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Paroles d'Actu
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14 août 2012

Jérémy Coste : Une troisième voie ? "J'y crois encore"

Cent jours après l'élection de François Hollande, où sont passés les centristes ? Les Bayrou, les Morin... ? Comment vont-ils, ces hommes et ces femmes de convictions, ceux-là même qui refusent d'être étiquetés à gauche ou à droite et les dogmes qui, parfois, s'y rattachent ? Plutôt pas mal, merci pour eux ! Certes, l'Élysée n'est toujours pas occupé par l'un des leurs. Ils restent très minoritaires à l'Assemblée. Mais qu'on se le dise... le centre est en mouvement. La nouvelle '"Union des démocrates et indépendants", groupe parlementaire présidé par Jean-Louis Borloo, rassemble à ce jour 29 députés. Leurs couleurs : Parti radical valoisien, Nouveau Centre, Force européenne démocrate... Force européenne démocrate ? Une autre nouveauté, un parti qui "se donne pour objectif premier de contribuer à la création d’une confédération des mouvements centristes qui y sont favorables". Il compte parmi ses rangs des figures du Nouveau Centre : Jean-Christophe Lagarde, André Santini (voir : l'interview qu'il m'avait accordée au mois de février), notamment... Entretien avec l'un de ses adhérents. Jérémy Coste, porte-parole des Jeunes forces démocrates, a 25 ans. Et, à n'en pas douter, un bel avenir devant lui... Je ne prendrai pas la peine de le présenter davantage, il s'en charge tout de suite, et bien mieux que moi... Je le remercie pour les réponses, passionnées et très élaborées, qu'il a bien voulu m'apporter. Une exclusivité Paroles d'Actu. Phil Defer  EXCLU 

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JEREMY COSTE

Porte-parole des Jeunes forces démocrates

 

Une troisième voie ? "J'y crois encore !"

 

Jérémy Coste

(Photo fournie par Jérémy Coste)

 

 

Q : 26/07/12

R : 14/08/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Que faut-il savoir sur vous avant d'aborder cet entretien, Jérémy Coste ? Qui êtes-vous ? Comment votre engagement actuel est-il né ? Qu'aimez-vous dans la vie ?

 

Jérémy Coste : Bonjour à tous. Je tiens d’abord à vous remercier de m’exprimer sur votre blog.

 

Je suis né à Lyon en 1986. J’ai grandi dans une famille populaire dans laquelle le sport tenait une grande place. Chez nous, le sport était obligatoire. Mes parents tenaient à ce que ma sœur, mon frère et moi ayons une activité extra-scolaire. C’était important pour eux car le sport représente à leurs yeux (et aux miens) de nombreuses valeurs telles que l’apprentissage du goût de l’effort, le respect, la compétitivité, la précision, la rigueur, la performance… Gymnaste pendant près de 16 ans, j’ai terminé ma carrière de sportif sur un titre de champion de France. C’était en quelque sorte l’aboutissement de plusieurs années d’efforts et d’investissement. Je parle de cette expérience car c’est elle qui m’a donné le goût de la politique.

 

En effet, parallèlement à mes activités sportives, j’ai souhaité dès l’âge de 16 ans prendre des responsabilités au sein de mon club. D’abord en entrainant moi-même des juniors puis en intégrant le bureau de mon club. Les jeunes étaient rares alors mon président m’a encouragé à participer à une formation « jeunes dirigeants » organisée par le Comité olympique français et rhônalpin. J’en suis ressorti des projets plein la tête. J’ai donc poursuivi ma carrière sportive jusqu’à 22 ans tout en faisant une licence de science politique mention « relations internationales » à Lyon 3 et en dirigeant la commission jeune du comité olympique de la région Rhône Alpes. J’ai eu la chance d’y rencontrer des personnes exceptionnelles comme Daniel TRONTIN, le président de mon club ou Guy MARGOTTON, le président du CROS Rhône Alpes.

 

Cet engagement associatif et sportif m’a fait prendre conscience de l’importance de la politique. A 16 ans, j’ai donc décidé de m’engager en politique. Mes parents m’ont d’abord découragé. Selon eux, « ce n’était pas notre monde ». Je crois avec le recul que cette phrase m’a profondément marqué. A 16 ans, on croit au principe d’égalité alors quand tes parents te disent cela, tu déchantes. Mais je ne me suis pas découragé pour autant. J’ai donc fait un « deal » avec eux. Je leur ai dit que pendant 1 an, je me renseignerais sur les valeurs de chaque parti. Après plusieurs mois, je me suis donc engagé à l’UMP. J’hésitais beaucoup avec l’UDF car je suis profondément européen mais l’énergie de Nicolas SARKOZY à cette époque m’a convaincu. J’en profite d’ailleurs pour raconter une anecdote. Lorsque je suis allé pour la première fois au siège de la fédération UMP 69, les jeunes m’ont accueilli en me disant qu’il n’y avait rien à faire. Ils m’ont gentiment encouragé à contacter mon député de circonscription. Avec du recul, mon allure lycéenne de jeunes sportifs en jogging ne coïncidait visiblement pas avec le « style » des jeunes de l’UMP du Rhône. Je suis donc allé voir mon député. Il se trouvait que je connaissais sa déléguée de circonscription car elle représentait souvent le député lors des réunions de mon club. J’ai donc tout de suite sympathisé et je me suis investi aux cotés de Jean-Michel DUBERNARD pour animer les jeunes UMP de sa circo. Cela a duré 2 ans puis je me suis rendu compte, malgré les amitiés que j’ai développé et entretenu, que je n’étais pas à ma place. On m’appelait « le petit européen »… LOL.

 

Voilà, j’ai donc interrompu mon engagement partisan et j’ai fondé une association de promotion de l’identité européenne avec une jeune socialiste. Cela a duré le temps de nos études à l’Université. C’était passionnant car nous allions à la rencontre des écoliers pour monter des projets culturels avec eux pendant une année. Nous avons associé des étudiants de l’Union européenne… une expérience formidable. Arrive 2007 et l’élection présidentielle. Je rejoins le Nouveau Centre. Puis les choses s’enchainent. Je rejoins Damien ABAD, premier président des jeunes du Nouveau Centre, je prends des responsabilités régionales et locales au sein du mouvement et en juin 2010, je suis élu président des Jeunes centristes.

 

Parallèlement, je reste engagé au Comité olympique où je suis toujours membre de la commission jeune nationale. En ces temps olympiques, je rappelle que le sport et les sportifs de haut niveau réussissent grâce à leur talent avant tout mais aussi grâce à l’engagement de millions de bénévoles dans nos clubs. Je salue la force du bénévolat français. Au CNOSF, je contribue à la formation de tous ces jeunes sportifs qui veulent diriger nos clubs et nos structures partout en France.

 

Enfin, professionnellement, je suis conseiller parlementaire d'un établissement public après avoir travaillé pour André SANTINI pendant deux ans à l’Assemblée nationale.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur les premiers pas de la présidence Hollande ?

 

J.C. : Selon moi, François HOLLANDE est un président qui correspond assez bien aux critères de la présidence. Il dégage une certaine sérénité et semble attaché à prendre de la hauteur sur les questions de politique intérieure. Ne pas trop parler, sur tout et tout le temps, ne pas trop agir pour éviter les confusions. Pour le moment, son attitude est appréciable. Cela concerne la forme. On a le sentiment de souffler après 5 ans d’hyper présidence où le gouvernement et le premier ministre semblaient être relégués au second plan.

 

Pour moi, le président de la République doit agir avec sagesse, intelligence, consensus. Il doit consulter puis impulser et définir les orientations stratégiques de notre pays. Charge au gouvernement de proposer et exécuter.

 

Sur le fond, je suis beaucoup plus critique. François HOLLANDE ne m’inspire pas confiance. Son équipe agit avec hésitations et contradictions. En pleine crise européenne, le cap n’est pas fixé. Sur le plan international, c’est le néant politique. Que dit, et surtout que fait la France concernant la Syrie ? Je suis stupéfait de voir chaque jour ce peuple qui se bat seul sans que la France et l’Europe ne les aident. On parle tout de même de vies d’enfants… Rappelons-le !

 

Je suis donc inquiet. Je trouve que ce gouvernement mis à part quelques ministres, manque de professionnalisme et d’ambition pour notre pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

 

 

PdA : En 2007, François Bayrou a recueilli sur son nom près de 7 millions de suffrages (18,57% des exprimés), suscitant l'espoir massif d'une troisième voie possible. Aujourd'hui privé de son siège à l'Assemblée, il lutte pour sa survie politique. Que vous inspire sa situation ? Est-il une voix qui compte à vos yeux ?

 

J.C. : François BAYROU est et restera une voix qui compte. Sa grande culture et sa connaissance profonde de l’histoire de notre pays sont des qualités essentielles pour bien gouverner. On sent une sincérité dans son engagement et dans ses combats politiques. En revanche, je regrette que ses qualités de stratège ne soient manifestement pas à la hauteur de ses qualités intellectuelles. François BAYROU est une sorte de philosophe qui aspire à rendre concrètes ses idées et ses ambitions pour la France et l’Europe mais son incapacité à faire les bons choix stratégiques l’empêchera vraisemblablement d’y parvenir. C’est terrible car cela démontre qu’en politique, ce n’est pas le plus brillant et le plus visionnaire qui gagne mais celui qui est capable de faire le plus de compromis.

 

François BAYROU est selon moi le président qu’il nous faut mais que nous n’aurons probablement jamais. A présent, je crois qu’il doit continuer à participer au débat politique mais laisser une nouvelle génération poursuivre son combat pour une troisième voie. Personnellement, j’y crois encore…

 

 

PdA : De voix, il sera également question dans cette nouvelle question. Considérez-vous que le Nouveau centre, allié de l'UMP, a réellement pu faire entendre la sienne durant les cinq dernières années (campagne 2012 comprise) ? Et qu'il a été un partenaire respecté du parti majoritaire ? Quel bilan tirez-vous de cette législature, s'agissant de vos idées, de vos valeurs ?

 

J.C. : Le Nouveau Centre n’a pas démérité. Nous nous sommes battus au Parlement pour défendre notre vision de la société. Nous avons défendu de nombreuses propositions de lois visant à rendre l’action du gouvernement plus juste. Malheureusement, ce ne sont pas 22 parlementaires qui peuvent bousculer les lignes. Concrètement, nous avons toujours été attachés à décentraliser davantage notre pays en faisant confiance aux régions, nous avons défendu la règle d’or qui prévoit des budgets en équilibre. Nous avons également alerté le gouvernement lorsque celui dérivait trop à Droite et notamment concernant Edwige ou l’affaire des Roms. A ce sujet, c’est nous qui avons été les premiers à dénoncer cette attitude irresponsable et scandaleuse. Nous défendons une société apaisée. Nous ne tolérons pas la stigmatisation, encore moins lorsqu’elle est à visée politicienne et électoraliste. Nous n’avons donc pas accepté que les Roms, citoyens européens, soient traités avec tant de méprise et de violence.

 

Alors effectivement, je crois que nous avons fait ce que nous devions faire mais que notre division (je parle de la division des centristes) ne nous a pas permis d’être suffisamment entendus au point de faire reculer ou accélérer le gouvernement précédent sur des sujets essentiels.

 

Quant à l’UMP, il est évident que face à notre division et donc notre poids politique marginal, nous étions le dernier de ses soucis. Le résultat, c’est qu’en 2012, les français n’ont pas entendu notre message et notre projet.

 

 

PdA : Vos idées, vos valeurs, justement, parlons-en. Vous vous définissez volontiers comme étant un "centriste". Qu'est-ce que cela signifie pour vous, s'agissant des valeurs (nous reviendrons sur les idées plus tard dans l'interview) ? Qu'est-ce qui vous différencie sur ce plan de l'actuelle UMP, par exemple ?

 

J.C. : C’est très simple. 3 choses :

  • L’Europe. Selon nous, il est évident que seule l’union des nations européennes est en mesure de garantir la survie de nos principes fondamentaux. On le voit bien, plus nous tardons à concrétiser la création d’une Europe politique et donc fédérale, plus nous sombrons et plus les autres puissances avancent et nous dépassent. Qui peut raisonnablement croire que 70 millions de français, seuls, peuvent concurrencer 1 milliards 400 millions de Chinois, autant d’Indiens… L’UMP reste enfermée dans les vieux schémas. Elle croit encore à la grandeur de la France. Je ne renie rien de notre histoire mais je considère que le principe de nation évolue et qu’il est temps d’offrir à la France et aux français une nouvelle grandeur. Seule la construction d’une Europe politique, populaire et démocratique nous permettra d’y arriver.

  • La décentralisation ensuite. Il faut en cesser avec la centralisation qui asphyxie notre économie. Nous devons faire confiance aux territoires et prendre conscience que chaque terroir est détenteur d’une histoire, d’une richesse, d’un rapport à ses acteurs locaux, d’un patrimoine. Nous devons donc donner aux régions une large autonomie et les encourager à innover avec des entreprises, des hommes, des femmes, des jeunes qui veulent contribuer au développement de leur territoire local qu’ils connaissent bien et auquel ils sont attachés.

  • La responsabilité de l’Etat. Il faut agir avec courage et ambition. Il faut cesser de mentir aux français pour être réélu. L’environnement doit être une priorité, la gestion responsable de nos finances publiques doit être garantie, la moralisation de la vie publique assurée. L’UMP agit avec le souci principal d’être au pouvoir, comme le PS. Et si pour cela, il faut mentir et dépenser sans compter, ils le font. Le résultat, la banqueroute et le désengagement des citoyens car ces derniers finissent par perdre espoir.

 

Voilà 3 idées principales sur lesquelles il y a des différences majeures avec l’UMP et le PS. Nous sommes prêts à défendre une 6ème République qui mettrait tout à plat !

 

 

PdA : L'idée centriste semble reprendre du poil de la bête avec l'organisation de députés d'horizons divers sous la bannière Union des démocrates et indépendants à l'Assemblée. Diriez-vous qu'il s'agit là d'une amorce de reconstitution d'un pôle centriste réellement indépendant ?

 

J.C. : Les centristes ont toujours été indépendants. Ils n’avaient en revanche pas suffisamment de poids pour peser et se faire entendre, d’où cette impression de soumission. En réalité, le groupe UDI est le prolongement de que fut l’UDF puis le NC. Nous rassemblons des députés qui souhaitent agir et réagir avec justesse dans un souci de justice pour les français. Quand nous estimerons que les orientations sont bonnes, nous le dirons. Nous voulons incarner une opposition vigilante et constructive. Le pays ne peut plus se permettre de jouer la comédie. Nos élus doivent faire tomber le masque.

 

Ensuite, j’espère que ce groupe inspirera nos élus et que les forces centristes (je parle des militants) de toutes les chapelles sauront se retrouver. D’abord pour peser et ensuite pour que les français entendent enfin notre projet. J’ai fait tout ce que je pouvais quand j’étais à la tête des Jeunes centristes. Aujourd’hui, je prends un peu de recul tout en continuant ce combat.

 

 

PdA : Longtemps patron des jeunes du Nouveau centre, vous avez tout récemment rejoint, avec André Santini, le parti Force européenne démocrate, fondé par Jean-Christophe Lagarde. Pourquoi cette rupture ? Quelle est la vocation de cette nouvelle formation ?

 

J.C. : La FED a pour objectif premier de contribuer au rassemblement de la famille centriste. Pour témoigner notre bonne foi, nous avons même décidé de permettre la double appartenance à tous ceux qui appartiennent à une autre formation centriste. Ainsi, nous démontrons notre volonté de travailler avec tout le monde, sans exclusive. Concernant les valeurs que nous défendons, pas de langue de bois. Il s’agit pour l’essentiel des mêmes que tous les autres partis. A la différence que nous offrons enfin aux Démocrates-sociaux une maison dont les alliances sont claires. La FED encouragera donc les partis du Centre à se rassembler en portant ce message partout. Ceux qui nous rejoignent sont clairement engagés dans cette voie, c’est notre cap politique. Plus largement, nous continuerons avec les jeunes, les militants et les élus à défendre notre projet de société.

 

 

PdA : Question liée aux deux précédentes. Sous quelle forme souhaitez-vous voir s'organiser à terme cette famille centriste éclatée ? Une confédération de partis indépendants mais unis lors des élections ? Un parti unique mais acceptant les "tendances" ?

 

J.C. : Le Centre est pas nature complexe. Il réunit des sensibilités de centre-droit, de centre-gauche, des démocrates-chrétiens, des libéraux… cette diversité ne peut donc pas se réunir dans une structure intégrée. Nous devons faire vivre notre famille dans le respect des opinions de chacun.

 

Notre défi est donc de faire vivre la diversité. C’est pourquoi, je suis favorable à la création d’un parti dans lequel les sensibilités cohabiteront. Concrètement, chaque parti adhèrera à la confédération, les militants feront donc partie de la même formation. Puis tous réunis, ils désigneront une équipe dirigeante du parti confédéral. Les décisions stratégiques se prendront à ce niveau. Les partis membres devront s’engager à respecter et suivre les décisions prises majoritairement ou quitter la confédération après une consultation des militants pour qu’un dirigeant ne prenne pas en otage l’ensemble des adhérents.

 

Quant aux choix des alliances, même chose. L’équipe dirigeante composée d’une partie des dirigeants de chaque formation et d’une partie élue directement par l’ensemble des militants, définira la ligne politique à suivre. En revanche je n’exclus pas par principe une alliance à gauche si un jour celle-ci évolue et se rapproche de notre projet politique plus que la Droite ne le ferait.

 

 

PdA : La viabilité d'une alternative dite centriste, vous le savez mieux que moi, se heurte à la logique implacable de l'affrontement des blocs en vigueur sous la Vè République. Valéry Giscard d'Estaing n'a été élu président que parce qu'il avait été soutenu par une bonne partie de la droite. Quel jugement portez-vous sur cette Vè République ? Pensez-vous sincèrement qu'un mouvement centriste indépendant puisse réellement exister dans ce cadre ?

 

J.C. : Je crois simplement que notre faiblesse nous incombe. Si nous parvenons à nous réunir, former une nouvelle génération, parler avec simplicité et sincérité des problèmes que notre pays rencontre, et qu’enfin, nous parvenons à faire émerger un leader (je dis bien que NOUS parvenons à faire émerger COLLECTIVEMENT un leader), nous pouvons être en mesure d’inspirer confiance aux français. Si nous inspirons confiance, nous serons en mesure de gagner et qui sait, de mener une coalition avec ceux qui se sentiront le plus proche de nous. Si VGE l’a fait, c’est possible de le refaire !

 

A ce moment-là, il faudra réformer le pays en profondeur et permettre dans nos institutions l’expression de tous au Parlement. Clairement, instaurer un système en partie proportionnel.

 

 

PdA : Cette question nous amène naturellement vers celle, fondamentale, de la proportionnelle. Êtes-vous favorable à la proportionnelle intégrale ou partielle ? Sur la base de listes locales ou nationales ? Et celle-ci serait-elle "pure" ou bien tempérée par un système de prime au parti majoritaire ? Derrière ce dernier point, il y a bien sûr la question de l'instabilité (dans une période déjà fort troublée), le souvenir de la IVè République avec les coalitions qui se font et se défont. Quelle est, le plus complètement possible, car l'enjeu est majeur, votre vision sur cette question ?

 

J.C. : Je souhaite une proportionnelle partielle qui garantisse justement une stabilité gouvernementale. Le système actuel où les députés sont élus au suffrage universel direct me convient. Il est important que chacun puisse s’adresser à quelqu’un en cas de besoin. La république doit avoir un visage. Les partis majoritaires seront bien entendu avantagés pour que se dégage une majorité claire qui puisse gouverner efficacement. A travers cette question il s’agit plus de permettre à chaque français d’être représenté que de donner à tout le monde la possibilité de bloquer ou de gouverner. La démocratie, c’est l’expression d’une confiance populaire à un tiers.

 

 

PdA : Quelles sont, pour rester sur l'organisation des pouvoirs, les autres réformes institutionnelles qui vous paraissent être fondamentales ? Souhaitez-vous qu'il y ait une modification du calendrier électoral (qui voit les législatives succéder directement à la présidentielle pour une même durée de mandats) ? Souhaitez-vous la fin de l'élection du Président de la République au suffrage universel direct, que suivrait l'instauration d'un véritable régime parlementaire ? D'autres choses ?

 

J.C. : C’est une question très intéressante qui me permettra de vous dire sincèrement et profondément quelles sont mes convictions. Personnellement, je suis favorable à la suppression du poste de Président de la République. Je m’explique. Européiste, convaincu que seule l’Union européenne (dans un format plus populaire et démocratique) pourra garantir la survie de nos valeurs et de notre histoire, je crois que nous devons donner une voix politique à l’Europe. Cette voix ne doit souffrir d’aucune contradiction institutionnelle. C’est pourquoi, si nous voulons donner une existence réelle à l’Europe, nous devons selon moi supprimer le poste de président de la République et confier les affaires de notre Etat au gouvernement qui serait alors dirigé par un Premier ministre. Cela fonctionne partout en Europe, nous pourrons nous y faire également. Mais cette suppression n’est envisageable que si nous avons un Président de l’Union européenne qui ait un rôle important et qui soit le fruit d’un processus démocratique direct ou indirect. En effet, je pense que l’importance du président de la République française liée à la confiance qu’il reçoit de manière directe de tout un peuple empêche toute émergence d’une forte personnalité politique européenne.

 

 

PdA : La famille centriste s'est illustrée depuis longtemps, souvent en solitaire, dans sa mise en garde contre les déficits publics excessifs. Nous voici parvenus à une situation où la dette est devenue écrasante. Quelles sont, dans les grandes lignes, vos solutions pour faire repartir la croissance et contenir les déficits ?

 

J.C. : Je le disais plus tôt, il faut décentraliser notre pays réellement et adopter la règle d’or. Ces deux réformes sont les préalables à toute politique d’investissement et de croissance. Sans responsabilité et sans confiance dans nos territoires, nous ne sortirons pas de la crise. Ensuite, il faut révolutionner notre système éducatif et adapter notre système de formation et d’accompagnement vers le retour à l’emploi au 21ème siècle. Un exemple concret, nous devons absolument faire en sorte qu’un agent du Pôle Emploi ait une expérience professionnelle dans le privé et/ou le public. Comment bien orienter un chômeur sans connaissance concrète du monde du travail. Même chose pour les enseignants, je crois que le parcours d’un enseignant doit comprendre avant ou pendant sa carrière une expérience dans le monde du travail. Comment enseigner les bases des connaissances nécessaires à la formation professionnelle sans connaître le monde du travail (je parle des enseignants du secondaire) ?

 

Si tout cela peut sembler éloigné des questions liées au déficit public, il n’en est rien. Nous n’en sommes plus aux petites réformes. Le pays a besoin de réformes structurelles. Nous devons traiter le mal par la racine. Si la France entre en récession, si les entreprises ne produisent plus assez, si les jeunes sont moins compétitifs, c’est parce que notre formation et notre administration ne sont plus efficaces. Il faut donc réformer notre pays en profondeur pour récréer la confiance. Pour cela, il faut oser s’inspirer de l’étranger tout en conservant nos valeurs.

 

Enfin pour donner un coup de pouce aux finances publiques, il ne faut surtout pas hésiter à taxer les transactions financières. Mais là aussi, ce serait plus efficace si l’Europe toute entière adoptait cette mesure…

 

 

PdA : Un autre grand pilier du centrisme, c'est celui de la construction européenne. Il en est beaucoup question en ce moment, alors que le niveau des dettes publiques européennes semble mettre en péril la monnaie unique elle-même. Nombre de voix s'élèvent pour réclamer une intégration communautaire accrue, notamment en matière budgétaire. Peut-être un pas de plus vers un fédéralisme européen, une idée au cœur de l'idéal centriste. Quelle Europe souhaitez-vous, à terme ?

 

J.C. : Je l’ai dit tout au long de l’interview car pour moi, la question européenne n’est pas une question à traiter séparément. L’Europe est notre cadre, nous avons besoin de règles justes et claires. Sans règles, on obtient vite un brouillon. Il faut fixer des règles et définir des limites. Les règles sont guidées par la solidarité et doivent découler d’un processus majoritaire. Le consensus tue l’Europe. Nous devons donc créer une Europe politique davantage populaire et démocratique. Nous devons également procéder à l’élection directe ou indirecte d’un président de l’Union européenne qui serait notre représentant dans toutes les instances internationales. Bien entendu, on ne peut pas laisser un homme décider et parler librement au nom de 27 nations. Nous devons donc avoir un parlement fort et des commissaires européens (l’équivalent de nos ministres) réellement compétents.

 

Je milite également pour que cette Europe fédérale clarifie son fonctionnement. Personnellement je souhaite que l’Europe et les régions de l’Union européenne (il existe d’ailleurs un comité des régions de l’UE) agissent de concert sur les sujets stratégiques notamment concernant le développement économique et la formation. Concernant les questions sociales, au-delà la nécessité évidente de fixer un cadre concernant les prestations sociales, les salaires, le prix des produits de première nécessité, je considère que c’est aux nations et aux échelles départementales/locales de décider car ce sont elles qui connaissent le mieux les réalités sociologiques et sociales.

 

Il faut donc clarifier les compétences. La stratégie et de le développement pour l’UE et les Régions et l’accompagnement social pour les nations et leurs échelons locaux.

 

 

PdA : Avez-vous à l'esprit des sujets de société qui mériteraient pour vous de faire l'objet de "réformes" ?

 

J.C. : L’Education et nos institutions… Il faut également valoriser nos Outre-Mer qui ont tant de choses à nous apprendre…

 

 

PdA : L'ensemble de vos priorités n'ont sans doute pas été abordées ici. Que souhaiteriez-vous ajouter en la matière ?

 

J.C. : Que sans espoir, nous ne parviendrons pas à retrouver le chemin de la croissance et de la prospérité qui, jadis, ont fait la gloire de la France et de l’Europe. Nous devons donc nous remettre en question pour adapter notre vision du monde aux réalités du 21ème siècle et bâtir tous ensemble une Europe puissance qui soit à nouveau un modèle pour le monde.

 

 

PdA : Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste aujourd'hui quant à l'avenir de la France et de l'Europe ?

 

J.C. : Je suis inquiet quand je vois l’état du monde mais je demeure un éternel optimiste car l’Homme est avant tout génie.

 

 

PdA : Si vous désirez adresser un message à nos lecteurs ou à quelqu'un en particulier, lancer un appel... profitez-en, c'est ici, c'est maintenant !

 

J.C. : Je lance un appel à tous ces jeunes qui au fond d’eux-mêmes souhaitent construire une société alternative. Tous ceux qui prennent conscience que nous devons modifier notre regard sur le monde et retrouver plus de simplicité dans notre rapport aux autres et à notre environnement.

 

Je les invite donc à se parler et s’unir pour créer une force militante qui défendra à la fois notre histoire et nos valeurs mais qui dans le même temps sera ouverte au changement tant que celui se fonde sur le respect et le dialogue. Mettons fin aux barrières partisanes et créons plutôt des digues qui séparent ceux qui veulent un monde nouveau de ceux qui veulent conserver et défendre celui-ci, qui clive et nous appauvrit. Nicolas HULOT disait : « Je veux mettre fin à mes illusions, réaliser mes rêves » et j’ajouterai à cela : notre système est une illusion confortable ! A méditer…

 

 

PdA : Dernière question, qui n'en est pas une... Pour vous permettre de conclure l'interview comme il vous plaira. Vous pouvez approfondir un sujet pas suffisamment traité, ou bien en aborder un autre...

 

J.C. : Comme en son temps où ceux qui voulaient philosopher sur le monde se retrouvaient dans des cafés, j’invite ceux qui me liront à me contacter pour prendre un café et rêver à un monde nouveau… ;)

 

 

 

(Question supplémentaire, posée à Jérémy Coste le 14 août. Réponse reçue le même jour, quelques minutes plus tard)

 

PdA : Quelques mots sur les Jeux olympiques de Londres ?

 

J.C. : Les Jeux olympiques sont d'abord une exceptionnelle démonstration d'humilité. Ces champions soulèvent des foules, relèvent des défis, remportent des records et restent souvent simples et respectueux. Ces athlètes, qui pendant 17 jours nous ont fait vibrer, rêver et parfois pleurer, se sont battus en donnant le meilleur d'eux-mêmes.

  

L'olympisme que notre baron Pierre de Coubertin a remis au goût du jour représente ces valeurs de respect et de combativité. Les athlètes du monde entier se sont battus contre eux-mêmes et pour leur famille, mais cette famille s'agrandit le temps d'une épreuve et c'est tout un pays qui est derrière eux. Dès lors, ils ne se battent plus uniquement pour eux mais pour offrir de la fierté à leurs compatriotes. Le temps d'une course, d'un plongeon, d'un saut... toute une nation se surprend à espérer l'or ou la performance. A ce moment, il n'y a plus d'hésitation, on appartient tous à la même nation. Plus de division, plus de suspicion, on ressent tous ce formidable frisson qui envahit notre corps et nous donne la rage de la victoire. On aspire à la fierté et au spectaculaire. Voilà les sensations des jeux olympiques. On y croit, on encourage, on espère, on rit, on pleure, on explose de joie... pour une médaille ou pour l'exploit, ce qui compte c'est uniquement de prendre du plaisir. Et finalement, peu importe la médaille ou sa couleur, on ne retient que l'essentiel : l'effort.

 

Notre équipe de France a été formidable. 11 belles médailles d'or, autant de champions. C'est en tout 34 exploits que le sport français a réalisé. En revanche, cette aventure de Londres 2012 ne doit pas nous faire oublier la nécessité pour la France d'investir davantage sur le sport comme vecteur d'éducation. Autrefois, le sport était populaire, il réunissait des foules immenses. Aujourd'hui, il n'y a guère que le football qui remplit des stades, et pas toujours pour de nobles intentions. La France doit donc encourager les étudiants à faire du sport dans les championnats scolaires et universitaires. C'est la première marche vers un club ou une fédération lorsqu'on a pas la chance d'avoir une famille de sportifs. Le sport est également un outil de santé publique que l'on ne développe pas suffisamment. Bref, le sport c'est la santé, la vitalité, l'effort, le respect. Le souffle de Londres ne doit pas disparaître... Il faut revoir le temps scolaire et permettre aux jeunes de pratiquer obligatoirement une activité culturelle ou sportive l'après midi. C'est une proposition que je défends depuis des années. Tout comme le défilé des nations lors de la cérémonie d'ouverture des jeux derrière la bannière européenne et l'envolée du drapeau européen au coté du drapeau national à chaque fois qu'un sportif de l'Union européenne monte sur un podium... Rêvons ! 

 

 

 

Je tiens à remercier, une fois de plus, Jérémy Coste pour ses réponses et pour nos échanges ! Phil Defer

 

 

 

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Le site de Jérémy Coste

 

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Times New Roman > Georgia : 30/09/12

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19 juillet 2012

Camille Bedin : "Une opposition crédible et constructive"

Alors que le nouveau Parlement détricote une bonne partie des mesures fiscales phares de l'ère Sarkozy, l'UMP "orpheline" tente de faire front uni. Dans l'opposition pour la première fois depuis sa création, il y a dix ans, le parti sait qu'il devra, avant d'espérer reconquérir le pays, se remettre en ordre de bataille. Autour d'un projet. Derrière un chef. L'ancien Premier ministre François Fillon a annoncé qu'il briguera à l'automne prochain la présidence de l'UMP. Son chef actuel, Jean-François Copé, sera sans doute lui aussi candidat. Deux styles, à défaut d'incarner des chemins réellement différents. J'ai souhaité, à l'occasion de cette réorganisation de la droite, donner la parole à plusieurs jeunes membres du parti. Après Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires, voici les réponses qu'a accepté de me communiquer Camille Bedin, la secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'égalité des chances. Je l'en remercie. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

CAMILLE BEDIN

Secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'égalité des chances

 

"Une opposition crédible et constructive"

 

(Photo fournie par Camille Bedin)

 

 

Q : 17/07/12

R : 19/07/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Pourriez-vous vous présenter en quelques phrases ?

 

Camille Bedin : Secrétaire nationale de l’UMP en charge de l’égalité des chances, 27 ans, de Nanterre, je suis avant tout responsable associative, et engagée dans les quartiers pour permettre aux jeunes de réaliser leurs ambitions.

 

J’ai publié en février dernier un livre chez Plon, Pourquoi les banlieues sont de droite.

 

Je me bats aujourd’hui à l’UMP pour que notre génération, la « Génération Sarkozy », poursuive le travail des réformes accomplies et parte à la conquête des territoires.

 

 

PdA : Quel bilan faites-vous de la présidence de Nicolas Sarkozy ?

 

C.B. Quelques mots : volontarisme, réforme, détermination, courage. Si nous ne continuons pas les réformes entreprises (pour l’école, la formation, la compétitivité, les retraites,…), nous courrons droit dans le mur et c’est notre génération qui paiera.

 

 

PdA : Comment avez-vous vécu sa défaite du 6 mai, et comment l'expliquez-vous ? Quelles leçons tirez-vous de ces échecs électoraux de 2012 ?

 

C.B. : Tristesse, émotion. Une défaite en grande partie due à la situation économique et internationale très difficile et au rejet de la politique (2 millions d’abstentionnistes).

 

Nous sommes la Génération Sarkozy. C’est lui qui a guidé une grande partie de l’engagement des jeunes de ma génération. À nous de faire de ce tournant un rebond ! (voir ma tribune dans le Figaro du 5 juillet)

 

 

PdA : Avec le recul, avez-vous des regrets par rapport à cette campagne ? Certaines choses auraient-elles dû être faites différemment ? Avez-vous toujours été totalement à l'aise avec la campagne menée ?

 

C.B.Oui, très à l’aise ! C’était une formidable campagne. Et le score est très important dans le contexte de crise actuel. Aucun regret ! et je ne me reconnaîtrai jamais dans ceux qui n’assument pas l’action à laquelle ils ont eux-mêmes participé.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui vous révolte, vous donne envie d'agir dans le monde d'aujourd'hui ?

 

C.B.L’inégalité des chances : le fait que les jeunes, selon l’endroit d’où ils viennent, où ils ont grandi, leur milieu social, etc… n’ont pas les mêmes chances de réussir selon leur travail. Seul le travail devrait compter et non l’origine sociale ! Et il y a tellement de jeunes qui le méritent !

 

 

PdA : Que vous inspire la situation de notre pays ?

 

C.B. : De la crainte, au regard des mesures socialistes. De l'espoir pour notre génération si nous nous prenons en main et si nous rebâtissons notre modèle économique, social, et notre vivre-ensemble.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur les débuts du président Hollande, de l'assemblée rose et du gouvernement Ayrault ? J'imagine que votre réponse ne sera pas totalement favorable, mais y'a-t-il au moins des points sur lesquels vous considérez qu'"à la limite", de bonnes choses sont réalisées ou en passe de l'être ?

 

C.B.Ils m’inspirent le retour en arrière et l’inquiétude. Aucune réforme structurelle, aucune restriction des dépenses, que des hausses d’impôts. Ce sont toujours les mêmes qui vont payer : ceux qui galèrent, ceux qui travaillent, ceux qui cherchent à travailler.

 

 

PdA : Après la défaite, et avant la reconquête... la réorganisation. Celle d'un appareil, et celle des idées. Qui aimeriez-vous voir élu(e) à la tête de l'UMP à l'automne prochain, et pourquoi ?

 

C.B.Jean-François Copé, parce que c’est un militant, un battant et un vrai leader capable de s’engager corps et âme pour sa famille politique et ses convictions. (voir l'article sur mon blog)

 

 

PdA : Quelle doit être, de votre point de vue, la "ligne politique" de l'UMP des cinq années à venir ?

 

C.B. : Une opposition crédible et constructive, une force de propositions, fière de ses valeurs, ancrée dans ses territoires.

 

 

PdA : Jusqu'où, et sur la base de quels piliers programmatiques la majorité bleue de demain aura-t-elle vocation à s'étendre ? Quid d'un hypothétique rapprochement avec le Front national ?

 

C.B. : Pas d’alliance avec le FN ! Pas d’appel non plus, lors de triangulaires, à voter pour la gauche alliée à l’extrême gauche. Une UMP forte, une droite forte.

 

 

PdA : Existe-t-il des sujets, de société notamment, sur lesquels vous souhaiteriez, à titre personnel, voir notre pays "bouger" peut-être un peu plus vite que ne le désirerait votre parti, qui reste essentiellement "conservateur" ? Des thèmes qui pour x ou y raison vous tiendraient à cœur alors qu'ils ne seraient pas prioritaires pour votre parti, voire pas opportuns du tout ?

 

C.B. : L’éducation.

 

La droite peut être, je crois, profondément réformiste, voire révolutionnaire sur ce sujet, mais elle doit l’expliquer, l’approfondir, en débattre. C’est un sujet d’avenir majeur. Sans une école qui fonctionne, on peut faire toutes les réformes du monde, la France n’ira pas mieux.

 

 

 

Merci encore à Camille Bedin pour ses réponses ! Phil Defer

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 30/09/12

15 juin 2012

Ahmed Laaraj : Ségolène Royal ? "Elle panse et repense la société"

Entre les deux tours de la présidentielle, j'avais pris l'initiative de contacter un certain nombre de jeunes, de sensibilités diverses, pour les interroger sur le duel à venir et, au-delà, sur leurs inquiétudes, leurs espoirs pour la France de demain. Parmi eux, Ahmed Laaraj, un étudiant montpellierain. Lors de la présidentielle de 2007, il n'a pas 17 ans. Pas encore l'âge de voter. Mais, il le dit lui-même, "la ferveur de la campagne a fait naître une flamme en moi". Il rejoint Désirs d'avenir, le mouvement de Ségolène Royal, "où très vite on faisait place aux jeunes". Il anime aujourd'hui le comité local et a participé à la fondation du collectif des jeunes du mouvement. Avec le comité, il s'est pleinement engagé derrière Ségolène Royal dans le cadre des Primaires citoyennes. Le résultat n'a pas été à la hauteur de cet enthousiasme (voir mon interview exclusive avec Najat Vallaud-Belkacem). La suite, chacun la connaît. François Hollande a gagné les primaires. Puis la présidentielle. Le 10 juin avait lieu le premier tour des élections législatives. Une dynamique de gauche. Tout semble indiquer qu'elle sera nettement majoritaire au sein de la nouvelle Assemblée nationale. Pas de vrai suspense quant au résultat global. En revanche, un certain nombre de batailles locales seront très disputées. D'autres très suivies parce qu'éminemment emblématiques. Ce sera le cas de la première circonscription de Charente-Maritime (La Rochelle). Ségolène Royal, qui n'a pas caché qu'elle souhaiterait, si elle était élue, briguer le "perchoir", est opposée au second tour à un socialiste dissident, l'élu local Olivier Falorni. Arrivée en tête le 10 juin, la candidate, seule dans la circonscription à bénéficier du soutien du président de la République et du Parti socialiste, espérait un désistement. Olivier Falorni a très tôt décidé de se maintenir. Pas de candidat de droite au second tour, il s'agit donc d'un duel. L'enjeu se nationalise quand, tacitement, Falorni devient l'instrument du "Tout sauf Ségolène". D'après un sondage, il obtiendrait un large report des voix de droite dans la circonscription. L'UMP s'attend à perdre la majorité parlementaire, mais se consolerait sans doute en contribuant à faire battre cette personnalité importante mais controversée. Le scrutin prend un autre tournure quand la compagne du chef de l'État, Valérie Trierweiler, "tweete" ses encouragements à l'adversaire de la mère des quatre enfants du président. Choix d'une femme libre et indépendante ? Expression publique d'une affaire... privée ? Les médias n'ont pas fini de chercher des réponses à ces questions. En tout cas, d'après plusieurs sondages, la présidente de la région Poitou-Charentes partirait largement battue... Qui sera élu ? Réponse le 17 juin. En attendant, j'ai décidé de poser quelques questions à Ahmed Laaraj. Je le remercie pour les réponses qu'il a bien voulu m'apporter. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

AHMED LAARAJ

Animateur du comité Désirs d'avenir de Montpellier
Soutien de Ségolène Royal lors des Primaires citoyennes

 

Ségolène Royal ? "Elle panse

 

et repense la société"

 

https://storage.canalblog.com/48/34/871067/76706323.png

(Photo fournie par M. Ahmed Laaraj)

 

 

Q : 15/06/12

R : 15/06/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Quel regard portez-vous, globalement, sur le premier tour de ces élections législatives ?

 

Ahmed Laaraj : Sur le premier tour des élections législatives, qui dans l'ensemble s'est bien déroulé, je constate une chose : une forte abstention! Alors que nous élisons nos représentants pour le pouvoir législatif. Dans notre République, il y a une séparation des pouvoirs, le citoyen et le ou la candidat(e) doivent faire preuve de plus de mobilisation pour ce scrutin.

 

Il ne doit pas y avoir dans notre république une forte participation uniquement pour l'élection du chef de l'éxecutif. Alors que c'est là où par la proximité du (de la) député(e) et du citoyen que la démocratie participative peut se faire, et ainsi remettre le citoyen au coeur de la décision politique, en remettant le pouvoir au parlement.

 

Pour ce second tour, il faut se mobiliser et aller voter pour donner du sens à la démocratie et à la république.

 

 

PdA : Membre de son mouvement Désirs d'avenir, vous avez été un des coordonninateurs de la Campagne jeunes de Ségolène Royal durant les Primaires citoyennes de 2011. Elle est en difficulté aujourd'hui. Que vous inspire la situation à laquelle elle est confrontée dans la première circonscription de Charente-Maritime ?

 

A.L. : Je suis indigné par cette situation, je vous parlais d'abstention, ces méthodes et ces pratiques en sont la raison. Ils dégoûtent le citoyen du monde politique.

 

Ségolène Royal, arrivée en tête à La Rochelle, subit une fois de plus des méthodes et des techniques de caniveau qui n'honorent pas O. Falorni et les gens le soutenant. Il a reçu le soutien de Dominique Bussereau et drague les voix de la droite et du FN avec comme seul objectif de faire barrage à Ségolène Royal.

 

Pour rappel, Ségolène Royal est la première femme à avoir accédé au second tour de l'élection présidentielle, elle a réformé la gauche et a redonné aux socialistes l'espoir perdu en 2002, et si la région Poitou-Charentes devient une région de gauche, c'est bien par le travail de Ségolène Royal depuis 24 ans, où elle avait remporté la seule circonscription a être passé à gauche lors du raz-de-marée bleu de 1988, elle avait fait venir le Président François Mitterrand dans la Région et ils s'étaient entretenus à l'époque avec Michel Crépeau à La rochelle en tant qu'amis de longue date.

 

Présidente de la région Poitou-Charentes, elle y fait un travail profond et qui est salué dans toute la France et en Europe, son travail a été récompensé par plusieurs prix internationaux et elle est actuellement présidente de l'AIRF (Agence internationale des régions francophones ).

 

Alors, pour donner du sens à l'histoire et à cette bataille des législatives, militants de gauche, militants de vérité, il faut agir, pour ne rétablir que vérité et justice!

 

 

PdA : Qu'est-ce qui justifie votre engagement à ses côtés ? Pensez-vous, notamment, qu'elle aurait davantage mérité d'être à l'Elysée aujourd'hui que le président François Hollande ? Si oui, pourquoi ?

 

A.L. : C'est une femme visionnaire et battante, elle prend les sujets à bras le corps et essaye de trouver la solution la plus simple, la plus efficace, qui respecte le mieux l'être humain et son environnement, tout en contribuant à une nouvelle société en insérant ces solutions politiques dans un programme global de nouvelle société. Elle panse et repense la société. Être une femme ou un homme politique, y passer du temps, faire des sacrifices n'est pas une chose facile, on ne lui a rien épargné!

 

Si François Hollande est aujourd'hui président, c'est que les Français ont pensé qu'il méritait de devenir président de la République. Ensuite il faut voir l'action et les politiques qu'il va mener, son bilan, et la société dans laquelle il nous projette. Pour Nicolas Sarkozy, en voyant son quinquennat, je peux dire qu'il ne méritait pas la victoire au vu de ce qu'il a fait de la confiance des Français.

 

Mais puisque vous voulez entendre de moi une comparaison entre F. Hollande et S. Royal, moi j'ai soutenu Ségolène Royal lors des primaires. Et donc, à titre personnel, j'estime qu'elle méritait plus la présidence. Mais nous sommes loyaux, F. Hollande est issu de notre famille politique, quand un socialiste de cœur gagne, c'est comme si c'était tous les socialistes qui gagnaient.

 

 

PdA : Pourquoi, de votre point de vue, Ségolène Royal doit-elle être élue députée de la République, dimanche ? Comment vous impliquez-vous dans cette campagne ? Quel message souhaiteriez-vous adresser aux électeurs de sa circonscription ?

 

A.L. : Parce qu'elle est la responsable de la victoire de François Hollande! On ne peut pas lui enlever d'avoir rassemblé en 2007, d'avoir remis la politique au coeur de la société, jusqu'à la remettre au sein des quartiers populaires qui avaient encore l'image de la présence de Jean Marie Le Pen au second tour. Elle est la conquérante de gauche, qui a osé se préoccuper des thèmes dits de droite : sur la sécurité, sur la nation, sur la République. Dans les lieu les plus isolés, les plus délaissés, elle a su ramener une politique intelligente, une politique qui allaient revaloriser tous les citoyens, égaux en droits et en devoirs. Sans toutes ces conditions, F. Hollande n'aurait peut-être pas gagné. Le changement ne peut se faire sans celle qui lui a donné l'élan et la force! Elle doit gagner, les citoyens sont intelligents, il ne seront pas instrumentalisés par la droite, c'est pourquoi elle gagnera!

 

Aujourd'hui cette situation est terriblement injuste, on ne peut rester assis les bras croisés, c'est une vraie dynamique qui s'est mise en place dans cette circonscription, pour inciter les électeurs à aller voter, et les informer que si ils votent O. Falorni, ils sont d'abord les instruments de la droite de Bussereau et de Raffarin qui ne font que distiller de la haine envers Ségolène Royal.

 

J'ai envie de dire aux électeurs de ne pas faire cet accident historique. Rien n'est joué, S. Royal est rochellaise de coeur, elle en parle avec passion, et qu'elle portera de manière efficace la parole des citoyens de La Rochelle et de l'ïle de Ré. Et contribuera comme pour la région Poitou-Charentes à un rayonnement de ce territoire.

 

 

PdA : Quel est votre "désir d'avenir" pour Ségolène Royal ? Quid de votre engagement personnel en politique ?

 

A.L. : Mon désir d'avenir pour Ségolène Royal, il ne m'appartient pas, il me dépasse, puisque son action s'insère au service de l'intérêt général. Elle n'est pas là par amour du pouvoir ou pour les Ors de la république comme certains, son désir c'est son engagement, c'est de servir son pays en proposant de nous projeter dans une nouvelle société.

 

Son désir est que nous provoquions une révolution dans les pratiques et les moeurs politiques, d'ailleurs j'aime bien une phrase d'elle : "Les dernières bastilles sont dans nos têtes". Nous avons acquis la démocratie, nous vivons en république, mais notre régime doit toujours tendre vers le mieux, puisque tous les combats politiques doivent servir l'intérêt général et doivent permettre la dimension perfectible de la société dans laquelle nous vivons.

 

 

PdA : Sur quels critères vous baserez-vous pour juger du succès (ou de l'échec) de l'actuel quinquennat ?

 

A.L. : Sur l'action, sur le travail accompli, sur la capacité à bouleverser certains sujets de société, sur la capacité à remettre le citoyen au coeur de la politique... RDV dans 5 ans.

 

 

 

 

Une photo de Ségolène Royal choisie à ma demande par Ahmed Laaraj. Pourquoi ce choix ? Pour lui, "elle montre que, déjà à l'époque, il y a 24 ans, Ségolène Royal servait les habitants de La Rochelle."

 

 

 

Merci encore à Ahmed Laaraj pour ses réponses, qu'il m'a fait parvenir très rapidement ! Bon courage à Ségolène Royal ainsi qu'à tous les candidats qui dimanche solliciteront les suffrages des Français ! Phil Defer

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 01/10/12

4 juin 2012

Arnaud Dussud : "Agir pour un changement clair et fort"

À moins d'une semaine du premier tour des élections législatives, la parole à un nouveau candidat. Arnaud Dussud n'a pas encore dix-neuf ans, mais il sait ce qu'il veut. Il a des convictions très fortes et portera ses idées sous la bannière d'Europe Écologie Les Verts. Avant d'être élu député de la cinquième circonscription du Val-de-Marne, il lui faudra convaincre les électeurs de Bry, de Champigny, du Perreux, de Nogent... Alors, qui est-il ? Quel est son projet pour la France ? Quel représentant serait-il à l'Assemblée ? Il a accepté de répondre à mes questions. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

ARNAUD DUSSUD

Candidat dans la 5è circonscription du Val-de-Marne

 

"Agir pour un changement clair et fort"

 

(Photo fournie par M. Arnaud Dussud)

 

 

Q : 14/05/12

R : 04/06/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Pourriez-vous, Arnaud Dussud, vous présenter ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

 

Arnaud Dussud : Je suis né en 1993 à Nogent-sur-Marne, et depuis je vis au Perreux. J'ai effectué dans ces deux villes mes études primaires et je suis aujourd'hui en licence de Lettres à l'université Paris Sorbonne. J'ai rejoint les jeunes Verts à 15 ans et je suis depuis militant du parti EELV.

 

Durant ces premières années de militantisme, j'ai aussi rejoint des associations locales environnementales, soutenu Act Up Paris dans ces combats contre l'homophobie, et ai rejoint l'Association Végétarienne de France.

 

Aujourd'hui j'ai la vie "classique" d'un étudiant-salarié, partageant son temps entre ces deux casquettes, à laquelle je dois maintenant ajouter le candidat. J'espère pouvoir réveiller les citoyens sur les difficultés et surtout la précarité des jeunes, salariés, étudiants dans les universités ou dans le monde professionnel.

 

Je souhaite aussi montrer à quel point l'écologie politique est un chemin nécessaire pour opérer la transformation de notre société. À laquelle, je crois, de plus en plus de Français aspirent. Je parle de plus de solidarité, de dignité, d'égalité des droits, je parle de changer de modèle économique et social. Je parle aussi de ces crises qui se multiplient. Doit-on les citer ? Crise financière, oui, mais sociale, démocratique, environnementale, climatique. Je veux montrer aux citoyens du Val-de-Marne que ces crises ne se produisent pas en même temps sans avoir de rapport entre elles. C'est notre modèle qui s'épuise.

 

 

PdA : Quel est le cheminement personnel qui vous a conduit à vous engager en politique et être aujourd'hui candidat à un siège à l'Assemblée Nationale ?

 

A.D. : L'indignation tout d'abord. Sociale, contre les discriminations, face à la précarité. Mais c'est aussi ma vision de la nature, de l'environnement, que je vois toujours plus dégradé. Je me demande pourquoi les personnels politiques classiques ne veulent pas agir. Je crois hélas que le pouvoir des lobbys, que la suffisance intellectuelle des formations traditionnelles, de gauche comme de droite ou du centre, ont eu raison des plus intègres et engagés d'entre eux. Au fond, mon espoir principal est de voir une assemblée à l'image de la société, de ses couleurs et de ses âges, de ses genres et de ses orientations sexuelles, de ses idées et de ses valeurs. La république que notre histoire nous lègue est plus que jamais abîmée. Les dérives sécuritaires, néo-conservatrices et aujourd'hui clairement nationalistes mènent la France dans le vide. Nous ne pouvons plus rester entre nous, à nous résigner ou nous indigner, mais bel et bien agir pour un changement clair et fort. C'est l'écologie politique. Et c'est le rôle que je me confère durant cette courte mais intense campagne.

 

 

PdA : Quelques mots sur la circonscription que vous souhaitez représenter pendant cinq ans ?

 

A.D. : C'est une circonscription typique de la banlieue parisienne : partagée entre quartiers bourgeois pavillonnaires aux moyennes d'âges élevées, et quartiers défavorisés, où la République s'est désengagée. Je veux la représenter dans cette diversité, je veux créer des ponts entre les communautés d'individus qui ne se retrouvent plus qu'entre eux. Cette circonscription n'a pas de viviers d'emplois locaux, elle a pourtant un potentiel fort : les énergies renouvelables (principalement la biomasse mais aussi le solaire grâce aux nombreux pavillons), transports collectifs et fluviaux, bâtiments et urbanisme… Un groupe de députés écologistes agira dans ce sens, pour créer ici et maintenant l'économie de demain. On ne trouve par ailleurs que trop peu de lieux de culture. La proximité avec la capitale joue beaucoup dans cette problématique : je defendrai de toutes mes forces une culture et un art pour tous, de proximité, aux petits budgets répartis sur tous les territoires. La proposition principale étant les fabriques de la culture, que les écologistes défendent depuis des années.

 

 

PdA : Quelles sont les personnalités, célèbres ou non, vivantes ou non, françaises ou non, qui vous poussent, vous inspirent ? Qui constituent, en quelque sorte, "votre" Panthéon des grands hommes... et des grandes femmes ? Pourquoi ?

 

A.D. : Je ne crois pas en la personnalisation. Cependant quelques grandes figures inspirent mon parcours : Nehru, Mendes France, Harvey Milk, René Dumont…

 

Ce sont pour moi des combattants de la pensée, ceux qui refusent l'ordre établi et démontrent que d'autres voies existent quand on refuse la suffisance et l'immobilisme.

 

Je suis proche des idées défendus par les existentialistes, et en premier lieu évidemment Sartre, et bien sûr de tous les penseurs de l'écologie comme Illich ou Gorz.

 

 

PdA : Quel diagnostic établissez-vous de l'état de notre pays aujourd'hui ?

 

A.D. : Il va mal car la tendance principale de nos gouvernements passés fut de se replier. Je crois profondément dans le rêve européen, le dépassement des petits cercles nationaux pour s'unir dans nos diversités culturelles, linguistiques, politiques.

 

Notre économie semble bloquer entre les grandes entreprises d'État qui se trompent de chemin (la SNCF qui investit tous ses moyens dans les lignes à grandes vitesses quand 90% de ses usagers empruntent Corail ou RER, les choix catastrophiques d'EDF quand à l'énergie nucléaire...) et les grands lobbys privés du pétrole ou de l'armement.

 

 

PdA : François Hollande vient d'être élu président de la République. Comment avez-vous vécu cette présidentielle ? Des réformes institutionnelles, notamment, touchant à l'organisation du pouvoir, vous paraissent-elles souhaitables ?

 

A.D. : C'est un bonheur que la droite extrême soit battue. J'ai confiance en sa conception de l'État pour ne plus humilier la république et ses valeurs comme le sortant a pu le faire. Je suis, comme tous les écologistes, favorable à une VIème république sociale, écologique, aux scrutins proportionnels et paritaires, sans personnalisation du pouvoir. Je ne veux pas que la presse people ait le rôle politique qu'elle a pu se donner durant ces dix dernières années.

 

 

PdA : Comment concevriez-vous votre charge de député si vous étiez élu ? Sur quels critères devrions-nous, dans cinq ans, vous juger ?

 

A.D. : À mon action en tant que parlementaire : les propositions de loi, les questions aux gouvernements, mon travail dans les commissions. Mais aussi à mon engagement sur le terrain : être proche des citoyens pour continuer de leur ressembler. À 18 ans à l'Assemblée nationale, je pense pouvoir étonner plus d'un de mes collègues.

 

 

PdA : Finalement, pourquoi les électeurs de votre circonscription devraient-ils voter pour vous ?

 

A.D. : Pour l'écologie. C'est à dire l'économie de demain, un avenir soutenable pour les générations futures : qu'elles puissent se chauffer, se nourrir, vivre tout simplement. Et cela toujours mieux que les générations précédentes, c'est là le sens du progrès. Mais aussi pour mon engagement de terrain, auprès des associations de lutte contre les discriminations par exemple. Je crois pouvoir être le visage du changement auquel les citoyens ont confié leur vote le 6 mai dernier, lors de ces élections législatives.

 

 

 

Merci à Arnaud Dussud, bon courage pour ce scrutin et pour la suite ! Phil Defer

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 01/10/12

30 mai 2012

Benjamin Lancar : "Il est impératif de garantir un certain équilibre des pouvoirs"

6 mai 2012 : Nicolas Sarkozy est battu, il annonce son retrait de la vie politique. Depuis dix ans, l'UMP détenait l'Élysée et était majoritaire à l'Assemblée. Le président sortant, comme ministre de l'Intérieur, comme ministre de l'Économie et des finances, comme patron de l'UMP puis enfin comme chef de l'État, a traversé la décennie au cœur du pouvoir. Une page se tourne. Dans l'immédiat, la bataille des législatives. Les leaders du parti veulent contraindre François Hollande à une nouvelle cohabitation. Jean-François Copé, le secrétaire général, et François Fillon, l'ex-premier ministre, veulent y croire. L'unité est de mise. La succession, le droit d'inventaire, ce sera pour plus tard. Quelle ligne pour l'UMP de demain ? Quid d'un dialogue éventuel avec le FN (les sondages pour les législatives de juin donnent aux deux formations un total additionné d'environ 50% des intentions de vote...) ? L'avenir nous dira ce qu'il adviendra du parti de Jacques Chirac. L'avenir, justement, il en est question dans le document qui suit. J'ai souhaité interroger un homme qui comptera, sans doute, dans les années qui viennent. Benjamin Lancar, le président des Jeunes Populaires (les jeunes de l'UMP). Il est aujourd'hui candidat dans la cinquième circonscription de Paris. Je le remercie pour les réponses qu'il a bien voulu apporter à mes questions. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

BENJAMIN LANCAR

Président des Jeunes Populaires (depuis 2008)
Candidat dans la 5è circonscription de Paris

 

"Il est impératif de garantir un certain

 

équilibre des pouvoirs"

 

(Photo fournie par M. Benjamin Lancar)

 

 

Q : 13/05/12

R : 30/05/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

 

Benjamin Lancar : J’ai 26 ans, je suis diplômé de Sciences Po et d’HEC, Président des Jeunes Populaires depuis 2008, Conseiller Régional depuis 2010 et secrétaire national de l’UMP à la Nouvelle économie. Je suis actuellement candidat dans la 5ème circonscription parisienne, c’est-à-dire dans le 3ème et le 10ème arrondissement.

 

 

PdA : Quel cheminement personnel vous a conduit à vous engager de manière aussi active dans la vie politique ?

 

B.L. : Cette envie m’a été transmise à la fois par mes parents à travers leur parcours – je suis issu d’une famille modeste arrivée au début des années 60 en France - mais aussi par une envie forte d’assouvir une grande curiosité intellectuelle.

 

 

PdA : C'était il y a tout juste une semaine... Nicolas Sarkozy est battu, François Hollande sera le prochain président de la République. Comment avez-vous vécu cette journée ? Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez compris que le résultat ne vous serait pas favorable ? Dans quel état d'esprit êtes-vous, aujourd'hui ?

 

B.L. : J’ai été extrêmement triste et déçu. D’abord parce que depuis quatre ans, je me suis engagé à l’UMP en tant que Président des Jeunes Populaires avec la volonté de faire réélire Nicolas Sarkozy. Mais aussi parce que Nicolas Sarkozy a été une figure qui a structuré ma génération. Il a donné à beaucoup de jeunes l’envie de s’engager en politique et de défendre leurs idées.

 

Le sarkozysme, c’est pour moi le refus du renoncement, la volonté de réformer et d’être dans l’action. C’est pourquoi il faut aujourd’hui continuer à se battre pour les idées qui sont les nôtres et qui étaient celles défendues par le chef de l’État.

 

 

PdA : Comment expliquez-vous cette défaite ? Certes, vous me direz, et vous aurez raison, que des réformes difficiles, impopulaires ont été engagées. Que notre pays a subi durant une bonne partie du quinquennat les effets de la crise mondiale, et qu'il s'en est plutôt mieux tiré que d'autres. Voyez-vous malgré tout dans les racines de ce résultat des éléments de nature à vous inspirer des regrets ? Des choses qui, à votre niveau ou non, auraient pu, auraient dû être faites différemment ?

 

B.L. : Nous sommes dans la campagne législative et le temps de l’analyse n’est pas encore venu. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas une « envie de gauche » en France, que le score de la présidentielle était serré et que François Hollande est très loin d’entraîner une grande adhésion. Je doute même fortement qu’une majorité de Français approuve son programme présidentiel.

 

 

PdA : J'ai eu le sentiment que Nicolas Sarkozy a mené, surtout après le second tour, une campagne plus conservatrice qu'il ne l'est lui-même. Sur les valeurs (mariage homosexuel, euthanasie...), sur l'immigration, sur le vote des étrangers aux élections locales, il a clairement fait campagne "à droite". Certains diront que c'était là une stratégie visant à récupérer les voix des électeurs de Marine Le Pen. Certains membres de l'UMP, alliés ou ex-alliés du parti présidentiel ont en tout cas fait part de leur malaise vis à vis de cette ligne. Jean-Louis Borloo lui-même estime qu'il a manqué un "virage social" au gouvernement. D'autres ont stigmatisé un discours qui, d'après eux, diviserait les Français, voire les monteraient les uns contre les autres.

Vous êtes jeune, et compterez sans doute parmi les dirigeants futurs de votre formation politique. Avez-vous été  totalement à l'aise avec tout ce qui a pu être dit par les vôtres durant cette campagne ? Sans parler d'opposition, avez-vous des différences d'appréciation, une sensibilité qui pourrait vous conduire, sur certains sujets, à vous démarquer de l'opinion dominante au sein de votre parti ?

 

B.L. : Nicolas Sarkozy a fait le bon constat sur le besoin et l’envie de protection des Français : protection de nos emplois, de nos frontières, de notre industrie, de notre modèle social ou encore de notre modèle d’État-Nation. J’ai fait campagne à fond et je ne me renie pas. On nous annonçait tout de même des écarts de 10 à 20 points dans certains sondages, et alors que les gouvernements européens sortants ont été balayés avec des écarts majeurs, il n’aura manqué à Nicolas Sarkozy que 1,5 point.

 

 

PdA : Vous respecterez certes sa décision, mais souhaitez-vous à titre personnel que Nicolas Sarkozy demeure un leader actif au sein de l'UMP ? Quel bilan tirez-vous de son quinquennat ? Si le dynamisme et l'activisme de l'homme sont largement reconnus, sa personnalité, son image "bling-bling", d'"ami des riches" ont heurté nombre de Français de bonne foi. Il a été majoritairement impopulaire durant une bonne partie de son quinquennat. Que vous inspire cette perception d'une large part de la population ? Qui est le vrai Nicolas Sarkozy, celui que vous connaissez, que vous aimez ?

 

B.L. : Je suis persuadé que le lien entre les Français et Nicolas Sarkozy est très fort et au fond de moi, j’espère que l’histoire connaîtra de nouveaux chapitres.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur François Hollande, alors qu'il s'apprête à prendre ses fonctions ? De la manière la plus objective qui soit, et en mettant de côté le fait que vous ayez soutenu son adversaire, diriez-vous qu'il a les qualités requises pour être un bon président de la République ? Quelles sont ces qualités que vous êtes prêt, même "à la limite", à lui reconnaître ? Quel message souhaiteriez-vous lui adresser ?

 

B.L. : François Hollande est un homme habile qui a su obtenir les soutiens à gauche et à l’extrême gauche qui ont fait son élection.  Je désapprouve en revanche totalement le programme politique qu’il souhaite mettre en place : augmentation de 60 000 fonctionnaires dans l’éducation nationale, annulation de la réforme des retraites, droit de vote des étrangers aux élections locales… Je crois qu’il lui manque le dynamisme, la vision et la force qu’il faut pour être un grand Président de la République. Il se conduit jusqu’à présent en chef d’un clan.

 

 

PdA : Dans un mois, les législatives. Le contexte sera particulièrement difficile pour l'UMP. Après dix ans d'un large contrôle de la chambre basse, votre parti a perdu le Sénat, puis l’Élysée. Marine Le Pen, forte de ses 6,4 millions d'électeurs, compte bien vous compliquer davantage encore la tâche. Certains à votre droite estiment que l'on peut "parler" avec elle. Si l'on met de côté la face obscure du FN, dont les provocations douteuses du père, pensez-vous qu'il y ait sur le fond des possibilités de rapprochement entre vos deux formations ?

 

B.L. : Je pense qu’il n’y en a aucune. Jamais.

 

 

PdA : Vous êtes candidat à la députation dans la 5è circonscription de Paris. Comment résumeriez-vous, Benjamin Lancar, vos idées, votre projet ? Pourquoi êtes-vous LE député dont cette circonscription, dont la nation a besoin ?

 

B.L. : Je rêve de participer un jour à l’écriture de la loi de mon pays et de porter les réformes dont la France a besoin. Cette volonté est à l’origine de mon engagement comme candidat dans la 5ème circonscription.

 

Je crois aussi qu’il est essentiel d’avoir de jeunes députés qui puissent renouveler le parlement et la pratique de la vie politique. Je porte le message de mon parti, l’UMP, mais aussi des idées plus personnelles. Depuis 17 ans, la 5ème circonscription de Paris est dirigée localement et représentée nationalement par la gauche sans que la vie des habitants ne se soit améliorée : il est temps de changer.

 

J’ajoute que je me suis engagé à être un député à temps plein puisque si je suis élu, je démissionnerai de mon mandat de conseiller régional.

 

 

PdA : Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour tenter de les convaincre de voter pour un candidat UMP ou allié au mois de juin ?

 

B.L. : Les raisons de voter pour un candidat UMP aux élections législatives sont nombreuses. Il est impératif de garantir un certain équilibre des pouvoirs. Il n’est pas souhaitable de voir la gauche cumuler la majorité au sein des collectivités territoriales, de l’Assemblée Nationale, du Sénat et de l’exécutif.

 

Il est impératif d’empêcher la gauche d’obtenir les 3/5èmes au parlement qui leur permettraient de réformer la Constitution et d’y inscrire le droit de vote des étrangers aux élections locales.

 

Enfin pour tous ceux qui ne cautionnent pas le programme de François Hollande et qui ne veulent pas de l’augmentation des dépenses, d’un accroissement insoutenable de la dette qui nous rapprochait un peu plus de la Grèce, alors ma candidature et celles des autres membres de l’UMP est l’unique rempart à la mise en place du programme socialiste.

 

C’est aussi un premier et dernier moyen avant cinq ans pour pouvoir exprimer un message d’équilibre, de vigilance voire de résistance à François Hollande.

 

 

PdA : Quels seront pour vous les grands enjeux de ces prochaines années, pour la France, l'Europe ? Comment s'y préparer, y faire face dès à présent ?

 

B.L. : La résolution de la crise des dettes souveraines ; l’évaluation, le contrôle et la réforme des politiques publiques ; la promotion de l’innovation et des nouvelles technologies ; la réforme de la sécurité sociale ; la réforme du marché du travail ; la nécessité de créer un « big bang » du logement social ; la solidarité intergénérationnelle et la promotion des libertés individuelles sont pour moi les grands enjeux de ces prochaines années.

 

 

PdA : C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

 

B.L. : Je vois l’avenir de la France avec préoccupation et optimisme. Préoccupation parce que je crois que l’on est à un tournant de notre histoire et je crains que nos gouvernants actuels n’en aient guère conscience. De l’optimisme parce que la France à toutes les qualités pour s’en sortir. Il faut pour cela qu’elle fasse les bons choix et que ses dirigeants politiques aient le courage d’entreprendre les réformes nécessaires. Je crois nous vivons dans un très beau pays qui a tous les atouts pour le rester. En particulier, notre jeunesse par sa vitalité, son envie d’entreprendre et de créer, sera au cœur du changement de modèle économique et social que notre pays connaîtra.

 

 

 

Merci encore à Benjamin Lancar ! Bon courage pour ces élections ! Phil Defer

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 01/10/12

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28 mai 2012

Philippe Meirieu : "L'énergie est là. Nous allons avancer."

En 1998, Alain Auffray de Libération disait de lui qu'il était "le pédagogue le plus écouté de nos gouvernants". S'il ne fait pas l'unanimité, Philippe Meirieu est en tout cas une voix qui compte aujourd'hui et depuis longtemps dans le domaine de l'éducation. Il lui a consacré toute sa vie. En tant qu'enseignant, mais également en tant qu'auteur, "théoricien" en matière de pédagogie (l'art d'éduquer). Il a occupé plusieurs positions d'influence sur les questions d'enseignement et a effectivement été consulté, écouté par plus d'un gouvernant. En 2010, conscient de la force de la politique pour faire bouger les lignes, il accepte de mener la liste d'Europe Écologie lors des régionales en Rhône-Alpes. Avec près de 18% des suffrages exprimés, il réalise un score exceptionnel comme l'ensemble de la formation au niveau national. Europe Écologie est en position favorable avant la fusion avec la liste socialiste de Jean-Jack Queyranne pour le second tour. La majorité sortante reconduite, Philippe Meirieu devient le deuxième vice-président du Conseil régional. Il est chargé de la "formation tout au long de la vie", une thématique qui lui tient évidemment à coeur.

 

En 2012, il soutient Eva Joly pour la présidentielle. Le "contrat de mandature" entre le Parti socialiste et Europe Écologie - Les Verts l'investit comme le candidat officiel de l'alliance dans la première circonscription du Rhône (Lyon), une alliance estampillée "majorité présidentielle" après l'élection de François Hollande. Les forces en présence : Michel Havard, le député U.M.P. sortant, mais également Thierry Braillard, le candidat du Parti radical de gauche. Comme d'autres ici ou là, il refuse l'accord entre E.E.-L.V. et le P.S., dont son parti est pourtant traditionnellement l'allié le plus fidèle. L'opposant à M. Havard en 2007 sera donc normalement bien candidat contre Philippe Meirieu lors du premier tour des législatives, le 10 juin prochain. Lorsque j'ai contacté M. Meirieu pour lui proposer le présent entretien, cette situation était déjà connue. Je n'ai pas souhaité consacrer d'espace à ce "duel fratricide", qui occupe déjà une grande partie de la couverture médiatique de la bataille pour cette circonscription. Un grand merci à Philippe Meirieu pour les réponses qu'il a bien voulu apporter à mes questions, et pour la gentillesse dont il a fait preuve durant nos échanges par internet. Le premier tour, dans deux semaines... Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

PHILIPPE MEIRIEU

Vice-Président du Conseil régional de Rhône-Alpes (depuis 2010)
Candidat dans la 1è circonscription du Rhône

 

"L'énergie est là. Nous allons avancer."

 

(Photo fournie par M. Philippe Meirieu)

 

 

Q : 10/05/12

R : 28/05/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Le 6 mai, François Hollande est élu président de la République. Question toute bête, qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez appris la nouvelle ? Dans quel état d'esprit êtes-vous, aujourd'hui ?

 

Philippe Meirieu : J’ai été très heureux. Les derniers jours de la campagne de Nicolas Sarkozy m’avaient effrayé : il avait joué sur toutes les peurs possibles et déshonoré le débat politique. François Hollande a été non seulement digne et courageux, mais aussi rassembleur. Il a refusé toute démagogie et, même si j’estime que, dans certains domaines (comme la conversion énergétique ou la formation tout au long de la vie), il ne va pas assez loin, je dois dire qu’il force l’admiration... C’est un homme d’Etat résolument de gauche et qui permet d’espérer de vrais changements en profondeur. Je crois qu’il faut lui donner maintenant une majorité à l’Assemblée nationale et travailler inlassablement pour remettre la France sur les bons rails.

 

 

PdA : Élections européennes de 2009 : Europe Écologie réalise d'excellents scores et talonne, au niveau national, le score du Parti socialiste (16,3 contre 16,5% des suffrages exprimés).

2012... Votre candidate à l'élection présidentielle est Eva Joly, largement élue face à la star Nicolas Hulot lors de la Primaire de l'écologie. Pourtant, sa campagne ne décollera jamais vraiment, et son score sera finalement bien en deçà des espérances. (2,3% des exprimés) Mauvais choix de candidat ? Mauvaise campagne ? Mauvaise idée de participer à l'élection présidentielle ? Quel regard portez-vous sur cet échec ? Comment expliquez-vous ce score ? Ne risque-t-il pas de desservir votre cause, la cause de l'écologie, avec un "poids apparent" si faible ?

 

P.M. : Le score d’Eva Joly ne reflète en rien la force de l’électorat écologiste. Le rejet de Nicolas Sarkozy a poussé de nombreux électeurs à voter utile dès le premier tour. Et je peux les comprendre ! Quant à Eva Joly, elle a inspiré le respect et de très nombreux Français ont vu qu’elle osait poser des questions essentielles. Pendant l’entre deux tours, elle a été ovationnée chaque fois qu’elle apparaissait dans un meeting de François Hollande. Je crois que ce qu’elle a porté – les valeurs de l’écologie politique – va continuer à faire son chemin. Et je suis convaincu que les électeurs écologistes vont revenir à l’occasion des élections législatives.

 

 

PdA : Je laisse de côté la bataille que vous livre Thierry Braillard dans la première circonscription du Rhône, pour les législatives de cette année. Quel message souhaiteriez-vous adresser à ces électeurs lyonnais dont vous sollicitez les suffrages ? Pourquoi voter pour vous ? Plus généralement, pourquoi les Français doivent-ils, de votre point de vue, envoyer au Palais Bourbon un maximum de députés Europe Écologie - Les Verts ?

 

P.M. : J’ai l’honneur d’être investi, tout à la fois par le Parti socialiste et par Europe-Ecologie -  Les Verts. Je m’engage ainsi, tout d’abord, à me battre pour mettre en œuvre le contrat de mandature signé par nos deux formations... Mais je resterai un candidat écologiste, donc très attentif à la question des grands équilibres structurants : entre l’homme et la nature, entre les villes et les campagnes, entre les générations et entre les peuples. Je porterai les valeurs fondatrices de l’écologie politique : la solidarité plutôt que la concurrence, le modèle coopératif contre le modèle libéral, l’attention au long terme plutôt que la fuite en avant irresponsable, le souci des dynamiques locales et territoriales, la volonté d’une vraie décentralisation et d’un renouveau de la vie démocratique dans tout le pays à tous les niveaux. En matière d’éducation, je travaillerai à la reconstruction du service public et permettrai l’innovation pédagogique pour une vraie réussite de tous les élèves. Sur la formation qui me tient infiniment à cœur, je militerai pour une vraie “formation tout au long de la vie” qui ne bénéficie pas en priorité à ceux et celles qui ont déjà bénéficié de la formation initiale.

 

 

PdA : L'accord PS-EELV semble faire débat aujourd'hui. On ne sait plus vraiment qui il engage, et sur quels points. Vous serez sans doute, demain, si vous êtes élu député, un membre de la majorité parlementaire. Sur quels éléments vous baserez-vous pour juger, à la fin de la législature, le bilan du quinquennat ? Quels chantiers devront avoir été au moins entamés ?

 

P.M. : Cet accord est un accord de mandature entre deux formations politiques qui s’engagent à travailler ensemble dans plusieurs directions structurantes : dominer la finance et rendre le monde plus solidaire, mettre en place un nouveau mode de développement fondé sur la coopération plutôt que sur la concurrence, bâtir une République nouvelle et plus juste, restaurer les droits fondamentaux : droit à la dignité, au logement, à un environnement sain, à l’éducation et à la formation tout au long de la vie, à un emploi. L’égalité des droits doit remplacer la soi disant “égalité des chances” qui exonère la société de lutter contre les inégalités structurelles et pérennes au nom de la “chance” qu’elle donne à quelques “exclus” de s’en sortir ! Ce qu’il faudra avoir absolument entamé de mon point de vue : c’est la transition énergétique (engager la sortie du nucléaire, mettre en place une politique d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables), la restructuration du service public de l’éducation et de la formation tout au long de la vie (avec une vraie politique pour donner, enfin, plus et mieux à ceux et celles qui ont moins), une réforme fiscale (qui taxe autant le capital que le travail, qui fasse payer les pollueurs...) et une réforme institutionnelle qui limite drastiquement les cumuls qui sont une plaie pour la République.

 

 

PdA : Vous avez été enseignant, chercheur. Vous avez occupé de nombreuses fonctions importantes en matière d'éducation, de formation, et avez beaucoup écrit à ce sujet. Vous êtes une voix qui porte sur ces questions. Quel bilan tirez-vous de ce qui a été fait depuis dix ans au niveau de l’État ? De la région Rhône-Alpes, pour prendre un exemple local que vous connaissez bien (en tant que vice-président en charge de la formation tout au long de la vie) ?

 

P.M. : Nous avons travaillé depuis dix ans en résistance et, souvent même, en affrontement avec un système qui ne croyait plus dans les hommes et les femmes de ce pays, qui sacrifiait sa jeunesse et plaçait la “théorie du marché” au centre de tout. Très concrètement, à la Région, j’ai voulu mettre en place des formations en direction des jeunes les plus éloignés de l’emploi (il y a 97 000 jeunes dans notre Région sans formation ni emploi, soit plus d’un sur dix). Et j’ai dû faire des acrobaties incroyables pour pouvoir intégrer un volet social dans ces formations. En réalité, tout le système pousse à sélectionner les personnes les plus adaptées et qui ne vont pas créer de problème plutôt que de prendre les gens qui en ont véritablement le plus besoin. C’est la conséquence de la pitoyable politique du “pilotage par les résultats” qu’on voit partout, y compris dans les établissements scolaires et les universités : on choisit les meilleurs pour avoir de bons résultats et plus de financement ! Il faut changer tout cela en profondeur, avec une loi d’orientation radicalement nouvelle sur l’éducation et une autre sur la formation tout au long de la vie...

 

 

PdA : François Hollande a lui clairement fait de la jeunesse, de l'éducation, sa priorité numéro 1. Son projet va-t-il dans le bon sens ? Quelles seraient pour vous, dans l'idéal (si vous aviez une majorité "acquise à vos idées"), les réformes à entreprendre ?

 

P.M. : Outre un changement radical de la politique scolaire (qui relance les aides en faveur des zones d’éducation prioritaire, remette en place une vraie formation initiale et continue des professeurs, favorise l’innovation pédagogique au service de la réussite de toutes et tous), je voudrais qu’on établisse une “allocation de formation” pour tous les jeunes de 16 à 25 ans qui fassent converger les statuts d’étudiants, d’apprentis, de stagiaire de la formation continue, du service civique avec les bourses. Une allocation avec une part fixe et une part qui varierait en fonctions de la situation sociale. Aujourd’hui, les jeunes de 17 ans que la Région accueillent en formation touchent une “rémunération” de 130 euros par mois ! Qui peut vivre avec cela ?

 

 

PdA : Qu'est-ce qui, dans notre pays, dans notre monde, vous interpelle, vous révolte aujourd'hui ? Une cause sur laquelle vous souhaiteriez peut-être attirer notre attention à l'occasion de cette interview ?

 

P.M. : Je suis très sensible à la question des droits de l’enfant sur laquelle j’ai écrit un livre (Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui, aux éditions Rue du Monde). Aujourd’hui, chaque jour, en moyenne, plus de 260 000 enfants meurent dans le monde de décès qui, pour la plupart, auraient pu être évités. Près de deux milliards d’enfants subsistent, tant bien que mal, avec moins de 30 euros par mois. Plus de cent millions vivent dans la rue. Quatre cent millions sont exploités au travail, le plus souvent dans des conditions indignes. La prostitution infantile se développe impunément dans plusieurs pays. En Afrique, plus de cent quatre-vingt millions d’enfants n’ont pas accès à la moindre forme de scolarisation, et ce chiffre est en constante augmentation ! Enfants soldats, enfants esclaves, enfants otages, enfants abandonnés, enfants anémiés et maltraités, enfants victimes des épidémies et des mines antipersonnel… la liste est longue de nos malfaisances. Régulièrement, les organisations internationales en font le terrible constat et appellent à un sursaut : « La survie des enfants doit être au centre des efforts nationaux et internationaux visant à faire progresser l’humanité », affirme l’UNICEF dans son rapport sur La situation de l’enfant dans le monde en 2008. En vain, semble-t-il. Notre espèce continue à s’apitoyer devant les visages émaciés, les membres amputés et les petits cercueils alignés, sans, pour autant, trouver là la moindre raison pour interrompre ses affaires, mettre un terme à ses folies guerrières et à ses emportements mortifères. Tout juste consent-on à quelques oboles de temps en temps ! C’est quelque chose qui me révolte profondément !

 

 

PdA : Dernière question qui n'en est pas une... Une tribune libre pour vous permettre de conclure cet entretien comme il vous plaira. En abordant un sujet totalement ignoré jusqu'ici, en allant un peu plus loin sur un thème... C'est à vous !

 

P.M. : Je ne peux pas conclure sur autre chose que le sujet qui oriente aujourd’hui tout mon combat : les rapports de l’éducation et de l’écologie. Je crois donc que l’éducation est, tout à la fois, une manière de redonner du sens à nos existences et de changer le monde. Je crois qu’elle peut faire exister une promesse nouvelle : celle d’un partage qui ne soit pas pillage et d’une société enfin apaisée, capable de penser son avenir. Je le crois d’autant plus que j’observe, ici et là, l’émergence d’une foule d’initiatives éducatives, à l’école et sur les territoires, dans les quartiers et les médias, dans le tissu associatif et culturel, au carrefour des générations. Certes, les choses partent un peu dans tous les sens et pèchent souvent par naïveté. Mais l’énergie est là. Et nous allons avancer. Je vais tout faire pour cela en tant que député de la première circonscription du Rhône.

 

 

 

Nouvelle séquence : "L'invité en images"


L'invité choisit une ou plusieurs photos et nous les raconte...

 

 

https://storage.canalblog.com/67/29/871067/76131174.png

 

"Une photo prise Place Bellecour à l’automne 2010 où l’on me voit m’interposer entre les forces de l’ordre et les jeunes : j’explique aux jeunes qu’il ne faut pas céder à la provocation et tente de leur faire comprendre les enjeux politiques du moment..."

 

 

 

https://storage.canalblog.com/00/47/871067/76131176.png

 

"Une photo prise par moi-même et que j’aime bien : une rencontre étrange, dans une ancienne centrale thermique, entre une statue grecque et une machine électrique, rencontre entre le passé et le présent, rencontre que j’aime bien car ce sont toujours des rencontres imprévues entre qui naissent l’invention, la nouveauté, l’imagination..."

 

 

 

Merci encore à Monsieur Meirieu pour sa sympathie et sa générosité à mon égard ! Bon courage à lui, ainsi qu'à tous les candidats aux législatives de ce mois de juin ! Phil Defer

 

 

 

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Modification de la présentation de l'article le 21 juin 2012

 

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17 mai 2012

Grigori Michel : "Il faut porter un langage de vérité"

Le Président de la République François Hollande a nommé le 15 mai son Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault. La liste des membres du gouvernement (dont Najat Vallaud-Belkacem, qui avait répondu à mes questions à l'automne dernier) et a été rendue publique hier, le 16. Mais l'exécutif, bien loin de se reposer sur les lauriers de sa victoire, va devoir dès maintenant mener une nouvelle bataille décisive : celles des législatives. Et pour cause : sans majorité à l'Assemblée nationale, le président disposerait de marges de manoeuvre très réduites pour mettre en application les différentes mesures de son agenda. Une droite unie majoritaire en sièges ferait voler en éclat ce gouvernement. La gauche souhaite amplifier la "vague rose" du 6 mai. La droite appelle les Français à ne pas "donner tous les pouvoirs" au Parti socialiste, et se prend à rêver à une nouvelle cohabitation. La chambre basse sera renouvelée les 10 et 17 juin. J'ai décidé de donner la parole à cette occasion à quelques candidats. Le premier s'appelle Grigori Michel, il souhaite remporter le siège de la 6ème circonscription de la Haute-Garonne. Il est soutenu notamment par le Nouveau Centre (voir : l'interview d'André Santini en février). Il a 21 ans. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

GRIGORI MICHEL

Candidat dans la 6ème circonscription de la Haute-Garonne
 

"Il faut porter un langage de vérité"

 

Grigori Michel

(Photo fournie par M. Grigori Michel)

 

 

Q : 14/05/12

R : 17/05/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Pourriez-vous, Grigori Michel, vous présenter ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

 

Grigori Michel : Tout d’abord, j’ai 21 ans. Je suis actuellement en train de finir des études en master comptabilité et contrôle de gestion. Ensuite, je suis le président d’une association d’étudiants.

 

Dans le cadre de mon engagement associatif, j’ai été élu au conseil d’administration de l’IAE (Institut d’Administration des Entreprises).

 

 

PdA : Quel est le cheminement personnel qui vous a conduit à vous engager en politique et être aujourd'hui candidat à un siège à l'Assemblée Nationale ?

 

G.M. : Ma volonté de m’investir pour notre société, pour les générations à venir, guident mon engagement en politique. Ma génération n’a pas connu les Trente Glorieuses, nous n’avons pas connu non plus le plein emploi.

 

Il est temps pour nous de nous battre pour que la jeunesse et les générations à venir soient prises en considération. Je pense et je suis convaincu que cette bataille doit passer par un engagement citoyen tel que la politique et l’associatif.

 

 

PdA : Quelques mots sur la circonscription que vous souhaitez représenter pendant cinq ans ?

 

G.M. : Je me présente sur une circonscription rurale, agricole et péri-urbaine. Les attentes ne sont pas les mêmes en fonction de la zone habitée. Toutefois, je suis heureux de pouvoir trouver des points de convergence entre les uns et les autres.

 

 

PdA : Quelles sont les personnalités, célèbres ou non, vivantes ou non, françaises ou non, qui vous poussent, vous inspirent ? Qui constituent, en quelque sorte, "votre" Panthéon des grands hommes... et des grandes femmes ? Pourquoi ?

 

G.M. : Tout d’abord, je pense à Valéry Giscard D’Estaing qui a été le plus jeune président de la République française. Il a été aussi un grand réformateur.

 

Ensuite, je pense à Hervé Morin qui m’inspire au quotidien dans mon approche de la politique.

 

Je pense également à Barack Obama qui a eu le courage d’engager des réformes nécessaires pour son pays mais difficiles.

 

 

PdA : François Hollande vient d'être élu président de la République. Comment avez-vous vécu cette présidentielle ? Des réformes institutionnelles, notamment, touchant à l'organisation du pouvoir, vous paraissent-elles souhaitables ?

 

G.M. : François Hollande a été élu avec une importante participation des Français à ce scrutin. Toutefois, je ne crois pas en un vote d’adhésion au programme du candidat socialiste mais plutôt à un vote contre le président sortant.

 

De plus, je fais le constat que le paysage politique s’appauvrit face à ce bipartisme. Je pense qu’il est nécessaire de réintroduire une part de proportionnelle aux élections législatives afin que l’ensemble des sensibilités politiques puissent s’exprimer à l’Assemblée nationale. Il n’est pas normal que, dans une démocratie comme la nôtre, des citoyens ne soient pas représentés.

 

 

PdA : Comment concevriez-vous votre charge de député si vous étiez élu ? Sur quels critères devrions-nous, dans cinq ans, vous juger ?

 

G.M. : Tous les jours, je suis à la rencontre des citoyens en organisant des réunions publiques et en faisant du porte à porte. Tous les jours, je les écoute. Les Françaises et les Français ont besoin de s’exprimer.

 

Ils ont également besoin de réponses. C’est le devoir et la responsabilité des élus et des candidats d’aller à leur rencontre. Il est fini le temps où les politiques ergotaient entre eux derrières des bureaux. Je pense que l’on doit être évalué sur sa capacité à représenter les Françaises et les Français, par la présence à l’Assemblée nationale lors des débats et des commissions, et par la façon d’organiser la vie citoyenne sur sa circonscription notamment en sensibilisant les électeurs sur les lois votées et les rapports de commissions.

 

 

PdA : Finalement, pourquoi les électeurs de votre circonscription devraient-ils voter pour vous ?

 

G.M. : Les Françaises et les Français ont besoin de personnes qui incarnent une nouvelle façon de faire la politique. Il s’agit tout d’abord d’être proche des citoyens, sympathisants ou non. Ensuite, il faut porter un langage de vérité. La démagogie nuit à la politique et à l’institution républicaine. Je m’engage dans ce sens. De plus, ils ont besoin de changement. Ce changement s’exprime par la jeunesse.

 

 

 

Merci à Grigori Michel pour les réponses qu'il a accepté de me faire parvenir très rapidement. Bon courage, beau parcours ! Phil Defer

 

 

 

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Modification de la présentation de l'article le 21 juin 2012

 

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4 mai 2012

Michel Dinet : "Ce quinquennat aura fragilisé comme jamais les fondements mêmes de notre République"

En 2008, j'étais encore étudiant à l'université Lyon 2. En Master 2 Action économique et coopération des collectivités territoriales en Europe, une formation très enrichissante. Je profite de l'occasion pour rendre hommage à cette université de qualité, à ses enseignants surtout. Ils m'ont beaucoup appris, et j'en garde pour l'essentiel un très bon souvenir. J'ai la joie et le privilège d'être toujours en contact avec certains d'entre eux. Dans le cadre de cette formation, donc, il y avait notamment un cours d'introduction aux coopérations transfrontalières impliquant des collectivités territoriales françaises et des acteurs étrangers. Chaque étudiant devait traiter une frontière en particulier. J'avais été chargé de traiter le Luxembourg. Dans ce cadre, parallèlement à mes recherches, j'avais eu envie de compléter mon travail en utilisant les mêmes méthodes que celles qui avaient été les miennes depuis 2003 pour garnir mon webzine, mon forum puis, plus tard, ce blog. Essayer de contacter par internet une personnalité que je ne connais pas personnellement pour lui demander si elle accepterait de me livrer un témoignage, de répondre à mes questions.

 

Monsieur Michel Dinet, président socialiste du Conseil général de Meurthe-et-Moselle (code : 54, région : Lorraine, préfecture : Nancy) avait accepté de me répondre, avec une grande implication, une grande générosité. Il avait longuement évoqué pour moi les relations « déséquilibrées, difficiles à organiser et nécessaires » entre la Lorraine et le Luxembourg, l'interdépendance de ces territoires, les grands projets en cours et l'importance d'une redéfinition des rôles des acteurs français. Je publierai certainement, prochainement, cet entretien sur le blog, car il était très instructif. Quelques années plus tard, j'ai souhaité lui proposer un nouvel échange, pour Paroles d'Actu, cette fois. L'acceptation a été immédiate, la bienveillance inchangée. Un grand merci à Monsieur Dinet ainsi qu'à ses équipes. Nous sommes entre les deux tours de la présidentielle de 2012... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil DeferEXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

MICHEL DINET

Président du Conseil général de Meurthe-et-Moselle (depuis 1998).
Premier vice-président de l'Assemblée des Départements de France (depuis 2008).

 

« Ce quinquennat aura fragilisé comme jamais les fondements mêmes de notre République »

 

(Photo : L'Express.)

 

Q. : 26/04/12 ; R. : 04/05/12

 

Paroles d'Actu : Quel bilan faites-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ? Je pense notamment à une thématique qui touche particulièrement votre région, la Lorraine, à savoir : l'industrie ?

 

Michel Dinet : Le bilan du candidat sortant est lourd. Sur deux thèmes aussi majeurs que l’emploi ou les finances publiques, les échecs sont, hélas, retentissants.

 

Sur le front de l’emploi :

En cinq ans, le pays compte un million de chômeurs en plus, touchant désormais 10% de la population active. La Lorraine n’aura pas été épargnée, puisque l’emploi industriel a fortement reculé au cours de ce quinquennat, avec la perte de près de 20 000 postes. Sur les dix dernières années, 45 000 emplois industriels ont été détruits dans notre région. Sur ce point, la politique du candidat sortant aura été celle du renoncement, symbolisé par la plaque des promesses non tenues du président, installée par les salariés d’ArcelorMittal à Gandrange.

 

Sur la question des finances publiques :

Entre 2007 et 2010, la dette est passée de 64,2% à 82,3% du PIB. En 2012, après dix ans de gestion par le parti au pouvoir, le niveau de la dette atteint un record historique : la dette atteindra 1 800 milliards d'euros, deux fois plus qu'en juin 2002 (900 milliards).

 

En plus de l’échec des politiques menées depuis cinq ans, ce que je reproche avec force au président sortant est le soin porté au cours de ces années à susciter les clivages et les divisions, à désigner des boucs émissaires, à détricoter ce qui fait solidarité et lien entre nous. Ce quinquennat aura fragilisé comme jamais les fondements mêmes de notre République. La fin de la campagne ne fait que confirmer ce malaise lorsque, sous prétexte de parler aux électeurs, du Front national, le candidat sortant en légitime les thèses.

 

PdA : Dans notre système administratif, les départements sont en première ligne en matière d'interventions à caractère social. En tant que président du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, en tant qu'élu local, en tant que simple citoyen, comment vivez-vous la crise que nous traversons actuellement ? Quels sont ces "signes qui ne trompent pas" ?

 

M.D. : Vous faites bien de préciser que les départements sont en première ligne lorsque la situation économique et sociale se dégrade. C’est le cas depuis le début de cette crise en 2008, hier financière et, désormais, économique et sociale.

 

Les signes en effet ne trompent pas. La demande sociale est en forte augmentation. Le poids des trois allocations individuelles de solidarité ne cesse de progresser depuis le transfert de l’APA (allocation personnalisée d'autonomie, ndlr), du RSA (revenu de solidarité active, ndlr) et de la PCH (prestation de compensation du handicap, ndlr) vers les départements. Entre les recettes assurées par l’État (au moment du transfert) et la réalité des dépenses engagées par le département (dépenses obligatoires fixées par la loi), le décalage, à ce jour, est de 245 millions d’euros, à la charge du département - l’équivalent du tiers d’un budget annuel pour notre collectivité.

 

D’autres dispositifs, que nous pouvons qualifier de « témoins », sont depuis longtemps passés au rouge. Il s’agit de dispositif comme les aides d’urgence, en forte augmentation, les demandes d’intervention du Fonds de Solidarité Logement, avec une recrudescence des impayés de loyers ou d’énergie, une augmentation forte de bénéficiaires du RSA, mais aussi un accroissement de placements d’enfants mineurs. Nous oublions trop souvent que les premières victimes d’une crise sont les enfants. L’accroissement du nombre d’enfants placés témoigne ainsi des difficultés de nombre de parents et de familles fragilisés. Ces situations dramatiques sont le lot quotidien de nos travailleurs sociaux. Le poids des allocations individuelles de solidarité progresse aussi fortement...

 

En tant qu’élu local, ma responsabilité est de tout mettre en œuvre pour répondre aux besoins de nos concitoyens en difficulté. En tant que citoyen, je suis révulsé par cette dérive verbale faisant des chômeurs, des pauvres ou des immigrés les responsables de nos difficultés.

 

PdA : Le 22 avril, Marine Le Pen a réalisé un score historique pour le Front national : 6,4 millions d'électeurs. En Lorraine, elle dépasse nettement sa moyenne nationale, à quasiment un quart des suffrages exprimés. De par votre expérience sur le terrain, de par le dialogue que vous pouvez avoir avec vos administrés, comment expliquez-vous un tel score ? Vous inquiète-t-il ? Quelles peuvent être les solutions, d'après vous, pour faire baisser l'extrême-droite en France ?

 

M.D. : Je ne veux pas stigmatiser ceux qui ont choisi Marine Le Pen au premier tour. Il y a ceux qui sont sensibles aux thèses xénophobes et égoïstes. Il faut absolument combattre leurs idées. Il y a ceux qui sont en désarroi total. Après ce quinquennat, force est de constater qu’ils sont plus nombreux... Il faut les écouter, les entendre et parler avec eux, sans être démagogue. Il faut répondre au sentiment d’abandon et de déclassement qu’ils expriment.

 

Plus fondamentalement, il est impératif d'établir des liens étroits et plus dynamiques entre la politique nationale et les citoyens, pour que ceux-ci aient une compréhension du pouvoir national et de son lien avec leur quotidien. Dans une République décentralisée, cela passe par plus d'harmonie et de cohérence entre les politiques nationales et les politiques locales, entre État et collectivités locales. Le gouvernement actuel a fait l'inverse : haro contre les collectivités locales, les compétences locales, la fiscalité locale, etc…

 

Une République rassemblée, un État respecté parce que respectable (faut-il redire combien le vocabulaire même du président sortant a abîmé cette respectabilité...), des collectivités à qui l’État fait confiance, des citoyens écoutés et auxquels il est proposé de s'engager au service du bien commun... c'est la seule manière, à la fois, de répondre au désarroi qu'expriment les gens qui votent Front national, et de retrouver la sérénité dont notre République a besoin.

 

PdA : Cette élection présidentielle et ses résultats sont l'occasion de nous poser un certain nombre de questions sur l'état de notre société. Quels sont aujourd'hui, pour vous, les problèmes majeurs auxquels est confronté notre pays ? Comment y remédier ?

 

M.D. : Nous connaissons globalement les principaux problèmes auxquels notre pays est confronté. Les solutions préconisées par la gauche sont différentes de celle de la droite et, a fortiori, très éloignées de celles de l’extrême droite. Ceci dit, le candidat que je soutiens (François Hollande, ndlr) a placé au cœur de cette campagne présidentielle trois axes majeurs.

 

Le premier concerne la jeunesse. En permettant à la nouvelle génération de vivre mieux que la précédente, nous remettons au cœur de cette campagne l’idée de progrès. En d’autres termes, il s’agit de redonner confiance en l’avenir, en permettant à chacun de se projeter non pas dans un futur incertain mais dans un futur plus serein. Après ces cinq années passées, nous avons besoin d’apaisement et de sérénité pour « retricoter » tout ce qui a été abîmé, brutalisé. Ce premier axe touchera autant l’éducation nationale que les politiques de l’emploi.

 

Le second élément relève de la justice fiscale. Nos concitoyens sont prêts à faire des efforts pour peu qu’ils soient partagés et justes. La question fiscale est au cœur de la citoyenneté. Chacun doit ainsi pouvoir contribuer à la chose publique à la hauteur de sa capacité contributive. Cette réforme est donc impérative pour mettre fin à une inégalité fiscale devenue insupportable pour la majorité de nos concitoyens, qui ne peuvent échapper à l’impôt par divers dispositifs « d’optimisation fiscale » utilisés par les fortunés.

 

Le troisième axe touche à l’emploi. Avec plus d’un million de chômeurs supplémentaires, le pays souffre d’un chômage structurel qui n’est pas une fatalité. Il y a urgence à soutenir l’activité en réorientant une part importante des exonérations octroyées sans que les résultats soient au rendez-vous (heures supplémentaires défiscalisées devenues un frein à l’embauche, allégement de la TVA dans la restauration sans création d’emplois, etc...). Nous savons qu’une partie des solutions se décideront aussi au niveau européen. En indiquant qu’il renégocierait le traité européen avec la volonté d’y inclure une clause de croissance, François Hollande fait bouger les lignes des principaux acteurs européens.

 

PdA : "Retour" à l'économie... La crise de la sidérurgie ne cesse de faire partie intégrante de la vie de votre région, entraînant souffrances sociales et déséquilibres économiques. Quelle est la situation aujourd'hui ? Y'a-t-il de nouveaux grands projets en cours ? Quelles sont, à vos yeux, les clés pour recréer du dynamisme, produire à nouveau de la richesse, y compris industrielle, sur nos territoires ?

 

M.D. : La situation économique de la Lorraine reste particulièrement fragile. Je l’ai dit précédemment, l’emploi industriel a souffert, mais d’autres secteurs ont été touchés. Dans l’éducation nationale, par exemple, l’académie de Nancy-Metz a été la plus touchée de France, avec la suppression de 841 postes (dont 822 d’enseignants) en 2011. À cela s’ajoutent aussi les restructurations militaires opérées à partir de 2008 et ayant entraîné la perte de plusieurs milliers d’emplois, mettant à mal l’économie locale de proximité.

 

Malgré ces chocs, la Lorraine continue à posséder d’indéniables atouts. C’est tout le sens du travail que j’ai engagé, à la demande du président Masseret, au sein du Conseil Régional, à travers Lorraine 2020. Cette démarche a pour ambition de fixer un cap à atteindre pour la Lorraine, en s’appuyant sur ses atouts tout en essayant de traiter ses faiblesses. Plutôt que d’essayer de résumer imparfaitement tout le travail que nous avons engagé dans le cadre de Lorraine 2020 pour créer les conditions d’un autre développement pour demain, je vous invite à prendre connaissance de deux documents importants : les actes du séminaire de novembre 2011 et le programme d’actions qui en découle (en pièce jointe).

 

(M. Dinet m'a transmis deux documents, ne pouvant les joindre à ce texte, je vous propose le lien du site de la région traitant de Lorraine 2020, ndlr)

 

PdA : Pourquoi est-il souhaitable, à vos yeux, que François Hollande soit élu président de la République le 6 mai prochain ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les en convaincre ?

 

M.D. : Nous avons le besoin impératif d’une action publique redevenue sereine et attentionnée à chacun de ses citoyens et de ses territoires. Plus que jamais, notre beau pays de France, a besoin de fonder sa solidité sur trois piliers :

 

- celui d’un État respecté parce que respectable ; 

- celui des collectivités locales, mobilisées dans la diversité des territoires et considérées à nouveau comme acteurs du redressement de notre pays ;

- un troisième pilier dont on ne parle pas assez, celui de l’initiative et de l’engagement des citoyens, rassemblés pour que la solidarité d’engagement fasse écho à une solidarité de droit.

 

 

Je tiens à remercier de nouveau Monsieur Michel Dinet, ainsi que ses collaborateurs, pour ces réponses qui ont été rédigées et m'ont été transmises très rapidement, ce qui est d'autant plus remarquable que la période est politiquement intense... Merci pour tout ! Une réaction ? Un commentaire ? Nicolas alias Phil Defer

 

 

Times New Roman > Georgia : 30/09/12. Présentation remaniée : 30/03/14.

25 avril 2012

Paroles de campagne : Élection présidentielle, France, 2012 - La parole aux jeunes

22 avril. 20 heures. Le suspense prend officiellement fin. Des milliers de Français sont alors déjà au courant depuis une heure, presque deux, parfois. À l'heure d'internet et des nouvelles technologies, une loi de rétention de l'information, même légitime, a du mal à être totalement appliquée. L'affiche se déroule devant nos yeux. Le casting ne surprend pas grand monde. On s'y attendait. Et si, parfois, le doute pouvait s'immiscer dans notre esprit, les sondages étaient là pour nous ramener à la réalité. Hollande et Sarkozy sont qualifiés. Le Pen réalise un score historique, Mélenchon ressuscite la "gauche de la gauche", Bayrou déçoit. L'abstention, elle, est restée sous contrôle. Bref... Presque des éléments de détail dans ce système cruel où, même s'ils sont cinq à avoir approché ou dépassé les 10% des exprimés, au final il doit n'en rester que deux. François Hollande (soutenu par le PS et ses alliés), se paie le luxe d'arriver en pole position face au président sortant, Nicolas Sarkozy (soutenu par l'UMP et ses alliés). La cible ultime, la marche suprême, c'est le second tour, le 6 mai. Les compteurs sont remis à zéro, ou presque. 45% des électeurs qui ont souhaité se prononcer pour un(e) candidat(e) n'ont pas choisi l'un des finalistes. Ils devront pourtant faire avec ce choix. Je n'irai pas plus loin dans ce prologue. Les sondages de second tour, qui expriment des reports de voix, un rapport de force, une estimation de résultat probable existent. Ils sont abondamment commentés en ce moment, par des gens qui s'y connaissent bien plus que moi, et qui sauront en parler bien mieux que moi. Ce n'est pas l'objet de cet article.

 

Depuis 2003 (j'ai alors 18 ans), je prends plaisir à utiliser les possibilités que m'offre internet pour faire des expériences. Passionné par l'actualité, et notamment par la politique, j'ai depuis lors tenté de contacter pour un webzine, pour mon forum, puis pour ce blog Paroles d'Actu, des personnalités, des anonymes. Pour leur demander de commenter un grand événement, de me donner, surtout, leur point de vue. Sans montage, sans préjugé. En 2004, en pleine crise diplomatique avec la France, j'interroge des Américains sur le 11 septembre, mais également sur ce qu'ils pensent de nous autres Français. En 2011, idem, sur leur propre élection présidentielle de 2012. Dans les deux cas, le peuple américain n'est pas pris comme une abstraction, une généralité qui penserait unanimement telle ou telle chose. Le "panel" retenu n'est pas établi scientifiquement, il est le fruit du hasard. Mais il est très divers. Le résultat n'est pas présenté sous la forme d'une synthèse. Parce que je ne suis pas très bon dans cet exercice. Surtout, parce que ce n'est pas ce que je veux. Une synthèse, par définition, résume, simplifie, caricature, parfois, les positions. Les textes sont livrés tels quels. Mon objectif : donner la parole à celles et ceux qui veulent bien la prendre. Pour exprimer leur part de vérité. Leur sincérité, en tout cas.

 

Des sondages existent sur le vote des jeunes pour la présidentielle. Là encore, je ne cherche pas à les analyser, les commenter. Cette idée, je l'avais déjà à l'esprit depuis plusieurs semaines. Ca n'avait pas fonctionné jusque là. Au soir du premier tour de la présidentielle, je me suis lancé, de nouveau. J'ai souhaité interroger des jeunes (limite arbitrairement choisie mais pas strictement : 35 ans), intéressés par la politique. Pour leur poser des questions relatives à ce premier tour, au second, à leur regard porté sur la France d'aujourd'hui, celle de l'avenir. Parce qu'après tout, ce sont bien eux, les jeunes, qui sont l'avenir de la France. Toutes les décisions qui sont prises aujourd'hui, celles qui seront prises demain les concerneront plus que quiconque. J'ai utilisé Facebook, en particulier. J'ai posté plusieurs annonces. J'ai contacté des gens que je ne connaissais pas, mais dont le profil, les commentaires sur tel ou tel mur me semblaient intéressants. J'ai également proposé à des amis de répondre à ce questionnaire. Le résultat, vous allez pouvoir le découvrir. L'article sera vivant, il sera alimenté au fil de l'eau, à mesure que d'autres témoignages me parviendront. Il n'y aura aucun montage. Les premières réponses seront les premières à apparaître sur cette page. Un mot d'ordre pour cet article : le respect. J'espère que vous serez nombreux, contributeurs ou "simples" lecteurs, à lire ce document. Que vous prendrez le temps de lire les mots de celles et ceux qui ne partagent pas vos idées. Que vous n'hésiterez pas à interpeller ses auteurs, dans un esprit de tolérance. Il faudra bien qu'au matin du 7 mai, le peuple s'unisse autour de son président, qu'il se prénomme François ou Nicolas. Si cet article peut contribuer à favoriser la compréhension, le dialogue, en refusant tout amalgame, toute caricature... alors... mon objectif sera atteint.   Merci infiniment à toutes et à tous pour votre collaboration. Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas à me contacter !!! En tout cas... bonne lecture ! Phil Defer   DOCUMENT

 

 

Paroles de campagne

 

Élection présidentielle, France, 2012

 

La parole aux jeunes

 

https://storage.canalblog.com/32/02/871067/75112252.png 

 (Source photo F. Hollande : nouvelobs.com
Source photo N. Sarkozy : gala.fr)

 

 

 

 

QUESTIONNAIRE

Rédigé et largement diffusé le 24 avril

 

- Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

- Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

- Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

- Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

- François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

- Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

- Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

- C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

- Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

 

 

 

 

REPONSES

(PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE)

 

 

 

24 avril

 

 

Ahmed Laaraj

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Bonjour, je m'appelle Ahmed Laaraj, je suis étudiant à Montpellier. Depuis tout petit je suis engagé. J'ai toujours ressenti le besoin d'être utile, d'avoir le sens du service et du devoir. Mais mon véritable éveil à eu lieu en 2007. Je n'étais même pas encore en âge de voter. La ferveur de la campagne de 2007 a fait naître une flamme en moi. Je voyais déjà à cette époque que quelque chose s'était levé et que cette chose ne s'arrêterait pas, même en moi. J'ai tout naturellement rejoint le mouvement de Désirs d'avenir fondé par Ségolène Royal où très vite on faisait la place aux jeunes. J'ai animé le comité local de Montpellier (que j'anime toujours) avant de fonder avec Myriam El Yassa (qui elle anime le comité du Doubs) le collectif des jeunes de Désirs d'avenir. Avec ce comité nous avons coordonné la campagne jeune de Ségolène royal durant les primaires de 2011. Et aujourd'hui nous le développons, et ça marche !

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Le bilan de Nicolas Sarkozy ? Y'en a-t-il vraiment? Aucune réforme n'a été accueillie favorablement par l'opinion. Tout ce que le président a entrepris n'allait pas dans le sens de l'intérêt général. Je crois que l'ère du système Sarkozy restera un accident de l'histoire.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

J'ai un regard qui condamne l'état de la France et surtout ceux qui l'ont mise dans cet état, que ce soit la droite décomplexée qui tue à petit feu le service public et l'unité du peuple. Ou que ce soit le système bancaire, que les hommes politiques dans une grande couardise, ont laissé faire sans défendre le peuple qui les a mandatés pour la défense de nos intérêts communs ! Mais il n'y a pas de situation de non-retour. D'autres perspectives sont à donner, d'autres portes sont à ouvrir. Il y a des solutions pour remettre le Pays sur les rails de la croissance, de la rénovation. Il faut faire confiance en ce que j'appelle l'intelligence collective.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Oui je vais vous le dire, avec plaisir même si ça peut convaincre d'autres de mettre le même pour le second tour (rires). J'ai voté pour François Hollande. François a fait un très bon score. Il est arrivé en tête du premier tour avec une très forte participation, j'en suis très heureux.

Pour moi ce score s'explique par 2 raisons. Les Français ont besoin de croire et de participer à de nouvelles politiques, des méthodes plus proches d'eux et des réformes (du fait de leur participation et de la prise en compte de leurs opinions) plus adaptées à leurs attentes. Ils ont besoin d'être unifiés. Les Français se sont déplacés massivement avant tout pour adhérer aux projets portés par François Hollande. Ensuite, Nicolas Sarkozy a beaucoup déçu, ses politiques ont déçu, sa méthode, son style, c'est d'ailleurs l'arroseur arrosé. Il a voulu durcir le ton de sa campagne, son quinquennat fut un échec, le tout sécuritaire, la division des Français, le débat sur l'identité nationale, la réforme des retraites, les affaires de corruption au plus haut niveau de l'État, tout cela a contribué à une poussée de Marine Le Pen, je m'en désole, Nicolas Sarkozy a été un très bon directeur de la campagne de la présidente du FN. Mais les Français ne se laisseront pas avoir une seconde fois, et je crois qu'ils se déplaceront en masse, à nouveau pour le second tour pour voter François Hollande.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Commençons d'abord par Nicolas Sarkozy, je ne vais pas me répéter ça sera rapide. Il n'est pas le président qu'il faut, il suffit de voir son quinquennat pour le constater.

En ce qui concerne François Hollande, ce n'était pas mon candidat aux primaires citoyennes de l'automne dernier, il a repris pas mal de propositions de Ségolène Royal comme la banque publique d'investissement, la ré-intégration de l'année de formation des enseignants, redonner les moyens à la police et à la justice pour redonner les moyens aux forces de l'autorité d'assurer la sécurité et la cohésion de groupe des Français, la mutation écologique de l'industrie, la réforme bancaire avec la séparation de l'activité de dépôt et l'activité spéculative qui sera plus encadré, la fin du cumul des mandats... et j'en passe ! Il a réussi à me convaincre. Sur le style François Hollande ne sera pas un président de l'ostentatoire, il habitera sa fonction dignement et écoutera les Français. Je crois que ce sera un président aimé des Français.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Le message que je veux faire passer est simple, je veux m'adresser à vos lecteurs sous forme d'une question très simple : voulez-vous qu'on continue ou voulez vous qu'on change ?

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

La seule qualité que je reconnais à Nicolas Sarkozy est qu'il est bon orateur, il peut faire croire n'importe quoi. Mais après cinq ans de sarkozysme les Français ne se laisserons pas entraîner une seconde fois. Comment voulez vous qu'il nous rassemble alors qu'il n'a cessé de nous diviser. Même son propre camp il l'a divisé. Où sont Dominique de Villepin, Rama Yade par exemple sans oublier ses anciens ministres comme Hirsch, Amara, qui aujourd'hui appellent à voter pour François Hollande, qui est celui qui rassemble déjà !

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je la vois avec optimisme mais il suffit juste qu'on nous donne la parole. Il faut que les responsables politiques cessent de s'adresser à nous avec démagogie et infantilisation ils devraient plutôt nous responsabiliser, dans la société de demain nous devons avoir toute notre place car plus nous pourrons agir plus nous construirons une société adaptée aux générations qui nous suivront. D'ailleurs j'adresse un message à vos lecteurs, il faut qu'ils prennent part au débat, qu'ils donnent leurs idées, leurs opinions, qu'ils prennent des initiatives, qu'ils s'engagent, car sans nous la société ne vit plus ! Il faut voir les jeunes pour l’intelligence qu'ils peuvent amener aux débats et aux propositions et non pas seulement pour notre énergie même si nous en avons beaucoup à redonner ! Enfin nous, les jeunes, ne sommes pas un groupe isolé nous voulons être reconnu comme intégré à un processus normal de solidarité intergénérationnel.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Je voudrais clore cette interview par une citation : "Le prix de la liberté, c'est la vigilance éternelle" Thomas Jefferson

 

 

  

Jérémy B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Jérémy B., 23 ans, étudiant en master de science de l’environnement, du territoire et de l’économie à l’université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines. Président du mouvement politique Europe – Liberté et vice-président de la section française du mouvement européen Europe Démocratie Espéranto.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Une augmentation du chômage, une hyper-présidence méprisante et hautaine, une hausse insupportable des inégalités (des riches toujours plus riches, et de plus en plus de pauvres), des discours de plus en plus proche du Front National dans la haine et la stigmatisation de l’étranger et de l’immigré. Des ministres qui représentent très bien cette droitisation, comme Claude Guéant et Brice Hortefeux, ou encore de nouveau cadre de l’UMP comme Guillaume Peltier, ancien du FN puis du Mouvement National Républicain de Bruno Megret, et porte parole de Philippe De Villiers (MPF) aux présidentielles de 2007.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France, et plus globalement l’Europe vont mal. Les peuples sont désespérés, n’ont plus d’espoir, n’ont plus confiance. C’est l’un de nos principaux problèmes. Comment relancer notre économie si nos concitoyens n’y croient plus…

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon, justement parce qu’il était le seul à vouloir redonner l’espoir et la motivation nécessaire au peuple pour qu’on s’en sorte. Sa candidature, son dynamisme nous donnait l’envie de s’en sortir, de retrousser nos manches !

Concernant son score, 11,11%, il est décevant, soyons honnêtes, nous espérions tellement plus, même si un score à deux chiffres est déjà un bon score. Les resultats du premier tour révèlent deux choses, d’un côté un vote utile en faveur de François Hollande, et un vote contestataire contre-productif en faveur de Marine Le Pen. Finalement, Jean-Luc Mélenchon s’en sort bien avec 11,11%, car les discours d’Eva Joly, de François Bayrou, de Nicolas Dupont Aignan et même pourquoi pas de Jacques Cheminade, représentent probablement plus…

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Je pense que mon bilan sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy est assez clair pour savoir ce que je pense de lui politiquement.

Concernant François Hollande, il aura ma voix le 6 mai, mais sans trop d’espoir sur sa politique. Jean-Luc Mélenchon était véritablement le seul à pouvoir changer les choses. J’espère que François Hollande saura être à l’écoute des 4 millions d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon s'il est élu. J’espère aussi que François Hollande n’oubliera pas Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg qui ont été de bons soutiens et qu’il prendra en compte ceux qui ont voté contre la domination de la finance en votant Jacques Cheminade. Tout cela fait beaucoup de monde, et j’espère que M. Hollande ne les oubliera pas.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Comme je l’ai dit, je voterai François Hollande, mais je ne ferai pas campagne pour lui, je pense juste, et j’en suis même sûr, qu’il sera mieux que Nicolas Sarkozy, et que 5 ans déjà, cela a suffi à la France. Il faut savoir dire stop…

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Les qualités de Nicolas Sarkozy… ? Il parle bien, il est dynamique, il ne compte pas ses heures...

Par contre, je ne vois pas ce qui pourrait, a l’heure actuelle, unir les Français, et cela quel que soit le prochain président.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je suis politiquement de nature optimisme, le monde change vite, et il peut changer dans n’importe quel sens rapidement. Cela dépend des masses et de leurs motivations. La jeunesse, et le peuple en général peut reprendre le pouvoir, c’est une histoire de volonté. On l’a bien vu avec les grands rassemblements de Jean-Luc Mélenchon, il a su réunir des foules, avec des objectifs communs. Tout cela me rend optimiste…

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

J’ai envie de dire « retrouvez confiance en l’avenir, motivez-vous pour changer l’avenir, mais ne soyez pas naïfs, ne vous laissez pas faire, résistez ».

 

 

  

Lauréline M.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis Française, j'ai 24 ans, je vis à Montréal depuis 5 ans car l'employabilité est plus facile au Canada qu'en France, ainsi que le pouvoir d'achat ! Pour 700 euros, j'ai un 70m carré avec terrasse dans Montréal ! J'arrive à travailler à temps plein (35 heures par semaine) et à étudier à temps partiel (6 heures de cours par semaine + travaux) à HEC Montreal en DESS communications marketing.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Je tire un bilan très négatif du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le pays surtout vit dans la peur. Les médias terrorisent la population sur les sujets de la justice, l'immigration, la sécurité. Le pouvoir d'achat est toujours aussi bas. Avec le principe de travailler plus pour gagner plus, il n'y a pas plus de travail. J'entends que pour devenir professeur on enlève les cours de pédagogie et de gestion de classe pour privilégier des Masters ! Je trouve ça ridicule et terrible pour l'éducation des jeunes et pour les futurs professeurs ! La jeunesse n'est pas prise en considération : les manifestations des jeunes contre la hausse de l'âge de la retraite auraient dû être entendues et finir en referendum ! On ne prend pas en considération le peuple et les manifestations pacifiques ne servent plus à rien, c'est un droit bafoué !

Je vais rester sur ces grands sujets mais j'aurais plein d'autres négations à écrire.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France est très inégale ! Il y a plus de riches et plus de pauvres. Pourtant on sait que c'est la classe moyenne qui rend fort un pays. Nous sommes très nombreux pour un petit territoire ce qui n'est pas mis en valeur mais présenté comme un problème. Ce qui amène des problèmes de xénophobie. Le problème ce n'est pas la religion ou l'origine ethnique. C'est le manque de logement, l'appauvrissement de l'éducation, le manque de travail, la pauvreté qui est la vraie cause de l'individualisme et du non-respect des autres. Tout le monde pense très justement à sa propre personne car le gouvernement ne prend plus soin de lui ! Un président de la république doit être au service de tout son peuple. Il doit être à l'écoute de celui-ci aussi ! Aujourd'hui le gouvernement est sourd et aveugle, il est menteur et manipulateur en cachant les vrais problèmes.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'étais inscrite au Canada, et je suis en vacances de dernière minute en France donc je n'ai malheureusement pas pu voter au premier tour ! Mais j'aurais voté pour Francois Hollande. Il redonne de l'espoir. Il dit les vraies choses, il a un vrai programme ! Je suis contente qu'il ait réussi à être en tête du premier tour, mais c'est pas assez ! J'ai peur que le langage très juste de Francois Hollande soit trop "intellectuel". Les Français préfèrent que l'on leur parle de leur pouvoir d'achat et de leurs petites personnes avec un langage populaire et c'est pour cela que Marine Le Pen a obtenu un si haut score.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Je pense que Francois Hollande veut amener l'espoir avec une politique socialiste qui amènera vraiment le pouvoir au peuple, du mieux qu'il peut car il partira avec une France brisée. Je pense qu'il est le leader d'une très grande équipe, de personnes très intelligentes. Il sera un très bon coordonnateur et pour moi c'est le vrai métier d'un président.

Nicolas Sarkozy est comme un empereur ! Il est très charismatique mais c'est seulement un beau parleur ! Je déteste le reste de son gouvernement où les ministres sont tous plus pourris les uns que les autres. Je respecte seulement Fillion le premier ministre qui essaie de réparer les pots cassés. Je ne dis pas qu'il n'a pas essayé de redresser la France, mais il n'a pas réussi et il a aggravé les choses. Si on est pas au même niveau que le reste de l'Europe c'est que l'on était mieux que les autres avant la crise. Où est passé la France de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ? Envolée !

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Je vais voter Francois Hollande, pour le changement, pour l'espoir, pour redonner le pouvoir au peuple et pas aux aristocrates. Pour que le Parti socialiste trouve des solutions à cette crise du peuple contre les systèmes bancaires. En votant Hollande, c'est la manifestation la plus efficace que l'on puisse faire pour changer le gouvernement. On a un droit de vote important en France puisque notre vote compte directement dans le résultat ! Je souhaite que les gens croient en la France révolutionnaire. Pourquoi ne pourrions-nous pas redevenir le pays le plus influent en Europe ? Le modèle sociale-démocrate fait déjà ses preuves dans les pays scandinaves qui sont les mieux en Europe.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Si Sarkozy reste au pouvoir la France deviendra encore plus faible, sans droits sociaux ! Les gens vivront mais comme aux Etats-Unis avec des très pauvres et des très riches, en espérant être dans le bon camp ! C'est triste et peut-être qu'une grande révolution, ravageuse, créera le changement avant la fin des cinq ans.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je vois l'avenir de la France de façon positive si on redonne le pouvoir au peuple ! Si on redonne aux Français le pouvoir d'achat, avec l'emploi, la croissance, la gratuité de l'éducation, de la santé et de la justice ! Il faut beaucoup d'espoir et de travail d'équipe. Je crois en la jeunesse avec les médias sociaux et l'échange de l'information, de la vraie information. La génération Y, nous arrivons à un âge où nous allons pouvoir nous exprimer et être entendus dans le système capitaliste aujourd'hui ! Les 20-35ans, c'est à nous de jouer !

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

L'éducation est la plus haute des priorités à avoir. Pour la jeunesse, pour l'emploi ! Mais quand je parle d'éducation, je parle d'apprentissage d'un métier et de culture générale. Je ne pense pas qu'il faille des professeurs avec des masters ! Je ne crois pas qu'il nous faut seulement des avocats et des médecins. Il faut de tout pour faire un monde, il faut respecter les métiers et arrêter l'elitisme en France ! Il faut créer des emplois et créer un apprentissage qui y correspond. Avec des contingents ? Peut-être. En créant des écoles mixtes de classes sociales, de races et de religions, on va apprendre aux gens à se respecter. Il faut miser plus sur l'école comme une deuxième éducation aux jeunes tout en gardant les droits de liberté, égalité et fraternité en priorité. Merci de m'avoir lue !

 

 

  

25 avril

 

 

John S.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis né à Paris, j'ai 24 ans et je termine mes études cette année. Je possède la double nationalité : Française et Suisse. J'ai vécu à Paris jusqu'à mes 10 ans puis ensuite durant cinq ans j'ai vécu à Londres et enfin je suis parti faire mon lycée en Suisse. Actuellement je suis installé à Londres.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Le bilan de Nicolas Sarkozy est à première vue mitigé. Mais à y regarder de plus près il s'en tire pas trop mal. Certes, la politique sociale n'a pas été assez abordée mais vue la conjoncture actuelle la marge de manœuvres était très faible. Un président de la République doit prendre des décisions dans l'intérêt national et c'est obligatoirement impopulaire aux yeux de beaucoup de citoyens.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

L'état de la France est ce qu'il est. Il y a tout dans ce pays pour en faire le pays le plus agréable du monde. Mais on a du mal a accepter les vérités, on a du mal a changer et on est beaucoup trop naïf. Notre devise en est le reflet. Il est difficile de classer par ordres d'importance les problèmes les plus graves car pour chaque individu ce ne seront pas les mêmes. Les problème sociaux qui découlent des problèmes de l'emploi sont les plus visibles. Mais c'est du côté de l'économie qu'il faut se tourner si on veut pouvoir résoudre ses problèmes. À partir de ce constat, le problème numéro un est la santé financière de notre pays. Une personne en mauvaise santé pourra toujours essayer de faire du sport, de vivre comme si de rien n'était, de travailler dur, mais elle ne sera jamais à 100% et un jour ou l'autre, le fait d'avoir laissé la maladie prendre le dessus, sera inéluctable. On doit donc mettre son amour propre de côté et s'attaquer à l'économie de notre pays avec des priorités (vouloir relancer une économie sans avoir lutté contre le déficit puis la dette est un coup d'épée dans l'eau).

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Le 22 avril j'ai voté pour M. Sarkozy. Pour moi cette élection aurait dû être une élection économique avant tout. De ce point de vue, les extrêmes (gauche et droite) sont complétement hors-jeu. Le centre est trop « light » et peu convaincu. La gauche et son socialisme a comme vertu d'étaler la misère entre tous (ce qui, à mes yeux, n'est pas une solution viable) sans parler que tirer un pays vers le bas donne juste l'illusion que les disparités et inégalités ne sont plus (sous entendu que la situation serait devenu bonne pour tous). Puis reste la droite, qui a du mal à s'assumer, qui est trop timide mais qui de par ses relations et son intérêt pour l'économie limite la casse. J'ai donc voté pour le candidat le moins pire. L'herbe n'est pas toujours plus verte chez le voisin, pas question pour moi de me dire « allez, comme au casino, tentons l'autre candidat et qui sait... ».

Le score de Nicolas Sarkozy est logique . Il y a une « Sarkophobie » voire une cabale (sans devenir paranoïaque) hallucinante qui est bien réelle en France. Il est de toute façons plus facile de détruire que de construire, plus facile dans un contexte de crise jamais vue depuis 1929 de vouloir « changer » sans se poser la moindre questions. Les Français subissent la crise, mais ce n'est rien comparé à la Grèce, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal et certains pays d'Europe de l'Est. Il y a beaucoup de candidats (trop je ne sais pas) et comme on pouvait s'y attendre en traversant cette crise, les extrêmes ont fait de bons scores. Sans parler du fait que, la finance ayant était pointée du doigt, les Français, qui ne s'intéressent déjà pas à l'économie, ont naturellement écarté le seul candidat traitant des sujets économiques avec un minimum de sérieux (i.e. le candidat UMP).

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

J'ai un oncle qui a été maire d'un petit village pendant plus de 25 ans. Je pense que malgré son âge (78 ans) il pourrait se présenter quand on voit le « bagage » de M. Hollande. En arriver à en déduire que même Mme Royal était plus sincère et se présentait vraiment en croyant bien faire pour l’intérêt du pays, comparé à Hollande, c'est dire la désillusion. J'aurais aimé DSK. Pour l'avoir eu en conférence à plusieurs reprises, c'est avec Mme Lagarde, l'homme Français le plus performant concernant l'économie. Sarkozy confirme encore une fois qu'il est toujours présent dans un tel moment, il se donne à 150%, c'est un bon orateur et ses idées sont bonnes. Mais l'homme qu'il est, est tellement détesté, qu'il ne peut tenir sa ligne de conduite. C'est dommage.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Le 6 mai je voterai Nicolas Sarkozy. Je souhaite qu'il puisse continuer, en prenant des décisions courageuses, à maintenir à flot le pays puis à le relancer. Et surtout, cette élection est à sens unique si on est un minimum sérieux. Que ce soit en UK, aux USA, en Allemagne ou même en Chine, Hollande laisse totalement indifférent. Il sera avec Mélenchon, Joly, Sapin, Montebourg, Duflot, Royal et Aubry mis à part des décisions internationales dés que ce sera possible. Il ne leur restera que la possibilité de faire plaisir pour cinq petites années au peuple en baissant encore les 35H, en augmentant le SMIC, en recrutant à tout va des fonctionnaires dans l'espoir de redonner de l'espoir et de faire baisser de 0,1 point le chômage. Les étrangers qui sont le fonds de commerce du PS auront des droits dans l'espoir que leur nombre puisse installer durablement ce parti à l'Elysée. Je suis inquiet et c'est parce que j'aime mon pays. Je pourrais être égoïste et souhaiter (voire même voter pour) Hollande car je suis installé à Londres et pour moi tout va bien. Mais j'aime trop mon pays où tous mes ancêtres ont vécu pour faire cela. Et traverser cette crise comme cela pour au final anéantir tout les efforts consentis, ce n'est que remettre à plus tard ce qu'il faut faire.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Ce ne sont pas des qualités, mais Hollande montre au grand jour son côté sympathique voire comique. Sarkozy est aussi quelqu'un d'agréable mais en privé uniquement. Hollande est plus attirant car Sarkozy est desservi par un fort caractère. Bref, le candidat PS n'a à mes yeux aucune qualité si ce n'est cette apparence joviale. Même dire qu'il est gentil et ne fera rien de mal n'est pas possible vu les systèmes qui sont mis à jour au fur et à mesure par la justice française concernant le Parti Socialiste. Et puis il suffit d'aller discuter avec des anciens d'HEC Paris pour comprendre que si Hollande n'a jamais rien entrepris si ce n'est aller derrière Mitterrand quand le vent tourné, ce n'est sûrement pas maintenant, avec une future responsabilité si lourde, qu'on peut s'attendre à un changement.

Je ne suis pas politicien et il y a bien longtemps que j'ai compris que, hormis ses missions régaliennes, la politique est au service de l'économie, de la finance, du « business ». Je ne vois pas ce qui peut unir tous les Français si ce n'est l'envie d'un pays meilleur (qui comme je l'ai déjà dit plus haut possède tous les atouts pour être un pays fabuleux). Le problème est qu'il faudrait penser à l'avenir, et en élisant un socialiste alors que le plus dur va peut être se retrouver derrière nous, je repense inévitablement à Mitterrand, à Jospin, qui dans des périodes propices n'ont rien fait pour assurer un minimum l'avenir. Je redoute des cadeaux qui se révéleront nocifs. Protéger le futur d'un système social envié dans le monde entier ne passe pas par le rendre encore plus élastique et dépensier.

Seule l'envie de réussir, d'entreprendre et d'évoluer pourra tirer la France vers le haut. Au final c'est sûrement au peuple et au peuple seulement que revient la lourde tâche de relancer « la machine ». Et malgré les différences je veux croire que c'est possible.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Il faut toujours être optimiste sans jamais se voiler la face. J'ai passé des mois dans des salles de marchés à me former, j'ai été au plus près de ce monde décrié qu'est la finance en pleine période de crise. L'esprit critique est ce qui manque aux anglo-saxons et c'est ce qui pénalise les Français qui en ont trop. Le juste équilibre c'est de croire en l'avenir de la France tout en gardant à l'esprit qu'il faut être exigeant. Beaucoup de bonnes idées existent en France mais elles sont mal exploitées. Il faut un cadre souple et flexible avec des contreparties qui ne donnent pas le sentiment d'être puni quand on réussi. Le monde est en perpétuelle évolution, nous ne sommes pas seuls et même si l'Europe m'inquiète il faut résoudre ce problème pour ensuite aller de l'avant. On est sévère avec notre pays mais je sais qu'on est loin d'être les plus en danger.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Pour conclure je saluerais votre initiative qui en laissant la parole librement à des citoyens du monde entier permet d'avoir un regard différent sur divers sujets. Le savoir est une arme et s'enrichir permet de la recharger.

 

  

 

Laura C.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Laura, 23 ans, actuellement en licence pro métiers de l'immobilier, et envisageant de poursuivre en master 1 puis de me tourner vers le métier d'huissier.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Au niveau étudiant, une baisse drastique des bourses (malgré l'instauration du 10ème mois) et ce sans changement de ressources au niveau du calcul de la bourse. La réforme de l'université qui n'a rien changé.

Au niveau général, des réformes impopulaires mais, je pense, nécessaires (retraite...).

Une assez bonne présence à l'international.

On a globalement mieux réussi à surmonter la "crise" que nos voisins.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Très clairement, nous sommes en difficulté (chômage, logement...). Le problème le plus grave est bien évidemment le chômage en général. Au niveau des jeunes on le ressent bien (bac +5, trop qualifié, bac+3, pas assez... et quand on a le diplôme il faudrait 10 ans d'expérience pour être pris...). Au niveau des seniors également le problème est de taille.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'ai voté pour Marine le Pen. Elle réalise un bon score. Je me bats au quotidien pour affronter les clichés du militant "tout sauf FN" de base tels que "t'es raciste" (ah ? y'a des races chez l'être humain ? je savais pas) etc... Le "vote contestataire" n'est pas mal non plus... Le "parti facho" encore plus : s'il est si facho que ça, pourquoi n'est-il pas interdit ? Le front de gauche, les drapeaux de l'URSS et le retour du communisme, qui a fait plus de 50 millions de morts, ça choque personne, par contre... Bref, je reprends !

La campagne n'a pas été très intéressante dans son ensemble, les faux débats organisés à la télé étaient une blague... On nous prend vraiment pour des imbéciles.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

L'un est trop mou et incapable de prendre des décisions claires (Hollande), l'autre retourne sans arrêt sa veste et enchaîne les énormités ("Je n'ai pas baissé les bourses", "Le FN faut pas cracher dessus, mais je vais quand même dire aux électeurs de voter pour moi"). Hollande n'a clairement pas la stature pour gouverner le pays (le New York Times le dit aussi, c'est pas non plus Gala quoi...)

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Je ne voterai pour aucun des deux car ni l'un ni l'autre ne représente ce que je pense. D'ailleurs, les (ex) candidats qui donnent des consignes de vote ne sont, à mon sens, pas dans leur rôle : les électeurs peuvent choisir seuls !

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Une qualité chez Hollande ? Il a maigri. Rien ne peut unir des gens fondamentalement opposés politiquement (front de gauche : tu ne votes pas Mélenchon, je te dénigre, etc). Les législatives permettront peut-être de dégager une majorité.

La lutte contre le chômage peut éventuellement intéresser tout le monde.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

J'aimerais la voir avec optimisme, mais ce n'est pas possible.

Le taux de chômage des jeunes diplômés est aberrant (cela sera sans doute pire avec Hollande), on nous demande un bac+5 et 5 ans d'expérience alors qu'on sort de formation ! Et quand bien même on a le bac +5, on nous sort qu'on est trop qualifiés. Le monde de l'entreprise devrait être en vrai contact avec les instances s'occupant des programmes de la fac afin de faire des programmes cohérents. ("histoire de la pensée" en fac de droit, c'est une matière qui va beaucoup servir dans le monde du travail...)

Il faut redorer le blason des formations qu'on dit "pour les nuls", comme les CAP, BEP, bac pro... Ces formations sont demandées, à juste titre, car on manque de main d'oeuvre. Il n'y a pas de sot métier. L'apprentissage à 14 ans est pas mal dans le sens où des gamins qui n'aiment pas l'école pourraient être "cadrés" par le monde de l'entreprise et faire quelque chose de plus vivant que de suivre des cours.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Baaah... Votez, pour qui vous voulez, mais votez !

 

 

 

Morgan B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Morgan B., étudiant, 20 ans.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy est très bon par rapport à nos voisins européens ! Nous sommes, après l'Allemagne, le pays européen qui s'en est sorti le mieux de ces crises sans précédent. Nicolas Sarkozy a démontré sa force, sa détermination, son courage et sa lucidité ! Le Président de la République a oxygéné notre pays notamment dans les comptes publics, première fois depuis 30 ans que l'on vote un budget qui diminue.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Le 22 avril 2012, j'ai évidemment voté pour Nicolas Sarkozy. En effet, c'est le seul candidat capable de redresser notre pays, le seul qui a une expérience solide, une expérience de crise. Oui Nicolas Sarkozy sait faire face à une crise.

Son score du 1er tour est très positif ! Certes il n'est pas en 1ère position mais l'élection présidentielle en France ne se fait pas sur 1 tour mais bien sur 2. Attendons donc le 2ème tour pour tirer une conclusion.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Je pense que François Hollande est un candidat alors que Nicolas Sarkozy est un Président-candidat. Cela change tout ! On a deux figures : une qui a déjà été plusieurs fois ministre et qui a été élu Président de la République, et puis une seconde figure qui masque son bilan calamiteux de la Corrèze ! Eh oui, François Hollande est le Président du département le plus endetté de France. Depuis qu'il préside ce département, la dette a augmenté de 25%, les taxes ont doublé, etc. Bref François Hollande ferait mieux de se taire quand il parle du bilan de Nicolas Sarkozy. Il oublie que celui de son adversaire est positif comparé à son bilan corrézien.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Le 6 mai je voterai assurément pour Nicolas Sarkozy car il faut choisir entre une France forte et une France molle. Je préfère la première.

Tous ceux qui sont indécis, toux ceux qui ont voté Marine Le Pen, toux ceux qui souhaitent voter blanc, tous ceux qui souhaitent voter François Hollande, je les invite très vivement à bien réfléchir avant de voter. Voter ce n'est pas choisir sa baguette de pain chez son boulanger, c'est choisir son Président de la République pour 5 années. Méfiez-vous ! Dites oui à 3 débats entre Nicolas Sarkozy et François Hollande parce que les débats permettent aux Français de délimiter celui qui est le plus habile pour gouverner la France.

 

 

 

26 avril

 

 

Mederic P.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis un lycéen de la région parisienne passionné d'Histoire.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Un bilan plutôt négatif même s'il est marqué par de bonnes réformes et que la crise atténue la responsabilité du Président.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Une France incapable de s'adapter à la mondialisation à cause d'une fonction publique pléthorique, des syndicats contre-productifs voire nocifs et une démocratie qui devient petit à petit plus pourrie.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'aurais voté pour le candidat Nicolas Sarkozy ou le candidat François Bayrou. Je suis plutôt content du score de Nicolas Sarkozy bien que déçu qu'il fasse moins que François Hollande. Je suis aussi déçu par la faible adhésion qu'a suscité François Bayrou alors qu'il défendait des thématiques fondamentales comme la dette. En général, les scores élevés des extrêmes m'inquiètent même si je suis sastisfait que les voix se portent plus à l'extrême droite qu'à l'extrême gauche.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

François Hollande est dans la position inconfortable du remplaçant et son inexperience est inquiétante. Il fait aussi preuve de mauvaise foi dans sa critique du bilan du Président Sarkozy alors que la dette de son département a explosé dans les mêmes proportions que celle de la France. Nicolas Sarkozy a le tort d'avoir un côté très "bling-bling" mais c'est surtout sa façon de parler qui me dérange par son côté un peu ridicule. Pourtant il entreprend des réformes qui vont, selon moi, dans le bon sens même s'il va très rarement au bout de celles-ci.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Si je pouvais voter, je voterais sans hésitation Nicolas Sarkozy pour faire barrage à François Hollande à cause de son inexperience mais surtout à cause de la ligne politique du PS qui reste très "bolchevik" et qui se trouve beaucoup trop éloignée des sociaux-démocrates européens. En outre, la situation actuelle requiert un président avec une bonne entente Franco-Allemande et une ligne politique claire avec les autres dirigeants européens. Je suis aussi séduit par de nouvelles propositions comme la réforme de la formation pour les chômeurs ou la TVA sociale.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

J'ai noté récemment une phrase de Hollande qui disait qu'il fallait flexibiliser le marché du travail, j'ai été en outre agréablement surpris par le début d'interêt pour la compétitivité des entreprises même si ses propositions ne m'ont pas convaincu. Je note aussi qu'il a tendance à faire des compromis entre les différents partis bien qu'il ait plutôt tendance à ne pas agir et à rester dans le statu quo.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

J'imagine l'avenir de façon plutôt pessimiste car la fuite des cerveaux et des riches à l'étranger risque d'être une vraie catastrophe pour la France. Et puis elle a déjà dû subir des décisions catastrophiques comme les 35h ou la retraite à 60 ans. Je n'imagine pas non plus François Hollande appliquer son programme et j'ai très peur que ce soit les marchés qui finissent par dicter notre politique comme en Grèce ou en Espagne.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

C'est la première campagne que je suis, et c'est vraiment une déception pour moi, surtout la primaire socialiste qui renforce la bipolarisation de la politique française ou l'absence d'affrontement sur le fond des sujets.

 

 

 

Julien H.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

J'ai 23 ans, j'ai grandi en province, dans une famille de la partie inférieure de la classe moyenne, qui vote traditionnellement pour le PS. J'ai obtenu une licence inutile, j'ai un boulot alimentaire à Paris et je galère tous les jours avec les RER. Je cherche à intégrer une autre formation, dans l'espoir d'avoir plus d'avenir. Côté politique, ado j'étais très intéressé, aujourd'hui le mot qui correspond est "désillusion".

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Un bilan plutôt négatif. Toutes ses décisions et réformes n'étaient pas mauvaises, mais il a mérité son impopularité, entre sa politique agressive, ses mensonges, son culte de la performance, les fausses solutions apportés par sa majorité, sa surexposition médiatique et compagnie. Je n'ai pas l'impression que toutes ses décisions aient été faites dans l'intérêt de la France.

Il n'a pas seulement continué à ruiner la France comme ses prédécesseurs, il a cassé ses institutions, surtout éducatives et culturelles, des institutions particulièrement importantes au bien-être d'une nation selon moi.

Et puis j'ai le sentiment que ses ministres ne servent à rien, qu'il donne les ordres et que les autres obéissent comme des gentils toutous. D'ailleurs, la longue partie de chaises musicales qui a eu lieu entre les ministères renforce cette opinion. Ce n'est pas ce que j'attends du Président de la République Française.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La misère grandissante (matérielle et culturelle) et la xénophobie (exacerbée par la misère, les médias et la politique de M. Sarkozy), qui empêchent toute "unité nationale".

Il n'est pas normal que dans un pays développé certains renoncent aux soins, n'aient pas de logement, ne puissent pas se nourrir correctement,...

Je suis métis mais je suis né et ai toujours vécu en France (métropolitaine). Quand j'étais gamin, j'entendais parfois parler dans mon dos et je sentais les regards. C'était malsain parce que les gens se cachaient à moitié, mais aujourd'hui c'est limite une fierté pour certains Français d'être xénophobes, même s'ils n'ont absolument aucune raison personnelle de l'être.

Ça contraste avec la beauté de notre pays et la qualité de notre cuisine.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'ai voté pour Eva Joly, qui a réalisé un score ridicule (sans surprise, pour diverses raisons). Je n'étais pas d'accord avec tous les points de son programme mais dans l'ensemble ça me plaisait bien. Pour moi, elle est la seule candidate qui semble avoir des principes et qui a l'air sincère dans sa démarche.

J'aurais voulu voter Hollande, j'espérais qu'il dirait ou ferait quelque chose qui me convaincrait, mais ça n'est pas arrivé. Le personnage ne me plaît pas (les autres candidats non plus d'ailleurs), j'aurais préféré DSK ou Martine Aubry. Alors j'ai voté pour ce qui me semblait juste.

Ce premier tour a été sans surprise. À peu de choses près, les sondages nous l'avaient annoncé, ce qui me fait questionner la légitimité des sondages en période électorale.

Je suis assez inquiet des scores de l'UMP et du FN. Je ne comprends pas un tel choix. A moins d'être militant d'un de ces partis, ça n'a pas de sens. L'UMP de M. Sarkozy est une droite dure, dont les propos se rapprochent de ceux du FN (il le prouve encore ces derniers jours). Pendant ce temps, le FN joue sur le terrain de la gauche (temps de crise oblige), tout en gardant ses idées rétrogrades.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

À mon avis, leurs motivations ne sont pas les bonnes, et ils se ressemblent plus qu'il n'y paraît. Mais Nicolas Sarkozy a fait son temps, et déjà Ministre de l'Intérieur il me donnait de l'urticaire. François Hollande doit encore faire ses preuves.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

François Hollande. Aujourd'hui Sarkozy joue la victime, l'homme volontaire et bienveillant, mais ce n'est pas ce qui transparaît de son mandat.

La France a besoin de changement, de courage politique. Voter pour François Hollande, c'est donner enfin à la gauche les moyens de montrer de quoi elle est capable. On lui a reproché, à tort ou à raison, son inefficacité, mais cela fait 10 ans que nous avons un gouvernement de droite.

Et on aura beau me dire que François Hollande a ruiné la Corrèze (déjà ruinée avant lui), je pense que le contexte économique et la différence de statut l'obligera à la prudence et à s'appuyer sur des personnes compétentes en la matière, qu'elles soient plutôt de droite ou de gauche. Ce n'est pas une question d'"ouverture" mais plutôt de patriotisme, et c'est d'ailleurs le vrai rôle d'un Président de la République : placer les bonnes personnes au bon endroit dans l'intérêt du pays.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Je suppose qu'on peut lui attribuer des qualités en matière de leadership et des talents de comédien (donc il s'adapte bien pour communiquer), mais j'ai du mal à imaginer une quelconque unité des Français dans un futur proche (ou même dans cinq ans).

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je suis plutôt inquiet. Si on continue comme ça, on fonce droit dans le mur. Mais je continue d'espérer que ça s'arrange et c'est pour ça que je vote.

Il y a beaucoup à faire. Il faut que nos gouvernants fassent preuve de courage politique, qu'ils assument toutes leurs responsabilités, tous leurs devoirs, qu'ils arrêtent de nous donner des leçons qu'eux-mêmes ne suivent pas. Il faut qu'on mette un peu d'éthique dans la politique d'aujourd'hui, qu'on arrête de se complaire dans notre situation en brandissant notre prestige passé. Il faut sortir du système binaire droite/gauche, UMP/PS, et avoir le courage de chercher de vraies solutions alternatives. Aujourd'hui il nous faut un État prudent mais interventionniste, tout en ne tombant pas dans le nationalisme parce que la donne a changé (un équilibre complexe, j'en conviens).

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Dans une crise, on peut se laisser tomber ou se relever. Si nos dirigeants ont des devoirs envers nous, nous nous devons de leur montrer la voie à suivre (et pas en faisant tout le temps des grèves ridicules ou des votes de protestation inconscients).
L'éducation est essentielle au bon équilibre d'un pays, elle donne à chacun une chance d'aller plus loin, d'être épanoui, elle réduit (autant qu'elle peut) les inégalités.

Je déplore aussi l'absence de l'écologie dans ce premier tour. Je comprends que d'autres difficultés occupent les Français aujourd'hui – j'en ai moi-même –, et en toute honnêteté je ne suis pas un bon petit écolo parce que nos dirigeants ne montrent pas l'exemple, mais je suis convaincu que c'est un problème urgent, qui, s'il est traité comme il se doit, peut apporter des solutions à d'autres problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.

Nous avons un pays tellement beau, il serait dommage de tout gâcher.

 

 

 

27 avril

 

 

D. Binh L.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je m'appelle D. Binh L., 27 ans, célibataire. Je suis vietnamien de naissance et je suis venu en France en février 1992 grâce aux regroupement familial. Je suis consultant IT (ingénieur en informatique) dans une entreprise spécialisée en progiciel pour la finance d'entreprise et en hébergement d'applications. Je viens de Lyon mais je travaille à Paris. J'ai étudié à Lyon, Grenoble et enfin Paris. Bien que je pratique un métier très technique, je m'intéresse beaucoup à l'histoire, la politique, l'actualité économique et sociale de manière générale.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Je dirais qu'il n'a pas tenu ses objectifs et ce dans beaucoup de domaines. Pour l'économie, je peux pas vraiment lui en vouloir avec la crise mais pour le reste ce ne sont que des effets d'annonces sur le moment. Je n'ai pas vraiment vu mis à part une réforme des retraites extrêment molle un projet sur le long terme mais surtout ambitieux. Si on prend par exemple un domaine dont je suis particulièrement renseigné : l'enseignement supérieur, les réformes de Pécresse ne vont pas du tout dans le bon sens et on sent le gouvernement prêt directement à se coucher face à la pression des syndicats. Donc aucune mesure néessitant beaucoup de courage comme la remise en cause de l'accès sans sélection à l'université, le travail monstrueux à faire sur l'orientation des jeunes et sur les conseillers d'orientation et bien sûr le besoin de réformer les méthodes d'enseignement. Pourquoi en France, les gens sont aussi nuls en orthographe, en Anglais alors qu'il suffit de franchir la frontière pour voir comment les pays voisins n'ont pas ce problème mineur. Un aussi grand et puissant pays avec des problèmes aussi absurdes, cela ne présage rien de bon pour le futur de la France.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Je n'ai pas pu voter car j'ai un problème au travail enchainé par des problèmes de transports, dont le résultat est que je n'ai pas pu retourner à Lyon pour voter. Mais sinon j'allais voter François Bayrou. Pourquoi ? Simplement, pour moi, son programme économique semble être le plus crédible avec une diminution drastique des dépenses. C'est le seul candidat qui insistait sur le mot "EFFORT". Oui, les autres candidats pour moi ne disaient que ce que les gens voulaient entendre sans prendre en compte la réalité. Bayrou fait aussi du populisme comme tous les politiciens de métier mais c'était le seul pour moi qui proposait un programme qui imposait aux Français de vraiment faire des efforts. Je pense donc que c'est la principale raison pour laquelle il n'a pas fait un très gros score.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Deux politiciens de métier. Hollande est quasiment aussi hypocrite que Sarkozy dans son discours. Lui qui dit qu'il n'aime pas les riches alors qu'il touche 30K/mois, qui accuse Sarkozy de dîner au Fouquet's alors qu'il va manger une salade à 150€... Et qui entre les deux tours prend le TER... Il cherche donc à se construire une image de citoyen moyen alors qu'il n'a, à ma connaissance, jamais travaillé dans le privé et est dans la classe la plus aisée.

Sarkozy est la personne qui ne réagit qu'à l'instant présent, selon les faits divers de manière générale. Sans compter le fait qu'il magouille pour ses amis sur le dos de l'État (mais ça à la rigueur n'importe qui le fait). Non, son principal défaut est qu'il énonce le problème, mais ne propose qu'une réformette et des lois qui ne servent à rien. Les exemples les plus frappants sont les propositions qu'il fait sur le tas après des faits divers comme à Grenoble. Bien sûr rien n'est fait derrière, il n'y a que l'effet d'annonce.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Vote blanc sûrement mais ce n'est pas encore définitif. Pourquoi ? La réponse se trouve dans mon opinion des deux candidats. Entre une personne président du département le plus endetté de France et qui se permet de donner des iPads à des collégiens (en tant qu'informaticien quand je vois ça c'est assez choquant mais bon le nombre d'articles ou d'histoires sur les gaspillages de l'argent public...) et une autre pas capable d'assumer ses choix et qui change d'avis comme de chaussettes...

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Aucun des deux ne peut réunir les Français. Il y a un tel anti sarkozisme primaire sur l'extrême gauche qu'il ne pourra pas rassembler tout le monde. Pour Hollande, le PS est associé à tort ou à raison à l'antinationalisme donc il ne pourra convaincre les gens à droite de la droite de manière générale.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Plutôt pessimiste. Il y a, dans ce pays, un vrai manque d'adaptation par rapport au monde. Je pense que les gens ont tellement été bercés par l'état providence qu'ils n'acceptent pas du tout de voir la réalité en face et chacun campe sur sa position rendant les réformes très difficiles (éducation nationale, santé, retraite, etc.). Moi qui ai vu la vraie pauvreté au Viêt-Nam, je pense que les gens devraient voyager davantage afin de prendre conscience des efforts à faire.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Je dirai que je suis extrémiste ou plutôt conservateur dans le genre Eric ZEMMOUR. Je suis en partie d'accord avec ce qu'il dit (pas économique mais surtout dans son analyse sociale). J'attache de l'importance aux valeurs traditionnelles au niveau de mon mode de vie mais surtout à la logique qu'il y avoir dans notre société. Il y a un modèle qui dure depuis des siècles et qui a plutôt bien marché, pourquoi tout remettre en cause pour des futilités...

Quand je vois qu'Hollande dire que le mariage et l'adoption pour les homo est une priorité, on voit le niveau de la campagne.

 

 

 

28 avril

 

 

Cédric B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Bonjour, je m’appelle Cédric B., je suis étudiant dans la Loire. J’étudie dans le domaine de la programmation informatique. Le vote est un acte citoyen et il est pour moi important de voter. On devrait même le rendre obligatoire comme en Belgique. Le vote est le moyen de s’exprimer et de choisir celui à qui on accorde notre confiance. La politique me déçoit un peu car je trouve que les politiciens promettent beaucoup pour au final ne rien faire, ou agir pour leurs propres intérêts.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a certes fait augmenter la pauvreté en France, mais il a plutôt bien géré le pays face à la crise. Il s'est beaucoup intéressé aux riches. En 2007 il avait piqué les idées principales du Front National mais au final qu’a-t-il fait… Pas grand-chose.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Je trouve que la France est en danger, qu’elle s’éloigne de plus en plus et qu’on la perd. Notamment sur une partie de la population d’immigrés musulmans qui insultent les valeurs de la République. La France est aujourd’hui un pays d’assistés. Si on vient de l’étranger et qu’on vit en France la moindre des choses serait de la respecter et de respecter les citoyens qui y vivent. Alors, quand on voit par exemple des gens cracher sur le drapeau français ou le brûler... Je pense même, pendant cette élection, à une image lors d’un meeting de Jean-Luc Mélenchon, où l'on a pu voir un drapeau algérien à la place d’un drapeau français. Je trouve cela vraiment déplacé. Ils veulent qu’on les respecte, mais avant qu’on les respecte, qu’ils commencent déjà par respecter les Français avant de dire qu’on est raciste, car c’est bien eux les plus racistes. Qu’on nous oblige par exemple à prendre leurs habitudes alimentaires notamment dans les cantines scolaires avec le soi-disant « HALAL », je trouve ça vraiment dégueulasse, on est en France et NON en ALGÉRIE. Le problème le plus grave actuellement, c’est l’identité nationale et résoudre le trop plein d’assistanat. J’ai fait un voyage aux États-Unis et j’ai réellement vu la différence de mentalité. Là-bas, ils sont patriotes, ils respectent leur pays. Ici, rien de tout ça. Je suis pour un système similaire au leur. Tu travailles pas, t'as rien. Tu travailles, t'as tout. Ici, tu travailles pas, t'as tout, et tu gagnes même plus que quand tu ne travailles pas, j’aimerais que cela change.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J’ai voté pour Marine le Pen car je pense qu'elle est la seule à pouvoir relever le pays, le réveiller. Faire en sorte qu'il y ait une égalité réelle en France. Son score est historique mais je pense et j’espère que d’ici dix voire cinq ans on ait un parti d’extrême droite au pouvoir, pour faire un énorme boulot.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Sarkozy = Français Riches
Hollande = Français Pauvres et augmentation de l’assistanat et donc de Français flemmards

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Sincèrement pour moi c’est soit Sarkozy soit vote blanc. Hollande je ne pense pas qu’il soit assez fort mentalement pour être président. Peut-être que je me trompe. Aucun des deux ne me va.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Sarkozy est un beau parleur. Il y a des idées de François Hollande qui me plaisent mais est-ce qu'il faut prendre le risque pour autant ? Cinq ans, ça peut être très long et on peut s’en mordre les doigts. Ce qui peut unir les Français c’est la Justice, le développement du patriotisme. Le respect du français.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Personnellement, j’espère que cet avenir sera positif... mais bon seul l’avenir nous le dira.

 

 

 

Clément C.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Clément, 18 ans, militant PS, défendant Valls a la primaire, pour une union libérale et républicaine.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Sarkozy, élu par le peuple, il sortira par le peuple... Bilan : c'est les profondeurs abyssales, mauvais et sans aucun progrès.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auxquels notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France va mal, mais elle se débrouille grâce a une force des mouvements sociaux extraordinaire. Le plus grave problème reste la suppression d'un fonctionnaire sur deux, surtout dans les domaines de la santé et de l'éducation.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J'ai voté Hollande. Le score est historique.

Le danger n'est pas Marine, le danger n'est pas le FN, le danger c'est les discours de haine qui sortent de la bouche de républicains qui pourtant luttent contre le fascisme et le racisme !!!

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Hollande n'est pas le messie, c'est pas Cheminade, mais Sarkozy c'est pas un génie, il faut le sortir...

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Il faut voter Hollande pour deux raisons simples, Sarkozy c'est la suppression d'une semaine de congés payés, et la diminution des aides sociales. Il faut de l'argent pour vivre et consommer. La consommation, c'est la clé de l'emploi.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

L'unification c'est les législatives. Le Front de gauche et les forces de gauche devraient faire liste commune pour lutter contre le FN.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Hollande c'est la solution a court terme, il faudra bien penser a sécuriser les marchés sans les affaiblir. Hollande le fera, mais il faudra y être plus fort et il n'aura pas le temps. Valls devra prendre le relais pour rétablir en quinze ans la France détruite par vingt-cinq ans de droite.

 

 

 

29 avril

 

 

Boris Y.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je suis étudiant en Master 2 d'Architecture à Paris, je viens toutefois de "la province" comme on dit ici. J'ai vécu dans le sud la plus grande partie de ma vie. J'en garde un certain attachement...

J'aime le sport et j'ai peu de patience pour la masturbation intellectuelle qu'on pratique dans les écoles d'architecture.

Dans la vie, j'ai toujours eu le cul entre deux chaises, je n'ai pas vécu dans une cité, mais j'y ai étudié jusqu'au bac... Avec ma mère, nous ne roulions pas sur l'or, jusqu'à ce que j'hérite à 18 ans et qu'elle atteigne la retraite, j'ai vécu à Paris jusqu'à 8 ans puis j'ai déménagé dans le Sud, ma mère m'a poussé a faire une carrière universitaire mais moi ce que j'aime c'est le sport, pas vraiment riche, pas vraiment pauvre, pas vraiment du sud ni du nord, mi intellectuel mi prolo...

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Un bilan catastrophique à tout les niveaux, en dehors du service public français dont les réformes ne sont pas encore pleinement visibles (la réforme sur les universités, sur le système de santé).

Il a fait des choix stupides sur le plan géopolitique : l'engagement en Afghanistan et en Irak sont incompréhensibles !?

Ce qu'on retient c'est surtout le brouhaha médiatique sur chacun de ses faits et gestes mais surtout l'impunité dans laquelle il agit, entre les scandales Bettencourt, Takiddine, l'affaire de l'EPAD ou encore le renvoi de Porte et Guillon... Rien ne semble le toucher, c'est l'expression même de l'impunité.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

À mon sens, la dette publique, et le monopole des banques privées (et donc des marchés) sur la dette publique puisque la loi interdit aux états d'emprunter directement à la BCE.

La dette, c'est ce qui grève le budget de l'État, c'est qui nous pousse à augmenter les impôts et réduire le service public.

L'immigration, c'est un problème mineur qui pourrait être réglé facilement avec un peu de volonté publique mais qui occupe une place majeure sur le plan médiatique, l'inverse de la dette quoi...

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Pas de problème, j'ai voté Mélenchon, sans illusion (je ne suis pas communiste), j'ai voté anti-système, parce que l'UMP et le PS sont deux "machines à élections" corrompues (affaire Guérini, DSK, Frêche). Son score m'a beaucoup déçu car cela montre que les préoccupations des Français ne sont pas sur la dette mais sur d'autre chose, des mesure "bouche trou".

Si je ne connaissais pas le "passé raciste" du FN, j'aurai très bien pu voter pour eux. D'ailleurs ça m'énerve beaucoup quand on tape sur le FN, l'UMP et le PS sont (très) loin d'être au dessus de tout reproche.

Le problème c'est que la gauche ne veut pas régler la question de l'immigration, et la laisse à la droite (en général), c'est ce qui explique le score de Le Pen au premier tour. Il est clair qu'il faut s'attaquer à l'immigration clandestine, on ne peut plus accueillir autant que pendant les Trente Glorieuses, ou alors, aux dépens de notre système public (éducation, santé, administration).

Les gens qui sortent le discours anti-raciste paternaliste, ils habite rarement à Aubervilliers, Trappes, ou d'autres villes ou quartiers sinistrés... ils vivent dans leur bulles où tout le monde est gentil, la réalité est plus complexe...

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Un génie médiatique et un homme de l'ombre qui se retrouve par hasard sous les projecteurs... Des fois, je me demande pourquoi mes amis de droites sont tant hostile à Hollande, il ne propose rien de fou, c'est presque un programme de centre droite...

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Je ne pense pas voter, par conviction.

Honnêtement, je pense que ce qui pourrait arriver de pire à Sarko (voir Marine), ce serait de se retrouver au pouvoir, avec le bilan qu'il se taperait en dix ans, on retrouverait peut-être une vrai gauche dans cinq ans. Moi Sarko ne me fait pas peur, il ne pourra jamais mettre en place ce qu'il annonce, sa campagne est devenue une vente à la criée...

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Sarko ? Un très bon orateur (moins que Mélenchon) et un génie médiatique... La fameuse phrase parlant de passer "la racaille au Kärcher", c'était un coup de génie, il a dit tout haut un mot que les hommes politiques n'osaient pas prononcer mais qui était entré dans le langage commun depuis dix ans...

Les Français sont unis, ils suffit d'un match de coupe du monde gagné pour que tout d'un coup, tout le monde soit Français et fier de l'être, qu'on oublie les différence sociales ou "ethniques". On est unis dans la douleur de la crise et ce n'est pas le discours plein d'amalgame du FN/UMP qui prouvera le contraire. Après, je suis d'accord avec la droite quand elle dit qu'on donne la nationalité française trop facilement. Si on écoute "la gauche" il n'y a que 5% d'immigrés en France mais si on prend la définition de l'ONU, on atteint 11%. Le droit du sol est une belle chose, mais cela devient ingérable...

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je suis très pessimiste et je pense m'expatrier, quand je vois le salaire de mes amis diplômés après cinq ans d'études, je peux vous dire que je ne travaillerai pas pour le smic avec un bac+5, alors qu'en Suisse ou au Canada, on touche deux fois plus... Je parle anglais couramment et allemand un peu, je compte bien m'en servir.

Sarko nous a vendu le contrat auto-entrepreneur, dans ma branche, beaucoup de jeunes l'utilisent, ça permet aux agences de réduire leur charges sur leurs employés, certains disent que c'est mieux que le chômage, seulement, quand on est auto-entrepreneur, on n'y pas droit justement, au chômage...

Moi je suis protectionniste, pas forcément par rapport à l'immigration mais surtout par rapport à l'industrie et l'agriculture, quand les paysans en sont à décharger les camions qui remontent d'Espagne pour montrer qu'ils n'en peuvent plus, il y a un problème. Moi, que l'industrie aéronautique française s'effondre, je m'en fous, c'est pas Dassault qui fait manger les Français...

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Je pense que le système politique actuel est arrivé à bout, pourquoi les extrêmes font-ils un score aussi grand sinon ? Les gens en ont marre de voir scandale sur scandale sans aucunes conséquence.

À ma connaissance, pas un seul homme politique n'a fait de la prison (ferme) depuis le début de la 5ème république, de l'affaire du sang contaminé à Charles Pasqua en passant par Chirac et d'autres, pas un seul n'a fait un jour de prison, ils sont mis en examen, condamnés à des peines avec sursis puis remis dans le système politique (Juppé, Hortefeux, et j'en passe... DSK prochainement probablement).

La politique est devenue un grand cirque médiatique qui tourne au ridicule, il ne faut pas se méprendre, les gens en sont conscients, mais qui a le temps de changer les choses ? Il y a 10% d'abstention en moins pour ces élections, mais ces voix ne sont allées ni au PS ni à l'UMP... Ce sont les voix de la contestation.

La prochaine étape, c'est l'arrivée du FMI dans nos finances comme en Grèce, ça me fera peut être rire jaune... je ne sais pas encore.

Je voudrais vous remercier de m'avoir donné la parole, à mon sens, c'est avec la presse indépendante, les blogs et les nouvelles technologies que les choses changeront, l'important pour moi, ce n'est pas de changer le système politique mais de donner conscience de la réalité de l'état de notre pays.

 

 

 

1er mai

 

 

Vincent B.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Bonjour, je suis un auvergnat de 26 ans, expatrié dans la région Rhône-Alpes depuis déjà cinq ans. Je suis actuellement à la tête d’une équipe de vingt personnes dans les secteurs de l’action sociale et du logement au sein la fonction publique territoriale.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

En cette période de crise, il est vrai que les chiffres sont assez durs avec Nicolas Sarkozy. Toutefois, lorsque je tire le bilan de nos voisins européens et de la situation américaine, je constate que la politique de Sarkozy a limité la casse. De plus, dans un monde dans lequel les équilibres changent (montée en puissance de l’Asie, fin de l’hégémonie américaine, Printemps Arabes, poussée du terrorisme, percée de tous les extrêmes…), Sarkozy a montré une « France Forte », intransigeante avec le terrorisme (FARC, AQMI...), soutien du réveil démocratique des peuples (Libye, Syrie, Egypte, Tunisie…), allié de poids avec les USA et pilier de la construction Européenne (jamais la France avait tant pesé dans la construction de l’Europe…)

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Aujourd’hui, les Français savent qu’ils vont devoir se serrer la ceinture en attendant la fin de la crise économique mondiale. Je suis confiant car je crois que les grandes réformes initiées par le duo Sarkozy / Fillon (retraite, grenelle, universités…), permettront de limiter les effets de la crise et relancer une économie plus « verte » et ouverte aux jeunes.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J’ai voté Sarkozy. C’était la première fois pour moi car j’avais voté Bayrou (puis blanc) en 2007. Nicolas Sarkozy est arrivé second, je pense que ce résultat montre que les Français ont voulu sanctionner la personnalité de Sarkozy. Il a mis du temps à trouver une stature présidentielle et il le paie aujourd’hui. Toutefois, depuis deux ans, il incarne cette France Forte nécessaire à la sortie de crise.

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

Hollande, Sarkozy et Bayrou incarnent le pluralisme politique, la présence de deux d’entre eux au second tour est une très bonne chose pour notre démocratie.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Sarkozy car sa politique économique est bien ficelée, nous avons besoin de continuité pour sortir de la crise. Le programme économique socialiste est brouillon, leurs hésitations entre un idéal idéologique et la réalité économique peuvent être dangereuses pour la France (cf Mitterrand entre 81 et 82).

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

Je ne suis pas anti-Hollande, c’est un progressiste, j’adhère à son discours sur le vote des étrangers et son positionnement concernant le mariage homosexuel et je compte d’ailleurs sur les centristes de l’UMP pour assouplir le positionnement de la droite sur ces questions.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

La situation mondiale me fait peur, la montée de l’extrémisme et du terrorisme m’inquiète… Je crois que l’Europe va jouer un rôle primordial ces prochaines années pour réguler le nouvel ordre mondial. Il nous faut donc une Europe forte et en paix… Il faut limiter les divisions, surmonter la crise économique est donc essentiel !!!

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Choisissez une France Forte   ;-)

 

 

 

5 mai

 

 

Morgan F.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Morgan, 20 ans, de Strasbourg. Longtemps passionné par le camion rouge, je deviens jeune sapeur pompier et désirant en faire mon métier je m'oriente dans la voie professionnelle, misant tout sur la pratique, en préparant un BEP Sanitaire et Social. Mais suite à des problèmes de santé je me vois contraint de me réorienter. Ayant comme autre passe-temps le dessin, je m'oriente alors dans la nouvelle formule qui est le bac pro 3 ans, en préparant le baccalauréat technicien du bâtiment étude et économie, que j'ai eu la chance de préparer par la voie de l'apprentissage, ayant comme objectif d'intégrer l'école d'architecture de Strasbourg. Durant mes études, j'ai été confronté à un professeur qui affichait son opinion politique en cours. Ne partageant pas ses convictions, j'ai commencé à m'investir dans la politique en rejoignant l'UMP.

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est un homme que je respecte, et qui est beaucoup respecté dans le monde. Son dynamisme, son ouverture et son courage sont des qualités qu'on ne peut lui contester. En 2007, beaucoup de promesses ont été faites, beaucoup de Français ont été déçus par tant de promesses non tenues. Mais est-ce une raison de le juger et de critiquer autant son bilan ? Je ne fais pas parti de cette catégorie de personnes. Il a su redonner une place à la France dans le monde, regardez en Libye. Il a su maintenir la France durant la crise, sans baisser ni les salaires, ni les pensions de retraites. Les Français devraient lui être reconnaissants plutôt que de lui taper autant sur le dos. Quand je vais à la rencontre des Français, j'entends les reproches qui lui sont faits, et je réalise que les Français n'ont pas réalisé l'importance de cette crise, affirmant qu'elle a bon dos. Je ne partage pas cette opinion, à mes yeux Nicolas Sarkozy a un bilan plutôt positif, et m'a donné envie de m'investir dans la politique de notre pays.

 

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

La France va mal, les Français se sont rendus massivement aux urnes au premier tour en affirmant un vote de crise, s'étant réfugiés dans les extrêmes. Les finances de la France vont mal, mais je compte sur Nicolas Sarkozy pour redresser l'économie de notre Pays. Les problèmes les plus graves ? Pour moi c'est le chômage auquel est confronté un grand nombre de Français. Mais tout est plus ou moins lié.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

Le 22 avril dernier j'ai voté Nicolas Sarkozy. Son score n'est pas si mal vous savez. En 1974, François Mitterrand arrive en tête avec 43% des suffrages, il sera battu. En 1981, il sera derrière Valéry Giscard d'Estaing avec 25%, et finira par l'emporter. En 2002, Lionel Jospin était favori face à Jacques Chirac, tous le monde connaît la suite. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est à 1,6 point du candidat socialiste. Alors je suis confiant !

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

François Hollande est un homme qui m'a surpris lors du débat. Je le pensais plus mou, comme le disaient ses amis socialistes. Mais son arrogance à été très mal vue par les Français. Nicolas Sarkozy lui a fait ses preuves en maintenant la France en dehors de la crise, contrairement à un candidat socialiste qui n'a rien fait dans son département que l'endetter encore plus. Est-ce ce dont nous avons besoin pour notre pays ?

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

Dimanche prochain, j'apporterai une nouvelle fois mon soutien à Nicolas Sarkozy. La France a besoin de redresser ses finances, et seul NS en est capable. Regardez le candidat socialiste qui propose une hausse d'impôts ? (91% de son programme sera financé par des impôts, comme nous l'a montré François Langlet sur le plateau de "Des paroles et des actes" sur France 2). Est ce ce dont nous avons besoin pour maintenir le pouvoir d'achat des Français ? C'est le sujet majeur de cette campagne. Et j'espère que les français ne jugerons pas l'homme mais bien le programme des candidats.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

J'ai beau chercher, je ne trouve pas. François Hollande veut une pensée unique, comment voulez-vous qu'il rassemble tous les Français ?

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Mais la France Forte se doit d'être optimiste !

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Comme je l'ai dis tout au long de cette interview, je compte sur le raisonnement des Français, qu'ils ne jugent pas l'homme, ni le bilan, mais bel et bien le programme. J'aimerais insister sur le fait de bien réfléchir à leur avenir, veulent-ils un avenir comme la Grèce ou l'Espagne ? Je compte sur chacun des Français pour prendre conscience de l'importance de chaque bulletin de vote, ensemble votons Nicolas Sarkozy pour redresser l'économie de notre pays, continuer de faire briller la France dans le monde, et que le travail de chacun soit récompensé ! Merci de m'avoir accordé cette interview, et bon vote !

 

 

 

 

6 mai

François Hollande est élu (51,62%)

 

 

 

8 mai

 

 

Thibault S.

 

Pourriez-vous vous présenter, en quelques mots ? Qu'est-il utile, intéressant de savoir vous concernant ?

Je m‘appelle Thibault, j‘ai 30 ans, je suis photographe depuis 3 ans.

J‘ai une formation d‘économiste de la concurrence au titre d‘un master 2, et quelques expériences professionnelles au Crédoc ou dans le réseau Medef en tant que chargé d‘études. J‘ai donné quelques cours d‘économie à l‘université en la qualité de prof assistant. (je suis en contact avec la jeunesse, là réside l‘intérêt de cette mention)

 

Quel bilan tirez-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Quel regard portez-vous sur l'état de la France aujourd'hui ? Quels sont, à vos yeux, les problèmes les plus graves auquel notre peuple est confronté aujourd'hui ?

Le quinquennat a d‘abord été marqué par une crise violente, difficile à anticiper, imbriquée dans des montages financiers à l‘échelle mondiale.

J‘attribue la responsabilité de cette crise à un détournement des principes premiers des systèmes bancaires, un manque de régulation des acteurs sur le marché financier et une certaine passivité politique.

Alors bien sûr, ces dérives ont été progressives, probablement involontaires et non concertées. Ce qui marque néanmoins cette crise, au delà des impératifs non assouvis de stabilité du système économique et financier, c‘est la défiance des individus à l‘égard des institutions, des organismes de régulation, des banques, des grandes entreprises et le glissement de valeurs que cela induit dans notre société.

Cet état d‘esprit se retrouve, à mon sens, dans le vote électoral.

Le quinquennat Sarkozy a été, à mon sens et sans écho partisan, le plus difficile qui soit pour un chef d‘Etat. Parce qu‘il devait concilier réformes profondes, politique sociale de crise et prospective inhérente à un monde qui évolue, vite.

Ce quinquennat a enfin accentué la visibilité des nombreuses fractures qui affectent la société Française : les oppositions de statuts, les privilèges et acquis sociaux, les corporatismes, les dérives communautaires, les inégalités sociales et de territoire, le manque de transparence ... Concernant NS, on dira de lui qu‘il a eu le courage politique à décrire de manière factuelle pour les uns, la volonté de diviser pour d‘autres, le fait est que les Français, et on le voit dans le résultat de cette récente élection, sont plus que jamais divisés.

 

Pouvez-vous nous révéler, si vous avez voté, le nom du (de la) candidat(e) qui a reçu votre suffrage le 22 avril ? Que pensez-vous du score qu'il (elle) a réalisé, et plus généralement de ce premier tour ?

J‘ai voté François Bayrou le 22 avril. Eviter le vote extrême fut une évidence, mais au delà de ce choix raisonnable, je crois en son projet pour la France, j‘ai été séduit par sa posture rassurante, modérée, bon ‘‘père de famille‘‘ et l‘absence de clientélisme dans les mesures présentées aux électeurs. Le rôle central du paiement de la dette, son sens des responsabilités sur les questions sociétales et sa modération dans la dépense publique m‘ont donné le sentiment d‘un candidat raisonné, pouvant prétendre aux plus hautes fonctions de l‘Etat.

 

Score faible et décevant, mais tellement prévisible dans le contexte actuel ...

 

François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) sont les deux candidats qualifiés pour le second tour. Que pensez-vous de l'un et de l'autre ?

François Hollande et Nicolas Sarkozy sont deux hommes d‘Etat, à n‘en pas douter. Les carences ou avantages personnels de l‘un et l‘autre relèvent de leur communication propre et du marketing politique de l‘adversaire respectif.

Sarkozy est volontaire, déterminé, un peu rapide dans le propos.
Hollande est fédérateur, pugnace, un peu démago.

 

Si vous le souhaitez pouvez-vous nous dire pour qui vous comptez voter le 6 mai prochain ? Pourquoi ? Quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs pour les convaincre, comme vous, de choisir cet homme pour présider notre république ?

J‘ai voté Nicolas Sarkozy. J‘ai trouvé ce candidat plus convaincant, à la hauteur des enjeux internationaux actuels, probablement moins consensuel certes, mais plus proche de mes convictions libérales (n‘ayons pas peur des mots). J‘ai également eu peur de la concentration des pouvoirs par un unique parti, non pas que cela soit un argument suffisant, mais, en bon centriste, je crois en un gouvernement d‘union nationale !

Et je crains que le vote socialiste n‘ouvre la porte à une gouvernance unilatérale.

Au delà de ces jugements fades, je crois au mérite, aux valeurs du travail, à la méritocratie. Bien sûr le candidat socialiste n‘y est pas opposé, mais les signaux renvoyés par Nicolas Sarkozy m‘ont davantage affectés.

Ce choix m‘appartient, il est discutable. Dans un environnement médiatique riche, une liberté d‘expression forte, et une prise de conscience politique dans la population jamais atteinte auparavant, je me garderais bien de faire la promotion de tel ou tel. Chacun dispose des informations nécessaires pour se forger son opinion, selon son ressenti, ses valeurs et ses convictions. Je n‘approuve pas la prise de position de mon leader entre les deux tours.

 

Après l'élection, il faudra bien que le peuple français se réunisse autour de son nouveau président, quel qu'il soit, malgré les clivages. Quelles sont, même "à la limite" les qualités que vous reconnaissez à celui dont vous ne voulez pas à l'Elysée ? Qu'est-ce qui peut, à votre avis, unir les Français malgré les différences politiques ?

FH n‘a pas été mon choix. Mais je respecte le choix des Français, et je reconnais sa légitimité en tant que président de la République. Les Français devront s‘unir dans les enjeux, et même s‘il faut redescendre sur terre et que cela s‘avère décevant pour ceux qui ont cru aux promesses de changement, il faudra que tout le monde fasse des efforts. Tout le monde. C‘est le prix de notre cohésion.

Le fait qu‘un homme de gauche entame des réformes difficiles, voire impopulaires, n‘est peut être pas une mauvaise chose. Pour les mouvements syndicaux, cela sera plus aisé à faire accepter aux adhérents et aux salariés en général, pour les forces vives du pays, cela semblera moins partisan et moins segmentant. A voir.

 

C'est un lieu commun que de le dire, mais la jeunesse, dont vous faites partie, c'est l'avenir de notre pays. Vous êtes son avenir, nous le sommes. Voyez-vous l'avenir de la France plutôt avec optimisme, pessimisme ? Comment le voyez-vous ?

J‘ai confiance en la jeunesse de notre pays. Notre héritage social et économique est délicat, pour ne pas dire compliqué. Mais nous aurons la tâche de trouver la ressource pour faire face aux défis, maintenir la cohésion et assurer la paix et les conditions économiques et sociales favorables à l‘émergence de la prochaine génération.

Les crises économiques et sociales en Europe, la montée DES intégrismes religieux, l‘effondrement probable de notre système de protection sociale, la trop forte influence des marchés financiers sur l‘économie réelle, la montée des partis extrêmes et l‘accroissement des inégalités et des frustrations inhérentes à cette immobilité sociale constituent une poudrière sur laquelle nous sommes assis.

 

Dernière question qui n'en est pas une... pour vous permettre de compléter, de conclure cet entretien de la manière dont il vous plaira. C'est une carte blanche, vous avez la parole, totalement librement...

Pour conclure, je me veux résolument optimiste, mais, avec lucidité, il faut bien considérer que des changements doivent s‘opérer à moyen terme si l‘on veut sortir de ce contexte risqué.

Nous n‘avons ni le droit, ni le luxe de faire un quinquennat pour rien, sans réformes ni reprise.

L‘immobilisme est plus que jamais notre ennemi.

François Hollande ne pourra pas se contenter de gérer les affaires courantes, d‘engager des projets pour marquer son mandat et de prôner l‘attentisme politique.

Les Français sauront, je l‘espère, lui rappeler pourquoi ils se sont déplacés en masse lors de cette récente élection présidentielle.

 

 

 

 

 DIALOGUES ET DEBATS

 

(PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE)

 

 

 

Lauréline M. / Laura C.

 

 

Lauréline M. @ Laura C.

26 avril

 

Salut Laura,

Je sens bien que tu comprends les réels problèmes de la France ! L'éducation pour moi aussi est une priorité. Je comprends que tu sois déçue du quinquennat de notre dernier président, moi aussi, même si les temps étaient durs, il n'a rien fait pour améliorer les choses, bien qu'il ait essayé. Ce que je ne comprends pas, c'est que tu ne croies pas en Francois Hollande. Avec ses mesures, il propose avec 60 engagements clairs de redresser la France. Il veut redonner espoir aux jeunes comme toi qui, apparemment, n'ont plus d'espoir, notamment en combattant le chômage et en reformant l'éducation. Tu dis qu'il ne sait pas prendre de décisions claires ? Il propose 60 engagements très concrets pour redresser la France ! Je t'invite à les lire sur son site internet ! Il est mou ? J'avoue que ce n'est pas le plus féroce des adversaires, mais c'est un peu reposant après Sarkozy, moi de l'étranger j'entendais juste ses nouvelles gaffes (rires), et s'il ne lève pas la voix au premier regard, au moins il ne coupe pas la parole et explique ses idées clairement. Il peut être très persuasif grâce à son argumentation et ses bonnes idées.

 

On dit qu'il n'est pas bon sur le plan international ? Je pense que c'est comme nous les jeunes, il est jeune diplômé et il faut juste lui laisser la chance de nous faire découvrir son énorme potentiel. Cela va être une politique d'austérité qu'il va mener, c'est sur. Mais il va essayer de préserver les droits des Français, acquis depuis des générations. En matière d'éducation, de santé et de justice. En réduisant seulement les dépenses de l'État (comme les transports en avions privés, les déjeuners trop chers, les dépenses de l'Élysée, les cadeaux aux riches, aux grandes entreprises et aux banques). Il veut rétablir la justice grâce à l'égalité et la solidarité ! Cela va marcher ! Donne sa chance à Hollande, vote pour lui !

 

 

Laura C. @ Lauréline M.

27 avril

 

Je les ai déjà lus depuis longtemps, à vrai dire j’ai dû lire la majorité des programmes et j’ai suivi l’intégralité des débats et meetings (bon, sauf Cheminade, Arthaud et compagnie, je te le concède). Bref, ceux des candidats qui avaient un potentiel.

Ses 60 mesures ? Celles qui concernent l’éducation sont mitigées. Les 150 000 emplois jeunes (ou « d’avenir », je crois que c’est son terme) ? Mais il me semble qu’on avait proposé le CPE pour ça et que les lycéens (j’étais d’ailleurs en terminale à cette époque, mais je n’avais pas été manifester) pestaient contre cette proposition, alors qu’elle ne leur était pas vraiment destinée étant donné qu’ils continueraient leurs études en fac et que le CPE avait plutôt pour « cible » les jeunes sans qualification. J’ai une dizaine d’amis qui étaient super contents de ce CPE car ils avaient trouvé un boulot grâce à ça, boulot qu’ils n’auraient jamais eu en CDD – et qui plus est en CDI. Et ces vraies personnes pour qui le CPE était un espoir et une façon d’avoir une première expérience significative, eh bien, parce que des étudiants qui allaient continuer tranquillement leur master ont dit non, on l’a enlevé. Ils étaient dégoutés. Aujourd’hui la plupart d’entre eux est au chômage et cumulent les petits jobs sans réel impact sur le CV. Seul un a fini à l’armée.

« Je réformerai les premiers cycles de l’enseignement supérieur » ; il veut éviter une spécialisation trop précoce. Mais le problème n’est pas là (d’ailleurs, une licence, c’est quand même TRES généraliste, voire trop…), le problème est d’adapter des programmes qui sont totalement désuets par rapport au monde du travail.

Un exemple concret ? Mon compagnon qui lui est en fac de sciences utilise encore du papier PH pour tester ses différents produits. Ca fait longtemps qu’on est passé à des méthodes de test plus « modernes », et en plus, la fac dispose de ces outils ! Mais elle ne les donne pas aux étudiants.

Dans mon cas, en droit, qu’est-ce qu’une matière comme « histoire de la pensée » va servir dans la vie professionnelle ? Créer une UE optionnelle de culture générale ça peut être bien pour enseigner ce type de matières, mais en faire une obligation, c’est ridicule.

En IUT, on a de vrais cours sur la recherche d’emploi, comment faire son CV, etc. En fac, c’est, disons, théorique. La fac a tout à gagner à se calquer sur le monde du travail comme le font (ou essaient de le faire, car ce n’est pas parfait évidemment) les structures comme les IUT.
Et ça, j’ai beau relire les 60 propositions, je ne le vois pas. Pourtant, des concertations entre recruteurs, professionnels de chaque secteur et profs de fac, ça peut être facile à mettre en place.

Ses 60 000 postes dans l’éducation ? Sur le papier c’est bien, sur le plan financier, on fait comment ? On taxe les banques et Total ? Ca, c’est concret... Dans un monde parfait il faudrait un prof pour 10 élèves, 1 policier à chaque rue, mais financièrement c’est impossible. Par contre, je veux bien qu’on supprime des postes de sénateur,s de députés et autres privilégiés, ça fera rentrer des sous dans la caisse ☺ De même, j’irai jusqu’à dire que les députés/sénateurs qui ne viennent pas aux séances doivent être déchus de leur « titre », car on représente ses concitoyens ou on ne le fait pas, ça doit être du temps plein. Ce n’est pas un service à la carte où l’on décide ou pas de venir. Quand on les voit, on se croirait dans un amphi. C’est indigne d’une telle responsabilité.

Je ne crois pas non plus que l’austérité rime avec Hollande. Allez, je reprends l’argument de base : Espagne, Grèce… Des socialistes. On voit où cela les a mené.

Son argument fétiche de taxer les riches à 75% est aussi aberrant. On oublie vite que sans patrons, il n’y a pas d’emplois. (déjà qu’il n’y en a pas des masses…) Par crainte de voir Hollande passer, les demandes de donation ont explosé de 40% chez les notaires ! Si ce n’est pas un signe, je ne sais pas ce que c’est.

Je ne dis pas que le « méchant » riche il ne doit rien payer, au contraire, mais il doit participer dans une part raisonnable.

Taxer à 75%, c’est faire fuir les « riches » qui restent encore. Alors, vaut-il mieux taxer, disons à 50% (ce qui est déjà énorme, mais je ne me plaindrai pas si on me prend 50%, ça veut dire qu’il me reste l’autre moitié conséquente pour vivre) des riches qui seront donc plus nombreux, que d’en taxer 10 à 75% qui resteront ?

La réduction des « avantages », j’en ai un peu parlé ci-dessus. Néanmoins, il ne pourra jamais mettre de telles mesures en place car il se mettrait à dos l’ensemble des politiques, y compris dans son rang. Après tout, n’est-ce pas la gauche qui avait décidé de ne pas prendre en compte les objets d’art dans le calcul de l’ISF ?

Ils sont loin de vivre au SMIC. C’est pour ça qu’il n’y a pas une droite des riches et une gauche des pauvres ; à ce titre, ils sont tous pareils. Réduire le train de vie de l’Etat oui, mais en tout état de cause ce n’est pas ça qui permettra de faire des économies conséquentes.

Bref, je peux comprendre que des gens votent Hollande – d’ailleurs je remarque que nulle part tu n’as cité le mot « raciste » ou autre « xénophobe » et ça fait plaisir, car comme je le dis aux gens qui me traitent de la sorte : « oui je suis raciste, envers les profiteurs et les délinquants seulement. »

Cela étant, comme je ne veux de ni l’un ni de l’autre, j’irai voter (blanc ou Chuck Norris, j’avoue je ne me suis pas décidée), mais pour aucun des deux.

Bien à toi,

Laura

 

 

 

Lauréline M. / John S.

 

 

Lauréline M. @ John S.

26 avril

 

Nous avons tous les deux un même point, nous vivons tous les deux à l'étranger, moi je suis à Montréal. Pourtant, ce qui m'étonne c'est de ne pas avoir remarqué que la France devient de plus en plus risible à l'étranger à cause de Nicolas Sarkozy ! On le voit par exemple comme le chien de Angela Merkel. En ce moment, j'ai honte que cet homme nous représente et toi tu souhaites lui donner une seconde chance?

Je comprends que ta priorité soit sur la baisse de la dette mais le bilan Sarkozy est très mauvais en finance ! Le président délégué du Conseil d'analyse de la société, Luc Ferry, juge "extraordinairement mince" le bilan de Nicolas Sarkozy. ... "On ne peut pas dire que la France soit en meilleur état qu'en 2007. Le chômage a augmenté, pas le pouvoir d'achat. L'école et les banlieues vont plus mal que jamais". Source : Libération, 1er janvier 2012 et pour ton info :

"Nicolas Sarkozy se veut un modèle de vertu au sujet de la dette publique de la France pourtant en 2007, quand Nicolas Sarkozy arrive à l'Elysée, la dette publique de la France s'élève à 63,9% du PIB, soit environ 1200 milliards d'euros et fin 2010, elle atteignait 81,7% du PIB, soit 17,8 points de plus en trois ans, et un niveau record à près de 1650 milliards d'euros. Ces chiffres et ces évolutions mettent Nicolas Sarkozy... en queue de peloton des présidents de la Cinquième République !" Source : Huffington Post, 26 juillet 2011. Il en a même perdu les AAA de la France.

Tu n'es pas encore convaincu, je t'invite à lire les articles du dossier : Bilan Sarkozy du magazine Alternatives Economiques, numéro 309, janvier 2012 où tous les sujets obtiennent un mauvais score.

Comment peux-tu encore avoir confiance en lui qui commence en 2007 par augmenter le salaire du président de la République alors qu'il faut faire des réductions budgétaires et qu'il demande aux Français de se serrer la ceinture?

Merci, Lauréline M.

 

 

John S. @ Lauréline M.

26 avril

 

Les caricatures sont propres à certains journaux prenant parti, généralement on sait de quel bord... En UK, Cameron est décrié, on se demande par qui. Berlusconi en a eu pour son grade. La Grèce et l'Espagne sont gentillement moquées également. Que Sarkozy soit représenté ainsi m'est égal, tout comme ça m'est égal que certains journaux décrivent Hollande comme "très mou". Samedi, The Economist va taper sur Hollande. Ce même hebdomadaire avait fait une Une très remarqué récemment en mettant en garde la France (à juste titre en se tenant aux analyses succinctes faites). Donc mon ego personnel je le mets de côté (je préférerais sûrement Jean Dujardin ou Laetitia Casta pour représenter la France en terme d'image - ici à ce que je sache il s'agit de politique et de gestion d'un pays !). Donc comme je l'ai dit, si il y avait un DSK en face je reconnais que j'aurais hésité. Comme en 2007, Mme Royal ne pouvait diriger ce pays, et surtout avec ce qui c'est passé je n'ose imaginer les décisions prises. J'ai plus confiance en un homme politique qui a eu des responsabilités importantes et qui a le bon carnet d'adresses.

Pour parler de ce que je connais, le "bilan financier d'un président" ne veut rien dire. A quoi le mesure-t-on ?! Si je prends la réforme des retraites qui était obligatoire, Royal ou Hollande ne l'auraient pas faite (par souci démagogique et pour être "aimé", peut-être même qu'elle aurait été réduite pour tous les Français). Ensuite l'économie de quel pays, en 2012, est meilleure qu'en 2007 ? La réponse, même en ne connaissant rien à l'économie, est simple à trouver ! Le chômage avec cette crise ne pouvait pas diminuer de 5 points entre 2007 et 2012, soyons lucides et surtout honnêtes. L'éducation française enviée dans certains coins du monde a toujours était un problème, depuis la nuit des temps, tous gouvernements confondus.

Libération comme modèle pour se faire une opinion de Sarkozy... Autant aller dans le premier bureau PS du coin et demander quel est le bilan de Sarkozy, on aurait la même réponse. Ses chiffres qui sont bien des chiffres de la presse généraliste oublient de dire que +18 points de hausse, en rapport avec la crise et la baisse de tout les indicateurs, c'est dans la moyenne de tout ses prédécesseurs. D'ou le problème : comment peut-on limiter cette hausse dans le chaos actuel et auparavant (je pense à 1999-2000, la bulle internet ou tout les voyants étaient au vert...) avoir obtenu une hausse identique ?! Le problème ne vient-il pas du fait qu'on a tous pris conscience (bien malgré nous) que les Etats ne peuvent plus vivre à crédit éternellement ?!

Concernant le AAA aucun commentaire, j'ai été en plein dedans, depuis 2010 la décision était prise, les USA l'ont aussi subie et au final les taux d'emprunts pour la France sont au plus bas. Ce n'est pas ça qui a affecté le peuple. Par contre mettez des personnes avec un projet anti-tout, qui a pour but de dépenser sans compter comme avant au nom de la "relance économique" et vous verrez la réponse des marchés financiers, vous verrez quand il faudra emprunter à des taux records pour financer la baisse du temps de travail, la hausse des salaires, etc. Il y a un moment, un timing, et actuellement c'est encore trop tôt pour vouloir faire ce que souhaite Hollande.

Le bilan est mauvais SI on ne prend pas en compte l'environnement actuel ! Prendrait-on bêtement un chrono pour chronométrer un 100M sur piste sèche avec pas de vent et un autre sur piste mouillée avec vent de face; pour au final déclarer un vainqueur entre ses deux courses?

J'en reviens à mes premières phrases, qu'un autre parti soit capable de mettre un candidat avec un potentiel et on aura des débats et un vrais choix à faire. Je déplore que ce ne soit pas le cas. Et comme je ne suis pas un suicidaire, pas un égoïste, pas un masochiste et Dieu merci pas un inculte et que j'ai reçu une éducation académique et que j'ai pas de troubles mentaux, je vote pour le candidat le "moins pire".

PS : tout les à côtés comme le fait que le PS soit installé dans le VIIème, arrondissement le plus cher de Paris, que Hollande déjeune dans des cantines de luxe du VIIIème inconnues du commun des mortels, que Sarkozy parte en vacances sur un yacht ou encore qu'il aligne son salaire sur celui du premier-ministre (et au passage de ce qui se fait ailleurs dans les autres démocraties - sans oublier que Sarkozy en tant qu'avocat gagnerait bien plus, tandis qu'Hollande malgré HEC+ENA ne trouverait pas de poste aussi bien rémunéré que ce que lui offre la politique) je m'en moque complètement. Vous voulez entendre la vérité, que tout ses hommes politiques ont fait les même écoles et sont tous amis à la base ? Qu'ils sont partis en suivant leurs convictions ou pour une majorité à gauche parce qu’il y avait moins de concurrence et que c'est plus simple de s'adresser au "petit-peuple" qu'aux élites ?

A bon entendeur.

JS

 

 

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À suivre... Si vous désirez participer, contactez-moi ! (parolesdactu@yahoo.fr)
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V1, date : 25/04/12, 20h45
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25 avril : première version (introduction + 5 premiers textes)
26 avril : + 3 textes
27 avril : + 1 texte et 4 échanges
30 avril : + 3 textes
1er mai : + 1 texte
5 mai : + 1 texte
8 mai : + 1 texte
6 juillet : 1 mot modifié dans l'introduction
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Note : Ce document évoluera régulièrement. Je vous invite également, en me contactant, à vous adresser aux contributeurs, pour les interroger, ouvrir un débat !
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Si vous avez aimé cet article, merci d'en partager le lien sur votre mur, avec vos amis !!! Et de présenter cette initiative à des personnes qui pourraient être intéressées !!!
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Phil
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Modification de la présentation de l'article le 21 juin 2012
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Times New Roman > Georgia : 01/10/12
9 mars 2012

Jean-François Debat : "Nous n'avons pas de leçons à recevoir en matière de gestion publique"

Il y a un peu plus d'un an, j'ai pris l'initiative - pour des raisons personnelles non liées à ce blog - de contacter Monsieur Jean-François Debat. En suivant mes méthodes habituelles, celles employées pour la réalisation de Paroles d'Actu : écrire par la voie d'internet à quelqu'un que je ne connais pas personnellement, qui ne me connaît évidemment pas. En l'occurrence, le maire de Bourg-en-Bresse dans l'Ain, mais surtout dans mon esprit, le vice-président en charge des finances du Conseil régional de Rhône-Alpes, qui est ma région. Je précise alors, dans ce message que je lui adresse, que je vis dans le Rhône, et ne fais donc pas partie de ses administrés burgiens. Cela ne changera rien à l'affaire. Il a pris la peine et le temps de me répondre avec beaucoup de courtoisie et de bienveillance. Cela m'a touché. Je me suis dès lors promis d'essayer de le recontacter, plus tard, en tant qu'élu local important, ouvert et ayant ma sympathie, mon respect. Pour une interview. Je lui ai soumis l'idée au mois de janvier 2012, après lui avoir présenté, toujours par mail, mes voeux de bonne année. En cette année très riche en événements politiques, il m'a semblé intéressant de recueillir l'opinion, sur la présidentielle notamment, d'un élu local influent dans sa région. J'ai appris quelques jours plus tard, par hasard, en me renseignant sur l'organigramme de campagne de François Hollande, que Jean-François Debat était davantage qu'un "élu local influent" : un membre important de l'équipe du candidat socialiste à la présidence de la République. En charge, notamment, des questions de décentralisation. Après avoir eu son accord de principe, j'ai rédigé pour lui un questionnaire, évoquant la présidentielle, la décentralisation, les finances publiques, sa vie d'élu, son avis sur le libéralisme sociétal. Je le lui ai transmis le 4 mars, sa réponse m'est parvenue - cela mérite d'être souligné - le 9 mars. Une exclusivité Paroles d'Actu, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JEAN-FRANCOIS DEBAT

Maire de Bourg-en-Bresse (Ain)
Vice-président de la Région Rhône-Alpes, en charge des finances

 

"Nous n'avons pas de leçons à recevoir

 

en matière de gestion publique"

 

(Photo fournie par Monsieur Jean-François Debat)

 

 

Q : 04/03/12

R : 09/03/12

 

 

 

Paroles d'Actu : Membre du Parti socialiste, vous êtes vice-président de la région Rhône-Alpes en charge des finances depuis 2004  et maire de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain depuis 2008. Soutien de François Hollande lors des Primaires citoyennes de 2011 en tant que responsable de la décentralisation, c'est tout naturellement que vous êtes resté à ses côtés pour l'élection générale.

 

La notation semble être une activité à la mode en ce moment. Quelle serait la note, sur 10, que vous accorderiez à Nicolas Sarkozy pour sa présidence, et pourquoi ?

 

Jean-François Debat : Je ne suis pas un correcteur dans l'âme ! Ce qui est sûr, c'est qu'il est très en dessous de la moyenne pour au moins trois raisons.

 

D'abord, il a mené avec obstination une politique économique et fiscale complètement inadaptée à la crise que nous traversons depuis 2008: diminuer l'impôt des entreprises, sans distinction entre celles qui sont exposées à la concurrence extérieure et les autres (ex: restauration), il a fait exploser la dette sans aucun impact sur la croissance: c'est une énorme erreur d'analyse.

 

Ensuite, il a accru considérablement les inégalités, déjà fortes, en France: 55% des baisses d'impôts pour les ménages ont bénéficié aux 10% les plus aisés; ce chiffre suffit à confirmer qu'il a bien été "le Président des plus riches".

 

Enfin, il a cherché, sciemment, à opposer et diviser les Français au lieu de les rassembler : débat sur l'identité nationale, polémique sur l'assistanat, stigmatisation des fonctionnaires et des chômeurs, dénonciation des contre-pouvoirs et des élus locaux. C'est grave pour un Président, le pays sort vraiment rabaissé de ce quinquennat et les Français rejettent de ce fait de plus en plus les institutions et leurs dirigeants.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui vous a convaincu, assez tôt dans la campagne des Primaires citoyennes, de vous engager auprès de François Hollande ? Quel est votre rôle à ses côtés aujourd'hui ?

 

J.-F.D. : J'ai considéré que François Hollande s'était préparé, très tôt, à cette élection et que son analyse (notamment sur la réforme fiscale qu'il a été le premier à mettre en avant) était adaptée à la situation et aux attentes de notre pays. En outre, son expérience est réelle et la manière dont il mène campagne confirme, à mes yeux, ce choix.

 

Il m'a fait la confiance de me placer, auprès de Pierre Moscovici, au coeur de la direction de campagne: je prépare pour lui les arbitrages sur le fond des propositions, en m'appuyant sur celles qui émanent des groupes thématiques. J'ai ainsi pu, par exemple, travailler sur le discours du Bourget et le projet du candidat, à ses côtés.

 

 

PdA : Le pouvoir actuel a pris concernant la décentralisation un certain nombre de décisions durant le quinquennat. L'objectif affiché était d'aller vers une plus grande rationalisation, clarification de notre organisation territoriale. Que vous inspirent ces choix en la matière ?

 

J.-F.D. : Qu'ils iraient dans le bon sens si c'était bien le sens des réformes engagées! Mais ce n'est nullement le cas. Il n'y a pas eu de rapprochement ou de coopération accrue entre départements et régions, mais la fusion du conseiller général et du conseiller régional en un conseiller territorial d’un super canton: C'est en aucun cas une réforme de fond, mais uniquement une mesure électorale, laquelle vous le noterez est totalement contradictoire avec l’annonce récente du candidat Sarkozy d’instiller de la proportionnelle dans le scrutin majoritaire, c’est également un enterrement de première classe pour la parité entre les femmes et les hommes, dont le seul objectif est que l’UMP dirige à nouveau les Régions ! Pour le reste, les décisions prises ont consisté à réduire les impôts perçus par les collectivités (ex: la Taxe Professionnelle) et à montrer du doigt la soi-disante incurie des élus, de gauche comme de droite; en oubliant que nos budgets sont tous votés en équilibre et que les collectivités financent 75% de l'investissement public en France...

 

 

PdA : François Hollande a quant à lui promis de mettre en chantier, s'il est élu, un "nouvel acte de décentralisation". Qui renforcera les régions et les grandes villes, apportera de nouvelles garanties financières aux collectivités et mettra fin, avant sa naissance effective, au concept de conseiller territorial. De par votre expérience d'élu local, membre de l'exécutif de deux grandes collectivités, que pensez-vous de ces propositions ? En quoi le projet de François Hollande en matière de décentralisation conduira-t-il à une meilleure organisation de nos territoires ?

 

J.-F.D. : Le point le plus important est de rétablir des conditions de confiance entre Etat et collectivités, aujourd'hui anéanties. Nicolas Sarkozy n'a jamais, contrairement à Jacques Chirac, aimé être un élu local : il ne comprend pas les élus, qu'il considère avec méfiance. François Hollande est un élu local, il connait nos réalités, il sait de quoi il parle. C'est extrèmement important pour pouvoir, ensuite, réformer avec les élus, mais non pas contre eux.

 

Sur le fond, notre projet consiste à clarifier les compétences des collectivités territoriales: aux Régions la préparation de l'avenir (grands enjeux économiques, formation, innovation, environnement, aménagement du territoire, etc); aux Départements les services essentiels qui structurent le territoire et la solidarité (action sociale, économie, transports, etc), enfin au pôle local (communes et intercommunalités) l'action de proximité, à la fois quant à la vie locale et à l'organisation du territoire. L'idée de limiter les interventions croisées n'est pas mauvaise en soi, mais nécessite d'être travaillée avec les élus et non pas de dégringoler, comme cela a été le cas, de Paris par la loi.

 

 

PdA : L'État a connu ces dernières années des déficits records, liés en partie à la crise financière et économique qui frappe le monde depuis 2008. Pourtant, il n'est pas rare d'entendre des membres de la majorité actuelle opposer la soi-disant bonne gestion de l'État (non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux notamment) à une certaine fuite en avant en matière de dépenses du côté des collectivités. Vous êtes, encore une fois, en charge des finances de la région Rhône-Alpes, une grande collectivité au budget de près de 2,5 milliards d'euros. Et maire de Bourg-en-Bresse, ville de 40 000 habitants. Que souhaiteriez-vous répondre à ces accusations ?

 

J.-F.D. : C'est une arnaque, une escroquerie intellectuelle!! En 2002, la dette publique représentait 52% du PIB, en 2007, 62% et en 2011, 86%! Plus 40% en 4 ans, et on voudrait nous faire croire que c'est la gauche qui vide les caisses?! Les collectivités, c'est 75% de l'investissement, mais 11% de la dette: pour financer une partie des investissements, et jamais pour payer les fins de mois.

 

Quant à l'évolution globale des dépenses, elle est largement due aux transferts de compétences décidés par l'Etat; pour le reste, je pose la question: fallait-il que la région augmente les dépenses pour former 43.000 apprentis par an au lieu de 32.000? Fallait-il accroître l'offre de TER de 40%, face aux enjeux énergétiques? Si on dit "oui", on ne peut pas critiquer les collectivités de l'avoir fait. Et depuis 2010, le budget de la Région est stable, sans hausse. N’oublions pas non plus qu’en dix ans, la population française s’est significativement accrue et seules les collectivités ont dû faire face à des besoins croissants et des demandes très concrètes des habitants à tous les âges de la vie.

 

En revanche, il est évident que les collectivités sont, d'ores et déjà, associées aux efforts: dans ma ville, les dotations de l'Etat ont baissé de 8% en 4 ans et j'ai réduit la dette de 25% dans le même temps! C’est donc bien que les dépenses ont été maitrisées. Nous n'avons pas de leçons à recevoir en matière de gestion publique.

 

 

PdA : Vous êtes aujourd'hui un expert en matière de finances publiques, de par cette expérience au niveau local...

 

Une grande partie des recettes propres des collectivités proviennent d'impôts assis sur des indices archaïques (la valeur locative cadastrale), souvent douloureux et éloignés des réalités de la vie économique. L'État, lui, tire ses recettes d'impôts liés à l'activité, qu'il s'agisse de la production (IS), du travail (IR) ou de la consommation (TVA). Ces questions, à ma connaissance, ne sont pas vraiment abordées dans le projet de François Hollande. Seriez-vous favorable à de réels changements, notamment une remise en cause de la VLC en tant qu'alpha et oméga des finances locales, ou encore une possibilité pour les collectivités de voter, à la marge, un taux de l'un des trois impôts d'État précités ?

 

J.-F.D. : Oui, je pense que c'est nécessaire pour deux raisons. Une raison économique: nos impôts n'ont pas de lien avec les bases réelles de la richesse créée et des capacités des ménages; or, ce lien est nécessaire. Une raison de justice: nos impôts "ménages" sont largement forfaitaires et donc inégalitaires. Je suis favorable, pour ma part, à ce que les collectivités locales disposent d'un panier fiscal, qui repose sur les quatre grandes bases de contribution qui existent: la consommation, la valeur ajoutée des entreprises, le patrimoine des ménages et leurs revenus. L'Etat pourrait baisser ses taux en contrepartie d'une baisse de ses dotations et les élus voteraient des "centimes additionnels". On pourrait concevoir des marges laissées aux collectivités, avec des liens entre les taux pour éviter de concentrer l'impôt local sur une seule contribution.

 

 

PdA : La dette de l'État est aujourd'hui colossale. Cela vous inquiète-t-il ? Qu'est-ce qui, d'après vous, doit être fait pour retrouver l'équilibre en matière de finances publiques nationales ?

 

J.-F.D. : L'UMP est largement responsable - bien plus que François Mitterrand, pourtant mis en accusation par Nicolas Sarkozy...!-  de cette situation, mais elle existe et s'imposera à tout nouveau gouvernement. Il faudra retrouver des recettes: la droite s'est privée de 20 Mds€ de recettes par an, essentiellement au profit des entreprises et des ménages aisés. C'est un impératif de justice et d'équilibre. Il faudra également stabiliser globalement, et réduire dans des domaines moins priopritaires, les dépenses d'intervention et de fonctionnement. Il faudra aussi investir dans l'innovation, la recherche, pour stimuler l'activité et la croissance.

 

 

PdA : Un élément de votre blog m'a interpellé. Vous dites n'être libéral "ni en matière économique, ni en matière de questions de société". Si le rejet d'un libéralisme économique débridé n'étonne personne de la part d'un membre du Parti socialiste, celui d'un certain libéralisme sociétal est sans doute moins fréquent. Je pense notamment à l'interview que m'avait accordé Najat Vallaud-Belkacem. Souhaiteriez-vous m'en dire davantage ? Qu'est-ce qui vous différencie d'elle en la matière ?

 

J.-F.D. : Je considère effectivement que tout ce qui est techniquement possible en matière de bioéthique n'est pas forcément acceptable et que toute aspiration individuelle, même si elle est compréhensible et que je n'ai pas à la juger, ne peut pas forcément être satisfaite par la société.

 

Ces conceptions ont des conséquences sur mon analyse de certaines questions de société: je ne suis favorable ni aux mères porteuses (que je considère être une atteinte à la fois aux droits des enfants et de la femme), ni à la conservation des embryons pour une insémination post-mortem -pour moi le projet ne peut plus exister après le décès d'un parent. Sur le fond, je ne conteste évidemment pas qu’on puisse aider les couples à avoir eux-mêmes un enfant, mais je considère qu’il n’y a pas de droit à l’enfant, de la part d’aucun couple quel qu’il soit. C’est ce qui m’amène d’ailleurs à ne pas être favorable à l’adoption plénière par des couples homosexuels, adoption qui, contrairement à l’adoption simple, crée un lien de parentalité. Je suis absolument favorable à la reconnaissance complète des couples -y compris au travers d'une cérémonie républicaine en mairie- du point de vue des droits encore à conquérir en matière de sécurité sociale ou de successions entre couples pacsés; en revanche, pour moi, l’adoption n’est pas un droit pour un couple –quel qu’il soit : l’adoption, c’est au contraire le droit pour l’enfant privé de ses deux parents et confié à la société de se voir confier à de nouveaux parents : au nom de quoi déciderait-on, pour satisfaire une envie d’adulte (que je considère par ailleurs comme tout à fait compréhensible) de le priver d’un papa et d’une maman ? Toute autre est la situation d’enfants nés d’un parent engagé dans une relation homosexuelle : ils ont un père et une mère et vivent, comme tant d’autres, avec un seul de leurs parents et le conjoint de celui-ci. Pour moi, il faut donner un statut au beau-parent –que ce soit dans un couple homosexuel ou hétérosexuel ; je pense qu’il faut rendre possible un lien juridique entre un adulte qui vit sous le même toit que l’enfant de son conjoint et qui participe à son éducation, pour lui permettre de réaliser des démarches, de prendre certaines décisions le concernant, mais aussi reconnaître le lien affectif qui les lie. L’adoption simple peut constituer ce cadre.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur votre expérience d'élu ? Qu'avez-vous appris au contact des citoyens, de leurs difficultés, et de grandes questions qui parfois nous dépassent tous ? Vos meilleurs, vos plus mauvais souvenirs en tant qu'élu ?

 

J.-F.D. : J’aime le contact avec les gens qu’implique le mandat d’élu, ainsi que la capacité d’action qu’il confère. Au-delà, c’est un extraordinaire poste d’observation de la société, avec ses enthousiasmes, ses passions, ses petites bassesses, ses contradictions : un maire voit fonctionner la société, les entreprises, les rapports sociaux. J’y trouve beaucoup de richesse humaine.

 

Mon meilleur souvenir date des années 1999-2000 : une dame voilée était venue me solliciter pour une question de logement lorsque j’étais président de Bourg Habitat (l’office d’HLM), et m’avait dit : « j’ai osé venir vous voir car on m’a dit que vous ne faites pas de différence entre les gens ». C’est mon plus beau souvenir parce que c’est exactement ce que j’aimerais qu’on retienne de moi, si j’avais une idée à formuler à ce sujet.

 

Mon plus mauvais souvenir c’est notre défaite aux municipales de 2001, de 200 voix, après une campagne dure, voire hargneuse, basée sur l’insécurité ; c’est le sentiment que tout le travail accompli pendant 6 ans est balayé d’un revers de main. J’en ai tiré deux leçons : d’abord, je ne perdrai plus jamais en ayant le sentiment de ne pas m’être battu assez ; ensuite, c’est la dureté mais les règles du suffrage universel : ne faites pas de politique pour en attendre de la reconnaissance !

 

 

PdA : Revenons à la présidentielle. Quel message souhaiteriez-vous adresser à un inscrit qui ne saurait pour qui il va voter ni même s'il va voter ? Quels sont vos arguments pour le convaincre de donner sa voix, le 22 avril et le 6 mai, à François Hollande ?

 

J.-F.D. : Plus de justice, c’est la gauche. Et, vraiment, il est temps de changer, vous ne croyez pas ?

 

 

PdA : Dernière question... qui n'en est pas une. Il s'agit d'une carte blanche. Pour vous permettre de compléter cet entretien comme il vous plaira. Vous pouvez revenir sur un point de l'interview, développer un sujet qui vous tient à cœur, nous faire part d'un coup de cœur, adresser un message... Bref, cette dernière question est la vôtre.

 

J.-F.D. : Voyez la réponse a la question précédente : elle résume l’enjeu qui m’occupe complètement pour le moment. Pour la France et pour les Français, il est important que François Hollande l'emporte et ouvre une nouvelle ère.

 

 

 

Merci encore à Monsieur Jean-François Debat pour la générosité dont il a fait preuve, à plusieurs reprises, à mon égard ! Je souhaite pouvoir lui poser d'autres questions à l'avenir. Merci également à lui, ainsi qu'à ses collaborateurs, de m'avoir fait parvenir, à ma demande, deux photos de lui afin d'illustrer ce document ! Phil Defer

 

 

 

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Le site de campagne de François Hollande

 

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Modification de la présentation de l'article le 26 juin 2012

 

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