Paroles d'Actu : 15 (premières) années, la suite...
J’ai été, je l’ai dit et écrit, très touché par le nombre de retours sympathiques et bienveillants reçus pour l’article anniversaire de Paroles d’Actu, mis en ligne le 14 juin. Tant de belles choses, si flatteuses... J’ai pris l’initiative de ce recueil sur le tard, ce qui a poussé un peu tout le monde à faire vite pour être "dans les temps". Je remercie encore chacune et chacun d’entre vous. D’autres témoignages me sont parvenus dans les jours suivants, et il était évidemment inconcevable qu’ils ne figurent pas dans le document. Je pensais les inclure tous à l’article d’origine, mais la réception d’un nouveau texte, ce soir du 18 juin, m’a fait comprendre que c’était au moins techniquement impossible. Et que le plaisir de la lecture aurait été altéré par une trop grande longueur, rançon appréciable du succès, de cette publication. J’ai donc choisi, ce soir, de scinder en deux notre article des 15 ans : ici apparaissent les contributions reçues le 15 juin et les jours d’après. Mais c’est une séparation virtuelle : c’est bien un seul et même post, une seule et même intro, et de ma part la même reconnaissance pour chacune et chacun. Nicolas.
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Paroles d’Actu : 15 (premières)
années, la suite...
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Quinze ans… on est adolescent encore, pas tout à fait adulte, à l’intersection entre la nostalgie déjà des premiers temps et l’affirmation du temps qui passe… En quinze ans, Paroles d’Actu a évolué, et a su garder à la fois son originalité, son ton et sa liberté, en tirant parti de la liberté de son fondateur que je remercie de sa confiance. Mais remontons la pendule pour voir, sous l’angle que je maîtrise le mieux (ou le moins mal), les grandes évolutions qui se sont dessinées et qui ont accompagné la croissance de Paroles d’Actu.
Le premier constat est que le monde va plus mal : les grands documents stratégiques que réalisent les pays, leurs services de renseignement ou leurs ministères des affaires étrangères, s’entendent pour définir le retour de la conflictualité à l’échelle internationale, la compétition entre grandes puissances, et l’affirmation des grands prédateurs. Giuliano Da Empoli a raison, et comme le dit si bien le proverbe : « quand on n’est pas à table, c’est qu’on est au menu ». En quinze ans, si la nature de la guerre n’a pas fondamentalement changé, le choix de la faire s’est affirmé. La Russie est l’exemple le plus net de cette propension à utiliser la force plutôt que le droit, mais les aventures militaires de Donald Trump ne rassurent guère plus.
Le deuxième constat est que les Européens, collectivement, demeurent dans un entre-deux qui leur est fatal. En 2014, lors de la première invasion de l’Ukraine, le sentiment d’un réveil stratégique nécessaire a parcouru les Etats, mais il a tardé à se concrétiser. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a bien donné des pistes pour augmenter les dépenses de défense, et cela a partiellement eu lieu… à partir de la deuxième invasion de l’Ukraine, en, février 2022. Attentisme coupable ? Espoir dans le retour à la raison de Poutine ? Sidération devant des accélérations qui cassent nos logiciels et notre façon de penser la sécurité et la défense ? Tout cela, avec des gradations suivant qu’on est plus ou moins proche de la frontière orientale
Troisième constat, le bouleversement des nouvelles technologies et leur association avec les formes les plus connues, les plus anciennes et les plus féroces de la guerre. L’Ukraine, mais aussi les combats au Levant donnent corps à une association entre la révolution de l’automatisation (le bourdonnement des drones et la masse d’informations organisée et pilotée par l’IA) avec les tranchées ou les combats dans des villes réduites à l’état de ruines, de Bakhmout à Marioupol, de Gaza au sud de Beyrouth. Dans cette relation nouvelle entre homme et machine, demeure une constante. Il faut de la masse, du nombre et du volume : volume de feu, robots nombreux, et aussi des hommes (et des femmes) qui les guident et les ordonnent.
Quatrième constat, nos sociétés et nos opinions publiques vivent désormais sous l’exposition permanente de ces théâtres de guerre. Si les chaînes d’information en continu ne sont pas une invention des quinze dernières années, la multiplicité des vecteurs d’information, de X à Instagram et autre rend la recherche de ce qui est factuellement vrai de plus en plus difficile. L’un des enjeux de la décennie tient à identifier, combattre et vaincre les fausses nouvelles, les « fake news ». Parfois, de simples erreurs mais de plus en plus, on parle d’actions désirées, choisies, qui deviennent une arme de guerre à l’efficacité aussi nette qu’un missile ou une bombe. Les effets semblent différents ? La polarisation d’une société, l’incapacité de distinguer ce qui est vrai ou ce qui est faux, nous fragilise collectivement. « Rien ne va plus vite qu’un mensonge » : une ferme à trolls dans la banlieue de Moscou publie un mensonge toutes les 12 secondes… qu’importe le thème, la vérité ou la véracité… le mal qui sera fait suffit…
Dernier constat et un appel : repensons stratégiquement. Le terme de stratégie invite à formuler trois axes : d’abord, fixer un cap et un objectif auquel on se tiendra. En filigrane, se pose la question des priorités qui doivent être bien identifiées, dans un contexte de ressources finies et de besoins qui le sont beaucoup moins… Ensuite, accepter des renoncements : on voudrait tout faire, mais choisir, c’est justement renoncer. Le bon stratège doit en permanence jongler entre la dictature de l’instant qui crie la réponse urgente, et la direction à tenir même par gros vent. Enfin, avoir les yeux au large, et se projeter non sur 12 ou 36 mois, mais sur le temps long. Nos politiques publiques doivent réintroduire en même temps que la complexité le temps long, dix, ans, quinze ans, trente ans. Il a fallu trente ans pour créer un parc nucléaire en France, il faudra probablement une dizaine d’années pour se redonner les clés d’une forme d’autonomie dans des domaines comme le quantique ou l’IA… mais le temps et l’argent perdus à ne pas faire ou à faire petitement se paie…
MacArthur disait, à propos de la campagne du Pacifique dans les années 1942-1945 que les batailles perdues se résument souvent à deux mots : « trop tard ». Nous n’avons pas ce temps. Nous avons en revanche la chance de pouvoir informer le débat public, et d’éveiller même modestement les consciences.
Et c’est ce que Paroles d’Actu nous offre.
Qu’il en soit remercié.
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Les écrans diffusent leur lumière mortuaire ;
Nous y passons nos jours avec application.
L’homme est un mot de passe, une localisation,
Un chiffre vaguement relié à la matière.
On échange beaucoup ; on se comprend bien moins.
Le bruit des opinions recouvre les témoins ;
Les vies deviennent brèves au fond des algorithmes.
Pourtant une voix cherche encore d’autres voix ;
Elle s’attarde un peu sur ce qui tremble en soi,
Comme on garde une fleur dans un local technique.
Les paroles d’Actu semblaient déjà perdues ;
Mais dans ce monde usé qui ne s’écoute plus,
Elles prouvent chaque jour qu’il n’était pas foutu.
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Il y a un peu plus de dix ans, j’ai écrit un ouvrage sur l’histoire du Japon. C’était un premier livre, écrit en profitant des loisirs de la retraite après presque quarante ans de travail dans l’archipel. Je ne savais pas très bien comment promouvoir cet ouvrage et un ami m’a passé les coordonnées de Nicolas Roche de Paroles d’Actu. J’ai donc contacté Nicolas qui a immédiatement réagi et m’a proposé une interview par écrit. Les questions que j’ai reçues quelque temps plus tard m’ont surpris par leur précision. C’est facile de répondre intelligemment à des questions intelligentes et j’étais content et fier du résultat.
J’ai par la suite écrit d’autres livres mais Nicolas m’a périodiquement interrogé sur des événements comme la mort du premier ministre Shinzo Abe ou le quatre-vingtième anniversaire des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, une occasion rêvée pour moi d’exprimer librement des opinions et de les partager.
Après dix ans d’échanges réguliers, je n’ai jamais rencontré Nicolas ; il est vrai que Yokohama est bien loin. Je ne sais pas à quoi il ressemble et pourtant j’ai l’impression d’avoir affaire à un vieil ami. Peut-être est-ce aussi parce que je passe régulièrement à Givors sur le chemin de Saint-Étienne. Je ne m’y suis jamais arrêté mais j’essaie toujours d’envoyer un petit mot à Nicolas en passant.
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Nicolas aime les artistes, il aime parler d’eux, les faire parler. Courageusement, il y a 15 ans, il a timidement frappé à une porte, puis à une autre, et on a apprécié son approche, on a compris qu’il y a d’abord de la passion dans sa démarche, de l’admiration et du respect, et les interviews ont été plus longs, les personnalités plus connues, au fur et à mesure Nicolas, à l’égal des journalistes des médias les plus populaires, s’est fait une place avec Paroles d’Actu.
Je lui souhaite une suite prestigieuse pour cet anniversaire, et je ne doute pas qu’il devienne incontournable, tant sa délicatesse est précieuse. Il cherche la vérité au plus près des êtres qu’il rencontre, et il témoigne de leur travail et de leur quête, beaucoup plus comme un frère d’écriture, que comme un investigateur. Il dit lui-même que son moteur est la curiosité, c’est un formidable challenge, de lui à lui— il n’est pas au service d’un rédacteur en chef, il va où son désir le mène, il n’a pas à obéir à une ligne politique, c’est cette grande liberté qui le rend si original.
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Dès ce point, les derniers témoignages, reçus à partir du 8 juillet 2026
Je veux souhaiter un superbe quinzième anniversaire à Paroles d’Actu. Quinze ans, c’est l’âge de l’adolescence, avec ses interrogations et aussi ses grands rêves. J’aime Paroles d’Actu, sa liberté de ton, son expression juste et humaine. Cela tient à un homme : Nicolas Roche, son fondateur et animateur passionné. Lorsque j’ai répondu à la première interview de Nicolas, Paroles d’Actu avait à peine deux ans. C’est dire que j’ai vécu une belle part de son histoire. Bien d’autres interviews et tribunes sont venues par la suite. Nicolas a eu la gentillesse de me solliciter régulièrement après notre premier entretien en juin 2013. Je suis devenu ainsi un contributeur régulier, y compris lorsque ma vie parlementaire et publique a pris fin en 2018.
Si j’ai pu aller souvent au cœur de mes idées et de mes émotions dans les interviews et les tribunes publiées par Paroles d’Actu, c’est que Nicolas Roche a su m’y conduire par sa grande humanité et ses belles convictions. J’ai parlé de politique bien sûr, mais aussi d’économie, de vie internationale et de choses plus personnelles comme mon rapport aux commémorations patriotiques. C’est Nicolas qui m’a amené à libérer pour la première réelle fois mes sentiments de fils de pupille de la Nation. J’ai partagé grâce à Paroles d’Actu des histoires lointaines et profondes dont j’ai compris à mesure que j’écrivais et travaillais nos échanges qu’elles étaient au cœur de mon unité d’homme. Pour cela aussi, je suis éternellement reconnaissant à Nicolas et à Paroles d’Actu.
Je souhaite de belles et longues années à Paroles d’Actu. Je n’en serai jamais loin, juste à un mail et un clavier de distance, pour continuer à partager, débattre et contribuer ainsi au monde de demain.
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Dans mon métier d’attachée de presse, je privilégie les collaborations fondées sur la confiance, le professionnalisme et une réelle passion pour les livres. C’est exactement ce que j’ai trouvé auprès de Nicolas Roche et de son site Paroles d’Actu.
Lorsque je lui confie un ouvrage, je sais qu’il sera lu avec attention et qu’il bénéficiera d’un regard sincère, exigeant et toujours respectueux du travail de l’auteur. Nicolas ne se contente pas de présenter un livre : il en saisit les enjeux, en restitue l’essence et propose des chroniques de qualité, qui donnent véritablement envie de découvrir les œuvres.
Au fil de nos collaborations, j’ai également apprécié sa disponibilité, sa réactivité et son engagement en faveur de la culture et de la littérature. Pour une attachée de presse, il est précieux de pouvoir compter sur un média indépendant qui privilégie la qualité des échanges et l’authenticité des contenus.
Je remercie Nicolas pour la confiance qu’il m’accorde et pour cette collaboration toujours agréable. Je recommande Paroles d’Actu à tous les auteurs et maisons d’édition qui souhaitent faire connaître leurs ouvrages auprès d’un média sérieux, passionné et profondément humain. Et surtout un bel anniversaire !
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