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Paroles d'Actu
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24 août 2026

« Marie-Paule Belle : l'élégance du coeur » par Matthieu Moulin

En novembre 2023, Matthieu Moulin, alors directeur artistique chez Marianne Mélodie, avait accepté d’écrire, en première partie de mon interview grand format avec Marie-Paule Belle, une petite intro où il évoquait sa rencontre avec la chanteuse et le travail qu’ils avaient accompli pour rééditer, dans une belle compilation, les premiers titres de celle-ci, jusqu’à l’iconique Parisienne.

 

Lorsque j’ai appris le décès de Marie-Paule Belle, le 25 juillet dernier, j’ai évidemment eu à cœur de lui rendre hommage. Elle était une artiste que j’aimais, qui méritait les louanges qu’elle a reçus et qui en aurait mérité bien davantage encore. Et la femme qu’elle était avait été généreuse à mon égard.

 

J’ai proposé en même temps au biographe d’artistes, Frédéric Quinonero, et à Matthieu Moulin, tous deux amoureux de chanson française, de composer chacun, autour de celle qui d’ailleurs fut une grande compositrice (le dira-t-on jamais assez ?), une évocation personnelle et musicale. Le premier m’a fait parvenir son touchant texte le 29 juillet. Il a été convenu, avec le second, que nous patienterions un peu, pour que son hommage à lui la remette un peu plus tard dans la lumière, un mois après son départ.

 

Les mots que Matthieu Moulin m’a fait parvenir, le 19 août, retracent avec fidélité et sensibilité, sa vie, sa carrière, et leur amitié jusqu’au bout. Il s’agit d’une version largement remaniée par lui, exclusivement pour Paroles d’Actu, du chapitre qu’il consacre à Marie-Paule Belle dans son ouvrage Légendes de la chanson française : Confidences d’un directeur artistique (éd. Atlande), à paraître en septembre. Je le remercie de ce partage et ne peux qu’inciter encore et toujours les lecteurs à l’écouter, à la découvrir, parce qu’elle le vaut bien.

 

Pour conclure cette intro, je veux vous faire écouter ou réécouter deux de ses titres emblématiques, versant fantaisie : Wolfgang et moi et Nosferatu. Une émission de mars 1973. De l’incontournable Philippe Bouvard, qui vient tout juste de nous quitter. Aux mots aimables qu’il reçoit ce jour on peut ajouter : il a contribué de manière importante à faire connaître Marie-Paule Belle ! Exclu, Paroles d’Actu, par Nicolas Roche.

 

>>> Marie-Paule Belle, avec Philippe Bouvard <<<

 

 

EXCLU - PAROLES D’ACTU

 

Avant-propos

par Matthieu Moulin, le 21 août 2026

 

Derrière La Parisienne et une carrière de plus d’un demi-siècle, j’ai découvert une femme pudique, drôle, mélancolique et profondément généreuse.

 

J’ai d’abord admiré l’œuvre de Marie-Paule Belle avant d’avoir la chance de la connaître personnellement et de nouer avec elle, au fil du temps, une véritable relation de confiance et d’amitié.

 

C’est cette aventure humaine que je raconte ici et plus longuement dans mon livre à paraître prochainement aux éditions Atlande, Légendes de la chanson française – Confidences d’un directeur artistique, à travers un chapitre que je lui consacre : « Marie-Paule Belle, l’élégance du cœur ».

 

Mon texte n’est pas seulement un portrait biographique de Marie-Paule Belle. J’y retrace aussi notre rencontre, le regard que j’ai porté sur l’artiste autant que sur la femme, puis le lien qui s’est peu à peu tissé entre nous jusqu’à sa disparition.

 

Dès les premières pages, je reviens sur notre premier rendez-vous, chez elle, en 2019, et sur cette connexion presque immédiate qui s’est installée entre nous et qui allait donner naissance à un projet commun : la réédition de ses premiers enregistrements.

 

 

Matthieu Moulin et Marie-Paule Belle, 2019. Crédits photo : D.R.

 

 

«Marie-Paule Belle : l’élégance du cœur »

par Matthieu Moulin, le 19 août 2026

 

Jeudi 13 juin 2019. Marie-Paule Belle m’attend chez elle. Dit comme ça, cela paraît presque banal… sauf qu’en réalité, nous ne nous connaissons pas encore et qu’elle m’a donné rendez-vous directement à son domicile. Il faut croire que mon visage lui inspirait confiance — ou alors qu’elle avait un excellent instinct !

 

Ce premier tête-à-tête reste pour moi un souvenir lumineux. J’y découvre une femme d’une gentillesse touchante, loin des postures et des coquetteries que l’on prête parfois aux artistes.

 

Armé de mon micro, je suis là pour l’interviewer à propos d’un artiste aussi fascinant que burlesque : Yvette Leglaire. Je prépare alors un documentaire consacré à ce personnage haut en couleur. Une fois son témoignage capté, puisque Marie-Paule Belle est là, juste en face de moi, je ne résiste pas à l’envie de prolonger la conversation.

 

Nous évoquons ses premiers enregistrements, réalisés entre 1968 et 1975, bien avant le succès de La Parisienne. Une vingtaine de titres magnifiques qui n’ont jamais bénéficié d’une réédition complète. Parmi eux figure l’une de mes chansons préférées : Wolfgang et moi, qui l’avait révélée au grand public au printemps 1973.

 

Je lui glisse alors :

 

— Et si l’on réalisait une compilation autour de ces premiers succès ?

 

Elle accepte immédiatement. Sans hésiter. Avec un enthousiasme sincère. Le jour même, elle me remet les rênes du projet. Une évidence semble s’être installée entre nous : on se serre la main, on se met d’accord en quelques mots, sans contrat ni paperasse. Une marque de confiance que l’on n’oublie pas.

 

En me replongeant dans ses disques des années 70 — tour à tour tendres, nostalgiques, parfois graves — je suis happé par son univers. Un monde façonné avec pudeur, élégance et sincérité. Marie-Paule met beaucoup d’elle-même dans ses chansons. Ce ton intime n’a pas changé cinquante ans plus tard. On le retrouve intact dans « Un soir entre mille », enregistré en piano-voix, dans les conditions du direct.

 

Cette approche, elle l’avait adoptée dès 1994 sur les conseils de William Sheller. Elle me raconte comment, à Bruxelles, ses musiciens ayant été bloqués à la frontière, Sheller avait dû assurer seul un concert au piano.

 

— C’est là qu’il a découvert une autre manière de chanter. Une émotion plus nue. On fait corps avec son piano…

 

Plus tard, après l’avoir entendue dans ses nouvelles chansons, il lui avait conseillé de faire de même :

 

— « Il faut absolument que tu ne chantes qu’en piano-voix. C’est là que tu seras la plus vraie. Tu auras la plus grande trouille de ta vie… mais aussi la plus grande liberté. »

 

Elle marque une pause.

 

— Et c’était vrai.

 

Dans son dernier album, Marie-Paule se dévoile plus que jamais. Elle parle de son père, de sa mère, de ses deux frères, de son enfance. Jusqu’à huit ans, elle vit à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise, avant que la famille ne s’installe à Nice.

 

Son père est médecin généraliste, passionné par son métier mais souvent absent. De cette ambivalence naît une chanson bouleversante : Il écoutait le cœur des gens… et y avait mon piano dedans. Tout est là : l’amour, le manque, la musique.

 

Sa mère, grande musicienne, lui apprend très tôt le piano et surtout à jouer avec du sentiment. Chez elles, la musique n’est pas un exercice : c’est une conversation. Elle veille aussi à ce que sa fille ne connaisse jamais la dureté qu’elle-même avait subie dans son apprentissage.

 

— Ma mère avait dit au professeur : « Que ma fille ne souffre jamais à cause de la musique. Qu’elle ait toujours du plaisir avec son instrument ! »

 

Marie-Paule éclate de rire :

 

— Alors forcément… j’ai très vite compris qu’il n’était pas nécessaire de travailler trop !

 

Virtuose du piano, elle a toujours beaucoup joué d’oreille. Chopin, qu’elle vénère, et Schubert nourrissent profondément son écriture.

 

À Nice, elle se lie d’amitié avec Michel Grisolia, déjà passionné par les mots. Elle découvre aussi le jazz à Juan-les-Pins — Ella Fitzgerald, Oscar Peterson, Miles Davis — puis les Beatles, véritable révolution pour sa génération.

 

Deux autres chocs seront déterminants : Jacques Brel et Barbara.

 

De Brel, elle retient l’engagement physique absolu.

 

— Il était littéralement dans sa chanson. Il vivait chaque mot, chaque note. Une offrande de soi.

 

Barbara lui révèle autre chose : la possibilité pour une femme de dire l’intime à la première personne, d’assumer la fragilité, la passion, le désir, la blessure.

 

À la faculté de Nice, Marie-Paule arrive parfois avec sa guitare. Après les cours, on chante entre amis. Pour cette jeune femme timide et réservée, la chanson devient un exutoire. Et puis il y a l’humour, cette façon de dire les choses profondes avec légèreté.

 

— À l’intérieur, je n’étais pas quelqu’un de très joyeux. J’étais plutôt traversée par une certaine mélancolie. Et puis j’ai compris que ma porte de sortie, c’était de faire rire.

 

« Faire rire comme on allume une lampe

 

dans une pièce trop sombre »

 

Faire rire comme on allume une lampe dans une pièce trop sombre.

 

Sur un pari entre copains, elle s’inscrit à un télé-crochet de Télé Monte-Carlo. Semaine après semaine, elle est sélectionnée et finit par remporter la finale. Le prix : un voyage au Canada pour chanter à la télévision et l’enregistrement d’un 45 tours chez CBS. Elle a vingt ans.

 

À l’automne 1968, elle monte à Paris enregistrer ce premier disque. L’un des titres, Tout vient à point, est signé par son père. Au dos de la pochette, un texte tendre est signé Michel Grisolia. La musique reste une affaire de famille et d’amitié.

 

Puis, brutalement, tout s’arrête.

 

Le 26 juin 1969, sa mère meurt soudainement.

 

— C’est la cassure de ma vie. J’y pense tous les jours. On vous dit : « Avec le temps, ça passera. » Mais non. Ça ne passe pas.

 

Marie-Paule se retrouve face à un choix : rester auprès de son père et de ses frères ou suivre cette voix intérieure qui l’appelle depuis toujours.

 

En septembre 1969, elle choisit Paris. Deux certificats de maîtrise en poche, une valise et une petite chambre de bonne boulevard Saint-Germain pour tout royaume. Le décor est romantique sur le papier. Dans la réalité, elle pleure beaucoup. Heureusement, elle retrouve Michel Grisolia.

 

Puis viennent les auditions et les cabarets : L’Écluse, L’Échelle de Jacob. Elle chante à la guitare, partage l’affiche avec Marie-Thérèse Orain, Jacques Debronckart ou Cora Vaucaire.

 

— Au départ, mon intention, c’était surtout de faire connaître mes chansons. Je n’imaginais même pas les chanter moi-même.

 

Elle abandonne finalement ses études. Son père ne s’y oppose pas.

 

— Il n’a rien dit… il m’a fait confiance.

 

Le 5 octobre 1970, rue Jacob, elle rencontre Françoise Mallet-Joris. Rencontre décisive. L’écrivaine lui propose de s’installer dans le vaste appartement où elle vit entourée d’amis, d’enfants et d’artistes. Marie-Paule compose des musiques pour les spectacles privés qu’elle y organise.

 

Dans cette maison bruissante, elle retrouve une tribu, une chaleur. Très vite, la complicité artistique devient amitié, puis passion. Une histoire fusionnelle qui durera onze ans et marquera profondément sa vie comme son œuvre.

 

Mars 1973. Coup de téléphone.

 

— Allô, Marie-Paule Belle ? Vous passez à Bobino la semaine prochaine !

 

Elle croit d’abord à une plaisanterie. Mais la proposition est sérieuse : la voilà propulsée en première partie de Jean Constantin. Le public suit, les critiques applaudissent. Le 31 mars, Philippe Bouvard l’invite dans « Samedi soir ». La télévision entre dans l’équation.

 

Il faut désormais enregistrer un album.

 

Chez CBS, pourtant, les chansons sont jugées trop littéraires. Françoise Mallet-Joris essuie même une remarque d’une violence inouïe sur ses textes. Quelques mois plus tard, ces mêmes chansons toucheront pourtant le grand public.

 

La bonne étoile de Marie-Paule s’appelle alors Myriam, une amie qui l’emmène chez Boris Bergman. Celui-ci lui conseille d’aller voir Max Amphoux, éditeur et producteur chez Sonopresse.

 

Marie-Paule lui fait écouter ses chansons.

 

— À votre avis… qui pourrait les chanter ?

 

Max Amphoux la regarde :

 

— Mais c’est vous qui allez les chanter ! Et on ne va pas faire un 45 tours. On va faire un 33 tours complet !

 

Deux albums sont signés.

 

— Sans lui, je ne serais pas là. Il aimait la chanson à texte. Il prenait des risques. Il m’a soutenue d’une façon incroyable.

 

Le premier album est enregistré au Studio Davout. Un 45 tours le précède : Wolfgang et moi, chanson malicieuse dans laquelle la sœur de Mozart revendique ses droits d’auteur. Derrière la fantaisie, un propos presque féministe avant l’heure.

 

En 1974, France Inter choisit Café Renard pour représenter la France au Festival international de la chanson francophone de Spa. Marie-Paule y va presque en touriste et en revient avec le Grand Prix. La même année, elle reçoit le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros.

 

Tout s’accélère.

 

En 1975, elle retrouve Bobino puis part en tournée, notamment avec Serge Lama. Trois saisons sur les routes et une complicité unique.

 

— Avec Serge, ça a été la folie. Il préférait rouler avec moi dans ma petite Austin plutôt que dans sa voiture avec chauffeur. Pour parler. Pour échanger.

 

Serge lui apprend aussi la scène et surtout à recevoir l’amour du public.

 

— Je courais en coulisse dès la dernière note. Je ne savais pas saluer ! Il se mettait devant la sortie et m’interdisait de filer.

 

Le 25 janvier 1976, Marie-Paule fête ses trente ans et la sortie de son troisième album. Serge Lama y signe notamment Mon nez, inspiré d’un complexe qu’elle lui avait confié.

 

— Mais enfin, je ne vais pas chanter ça !

 

— Si, si, tu vas la chanter ! Et les gens vont adorer.

 

Ils l’adorent.

 

Mais le disque contient surtout un titre qui va dépasser toutes les espérances : La Parisienne. Un pastiche tendre et mordant, nourri des scènes observées dans la capitale. RTL le diffuse massivement. La chanson devient un immense succès et, pour longtemps, sa carte de visite.

 

Marie-Paule garde pourtant les pieds sur terre.

 

— Le succès, après… c’était presque moins intense que le plaisir de la création.

 

Créer reste l’essentiel. Avec Michel Grisolia et Françoise Mallet-Joris, elle forme un triangle artistique exceptionnel. Les chansons naissent des mélodies, des mots, des éclats de rire.

 

— Je n’ai jamais eu l’impression de travailler. Écrire ensemble, c’était du jeu, de l’amitié, de la complicité.

 

Les années 70 et 80 défilent dans un tourbillon. D’autres auteurs la rejoignent, parmi lesquels Pierre Delanoë ou Isabelle Mayereau. Cette dernière me racontera d’ailleurs que leur collaboration est née… autour d’un vélo d’appartement. Avec Marie-Paule, même les chansons semblent commencer par un éclat de rire.

 

La scène reste son vrai royaume. En 1978, elle triomphe quinze jours à l’Olympia. Mais le trac est immense. Juste avant d’entrer en scène, elle vomit sur les chaussures de Bruno Coquatrix.

 

Celui-ci lui murmure :

 

— Ne vous excusez pas… Jacques Brel l’a fait avant vous.

 

En 1980, elle s’installe trois semaines au Théâtre des Variétés. L’année suivante, elle retrouve Serge Lama pour une dernière tournée commune.

 

Mais 1981 marque aussi la fin de son histoire avec Françoise Mallet-Joris. Onze années d’une passion intense. Avec le recul, Marie-Paule comprend que certaines chansons de Françoise annonçaient déjà leur séparation.

 

— Tout était déjà écrit dans les chansons. Je ne m’en suis rendu compte que bien plus tard.

 

Elle ajoute :

 

— Mon histoire avec Françoise est hors norme. Je souhaite à tout le monde de vivre une histoire comme celle-là… au moins une fois dans sa vie.

 

 

« Je souhaite à tout le monde de vivre une histoire

 

comme celle-là… au moins une fois dans sa vie »

 

Françoise disparaît le 13 août 2016. Marie-Paule lui rend hommage quelques années plus tard dans un livre au titre bouleversant : Comme si tu étais toujours là. En rouvrant les dossiers de leur vie commune, elle retrouve des textes inédits et des lettres d’une rare intensité.

 

Le livre paraît en même temps que la compilation « Mes premières années », que j’ai eu la joie de réaliser pour elle. Pour célébrer cette double actualité, j’organise une dédicace le 17 janvier 2020 dans le Marais. Une soirée simple, vivante, chaleureuse. Tout semble sourire à Marie-Paule.

 

Elle s’apprête alors à fêter ses cinquante ans de carrière à La Nouvelle Ève. Mais, en mars, la pandémie interrompt brutalement le projet.

 

Marie-Paule trouve pourtant une manière de maintenir le lien avec son public : chaque jour, chez elle, au piano, elle offre une chanson sur les réseaux sociaux. Très vite, le rendez-vous devient un rituel. Les fidèles réclament des titres et une nouvelle génération découvre son univers.

 

— J’ai la chance d’avoir un public formidable.

 

Les retrouvailles avec ce public ont finalement lieu au Théâtre de Passy en janvier 2024. Le succès impose des prolongations en juin. J’y suis — quatre fois — parce qu’il y a des rendez-vous qu’on ne rate pas.

 

Le 2 novembre, elle monte sur la scène des Folies Bergère. Triomphe. Standing ovation. Une revanche lumineuse sur les années suspendues.

 

Même effervescence en 2025. Marie-Paule revient sur scène et la presse s’en mêle véritablement. On la voit partout, et j’en suis profondément heureux pour elle.

 

Mais déjà, le temps des adieux commence à se faire sentir.

 

En mai 2026, elle décide d’intituler son nouveau spectacle « Au revoir et merci ». Elle veut remercier son public pour toutes ces années de fidélité et lui dire au revoir avec l’élégance et la tendresse qui la caractérisent. Nous sommes tous là pour l’accompagner. Le récital devient bien plus qu’un spectacle : un immense rendez-vous d’amour.

 

25 juillet 2026. Je suis en vacances dans le Sud. Deux mois à peine se sont écoulés depuis que nous nous sommes quittés lorsque j’apprends, avec stupeur, sa disparition.

 

Le choc est immense. La dernière fois que nous l’avions vue, elle était superbe, rayonnante, en pleine forme. Et surtout, heureuse. Nous avait-elle caché que son mal empirait ? J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi tout est allé si vite, pourquoi son départ paraît si soudain.

 

Alors, des mots me reviennent. Ceux qu’elle avait choisis pour sa dernière affiche : « Au revoir et merci. » Comme si, peut-être, elle savait déjà que ses jours étaient comptés. Comme si, ce soir-là, elle ne tirait pas seulement sa révérence…

 

Je relis tous nos échanges, ces dizaines de textos accumulés au fil du temps. Le dernier date du 2 juillet. Comme à son habitude, il est bienveillant, chaleureux, plein d’affection et s’achève par des cœurs et des baisers.

 

Je suis triste. Très triste. D’autant plus que, trop éloigné géographiquement, je ne peux me rendre à la cérémonie. Mais je sais qu’elle ne m’en aurait pas voulu.

 

Il faut écouter, réécouter les chansons de Marie-Paule Belle. Héritière assumée de Barbara, amoureuse des chansons 1900 — celles de Fragson ou de Mayol — qu’elle a su remettre au goût du jour avec panache.

 

Quel disque choisir dans sa copieuse discographie ? Je serais tenté de répondre : prenez simplement le premier qui vous tombe sous la main. Car je sais d’avance qu’il sera forcément très bien.

 

Marie-Paule est l’une des plus belles personnes qu’il m’ait été donné de croiser dans ma vie. Une femme généreuse, lumineuse, profondément humaine.

 

 

« Une femme généreuse, lumineuse,

 

profondément humaine »

 

Et, comme j’aime à le dire : jamais une artiste n’aura aussi bien porté son nom.

 

Légendes de la chanson française : Confidences d’un directeur artistique,

préfacé par Serge Lama, paraîtra en septembre aux éditions Atlande.

 

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