Dimanche, les Français se sont exprimés. Un peu plus de trente-six mille conseils municipaux, à peu près autant de scrutins, difficile, dans ces conditions, de faire de cette journée d'élections une analyse qui soit globale, et globalement juste. Quelques éléments... L'abstention a atteint des niveaux encore jamais vus pour des municipales, signe que la désaffection - pour ne pas dire la défiance - des citoyens envers la chose politique ne faiblit pas, bien au contraire, qu'elle touche même - et de plus en plus - l'échelon de proximité par excellence, celui que l'on croyait à peu près épargné : la commune. L'électorat de gauche semble être sur-représenté dans ce sucroît abstentionniste, un phénomène qui, sans surprise, fait écho à ce que l'on peut observer depuis quelques mois, au fil des sondages, des rencontres : une incompréhension grandissante - quand la rupture n'est pas déjà consommée - du peuple qui a porté François Hollande à l'Élysée en 2012 vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement.

 

Les enjeux sont essentiellement locaux mais, clairement, le scrutin a bel et bien été, de facto, nationalisé - au grand dam d'élus ou de listes qui auraient ou auront sans doute mérité une lecture, un sort différents. Dans ce contexte d'incertitudes, de perpétuelle crise économique et sociale, le PS souffre, les autres forces de la gauche se maintiennent et l'opposition a le vent en poupe. Le FN, fort des poussées qu'il a connues, de sa victoire dès le premier tour à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), espère bien transformer l'essai, il semble être en capacité de l'emporter dans plusieurs communes ; il sortira en tout cas de cette séquence politique avec un nombre largement accru d'élus territoriaux. L'UMP, portée par l'impopularité du gouvernement, par les divisions de la majorité est, avec ses alliés centristes, bien partie pour effacer ses revers de 2008 - et, sans doute, avancer bien au-delà des lignes tracées il y a six ans...

 

Quelques jours après la mise en ligne du document « Paroles de jeunes candidats », j'ai souhaité recueillir quelques réactions, quelques commentaires d'hommes et de femmes engagés, autour de deux questions, d'un thème : l'entre-deux-tours. Ils sont élus de la République, candidats à un mandat, militants, citoyens... Je les ai contactés en ayant à cœur le respect de certains équilibres, espérant que ceux-ci se retrouvent de manière satisfaisante dans ce panel. Parce qu'ils ont bien voulu m'accorder un peu de leur temps, parce que les délais - entre-deux-tours oblige - étaient, cette fois, particulièrement serrés, je les remercie toutes et tous... Merci, également, à toutes celles et tous ceux qui, sollicités, avaient la volonté de participer, finalement sans succès. Un souhait général, pour conclure cette introduction : que dimanche, pour chacune de nos communes, les meilleur(e)s, les plus aptes l'emportent... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

UNE EXCLUSIVITÉ PAROLES D'ACTU

MUNICIPALES 2014 

Acte II : L'entre-deux...

 

Marianne

(Illustration : Larousse.)

 

 

 

Virginie Duby-Muller

Virginie Duby-Muller

V. Duby-Muller est députée (UMP) depuis 2012. Elle représente les Français de la 4e circonscription de la Haute-Savoie.

  

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?

 

Virginie Duby-Muller : Je commencerai par le rappel des derniers chiffres annoncés par le ministre de l’Intérieur : la droite a recueilli 46,44% des suffrages exprimés, la gauche 38,20 %, l’extrême droite 4,70% et l’extrême gauche 0,60%. La droite est donc la grande gagnante du premier tour, et cette progression de la droite est synonyme de sanction de la gauche au pouvoir. Ce revers cinglant pour le président Hollande et sa majorité doit entraîner une réaction de sa part, et je ne suis pas certaine qu’un simple remaniement suffise pour redresser notre pays.

 

Mais, après m’être réjouie de ces bons résultats et de la réélection, dès le premier tour, de nombreux candidats de droite et du centre, je ne peux pas vous cacher qu’un autre constat m’inquiète par ailleurs. En effet, alors que les élections municipales étaient le scrutin préféré des électeurs après les élections présidentielles, on atteint avec 36,45% un taux record d’abstention depuis 1945 pour un scrutin local, assorti d’une poussée du Front national - phénomène que l’on retrouve dans d’autres pays que la France, d’ailleurs.

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ?

 

V.D.-M. : Au regard des constats précédents, je pense à la ville d’Annemasse, où se trouve ma permanence de député : 56, 21% des électeurs ne sont pas venus voter au premier tour soit 5 350 Annemassiens. Sachant que 670 est le nombre de voix d’écart entre le candidat socialiste et celui de la droite unie, j’encourage tous les abstentionnistes d’Annemasse et de France à aller voter le 30 mars 2014.

 

Les élections municipales sont la première étape de la vie démocratique. Il s’agit pour eux de voter pour un projet de vie et de ville. Je suis résolument optimiste - comme je vous le disais dans mon interview d’octobre dernier - l’alternative existe, des jeunes s’engagent en politique. On cesse de se plaindre de l’impuissance du politique, on va voter le 30 mars 2014 !

 

Propos recueillis le 26/03/14

Retrouvez Virginie Duby-Muller sur Twitter, sur son site, sur Paroles d'Actu...

 

 

Anne Brissaud

Anne Brissaud

A. Brissaud (UDI) est docteur en psychosociologie. Elle est en 2e position sur la liste menée par J. Domergue pour Montpellier (Hérault).

Quatre qualifiés pour le second tour : J.-P. Moure (PS ; 25,27%), P. Saurel (DVG ; 22,93%), J. Domergue (UMP ; 22,71%), F. Jamet (FN ; 13,8%).

  

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ? 

 

Anne Brissaud : Tout est ouvert, désormais. C'est la fin de l'empire ! Les héritiers se déchirent dans la décadence de leur système vieux de quarante ans, à Montpellier. L'heure est historique, nous assistons à une recomposition du paysage. Plus que jamais, le changement est possible, et les Montpelliérains peuvent saisir cette opportunité. 

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ? 

 

A.B. : Allez voter ! Prenez dix minutes dimanche pour partager ce moment historique avec nous, la libération de Montpellier. Franchement, dix minutes, ce n'est pas grand-chose, mais ce sera un grand pas pour Montpellier. 

 

Propos recueillis le 27/03/14

Retrouvez Anne Brissaud sur Twitter, sur son site de campagne...

 

 

Pierre-Yves Le Borgn (2014)

Pierre-Yves Le Borgn'

P.-Y. Le Borgn' est depuis 2012 le député (PS) de la 7e circonscription des Français de l'étranger.

 

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?

 

Pierre-Yves Le Borgn' : Parlons clair, même si cela fait mal, en l’occurrence : le premier tour des élections municipales a été un désaveu pour le gouvernement et pour le Parti socialiste. L’absence de résultats sur le front du chômage, l’injustice de certaines mesures fiscales et la difficulté à traduire dans l’immédiate réalité l’espoir du printemps 2012 expliquent la sanction des urnes. Nombre d’électeurs de gauche ont boudé les candidats du Parti socialiste en s’abstenant, ou bien en votant pour le Front national ou pour la droite.

 

J’estime que, si des décisions gouvernementales ont parfois pu être contestables, notamment en matière de fiscalité, la direction assumée par le Premier ministre est la bonne. C’est en travaillant sur la compétitivité de l’économie française, et notamment sur le coût du travail, que l’on remettra notre pays sur les rails en Europe, où se trouvent beaucoup de nos clients et de nos concurrents. Là où le gouvernement a péché, en revanche, c’est dans la mise en cohérence des réformes conduites depuis l’été 2012, et surtout dans le défaut d’explication sur la profondeur de la crise et sur l’urgence de mesures certes difficiles, mais nécessaires. Il faut pouvoir tracer un chemin, et l’expliquer. En donnant un échéancier et en privilégiant, dans ce cadre, la justice sociale (réforme fiscale, par exemple). Cela a fait défaut, et le Parti socialiste l’a payé cash le 23 mars.

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ?

 

P.-Y.L.B. : Le gouvernement se bat contre la conséquence d’années de renoncements. La première des injustices sociales est le chômage, et la politique engagée, reposant sur la réduction des déficits et la baisse du coût du travail, vise à relancer durablement l’emploi en France. Cela, ni la droite, ni le Front national, ne le proposent. Voter pour les listes du Parti socialiste - ou soutenues par lui - le 30 mars, c’est aussi faire le choix d’un(e) maire qui saura valoriser les services publics, l’attention aux plus humbles et le soutien à la petite enfance. Le travail sur le terrain des maires socialistes le prouve amplement.

 

Propos recueillis le 27/03/14

Retrouvez Pierre-Yves Le Borgn' sur Twitter, sur son site, sur Paroles d'Actu...

 

 

Gaëtan Dussausaye Campagne

Gaëtan Dussausaye

G. Dussausaye (FN) est secrétaire départemental du Front national de la Jeunesse (FNJ) de Paris.

Porte-parole de la campagne de Wallerand de Saint Just pour Paris (6,26%), il a conduit la liste FN-RBM dans le 11e ar. (5,47%).

  

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?

 

Gaëtan Dussausaye : Bonjour Nicolas. Je crois que nous pouvons être très fiers des résultats obtenus, notamment dans le 11e arrondissement de Paris, dimanche dernier, à l’issue du premier tour de ce scrutin municipal. En effet, de Marseille à Lille, d’Hénin-Beaumont à Saint-Gilles, de Forbach à Avignon, etc… partout, nous avons réussi à créer la surprise !

 

Nous pouvons le dire : le Front national - Rassemblement Bleu Marine est le grand gagnant de ce premier tour des élections municipales ! Seul contre tous, nous avons été en mesure non seulement de gagner une municipalité, à Hénin-Beaumont, mais également de faire élire plus de 400 conseillers municipaux. À l’issue du second tour, dimanche prochain, notre implantation locale sera plus que jamais avérée.

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ?

 

G.D. : Le Front national - Rassemblement Bleu Marine est, aujourd’hui, une véritable force autonome, alternative au système de l’UMPS et à ses alliés, capable de faire élire un grand nombre de conseillers municipaux dans toute la France et de remporter des mairies.

 

Dimanche prochain, vous aurez la possibilité de mettre un terme au vieux balancier : « une fois PS, une fois UMP ».

Dimanche prochain, vous aurez la possibilité de sanctionner de la manière la plus ferme qui soit le gouvernement de François Hollande, et sa politique d’austérité.

Dimanche prochain, vous aurez la possibilité d’exiger le non-retour de l’UMP, qui, deux ans plus tôt, faisait exactement ce qu’il dénonce aujourd’hui.

Dimanche prochain, en votant pour les candidats du Front national - Rassemblement Bleu Marine vous voterez pour plus de prospérité, de tranquillité, et de solidarité dans vos communes.

Dimanche prochain, saisissez-vous de cette chance : faites gagner le parti du bon sens, le parti de la vraie vie !

 

Propos recueillis le 27/03/14

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Laurence Arribagé

Laurence Arribagé

L. Arribagé, secrétaire départementale de l'UMP de Haute-Garonne, est en 2e position sur la liste menée par J.-L. Moudenc pour Toulouse.

Deux qualifiés pour le second tour : J.-L. Moudenc (UMP ; 38,19%), le maire sortant P. Cohen (PS ; 32,26%).

  

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?

 

Laurence Arribagé : Les Français ont témoigné d’une volonté de changement dans les municipalités de gauche. À Toulouse, le maire sortant a soutenu une politique nationale dont les Toulousains ne veulent plus. À l’image du gouvernement, il est au service d’un clan politique, là où les Toulousains veulent d’un homme qui les rassemble. Ce premier tour a été celui de la mobilisation et du terrain, pour Jean-Luc Moudenc, cela a payé ! Sans triomphalisme, je peux dire qu’en ayant mis les Toulousains au cœur de notre projet, au cœur de notre campagne et au cœur de l’ambition que nous voulons donner à notre ville, nous avons créé un dialogue sincère et des échanges profonds sur les sujets du quotidien.

 

Les Toulousains ont besoin d’une équipe municipale qui leur ressemble, c’est le choix que nous avons fait en ayant la moitié de la liste composée de personnes issues de la société civile. Les Toulousains ont besoin de candidats qui s’engagent pour leur quotidien : nous avons mis la sécurité, les transports, la qualité de vie et les finances de la ville au cœur de notre projet. Ce premier tour est sans aucun doute celui d’un carton jaune au gouvernement au niveau national, et celui d’un carton rouge au maire de Toulouse ! 

  

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ? 

 

L.A. : Le message que je souhaite adresser est simple et fondamental pour l’avenir de nos municipalités, c’est celui de la mobilisation dans les urnes. L’élection municipale est l’occasion pour chaque citoyen de devenir acteur de sa ville, de celle des générations futures. Le premier tour a été marqué au niveau national par une abstention importante, or, dans les rues, chaque jour sur le terrain, nous entendons de nombreux habitants se plaindre de la politique menée au niveau national, des impôts qui touchent la classe moyenne, des engagements non tenus.

 

Je dis aux lecteurs et aux électeurs que leur carte électorale est un moyen concret d’exprimer ce mécontentement. Le maire d’une ville est l’acteur du quotidien, les Toulousains ne peuvent pas laisser les autres décider pour eux. Dimanche, j’invite celle et ceux qui veulent donner un carton rouge à Pierre Cohen, qui veulent une autre ambition pour la ville rose, un nouvel élan pour la ville de demain à se mobiliser massivement pour Jean-Luc Moudenc, à voter et faire voter pour notre liste. Aux abstentionnistes je dis : prenez votre avenir en main ! 

  

Propos recueillis le 27/03/14

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Lucas Nédélec 2014

Lucas Nédélec

L. Nédélec est secrétaire fédéral des Jeunes écologistes.

 

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?  

 

Lucas Nédélec : J'en retiendrai deux choses. D'abord, le fort taux d'abstention, dû à une désespérance vis-à-vis de l'action politique, et surtout à une énorme déception par rapport au gouvernement et au PS en général. Cela nourrit la crise de confiance envers les partis classiques et fait mécaniquement monter le Front national. La deuxième chose, c'est le retour d'une alternative de gauche dans les urnes : là où les écologistes se sont présentés en autonome, alliés ou non avec le Front de Gauche et les forces citoyennes, les gens se mobilisent et plébiscitent la révolution écolo au niveau local (que ce soit à Grenoble, Rennes, Nantes, Poitiers, Valence, Sevran...).

 

On a beaucoup parlé des quelques villes moyennes où le Front national a eu des résultats inédits, mais beaucoup moins de toutes ces villes où les écologistes et la gauche, la vraie, ont progressé, de manière spectaculaire. En ce sens, le traitement médiatique a été complètement partial... On attend toujours les émissions de soirées électorales qui parleront des vrais enjeux de fond, de ce qui intéresse vraiment les Français...

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ?

 

L.N. : Les candidats de droite et d'extrême-droite présentent l'immigration et la sécurité comme les enjeux principaux de la campagne. Ils présentent les choses complètement à l'envers ! L'insécurité et la défiance naissent d'abord des inégalités sociales, de la galère, de la précarité, et des injustices vécues par les gens.

 

Nous, écologistes, nous disons : donnons un logement décent à tout le monde, faisons en sorte que tous les habitants puissent prendre les transports en commun pour pas cher, créons des emplois locaux utiles et non délocalisables, redonnons la parole aux quartiers et à ceux qu'on écoute jamais, permettons à tous les citoyens de bien se nourrir et d'être en bonne santé... Et à partir de ce moment-là, on pourra reparler sécurité et immigration, sans en faire des écrans de fumée qui masquent les vrais problèmes. C'est ça, être de gauche aujourd'hui, et porter un vrai projet pour nos villes. C'est ça, être écologiste et défendre le respect de la planète, en même temps que l'émancipation des gens.

 

Propos recueillis le 28/03/14

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Thomas Lauret 2014 

Thomas Lauret

Engagé auprès d'Anne Hidalgo pour Paris (34,4%), T. Lauret a conduit la liste PS dans le 16e ar. (12,98%).

Il a été élu au Conseil de Paris à l'issue de ce premier tour.

 

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?  

 

Thomas Lauret : On constate une mobilisation forte des électeurs de droite, et notamment de la droite réactionnaire, qui se traduit à Paris par les scores de MM. Goasguen, Goujon, Kuster/Debré, Legaret et Lecoq. Dans le même temps, certains électeurs de gauche, notamment les jeunes, semblent avoir boudé les urnes. Enfin le Front national monte beaucoup en France, moins à Paris - sauf en périphérie. L'impatience vis-à-vis de la politique gouvernementale est forte, mais il s'agit d'élections locales.

 

Veut-on à Paris que l'équipe Tibéri reprenne la ville, quand MM Goasguen, Goujon, Legaret et Lecoq étaient aux affaires ? Voulez-vous des cumulards récidivistes qui gèrent leur arrondissement à mi-temps (Rachida Dati est députée européenne et entend l'être à nouveau, MM. Goujon et Goasguen sont députés et élus à Paris depuis 1983...) Voulons-nous à Paris ceux qui ont manifesté contre le tramway, contre les logements sociaux, contre l'amour gay ? Enfin, voulons-nous une UMP qui ouvre la porte des mairies au FN, à l'expression du repli sur soi, de la haine des autres et de l'exclusion des plus faibles en refusant le front républicain mis en place par les socialistes ? Voulons-nous dans le 5e le retour du clan Tibéri, honni puis allié avec Mme Kosciusko-Morizet ? Voulons-nous dans le 12e une équipe qui s'injurie, le quatrième de la liste de droite appelant à voter contre sa tête de liste et NKM... ?

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ?

 

T.L. : J'appelle tous ceux qui veulent lutter contre les extrêmes et leurs cortèges de violence et d'exclusion, j'appelle les jeunes et les électeurs de gauche et de l'écologie à se mobiliser en masse pour ne pas que Paris régresse, pour que Paris continue à être rassembleuse, sérieuse, innovante et solidaire, avec Anne Hidalgo et ses têtes de liste. Bertrand Delanoë citait hier soir Victor Hugo : « Le genre humain a des droits sur Paris. Pour diriger Paris, il faut aimer le monde ». Alors, votez et faites voter. Aux urnes, citoyens !

 

Propos recueillis le 28/03/14

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David Kimelfeld 2

David Kimelfeld

D. Kimelfeld, secrétaire fédéral du PS du Rhône, est le maire sortant du 4e ar. de Lyon.

Engagé auprès de Gérard Collomb pour Lyon (35,76%), il est candidat à sa réélection.

Trois qualifiés pour le 2nd tour se maintiennent : D. Kimelfeld (34,26%), E. Hamelin (UMP ; 26,46%), A. Guitard (FG ; 10,02%).

 

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?   

 

David Kimelfeld : Dans un premier temps, je tiens à remercier vivement tous les Croix-Roussiennes et Croix-Roussiens, et plus largement tous les Lyonnaises et Lyonnais qui ont accordé leur confiance, dès le premier tour, à la liste « Évidemment Lyon » avec Gérard Collomb. Ces résultats m'encouragent à poursuivre mon engagement au service du 4e arrondissement. Nous abordons le second tour avec optimisme et détermination pour rendre notre ville toujours plus belle, plus douce, plus dynamique et plus solidaire.

 

Je fais le constat d'une adhésion large de nos concitoyens à l'action menée avec Gérard Collomb et ses équipes depuis 2001. Les scores qu'ont réalisé nos listes « Évidemment Lyon » sont l'illustration de la volonté des Lyonnaises et Lyonnais de nous accorder à nouveau leur confiance au cours du prochain mandat. Réaliser de grands projets tout en transformant chaque quartier, faire rayonner Lyon tout en proposant toujours plus de services, plus d'espaces verts, et plus de solidarité, c'est notre projet pour le mandat à venir. Nous souhaitons continuer à rendre notre ville de Lyon toujours plus agréable à vivre, et je suis honoré que les Lyonnais partagent majoritairement notre vision, par leur soutien dans les urnes.

 

Je fais également le constat du mécontentement et de l'inquiétude d'une partie de nos concitoyens, cela s'est traduit par une montée des extrêmes. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons souhaité, avec Gérard Collomb, nous unir avec la liste écologiste « Inspirez Lyon ». C’est en fédérant les énergies que nous pourrons continuer à aller de l’avant. Ce choix d'un large rassemblement doit nous permettre de rendre le quotidien des Lyonnais toujours meilleur, et notamment en matière de développement durable et de respect de l'environnement, axes majeurs de notre action passée et à venir.

 

Dans un contexte national particulier, le scrutin du premier tour dans notre ville a confirmé l'exception lyonnaise que nous avons contribué à mettre en oeuvre ces dernières années. Une ville dynamique, solidaire, où chacun peut travailler et s'épanouir : c'est notre ambition pour le mandat à venir.

  

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ?

 

D.K. : Comme vous le savez, une grande partie de nos concitoyens ne s'est pas rendue aux urnes dimanche dernier. Désintérêt pour la chose publique, mécontentement vis à vis de l'action menée au niveau local ou national, ou difficulté de se retrouver dans les propositions de chaque candidat sont autant de raison de choisir l'abstention.

 

Je souhaite principalement m'adresser à ces électeurs, à qui je veux assurer que le choix des listes « Évidemment Lyon » au second tour des élections municipales est la seule manière de permettre de continuer à métamorphoser Lyon et chacun de ses arrondissements. Par une gestion responsable des dépenses publiques, qui est aujourd'hui reconnue par tous, et par un projet ambitieux permettant à tous de bénéficier d'un meilleur cadre de vie, nous souhaitons continuer à faire de Lyon une ville où il fait bon vivre.

 

Voter pour les listes « Évidemment Lyon », c'est aussi faire le choix de l'ouverture et de la solidarité, faire le choix d'un projet attentif et respectueux de tous. Dimanche prochain, le choix de chacune et chacun sera décisif. Pour Lyon, pour les Lyonnais, pour votre avenir et celui de vos enfants, évidemment !

 

Propos recueillis le 28/03/14

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Jade Jousselin

Jade Dousselin

J. Dousselin est secrétaire nationale du MJS en charge de la riposte à l'extrême droite. 

  

Paroles d'Actu : Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections municipales ?   

 

Jade Dousselin : Le premier constat que l'on doit dresser de cette élection est sûrement le plus alarmant. Plus d'un Français sur trois ne s'est pas déplacé pour voter à une élection qui représente pourtant le premier échelon de la vie citoyenne : l'élection du maire et de son équipe. Pire encore : chez les 18-24 ans, c'est plus d'un électeur sur deux qui ne s'est pas déplacé. Quand la droite et l'extrême droite crient à la victoire, on s'interroge sur ce que peut être une telle victoire, avec un taux d'abstention aussi haut. Cette élection est avant tout une défaite. La défaite de la démocratie, et elle est collective. Dans ses causes comme dans ses conséquences.

 

Le second constat n'est pas moins inquiétant. C'est évidemment la percée de l'extrême droite. Le score obtenu par le Front national de Marine Le Pen a battu tous les records. Dès le premier tour, la ville d'Hénin-Beaumont a basculé dans leur giron, ils sont en tête dans 17 villes et en capacité de se maintenir dans 229. Le pari lepéniste semble gagné. Ils ont réussi la première bataille, celui de s'implanter durablement dans l'ensemble du territoire afin de créer un véritable maillage, essentiel sur le long terme.

 

Le vote sanction s'est exprimé, c'est un fait, et de la pire des manières. Ceux qui se disent aujourd'hui républicains et proches du peuple n'ont pas changé. Ce sont les mêmes qui criaient à la préférence nationale, à la fin des aides pour les plus démunis, au recul des droits des femmes et des personnes LGBT, à la réduction des impôts pour la frange la plus aisée de la société, à la fermeture des frontières. Du Front national d'hier à celui d'aujourd'hui, il n'est que le langage qui ait changé. Oui, ils réduiront les impôts dans les villes gagnées, mais pour les plus aisés, supprimant par la même toute idée de services publics, comme les crèches.

 

Le dernier constat est consternant. C'est celui d'une droite en perte de repères. Celui d'une droite qui, au lendemain du 23 mars, après une percée sans précédent de l'extrême droite, se fourvoie sur l'autel de l'électoralisme. De la logique du « ni-ni » à la fusion des listes UMP/FN, rien n'aura été épargné au front républicain, qu'ils ont déclaré mort. Comme si le FN était un parti comme les autres, avec lequel on peut débattre, s'associer, voire fusionner. Comme si certains de ses candidats n'avaient pas été pris en flagrant délit de nostalgie néo-nazie sur les réseaux sociaux, comme s'il fallait fermer le yeux, intérêt électoraliste oblige... Quand le principal parti d'opposition brouille les lignes, efface le cordon sanitaire autour de l'extrême droite, s'approprie ses thèmes, s'autorise ce genre de faux débats, les conséquences sont là et l'onde de choc est désastreuse.

 

Les dirigeants de l'UMP qui, aujourd'hui, prétendent vouloir exclure ceux qui dans leur rangs font alliance avec le FN ne trompent personne. Si des militants de droite peuvent s'allier avec des militants d'extrême droite, c'est qu'ils ont une réelle proximité idéologique. L'appareil UMP ne peut prétendre condamner de telles démarches quand, depuis des mois, ils préparent leurs militants et leurs électeurs aux alliances extrêmes. Ces démarches sont choquantes. Elles montrent un réel glissement de l'électorat traditionnel de droite et un brouillage des anciennes grilles de lecture qui permettaient d'identifier clairement le Front national hors du champ républicain, ce qu'il est toujours. Je ne peux qu'avoir une pensée pour les camarades de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, où toute la jeune gauche s'est unie pour battre la liste de la honte.

 

Maintenant, quels enseignements en tirer pour la gauche et le Parti socialiste ? Le premier est celui de l'inquiétude de nos concitoyens face à leur propre avenir. Le chômage augmente et chacun prend aujourd'hui la mesure de l'ampleur du problème et de la complexité des réponses à y apporter. Le gouvernement prend des mesures, mais force est de constater qu'il lui faut aller plus loin et plus vite. Les emplois d'avenir constituent une excellente mesure, mais elle est derrière nous. Il faut penser la réindustrialisation, favoriser l'innovation et investir massivement dans la recherche. Les clés de la croissance sont là et le gouvernement l'a compris. Il a également compris que les résultats du premier tour des municipales étaient un signal d'alarme, celui d'une France étouffée, qui peine à voir la sortie du tunnel.

 

Le second enseignement est celui de la perte de confiance de nos concitoyens. Perte de confiance dans les politiques, dont la crédibilité se trouve profondément entaché par de multiples affaires ; perte de confiance, surtout dans le politique. Comme si l'engagement citoyen dans le cadre institutionnel prévu par la République ne servait plus à rien. Au désenchantement succède la perte de crédibilité, pire encore, l'indifférence à l'encontre de la vie politique du pays et de l'Europe, à la veille d'une élection majeure pour l'Union européenne.

 

L'ensemble des organisations politiques porte une part de responsabilité majeure dans ce constat. Je ne serai pas plus clémente avec ma propre organisation qu'avec les autres. Car ce serait une erreur de croire que, parce que nous avions gagné dans les urnes en 2012, nous aurions pour autant gagné dans les têtes aujourd'hui. Plus que jamais, la gauche de pouvoir a un défi à relever. Celui de changer les pratiques politiques, dire stop au cumul des mandats, renouveler la classe politique, permettre le vote des étrangers aux élections locales, ouvrir les frontières de l'Europe au monde. C'est à nous de reprendre le combat collectif, non contre le gouvernement mais pour construire, à gauche, ces défis quotidiens qui feront les grands changements de demain. C'est à nous de faire en sorte que la jeunesse trouve son intérêt dans le combat politique, car sans une jeunesse engagée et exigeante, rien ne changera.

 

Dans ce contexte difficile pour ma famille politique et pour la gauche en général, notre responsabilité est immense, nous en avons conscience et nous devons collectivement chercher les réponses pour construire un avenir meilleur.

 

PdA : Souhaiteriez-vous adresser un message à nos lecteurs ? 

  

J.D. : Si j'ai une seule chose à dire, c'est : allez voter ! Quelles que soient votre déception, votre amertume, vos inquiétudes en l'avenir, allez vous exprimer. Car rien n'est pire que le renoncement. Quand les citoyens tournent le dos les urnes, il n'y a qu'un grand vainqueur, c'est l'extrême droite. Ne faites pas l'erreur de croire que c'est aux politiques que cela fera mal, c'est vous que cela touchera, c'est votre quotidien que cela affectera. Dimanche, allez votez, quand la jeunesse boude les urnes, le grand perdant, c'est avant tout elle-même. 

 

Propos recueillis le 28/03/14

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