favorables à François Fillon, pour le moment. En attendant, poursuivons notre dossier consacré à la reconstruction de la droite. Les ténors de l'UMP s'expriment sans arrêt, mais qu'en est-il des jeunes ? Quel projet souhaitent-ils pour la France ? Benjamin Lancar, Camille Bedin, Aurore Bergé et Robin Pretot se sont déjà confiés à Paroles d'Actu. C'est maintenant au tour de Jonas Haddad, secrétaire national de l'UMP en charge de l'entrepreneuriat, de se prêter à l'exercice. Il a accepté de répondre à mes questions, je l'en remercie. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Phil Defer  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JONAS HADDAD

Secrétaire national de l'UMP en charge de l'entrepreneuriat

 

"Pour entreprendre son avenir,

 

il faut pouvoir le choisir"

 

Jonas Haddad

(Photo empruntée à Jonas Haddad sur ses albums Facebook)

 

 

Q : 20/08/12

R : 27/08/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Pourriez-vous vous présenter en quelques phrases ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ? (ce que vous faites, aimez, vos références dans la vie, ce qui vous a conduit à vous engager...)

 

Jonas Haddad : À 24 ans, je suis avocat et originaire de Bagnolet en Seine Saint Denis.

 

Secrétaire national de l’UMP, je suis en charge de l’entrepreneuriat. Cette mission m’a été confiée après de nombreuses années d’engagement au sein des Jeunes Populaires, le mouvement des jeunes de droite.

 

J’ai débuté mon engagement en 2007 en allant tout simplement écouter, comme auditeur, le discours de Nicolas Sarkozy à la jeunesse. Passionné de politique depuis longtemps, rien ne me prédestinait dans mon cercle familial à suivre cette voie.
Ça a été la force de Nicolas Sarkozy d’attirer à la politique des gens qui n’y voyaient pas d’intérêt.

 

Mes fonctions me permettent aujourd’hui de rencontrer dans toute la France les jeunes qui créent, inventent ou réinventent des produits, des concepts, des associations ou qui simplement envie de s’engager pour leurs valeurs.

 

 

PdA : Quel bilan faites-vous de la présidence de Nicolas Sarkozy ?

 

J.H. : Résumer le bilan d’un quinquennat si particulier n’est pas chose aisée. Je pense très simplement que notre pays a pu avancer alors que nous étions dans des tempêtes violentes qui ont secoué les économies de tous les pays.

 

Le régime de l’auto-entrepreneur, la réforme du lycée, l’autonomie des universités sont des acquis précieux pour ma génération et celle qui nous suivra.

 

L’histoire dira que Nicolas Sarkozy fut le premier président du XXIème siècle car il en avait compris les enjeux. L’inertie n’est pas une solution dans un monde en mouvement, l’autosatisfaction n’a jamais été la boussole de ce président.

 

 

PdA : Comment avez-vous vécu sa défaite du 6 mai, et comment l'expliquez-vous ? Quelles leçons tirez-vous de ces échecs électoraux de 2012 ?

 

J.H. : J’ai vécu cette défaite comme une énorme déception. Le premier réflexe était de s’étonner de tant d’ingratitude de la part de certains de nos concitoyens envers un homme qui avait tout entrepris pour sauver la France de périls importants et qui y était parvenu.

 

Aujourd’hui, je ne pense pas qu’il faille débuter un quelconque inventaire car les inventaires n’ont de sens qu’en des circonstances normales. Comment faire la fine bouche sur telle ou telle mesure quand ce président a connu quelques mois après son arrivée l’effondrement d’un système voire le déplacement du centre de gravité de l’économie moderne.

 

Nous devons tirer une leçon de cet échec : le service de son pays n’est pas une chose aisée et représente un engagement permanent. Malgré cet engagement permanent, il existe aujourd’hui des interactions, des connexions, des impératifs qui peuvent supplanter la politique. C’est donc à la politique de garder sa grandeur si la politique souhaite continuer à dicter les choix d’une société.

 

 

PdA : Avec le recul, avez-vous des regrets par rapport à cette campagne ? Certaines choses auraient-elles dû être faites différemment ? Avez-vous toujours été totalement à l'aise avec la campagne menée ?

 

J.H. : Pas vraiment si ce n’est le temps qu’il nous a manqué. Nicolas Sarkozy a dû rentrer plus tard que les autres en campagne car sa fonction exigeait un investissement maximal.

 

Les données sont simples : les sondages annonçaient régulièrement une défaite à 60/40 et au final tout ne s’est joué qu’à quelques milliers de voix.

 

Je dois dire que je me suis retrouvé dans cette campagne dans laquelle j’ai trouvé un Sarkozy totalement libéré de tous les artifices politiques et de la langue de bois. Europe, compétitivité de nos PME, modernisation de l’éducation, tout a été mis sur la table de façon très claire.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui vous révolte, vous donne envie d'agir dans le monde d'aujourd'hui ?

 

J.H. : Je déteste deux choses : le déterminisme et l’injustice. Je déteste l’injustice qui fait qu’une famille dont les membres travaillent beaucoup plus qu’une autre doivent faire face aux difficultés de la vie. La notion de mérite est cardinale et toute violation de cette notion m’est difficilement acceptable.

 

Je déteste aussi le déterminisme qui mène à la culture de l’excuse. Beaucoup de facteurs expliquent qu’un jeune d’un quartier difficile puisse percevoir l’inégalité mais à mon sens rien n’est bon dans le ressentiment dans l’aigreur.

 

 

PdA : Que vous inspire la situation de notre pays ?

 

J.H. : Pour vous dire les choses franchement, j’ai parfois l’impression que notre pays et ses habitants n’ont pas conscience de nos atouts et qu’il en résulte une fatigue mêlée à une crainte du lendemain.

 

A mon sens la situation s’aggrave pour les jeunes car ils ne perçoivent plus l’effort comme un épanouissement. Il est vrai que notre pays ne leur donne pas toujours leur chance mais parfois j’ai l’impression qu’ils hésitent même à la saisir.

 

La France ne peut pas se contenter d’être une puissance de second rang, c’est dans l’ADN de ce pays. Parfois, j’ai l’impression que la tâche est si grande qu’elle effraie nos concitoyens alors que les jeunes Chinois, Brésiliens voient ce monde comme une belle opportunité.

 

 

PdA : Quels sont pour la France les enjeux majeurs de cette décennie ? Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste quant à notre avenir collectif ?

 

J.H. : Je vois trois enjeux majeurs pour la France :

 

1. Ne pas décrocher dans la compétition économique en conservant son atout le plus précieux : la qualité de notre offre de produits et de services. Nos PME doivent voir plus grand sinon elles ne seront que des supplétifs.

 

2. Rétablir la confiance chez les jeunes : en arrêtant de leur parler de toutes les perfusions possibles (les emplois aidés, les drogues qui adoucissent la dureté de la vie)

 

3. Répondre aux changements démographiques : la France ne peut éluder l’accroissement massif des populations dans certains continents qui va bouleverser la donne des échanges économiques et des besoins premiers : l’eau, la nourriture, la santé.

 

En définitive, beaucoup de choses me pousseraient à être pessimiste mais je suis un éternel optimiste et la France a de merveilleux atouts.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur les débuts du président Hollande, de l'assemblée rose et du gouvernement Ayrault ? J'imagine que votre réponse ne sera pas totalement favorable, mais y'a-t-il au moins des points sur lesquels vous considérez qu'"à la limite", de bonnes choses sont réalisées ou en passe de l'être ?

 

J.H. : J’aurais une expression pour les qualifier : pas à la hauteur. Ma conviction c’est que les défis posés à la France effraient profondément le gouvernement actuel.

 

Néanmoins, pour ne pas être taxé d’immobilisme, il a trouvé un remède : défaire ce qui avait été mis en place. Il est rare que je le pense mais je trouve que Mélenchon a plutôt raison quand il dit que ce n’est pas parce que M. Hollande trouvait que la politique de M. Sarkozy était trop énergique qu’elle doit maintenant devenir chloroformée.

 

J’aimerais accorder un point positif à ce Gouvernement mais comprenez mon embarras : ils sont encore dans l’antisarkozysme infantile. Je n’hésiterai pas à reconnaitre à la Gauche un mérite si elle arrive à surpasser ses barrières idéologiques pour maintenir l’auto entrepreneur ou réaliser la mise à jour de son logiciel sur les questions de sécurité.

 

 

PdA : Après la défaite, et avant la reconquête... la réorganisation. Celle d'un appareil, et celle des idées. Qui aimeriez-vous voir élu(e) à la tête de l'UMP à l'automne prochain, et pourquoi ?

 

Quelle doit être, de votre point de vue, la "ligne politique" de l'UMP des cinq années à venir ?

 

 

J.H. : La droite française a toujours eu tendance à faire table rase de tous les acquis à chaque fois qu’elle connaissait une défaite. L’UMP a permis de cimenter des familles qui finalement se ressemblaient beaucoup dans leur approche de la responsabilité, de la fierté nationale.

 

L’UMP doit pouvoir garder ses fondamentaux tout en attirant des citoyens qui n’y croient plus.

 

Les créateurs sont persuadés qu’ils sont le moteur de notre société, c’est vrai mais ils ne peuvent ignorer qu’il y a d’autres impératifs pour toute société : des valeurs, des règles, des choses en partage.

 

Les personnes qui connaissent la difficulté se disent que la politique ne peut rien car elle ne va pas régler leur cas personnel, ils oublient les conséquences énormes que peuvent avoir une décision prise dans un hémicycle qui remet en cause l’équilibre de toute une filière, l’aménagement de tout un territoire.

 

 

PdA : Jusqu'où, et sur la base de quels piliers programmatiques la majorité bleue de demain aura-t-elle vocation à s'étendre ? Quid d'un hypothétique rapprochement avec le Front national ?

 

J.H. : Rien de tout ce que nous proposons ne peut être comparé au Front National car notre approche est foncièrement positive : l’UMP c’est le parti qui aime voir la France en haut du podium et qui veut que chacun où qu’il soit ait la place qu’il mérite car rien de pire qu’une personne qui se sent inutile.

 

 

PdA : Êtes-vous favorable à l'instauration d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée ? Dans quelle mesure ?

 

J.H. : Non je n’y suis pas favorable.

 

 

PdA : La crise des dettes souveraines européennes, couplée à une croissance anémique sur le continent poussent nombre de voix à s'élever pour réclamer une intégration communautaire accrue pour mieux coordonner les politiques financières et économiques. Quelle est votre position sur cette question ?

 

J.H. : Ca devient une évidence. Nous avons choisi une monnaie commune, difficile de penser que les politiques économiques et sociales ne doivent pas être harmonisées.

 

 

PdA : Existe-t-il des sujets, de société notamment, sur lesquels vous souhaiteriez, à titre personnel, voir notre pays "bouger" peut-être un peu plus vite que ne le désirerait votre parti, qui reste essentiellement "conservateur" ? Des thèmes qui pour x ou y raison vous tiendraient à cœur alors qu'ils ne seraient pas prioritaires pour votre parti, voire pas opportuns du tout ?

 

J.H. : D’abord, je veux dire que ce que j’entends par sujets de société ne doit pas se réduire aux sujets traités tous les jours dans les médias. Bien sûr que la question de l’euthanasie, que la question du mariage homosexuel sont importantes mais je trouve qu’on sous-estime les autres questions : Quelles relations entre les enfants et les parents quand les familles changent de forme ? Quelle relation entre les générations quand l’espérance de vie s’allonge et que les jeunes connaissent tout parfois très jeunes ? Comment lutter contre toutes les nouvelles dépendances qui ruinent des vies : cyberaddictions, nouvelles drogues...

 

L’UMP doit avoir un coup d’avance sur les autres partis sur ces sujets quand le mariage va bientôt être autorisé pour tous et que ce sujet sera derrière nous.

 

 

PdA : Un petit bond dans le futur... 2017 est en vue. Souhaitez-vous que des primaires ouvertes soient organisées par l'UMP et ses alliés ? Qui serait, dans l'idéal, VOTRE candidat(e) ? Croyez-vous en l'hypothèse d'un retour de Nicolas Sarkozy ? Le souhaitez-vous ?

 

J.H. : Avec 10 jeunes secrétaires nationaux de l’UMP, nous avons fondé la nouvelle donne qui a demandé aux candidats à la présidence de l’UMP de prendre un engagement : accepter la primaire ouverte en 2017.

  

Ne nous mentons pas, le PS a su intéresser les Français en rendant accessible le choix de son candidat pour créer une dynamique cela doit nous inspirer.

 

J’ai beaucoup aimé la déclaration de Jean-François Copé lorsqu'il a affirmé qu'il serait aux côtés de Nicolas Sarkozy, quelle que soit sa décision pour l'avenir. Je partage cette vision pour 2017.

 

 

PdA : Question "ouverte". Auriez-vous un message à faire passer à quelqu'un ? Une personnalité, un groupe... Profitez-en !

 

J.H. : J’encourage tous les jeunes à s’engager politiquement et tous les jeunes d’esprit à donner envie aux jeunes de le faire. Pour entreprendre son avenir, il faut pouvoir le choisir. Restons en contact par les réseaux sociaux et sur le terrain.

 

 

 

Une nouvelle fois, merci à Jonas Haddad pour ses réponses ! Phil Defer

 

 

 

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Le site de Jonas Haddad

 

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Times New Roman > Georgia : 30/09/12

19 juillet 2012

Camille Bedin : "Une opposition crédible et constructive"

Alors que le nouveau Parlement détricote une bonne partie des mesures fiscales phares de l'ère Sarkozy, l'UMP "orpheline" tente de faire front uni. Dans l'opposition pour la première fois depuis sa création, il y a dix ans, le parti sait qu'il devra, avant d'espérer reconquérir le pays, se remettre en ordre de bataille. Autour d'un projet. Derrière un chef. L'ancien Premier ministre François Fillon a annoncé qu'il briguera à l'automne prochain la présidence de l'UMP. Son chef actuel, Jean-François Copé, sera sans doute lui aussi candidat. Deux styles, à défaut d'incarner des chemins réellement différents. J'ai souhaité, à l'occasion de cette réorganisation de la droite, donner la parole à plusieurs jeunes membres du parti. Après Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires, voici les réponses qu'a accepté de me communiquer Camille Bedin, la secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'égalité des chances. Je l'en remercie. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

CAMILLE BEDIN

Secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'égalité des chances

 

"Une opposition crédible et constructive"

 

(Photo fournie par Camille Bedin)

 

 

Q : 17/07/12

R : 19/07/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Pourriez-vous vous présenter en quelques phrases ?

 

Camille Bedin : Secrétaire nationale de l’UMP en charge de l’égalité des chances, 27 ans, de Nanterre, je suis avant tout responsable associative, et engagée dans les quartiers pour permettre aux jeunes de réaliser leurs ambitions.

 

J’ai publié en février dernier un livre chez Plon, Pourquoi les banlieues sont de droite.

 

Je me bats aujourd’hui à l’UMP pour que notre génération, la « Génération Sarkozy », poursuive le travail des réformes accomplies et parte à la conquête des territoires.

 

 

PdA : Quel bilan faites-vous de la présidence de Nicolas Sarkozy ?

 

C.B. Quelques mots : volontarisme, réforme, détermination, courage. Si nous ne continuons pas les réformes entreprises (pour l’école, la formation, la compétitivité, les retraites,…), nous courrons droit dans le mur et c’est notre génération qui paiera.

 

 

PdA : Comment avez-vous vécu sa défaite du 6 mai, et comment l'expliquez-vous ? Quelles leçons tirez-vous de ces échecs électoraux de 2012 ?

 

C.B. : Tristesse, émotion. Une défaite en grande partie due à la situation économique et internationale très difficile et au rejet de la politique (2 millions d’abstentionnistes).

 

Nous sommes la Génération Sarkozy. C’est lui qui a guidé une grande partie de l’engagement des jeunes de ma génération. À nous de faire de ce tournant un rebond ! (voir ma tribune dans le Figaro du 5 juillet)

 

 

PdA : Avec le recul, avez-vous des regrets par rapport à cette campagne ? Certaines choses auraient-elles dû être faites différemment ? Avez-vous toujours été totalement à l'aise avec la campagne menée ?

 

C.B.Oui, très à l’aise ! C’était une formidable campagne. Et le score est très important dans le contexte de crise actuel. Aucun regret ! et je ne me reconnaîtrai jamais dans ceux qui n’assument pas l’action à laquelle ils ont eux-mêmes participé.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui vous révolte, vous donne envie d'agir dans le monde d'aujourd'hui ?

 

C.B.L’inégalité des chances : le fait que les jeunes, selon l’endroit d’où ils viennent, où ils ont grandi, leur milieu social, etc… n’ont pas les mêmes chances de réussir selon leur travail. Seul le travail devrait compter et non l’origine sociale ! Et il y a tellement de jeunes qui le méritent !

 

 

PdA : Que vous inspire la situation de notre pays ?

 

C.B. : De la crainte, au regard des mesures socialistes. De l'espoir pour notre génération si nous nous prenons en main et si nous rebâtissons notre modèle économique, social, et notre vivre-ensemble.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur les débuts du président Hollande, de l'assemblée rose et du gouvernement Ayrault ? J'imagine que votre réponse ne sera pas totalement favorable, mais y'a-t-il au moins des points sur lesquels vous considérez qu'"à la limite", de bonnes choses sont réalisées ou en passe de l'être ?

 

C.B.Ils m’inspirent le retour en arrière et l’inquiétude. Aucune réforme structurelle, aucune restriction des dépenses, que des hausses d’impôts. Ce sont toujours les mêmes qui vont payer : ceux qui galèrent, ceux qui travaillent, ceux qui cherchent à travailler.

 

 

PdA : Après la défaite, et avant la reconquête... la réorganisation. Celle d'un appareil, et celle des idées. Qui aimeriez-vous voir élu(e) à la tête de l'UMP à l'automne prochain, et pourquoi ?

 

C.B.Jean-François Copé, parce que c’est un militant, un battant et un vrai leader capable de s’engager corps et âme pour sa famille politique et ses convictions. (voir l'article sur mon blog)

 

 

PdA : Quelle doit être, de votre point de vue, la "ligne politique" de l'UMP des cinq années à venir ?

 

C.B. : Une opposition crédible et constructive, une force de propositions, fière de ses valeurs, ancrée dans ses territoires.

 

 

PdA : Jusqu'où, et sur la base de quels piliers programmatiques la majorité bleue de demain aura-t-elle vocation à s'étendre ? Quid d'un hypothétique rapprochement avec le Front national ?

 

C.B. : Pas d’alliance avec le FN ! Pas d’appel non plus, lors de triangulaires, à voter pour la gauche alliée à l’extrême gauche. Une UMP forte, une droite forte.

 

 

PdA : Existe-t-il des sujets, de société notamment, sur lesquels vous souhaiteriez, à titre personnel, voir notre pays "bouger" peut-être un peu plus vite que ne le désirerait votre parti, qui reste essentiellement "conservateur" ? Des thèmes qui pour x ou y raison vous tiendraient à cœur alors qu'ils ne seraient pas prioritaires pour votre parti, voire pas opportuns du tout ?

 

C.B. : L’éducation.

 

La droite peut être, je crois, profondément réformiste, voire révolutionnaire sur ce sujet, mais elle doit l’expliquer, l’approfondir, en débattre. C’est un sujet d’avenir majeur. Sans une école qui fonctionne, on peut faire toutes les réformes du monde, la France n’ira pas mieux.

 

 

 

Merci encore à Camille Bedin pour ses réponses ! Phil Defer

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 30/09/12

25 avril 2012

Paroles de campagne : Élection présidentielle, France, 2012 - La parole aux jeunes

22 avril. 20 heures. Le suspense prend officiellement fin. Des milliers de Français sont alors déjà au courant depuis une heure, presque deux, parfois. À l'heure d'internet et des nouvelles technologies, une loi de rétention de l'information, même légitime, a du mal à être totalement appliquée. L'affiche se déroule devant nos yeux. Le casting ne surprend pas grand monde. On s'y attendait. Et si, parfois, le doute pouvait s'immiscer dans notre esprit, les sondages étaient là pour nous ramener à la réalité. Hollande et Sarkozy sont qualifiés. Le Pen réalise un score historique, Mélenchon ressuscite la "gauche de la gauche", Bayrou déçoit. L'abstention, elle, est restée sous contrôle. Bref... Presque des éléments de détail dans ce système cruel où, même s'ils sont cinq à avoir approché ou dépassé les 10% des exprimés, au final il doit n'en rester que deux. François Hollande (soutenu par le PS et ses alliés), se paie le luxe d'arriver en pole position face au président sortant, Nicolas Sarkozy (soutenu par l'UMP et ses alliés). La cible ultime, la marche suprême, c'est le second tour, le 6 mai. Les compteurs sont remis à zéro, ou presque. 45% des électeurs qui ont souhaité se prononcer pour un(e) candidat(e) n'ont pas choisi l'un des finalistes. Ils devront pourtant faire avec ce choix. Je n'irai pas plus loin dans ce prologue. Les sondages de second tour, qui expriment des reports de voix, un rapport de force, une estimation de résultat probable existent. Ils sont abondamment commentés en ce moment, par des gens qui s'y connaissent bien plus que moi, et qui sauront en parler bien mieux que moi. Ce n'est pas l'objet de cet article.

 

Depuis 2003 (j'ai alors 18 ans), je prends plaisir à utiliser les possibilités que m'offre internet pour faire des expériences. Passionné par l'actualité, et notamment par la politique, j'ai depuis lors tenté de contacter pour un webzine, pour mon forum, puis pour ce blog Paroles d'Actu, des personnalités, des anonymes. Pour leur demander de commenter un grand événement, de me donner, surtout, leur point de vue. Sans montage, sans préjugé. En 2004, en pleine crise diplomatique avec la France, j'interroge des Américains sur le 11 septembre, mais également sur ce qu'ils pensent de nous autres Français. En 2011, idem, sur leur propre élection présidentielle de 2012. Dans les deux cas, le peuple américain n'est pas pris comme une abstraction, une généralité qui penserait unanimement telle ou telle chose. Le "panel" retenu n'est pas établi scientifiquement, il est le fruit du hasard. Mais il est très divers. Le résultat n'est pas présenté sous la forme d'une synthèse. Parce que je ne suis pas très bon dans cet exercice. Surtout, parce que ce n'est pas ce que je veux. Une synthèse, par définition, résume, simplifie, caricature, parfois, les positions. Les textes sont livrés tels quels. Mon objectif : donner la parole à celles et ceux qui veulent bien la prendre. Pour exprimer leur part de vérité. Leur sincérité, en tout cas.

 

Des sondages existent sur le vote des jeunes pour la présidentielle. Là encore, je ne cherche pas à les analyser, les commenter. Cette idée, je l'avais déjà à l'esprit depuis plusieurs semaines. Ca n'avait pas fonctionné jusque là. Au soir du premier tour de la présidentielle, je me suis lancé, de nouveau. J'ai souhaité interroger des jeunes (limite arbitrairement choisie mais pas strictement : 35 ans), intéressés par la politique. Pour leur poser des questions relatives à ce premier tour, au second, à leur regard porté sur la France d'aujourd'hui, celle de l'avenir. Parce qu'après tout, ce sont bien eux, les jeunes, qui sont l'avenir de la France. Toutes les décisions qui sont prises aujourd'hui, celles qui seront prises demain les concerneront plus que quiconque. J'ai utilisé Facebook, en particulier. J'ai posté plusieurs annonces. J'ai contacté des gens que je ne connaissais pas, mais dont le profil, les commentaires sur tel ou tel mur me semblaient intéressants. J'ai également proposé à des amis de répondre à ce questionnaire. Le résultat, vous allez pouvoir le découvrir. L'article sera vivant, il sera alimenté au fil de l'eau, à mesure que d'autres témoignages me parviendront. Il n'y aura aucun montage. Les premières réponses seront les premières à apparaître sur cette page. Un mot d'ordre pour cet article : le respect. J'espère que vous serez nombreux, contributeurs ou "simples" lecteurs, à lire ce document. Que vous prendrez le temps de lire les mots de celles et ceux qui ne partagent pas vos idées. Que vous n'hésiterez pas à interpeller ses auteurs, dans un esprit de tolérance. Il faudra bien qu'au matin du 7 mai, le peuple s'unisse autour de son président, qu'il se prénomme François ou Nicolas. Si cet article peut contribuer à favoriser la compréhension, le dialogue, en refusant tout amalgame, toute caricature... alors... mon objectif sera atteint.   Merci infiniment à toutes et à tous pour votre collaboration. Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas à me contacter !!! En tout cas... bonne lecture ! Phil Defer   DOCUMENT

 

 

Paroles de campagne

 

Élection présidentielle, France, 2012

 

La parole aux jeunes

 

https://p3.storage.canalblog.com/32/02/871067/75112252.png 

 (Source photo F. Hollande : nouvelobs.com
Source photo N. Sarkozy : gala.fr)

 

 

 

 

QUESTIONNAIRE

Rédigé et largement diffusé le 24 avril

 

- Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

- Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

- Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

- Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

- François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

- Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

- Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

- C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

- Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

 

 

 

 

REPONSES

(PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE)

 

 

 

24 avril

 

 

Ahmed Laaraj

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Bonjour, je m'appelle Ahmed Laaraj, je suis étudiant à Montpellier. Depuis tout petit je suis engagé. J'ai toujours ressenti le besoin d'être utile, d'avoir le sens du service et du devoir. Mais mon véritable éveil à eu lieu en 2007. Je n'étais même pas encore en âge de voter. La ferveur de la campagne de 2007 a fait naître une flamme en moi. Je voyais déjà à cette époque que quelque chose s'était levé et que cette chose ne s'arrêterait pas, même en moi. J'ai tout naturellement rejoint le mouvement de Désirs d'avenir fondé par Ségolène Royal où très vite on faisait la place aux jeunes. J'ai animé le comité local de Montpellier (que j'anime toujours) avant de fonder avec Myriam El Yassa (qui elle anime le comité du Doubs) le collectif des jeunes de Désirs d'avenir. Avec ce comité nous avons coordonné la campagne jeune de Ségolène royal durant les primaires de 2011. Et aujourd'hui nous le développons, et ça marche !

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Le bilan de Nicolas Sarkozy ? Y'en a-t-il vraiment? Aucune réforme n'a été accueillie favorablement par l'opinion. Tout ce que le président a entrepris n'allait pas dans le sens de l'intérêt général. Je crois que l'ère du système Sarkozy restera un accident de l'histoire.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

J'ai un regard qui condamne l'état de la France et surtout ceux qui l'ont mise dans cet état, que ce soit la droite décomplexée qui tue à petit feu le service public et l'unité du peuple. Ou que ce soit le système bancaire, que les hommes politiques dans une grande couardise, ont laissé faire sans défendre le peuple qui les a mandatés pour la défense de nos intérêts communs ! Mais il n'y a pas de situation de non-retour. D'autres perspectives sont à donner, d'autres portes sont à ouvrir. Il y a des solutions pour remettre le Pays sur les rails de la croissance, de la rénovation. Il faut faire confiance en ce que j'appelle l'intelligence collective.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Oui je vais vous le dire, avec plaisir même si ça peut convaincre d'autres de mettre le même pour le second tour (rires). J'ai voté pour François Hollande. François a fait un très bon score. Il est arrivé en tête du premier tour avec une très forte participation, j'en suis très heureux.

Pour moi ce score s'explique par 2 raisons. Les Français ont besoin de croire et de participer à de nouvelles politiques, des méthodes plus proches d'eux et des réformes (du fait de leur participation et de la prise en compte de leurs opinions) plus adaptées à leurs attentes. Ils ont besoin d'être unifiés. Les Français se sont déplacés massivement avant tout pour adhérer aux projets portés par François Hollande. Ensuite, Nicolas Sarkozy a beaucoup déçu, ses politiques ont déçu, sa méthode, son style, c'est d'ailleurs l'arroseur arrosé. Il a voulu durcir le ton de sa campagne, son quinquennat fut un échec, le tout sécuritaire, la division des Français, le débat sur l'identité nationale, la réforme des retraites, les affaires de corruption au plus haut niveau de l'État, tout cela a contribué à une poussée de Marine Le Pen, je m'en désole, Nicolas Sarkozy a été un très bon directeur de la campagne de la présidente du FN. Mais les Français ne se laisseront pas avoir une seconde fois, et je crois qu'ils se déplaceront en masse, à nouveau pour le second tour pour voter François Hollande.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Commençons d'abord par Nicolas Sarkozy, je ne vais pas me répéter ça sera rapide. Il n'est pas le président qu'il faut, il suffit de voir son quinquennat pour le constater.

En ce qui concerne François Hollande, ce n'était pas mon candidat aux primaires citoyennes de l'automne dernier, il a repris pas mal de propositions de Ségolène Royal comme la banque publique d'investissement, la ré-intégration de l'année de formation des enseignants, redonner les moyens à la police et à la justice pour redonner les moyens aux forces de l'autorité d'assurer la sécurité et la cohésion de groupe des Français, la mutation écologique de l'industrie, la réforme bancaire avec la séparation de l'activité de dépôt et l'activité spéculative qui sera plus encadré, la fin du cumul des mandats... et j'en passe ! Il a réussi à me convaincre. Sur le style François Hollande ne sera pas un président de l'ostentatoire, il habitera sa fonction dignement et écoutera les Français. Je crois que ce sera un président aimé des Français.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Le message que je veux faire passer est simple, je veux m'adresser à vos lecteurs sous forme d'une question très simple : voulez-vous qu'on continue ou voulez vous qu'on change ?

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

La seule qualité que je reconnais à Nicolas Sarkozy est qu'il est bon orateur, il peut faire croire n'importe quoi. Mais après cinq ans de sarkozysme les Français ne se laisserons pas entraîner une seconde fois. Comment voulez vous qu'il nous rassemble alors qu'il n'a cessé de nous diviser. Même son propre camp il l'a divisé. Où sont Dominique de Villepin, Rama Yade par exemple sans oublier ses anciens ministres comme Hirsch, Amara, qui aujourd'hui appellent à voter pour François Hollande, qui est celui qui rassemble déjà !

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je la vois avec optimisme mais il suffit juste qu'on nous donne la parole. Il faut que les responsables politiques cessent de s'adresser à nous avec démagogie et infantilisation ils devraient plutôt nous responsabiliser, dans la société de demain nous devons avoir toute notre place car plus nous pourrons agir plus nous construirons une société adaptée aux générations qui nous suivront. D'ailleurs j'adresse un message à vos lecteurs, il faut qu'ils prennent part au débat, qu'ils donnent leurs idées, leurs opinions, qu'ils prennent des initiatives, qu'ils s'engagent, car sans nous la société ne vit plus ! Il faut voir les jeunes pour l’intelligence qu'ils peuvent amener aux débats et aux propositions et non pas seulement pour notre énergie même si nous en avons beaucoup à redonner ! Enfin nous, les jeunes, ne sommes pas un groupe isolé nous voulons être reconnu comme intégré à un processus normal de solidarité intergénérationnel.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Je voudrais clore cette interview par une citation : "Le prix de la liberté, c'est la vigilance éternelle" Thomas Jefferson

 

 

  

Jérémy B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Jérémy B., 23 ans, étudiant en master de science de l’environnement, du territoire et de l’économie à l’université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines. Président du mouvement politique Europe – Liberté et vice-président de la section française du mouvement européen Europe Démocratie Espéranto.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Une augmentation du chômage, une hyper-présidence méprisante et hautaine, une hausse insupportable des inégalités (des riches toujours plus riches, et de plus en plus de pauvres), des discours de plus en plus proche du Front National dans la haine et la stigmatisation de l’étranger et de l’immigré. Des ministres qui représentent très bien cette droitisation, comme Claude Guéant et Brice Hortefeux, ou encore de nouveau cadre de l’UMP comme Guillaume Peltier, ancien du FN puis du Mouvement National Républicain de Bruno Megret, et porte parole de Philippe De Villiers (MPF) aux présidentielles de 2007.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France, et plus globalement l’Europe vont mal. Les peuples sont désespérés, n’ont plus d’espoir, n’ont plus confiance. C’est l’un de nos principaux problèmes. Comment relancer notre économie si nos concitoyens n’y croient plus…

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon, justement parce qu’il était le seul à vouloir redonner l’espoir et la motivation nécessaire au peuple pour qu’on s’en sorte. Sa candidature, son dynamisme nous donnait l’envie de s’en sortir, de retrousser nos manches !

Concernant son score, 11,11%, il est décevant, soyons honnêtes, nous espérions tellement plus, même si un score à deux chiffres est déjà un bon score. Les resultats du premier tour révèlent deux choses, d’un côté un vote utile en faveur de François Hollande, et un vote contestataire contre-productif en faveur de Marine Le Pen. Finalement, Jean-Luc Mélenchon s’en sort bien avec 11,11%, car les discours d’Eva Joly, de François Bayrou, de Nicolas Dupont Aignan et même pourquoi pas de Jacques Cheminade, représentent probablement plus…

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Je pense que mon bilan sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy est assez clair pour savoir ce que je pense de lui politiquement.

Concernant François Hollande, il aura ma voix le 6 mai, mais sans trop d’espoir sur sa politique. Jean-Luc Mélenchon était véritablement le seul à pouvoir changer les choses. J’espère que François Hollande saura être à l’écoute des 4 millions d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon s'il est élu. J’espère aussi que François Hollande n’oubliera pas Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg qui ont été de bons soutiens et qu’il prendra en compte ceux qui ont voté contre la domination de la finance en votant Jacques Cheminade. Tout cela fait beaucoup de monde, et j’espère que M. Hollande ne les oubliera pas.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Comme je l’ai dit, je voterai François Hollande, mais je ne ferai pas campagne pour lui, je pense juste, et j’en suis même sûr, qu’il sera mieux que Nicolas Sarkozy, et que 5 ans déjà, cela a suffi à la France. Il faut savoir dire stop…

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Les qualités de Nicolas Sarkozy… ? Il parle bien, il est dynamique, il ne compte pas ses heures...

Par contre, je ne vois pas ce qui pourrait, a l’heure actuelle, unir les Français, et cela quel que soit le prochain président.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je suis politiquement de nature optimisme, le monde change vite, et il peut changer dans n’importe quel sens rapidement. Cela dépend des masses et de leurs motivations. La jeunesse, et le peuple en général peut reprendre le pouvoir, c’est une histoire de volonté. On l’a bien vu avec les grands rassemblements de Jean-Luc Mélenchon, il a su réunir des foules, avec des objectifs communs. Tout cela me rend optimiste…

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

J’ai envie de dire « retrouvez confiance en l’avenir, motivez-vous pour changer l’avenir, mais ne soyez pas naïfs, ne vous laissez pas faire, résistez ».

 

 

  

Lauréline M.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis Française, j'ai 24 ans, je vis à Montréal depuis 5 ans car l'employabilité est plus facile au Canada qu'en France, ainsi que le pouvoir d'achat ! Pour 700 euros, j'ai un 70m carré avec terrasse dans Montréal ! J'arrive à travailler à temps plein (35 heures par semaine) et à étudier à temps partiel (6 heures de cours par semaine + travaux) à HEC Montreal en DESS communications marketing.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Je tire un bilan très négatif du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le pays surtout vit dans la peur. Les médias terrorisent la population sur les sujets de la justice, l'immigration, la sécurité. Le pouvoir d'achat est toujours aussi bas. Avec le principe de travailler plus pour gagner plus, il n'y a pas plus de travail. J'entends que pour devenir professeur on enlève les cours de pédagogie et de gestion de classe pour privilégier des Masters ! Je trouve ça ridicule et terrible pour l'éducation des jeunes et pour les futurs professeurs ! La jeunesse n'est pas prise en considération : les manifestations des jeunes contre la hausse de l'âge de la retraite auraient dû être entendues et finir en referendum ! On ne prend pas en considération le peuple et les manifestations pacifiques ne servent plus à rien, c'est un droit bafoué !

Je vais rester sur ces grands sujets mais j'aurais plein d'autres négations à écrire.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France est très inégale ! Il y a plus de riches et plus de pauvres. Pourtant on sait que c'est la classe moyenne qui rend fort un pays. Nous sommes très nombreux pour un petit territoire ce qui n'est pas mis en valeur mais présenté comme un problème. Ce qui amène des problèmes de xénophobie. Le problème ce n'est pas la religion ou l'origine ethnique. C'est le manque de logement, l'appauvrissement de l'éducation, le manque de travail, la pauvreté qui est la vraie cause de l'individualisme et du non-respect des autres. Tout le monde pense très justement à sa propre personne car le gouvernement ne prend plus soin de lui ! Un président de la république doit être au service de tout son peuple. Il doit être à l'écoute de celui-ci aussi ! Aujourd'hui le gouvernement est sourd et aveugle, il est menteur et manipulateur en cachant les vrais problèmes.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'étais inscrite au Canada, et je suis en vacances de dernière minute en France donc je n'ai malheureusement pas pu voter au premier tour ! Mais j'aurais voté pour Francois Hollande. Il redonne de l'espoir. Il dit les vraies choses, il a un vrai programme ! Je suis contente qu'il ait réussi à être en tête du premier tour, mais c'est pas assez ! J'ai peur que le langage très juste de Francois Hollande soit trop "intellectuel". Les Français préfèrent que l'on leur parle de leur pouvoir d'achat et de leurs petites personnes avec un langage populaire et c'est pour cela que Marine Le Pen a obtenu un si haut score.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Je pense que Francois Hollande veut amener l'espoir avec une politique socialiste qui amènera vraiment le pouvoir au peuple, du mieux qu'il peut car il partira avec une France brisée. Je pense qu'il est le leader d'une très grande équipe, de personnes très intelligentes. Il sera un très bon coordonnateur et pour moi c'est le vrai métier d'un président.

Nicolas Sarkozy est comme un empereur ! Il est très charismatique mais c'est seulement un beau parleur ! Je déteste le reste de son gouvernement où les ministres sont tous plus pourris les uns que les autres. Je respecte seulement Fillion le premier ministre qui essaie de réparer les pots cassés. Je ne dis pas qu'il n'a pas essayé de redresser la France, mais il n'a pas réussi et il a aggravé les choses. Si on est pas au même niveau que le reste de l'Europe c'est que l'on était mieux que les autres avant la crise. Où est passé la France de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ? Envolée !

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Je vais voter Francois Hollande, pour le changement, pour l'espoir, pour redonner le pouvoir au peuple et pas aux aristocrates. Pour que le Parti socialiste trouve des solutions à cette crise du peuple contre les systèmes bancaires. En votant Hollande, c'est la manifestation la plus efficace que l'on puisse faire pour changer le gouvernement. On a un droit de vote important en France puisque notre vote compte directement dans le résultat ! Je souhaite que les gens croient en la France révolutionnaire. Pourquoi ne pourrions-nous pas redevenir le pays le plus influent en Europe ? Le modèle sociale-démocrate fait déjà ses preuves dans les pays scandinaves qui sont les mieux en Europe.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Si Sarkozy reste au pouvoir la France deviendra encore plus faible, sans droits sociaux ! Les gens vivront mais comme aux Etats-Unis avec des très pauvres et des très riches, en espérant être dans le bon camp ! C'est triste et peut-être qu'une grande révolution, ravageuse, créera le changement avant la fin des cinq ans.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je vois l'avenir de la France de façon positive si on redonne le pouvoir au peuple ! Si on redonne aux Français le pouvoir d'achat, avec l'emploi, la croissance, la gratuité de l'éducation, de la santé et de la justice ! Il faut beaucoup d'espoir et de travail d'équipe. Je crois en la jeunesse avec les médias sociaux et l'échange de l'information, de la vraie information. La génération Y, nous arrivons à un âge où nous allons pouvoir nous exprimer et être entendus dans le système capitaliste aujourd'hui ! Les 20-35ans, c'est à nous de jouer !

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

L'éducation est la plus haute des priorités à avoir. Pour la jeunesse, pour l'emploi ! Mais quand je parle d'éducation, je parle d'apprentissage d'un métier et de culture générale. Je ne pense pas qu'il faille des professeurs avec des masters ! Je ne crois pas qu'il nous faut seulement des avocats et des médecins. Il faut de tout pour faire un monde, il faut respecter les métiers et arrêter l'elitisme en France ! Il faut créer des emplois et créer un apprentissage qui y correspond. Avec des contingents ? Peut-être. En créant des écoles mixtes de classes sociales, de races et de religions, on va apprendre aux gens à se respecter. Il faut miser plus sur l'école comme une deuxième éducation aux jeunes tout en gardant les droits de liberté, égalité et fraternité en priorité. Merci de m'avoir lue !

 

 

  

25 avril

 

 

John S.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis né à Paris, j'ai 24 ans et je termine mes études cette année. Je possède la double nationalité : Française et Suisse. J'ai vécu à Paris jusqu'à mes 10 ans puis ensuite durant cinq ans j'ai vécu à Londres et enfin je suis parti faire mon lycée en Suisse. Actuellement je suis installé à Londres.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Le bilan de Nicolas Sarkozy est à première vue mitigé. Mais à y regarder de plus près il s'en tire pas trop mal. Certes, la politique sociale n'a pas été assez abordée mais vue la conjoncture actuelle la marge de manœuvres était très faible. Un président de la République doit prendre des décisions dans l'intérêt national et c'est obligatoirement impopulaire aux yeux de beaucoup de citoyens.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

L'état de la France est ce qu'il est. Il y a tout dans ce pays pour en faire le pays le plus agréable du monde. Mais on a du mal a accepter les vérités, on a du mal a changer et on est beaucoup trop naïf. Notre devise en est le reflet. Il est difficile de classer par ordres d'importance les problèmes les plus graves car pour chaque individu ce ne seront pas les mêmes. Les problème sociaux qui découlent des problèmes de l'emploi sont les plus visibles. Mais c'est du côté de l'économie qu'il faut se tourner si on veut pouvoir résoudre ses problèmes. À partir de ce constat, le problème numéro un est la santé financière de notre pays. Une personne en mauvaise santé pourra toujours essayer de faire du sport, de vivre comme si de rien n'était, de travailler dur, mais elle ne sera jamais à 100% et un jour ou l'autre, le fait d'avoir laissé la maladie prendre le dessus, sera inéluctable. On doit donc mettre son amour propre de côté et s'attaquer à l'économie de notre pays avec des priorités (vouloir relancer une économie sans avoir lutté contre le déficit puis la dette est un coup d'épée dans l'eau).

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Le 22 avril j'ai voté pour M. Sarkozy. Pour moi cette élection aurait dû être une élection économique avant tout. De ce point de vue, les extrêmes (gauche et droite) sont complétement hors-jeu. Le centre est trop « light » et peu convaincu. La gauche et son socialisme a comme vertu d'étaler la misère entre tous (ce qui, à mes yeux, n'est pas une solution viable) sans parler que tirer un pays vers le bas donne juste l'illusion que les disparités et inégalités ne sont plus (sous entendu que la situation serait devenu bonne pour tous). Puis reste la droite, qui a du mal à s'assumer, qui est trop timide mais qui de par ses relations et son intérêt pour l'économie limite la casse. J'ai donc voté pour le candidat le moins pire. L'herbe n'est pas toujours plus verte chez le voisin, pas question pour moi de me dire « allez, comme au casino, tentons l'autre candidat et qui sait... ».

Le score de Nicolas Sarkozy est logique . Il y a une « Sarkophobie » voire une cabale (sans devenir paranoïaque) hallucinante qui est bien réelle en France. Il est de toute façons plus facile de détruire que de construire, plus facile dans un contexte de crise jamais vue depuis 1929 de vouloir « changer » sans se poser la moindre questions. Les Français subissent la crise, mais ce n'est rien comparé à la Grèce, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal et certains pays d'Europe de l'Est. Il y a beaucoup de candidats (trop je ne sais pas) et comme on pouvait s'y attendre en traversant cette crise, les extrêmes ont fait de bons scores. Sans parler du fait que, la finance ayant était pointée du doigt, les Français, qui ne s'intéressent déjà pas à l'économie, ont naturellement écarté le seul candidat traitant des sujets économiques avec un minimum de sérieux (i.e. le candidat UMP).

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

J'ai un oncle qui a été maire d'un petit village pendant plus de 25 ans. Je pense que malgré son âge (78 ans) il pourrait se présenter quand on voit le « bagage » de M. Hollande. En arriver à en déduire que même Mme Royal était plus sincère et se présentait vraiment en croyant bien faire pour l’intérêt du pays, comparé à Hollande, c'est dire la désillusion. J'aurais aimé DSK. Pour l'avoir eu en conférence à plusieurs reprises, c'est avec Mme Lagarde, l'homme Français le plus performant concernant l'économie. Sarkozy confirme encore une fois qu'il est toujours présent dans un tel moment, il se donne à 150%, c'est un bon orateur et ses idées sont bonnes. Mais l'homme qu'il est, est tellement détesté, qu'il ne peut tenir sa ligne de conduite. C'est dommage.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Le 6 mai je voterai Nicolas Sarkozy. Je souhaite qu'il puisse continuer, en prenant des décisions courageuses, à maintenir à flot le pays puis à le relancer. Et surtout, cette élection est à sens unique si on est un minimum sérieux. Que ce soit en UK, aux USA, en Allemagne ou même en Chine, Hollande laisse totalement indifférent. Il sera avec Mélenchon, Joly, Sapin, Montebourg, Duflot, Royal et Aubry mis à part des décisions internationales dés que ce sera possible. Il ne leur restera que la possibilité de faire plaisir pour cinq petites années au peuple en baissant encore les 35H, en augmentant le SMIC, en recrutant à tout va des fonctionnaires dans l'espoir de redonner de l'espoir et de faire baisser de 0,1 point le chômage. Les étrangers qui sont le fonds de commerce du PS auront des droits dans l'espoir que leur nombre puisse installer durablement ce parti à l'Elysée. Je suis inquiet et c'est parce que j'aime mon pays. Je pourrais être égoïste et souhaiter (voire même voter pour) Hollande car je suis installé à Londres et pour moi tout va bien. Mais j'aime trop mon pays où tous mes ancêtres ont vécu pour faire cela. Et traverser cette crise comme cela pour au final anéantir tout les efforts consentis, ce n'est que remettre à plus tard ce qu'il faut faire.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Ce ne sont pas des qualités, mais Hollande montre au grand jour son côté sympathique voire comique. Sarkozy est aussi quelqu'un d'agréable mais en privé uniquement. Hollande est plus attirant car Sarkozy est desservi par un fort caractère. Bref, le candidat PS n'a à mes yeux aucune qualité si ce n'est cette apparence joviale. Même dire qu'il est gentil et ne fera rien de mal n'est pas possible vu les systèmes qui sont mis à jour au fur et à mesure par la justice française concernant le Parti Socialiste. Et puis il suffit d'aller discuter avec des anciens d'HEC Paris pour comprendre que si Hollande n'a jamais rien entrepris si ce n'est aller derrière Mitterrand quand le vent tourné, ce n'est sûrement pas maintenant, avec une future responsabilité si lourde, qu'on peut s'attendre à un changement.

Je ne suis pas politicien et il y a bien longtemps que j'ai compris que, hormis ses missions régaliennes, la politique est au service de l'économie, de la finance, du « business ». Je ne vois pas ce qui peut unir tous les Français si ce n'est l'envie d'un pays meilleur (qui comme je l'ai déjà dit plus haut possède tous les atouts pour être un pays fabuleux). Le problème est qu'il faudrait penser à l'avenir, et en élisant un socialiste alors que le plus dur va peut être se retrouver derrière nous, je repense inévitablement à Mitterrand, à Jospin, qui dans des périodes propices n'ont rien fait pour assurer un minimum l'avenir. Je redoute des cadeaux qui se révéleront nocifs. Protéger le futur d'un système social envié dans le monde entier ne passe pas par le rendre encore plus élastique et dépensier.

Seule l'envie de réussir, d'entreprendre et d'évoluer pourra tirer la France vers le haut. Au final c'est sûrement au peuple et au peuple seulement que revient la lourde tâche de relancer « la machine ». Et malgré les différences je veux croire que c'est possible.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Il faut toujours être optimiste sans jamais se voiler la face. J'ai passé des mois dans des salles de marchés à me former, j'ai été au plus près de ce monde décrié qu'est la finance en pleine période de crise. L'esprit critique est ce qui manque aux anglo-saxons et c'est ce qui pénalise les Français qui en ont trop. Le juste équilibre c'est de croire en l'avenir de la France tout en gardant à l'esprit qu'il faut être exigeant. Beaucoup de bonnes idées existent en France mais elles sont mal exploitées. Il faut un cadre souple et flexible avec des contreparties qui ne donnent pas le sentiment d'être puni quand on réussi. Le monde est en perpétuelle évolution, nous ne sommes pas seuls et même si l'Europe m'inquiète il faut résoudre ce problème pour ensuite aller de l'avant. On est sévère avec notre pays mais je sais qu'on est loin d'être les plus en danger.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Pour conclure je saluerais votre initiative qui en laissant la parole librement à des citoyens du monde entier permet d'avoir un regard différent sur divers sujets. Le savoir est une arme et s'enrichir permet de la recharger.

 

  

 

Laura C.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Laura, 23 ans, actuellement en licence pro métiers de l'immobilier, et envisageant de poursuivre en master 1 puis de me tourner vers le métier d'huissier.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Au niveau étudiant, une baisse drastique des bourses (malgré l'instauration du 10ème mois) et ce sans changement de ressources au niveau du calcul de la bourse. La réforme de l'université qui n'a rien changé.

Au niveau général, des réformes impopulaires mais, je pense, nécessaires (retraite...).

Une assez bonne présence à l'international.

On a globalement mieux réussi à surmonter la "crise" que nos voisins.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Très clairement, nous sommes en difficulté (chômage, logement...). Le problème le plus grave est bien évidemment le chômage en général. Au niveau des jeunes on le ressent bien (bac +5, trop qualifié, bac+3, pas assez... et quand on a le diplôme il faudrait 10 ans d'expérience pour être pris...). Au niveau des seniors également le problème est de taille.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'ai voté pour Marine le Pen. Elle réalise un bon score. Je me bats au quotidien pour affronter les clichés du militant "tout sauf FN" de base tels que "t'es raciste" (ah ? y'a des races chez l'être humain ? je savais pas) etc... Le "vote contestataire" n'est pas mal non plus... Le "parti facho" encore plus : s'il est si facho que ça, pourquoi n'est-il pas interdit ? Le front de gauche, les drapeaux de l'URSS et le retour du communisme, qui a fait plus de 50 millions de morts, ça choque personne, par contre... Bref, je reprends !

La campagne n'a pas été très intéressante dans son ensemble, les faux débats organisés à la télé étaient une blague... On nous prend vraiment pour des imbéciles.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

L'un est trop mou et incapable de prendre des décisions claires (Hollande), l'autre retourne sans arrêt sa veste et enchaîne les énormités ("Je n'ai pas baissé les bourses", "Le FN faut pas cracher dessus, mais je vais quand même dire aux électeurs de voter pour moi"). Hollande n'a clairement pas la stature pour gouverner le pays (le New York Times le dit aussi, c'est pas non plus Gala quoi...)

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Je ne voterai pour aucun des deux car ni l'un ni l'autre ne représente ce que je pense. D'ailleurs, les (ex) candidats qui donnent des consignes de vote ne sont, à mon sens, pas dans leur rôle : les électeurs peuvent choisir seuls !

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Une qualité chez Hollande ? Il a maigri. Rien ne peut unir des gens fondamentalement opposés politiquement (front de gauche : tu ne votes pas Mélenchon, je te dénigre, etc). Les législatives permettront peut-être de dégager une majorité.

La lutte contre le chômage peut éventuellement intéresser tout le monde.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

J'aimerais la voir avec optimisme, mais ce n'est pas possible.

Le taux de chômage des jeunes diplômés est aberrant (cela sera sans doute pire avec Hollande), on nous demande un bac+5 et 5 ans d'expérience alors qu'on sort de formation ! Et quand bien même on a le bac +5, on nous sort qu'on est trop qualifiés. Le monde de l'entreprise devrait être en vrai contact avec les instances s'occupant des programmes de la fac afin de faire des programmes cohérents. ("histoire de la pensée" en fac de droit, c'est une matière qui va beaucoup servir dans le monde du travail...)

Il faut redorer le blason des formations qu'on dit "pour les nuls", comme les CAP, BEP, bac pro... Ces formations sont demandées, à juste titre, car on manque de main d'oeuvre. Il n'y a pas de sot métier. L'apprentissage à 14 ans est pas mal dans le sens où des gamins qui n'aiment pas l'école pourraient être "cadrés" par le monde de l'entreprise et faire quelque chose de plus vivant que de suivre des cours.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Baaah... Votez, pour qui vous voulez, mais votez !

 

 

 

Morgan B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Morgan B., étudiant, 20 ans.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy est très bon par rapport à nos voisins européens ! Nous sommes, après l'Allemagne, le pays européen qui s'en est sorti le mieux de ces crises sans précédent. Nicolas Sarkozy a démontré sa force, sa détermination, son courage et sa lucidité ! Le Président de la République a oxygéné notre pays notamment dans les comptes publics, première fois depuis 30 ans que l'on vote un budget qui diminue.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Le 22 avril 2012, j'ai évidemment voté pour Nicolas Sarkozy. En effet, c'est le seul candidat capable de redresser notre pays, le seul qui a une expérience solide, une expérience de crise. Oui Nicolas Sarkozy sait faire face à une crise.

Son score du 1er tour est très positif ! Certes il n'est pas en 1ère position mais l'élection présidentielle en France ne se fait pas sur 1 tour mais bien sur 2. Attendons donc le 2ème tour pour tirer une conclusion.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Je pense que François Hollande est un candidat alors que Nicolas Sarkozy est un Président-candidat. Cela change tout ! On a deux figures : une qui a déjà été plusieurs fois ministre et qui a été élu Président de la République, et puis une seconde figure qui masque son bilan calamiteux de la Corrèze ! Eh oui, François Hollande est le Président du département le plus endetté de France. Depuis qu'il préside ce département, la dette a augmenté de 25%, les taxes ont doublé, etc. Bref François Hollande ferait mieux de se taire quand il parle du bilan de Nicolas Sarkozy. Il oublie que celui de son adversaire est positif comparé à son bilan corrézien.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Le 6 mai je voterai assurément pour Nicolas Sarkozy car il faut choisir entre une France forte et une France molle. Je préfère la première.

Tous ceux qui sont indécis, toux ceux qui ont voté Marine Le Pen, toux ceux qui souhaitent voter blanc, tous ceux qui souhaitent voter François Hollande, je les invite très vivement à bien réfléchir avant de voter. Voter ce n'est pas choisir sa baguette de pain chez son boulanger, c'est choisir son Président de la République pour 5 années. Méfiez-vous ! Dites oui à 3 débats entre Nicolas Sarkozy et François Hollande parce que les débats permettent aux Français de délimiter celui qui est le plus habile pour gouverner la France.

 

 

 

26 avril

 

 

Mederic P.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis un lycéen de la région parisienne passionné d'Histoire.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Un bilan plutôt négatif même s'il est marqué par de bonnes réformes et que la crise atténue la responsabilité du Président.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Une France incapable de s'adapter à la mondialisation à cause d'une fonction publique pléthorique, des syndicats contre-productifs voire nocifs et une démocratie qui devient petit à petit plus pourrie.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'aurais voté pour le candidat Nicolas Sarkozy ou le candidat François Bayrou. Je suis plutôt content du score de Nicolas Sarkozy bien que déçu qu'il fasse moins que François Hollande. Je suis aussi déçu par la faible adhésion qu'a suscité François Bayrou alors qu'il défendait des thématiques fondamentales comme la dette. En général, les scores élevés des extrêmes m'inquiètent même si je suis sastisfait que les voix se portent plus à l'extrême droite qu'à l'extrême gauche.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

François Hollande est dans la position inconfortable du remplaçant et son inexperience est inquiétante. Il fait aussi preuve de mauvaise foi dans sa critique du bilan du Président Sarkozy alors que la dette de son département a explosé dans les mêmes proportions que celle de la France. Nicolas Sarkozy a le tort d'avoir un côté très "bling-bling" mais c'est surtout sa façon de parler qui me dérange par son côté un peu ridicule. Pourtant il entreprend des réformes qui vont, selon moi, dans le bon sens même s'il va très rarement au bout de celles-ci.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Si je pouvais voter, je voterais sans hésitation Nicolas Sarkozy pour faire barrage à François Hollande à cause de son inexperience mais surtout à cause de la ligne politique du PS qui reste très "bolchevik" et qui se trouve beaucoup trop éloignée des sociaux-démocrates européens. En outre, la situation actuelle requiert un président avec une bonne entente Franco-Allemande et une ligne politique claire avec les autres dirigeants européens. Je suis aussi séduit par de nouvelles propositions comme la réforme de la formation pour les chômeurs ou la TVA sociale.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

J'ai noté récemment une phrase de Hollande qui disait qu'il fallait flexibiliser le marché du travail, j'ai été en outre agréablement surpris par le début d'interêt pour la compétitivité des entreprises même si ses propositions ne m'ont pas convaincu. Je note aussi qu'il a tendance à faire des compromis entre les différents partis bien qu'il ait plutôt tendance à ne pas agir et à rester dans le statu quo.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

J'imagine l'avenir de façon plutôt pessimiste car la fuite des cerveaux et des riches à l'étranger risque d'être une vraie catastrophe pour la France. Et puis elle a déjà dû subir des décisions catastrophiques comme les 35h ou la retraite à 60 ans. Je n'imagine pas non plus François Hollande appliquer son programme et j'ai très peur que ce soit les marchés qui finissent par dicter notre politique comme en Grèce ou en Espagne.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

C'est la première campagne que je suis, et c'est vraiment une déception pour moi, surtout la primaire socialiste qui renforce la bipolarisation de la politique française ou l'absence d'affrontement sur le fond des sujets.

 

 

 

Julien H.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

J'ai 23 ans, j'ai grandi en province, dans une famille de la partie inférieure de la classe moyenne, qui vote traditionnellement pour le PS. J'ai obtenu une licence inutile, j'ai un boulot alimentaire à Paris et je galère tous les jours avec les RER. Je cherche à intégrer une autre formation, dans l'espoir d'avoir plus d'avenir. Côté politique, ado j'étais très intéressé, aujourd'hui le mot qui correspond est "désillusion".

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Un bilan plutôt négatif. Toutes ses décisions et réformes n'étaient pas mauvaises, mais il a mérité son impopularité, entre sa politique agressive, ses mensonges, son culte de la performance, les fausses solutions apportés par sa majorité, sa surexposition médiatique et compagnie. Je n'ai pas l'impression que toutes ses décisions aient été faites dans l'intérêt de la France.

Il n'a pas seulement continué à ruiner la France comme ses prédécesseurs, il a cassé ses institutions, surtout éducatives et culturelles, des institutions particulièrement importantes au bien-être d'une nation selon moi.

Et puis j'ai le sentiment que ses ministres ne servent à rien, qu'il donne les ordres et que les autres obéissent comme des gentils toutous. D'ailleurs, la longue partie de chaises musicales qui a eu lieu entre les ministères renforce cette opinion. Ce n'est pas ce que j'attends du Président de la République Française.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La misère grandissante (matérielle et culturelle) et la xénophobie (exacerbée par la misère, les médias et la politique de M. Sarkozy), qui empêchent toute "unité nationale".

Il n'est pas normal que dans un pays développé certains renoncent aux soins, n'aient pas de logement, ne puissent pas se nourrir correctement,...

Je suis métis mais je suis né et ai toujours vécu en France (métropolitaine). Quand j'étais gamin, j'entendais parfois parler dans mon dos et je sentais les regards. C'était malsain parce que les gens se cachaient à moitié, mais aujourd'hui c'est limite une fierté pour certains Français d'être xénophobes, même s'ils n'ont absolument aucune raison personnelle de l'être.

Ça contraste avec la beauté de notre pays et la qualité de notre cuisine.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'ai voté pour Eva Joly, qui a réalisé un score ridicule (sans surprise, pour diverses raisons). Je n'étais pas d'accord avec tous les points de son programme mais dans l'ensemble ça me plaisait bien. Pour moi, elle est la seule candidate qui semble avoir des principes et qui a l'air sincère dans sa démarche.

J'aurais voulu voter Hollande, j'espérais qu'il dirait ou ferait quelque chose qui me convaincrait, mais ça n'est pas arrivé. Le personnage ne me plaît pas (les autres candidats non plus d'ailleurs), j'aurais préféré DSK ou Martine Aubry. Alors j'ai voté pour ce qui me semblait juste.

Ce premier tour a été sans surprise. À peu de choses près, les sondages nous l'avaient annoncé, ce qui me fait questionner la légitimité des sondages en période électorale.

Je suis assez inquiet des scores de l'UMP et du FN. Je ne comprends pas un tel choix. A moins d'être militant d'un de ces partis, ça n'a pas de sens. L'UMP de M. Sarkozy est une droite dure, dont les propos se rapprochent de ceux du FN (il le prouve encore ces derniers jours). Pendant ce temps, le FN joue sur le terrain de la gauche (temps de crise oblige), tout en gardant ses idées rétrogrades.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

À mon avis, leurs motivations ne sont pas les bonnes, et ils se ressemblent plus qu'il n'y paraît. Mais Nicolas Sarkozy a fait son temps, et déjà Ministre de l'Intérieur il me donnait de l'urticaire. François Hollande doit encore faire ses preuves.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

François Hollande. Aujourd'hui Sarkozy joue la victime, l'homme volontaire et bienveillant, mais ce n'est pas ce qui transparaît de son mandat.

La France a besoin de changement, de courage politique. Voter pour François Hollande, c'est donner enfin à la gauche les moyens de montrer de quoi elle est capable. On lui a reproché, à tort ou à raison, son inefficacité, mais cela fait 10 ans que nous avons un gouvernement de droite.

Et on aura beau me dire que François Hollande a ruiné la Corrèze (déjà ruinée avant lui), je pense que le contexte économique et la différence de statut l'obligera à la prudence et à s'appuyer sur des personnes compétentes en la matière, qu'elles soient plutôt de droite ou de gauche. Ce n'est pas une question d'"ouverture" mais plutôt de patriotisme, et c'est d'ailleurs le vrai rôle d'un Président de la République : placer les bonnes personnes au bon endroit dans l'intérêt du pays.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Je suppose qu'on peut lui attribuer des qualités en matière de leadership et des talents de comédien (donc il s'adapte bien pour communiquer), mais j'ai du mal à imaginer une quelconque unité des Français dans un futur proche (ou même dans cinq ans).

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je suis plutôt inquiet. Si on continue comme ça, on fonce droit dans le mur. Mais je continue d'espérer que ça s'arrange et c'est pour ça que je vote.

Il y a beaucoup à faire. Il faut que nos gouvernants fassent preuve de courage politique, qu'ils assument toutes leurs responsabilités, tous leurs devoirs, qu'ils arrêtent de nous donner des leçons qu'eux-mêmes ne suivent pas. Il faut qu'on mette un peu d'éthique dans la politique d'aujourd'hui, qu'on arrête de se complaire dans notre situation en brandissant notre prestige passé. Il faut sortir du système binaire droite/gauche, UMP/PS, et avoir le courage de chercher de vraies solutions alternatives. Aujourd'hui il nous faut un État prudent mais interventionniste, tout en ne tombant pas dans le nationalisme parce que la donne a changé (un équilibre complexe, j'en conviens).

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Dans une crise, on peut se laisser tomber ou se relever. Si nos dirigeants ont des devoirs envers nous, nous nous devons de leur montrer la voie à suivre (et pas en faisant tout le temps des grèves ridicules ou des votes de protestation inconscients).
L'éducation est essentielle au bon équilibre d'un pays, elle donne à chacun une chance d'aller plus loin, d'être épanoui, elle réduit (autant qu'elle peut) les inégalités.

Je déplore aussi l'absence de l'écologie dans ce premier tour. Je comprends que d'autres difficultés occupent les Français aujourd'hui – j'en ai moi-même –, et en toute honnêteté je ne suis pas un bon petit écolo parce que nos dirigeants ne montrent pas l'exemple, mais je suis convaincu que c'est un problème urgent, qui, s'il est traité comme il se doit, peut apporter des solutions à d'autres problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.

Nous avons un pays tellement beau, il serait dommage de tout gâcher.

 

 

 

27 avril

 

 

D. Binh L.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je m'appelle D. Binh L., 27 ans, célibataire. Je suis vietnamien de naissance et je suis venu en France en février 1992 grâce aux regroupement familial. Je suis consultant IT (ingénieur en informatique) dans une entreprise spécialisée en progiciel pour la finance d'entreprise et en hébergement d'applications. Je viens de Lyon mais je travaille à Paris. J'ai étudié à Lyon, Grenoble et enfin Paris. Bien que je pratique un métier très technique, je m'intéresse beaucoup à l'histoire, la politique, l'actualité économique et sociale de manière générale.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Je dirais qu'il n'a pas tenu ses objectifs et ce dans beaucoup de domaines. Pour l'économie, je peux pas vraiment lui en vouloir avec la crise mais pour le reste ce ne sont que des effets d'annonces sur le moment. Je n'ai pas vraiment vu mis à part une réforme des retraites extrêment molle un projet sur le long terme mais surtout ambitieux. Si on prend par exemple un domaine dont je suis particulièrement renseigné : l'enseignement supérieur, les réformes de Pécresse ne vont pas du tout dans le bon sens et on sent le gouvernement prêt directement à se coucher face à la pression des syndicats. Donc aucune mesure néessitant beaucoup de courage comme la remise en cause de l'accès sans sélection à l'université, le travail monstrueux à faire sur l'orientation des jeunes et sur les conseillers d'orientation et bien sûr le besoin de réformer les méthodes d'enseignement. Pourquoi en France, les gens sont aussi nuls en orthographe, en Anglais alors qu'il suffit de franchir la frontière pour voir comment les pays voisins n'ont pas ce problème mineur. Un aussi grand et puissant pays avec des problèmes aussi absurdes, cela ne présage rien de bon pour le futur de la France.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Je n'ai pas pu voter car j'ai un problème au travail enchainé par des problèmes de transports, dont le résultat est que je n'ai pas pu retourner à Lyon pour voter. Mais sinon j'allais voter François Bayrou. Pourquoi ? Simplement, pour moi, son programme économique semble être le plus crédible avec une diminution drastique des dépenses. C'est le seul candidat qui insistait sur le mot "EFFORT". Oui, les autres candidats pour moi ne disaient que ce que les gens voulaient entendre sans prendre en compte la réalité. Bayrou fait aussi du populisme comme tous les politiciens de métier mais c'était le seul pour moi qui proposait un programme qui imposait aux Français de vraiment faire des efforts. Je pense donc que c'est la principale raison pour laquelle il n'a pas fait un très gros score.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Deux politiciens de métier. Hollande est quasiment aussi hypocrite que Sarkozy dans son discours. Lui qui dit qu'il n'aime pas les riches alors qu'il touche 30K/mois, qui accuse Sarkozy de dîner au Fouquet's alors qu'il va manger une salade à 150€... Et qui entre les deux tours prend le TER... Il cherche donc à se construire une image de citoyen moyen alors qu'il n'a, à ma connaissance, jamais travaillé dans le privé et est dans la classe la plus aisée.

Sarkozy est la personne qui ne réagit qu'à l'instant présent, selon les faits divers de manière générale. Sans compter le fait qu'il magouille pour ses amis sur le dos de l'État (mais ça à la rigueur n'importe qui le fait). Non, son principal défaut est qu'il énonce le problème, mais ne propose qu'une réformette et des lois qui ne servent à rien. Les exemples les plus frappants sont les propositions qu'il fait sur le tas après des faits divers comme à Grenoble. Bien sûr rien n'est fait derrière, il n'y a que l'effet d'annonce.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Vote blanc sûrement mais ce n'est pas encore définitif. Pourquoi ? La réponse se trouve dans mon opinion des deux candidats. Entre une personne président du département le plus endetté de France et qui se permet de donner des iPads à des collégiens (en tant qu'informaticien quand je vois ça c'est assez choquant mais bon le nombre d'articles ou d'histoires sur les gaspillages de l'argent public...) et une autre pas capable d'assumer ses choix et qui change d'avis comme de chaussettes...

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Aucun des deux ne peut réunir les Français. Il y a un tel anti sarkozisme primaire sur l'extrême gauche qu'il ne pourra pas rassembler tout le monde. Pour Hollande, le PS est associé à tort ou à raison à l'antinationalisme donc il ne pourra convaincre les gens à droite de la droite de manière générale.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Plutôt pessimiste. Il y a, dans ce pays, un vrai manque d'adaptation par rapport au monde. Je pense que les gens ont tellement été bercés par l'état providence qu'ils n'acceptent pas du tout de voir la réalité en face et chacun campe sur sa position rendant les réformes très difficiles (éducation nationale, santé, retraite, etc.). Moi qui ai vu la vraie pauvreté au Viêt-Nam, je pense que les gens devraient voyager davantage afin de prendre conscience des efforts à faire.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Je dirai que je suis extrémiste ou plutôt conservateur dans le genre Eric ZEMMOUR. Je suis en partie d'accord avec ce qu'il dit (pas économique mais surtout dans son analyse sociale). J'attache de l'importance aux valeurs traditionnelles au niveau de mon mode de vie mais surtout à la logique qu'il y avoir dans notre société. Il y a un modèle qui dure depuis des siècles et qui a plutôt bien marché, pourquoi tout remettre en cause pour des futilités...

Quand je vois qu'Hollande dire que le mariage et l'adoption pour les homo est une priorité, on voit le niveau de la campagne.

 

 

 

28 avril

 

 

Cédric B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Bonjour, je m’appelle Cédric B., je suis étudiant dans la Loire. J’étudie dans le domaine de la programmation informatique. Le vote est un acte citoyen et il est pour moi important de voter. On devrait même le rendre obligatoire comme en Belgique. Le vote est le moyen de s’exprimer et de choisir celui à qui on accorde notre confiance. La politique me déçoit un peu car je trouve que les politiciens promettent beaucoup pour au final ne rien faire, ou agir pour leurs propres intérêts.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a certes fait augmenter la pauvreté en France, mais il a plutôt bien géré le pays face à la crise. Il s'est beaucoup intéressé aux riches. En 2007 il avait piqué les idées principales du Front National mais au final qu’a-t-il fait… Pas grand-chose.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Je trouve que la France est en danger, qu’elle s’éloigne de plus en plus et qu’on la perd. Notamment sur une partie de la population d’immigrés musulmans qui insultent les valeurs de la République. La France est aujourd’hui un pays d’assistés. Si on vient de l’étranger et qu’on vit en France la moindre des choses serait de la respecter et de respecter les citoyens qui y vivent. Alors, quand on voit par exemple des gens cracher sur le drapeau français ou le brûler... Je pense même, pendant cette élection, à une image lors d’un meeting de Jean-Luc Mélenchon, où l'on a pu voir un drapeau algérien à la place d’un drapeau français. Je trouve cela vraiment déplacé. Ils veulent qu’on les respecte, mais avant qu’on les respecte, qu’ils commencent déjà par respecter les Français avant de dire qu’on est raciste, car c’est bien eux les plus racistes. Qu’on nous oblige par exemple à prendre leurs habitudes alimentaires notamment dans les cantines scolaires avec le soi-disant « HALAL », je trouve ça vraiment dégueulasse, on est en France et NON en ALGÉRIE. Le problème le plus grave actuellement, c’est l’identité nationale et résoudre le trop plein d’assistanat. J’ai fait un voyage aux États-Unis et j’ai réellement vu la différence de mentalité. Là-bas, ils sont patriotes, ils respectent leur pays. Ici, rien de tout ça. Je suis pour un système similaire au leur. Tu travailles pas, t'as rien. Tu travailles, t'as tout. Ici, tu travailles pas, t'as tout, et tu gagnes même plus que quand tu ne travailles pas, j’aimerais que cela change.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J’ai voté pour Marine le Pen car je pense qu'elle est la seule à pouvoir relever le pays, le réveiller. Faire en sorte qu'il y ait une égalité réelle en France. Son score est historique mais je pense et j’espère que d’ici dix voire cinq ans on ait un parti d’extrême droite au pouvoir, pour faire un énorme boulot.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Sarkozy = Français Riches
Hollande = Français Pauvres et augmentation de l’assistanat et donc de Français flemmards

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Sincèrement pour moi c’est soit Sarkozy soit vote blanc. Hollande je ne pense pas qu’il soit assez fort mentalement pour être président. Peut-être que je me trompe. Aucun des deux ne me va.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Sarkozy est un beau parleur. Il y a des idées de François Hollande qui me plaisent mais est-ce qu'il faut prendre le risque pour autant ? Cinq ans, ça peut être très long et on peut s’en mordre les doigts. Ce qui peut unir les Français c’est la Justice, le développement du patriotisme. Le respect du français.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Personnellement, j’espère que cet avenir sera positif... mais bon seul l’avenir nous le dira.

 

 

 

Clément C.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Clément, 18 ans, militant PS, défendant Valls a la primaire, pour une union libérale et républicaine.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Sarkozy, élu par le peuple, il sortira par le peuple... Bilan : c'est les profondeurs abyssales, mauvais et sans aucun progrès.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France va mal, mais elle se débrouille grâce a une force des mouvements sociaux extraordinaire. Le plus grave problème reste la suppression d'un fonctionnaire sur deux, surtout dans les domaines de la santé et de l'éducation.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'ai voté Hollande. Le score est historique.

Le danger n'est pas Marine, le danger n'est pas le FN, le danger c'est les discours de haine qui sortent de la bouche de républicains qui pourtant luttent contre le fascisme et le racisme !!!

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Hollande n'est pas le messie, c'est pas Cheminade, mais Sarkozy c'est pas un génie, il faut le sortir...

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Il faut voter Hollande pour deux raisons simples, Sarkozy c'est la suppression d'une semaine de congés payés, et la diminution des aides sociales. Il faut de l'argent pour vivre et consommer. La consommation, c'est la clé de l'emploi.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

L'unification c'est les législatives. Le Front de gauche et les forces de gauche devraient faire liste commune pour lutter contre le FN.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Hollande c'est la solution a court terme, il faudra bien penser a sécuriser les marchés sans les affaiblir. Hollande le fera, mais il faudra y être plus fort et il n'aura pas le temps. Valls devra prendre le relais pour rétablir en quinze ans la France détruite par vingt-cinq ans de droite.

 

 

 

29 avril

 

 

Boris Y.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis étudiant en Master 2 d'Architecture à Paris, je viens toutefois de "la province" comme on dit ici. J'ai vécu dans le sud la plus grande partie de ma vie. J'en garde un certain attachement...

J'aime le sport et j'ai peu de patience pour la masturbation intellectuelle qu'on pratique dans les écoles d'architecture.

Dans la vie, j'ai toujours eu le cul entre deux chaises, je n'ai pas vécu dans une cité, mais j'y ai étudié jusqu'au bac... Avec ma mère, nous ne roulions pas sur l'or, jusqu'à ce que j'hérite à 18 ans et qu'elle atteigne la retraite, j'ai vécu à Paris jusqu'à 8 ans puis j'ai déménagé dans le Sud, ma mère m'a poussé a faire une carrière universitaire mais moi ce que j'aime c'est le sport, pas vraiment riche, pas vraiment pauvre, pas vraiment du sud ni du nord, mi intellectuel mi prolo...

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Un bilan catastrophique à tout les niveaux, en dehors du service public français dont les réformes ne sont pas encore pleinement visibles (la réforme sur les universités, sur le système de santé).

Il a fait des choix stupides sur le plan géopolitique : l'engagement en Afghanistan et en Irak sont incompréhensibles !?

Ce qu'on retient c'est surtout le brouhaha médiatique sur chacun de ses faits et gestes mais surtout l'impunité dans laquelle il agit, entre les scandales Bettencourt, Takiddine, l'affaire de l'EPAD ou encore le renvoi de Porte et Guillon... Rien ne semble le toucher, c'est l'expression même de l'impunité.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

À mon sens, la dette publique, et le monopole des banques privées (et donc des marchés) sur la dette publique puisque la loi interdit aux états d'emprunter directement à la BCE.

La dette, c'est ce qui grève le budget de l'État, c'est qui nous pousse à augmenter les impôts et réduire le service public.

L'immigration, c'est un problème mineur qui pourrait être réglé facilement avec un peu de volonté publique mais qui occupe une place majeure sur le plan médiatique, l'inverse de la dette quoi...

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Pas de problème, j'ai voté Mélenchon, sans illusion (je ne suis pas communiste), j'ai voté anti-système, parce que l'UMP et le PS sont deux "machines à élections" corrompues (affaire Guérini, DSK, Frêche). Son score m'a beaucoup déçu car cela montre que les préoccupations des Français ne sont pas sur la dette mais sur d'autre chose, des mesure "bouche trou".

Si je ne connaissais pas le "passé raciste" du FN, j'aurai très bien pu voter pour eux. D'ailleurs ça m'énerve beaucoup quand on tape sur le FN, l'UMP et le PS sont (très) loin d'être au dessus de tout reproche.

Le problème c'est que la gauche ne veut pas régler la question de l'immigration, et la laisse à la droite (en général), c'est ce qui explique le score de Le Pen au premier tour. Il est clair qu'il faut s'attaquer à l'immigration clandestine, on ne peut plus accueillir autant que pendant les Trente Glorieuses, ou alors, aux dépens de notre système public (éducation, santé, administration).

Les gens qui sortent le discours anti-raciste paternaliste, ils habite rarement à Aubervilliers, Trappes, ou d'autres villes ou quartiers sinistrés... ils vivent dans leur bulles où tout le monde est gentil, la réalité est plus complexe...

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Un génie médiatique et un homme de l'ombre qui se retrouve par hasard sous les projecteurs... Des fois, je me demande pourquoi mes amis de droites sont tant hostile à Hollande, il ne propose rien de fou, c'est presque un programme de centre droite...

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Je ne pense pas voter, par conviction.

Honnêtement, je pense que ce qui pourrait arriver de pire à Sarko (voir Marine), ce serait de se retrouver au pouvoir, avec le bilan qu'il se taperait en dix ans, on retrouverait peut-être une vrai gauche dans cinq ans. Moi Sarko ne me fait pas peur, il ne pourra jamais mettre en place ce qu'il annonce, sa campagne est devenue une vente à la criée...

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Sarko ? Un très bon orateur (moins que Mélenchon) et un génie médiatique... La fameuse phrase parlant de passer "la racaille au Kärcher", c'était un coup de génie, il a dit tout haut un mot que les hommes politiques n'osaient pas prononcer mais qui était entré dans le langage commun depuis dix ans...

Les Français sont unis, ils suffit d'un match de coupe du monde gagné pour que tout d'un coup, tout le monde soit Français et fier de l'être, qu'on oublie les différence sociales ou "ethniques". On est unis dans la douleur de la crise et ce n'est pas le discours plein d'amalgame du FN/UMP qui prouvera le contraire. Après, je suis d'accord avec la droite quand elle dit qu'on donne la nationalité française trop facilement. Si on écoute "la gauche" il n'y a que 5% d'immigrés en France mais si on prend la définition de l'ONU, on atteint 11%. Le droit du sol est une belle chose, mais cela devient ingérable...

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je suis très pessimiste et je pense m'expatrier, quand je vois le salaire de mes amis diplômés après cinq ans d'études, je peux vous dire que je ne travaillerai pas pour le smic avec un bac+5, alors qu'en Suisse ou au Canada, on touche deux fois plus... Je parle anglais couramment et allemand un peu, je compte bien m'en servir.

Sarko nous a vendu le contrat auto-entrepreneur, dans ma branche, beaucoup de jeunes l'utilisent, ça permet aux agences de réduire leur charges sur leurs employés, certains disent que c'est mieux que le chômage, seulement, quand on est auto-entrepreneur, on n'y pas droit justement, au chômage...

Moi je suis protectionniste, pas forcément par rapport à l'immigration mais surtout par rapport à l'industrie et l'agriculture, quand les paysans en sont à décharger les camions qui remontent d'Espagne pour montrer qu'ils n'en peuvent plus, il y a un problème. Moi, que l'industrie aéronautique française s'effondre, je m'en fous, c'est pas Dassault qui fait manger les Français...

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Je pense que le système politique actuel est arrivé à bout, pourquoi les extrêmes font-ils un score aussi grand sinon ? Les gens en ont marre de voir scandale sur scandale sans aucunes conséquence.

À ma connaissance, pas un seul homme politique n'a fait de la prison (ferme) depuis le début de la 5ème république, de l'affaire du sang contaminé à Charles Pasqua en passant par Chirac et d'autres, pas un seul n'a fait un jour de prison, ils sont mis en examen, condamnés à des peines avec sursis puis remis dans le système politique (Juppé, Hortefeux, et j'en passe... DSK prochainement probablement).

La politique est devenue un grand cirque médiatique qui tourne au ridicule, il ne faut pas se méprendre, les gens en sont conscients, mais qui a le temps de changer les choses ? Il y a 10% d'abstention en moins pour ces élections, mais ces voix ne sont allées ni au PS ni à l'UMP... Ce sont les voix de la contestation.

La prochaine étape, c'est l'arrivée du FMI dans nos finances comme en Grèce, ça me fera peut être rire jaune... je ne sais pas encore.

Je voudrais vous remercier de m'avoir donné la parole, à mon sens, c'est avec la presse indépendante, les blogs et les nouvelles technologies que les choses changeront, l'important pour moi, ce n'est pas de changer le système politique mais de donner conscience de la réalité de l'état de notre pays.

 

 

 

1er mai

 

 

Vincent B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Bonjour, je suis un auvergnat de 26 ans, expatrié dans la région Rhône-Alpes depuis déjà cinq ans. Je suis actuellement à la tête d’une équipe de vingt personnes dans les secteurs de l’action sociale et du logement au sein la fonction publique territoriale.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

En cette période de crise, il est vrai que les chiffres sont assez durs avec Nicolas Sarkozy. Toutefois, lorsque je tire le bilan de nos voisins européens et de la situation américaine, je constate que la politique de Sarkozy a limité la casse. De plus, dans un monde dans lequel les équilibres changent (montée en puissance de l’Asie, fin de l’hégémonie américaine, Printemps Arabes, poussée du terrorisme, percée de tous les extrêmes…), Sarkozy a montré une « France Forte », intransigeante avec le terrorisme (FARC, AQMI...), soutien du réveil démocratique des peuples (Libye, Syrie, Egypte, Tunisie…), allié de poids avec les USA et pilier de la construction Européenne (jamais la France avait tant pesé dans la construction de l’Europe…)

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Aujourd’hui, les Français savent qu’ils vont devoir se serrer la ceinture en attendant la fin de la crise économique mondiale. Je suis confiant car je crois que les grandes réformes initiées par le duo Sarkozy / Fillon (retraite, grenelle, universités…), permettront de limiter les effets de la crise et relancer une économie plus « verte » et ouverte aux jeunes.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J’ai voté Sarkozy. C’était la première fois pour moi car j’avais voté Bayrou (puis blanc) en 2007. Nicolas Sarkozy est arrivé second, je pense que ce résultat montre que les Français ont voulu sanctionner la personnalité de Sarkozy. Il a mis du temps à trouver une stature présidentielle et il le paie aujourd’hui. Toutefois, depuis deux ans, il incarne cette France Forte nécessaire à la sortie de crise.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Hollande, Sarkozy et Bayrou incarnent le pluralisme politique, la présence de deux d’entre eux au second tour est une très bonne chose pour notre démocratie.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Sarkozy car sa politique économique est bien ficelée, nous avons besoin de continuité pour sortir de la crise. Le programme économique socialiste est brouillon, leurs hésitations entre un idéal idéologique et la réalité économique peuvent être dangereuses pour la France (cf Mitterrand entre 81 et 82).

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Je ne suis pas anti-Hollande, c’est un progressiste, j’adhère à son discours sur le vote des étrangers et son positionnement concernant le mariage homosexuel et je compte d’ailleurs sur les centristes de l’UMP pour assouplir le positionnement de la droite sur ces questions.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

La situation mondiale me fait peur, la montée de l’extrémisme et du terrorisme m’inquiète… Je crois que l’Europe va jouer un rôle primordial ces prochaines années pour réguler le nouvel ordre mondial. Il nous faut donc une Europe forte et en paix… Il faut limiter les divisions, surmonter la crise économique est donc essentiel !!!

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Choisissez une France Forte   ;-)

 

 

 

5 mai

 

 

Morgan F.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Morgan, 20 ans, de Strasbourg. Longtemps passionné par le camion rouge, je deviens jeune sapeur pompier et désirant en faire mon métier je m'oriente dans la voie professionnelle, misant tout sur la pratique, en préparant un BEP Sanitaire et Social. Mais suite à des problèmes de santé je me vois contraint de me réorienter. Ayant comme autre passe-temps le dessin, je m'oriente alors dans la nouvelle formule qui est le bac pro 3 ans, en préparant le baccalauréat technicien du bâtiment étude et économie, que j'ai eu la chance de préparer par la voie de l'apprentissage, ayant comme objectif d'intégrer l'école d'architecture de Strasbourg. Durant mes études, j'ai été confronté à un professeur qui affichait son opinion politique en cours. Ne partageant pas ses convictions, j'ai commencé à m'investir dans la politique en rejoignant l'UMP.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est un homme que je respecte, et qui est beaucoup respecté dans le monde. Son dynamisme, son ouverture et son courage sont des qualités qu'on ne peut lui contester. En 2007, beaucoup de promesses ont été faites, beaucoup de Français ont été déçus par tant de promesses non tenues. Mais est-ce une raison de le juger et de critiquer autant son bilan ? Je ne fais pas parti de cette catégorie de personnes. Il a su redonner une place à la France dans le monde, regardez en Libye. Il a su maintenir la France durant la crise, sans baisser ni les salaires, ni les pensions de retraites. Les Français devraient lui être reconnaissants plutôt que de lui taper autant sur le dos. Quand je vais à la rencontre des Français, j'entends les reproches qui lui sont faits, et je réalise que les Français n'ont pas réalisé l'importance de cette crise, affirmant qu'elle a bon dos. Je ne partage pas cette opinion, à mes yeux Nicolas Sarkozy a un bilan plutôt positif, et m'a donné envie de m'investir dans la politique de notre pays.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France va mal, les Français se sont rendus massivement aux urnes au premier tour en affirmant un vote de crise, s'étant réfugiés dans les extrêmes. Les finances de la France vont mal, mais je compte sur Nicolas Sarkozy pour redresser l'économie de notre Pays. Les problèmes les plus graves ? Pour moi c'est le chômage auquel est confronté un grand nombre de Français. Mais tout est plus ou moins lié.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Le 22 avril dernier j'ai voté Nicolas Sarkozy. Son score n'est pas si mal vous savez. En 1974, François Mitterrand arrive en tête avec 43% des suffrages, il sera battu. En 1981, il sera derrière Valéry Giscard d'Estaing avec 25%, et finira par l'emporter. En 2002, Lionel Jospin était favori face à Jacques Chirac, tous le monde connaît la suite. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est à 1,6 point du candidat socialiste. Alors je suis confiant !

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

François Hollande est un homme qui m'a surpris lors du débat. Je le pensais plus mou, comme le disaient ses amis socialistes. Mais son arrogance à été très mal vue par les Français. Nicolas Sarkozy lui a fait ses preuves en maintenant la France en dehors de la crise, contrairement à un candidat socialiste qui n'a rien fait dans son département que l'endetter encore plus. Est-ce ce dont nous avons besoin pour notre pays ?

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Dimanche prochain, j'apporterai une nouvelle fois mon soutien à Nicolas Sarkozy. La France a besoin de redresser ses finances, et seul NS en est capable. Regardez le candidat socialiste qui propose une hausse d'impôts ? (91% de son programme sera financé par des impôts, comme nous l'a montré François Langlet sur le plateau de "Des paroles et des actes" sur France 2). Est ce ce dont nous avons besoin pour maintenir le pouvoir d'achat des Français ? C'est le sujet majeur de cette campagne. Et j'espère que les français ne jugerons pas l'homme mais bien le programme des candidats.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

J'ai beau chercher, je ne trouve pas. François Hollande veut une pensée unique, comment voulez-vous qu'il rassemble tous les Français ?

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Mais la France Forte se doit d'être optimiste !

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Comme je l'ai dis tout au long de cette interview, je compte sur le raisonnement des Français, qu'ils ne jugent pas l'homme, ni le bilan, mais bel et bien le programme. J'aimerais insister sur le fait de bien réfléchir à leur avenir, veulent-ils un avenir comme la Grèce ou l'Espagne ? Je compte sur chacun des Français pour prendre conscience de l'importance de chaque bulletin de vote, ensemble votons Nicolas Sarkozy pour redresser l'économie de notre pays, continuer de faire briller la France dans le monde, et que le travail de chacun soit récompensé ! Merci de m'avoir accordé cette interview, et bon vote !

 

 

 

 

6 mai

François Hollande est élu (51,62%)

 

 

 

8 mai

 

 

Thibault S.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je m‘appelle Thibault, j‘ai 30 ans, je suis photographe depuis 3 ans.

J‘ai une formation d‘économiste de la concurrence au titre d‘un master 2, et quelques expériences professionnelles au Crédoc ou dans le réseau Medef en tant que chargé d‘études. J‘ai donné quelques cours d‘économie à l‘université en la qualité de prof assistant. (je suis en contact avec la jeunesse, là réside l‘intérêt de cette mention)

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Le quinquennat a d‘abord été marqué par une crise violente, difficile à anticiper, imbriquée dans des montages financiers à l‘échelle mondiale.

J‘attribue la responsabilité de cette crise à un détournement des principes premiers des systèmes bancaires, un manque de régulation des acteurs sur le marché financier et une certaine passivité politique.

Alors bien sûr, ces dérives ont été progressives, probablement involontaires et non concertées. Ce qui marque néanmoins cette crise, au delà des impératifs non assouvis de stabilité du système économique et financier, c‘est la défiance des individus à l‘égard des institutions, des organismes de régulation, des banques, des grandes entreprises et le glissement de valeurs que cela induit dans notre société.

Cet état d‘esprit se retrouve, à mon sens, dans le vote électoral.

Le quinquennat Sarkozy a été, à mon sens et sans écho partisan, le plus difficile qui soit pour un chef d‘Etat. Parce qu‘il devait concilier réformes profondes, politique sociale de crise et prospective inhérente à un monde qui évolue, vite.

Ce quinquennat a enfin accentué la visibilité des nombreuses fractures qui affectent la société Française : les oppositions de statuts, les privilèges et acquis sociaux, les corporatismes, les dérives communautaires, les inégalités sociales et de territoire, le manque de transparence ... Concernant NS, on dira de lui qu‘il a eu le courage politique à décrire de manière factuelle pour les uns, la volonté de diviser pour d‘autres, le fait est que les Français, et on le voit dans le résultat de cette récente élection, sont plus que jamais divisés.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J‘ai voté François Bayrou le 22 avril. Eviter le vote extrême fut une évidence, mais au delà de ce choix raisonnable, je crois en son projet pour la France, j‘ai été séduit par sa posture rassurante, modérée, bon ‘‘père de famille‘‘ et l‘absence de clientélisme dans les mesures présentées aux électeurs. Le rôle central du paiement de la dette, son sens des responsabilités sur les questions sociétales et sa modération dans la dépense publique m‘ont donné le sentiment d‘un candidat raisonné, pouvant prétendre aux plus hautes fonctions de l‘Etat.

 

Score faible et décevant, mais tellement prévisible dans le contexte actuel ...

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

François Hollande et Nicolas Sarkozy sont deux hommes d‘Etat, à n‘en pas douter. Les carences ou avantages personnels de l‘un et l‘autre relèvent de leur communication propre et du marketing politique de l‘adversaire respectif.

Sarkozy est volontaire, déterminé, un peu rapide dans le propos.
Hollande est fédérateur, pugnace, un peu démago.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

J‘ai voté Nicolas Sarkozy. J‘ai trouvé ce candidat plus convaincant, à la hauteur des enjeux internationaux actuels, probablement moins consensuel certes, mais plus proche de mes convictions libérales (n‘ayons pas peur des mots). J‘ai également eu peur de la concentration des pouvoirs par un unique parti, non pas que cela soit un argument suffisant, mais, en bon centriste, je crois en un gouvernement d‘union nationale !

Et je crains que le vote socialiste n‘ouvre la porte à une gouvernance unilatérale.

Au delà de ces jugements fades, je crois au mérite, aux valeurs du travail, à la méritocratie. Bien sûr le candidat socialiste n‘y est pas opposé, mais les signaux renvoyés par Nicolas Sarkozy m‘ont davantage affectés.

Ce choix m‘appartient, il est discutable. Dans un environnement médiatique riche, une liberté d‘expression forte, et une prise de conscience politique dans la population jamais atteinte auparavant, je me garderais bien de faire la promotion de tel ou tel. Chacun dispose des informations nécessaires pour se forger son opinion, selon son ressenti, ses valeurs et ses convictions. Je n‘approuve pas la prise de position de mon leader entre les deux tours.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

FH n‘a pas été mon choix. Mais je respecte le choix des Français, et je reconnais sa légitimité en tant que président de la République. Les Français devront s‘unir dans les enjeux, et même s‘il faut redescendre sur terre et que cela s‘avère décevant pour ceux qui ont cru aux promesses de changement, il faudra que tout le monde fasse des efforts. Tout le monde. C‘est le prix de notre cohésion.

Le fait qu‘un homme de gauche entame des réformes difficiles, voire impopulaires, n‘est peut être pas une mauvaise chose. Pour les mouvements syndicaux, cela sera plus aisé à faire accepter aux adhérents et aux salariés en général, pour les forces vives du pays, cela semblera moins partisan et moins segmentant. A voir.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

J‘ai confiance en la jeunesse de notre pays. Notre héritage social et économique est délicat, pour ne pas dire compliqué. Mais nous aurons la tâche de trouver la ressource pour faire face aux défis, maintenir la cohésion et assurer la paix et les conditions économiques et sociales favorables à l‘émergence de la prochaine génération.

Les crises économiques et sociales en Europe, la montée DES intégrismes religieux, l‘effondrement probable de notre système de protection sociale, la trop forte influence des marchés financiers sur l‘économie réelle, la montée des partis extrêmes et l‘accroissement des inégalités et des frustrations inhérentes à cette immobilité sociale constituent une poudrière sur laquelle nous sommes assis.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Pour conclure, je me veux résolument optimiste, mais, avec lucidité, il faut bien considérer que des changements doivent s‘opérer à moyen terme si l‘on veut sortir de ce contexte risqué.

Nous n‘avons ni le droit, ni le luxe de faire un quinquennat pour rien, sans réformes ni reprise.

L‘immobilisme est plus que jamais notre ennemi.

François Hollande ne pourra pas se contenter de gérer les affaires courantes, d‘engager des projets pour marquer son mandat et de prôner l‘attentisme politique.

Les Français sauront, je l‘espère, lui rappeler pourquoi ils se sont déplacés en masse lors de cette récente élection présidentielle.

 

 

 

 

 DIALOGUES ET DEBATS

 

(PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE)

 

 

 

Lauréline M. / Laura C.

 

 

Lauréline M. @ Laura C.

26 avril

 

Salut Laura,

Je sens bien que tu comprends les réels problèmes de la France ! L'éducation pour moi aussi est une priorité. Je comprends que tu sois déçue du quinquennat de notre dernier président, moi aussi, même si les temps étaient durs, il n'a rien fait pour améliorer les choses, bien qu'il ait essayé. Ce que je ne comprends pas, c'est que tu ne croies pas en Francois Hollande. Avec ses mesures, il propose avec 60 engagements clairs de redresser la France. Il veut redonner espoir aux jeunes comme toi qui, apparemment, n'ont plus d'espoir, notamment en combattant le chômage et en reformant l'éducation. Tu dis qu'il ne sait pas prendre de décisions claires ? Il propose 60 engagements très concrets pour redresser la France ! Je t'invite à les lire sur son site internet ! Il est mou ? J'avoue que ce n'est pas le plus féroce des adversaires, mais c'est un peu reposant après Sarkozy, moi de l'étranger j'entendais juste ses nouvelles gaffes (rires), et s'il ne lève pas la voix au premier regard, au moins il ne coupe pas la parole et explique ses idées clairement. Il peut être très persuasif grâce à son argumentation et ses bonnes idées.

 

On dit qu'il n'est pas bon sur le plan international ? Je pense que c'est comme nous les jeunes, il est jeune diplômé et il faut juste lui laisser la chance de nous faire découvrir son énorme potentiel. Cela va être une politique d'austérité qu'il va mener, c'est sur. Mais il va essayer de préserver les droits des Français, acquis depuis des générations. En matière d'éducation, de santé et de justice. En réduisant seulement les dépenses de l'État (comme les transports en avions privés, les déjeuners trop chers, les dépenses de l'Élysée, les cadeaux aux riches, aux grandes entreprises et aux banques). Il veut rétablir la justice grâce à l'égalité et la solidarité ! Cela va marcher ! Donne sa chance à Hollande, vote pour lui !

 

 

Laura C. @ Lauréline M.

27 avril

 

Je les ai déjà lus depuis longtemps, à vrai dire j’ai dû lire la majorité des programmes et j’ai suivi l’intégralité des débats et meetings (bon, sauf Cheminade, Arthaud et compagnie, je te le concède). Bref, ceux des candidats qui avaient un potentiel.

Ses 60 mesures ? Celles qui concernent l’éducation sont mitigées. Les 150 000 emplois jeunes (ou « d’avenir », je crois que c’est son terme) ? Mais il me semble qu’on avait proposé le CPE pour ça et que les lycéens (j’étais d’ailleurs en terminale à cette époque, mais je n’avais pas été manifester) pestaient contre cette proposition, alors qu’elle ne leur était pas vraiment destinée étant donné qu’ils continueraient leurs études en fac et que le CPE avait plutôt pour « cible » les jeunes sans qualification. J’ai une dizaine d’amis qui étaient super contents de ce CPE car ils avaient trouvé un boulot grâce à ça, boulot qu’ils n’auraient jamais eu en CDD – et qui plus est en CDI. Et ces vraies personnes pour qui le CPE était un espoir et une façon d’avoir une première expérience significative, eh bien, parce que des étudiants qui allaient continuer tranquillement leur master ont dit non, on l’a enlevé. Ils étaient dégoutés. Aujourd’hui la plupart d’entre eux est au chômage et cumulent les petits jobs sans réel impact sur le CV. Seul un a fini à l’armée.

« Je réformerai les premiers cycles de l’enseignement supérieur » ; il veut éviter une spécialisation trop précoce. Mais le problème n’est pas là (d’ailleurs, une licence, c’est quand même TRES généraliste, voire trop…), le problème est d’adapter des programmes qui sont totalement désuets par rapport au monde du travail.

Un exemple concret ? Mon compagnon qui lui est en fac de sciences utilise encore du papier PH pour tester ses différents produits. Ca fait longtemps qu’on est passé à des méthodes de test plus « modernes », et en plus, la fac dispose de ces outils ! Mais elle ne les donne pas aux étudiants.

Dans mon cas, en droit, qu’est-ce qu’une matière comme « histoire de la pensée » va servir dans la vie professionnelle ? Créer une UE optionnelle de culture générale ça peut être bien pour enseigner ce type de matières, mais en faire une obligation, c’est ridicule.

En IUT, on a de vrais cours sur la recherche d’emploi, comment faire son CV, etc. En fac, c’est, disons, théorique. La fac a tout à gagner à se calquer sur le monde du travail comme le font (ou essaient de le faire, car ce n’est pas parfait évidemment) les structures comme les IUT.
Et ça, j’ai beau relire les 60 propositions, je ne le vois pas. Pourtant, des concertations entre recruteurs, professionnels de chaque secteur et profs de fac, ça peut être facile à mettre en place.

Ses 60 000 postes dans l’éducation ? Sur le papier c’est bien, sur le plan financier, on fait comment ? On taxe les banques et Total ? Ca, c’est concret... Dans un monde parfait il faudrait un prof pour 10 élèves, 1 policier à chaque rue, mais financièrement c’est impossible. Par contre, je veux bien qu’on supprime des postes de sénateur,s de députés et autres privilégiés, ça fera rentrer des sous dans la caisse ☺ De même, j’irai jusqu’à dire que les députés/sénateurs qui ne viennent pas aux séances doivent être déchus de leur « titre », car on représente ses concitoyens ou on ne le fait pas, ça doit être du temps plein. Ce n’est pas un service à la carte où l’on décide ou pas de venir. Quand on les voit, on se croirait dans un amphi. C’est indigne d’une telle responsabilité.

Je ne crois pas non plus que l’austérité rime avec Hollande. Allez, je reprends l’argument de base : Espagne, Grèce… Des socialistes. On voit où cela les a mené.

Son argument fétiche de taxer les riches à 75% est aussi aberrant. On oublie vite que sans patrons, il n’y a pas d’emplois. (déjà qu’il n’y en a pas des masses…) Par crainte de voir Hollande passer, les demandes de donation ont explosé de 40% chez les notaires ! Si ce n’est pas un signe, je ne sais pas ce que c’est.

Je ne dis pas que le « méchant » riche il ne doit rien payer, au contraire, mais il doit participer dans une part raisonnable.

Taxer à 75%, c’est faire fuir les « riches » qui restent encore. Alors, vaut-il mieux taxer, disons à 50% (ce qui est déjà énorme, mais je ne me plaindrai pas si on me prend 50%, ça veut dire qu’il me reste l’autre moitié conséquente pour vivre) des riches qui seront donc plus nombreux, que d’en taxer 10 à 75% qui resteront ?

La réduction des « avantages », j’en ai un peu parlé ci-dessus. Néanmoins, il ne pourra jamais mettre de telles mesures en place car il se mettrait à dos l’ensemble des politiques, y compris dans son rang. Après tout, n’est-ce pas la gauche qui avait décidé de ne pas prendre en compte les objets d’art dans le calcul de l’ISF ?

Ils sont loin de vivre au SMIC. C’est pour ça qu’il n’y a pas une droite des riches et une gauche des pauvres ; à ce titre, ils sont tous pareils. Réduire le train de vie de l’Etat oui, mais en tout état de cause ce n’est pas ça qui permettra de faire des économies conséquentes.

Bref, je peux comprendre que des gens votent Hollande – d’ailleurs je remarque que nulle part tu n’as cité le mot « raciste » ou autre « xénophobe » et ça fait plaisir, car comme je le dis aux gens qui me traitent de la sorte : « oui je suis raciste, envers les profiteurs et les délinquants seulement. »

Cela étant, comme je ne veux de ni l’un ni de l’autre, j’irai voter (blanc ou Chuck Norris, j’avoue je ne me suis pas décidée), mais pour aucun des deux.

Bien à toi,

Laura

 

 

 

Lauréline M. / John S.

 

 

Lauréline M. @ John S.

26 avril

 

Nous avons tous les deux un même point, nous vivons tous les deux à l'étranger, moi je suis à Montréal. Pourtant, ce qui m'étonne c'est de ne pas avoir remarqué que la France devient de plus en plus risible à l'étranger à cause de Nicolas Sarkozy ! On le voit par exemple comme le chien de Angela Merkel. En ce moment, j'ai honte que cet homme nous représente et toi tu souhaites lui donner une seconde chance?

Je comprends que ta priorité soit sur la baisse de la dette mais le bilan Sarkozy est très mauvais en finance ! Le président délégué du Conseil d'analyse de la société, Luc Ferry, juge "extraordinairement mince" le bilan de Nicolas Sarkozy. ... "On ne peut pas dire que la France soit en meilleur état qu'en 2007. Le chômage a augmenté, pas le pouvoir d'achat. L'école et les banlieues vont plus mal que jamais". Source : Libération, 1er janvier 2012 et pour ton info :

"Nicolas Sarkozy se veut un modèle de vertu au sujet de la dette publique de la France pourtant en 2007, quand Nicolas Sarkozy arrive à l'Elysée, la dette publique de la France s'élève à 63,9% du PIB, soit environ 1200 milliards d'euros et fin 2010, elle atteignait 81,7% du PIB, soit 17,8 points de plus en trois ans, et un niveau record à près de 1650 milliards d'euros. Ces chiffres et ces évolutions mettent Nicolas Sarkozy... en queue de peloton des présidents de la Cinquième République !" Source : Huffington Post, 26 juillet 2011. Il en a même perdu les AAA de la France.

Tu n'es pas encore convaincu, je t'invite à lire les articles du dossier : Bilan Sarkozy du magazine Alternatives Economiques, numéro 309, janvier 2012 où tous les sujets obtiennent un mauvais score.

Comment peux-tu encore avoir confiance en lui qui commence en 2007 par augmenter le salaire du président de la République alors qu'il faut faire des réductions budgétaires et qu'il demande aux Français de se serrer la ceinture?

Merci, Lauréline M.

 

 

John S. @ Lauréline M.

26 avril

 

Les caricatures sont propres à certains journaux prenant parti, généralement on sait de quel bord... En UK, Cameron est décrié, on se demande par qui. Berlusconi en a eu pour son grade. La Grèce et l'Espagne sont gentillement moquées également. Que Sarkozy soit représenté ainsi m'est égal, tout comme ça m'est égal que certains journaux décrivent Hollande comme "très mou". Samedi, The Economist va taper sur Hollande. Ce même hebdomadaire avait fait une Une très remarqué récemment en mettant en garde la France (à juste titre en se tenant aux analyses succinctes faites). Donc mon ego personnel je le mets de côté (je préférerais sûrement Jean Dujardin ou Laetitia Casta pour représenter la France en terme d'image - ici à ce que je sache il s'agit de politique et de gestion d'un pays !). Donc comme je l'ai dit, si il y avait un DSK en face je reconnais que j'aurais hésité. Comme en 2007, Mme Royal ne pouvait diriger ce pays, et surtout avec ce qui c'est passé je n'ose imaginer les décisions prises. J'ai plus confiance en un homme politique qui a eu des responsabilités importantes et qui a le bon carnet d'adresses.

Pour parler de ce que je connais, le "bilan financier d'un président" ne veut rien dire. A quoi le mesure-t-on ?! Si je prends la réforme des retraites qui était obligatoire, Royal ou Hollande ne l'auraient pas faite (par souci démagogique et pour être "aimé", peut-être même qu'elle aurait été réduite pour tous les Français). Ensuite l'économie de quel pays, en 2012, est meilleure qu'en 2007 ? La réponse, même en ne connaissant rien à l'économie, est simple à trouver ! Le chômage avec cette crise ne pouvait pas diminuer de 5 points entre 2007 et 2012, soyons lucides et surtout honnêtes. L'éducation française enviée dans certains coins du monde a toujours était un problème, depuis la nuit des temps, tous gouvernements confondus.

Libération comme modèle pour se faire une opinion de Sarkozy... Autant aller dans le premier bureau PS du coin et demander quel est le bilan de Sarkozy, on aurait la même réponse. Ses chiffres qui sont bien des chiffres de la presse généraliste oublient de dire que +18 points de hausse, en rapport avec la crise et la baisse de tout les indicateurs, c'est dans la moyenne de tout ses prédécesseurs. D'ou le problème : comment peut-on limiter cette hausse dans le chaos actuel et auparavant (je pense à 1999-2000, la bulle internet ou tout les voyants étaient au vert...) avoir obtenu une hausse identique ?! Le problème ne vient-il pas du fait qu'on a tous pris conscience (bien malgré nous) que les Etats ne peuvent plus vivre à crédit éternellement ?!

Concernant le AAA aucun commentaire, j'ai été en plein dedans, depuis 2010 la décision était prise, les USA l'ont aussi subie et au final les taux d'emprunts pour la France sont au plus bas. Ce n'est pas ça qui a affecté le peuple. Par contre mettez des personnes avec un projet anti-tout, qui a pour but de dépenser sans compter comme avant au nom de la "relance économique" et vous verrez la réponse des marchés financiers, vous verrez quand il faudra emprunter à des taux records pour financer la baisse du temps de travail, la hausse des salaires, etc. Il y a un moment, un timing, et actuellement c'est encore trop tôt pour vouloir faire ce que souhaite Hollande.

Le bilan est mauvais SI on ne prend pas en compte l'environnement actuel ! Prendrait-on bêtement un chrono pour chronométrer un 100M sur piste sèche avec pas de vent et un autre sur piste mouillée avec vent de face; pour au final déclarer un vainqueur entre ses deux courses?

J'en reviens à mes premières phrases, qu'un autre parti soit capable de mettre un candidat avec un potentiel et on aura des débats et un vrais choix à faire. Je déplore que ce ne soit pas le cas. Et comme je ne suis pas un suicidaire, pas un égoïste, pas un masochiste et Dieu merci pas un inculte et que j'ai reçu une éducation académique et que j'ai pas de troubles mentaux, je vote pour le candidat le "moins pire".

PS : tout les à côtés comme le fait que le PS soit installé dans le VIIème, arrondissement le plus cher de Paris, que Hollande déjeune dans des cantines de luxe du VIIIème inconnues du commun des mortels, que Sarkozy parte en vacances sur un yacht ou encore qu'il aligne son salaire sur celui du premier-ministre (et au passage de ce qui se fait ailleurs dans les autres démocraties - sans oublier que Sarkozy en tant qu'avocat gagnerait bien plus, tandis qu'Hollande malgré HEC+ENA ne trouverait pas de poste aussi bien rémunéré que ce que lui offre la politique) je m'en moque complètement. Vous voulez entendre la vérité, que tout ses hommes politiques ont fait les même écoles et sont tous amis à la base ? Qu'ils sont partis en suivant leurs convictions ou pour une majorité à gauche parce qu’il y avait moins de concurrence et que c'est plus simple de s'adresser au "petit-peuple" qu'aux élites ?

A bon entendeur.

JS

 

 

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À suivre... Si vous désirez participer, contactez-moi ! (parolesdactu@yahoo.fr)
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V1, date : 25/04/12, 20h45
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25 avril : première version (introduction + 5 premiers textes)
26 avril : + 3 textes
27 avril : + 1 texte et 4 échanges
30 avril : + 3 textes
1er mai : + 1 texte
5 mai : + 1 texte
8 mai : + 1 texte
6 juillet : 1 mot modifié dans l'introduction
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Note : Ce document évoluera régulièrement. Je vous invite également, en me contactant, à vous adresser aux contributeurs, pour les interroger, ouvrir un débat !
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Si vous avez aimé cet article, merci d'en partager le lien sur votre mur, avec vos amis !!! Et de présenter cette initiative à des personnes qui pourraient être intéressées !!!
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Phil
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Modification de la présentation de l'article le 21 juin 2012
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Times New Roman > Georgia : 01/10/12

09 septembre 2011

Maxime Verner : "Les jeunes sont un espoir dans ce monde de plus en plus fou"

Maxime Verner se présente à l'élection présidentielle de 2012 avec un objectif clair : y porter "la voix de la jeunesse". Une jeunesse dont on dit souvent qu'elle se désintéresse de la politique, souvent d'ailleurs parce que la politique donne, à tort ou à raison, l'impression de se désintéresser d'elle. M. Verner a accepté de répondre à mes questions, je l'en remercie. Une exclusivité F21-PdA, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

MAXIME VERNER

Candidat à l'élection présidentielle

 

"Les jeunes sont un espoir dans ce monde

 

de plus en plus fou"

 

https://p4.storage.canalblog.com/41/77/871067/68098312.jpg

(Photo : Fournie par Maxime Verner)

 

 

Q : 27/07/11

R : 31/08/11

 

 

 

Paroles d'Actu : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

 

Maxime Verner : Je suis un étudiant de 21 ans, qui n'a eu de cesse de m'engager depuis mon plus jeune âge. Militant associatif, je préside l'association des Jeunes de France et porte la voix de la jeunesse à l'élection présidentielle de 2012.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui a fait naître en vous cet engagement politique ?

 

M.V. : Les injustices m'ont toujours révolté, et je voyais tellement de talents et de forces dans mon environnement, à la campagne puis en banlieue, qui étaient sous-estimés et sous-utilisés, que j'ai voulu partir à la rencontre de chacun de mes concitoyens pour les connaître, les comprendre, les rendre plus épanouis. Et je me suis engagé tout naturellement en politique, avec mon esprit d'indépendance et mon sens des responsabilités.

 

 

PdA : Quel cheminement personnel vous a conduit à briguer aujourd'hui la présidence de la République ?

 

M.V. : J'ai commencé par inscrire par procuration sur les listes électorales les citoyens de mon quartier, ma ville, ma région... Puis je me suis porté candidat, le jour de mes 18 ans, aux élections municipales et cantonales de Bron (Rhône, 40 000 habitants). Avec ma liste de 39 citoyens, avec nos 23 ans de moyenne d'âge, nous avons transformé les idées reçues sur les jeunes des quartiers populaires. Nous avons d'ailleurs recueilli 8 à 15 % dans ces quartiers. Puis j'ai été à l'origine de la loi sur l'éligibilité à 18 ans à toutes les élections, pour laquelle je me suis battu de 2007 à 2011. Elle a été adoptée et promulguée en avril dernier, et depuis décembre 2010, je porte la voix de la jeunesse, cette générosité envers l'avenir, à l'élection présidentielle. J'ai publié le 9 juin dernier mon manifeste, "Jeunes de tous les âges, unissons-nous ! " (Ed. Max Milo) pour présenter mes 89 propositions.

 

 

PdA : En quoi consiste votre programme, et quelles sont vos idées principales ?

 

M.V. : Elles sont nombreuses, mais ont pour objectif de donner plus d'autonomie et de confiance aux jeunes, de les rapprocher des aînés, de leur faire accéder à un premier emploi durable et à une liberté pour tous, de faire d'eux les moteurs de nouvelles solidarités entre les territoires, les générations et les classes, et enfin que notre jeunesse soit innovante, ambitieuse. Par exemple, je propose le permis gratuit, financé par les grands acteurs du marché de la route, et des résidences intergénérationnelles.

 

 

PdA : Comment comptez-vous vous y prendre pour être effectivement présent au premier tour ?

 

M.V. : Je vais à la rencontre des élus dans toute la France. J'ai déjà obtenu 113 parrainages en un été, et je vais mettre les bouchées doubles. Je souhaite porter une alternative indépendante et républicaine au premier tour, et je ferai tout pour y être présent. Je suis confiant.

 

 

PdA : Quels sont vos arguments pour obtenir vos parrainages ? Qu'est-ce qui convainc les élus ? (Q.-R. en plus, en septembre)

 

M.V. : Je parle simplement aux élus, des problèmes de la jeunesse, de la solution que je propose : le lien entre les générations. Et j'écoute les problématiques locales qui les concernent. Et ils sont convaincus par la simplicité, l'honnêteté de la démarche, et la relation que l'on noue.

 

 

PdA : Un peu de politique fiction. Nous sommes au lendemain de votre victoire au second tour de la présidentielle. Ce fut serré, mais c'est acquis ! Quelles sont vos premières mesures ?

 

M.V. : Ma première mesure serait de faire voter la politique publique de la jeunesse pour laquelle j'ai été élu. Et je commencerai par l'autonomie, pour soulager les jeunes et leurs familles, et mettre en place une société plus horizontale, où chacun aurait sa chance d'apporter tout son potentiel, toutes ses idées.

 

 

PdA : Que vous inspire la situation socio-économique actuelle de notre pays ? Que proposez-vous pour améliorer les choses ?

 

M.V. : Beaucoup d'inquiétudes, car les écarts se creusent et la France ne semble plus être un pays qui a des idées. Les jeunes ont peur de la mondialisation, alors qu'elle est une chance pour eux. Nous devons redevenir un modèle, un exemple, un fer de lance, et cela passera par nos gardiens de la République, nos générations futures. Je propose donc d'investir sur nos jeunes pour qu'ils donnent un nouveau souffle à une démocratie en crise.

 

 

PdA : Même question pour la situation du monde (crises financières et économiques, révolutions, tensions...).

 

M.V. : Je pense que les jeunes sont en train de mettre en place le mouvement de masse qui transformera le plus la société au XXIe siècle. Dix ans après le 11-Septembre, les jeunes renversent les régimes autoritaires pour accéder à plus de justice sociale, ils prennent des risques et donnent l'exemple à tous. Ils sont un espoir dans ce Monde de plus en plus fou, qui va de crise en crise et dont on ne se rappelle plus le nombre de guerres en cours. Je crois en l'Europe, et je pense que nous avons un rôle à jouer, nous les jeunes, pour réveiller l'idéal de paix et de coopération.

 

 

PdA : Politique-fiction (encore)... Vous êtes à l'Elysée. L'Iran, qui vient de se doter de l'arme atomique, menace de lancer un missile sur Tel Aviv si les Israéliens n'évacuent pas les territoires sous 48 heures. En tant que Chef de l'Etat, que faites-vous ?

 

M.V. : Là encore, la jeunesse iranienne s'organise pour accéder à une démocratie plus libérale. J'ai vécu en Turquie de février à mai 2011 et je me suis posé souvent la question. Je crois que le travail fait sur la reconnaissance d'un Etat palestinien par la communauté internationale nous préservera de cette catastrophe, mais devant une telle menace il faudrait être intraitable, si le dialogue est rompu. Et ce que je ferai, ce serait un appel à toute la jeunesse et au peuple iranien pour renverser celles et ceux qui lanceraient une telle menace.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur Nicolas Sarkozy en tant que président ? Sur quels points vous inspireriez-vous ou vous démarqueriez-vous de lui ?

 

M.V. : Il a été un président dynamique, mais qui n'a pas su enrayer les effets de la crise. Son énergie et sa conviction sont des modèles, mais sa vision de la politique, celle de la décision sur l'opinion et du rythme au quotidien, ne me conviennent pas. Cette logique de professionnels de la politique déstabilise la démocratie, il faut des citoyens plus représentatifs dans le jeu politique.

 

 

PdA : Qu'avez-vous ressenti au soir du 21 avril 2002 ? Croyez-vous que cela puisse se reproduire ?

 

M.V. : Je n'ai pas été si surpris, je savais que la France mettrai un jour l'extrême-droite au second tour, mais je pensais le voir plus tard dans ma vie. Cet électrochoc a lié les générations, pour défendre la République. Mais depuis, personne n'a su rendre le sens de la République à nos concitoyens, donc cela peut bien sûr se reproduire. Je me présente d'ailleurs en partie pour être une alternative à ce vote de contestation, qui peut encore une fois déstabiliser la République en 2012.

 

 

PdA : Quels sont, pour vous, les grands enjeux de ce XXIè siècle, et comment y faire face ?

 

M.V. : La liberté, l'égalité, la fraternité. Je pense que ce sont les jeunes, et leur capacité à résister, à construire, leur énergie, qui nous permettra de retrouver du sens et une réalité à nos aspirations.

 

 

PdA : On a tous été marqués par des évènements d'actualité, pour telle ou telle raison. Quels ont été les vôtres ?

 

M.V. : Evidemment la chute de Kadhafi. Cette vague d'espoir porté dans le monde arabe depuis neuf mois est un enfantement sans précédent. Voir la démocratie en gestation, c'est intéressant, et ca devrait montrer aux Français tous les sacrifices qui ont été ceux de nos aînés pour que nous puissions vivre en démocratie aujourd'hui.

 

 

PdA : Quelle est votre "vision de la France" ?

 

M.V. : Je pense au passé et à l'avenir de notre pays, et ma vision est celle d'un pays qui donne l'impulsion, la direction, qui voit loin, qui a des idées et le courage de les mettre en oeuvre. C'est finalement l'idée d'un arrière-petit-fils d'immigrés, qui voit la France comme la terre d'accueil parfaite, celle de tous les possibles, du vivre-ensemble.

 

 

PdA : Quels sont les personnages historiques, ou plus simplement les personnalités, connues ou inconnues, qui vous inspirent, vous portent ?

 

M.V. : Mes parents, et toutes les personnes que je rencontre, partout en France. Leur bon sens et leur amour de l'autre m'ont toujours donné la confiance de porter leur voix, de me battre pour eux, pour leur vision de la France.

 

 

PdA : En privé, qu'aimez-vous faire, que ce soit en terme de culture (cinéma, musique, télévision...), de loisirs, etc ?

 

M.V. : J'aime sortir avec mes amis, et j'ai toujours été un passionné de littérature et de musique. J'ai pratiqué, mais sans grand succès, je suis meilleur en lecture et en écoute (rires)

 

 

PdA : Avez-vous une devise dans la vie, et si oui quelle est-elle ?

 

M.V. : J'en ai plein. Mais je veux surtout voir la vie comme je la voudrai, et non telle qu'elle est. Tout est possible.

 

 

PdA : Quel usage faites-vous des nouvelles technologies et notamment d'Internet ? Chats, forums, sites communautaires, actualités, achats en ligne...?

 

M.V. : J'achète des livres en ligne et je suis sur Twitter et Facebook. Je tiens mon blog et ma webTV et je réponds à mes mails. Je consulte plus l'Internet sur mes smartphones que sur mon ordinateur.

 

 

PdA : Finalement, pourquoi VOUS plus qu'un(e) autre à la présidence ? Donnez-nous un argument infaillible !

 

M.V. : Car je défends une politique d'avenir, car je n'ai pas un programme fait pour un mandat ou pour l'électeur moyen, mais pour les générations futures.

 

 

PdA : Dernière question, qui n'en est pas une, puisqu'elle est "libre". Je vous invite à l'utiliser pour compléter cette interview, par tout ce qui vous passe par la tête. Un petit message, une anecdote inédite... N'hésitez pas !

 

M.V. : Merci de l'invitation, je vous invite à poursuivre le dialogue sur http://www.facebook.com/verner2012.

 

 

Merci encore à Maxime Verner pour ses réponses. Je lui souhaite bon courage pour l'obtention de ses parrainages, espérant pour la démocratie qu'il puisse effectivement être présent lors du premier tour, le 22 avril 2012 ! Phil Defer

 

 

 

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Modification de la présentation de l'article le 8 juillet 2012

 

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