"Éloge de la flânerie", par Rémi Tell
J’inaugure avec cet article une nouvelle rubrique informelle du blog qui, je l’espère, sera amenée à croître. Appelons-la : « Paroles de passionnés ». L’actualité est souvent brutale; quant à la vie, elle sait parfois se montrer cruelle et terriblement déprimante. Bref. J’entends, par cette initiative, mettre l’accent sur du positif en donnant la parole à des passionnés. Notamment à des intervenants du blog qui, déjà, se sont exprimés sur des sujets totalement différents. Plus sérieux et, de temps en temps, franchement clivants. Je pense en particulier aux jeunes engagés en politique, que j’aime à faire s’exprimer sur Paroles d’Actu. Je suis ravi, pour ce premier texte (daté du 11 avril), d’accueillir le jeune Rémi Tell, un fidèle du blog. Ce jeune étudiant et conseiller municipal des Yvelines a choisi de nous gratifier d’un bel « éloge de la flânerie ». Je l’en remercie. Une exclusivité Paroles d’Actu. Par Nicolas Roche.
« Éloge de la flânerie »
par Rémi Tell
Mes vingt ans sont autant d’années de flâneries. Petit, déjà, je remplissais la triste fin des dimanches de tours, de détours, dans notre modeste jardin. Pour échapper aux aiguilles de l'horloge, seul dans la chambre, et trouver le réconfort dans le vent tiède qui chatouille le visage, caresse la peau et ébouriffe les cheveux.
Cette habitude ne m’a plus quitté dès lors, et aussitôt que le moment s’y prête, je me plais à la retrouver. Je sors dans les rues. Pour observer le mystère des vies qui défilent sur le trottoir, des singularités qui passent, et qui sans le savoir animent une scène dont elles sont le plus curieux des décors.
Ne sous-estimons pas les vertus de la flânerie pour le repos de l'âme. Et c’est sur les sentiers des Landes que cette vérité m’apparaît à chaque fois le mieux. Peu importe la saison, été ou hiver : c’est dans la forêt, au milieu des pins et de leur odeur que j’ai été le plus heureux. Dans ces moments de plénitude où l’on en vient à se dire que, ça y est, on pourrait presque mourir sans trop ressentir la honte de ne pas avoir assez vécu.
Et de mes promenades solitaires, je tire mon inspiration. Mes projets les plus fous, mes rêves les moins raisonnables sont tous nés au bord d’un chemin.
Je n’ai pas fini d'arpenter le bitume, comme les allées de terre. Et un jour, quand le temps aura passé, j’espère pouvoir leur rendre de plus beaux hommages.
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