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Paroles d'Actu
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etats-unis
8 janvier 2016

Nicole Bacharan : « Donald Trump donne des sueurs froides à l'appareil républicain »

Le 1er février prochain, l’Iowa, petit État du Midwest des États-Unis, se retrouvera comme tous les quatre ans au centre de l’attention nationale : c’est comme d’habitude dans l’Iowa que s’ouvrira le bal des primaires pour la désignation par chacun des partis des candidats à la présidentielle américaine. Le point de départ d’une année électorale longue et intense qui s’achèvera en deux temps : le 8 novembre, jour des élections générales ; le 20 janvier 2017, date de la prise de fonction du successeur de Barack Obama (empêché par la Constitution de candidater à un troisième mandat) et de l’ensemble des élus de novembre.

J’ai souhaité inviter Nicole Bacharan, politologue de renom qui compte parmi les meilleurs experts des affaires américaines, à nous livrer son analyse autour de trois questions que je lui ai envoyées (05/01). Je tiens à la remercier pour ses réponses (08/01), claires et éclairantes, et au-delà pour la bonté, la fidélité qu’elle m’a témoignées. Je signale que son prochain ouvrage, Du sexe en Amérique, sortira chez Robert Laffont le 4 février. Et profite de cet article, le premier de 2016, pour vous souhaiter à toutes et à tous, pour vous et vos proches, une bonne année. Qu’elle vous soit favorable... Nicolas Roche

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D’ACTU

« Donald Trump donne des sueurs froides

à l’appareil républicain »

Interview de Nicole Bacharan

 

Donald Trump

Donald Trump en campagne. Photo : Mandel Ngan/AFP/Getty Images.

 

Paroles d’Actu : Est-ce que la position de domination d’un Donald Trump dans les sondages pour la primaire présidentielle républicaine nous dit quelque chose de l’évolution, de l’état du parti qui fut, à l’origine, celui de Lincoln ?

 

Nicole Bacharan : L’engouement suscité par Donald Trump nous révèle un parti républicain en pleine crise. Depuis les années 90, le parti a dérivé de plus en plus vers la droite. L’élection de Barack Obama en 2008 a provoqué un rejet violent de la part de l’électorat le plus conservateur, et donné naissance au mouvement des Tea Parties, frange certes marginale, mais très virulente. Le racisme n’était pas absent de cette révolte conservatrice. Cet électorat militant, en colère, a élu au Congrès de jeunes représentants très radicaux, opposés à tout compromis. Le leadership républicain traditionnel est la première cible de ces jusqu’au-boutistes. Alors que le système institutionnel américain est construit de manière à obliger les différentes branches du gouvernement (exécutif, législatif, judiciaire) à négocier entre elles, le refus systématique du compromis aboutit à des blocages répétés, à une inefficacité générale, et provoque une grande frustration dans l’opinion américaine.

 

« Le parti républicain fait peur à beaucoup d’Américains »

 

Le parti républicain, à la merci des radicaux, est ainsi devenu un parti qui fait peur à beaucoup d’Américains, qui se révèle capable de gagner des élections locales et régionales, mais est voué à l’échec dans les élections nationales. En 2012, le candidat « modéré » Mitt Romney a ainsi terminé les primaires très affaibli par les attaques de son propre parti. Il avait adopté des positions ultra-conservatrices pour tenter de plaire aux plus militants, qui votent beaucoup plus que les autres électeurs, et quand il a tenté de revenir au centre dans l’élection finale, il avait perdu toute crédibilité.

 

En 2015, Donald Trump a donné une voix tonitruante à cet électorat en révolte. La majorité de ses soutiens se trouvent parmi des hommes blancs, d’âge mûr, non diplômés, aux revenus plutôt modestes. Ces « hommes blancs en colère » (même si, bien sûr, on trouve aussi des femmes, des jeunes, des diplômés, des personnes fortunées parmi les enthousiastes de Trump) ont le sentiment d’être laissés pour compte, ils pensent que le gouvernement est tout occupé à favoriser les minorités - Noirs, Latinos, immigrants - à leur détriment. Donald Trump leur dit en substance : « On veut vous faire taire ? Moi je vais parler pour vous ! »

 

Quel que soit le futur candidat républicain en novembre 2016, il se sentira obligé de courtiser la frange « Trump ». Mais il risque ainsi de faire fuir les électeurs modérés, indispensables à une victoire présidentielle. Donald Trump représente le cauchemar des élites républicaines déterminées à reconquérir la Maison Blanche.

 

PdA : L’Amérique qu’on qualifiait sans grand doute d’hyperpuissance il y a vingt ans n’a cessé depuis de se trouver en proie à des remises en question de tous ordres, souvent à la suite d’épisodes de vie collective traumatisants : l’horreur du 11 septembre bien sûr ; les guerres terriblement coûteuses à tous niveaux d’Afghanistan et d’Irak ; la tragédie Katrina ; le choc financier et économique de la fin des années 2000 ; la persistance à peu près inébranlée des fléaux que constituent la criminalité, le racisme. Vous connaissez bien le peuple américain : est-ce que vous percevez des traits distincts qui, depuis vingt années, seraient venus se greffer à l’âme, à l’identité américaine (à considérer qu’une telle chose existe) pour, finalement, en former une nouvelle, un peu différente ? Posé autrement : est-ce que l’Américain de 2016 a quelque chose qui le caractérise par rapport à celui des années Clinton ? des années Reagan ?

 

N.B. : Contrairement à ce que l’on entend souvent, l’Amérique de 2016 n’est pas en déclin. Son économie, même si elle garde des fragilités, est de loin la plus prospère et même la plus stable du monde développé. Sa capacité d’innovation reste intacte, ainsi que l’attraction qu’elle exerce sur les inventeurs et les entrepreneurs étrangers. La force militaire américaine demeure la première du monde, loin devant tout autre pays. Mais les États-Unis n’ont ni la volonté ni la possibilité réaliste de jouer le rôle de « gendarme du monde ». Leurs adversaires ne les redoutent plus, leurs alliés ne les suivent plus guère.

 

« Les États-Unis de 2016 sont un gendarme fatigué »

 

La Russie a réussi à imposer un statu quo précaire et tout à son avantage en Ukraine. Elle bombarde les cibles de son choix en Syrie sans être inquiétée. La Chine défie les États-Unis sur les mers d’Asie du Sud-Est. La Corée du Nord continue ses provocations. Le Moyen-Orient est plongé dans une tourmente que les États-Unis savent ne pas pouvoir maîtriser. Barack Obama n’aurait pas le soutien de son opinion pour des aventures militaires lointaines, que beaucoup ressentent comme vouées à l’échec. Il agit à travers les sanctions, les frappes de drones, les opérations spéciales, la guerre cybernétique. Il a fait un pari risqué avec l’accord nucléaire avec l’Iran, dont le succès ou l’échec mettra longtemps à apparaître. Les États-Unis de 2016 sont un gendarme fatigué, qui rêve de désengagement, et ne parvient pas à développer une vision claire du rôle qu’il devrait jouer dans un monde éclaté.

 

PdA : Qu’est-ce qui, parmi les points que l’on peut anticiper aujourd’hui, posera défi aux citoyens américains, aux parlementaires qui les représenteront et aux administrations qui les gouverneront dans les huit années qui suivront les élections de novembre ?

 

N.B. : L’Amérique, comme l’Europe, continuera à être confrontée à la question de la sécurité à l’époque du terrorisme mondialisé, qui peut venir de l’extérieur comme naître directement de l’intérieur du pays.

 

Sur le plan de l’économie, les inégalités croissantes, l’absence de progression des salaires, et le montant disproportionné de la dette étudiante constituent les plus grandes difficultés. Même si la réforme de la santé continue à être remise en cause, même si elle peut certainement être améliorée, je ne pense pas que l’on puisse revenir sur son principe, ni enlever leur assurance médicale à des millions d’Américains qui y ont accès pour la première fois.

 

La réforme de l’immigration - dont chacun sait les contours qu’elle devrait prendre, sous la forme d’une légalisation progressive des « sans papiers » qui n’ont pas eu maille à partir avec la justice - reste indispensable, mais fait toujours l’objet de débats partisans très violents.

 

« L’Amérique ne pourra se passer

d’un débat sur le contrôle des armes à feu »

 

Enfin, le président tente de mettre la question du contrôle des armes à feu au cœur du débat de l’élection, et même de la présidence à venir. Même si, comme il le dit lui-même, il faudra certainement beaucoup d’années pour progresser sur ce sujet, c’est un problème majeur pour l’avenir du pays.

 

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9 août 2014

Antoine Coppolani : "Nixon était capable du meilleur... comme du pire"

   Le 9 août 1974, à midi - heure locale -, la démission de Richard Nixon devint effective. Cette décision, le 37e président des États-Unis l'avait annoncée au peuple américain et au monde la veille, par une allocution restée célèbre. « D'après les discussions que j'ai eues avec des membres du Congrès et d'autres leaders, j'ai conclu qu'à cause de l'affaire du Watergate, je n'aurais sans doute plus l'appui du Congrès, appui que je considère comme indispensable pour prendre des décisions très difficiles et pour m'aider à accomplir les devoirs de ma charge dans le sens des intérêts de la nation. Quand je commence quelque chose, je le termine. Abandonner mes fonctions avant que mon mandat ne soit terminé est contraire à tous mes instincts. Mais comme Président, je dois faire passer en premier les intérêts des États-Unis. » (source : Larousse) 

   L'ampleur des événements, de leurs déflagrations, la teneur des révélations du scandale dit du « Watergate » - appellation générique par laquelle on a pris l'habitude de désigner toute une série de (mé)faits allant bien au-delà du cambriolage de 1972 - ne laissaient plus d'alternative : chacun en convenait, Nixon allait devoir partir, de gré ou de force. Son départ volontaire, s'il fut loin de la fin de carrière dont il aurait rêvé, lui évita au moins la disgrâce suprême : l'impeachment par le Congrès. Le gouvernement allait pouvoir recommencer à travailler, le pays commencer à panser ses plaies. Dans les deux cas, la tâche sera longue et difficile. La grâce octroyée par Gerald Ford à son prédécesseur, en septembre 1974, lui coûtera - on peut sérieusement le penser en tout cas - l'élection de 1976. Pour le reste, le bilan, le bottom line, les historiens jugeront.

   Que reste-t-il, quarante ans après, du scandale du « Watergate », de la présidence de Richard Nixon ? Réduire la seconde au premier serait, à l'évidence, simpliste à l'excès. Le sénateur Bob Dole n'avait-il pas promis, à l'heure des obsèques de l'ancien président, en 1994, que l'on parlerait bientôt de la dernière moitié du XXe siècle comme de l'« ère Nixon »; ce même Nixon qu'on avait recommencé, les dernières années, à consulter, à louer pour son expertise en matière de politique étrangère ? Voici, en marge de l'anniversaire de cette démission, une interview de M. Antoine Coppolani, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paul-Valéry Montpellier III et auteur d'un ouvrage remarquable, sobrement intitulé Richard Nixon (Éd. Fayard, 2013). Merci, Monsieur ! Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

ANTOINE COPPOLANI

Auteur de Richard Nixon

 

« Nixon était capable du meilleur...

comme du pire »

 

Richard_Nixon

(Source des photos : A. Coppolani)

 

Q. : 07/08/14 ; R. : 09/08/14

 

Paroles d'Actu : Bonjour, Antoine Coppolani. Le 9 août 1974, Richard Nixon mettait prématurément fin à son mandat. Celui qui, vingt et un mois plus tôt, avait été réélu triomphalement allait quitter la présidence des États-Unis par la (toute) petite porte, frappé de disgrâce. S'il n'avait démissionné, il aurait très probablement été destitué par le Congrès...

Cette affaire dite du « Watergate » aura empoisonné la vie politique américaine pendant deux longues années. Obstructions à la justice, abus de pouvoirs, de la confiance que les citoyens avaient placée en lui, en leur président : le traumatisme est réel auprès du public américain. Quel regard portez-vous, quarante ans après le départ de Nixon, sur cette affaire incroyable ?

 

Antoine Coppolani : Oui, une affaire « incroyable », et en tout cas inédite, qui a conduit à la seule et unique démission d’un président américain. À maints égards, l’ombre du Watergate plane depuis sur la vie politique américaine. C’est devenu l’archétype du scandale politique, celui à l’aune duquel tous les autres sont mesurés. Il n’est que de voir la pléthore de suffixes « gate » accolés, aux États-Unis, en France, et de par le monde, à toute une série d’affaires. À ce jour, bien sûr, aucune d’entre elles n’est capable de rivaliser avec le scandale suprême, le Watergate.

 

Or, le Watergate, c’est tout à la fois peu de choses, mais aussi, de façon indéniable, un scandale d’exception. « Peu de choses », je conviens que cette expression puisse choquer le lecteur. Elle reprend en somme la ligne de défense de Nixon. Le Watergate ? Pas même un « cambriolage de troisième ordre », comme l’avait appelé son attaché de presse : une « tentative de cambriolage de troisième ordre » avait corrigé Nixon en 1972. Pas de quoi fouetter un chat; une sordide et banale affaire d’espionnage politique. C’est d’ailleurs cette perception des faits, et sans doute le cynisme de l’opinion publique, habituée à pire, qui explique que de nos jours les sondages révèlent que, pour les jeunes adultes américains, le Watergate n’est pas vraiment un scandale politique d’exception...

 

Et pourtant ! Le Watergate fut un scandale politique d’exception, pour au moins deux raisons. La première, l’inouïe entreprise de dissimulation, entrave à la justice et abus de pouvoirs caractérisés; le fameux cover-up, qui conduisit Nixon à demander à la CIA d’intervenir pour que le FBI suspende son enquête sauf à nuire aux intérêts de la sécurité nationale des États-Unis. La seconde, c’est que le cambriolage des locaux du Comité national démocrate, sis dans l’immeuble du Watergate, à Washington, D.C., ne fut que la partie émergée de l’iceberg. Rapidement, le terme Watergate devint un terme générique, embrassant tout ce que l’Attorney General John Mitchell appela les « horreurs de la Maison-Blanche » (Mitchell lui-même finit en prison pour avoir trempé dans ces basses oeuvres). La somme de ces indélicatesses ou délits flagrants en vint à constituer une nébuleuse épaisse d’actes illégaux et répréhensibles. C’est aussi cela, le « vrai » Watergate.

 

PdA : Le personnage de Nixon a quelque chose de fascinant et dont l'étude relèverait sans doute, pour partie, de la psychanalyse : il a été, au cours de sa longue carrière, capable d'authentiques moments de grandeur (je pense à la manière avec laquelle il a choisi de gérer sa défaite contestable face à Kennedy en 1960, notamment) et, à d'autres moments, coupable des bassesses les plus inexcusables. Comment percevez-vous l'homme Richard Nixon ?

 

A.C. : S’il y a un mot qui caractérise Nixon, c’est bien celui de « paradoxe ». Je crois juste la définition que donnait de lui H.R. Haldeman - son plus proche collaborateur avec Kissinger -, l’homme qui fut le secrétaire général de la Maison-Blanche avant d’être envoyé, lui aussi, en prison par le Watergate. Il comparait la personnalité de Nixon aux multiples facettes d’un cristal de quartz : « Certaines brillantes et étincelantes, d’autres sombres et mystérieuses. […] Certaines fort profondes et  impénétrables, d’autres superficielles. Certaines douces et polies, d’autres brutes, rugueuses et coupantes. ».

 

Nixon était capable du meilleur, comme du pire. Paradoxe ultime, il savait faire preuve de beaucoup de grâce et de qualités d’homme d’État dans les crises et la défaite. Mais il était en revanche beaucoup moins noble dans la victoire et le succès. Vous citez à juste titre son attitude irréprochable en 1960 lors de sa défaite, d’un cheveu, contre Kennedy. Or, en 1972, alors qu’il avait écrasé McGovern, le candidat démocrate et que tous les sondages le donnaient, depuis des mois, gagnant, il eut une attitude beaucoup moins noble, et même quasiment pathologique. Ses proches, en particulier Charles Colson, un autre des protagonistes centraux du Watergate, ont décrit un Nixon renfermé et paranoïaque à l’heure de son triomphe. Et, à peiné réélu, il accumula d’ailleurs des erreurs qui allaient contribuer à sa chute, comme celle d’exiger une démission collective immédiate de ses collaborateurs à la Maison-Blanche ! Comme si on changeait une équipe qui gagne...

 

PdA : « Le jugement de l'histoire », disait Nixon, « repose sur ceux qui l'écrivent ». À quoi un bilan honnête, juste de sa présidence devrait-il ressembler, à votre avis ?

 

A.C. : Il allait même plus loin que cela. « L’histoire me traitera bien. Les historiens probablement pas, car ils sont pour la plupart de gauche », affirmait en 1988 Richard Nixon durant l’émission Meet the Press. Bref, Nixon a cherché à politiser une domaine qui ne devrait pas l’être, celui de la recherche historique. Et, lui-même, comme Kissinger, tous deux auteurs prolixes, se sont personnellement chargés d’écrire « leur » histoire, ou en tout cas leur « part de vérité ». Aussi, tenir la balance égale, parvenir à un bilan équilibré sont-ils des tâches ardues.

 

C’est ce que je me suis efforcé de faire, dans ma biographie, en ayant pour fil conducteur une masse considérable et précieuse d’archives inédites ou nouvellement déclassifiées. La tâche, une fois encore, était ardue : j’y ai donc consacré plus de huit années et j’ai jugé nécessaire de dépasser les mille pages de texte, car les débats et polémiques abondent dans la longue carrière de Nixon : anticommunisme; Chasse aux sorcières, Guerre froide; Vietnam/Cambodge; Chili; Realpolitik; crimes de guerres, voire crimes contre l’humanité; droits civiques/discrimination positive; Watergate, etc.

 

PdA : Reste-t-il encore quelque chose de l'affaire du « Watergate », de Nixon aujourd'hui ?

 

A.C. : De l’affaire du Watergate, sans nul doute, comme évoqué en réponse à votre première question. De Nixon, sans nul doute aussi, ne fût-ce que par ses succès éblouissants en politique étrangère. « L’ouverture » de la République populaire de Chine, un des éléments les plus fondamentaux de l’histoire du XXe siècle, en est le témoin. Et c’est sur cet héritage que nous vivons encore aujourd’hui, avec la place de plus en plus grande prise par la Chine sur échiquier mondial. « Nixon goes to China » : cette expression est le pendant du Watergate. Les deux côtés du bilan de Nixon. Sa face obscure, le Watergate, et sa face brillante, un succès diplomatique extraordinaire, devenu un modèle que cherchent à imiter les chefs d’État. Imaginez un Obama qui se rendrait à Téhéran avant de conclure la paix au Proche-Orient...

 

Nixon avait pris conscience de l’affaiblissement relatif des États-Unis à la fin de la décennie soixante et au début de la décennie soixante-dix (Vietnam, parité stratégique avec l’Union soviétique, concurrences économiques nouvelles de la CEE et du Japon, divisions et fractures profondes de la société américaine…). La moindre de ses qualités n’est pas d’être parvenu, dans ce contexte très défavorable, à avoir redonné toute leur place et leur poids aux États-Unis dans le concert des nations.

 

Antoine_Coppolani_Hano_

 

 

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Vous pouvez retrouver Antoine Coppolani...

 

20 juin 2012

Paroles d'Actu : un an

Le premier billet du blog a été publié il y a un an, c'était le 15 juin 2011. L'occasion pour moi de revenir sur cette année riche en événements et en contributions. L'occasion de remercier, une fois de plus, celles et ceux qui ont accepté de m'accorder un peu de leur temps, en me répondant, en me lisant. L'occasion, enfin, de dire quelques mots sur l'origine de ce blog et sur ma démarche.

 

Le 18 septembre 2002, j'ai souhaité créer sur la plateforme gratuite Aceboard un forum convivial, fortement axé sur les sujets et les débats d'actualité, questions m'intéressant tout particulièrement. Le Forum 21 était né. Pseudo : Phil Defer. 17 ans, à l'époque. Sous l'impulsion d'un membre du forum, nous avons décidé, quelques mois plus tard, de créer un "webzine" sur lequel nous publierions quelques billets d'humeur, quelques réflexions personnelles sur la culture, la politique française ou la marche du monde.

 

À l'automne 2003, un événement attire mon attention. Un vote de recall aura bientôt lieu en Californie. Les citoyens de l'État doré devront dire s'ils souhaitent la destitution ou le maintien de leur gouverneur, le démocrate Gray Davis. Ils choisissent au même moment le nom de celui ou de celle qui lui succédera à Sacramento si la destitution est majoritaire. Parmi les candidats, une grande star, le républicain Arnold Schwarzenegger. Quelques candidats soutenus par des partis majeurs, ou du moins bien implantés sur le territoire. Et une grosse centaine de petits candidats... Sur un site d'information américain (CNN, de mémoire), la liste de tous ces candidats. Noms... et adresses de sites web pour ceux qui en disposent. Tous farfelus ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs projets ? Que pensent ces hommes et ces femmes, auxquels les médias ne donneront jamais d'exposition à la hauteur de leur engagement, du gouverneur sortant, de la situation de l'État... De la France, tiens, pourquoi pas ? Question pas tout à fait hors de propos en cette période où les tensions américano-françaises nées de la guerre d'Irak sont vives. J'ai décidé d'élaborer un questionnaire "type", et de le transmettre à une bonne partie de ces personnes. Ils sont une dizaine à m'avoir répondu. J'ai rédigé le questionnaire en anglais, leurs réponses m'ont évidemment été transmises dans la même langue. J'ai tout traduit en français et ai élaboré pour le webzine un grand article recueillant ces différents témoignages, inédits en France et en français. J'ai toujours aimé l'anglais, un fait que je porte au crédit des différents professeurs qui ont jalonné mon parcours scolaire puis universitaire. J'ai toujours été attiré par l'Amérique, par son histoire, sa culture, ce qu'elle dégage. Deux de mes passions ainsi réunies. Et le début, dans l'esprit, de l'expérience Paroles d'Actu. Suivront, sur le même modèle, trois grands dossiers, consacrés à Ronald Reagan après sa mort, aux attentats du 11 septembre 2001 (reproduit avec une introduction inédite sur le blog Paroles d'Actu), et à l'élection de 2004 opposant Bush à Kerry.

 

Le blog a disparu assez vite. Mais l'envie était intacte de continuer dans cette voie, même si je pouvais ressentir un peu de frustration, du fait de ne pas recevoir de commentaires, de critiques qui soient en nombre à la hauteur du travail fourni. Bien avant l'élection américaine de 2008, j'ai contacté quelques "petits" candidats pour leur proposer un questionnaire bien plus poussé que celui de 2003. Sur les raisons de leur engagement, leurs idées, leurs solutions. Là encore, un beau succès. Parmi les réponses, celle de M. Wayne Allyn Root, qui allait être un an après le candidat pour la vice-présidence sur le ticket du Parti libertarien. Je l'avais notamment interrogé sur sa perception de Nicolas Sarkozy, tout juste élu président de la République. Un regard totalement inédit. Tous ces documents ont été publiés sur le Forum 21. Je profite de l'occasion pour annoncer, avec tristesse, sa disparition puisque l'hébergeur Aceboard, après des années de parcours chaotique, est définitivement H.S. Des milliers de pages de débats, d'analyses, de moments partagés... Envolées. Le forum aurait eu dix ans au mois de septembre. La fin d'une belle épopée... Resteront des souvenirs, et des amis.

 

La politique m'intéresse depuis bien longtemps. Dès l'âge de dix ans, je regardais les Guignols, et c'est un univers qui me fascinait, déjà. J'avais enregistré, à l'époque, la soirée de deuxième tour de la présidentielle de 95 qu'avaient organisée les Guignols. Je l'ai regardée plus d'une fois. Je me suis familiarisé avec ce milieu auquel rien ne me rattachait, à la base. Depuis, j'ai appris à diversifier mes sources... et j'ai appris d'autres choses. Après le bac, j'ai opté pour un cursus licence AES-Histoire à l'Université Lyon 2. Un parcours qui m'a éveillé à un grand nombre d'enjeux, je pense à l'organisation territoriale de la France, je pense à l'économie, je pense à l'Europe. Mon Master 1 en Droit public a aiguisé mes connaissances en matière de fonctionnement de l'État, de droit international. Mon Master 2, "Action et coopération des collectivités territoriales en Europe" m'a davantage encore ouvert l'esprit et m'a fait prendre conscience de ces multiples interdépendances qui existent au sein de notre continent. Des systèmes différents, mais toujours des moyens, en tout cas une volonté de travailler ensemble. Je souhaite exprimer à tous ces professeurs qui m'ont tant appris ma sympathie et ma reconnaissance, aujourd'hui. Un stage a conclu ces cinq années d'études supérieures. J'ai eu la chance de le réaliser au sein du siège rhônalpin de l'agence ERAI, une association ayant pour but d'aider les entreprises régionales à exporter sur les points dynamiques du globe, et les entreprises étrangères à s'installer en Rhône-Alpes. Une expérience très enrichissante au cours de laquelle j'ai eu la chance de côtoyer des gens réellement passionnés, et qui avaient les deux pieds dans ce concept un peu effrayant, un peu obscur, celui de la "mondialisation". J'ai développé à l'occasion de ce stage deux des disciplines qui me passionnaient le plus, l'anglais, et l'économie. Deux ans après, face au droit public, c'est l'économie que je choisis comme thème majeur de mon concours externe d'attaché territorial. Admissible, je suis finalement admis après des oraux concluants - particulièrement en anglais - à Aubagne. Une grande fierté, même si je n'ai pas à ce jour de poste.

 

La politique, donc. J'ai très tôt souhaité renouveler l'expérience "californienne" avec la politique française. L'objectif : alors que je ne connais aucune personnalité politique, essayer d'en contacter. Par mail. Leur demander s'ils accepteraient de consacrer un peu de leur temps à un jeune "journaliste amateur". Qui publierait leurs réponses sur son webzine ou son forum. Pas plus de 100 vues à en attendre, et encore... Le résultat m'a fait et me fait toujours chaud au cœur. Un grand nombre de personnalités ont joué le jeu, au moins en s'excusant personnellement de n'avoir pas assez de temps à me consacrer. Parfois, en me donnant un accord de principe, aboutissant souvent à un échange. Une "interview par mail". Je dispose de quelques archives que je publierai sans doute sur Paroles d'Actu, pour certaines. D'autres sont déjà en ligne. Les réponses d'Olivier Besancenot au long questionnaire que je lui avais adressé avant la présidentielle de 2007, celles de François Hollande en 2003 (copier-coller assez maladroit issu d'un document de congrès pour les premières questions, mais fin inédite et assez savoureuse). Celles de Georges Sarre sur François Mitterrand ou encore l'entre-deux-tours de 2007. Voilà pour les archives, pour le moment.

 

En créant Paroles d'Actu, je me suis fixé comme objectif de recueillir de nouveaux témoignages, en cette année politique (2011-2012) qui s'annonçait logiquement chargée. Je tiens à remercier ici, du fond du coeur, toutes celles et tous ceux, cités ou non jusque là et qui avaient accepté de m'accorder de le temps, avant l'existence de Paroles d'Actu. Et ces personnes qui m'ont répondu depuis juin 2011. Je vous suis extrêmement reconnaissant de l'avoir fait. C'était à chaque fois un acte généreux. Et merci à Google News d'avoir accepté ma demande d'être inclus dans leurs sources d'actualité, c'est un grand privilège que je reçois comme tel...

 

Depuis juin 2011, donc, par ordre chronologique... Becky Rusher, candidate à la présidentielle américaine de 2012, Xavier Collet sur le libertarianisme et la présidentielle, Maxime Verner, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Borie, Nathalie Arthaud, candidats à la présidentielle de 2012, des Américains sur leur élection de 2012 et l'avenir de leur pays, Najat Vallaud-Belkacem, future ministre, André Santini, figure du Nouveau Centre, Jean-François Debat, membre de l'équipe de campagne de François Hollande, de jeunes Français de tous bords pendant la présidentielle, Michel Dinet, président du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, Grigori Michel et Arnaud Dussud, jeunes candidat aux législatives, Philippe Meirieu, pédagogue reconnu et candidat à Lyon, deux témoignages de Britanniques à l'occasion du jubilé de la Reine Elizabeth II, Benjamin Lancar, président des Jeunes UMP, Ahmed Laaraj, soutien de Ségolène Royal. Un immense merci à toutes ces personnes. J'attache beaucoup d'importance au fait de donner la parole à des gens de sensibilités très diverses. J'ai contacté beaucoup de monde. Je pourrais presque dire, en réponse à n'importe quelle personne qui me demanderait "Pourquoi pas de représentant de tel parti ?", que j'ai contacté l'un de ses représentants, mais sans succès. Pour le moment ?

 

Voilà une présentation rapide, un petit bilan que je souhaitais faire à l'occasion de cet anniversaire. Je remercie ces milliers de lecteurs, dont vous êtes, qui avez lu les pages de mon blog jusqu'à présent. Je précise que je ne touche pas un centime sur Paroles d'Actu, pas plus que je n'en touchais sur le Webzine F21 ou sur le Forum 21. Il s'agit là d'activités exercées totalement bénévolement. J'espère que vous serez toujours plus nombreux à nous lire, et qu'il y aura encore plus d'intervenants à l'avenir. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, de vos réactions, positives ou négatives, de vos suggestions... Je vous invite à rejoindre le groupe Paroles d'Actu sur Facebook, pour être informés des nouveautés du blog. À vous abonner à notre compte Twitter, parolesdactu. Aidez-nous à nous faire connaître !!! Diffusez le lien ! Voici ma page Facebook, voici donc... Phil Defer. À l'occasion de cet anniversaire, je ferai en sorte de "toiletter" un peu les anciens articles pour leur faire atteindre le standard de présentation des nouveaux. Je publierai également quelques archives.

 

Plus que jamais, je reste fidèle à la devise du blog...

 

 

 

La parole à celles et ceux qui l'ont rarement. La parole de celles et ceux qui l'offrent peu à de "petites" structures. C'est là notre double défi.

 

 

Merci infiniment. À bientôt sur les pages de Paroles d'Actu, un nouvel espace de liberté sur le web !!! Et un bel été à toutes et à tous !!!

 

Nicolas, alias Phil Defer

 

Avec... Nathalie Arthaud, Najat Vallaud-Belkacem, Olivier Besancenot, Jacques Borie, Xavier Collet, Jean-François Debat, Michel Dinet, Nicolas Dupont-Aignan,  Arnaud Dussud, François Hollande, Ahmed Laaraj, Benjamin Lancar, Philippe Meirieu, Grigori Michel, Wayne Allyn Root, Becky Rusher, André Santini, Georges Sarre, Maxime Verner, les jeunes Français, les Américains, les Britanniques qui m'ont répondu... @ suivre

 

 

 

(Edition du 10 juillet 2012, par Phil Defer) : Un grand merci à mon ami Cédric BUONO pour le logo qu'il a confectionné pour Paroles d'Actu. Vous pouvez le retrouver sur son site dédié à l'informatique et au multimédia, http://www.cedricsoft.com.

 


 

 

 

(Edition du 18 juillet 2012, par Phil Defer) : Si vous appréciez Paroles d'Actu et que vous souhaitez être tenu(e) informé(e) de son actualité, "aimez" notre toute nouvelle page Facebook, http://www.facebook.com/ParolesDActu !

 

Times New Roman > Georgia : 01/10/12

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