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Paroles d'Actu

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9 septembre 2011

Maxime Verner : "Les jeunes sont un espoir dans ce monde de plus en plus fou"

Maxime Verner se présente à l'élection présidentielle de 2012 avec un objectif clair : y porter "la voix de la jeunesse". Une jeunesse dont on dit souvent qu'elle se désintéresse de la politique, souvent d'ailleurs parce que la politique donne, à tort ou à raison, l'impression de se désintéresser d'elle. M. Verner a accepté de répondre à mes questions, je l'en remercie. Une exclusivité F21-PdA, par Phil Defer.  EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

MAXIME VERNER

Candidat à l'élection présidentielle

 

"Les jeunes sont un espoir dans ce monde

 

de plus en plus fou"

 

https://storage.canalblog.com/41/77/871067/68098312.jpg

(Photo : Fournie par Maxime Verner)

 

 

Q : 27/07/11

R : 31/08/11

 

 

 

Paroles d'Actu : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

 

Maxime Verner : Je suis un étudiant de 21 ans, qui n'a eu de cesse de m'engager depuis mon plus jeune âge. Militant associatif, je préside l'association des Jeunes de France et porte la voix de la jeunesse à l'élection présidentielle de 2012.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui a fait naître en vous cet engagement politique ?

 

M.V. : Les injustices m'ont toujours révolté, et je voyais tellement de talents et de forces dans mon environnement, à la campagne puis en banlieue, qui étaient sous-estimés et sous-utilisés, que j'ai voulu partir à la rencontre de chacun de mes concitoyens pour les connaître, les comprendre, les rendre plus épanouis. Et je me suis engagé tout naturellement en politique, avec mon esprit d'indépendance et mon sens des responsabilités.

 

 

PdA : Quel cheminement personnel vous a conduit à briguer aujourd'hui la présidence de la République ?

 

M.V. : J'ai commencé par inscrire par procuration sur les listes électorales les citoyens de mon quartier, ma ville, ma région... Puis je me suis porté candidat, le jour de mes 18 ans, aux élections municipales et cantonales de Bron (Rhône, 40 000 habitants). Avec ma liste de 39 citoyens, avec nos 23 ans de moyenne d'âge, nous avons transformé les idées reçues sur les jeunes des quartiers populaires. Nous avons d'ailleurs recueilli 8 à 15 % dans ces quartiers. Puis j'ai été à l'origine de la loi sur l'éligibilité à 18 ans à toutes les élections, pour laquelle je me suis battu de 2007 à 2011. Elle a été adoptée et promulguée en avril dernier, et depuis décembre 2010, je porte la voix de la jeunesse, cette générosité envers l'avenir, à l'élection présidentielle. J'ai publié le 9 juin dernier mon manifeste, "Jeunes de tous les âges, unissons-nous ! " (Ed. Max Milo) pour présenter mes 89 propositions.

 

 

PdA : En quoi consiste votre programme, et quelles sont vos idées principales ?

 

M.V. : Elles sont nombreuses, mais ont pour objectif de donner plus d'autonomie et de confiance aux jeunes, de les rapprocher des aînés, de leur faire accéder à un premier emploi durable et à une liberté pour tous, de faire d'eux les moteurs de nouvelles solidarités entre les territoires, les générations et les classes, et enfin que notre jeunesse soit innovante, ambitieuse. Par exemple, je propose le permis gratuit, financé par les grands acteurs du marché de la route, et des résidences intergénérationnelles.

 

 

PdA : Comment comptez-vous vous y prendre pour être effectivement présent au premier tour ?

 

M.V. : Je vais à la rencontre des élus dans toute la France. J'ai déjà obtenu 113 parrainages en un été, et je vais mettre les bouchées doubles. Je souhaite porter une alternative indépendante et républicaine au premier tour, et je ferai tout pour y être présent. Je suis confiant.

 

 

PdA : Quels sont vos arguments pour obtenir vos parrainages ? Qu'est-ce qui convainc les élus ? (Q.-R. en plus, en septembre)

 

M.V. : Je parle simplement aux élus, des problèmes de la jeunesse, de la solution que je propose : le lien entre les générations. Et j'écoute les problématiques locales qui les concernent. Et ils sont convaincus par la simplicité, l'honnêteté de la démarche, et la relation que l'on noue.

 

 

PdA : Un peu de politique fiction. Nous sommes au lendemain de votre victoire au second tour de la présidentielle. Ce fut serré, mais c'est acquis ! Quelles sont vos premières mesures ?

 

M.V. : Ma première mesure serait de faire voter la politique publique de la jeunesse pour laquelle j'ai été élu. Et je commencerai par l'autonomie, pour soulager les jeunes et leurs familles, et mettre en place une société plus horizontale, où chacun aurait sa chance d'apporter tout son potentiel, toutes ses idées.

 

 

PdA : Que vous inspire la situation socio-économique actuelle de notre pays ? Que proposez-vous pour améliorer les choses ?

 

M.V. : Beaucoup d'inquiétudes, car les écarts se creusent et la France ne semble plus être un pays qui a des idées. Les jeunes ont peur de la mondialisation, alors qu'elle est une chance pour eux. Nous devons redevenir un modèle, un exemple, un fer de lance, et cela passera par nos gardiens de la République, nos générations futures. Je propose donc d'investir sur nos jeunes pour qu'ils donnent un nouveau souffle à une démocratie en crise.

 

 

PdA : Même question pour la situation du monde (crises financières et économiques, révolutions, tensions...).

 

M.V. : Je pense que les jeunes sont en train de mettre en place le mouvement de masse qui transformera le plus la société au XXIe siècle. Dix ans après le 11-Septembre, les jeunes renversent les régimes autoritaires pour accéder à plus de justice sociale, ils prennent des risques et donnent l'exemple à tous. Ils sont un espoir dans ce Monde de plus en plus fou, qui va de crise en crise et dont on ne se rappelle plus le nombre de guerres en cours. Je crois en l'Europe, et je pense que nous avons un rôle à jouer, nous les jeunes, pour réveiller l'idéal de paix et de coopération.

 

 

PdA : Politique-fiction (encore)... Vous êtes à l'Elysée. L'Iran, qui vient de se doter de l'arme atomique, menace de lancer un missile sur Tel Aviv si les Israéliens n'évacuent pas les territoires sous 48 heures. En tant que Chef de l'Etat, que faites-vous ?

 

M.V. : Là encore, la jeunesse iranienne s'organise pour accéder à une démocratie plus libérale. J'ai vécu en Turquie de février à mai 2011 et je me suis posé souvent la question. Je crois que le travail fait sur la reconnaissance d'un Etat palestinien par la communauté internationale nous préservera de cette catastrophe, mais devant une telle menace il faudrait être intraitable, si le dialogue est rompu. Et ce que je ferai, ce serait un appel à toute la jeunesse et au peuple iranien pour renverser celles et ceux qui lanceraient une telle menace.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur Nicolas Sarkozy en tant que président ? Sur quels points vous inspireriez-vous ou vous démarqueriez-vous de lui ?

 

M.V. : Il a été un président dynamique, mais qui n'a pas su enrayer les effets de la crise. Son énergie et sa conviction sont des modèles, mais sa vision de la politique, celle de la décision sur l'opinion et du rythme au quotidien, ne me conviennent pas. Cette logique de professionnels de la politique déstabilise la démocratie, il faut des citoyens plus représentatifs dans le jeu politique.

 

 

PdA : Qu'avez-vous ressenti au soir du 21 avril 2002 ? Croyez-vous que cela puisse se reproduire ?

 

M.V. : Je n'ai pas été si surpris, je savais que la France mettrai un jour l'extrême-droite au second tour, mais je pensais le voir plus tard dans ma vie. Cet électrochoc a lié les générations, pour défendre la République. Mais depuis, personne n'a su rendre le sens de la République à nos concitoyens, donc cela peut bien sûr se reproduire. Je me présente d'ailleurs en partie pour être une alternative à ce vote de contestation, qui peut encore une fois déstabiliser la République en 2012.

 

 

PdA : Quels sont, pour vous, les grands enjeux de ce XXIè siècle, et comment y faire face ?

 

M.V. : La liberté, l'égalité, la fraternité. Je pense que ce sont les jeunes, et leur capacité à résister, à construire, leur énergie, qui nous permettra de retrouver du sens et une réalité à nos aspirations.

 

 

PdA : On a tous été marqués par des évènements d'actualité, pour telle ou telle raison. Quels ont été les vôtres ?

 

M.V. : Evidemment la chute de Kadhafi. Cette vague d'espoir porté dans le monde arabe depuis neuf mois est un enfantement sans précédent. Voir la démocratie en gestation, c'est intéressant, et ca devrait montrer aux Français tous les sacrifices qui ont été ceux de nos aînés pour que nous puissions vivre en démocratie aujourd'hui.

 

 

PdA : Quelle est votre "vision de la France" ?

 

M.V. : Je pense au passé et à l'avenir de notre pays, et ma vision est celle d'un pays qui donne l'impulsion, la direction, qui voit loin, qui a des idées et le courage de les mettre en oeuvre. C'est finalement l'idée d'un arrière-petit-fils d'immigrés, qui voit la France comme la terre d'accueil parfaite, celle de tous les possibles, du vivre-ensemble.

 

 

PdA : Quels sont les personnages historiques, ou plus simplement les personnalités, connues ou inconnues, qui vous inspirent, vous portent ?

 

M.V. : Mes parents, et toutes les personnes que je rencontre, partout en France. Leur bon sens et leur amour de l'autre m'ont toujours donné la confiance de porter leur voix, de me battre pour eux, pour leur vision de la France.

 

 

PdA : En privé, qu'aimez-vous faire, que ce soit en terme de culture (cinéma, musique, télévision...), de loisirs, etc ?

 

M.V. : J'aime sortir avec mes amis, et j'ai toujours été un passionné de littérature et de musique. J'ai pratiqué, mais sans grand succès, je suis meilleur en lecture et en écoute (rires)

 

 

PdA : Avez-vous une devise dans la vie, et si oui quelle est-elle ?

 

M.V. : J'en ai plein. Mais je veux surtout voir la vie comme je la voudrai, et non telle qu'elle est. Tout est possible.

 

 

PdA : Quel usage faites-vous des nouvelles technologies et notamment d'Internet ? Chats, forums, sites communautaires, actualités, achats en ligne...?

 

M.V. : J'achète des livres en ligne et je suis sur Twitter et Facebook. Je tiens mon blog et ma webTV et je réponds à mes mails. Je consulte plus l'Internet sur mes smartphones que sur mon ordinateur.

 

 

PdA : Finalement, pourquoi VOUS plus qu'un(e) autre à la présidence ? Donnez-nous un argument infaillible !

 

M.V. : Car je défends une politique d'avenir, car je n'ai pas un programme fait pour un mandat ou pour l'électeur moyen, mais pour les générations futures.

 

 

PdA : Dernière question, qui n'en est pas une, puisqu'elle est "libre". Je vous invite à l'utiliser pour compléter cette interview, par tout ce qui vous passe par la tête. Un petit message, une anecdote inédite... N'hésitez pas !

 

M.V. : Merci de l'invitation, je vous invite à poursuivre le dialogue sur http://www.facebook.com/verner2012.

 

 

Merci encore à Maxime Verner pour ses réponses. Je lui souhaite bon courage pour l'obtention de ses parrainages, espérant pour la démocratie qu'il puisse effectivement être présent lors du premier tour, le 22 avril 2012 ! Phil Defer

 

 

 

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Modification de la présentation de l'article le 8 juillet 2012

 

Times New Roman > Georgia : 02/10/12

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13 juillet 2011

Xavier Collet : "Sortir des carcans de l'irresponsabilisation et du contrôle permanent"

Le libertarianisme, ça vous dit quelque chose ? Peut-être pas, il faut dire que cette philosophie reçoit assez peu d'échos dans les médias traditionnels en France. Session de rattrapage avec une interview de M. Xavier COLLET, qui a très gentiment accepté de répondre à mes questions. Comme toujours, un document inédit F21-PdA. Par Phil Defer. CURIOSITE

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

XAVIER COLLET

Président du CEDIF
Secrétaire général de l'Association des libertariens

 

"Sortir des carcans de l'irresponsabilisation

 

et du contrôle permanent"

 

(Photo : Fournie par M. Collet)

 

 

Q : 02/07/11

R : 12/07/11

 

 

 

Paroles d'Actu : En quelques mots, Xavier Collet Prégentil, que doit-on savoir de vous ?

 

Xavier Collet : Ce que je fais est certainement plus important que ce que je suis. Certains pensent cependant que les idées et les combats dépendent largement des expériences et du positionnement social, supposant que l’idéalisme pur n’existe pas. Je suis donc un père de famille de 43 ans, enseignant en économie et je milite depuis de très nombreuses années pour défendre les prérogatives individuelles contre les ingérences de l’État. À ce titre j’anime un cercle de réflexion (ADEL http://libertariens.chez.com), je défends l’institution familiale contre des atteintes perpétrées par une certaine magistrature et des travailleurs sociaux (CEDIF http://comitecedif.wordpress.com), je collabore avec Contribuables Associés sur des actions locales et développe un site consacrée à l’économie pour les lycéens et les étudiants (http://libertariens.chez.com/indexa.htm).

 

 

PdA : Le libertarianisme... Ca ne parle pas à tout le monde. Comment définiriez-vous cette philosophie ?

 

X.C. : Le terme est largement inconnu en France et est une transposition du « libertarian » anglo-saxon qui sert à qualifier les libéraux. Si nous reprenons cette appellation, c’est pour nous distinguer des libéraux qui ne se positionnent que sur le terrain de l’économie tout en étant conservateurs sur tous les autres plans et donc en appellent à l’État au nom d’un certain ordre moral ou par nationalisme. Le terme libertarien correspond donc à un libéralisme total qui ne doit pas pour autant être considéré comme la promotion du « tout se vaut » et « rien n’est interdit », ainsi pour les libertariens modérés dits minarchistes les règles doivent demeurer de la compétence de l’État limité à ses fonctions régaliennes. Pour les plus radicaux dits anarcho-capitalistes, dont je suis, l’intervention de l’État dans la société ne peut se limiter car les hommes de l’État assument un pouvoir de plus en plus absolu et conditionnent la population à l’extension des prérogatives de l’Etat et à l’abdication des prérogatives individuelles comme l’avaient anticipé Tocqueville et Bastiat.

 

 

PdA : La crise... Quelle lecture en faites-vous, et quelles sont pour vous les remèdes à lui prodiguer ? Je pense notamment à la situation explosive en Europe et aux Etats-Unis des dettes souveraines...

 

X.C. : La crise est née de l’affaire des subprimes que j’explique ici (http://libertariens.chez.com/subprimes.htm).

 

Contrairement aux conneries véhiculées par les media mainstream cette crise n’est pas une crise du capitalisme mais de l’interventionnisme. Pour faire face à la bêtise des subprimes, les autorités monétaires vont en commettre d’autres. Ainsi les taux d’intérêt deviennent très faibles et l’émission monétaire bat des records afin d’éviter une crise de liquidité, cela au prix d’un endettement toujours plus fort. A court terme, les investissements reprennent, mais ils ne sont pas durables car la crise financière devient crise économique et la rentabilité des investissements n’est pas à la hauteur des attentes. L’Etat amplifie alors les déficits par des politiques de soutien à la demande.

 

En Europe le pacte de stabilité et de croissance a complètement éclaté sans que la confiance des entreprises ne soit au rendez-vous, chacun s’attend plutôt à payer le prix de l’austérité à venir. La plupart des crises se déroulent d’ailleurs selon le même schéma avec des politiques économiques qui aggravent le mal et le font durer. Que faire maintenant ? Revenir assez rapidement au pacte de stabilité et de croissance en Europe, quitte à revoir la zone euro. Le remboursement des dettes publiques peut se faire en partie par des opérations massives de privatisation et par l’engagement de ne plus voter de budget en déséquilibre. Cela risque d’être insuffisant si les économies européennes ne se remettent pas structurellement en cause et là je pense particulièrement à l’économie française qui ne peut relever la tête qu’en se débarrassant de l’ensemble de ses rigidités institutionnelles.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur la France d'aujourd'hui, sur la manière dont elle est gérée ?

 

X.C. : J’ai bien souvent honte de la France ou plutôt de ce qu’en font ceux qui la gouvernent. S’avouer français à l’étranger c’est supporter le stigmate du velléitaire, du donneur de leçon, de celui qui pense être issu du plus grand pays du monde, de la patrie des droits de l’homme (quelle blague !) et qui ne sera donc pas franchement pris au sérieux. La France est cogérée par des technocrates issus des grands corps de l’État et des organisations syndicales et autres lobbies qui sont les gardiens de l’immobilisme. Que la gestion soit aux mains de la gauche ou de la droite ne change donc pas grand-chose, au final ce sont toujours les mêmes qui décident et donc qui gèrent l’immobilisme des droits acquis. J’étouffe dans ce pays, je suis de plus en plus fliqué, contrôlé à tous les niveaux, je ne vois pas comment y créer, y entreprendre, certains y arrivent heureusement mais se plaignent tout de même d’être tondus par des parasites.

 

 

PdA : Comment expliquez-vous l'absence presque complète des libertariens des sphères de pouvoir, notamment politique, en France ? Quid des élections, notamment présidentielles ?

 

X.C. : Nous avions un peu fait entendre parler de nous lors des manifestations en 2002 et 2003 sur la sécurité sociale en compagnie de Liberté Chérie. Mais c’est vrai que nous n’avons pas mis l’appellation libertarienne en avant. Aujourd’hui le Parti Libéral Démocrate compte quelques minarchistes en ses rangs, de même qu’Alternative Libérale. Ceux qui sont Libertariens à certains niveaux ne font pas non plus leur « coming out », ce n’est pas plus mal d’ailleurs.

 

Maintenant en ce qui concerne le jeu démocratique, je ne vois pas trop l’intérêt de se ruiner dans des campagnes électorales à l’intérieur d’un système complètement verrouillé. Évidemment nous pourrions orienter le pouvoir vers certaines réformes en avalant beaucoup de couleuvres, pour qu’ensuite tout reparte en arrière. En France on n’avance rarement par des réformes, davantage par les révolutions. Si l’extrême-gauche espère et alimente dans ses réseaux cette évolution en nos temps troublés, qu’ils sachent que sur ce terrain ils sauront nous trouver en face car ce dont les Français ont besoin aujourd’hui ce ne sont pas les délires du vieil Hessel, c’est au contraire de sortir des carcans de l’irresponsabilisation et du contrôle permanent. Donc je passe ce message aux cogérants technocrates et syndiqués du système, la situation actuelle ne saurait perdurer, nous arracherons les œillères que vous nous avons mis inquiétez-vous alors de ce qui vous restera de légitimité.

 

 

PdA : Vous l'avez vu, j'ai pu avoir des contacts pour F21 et PdA avec Wayne Allyn Root, futur candidat à la vice-présidence du Parti libertarien aux Etats-Unis. Quelle vision avez-vous de vos camarades américains, Ron Paul en particulier ?

 

X.C. : À titre personnel je n’ai pas toujours été d’accord avec les orientations du Parti Libertarien Américain, tout simplement parce qu’ennemi de l’État il a voulu faire de l’État américain le grand Satan, alors que les américains ont eu le mérite d’avoir de grands présidents comme Ronald Reagan par exemple. Au nom de la lutte contre le fléau communiste je n’ai donc pas été choqué d’interventions américaines nécessaires que le Parti Libertarien US refuse sur des bases doctrinales que je comprends également. Ron Paul, puisque vous m’interrogez à son sujet, représente la frange libertarienne du Parti Républicain, il est aussi un des animateurs du mouvement Tea Party. Un mouvement qui se réfère aux révolutionnaires de l’indépendance américaine contre la férule britannique. J’ai beaucoup d’admiration pour ce mouvement qui part de la base et qui a décidé de ne plus subir les puissants du pouvoir au nom des droits constitutionnels de chaque Américain. Lorsque l’on se bat avec le CEDIF pour sortir des familles de la ruine morale que des fonctionnaires des sévices sociaux ou de la magistrature leur imposent, lorsque l’on se bat pour des enfants arrachés à des mains aimantes, on ne cherche pas à connaître le pedigree de ces familles, ni à mettre en avant une étiquette, non, on fait ce que font là bas des militants des Tea Parties qui veulent remettre au cœur de toute société le principe de subsidiarité sans lequel nos démocraties ne sont que des dictatures de technocrates interchangeables.

 

 

PdA : Politique fiction. Un libertarien accède à l'Elysée, avec une majorité au parlement. À quoi devraient ressembler leurs cent premiers jours, d'après vous ?

 

X.C. : Les cent premiers jours sont décisifs surtout pour des Libertariens qui n’arriveraient au pouvoir qu’à l’occasion d’une crise majeure. Dans la situation d’urgence qui prévaudrait des mesures nécessaires qui n’ont jamais été prises le seraient à un rythme accéléré.   Les premières initiatives viseraient à lever les blocages de notre société donc suppression du statut de la fonction publique, rétablissement de l’incrimination de forfaiture. La levée des blocages suppose aussi la liberté du travail, donc la déréglementation totale du salariat et la fin du monopole de la sécurité sociale permettant notamment pour les salariés de percevoir un salaire complet (les charges sociales salariales et patronales leur sont dues), de plus l’impôt sur le revenu sera supprimé. Parallèlement, encouragement à évoluer au-delà du salariat par la levée des entraves administratives à l’entrepreneuriat, le statut de l’auto-entrepreneur, le développement du travail indépendant en général sont de nouvelles pistes d’emploi à développer. La magistrature serait aussi largement réformée, les juges du sièges auraient à répondre de forfaiture, dénis de justice et d’erreurs de jugements autrement que par de simples blâmes, ils ne seraient plus jugés par leurs pairs mais par des commissions issues de la société civile. De façon générale le recours à la judiciarisation des conflits ne doit pas être systématique, des procédures d’arbitrage et de médiation (notamment en matière de divorces) seront encouragées.

 

Aller dans le sens de la justice, de l’équité c’est favoriser les libertés individuelles, ce qui est aussi une source d’économies budgétaires. Dans ce cadre le choix des parents en matière scolaire sera complet grâce au chèque scolaire, ainsi le coût de l’éducation pour chaque famille se matérialisera par ce chèque qui leur permettra de choisir l’école de leurs enfants, les différents établissements seront donc privés et autonomes budgétairement, mais également pédagogiquement.

 

 

PdA : La Liberté... Elle semble jouir à vos yeux de toutes les vertus. Malgré tout, quels vices lui reconnaissez-vous, et quelles limites lui sont parfois utiles sinon nécessaires ?

 

X.C. : La liberté n’est pas la licence, celle de faire ce que nos passions nous inspirent, notre liberté n’a pas à être payée par d’autres. Malheureusement dans le cadre de l’État-providence, c’est ce qui se passe, par exemple la liberté de choisir le temps libre plutôt que le travail est rémunéré par les aides sociales, la liberté de polluer est payée par la collectivité, d’autres libertés dites par exemple syndicales sont appelées des « droits de » qui doivent être garantis par la souffrance et le portefeuille des autres, je pense par exemple aux grèves de la SNCF. Le terme liberté a été falsifié par une novlangue, il n’existe de libertés qu’individuelles et ces libertés individuelles supposent l’exercice de la responsabilité.

 

Dans une société de liberté, chacun peut réaliser ses choix puisqu’il doit les assumer seul. Certes la cigale a le droit de chanter tout l’été, mais j’ai aussi le droit de ne rien lui donner lorsqu’elle criera famine. La solidarité ce n’est pas accepter de payer le choix des autres contrairement à ce que l’on nous inculque, je suis solidaire si je veux et avec qui je veux, par exemple avec celui qui est handicapé, qui n’a pas eu de chance. Je suis solidaire non parce que je dois payer un impôt (où est  la solidarité là dedans ?) mais parce que je suis sensible à certaines détresses ce qui fait de moi quelqu’un de vertueux. Difficile de faire acte de vertu dans un monde où vos actions ne vous appartiennent pas.

 

 

PdA : Tribune libre. Si vous souhaitez ajouter quelque chose...

 

X.C. : Oui j’ai quelque chose à ajouter justement. J’ai envie de vous parler de ces parents qui n’ont pas renoncé à être parents mais dont les enfants ont été placés, j’ai fait référence à eux en filigrane dans notre entretien. Ce que subissent ces familles est à mon sens une des pires détresses que nous vivons dans notre société et qui découle d’un Etat Providence qui remet en cause la première de nos institutions : la famille. Je ne vous parle pas là des parents maltraitants ou défaillants, je ne défends pas cela, quoi qu’à leur niveau ils sont aussi victimes d’une logique publique qui transforme les enfants en source d’allocations et qui persuade les familles que l’éducation est du ressort des assistantes sociales et des enseignants. Non, je vous parle de ceux qui, dans la difficulté, ont un jour frappé à la porte de l’aide sociale et qui ont ainsi appris trop tard ce qu’était le plus  froid des monstres froids (dixit Nietzsche), ils se sont retrouvés aux prises avec l’aide sociale à l’enfance qui leur a placé ces fils et filles qui sont leur première source de bonheur. Je pourrais vous en donner des exemples particulièrement déchirants. Quand on travaille comme je le fais désormais sur de telles détresses avec des parents au bord du suicide alors on comprend bien que tous les principes dont nous avons parlé ne sont pas que de simples théories, la croyance en l’État telle qu’elle nous est inculquée depuis notre naissance est une croyance qui tue. Et croyez bien que je pèse mes mots. Pas besoin de parler de libertarianisme pour cela, mais besoin d’agir avec des familles dont les travailleurs sociaux tenant du « meilleur des mondes » ont placé les enfants sans autre justification que de s’assurer des débouchés et des budgets. Il suffit donc de comprendre que pour les hommes de l’État la gestion de nos vies, de nos libertés est  leur raison d’être et de se développer comme le théorisent aussi les analystes du Public Choice.

 

 

 

>>> N'hésitez pas à réagir, à commenter cette interview. Je pense qu'un débat est envisageable. Merci encore à M. Collet pour sa disponibilité et ces réponses. Phil Defer

 

 

 

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Modification de la présentation de l'article le 22 juillet 2012

 

Times New Roman > Georgia : 02/10/12

12 juillet 2011

Olivier Besancenot : "La politique, ça ne doit pas être un métier"

En 2002, un inconnu réalise une entrée remarquée sur la scène politique nationale. À 28 ans à peine, Olivier Besancenot est candidat à l'élection présidentielle, il porte les couleurs de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Il réalise cette année-là le score honorable de 4,25%, un score supérieur à celui de Robert Hue (Parti communiste) mais inférieur à celui d'Arlette Laguiller (5,72%). Cinq ans plus tard, en 2007, il sera de nouveau candidat. Il avait accepté de répondre à un long questionnaire que je lui avais adressé en octobre ou novembre 2006, je l'en remercie de nouveau ici. Une exclusivité F21-PdA.  ARCHIVE

 

 

ARCHIVE EXCLUSIVE DE 2006 - PAROLES D'ACTU

OLIVIER BESANCENOT

Candidat à l'élection présidentielle de 2007, pour la Ligue communiste révolutionnaire

 

"La politique, ça ne doit pas

 

être un métier"

 

https://storage.canalblog.com/23/33/871067/66463759.jpg

(Photo : fr.electionsmeter.com)

 

 

Q : ??/11/06

R : 03/12/06

 

 

 

Paroles d'Actu : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

 

Olivier Besancenot : Je suis né en 1974 (quand Giscard a été élu président... quelques mois avant le coup d'état de Pinochet financé par la CIA contre Allende au Chili, mais aussi à quelques jours de la révolution portugaise qui a viré le dictateur Salazar, bref quand même un peu du bon...). Ca va faire dix ans que je suis facteur, et seulement deux fois (sans doute la dernière d'ailleurs) que je me présente aux élections présidentielles.

 

 

PdA : Qu'est-ce qui a fait naître en vous cet engagement politique ?

 

O.B. : Ma première révolte, elle est née contre le racisme. Déjà, le FN était monté dans les votes, et chacun (Mitterrand comme Chirac) tentaient de s'en servir pour affaiblir le "parti d'en face" (on a vu ce que ça a donné en 2002...). En militant au début dans SOS Racisme (fondé par des militant-e-s de la LCR principalement, dont certains l'ont quitté depuis), j'y ai croisé beaucoup de militantes et militants de la LCR. Et j'ai trouvé leur analyse beaucoup plus intéressante que celle des autres, plus proche de moi, de ce que mes potes et moi on vivait quotidiennement (donc, pas le soutien inconditionnel à l'URSS comme le PCF par exemple, ni la conversion au libéralisme du PS).

 

 

PdA : Quel cheminement personnel vous a conduit à briguer aujourd'hui la présidence de la République ?

 

O.B. : Déjà, c'est une décision collective, des militantes et militants de la LCR, lors de la Conférence Nationale de juin dernier, qui l'a décidé, et j'ai accepté. Pas parce que dormir dans un palais de lambris comme l'Elyseé me fait rêver, mais justement parce que je ne veux plus de palais de lambris réservés à un-e seul-e ! Un journaliste écrivait d'ailleurs récemment que je ne rêvais pas de l’Elysée tous les matins en me rasant. Oui, j’assume, parce que je fais volontiers mienne la formule de Louise Michel : « tant que le pouvoir ne sera pas partagé par toutes et tous il donnera le vertige ». Chacun peut s’apercevoir tous les jours en regardant le JT de 20 h combien cette vieille formule qui date de la Commune de Paris en 1871 est d’une brûlante actualité.

 

 

PdA : En quoi consiste votre programme, et quelles sont vos idées principales ?

 

O.B. : Ouhla, un programme, c'est long ! Bon, allez, je pourrais vous dire d'aller jeter un oeil sur le site de la LCR (http://www.lcr-rouge.org) ou sur mon blog (http://www.besancenot2007.org) pour le lire, mais en gros, je vais quand même vous le résumer :

* Emploi, salaires :

   - Interdiction des licenciements et maintien du CDI comme seule norme légale d'emploi

   - Aucun revenu inférieur au SMIC

   - Augmentation du SMIC à 1500 euros nets (et non pas brut...), et augmentation de tous les revenus de 300 euros.

   - Réduction du temps de travail à 32h, sans réduction de salaire, ni flexibilité, et avec nouvelles embauches correspondantes

* Ecologie :

   - Développement du ferroutage et interdiction du transport routier de marchandise longue distance

   - Sortie rapide du nucléaire, et financement conséquent de la recherche sur les énergies non-polluantes

   - Arrêt de toutes les cultures OGM

Ca y est, je sens déjà que je suis trop long, parce qu'il y en a encore bien plus ! Le plus simple, quand même, c'est de vous faire votre propre idée en allant voir tout ça sur http://besancenot2007.org/rubrique=4.php3?id_rubrique=4 (Comment ça je suis flemmard ? La politique, c'est aussi à vous de faire le boulôt, de vous renseigner, de vous inscrire sur les listes électorales ! Les "hommes et femmes politiques" ne sont supposé-e-s être que des représentants, donc à vous de faire de la politique pour que d'autres n'en fassent pas à votre place ;o). Et puis bon, on est dimanche, et je n'ai pas eu de jours de repos depuis...trop longtemps !)

 

 

PdA : Un peu de politique fiction. Nous sommes au lendemain de votre victoire au second tour de la présidentielle. Ce fut serré, mais c'est acquis ! Quelles sont vos premières mesures ?

 

O.B. : La première, ce serait déjà de supprimer la fonction présidentielle (et donc de quitter le poste...). Ensuite, augmentation générale des salaires (il y a l'argent, plus que largement, donc aucun problème là-dessus, et si on veut empêcher que les "capitaux" partent, il suffit de prendre exemple actuellement sur les multinationales des OGM, qui font saisir par l'Etat les comptes en banque des militants anti-OGM pour voir que si c'est faisable par eux, ça peut être faisable dans l'autre sens aussi...)

 

 

PdA : Que vous inspire la situation socio-économique actuelle de notre pays ? Que proposez-vous pour améliorer les choses ?

 

O.B. : Comme tout le monde, mes potes, mes voisins, les camarades de la LCR, chaque jour, c'est plusieurs plans de licenciements partout ! Alors des dizaines d'années de politique droite-gauche qui ne règlent rien, on en voit les conséquences tous les jours autour de nous. Et ça fait 30 ans qu'on donne des subventions aux entreprises, qu'on les exonère de cotisations sociales, soit-disant pour faire baisser le chômage. On voit le résultat... Pour améliorer les choses, il suffirait de prendre des mesures politiques, jamais prises : interdiction des licenciements, augmentation des revenus, taxation des revenus financiers, bref, de prendre l'argent où il est, puisque le MEDEF de son côté, sait bien où le prendre aujourd'hui... Pourquoi pas nous, toutes et tous ensemble ? (mais bon, le plus simple, et le plus court, pour ne pas dépasser quinze pages sur votre forum, ce serait encore une fois de lire notre programme, beaucoup plus détaillé)

 

 

PdA : Même question pour la situation du monde.

 

O.B. : Soutenir toutes les résistances démocratiques à l'impérialisme (Palestine, Bolivie, Vénézuéla, Liban, etc.), imposer politiquement aux Etats-Unis et à la Chine la signature des accords de Kyoto et même les renforcer (puisqu'ils sont déjà maintenant dépassés tellement l'urgence écologique est grande !), supprimer le droit de véto et le statut de membre permanent de l'ONU, plein de boulot en gros, avec en plus plein de partenaires au niveau international pour le faire ! On est pas isolés !

 

 

PdA : Politique-fiction (encore)... Vous êtes à l'Elysée. L'Iran, qui vient de se doter de l'arme atomique, menace de lancer un missile sur Tel Aviv si les Israéliens n'évacuent pas les territoires sous 48 heures. En tant que Chef de l'Etat, que faites-vous ?

 

O.B. : Déjà, je suis pour le désarmement nucléaire total, non seulement de l'Iran, qui ne l'a pas encore, mais aussi de la France, des Etats-Unis, et d'Israel, entre autres, qui eux l'ont déjà ! Ensuite, il y a déjà eu des centaines de résolutions de l'ONU non appliquées qui demandent à Israel de quitter les territoires occupés. Donc, soutenir la résistance démocratique palestinienne, et faire respecter par Israel le départ des territoires, désarmement multilatéral nucléaire.

 

 

PdA : Quel regard portez-vous sur Jacques Chirac en tant que président ? Sur quels points vous inspireriez-vous ou vous démarqueriez-vous de lui ?

 

O.B. : En désaccord sur tout ! Même si sur l'Irak, Supermenteur a été plus "raisonnable" que Bush, ça ne l'a pas empêché d'envoyer des troupes françaises en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, etc. Donc, démarquement total sur tout, puis dépassement, comme au foot !

 

 

PdA : Qu'avez-vous ressenti au soir du 21 avril 2002 ? Croyez-vous que cela puisse se reproduire ?

 

O.B. : D'abord, alors que pourtant la LCR avait fait un bon "score", on n'a pas fait la fête, parce qu'on a appelé tout de suite à une manif contre Le Pen ! Donc, belle gueule de bois... Le meilleur moyen pour que cela ne se reproduise pas, c'est encore que la gauche arrête de trahir, et mène une vraie politique de gauche. Et vu le programme du PS, on en est loin... Si les électrices et électeurs de gauche ne vont pas voter, les électeurs du FN eux, y vont tout le temps ! Ensuite, instrumentalisé par le PS et le RPR à ses débuts, le FN a profité des politiques libérales menées par les différents gouvernements qui nous mènent droit dans le mur, pour jouer la carte du tout sécuritaire, reprise très vite par Sarko, et même Ségo (les jeunes en caserne...). Donc, parler de l'insécurité sociale ! De ce que vivent au quotidien les salarié-e-s, retraité-e-s, étudiant-e-s et chômeur-se-s en France, plutôt que de nous passer en boucle Sarkozy au JT tous les soirs !

 

 

PdA : Quels sont, pour vous, les grands enjeux de ce XXIè siècle, et comment y faire face ?

 

O.B. : Changer de monde ! Ca fait des siècles qu'on est sous un régime capitaliste (et le stalinisme en Russie ou ailleurs n'a pas aidé...), et on voit où ça mène ! Que la politique ne soit plus le gagne-pain d'une minorité, mais que toutes et tous, en France, comme ailleurs, et comme on le fait déjà dans la rue à Seattle, aux Forums Sociaux, la politique soit l'affaire de toutes et tous ! Ensuite, les deux grands chantiers seront l'écologie, et une autre répartition des richesses (85% des ressources et des richesses de la planète sont dans les mains de 11% des plus riches du monde...).

 

 

PdA : On a tous été marqués par des évènements d'actualité, pour telle ou telle raison. Quels ont été les vôtres ?

 

O.B. : La victoire contre le CPE, alors que le PS nous expliquait qu'il fallait attendre 2007 pour le changement, et qu'heureusement, personne n'a attendu pour gagner !

 

 

PdA : Quelle est votre "vision de la France" ?

 

O.B. : Une France ouverte sur le monde, qui accueille toutes celles et ceux qui le souhaitent. Une France qui ne va pas exploiter d'autres pays ou y imposer sa loi, solidaire, égalitaire, féministe, écologiste. Et à terme, la disparition de nos petites frontières étriquées !

 

 

PdA : Quels sont les personnages historiques, ou plus simplement les personnalités, connues ou inconnues, qui vous inspirent, vous portent ?

 

O.B. : Louise Michel, parce que féministe, révolutionnaire. Che Guevara, parce qu'internationaliste, révolutionnaire aussi, et antistalinien. Malcolm X peut-être aussi, pour son combat pour l'égalité ? Et bien sûr, ma compagne et mon fils (même si pour ce cas, c'est moi qui le porte plus que l'inverse...)

 

 

PdA : En privé, qu'aimez-vous faire, que ce soit en terme de culture (cinéma, musique, télévision...), de loisirs, etc ?

 

O.B. : Jouer au foot avec des potes, écouter du rap, jouer avec mon gamin, et surtout, trouver un peu de temps à moi, pour le partager avec ma compagne, et mes potes ! (et ça, c'est rare...)

 

 

PdA : Avez-vous une devise dans la vie, et si oui quelle est-elle ?

 

O.B. : Pas de devise...ou sinon, Un autre monde est possible !

 

 

PdA : Quel usage faites-vous des nouvelles technologies et notamment d'Internet ? Chats, forums, actualités, achats en ligne...?

 

O.B. : J'ai peu de temps à moi, et donc quand j'en ai, j'essaie plus de le passer avec des êtres humains qu'avec un machin froid comme l'ordinateur... Mais j'aime bien le principe du chat, des forums, des mmorpgs par exemple même si je n'ai pas du tout le temps d'y jouer et que je n'y connais rien. Le côté collectif d'Internet en gros.

 

 

PdA : Finalement, pourquoi VOUS plus qu'un(e) autre à la présidence ? Donnez-nous un argument infaillible !

 

O.B. : Je ne suis pas infaillible justement ! Parce que je ne crois pas à l'homme ou à la femme providentielle ! Et que la politique, c'est l'affaire de toutes et tous, que ça ne doit pas être un métier !

 

 

PdA : Dernière question, qui n'en est pas une, puisqu'elle est "libre". Je vous invite à l'utiliser pour compléter cette interview, par tout ce qui vous passe par la tête. Un petit message, une anecdote inédite... N'hésitez pas !

 

O.B. : Alors, vous, n'hésitez pas à venir discuter avec des militantes et militants de la LCR ! Et coucou au cinéma l'Eldo de Dijon où je suis passé quelques fois avant 2002, et à Ad Kamera (je ne sais pas si ça existe encore...). A bientôt dans les luttes ou dans les urnes ?

 

 

 

>>> Après le choc de l'élection présidentielle de 2002, 2007 a été celle du "vote utile", Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal rassemblant sur leurs deux noms plus de 57% des suffrages exprimés dès le premier tour (contre 36% pour Jacques Chirac et Lionel Jospin cinq ans plus tôt). La percée remarquée de François Bayrou mise à part, les "petits" candidats ont réalisé des scores moins importants qu'en 2002. À la gauche de la gauche, seul Olivier Besancenot a pu tirer son épingle du jeu (4,08%), devançant très nettement Marie-George Buffet (PCF) et, cette fois, Arlette Laguiller (LO).

 

Pour 2012, ainsi qu'il le laissait entendre dans ce texte, Olivier Besancenot a décidé de passer la main. C'est un inconnu, Philippe Poutou, qui représentera au printemps prochain le Nouveau Parti Anticapitaliste, fondé en partie sur les fondations de la LCR.

 

Merci encore à Olivier Besancenot pour la générosité de ses réponses. Phil Defer

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 02/10/12

19 juin 2011

Wayne Allyn Root : "I'm a big fan of Nicolas Sarkozy"

Lorsque j'ai soumis un questionnaire à M. Wayne Allyn Root dans le cadre de mes travaux sur la présidentielle américaine de 2008, je ne pensais pas qu'il allait se retrouver, quelques mois plus tard, dans la course finale en tant que numéro deux du ticket du Parti libertarien. Les libertariens, d'après la présentation générale que fait Wikipedia du parti,  sont favorables "à une législation minimale, au libre-échange et à des libertés individuelles fortes". M. Root lui se définissait à l'époque comme étant "un authentique libertarien - conservateur au plan fiscal, socialement tolérant".

 

Je l'ai contacté bien avant la présidentielle, sa réponse retranscrite ici date du 30 mai 2007. En France, Nicolas Sarkozy venait d'être élu à la présidence de la République, et c'est tout naturellement que j'ai souhaité connaître l'opinion du futur colistier de Bob Barr à son sujet. Quand l'un m'informe que sa devise personnelle est "Rien n'est impossible. Si vous pouvez le concevoir, vous pouvez le faire", l'autre va devoir prouver au peuple français qu'effectivement, ainsi qu'il l'avait promis, "ensemble, tout devient possible"... Questions et réponses en anglais à l'origine, j'ai tout traduit en français. Exclu F21-PdA, évidemment. Phil Defer. CURIOSITE

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

WAYNE ALLYN ROOT

Candidat à la nomination du Parti libertarien américain pour la présidentielle de 2008

 

"I'm a big fan of Nicolas Sarkozy"

Sarkozy '07 vu par un libertarien américain

American libertarian on Sarkozy '07

 

Wayne Allyn Root Nicolas Sarkozy

(Photo de W. Root : http://www.amazon.com

Photo de N. Sarkozy : http://www.linternaute.com)

 

 

Q : ??/05/07

R : 30/05/07

 

 

 

Paroles d'Actu : Puisque je suis français... comment nous voyez-vous, que vous inspire-t-on, et notamment notre nouveau président Sarkozy ?

 

Wayne Allyn Root : Je suis un grand fan de Nicolas Sarkozy. Nous nous ressemblons beaucoup, dans nos vies, dans ce en quoi nous croyons. Comme Sarkozy, je suis un conservateur au plan fiscal. Comme Sarkozy, je suis favorable aux immigrants légaux, qui commencent avec rien, qui obéissent aux règles, qui travaillent dur, et qui s'élèvent dans la société. Fils de boucher, je me suis fait tout seul. Je crois dans le risque comme clé du succès. Je ne suis pas fan de ceux qui comptent sur les aides d'Etat ou sur les boulots à vie. On ne peut réussir dans la vie qu'en comptant sur soi, pas sur le gouvernement. Il faut prendre des risques pour réussir. Ce n'est pas le job du gouvernement de s'occuper des gens du berceau au tombeau. Tous les pays qui ont essayé cela sont en situation d'échec. L'économie de l'Amérique est en forte croissance. Plus d'emplois sont créés en un an en Amérique qu'en une décennie en France. Pourquoi ? Ce sont les petites entreprises qui sont créatrices de la majorité des emplois aux Etats-Unis. En France, vous vous reposez trop sur les emplois gouvernementaux, les syndicats, les grandes entreprises. Vos impôts sont trop élevés. Votre semaine de travail est trop courte. Trop d'employés veulent être protégés par les syndicats. Tout cela fait qu'il n'y a pas de mobilité par le haut.

 

L'Amérique est la terre des opportunités car nous maintenons un faible niveau de taxes et nous encourageons les gens à prendre des risques - démarrer leur propre affaire, acheter des titres, investir dans l'immobilier, chercher à être propriétaire. Le succès pour un individu comme pour un pays est basé sur les mêmes idées : des marchés libres, des libertés individuelles, une responsabilité personnelle, de l'ambition, de la volonté, un individualisme acharné, le courage de prendre le risque (quitte à échouer) de ce rêve qu'est la propriété. "Si cela doit être, c'est à ma portée". C'est pourquoi l'Amérique - malgré toutes ses insuffisances - est la plus grande nation, la plus grande puissance économique, et la plus grande puissance militaire, que le monde ait connue. Vous pouvez nous aimer ou nous haïr, mais vous êtes obligés de nous respecter. Ce que l'Amérique et les Américains ont accompli est remarquable. Nous ne voulons pas que le gouvernement s'immisce davantage dans nos vie - les Américains veulent moins d'Etat, un Etat plus petit, limité. Avec Sarkozy, je crois que la France va se rapprocher de notre attitude et de notre foi dans l'individu. Ce sont les entreprises qui alimentent notre succès en Amérique, le gouvernement doit s'éclipser. On ne devrait pas être forcé de garder un employé pour la vie. Si un employé échoue, il ou elle doit être licencié(e). Si un employé est excellent, cette personne devrait être récompensée par des promotions et un revenu plus important. C'est là la clé du succès économique - la récompense d'une performance supérieure. Sarkozy comprend ces concepts.

 

 

 

TEXTE ORIGINAL :

 

 

Paroles d'Actu : Since I'm French, how do you view this nation, this country, what do we inspire you, notably our new president Sarkozy ?

 

Wayne Allyn Root : I'm a big fan of Nicolas Sarkozy. We are very similar in our backgrounds and beliefs. Like Sarkozy, I am a fiscal conservative.  Like Sarkozy, I am a fan of legal immigrants, who start with nothing, abide by the rules, work hard, and rise up by their bootstraps. As a Son of a Butcher, I am self-made. I believe the key to success is risk. I am not a fan of people who expect government handouts or jobs for life. You only succeed as an individual by depending on yourself, not government. You must take risks to succeed. It is not government's job to take care of people from cradle to the grave. Every country that has tried that is a failure. America's economy is booming. More jobs are created in a year in America than in a decade in France. Why? Small business is the creator of a majority of America's jobs. In France you rely too heavily on government jobs, unions, big business. Your taxes are too high. Your workweek is too short. Too many employees want to be protected by unions. So there's no upward mobility.

 

America is the land of opportunity because we keep taxes low and encourage people to take risks- to start their own business, to buy stocks, to buy real estate, to aim for ownership. Success for individuals or countries is all based on the same ideas- free markets, individual freedoms, personal responsibility, ambition, drive, rugged individualism, a willingness to risk (and even fail), the dream of ownership. "If it is to be, it is up to me." That's why America- despite all her shortcomings- is the greatest nation, greatest economic power, and greatest military power, in world history. Love us or hate us, you must respect us. What America and Americans have accomplished is remarkable. We don't want more government in our lives- Americans crave less government, smaller government, limited government. Under Sarkozy, I believe France will move more towards our attitude and beliefs in the individual. Business fuels our success in America- government must get out of the way. You can't be forced to hire an employee for life. If an employee fails, he or she must be fired. If an employee is excellent, they should be rewarded with promotions and bigger income. That's the key to economic success- reward superior performance. Sarkozy understands those concepts.

 

 

 

>>> Le 4 novembre 2008, Bob Barr et son colistier du Parti libertarien Wayne Allyn Root se sont classés à la quatrième place du scrutin qui vit l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche. Avec près de 524.000 voix, Wayne m'a dit en décembre 2008 être satisfait de son score, "le second plus important dans l'histoire du Parti libertarien" et se préparer dans l'optique de la nomination de son parti pour 2012...

 

Merci à Wayne Allyn Root pour ces quelques échanges que nous avons pu avoir, et pour le temps qu'il a bien voulu me consacrer.

 

 

 

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Times New Roman > Georgia : 02/10/12

15 juin 2011

Georges Sarre : "Abolir la peine de mort ? C'était notre devoir. Simplement notre devoir."

La France, ou du moins une bonne partie de ce que l'on appelle le "peuple de gauche" a commémoré, le mois dernier, le trentième anniversaire de l'élection à la présidence de la République de François Mitterrand. C'était le 10 mai 1981. Il y a cinq ans, à l'occasion cette fois du dixième anniversaire de son décès, j'avais pris l'initiative d'interroger, par mail, un certain nombre de personnalités au sujet de cet homme. Le seul président de gauche de la Cinquième république. M. Georges Sarre, plusieurs fois ministre, député durant de nombreuses années, avait eu la gentillesse de répondre à mon questionnaire. À ce moment là, il est maire du 11e arrondissement de Paris, et Premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. DOCUMENT

 

 

ARCHIVE EXCLUSIVE DE 2006 - PAROLES D'ACTU

GEORGES SARRE

Ancien Ministre sous la présidence de François Mitterrand

Ancien Maire du 11e arrondissement de Paris

 

« Abolir la peine de mort ?

C'était notre devoir.

Simplement notre devoir. »

Georges Sarre raconte François Mitterrand

 

Georges Sarre     François Mitterrand

(Photo de G. Sarre : http://www.georges-sarre.net.

Photo de F. Mitterrand : http://www.britannica.com.)

 

Q : 05/01/06

R : 23/05/06

 

Paroles d'Actu : Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit, tout de suite, à l'évocation de François Mitterrand ?

 

Georges Sarre : C'est évidemment le 10 mai 1981, ce jour où, comme le dira le Président Mitterrand quelques jours plus tard dans son discours d'entrée à l'Elysée, « la majorité sociale du pays s'est identifiée à sa majorité politique ». C'est-à-dire le jour où le peuple français, plein d'espoir, a décidé de reprendre la parole. C'est ce 10 mai dont je me souviens, la liesse et le sentiment d'un devoir immense à accomplir, lorsque nous avons connu le résultat...

 

J'ai aussi une autre image qui me vient en tête : celle de la cérémonie au Panthéon, à laquelle j'assistais. Du premier rang où je me situais, je voyais François Mitterrand remonter la foule, une foule de roses et de sourires, pour aller rendre hommage aux grandes figures de notre histoire, et notamment de la gauche - je pense évidemment à Jean Jaurès.

 

PdA : Quel regard portez-vous sur l'homme, sur sa vie romanesque ? Sa discrétion sur son passé, sa maladie et sa double vie ?

 

G.S. : Je n'ai que le regard d'un militant et d'un responsable politique sur un camarade, un leader, et un homme d'État. Je n'ai jamais été un courtisan, je n'ai jamais cherché à l'être. La vie privée de François Mitterrand, pour moi, ne concernait que lui, et concerne aujourd'hui sa famille. J'ai partagé avec François Mitterrand des aventures politiques extraordinaires. Je pense à la fondation du PS à Epinay, où, avec les postiers socialistes qui me faisaient confiance et le CERES, que j'animais avec Chevènement, Gomez, Motchane et d'autres, nous avons permis l'élection de Mitterrand comme Premier secrétaire. Je pense aussi à la campagne de 1981, qui fut exceptionnelle d'efficacité et de romantisme. Voilà, ce sont des souvenirs politiques, et je garde un regard politique. J'ai eu aussi des désaccords importants avec François Mitterrand. Je les ai exprimés alors qu'il était encore au pouvoir. J'ai même quitté le Parti socialiste avec Jean-Pierre Chevènement et beaucoup d'autres en 1993. C'est sur ce plan-là, de l'accord, de l'action, des désaccords, toujours politiques, que se sont situées nos relations.

 

Evidemment, ses qualités personnelles ont eu un rôle dans son dessein politique, et c'est sur celles-ci que j'ai un regard : Mitterrand était un homme d'une grande intelligence, d'une grande culture, et d'une sérénité profonde, que d'aucuns considèrent comme du cynisme. Il avait incontestablement l'épaisseur d'un homme d'État.

 

J'ai aussi une estime profonde pour Danielle Mitterrand qui, encore aujourd'hui, mène un beau combat pour un monde plus juste, pour la souveraineté et la coopération des peuples... En plus de partager avec elle beaucoup d'analyses, sur la mondialisation et sur l'Europe notamment, j'admire son courage hors du commun.

 

PdA : Quid de votre regard sur, cette fois, le chef d'État ?

 

G.S. : Comme je vous le disais, nous avons divergé très vite, après le "tournant de la rigueur" de 1983, et plus encore après la première Guerre du Golfe puis le traité de Maastricht. Je crains qu'il n'ait posé là les jalons de ce qui, après lui, allait devenir l'abandon par la France de sa souveraineté, et donc de sa capacité d'agir pour une société française et pour un monde plus justes. Mais si François Mitterrand a sans doute posé les bases de cette abdication de la volonté politique, il ne s'en est pas rendu coupable lui-même, en tous cas beaucoup moins que ses successeurs. Lui n'a rien privatisé. Lui n'a jamais remis en cause l'unité de la République. Lui a continué, partiellement, à faire entendre la voix de la France dans les relations internationales... Peut-être même n'aurait-il pas en 1983 pris le virage de la "rigueur", qui allait conduire au fil des années à substituer le mythe européïste à l'idéal socialiste, s'il s'était senti plus sûr de lui, plus fort... Mais on ne réécrit pas l'Histoire.

 

PdA : Les bonnes choses et les "moins bonnes" accomplies durant ses présidences ?

 

G.S. : Les nationalisations de 1981 furent les meilleures avancées des présidences Mitterrand, car elles auraient pu permettre à la puissance publique et donc au peuple de maîtriser le cours de l'économie, au lieu de subir les choix de l'oligarchie financière, qui se font toujours à son propre profit. On cite souvent aussi l'abolition de la peine de mort, mais je considère que cet acquis était tellement évident, tellement indispensable, tellement consubstantiel à l'humanisme élémentaire, que nous avons fait là non pas une grande avancée, mais simplement notre devoir.

 

PdA : Quel bilan tirez-vous, globalement, de ses années de pouvoir ?

 

G.S. : Comme je vous le disais, le bilan de François Mitterrand est paradoxal : il fut à la fois porteur d'un immense espoir, instigateur de grandes avancées comme les nationalisations, et, en même temps, il prit des décisions (tournant libéral, Acte unique, Traité de Maastricht, première Guerre du Golfe) qui devaient enfermer la France, pour les années suivantes, dans un carcan privant ses dirigeants et son peuple de toute indépendance et toute marge de manoeuvre, et remettant les clés de l'avenir du pays dans les mains d'une oligarchie européenne. Lui-même ne se serait-il pas sorti de ce carcan ? Personne ne le sait... mais les dirigeants français qui se sont succédés à l'Elysée ou à Matignon après 1995 ont laissé la France partir à vau-l'eau.

 

PdA : Qui serait le "nouveau Mitterrand" aujourd'hui ?

 

G.S. : Personne. Les hommes ne se ressemblent pas. Les grands hommes encore moins. Et, qui plus est, François Mitterrand avait une personnalité trop riche et trop complexe pour être copié !

 

En revanche, quelqu'un peut et doit à nouveau réconcilier la majorité sociale des Français avec leur majorité politique, et mettre à nouveau le peuple de France aux commandes de son destin. Jean-Pierre Chevènement, qui avait écrit le programme « Changer la vie », a cette capacité intellectuelle d'offrir aux Français un grand projet qui les rassemble. La gauche est riche de personnalités de valeur, qui ont pris des positions courageuses, par exemple à l'occasion de la campagne référendaire. Je pense en particulier à Laurent Fabius, qui, comme Chevènement et Mitterrand, est incontestablement un homme particulièrement intelligent.

 

PdA : Un sondage a récemment présenté François Mitterrand comme étant le président de la Ve République préféré des Français. Partagez-vous ce choix, et comment l'expliquez-vous ?

 

G.S. : Le président qui a le plus fait pour la France sous la Ve République est sans aucun doute, pour moi, le général de Gaulle, même si j'étais en désaccord avec lui sur nombre de sujets. Mais François Mitterrand a incarné un espoir politique puissant, à une date somme toute assez récente. Cette popularité est celle de l'homme du 10 mai 1981. Elle est méritée.

 

PdA : Quelles traces François Mitterrand laissera-t-il dans l'Histoire, d'après vous ?

 

G.S. : Je pense que la victoire de 1981, dans la foulée du Front Populaire et de la Libération, restera comme un grand moment d'incursion du peuple dans l'écriture de sa propre Histoire. C'est en soi un événement majeur qui marquera l'Histoire pour longtemps. Il y a aussi la création du PS, mais le PS saura-t-il s'inscrire dans la durée ? Il a déjà provoqué une scission, celle des mes amis du MDC, devenu MRC aujourd'hui, du fait de ses reniements. Il n'est pas sûr que la décomposition s'arrête là. J'espère qu'à moyen terme, nous reparviendrons à créer un grand parti unitaire de la gauche sur des bases républicaines et socialistes.

 

Physiquement, François Mitterrand laisse aussi des traces de ses présidences : la pyramide du Louvre, l'Arche de la Défense, et tous les grands travaux.

 

Je ne pense pas du tout que l'"oeuvre européenne", comme disent les européistes, laissera des traces, car j'ai la conviction que la fuite en avant dans une Europe libérale et oligarchique a connu un coup d'arrêt le 29 mai 2005, et qu'elle en connaîtra d'autres, jusqu'à ce que les peuples viennent à bout du carcan bruxellois. Alors, dans dix ou vingt ans, l'Europe de Bruxelles sera devenue une "parenthèse", et non un leg. En tous cas je le souhaite.

 

PdA : François Mitterrand manque-t-il à la France d'aujourd'hui ? Vous manque-t-il... ?

 

G.S. : Il manque à la France un vrai leader politique capable de dessiner un horizon conforme aux aspirations du peuple, et d'entraîner ainsi un vaste mouvement de reconquête démocratique, civique, sociale.

 

Deux questions complémentaires : le MRC, les perspectives de MM. Sarre et Chevènement pour 2007...

 

PdA : Quelles sont les grandes idées originales du MRC ?

 

G.S. : Notre mouvement est né d'une scission du Parti socialiste, avec lequel nous nous sommes trouvés en désaccord sur trois enjeux majeurs.

 

En 1983, nous avons dénoncé le "tournant de la rigueur", c'est-à-dire le renoncement du PS à mener une politique interventionniste et keynésienne, au profit d'une politique néo-libérale et monétariste. Nous restons partisans d'une réorientation profonde des politiques monétaires, budgétaires, commerciales, industrielles, aux niveaux européen et national.

 

Pour ce faire, il faudrait remettre en cause un certain nombre de traités européens ; dès 1992, contrairement à la majorité du PS, nous étions contre le Traité de Maastricht. Nous considérons que l'Europe doit prolonger des nations souveraines et se construire en fonction de projets partagés. Nous récusons l'intégration forcée de l'Europe, qui passe sous la toise les différentes nations, pour nous ramener tous au plus petit dénominateur commun : le marché !

 

Notre troisième désaccord a porté sur la conduite des relations internationales de la France : en 1991, nous avons refusé la première guerre du Golfe, parce qu'elle était la manifestation de l'impérialisme états-unien et qu'elle ouvrait la voie à un choc des civilisations que tout le monde redoute désormais.

 

En somme, nous sommes socialistes, patriotes, internationalistes, quand une partie de la gauche est devenue libérale, européiste et atlantiste. Voilà le clivage ! Un mot aussi de la laïcité, que nous défendons bec et ongles, comme l'unité de la République... quand d'autres veulent morceler la République en communautés et autres territoires autonomes.

 

PdA : Quelles sont vos perspectives, celles de Monsieur Chevènement pour 2007 ?

 

G.S. : Nous souhaitons participer en 2007 à une candidature présidentielle qui donne une suite positive au "non" massif du 29 mai 2005 contre le traité "constitutionnel" européen. Nous souhaitons dans cette perspective une candidature à vocation majoritaire pour gagner l'élection. Laurent Fabius a des arguments. Nous verrons qui est choisi par le PS. Si le candidat du PS devait tourner le dos au vote des Français le 29 mai 2005 et si personne ne devait porter un véritable projet de gauche républicaine en 2007, alors je pense que Jean-Pierre Chevènement serait candidat. Le MRC et moi-même, nous nous y préparons dès aujourd'hui. Nous sommes en ordre de marche et nous serons bientôt en ordre de bataille pour ce grand rendez-vous avec les Françaises et les Français.

 

 

>>> Le Traité de Lisbonne, copie presque conforme du texte rejeté en 2005 par les Français, a finalement été ratifié par le Parlement national, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Nous sommes en 2011, et l'hypothèse d'une nouvelle candidature de Jean-Pierre Chevènement n'est pas exclue...

 

 

Je remercie de nouveau, très sincèrement, M. Georges Sarre, ainsi que son assistant de l'époque, pour ces réponses, pour la générosité avec laquelle ma requête avait été considérée... Un commentaire ?

 

 

Quelques liens...

 

 

Times New Roman > Georgia : 02/10/12. Présentation remaniée : 12/11/13.

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15 juin 2011

Becky Rusher : "I am all about helping others"

EXCLUSIVE - PAROLES D'ACTU

BECKY RUSHER

Candidate to the 2012 U.S. Presidential election

 

"I'm all about helping others"

 

https://storage.canalblog.com/34/24/871067/77720839.png

(Photo provided by Becky Rusher)

 

 

Q : 14/06/11

A : 14/06/11

 

 

 

Paroles d'Actu : How would you introduce yourself to someone who doesn't know you ?

 

Becky Rusher : Becky Rusher. Usually I just say Becky.

 

 

PdA : Why do you want to run for President of the United States ?

 

B.R. : We are supposed to be a free country, yet everyday it seems more and more freedoms are being taken away. I want to try and stop that. I want to put our daily lives back in our hands. I dont think the government should be part of my day to day life and they need to be reined in and kept under control. They have been out of control for a long time now and it needs to stop now before they get even worse.

 

 

PdA : What do you think about President Obama's performance at the White House ?

 

B.R. : He's done alright but he lies too much. He lied to each and every group he talked to before he was elected and told them just what they wanted to hear but I dont think he meant any of it. He is out for notoriety and nothing else. I do not think he really cares about anyone but himself and getting into the history books.

 

 

PdA : What are, for you, America's biggest, more pressing problems ?

 

B.R. : Budget, Unemployment and Energy. The budget needs cutbacks and that starts with a sliding pay scale for Congress. We really need a good plan for jobs, get people working again. Anything from lowering taxes on businesses to bringing all the outsourced jobs back here. We need to focus more on green energy and doing things that will help keep the planet going, not keep breaking it apart.

 

 

PdA : What's your project for America ?

 

B.R. : I don't think I have a project for America. If anything I want people to think more about how their actions effect others around them and how greed isn't a good thing. Capitalism is great but greed is something else all together and we need to understand that. Greed is what's getting in the way right now, businesses want more and more money but they don't give anything back, don't keep people employed.

 

 

PdA : Finally, why should the American voters elect you as Number 45 ? Try to convince them in a few sentences.

 

B.R. : I'm not a seller. I won't sell myself. I am all about helping others, whether it's a kid down the street or someone on a street corner. I'll give over my last dollar to anyone who needs it more then me. I'm not out for anything but to get my ideas out there. This is the best forum to do that. Why start small like others have told me when it would just take longer. If you want something done get out there and do it. I want America to be a good place to live again. How else do I do that but go for it all and run for president ? I know I have no experience in the political arena but I think that's what makes me a better candidate than the others. I don't lie, I won't hold back, I am honest to the point of it might sound rude sometimes and yes, the truth hurts sometimes but it needs said.

 

 

PdA : Free expression, if you want to add anything...

 

B.R. : I think it would be good for a change to have someone single in the White House. No sex scandals, no family problems, no problem children to deal with. It would free up the secret service for more important things they need to do. I would be the first person to do a completely free campaign and prove it can be done. Prove to the politicians they have been lying yet again to everyone saying it takes millions of dollars to run a campaign. All it takes is the internet.

 

People need to know that you don't have to be 60 and over to run. You have to be 35, I'm 36. I've never been out of the country, I've been to 25 states, I have lived in 9. I've been in every financial area from living in a tent to have a great job and money in the bank. Life takes you places. You need to go there to see things from a different prospective sometimes and learn how others deal with the same problem you have had in the past. You can compare notes and see what you or they could have been better. We need to talk and learn from each other so that we can stop going in these circles and go straight for a change. We haven't made any real move forward in a long time. We need to get off the merry go round and move on.

 

 

 

Article edition on July the 22th, 2012

 

Times New Roman > Georgia : 02/10/12
15 juin 2011

Paroles d'Actu

Bonjour à toutes et à tous. Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog, "Paroles d'Actu".

 

Fondateur et administrateur du Forum 21, j'ai toujours eu à coeur de laisser se développer un débat aussi libre que possible, dans les limites qu'impose le respect dû à chacun.

 

J'ai également, en tant que participant au défunt Webzine F21, puis dans le cadre du forum, eu beaucoup de plaisir à me lancer des challenges : contacter des anonymes ou des personnalités autour de thématiques d'actualité, leur poser des questions, et voir s'ils étaient prêts à me répondre. Sachant que l'audience qu'ils pouvaient en retirer serait forcément limitée, le défi était loin d'être gagné. Malgré tout, nombreux sont celles et ceux qui ont accepté ma proposition. Je les en remercie ici très vivement.

 

Ce blog hébergera les textes d'entretiens réalisés via internet (mais bien réels) passés et à venir. Chacun sera daté. Il n'y a là que des exclusivités. J'espère que vous aurez autant de plaisir à les lire que j'en ai eu à les organiser.

 

Merci

 

Phil Defer ( forumf21@yahoo.fr )

 

Times New Roman > Georgia : 02/10/12

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