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Paroles d'Actu

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11 mars 2014

Jules Sitruk : "Mon premier film ? J'y crois dur comme fer..."

J'ai eu la chance, il y a quatre mois et demi, de réaliser une première interview de Jules Sitruk, jeune acteur que nous connaissons tous d'abord pour les rôles d'enfants ou de jeunes ados qu'il a tenus dans Monsieur Batignole, Moi César, 10 ans ½, 1m39 ou encore Vipère au poing... Il avait accepté d'évoquer pour Paroles d'Actu sa carrière, déjà riche pour son âge, ses influences, très diverses, mais aussi ses projets. Dont un qui lui tenait particulièrement à cœur, la réalisation de son premier film, un court-métrage intitulé Windows.

Depuis, le projet a fait du chemin... La page Ulule de Windows est en ligne depuis peu. Vous connaissez le principe : si le concept vous séduit, si vous acceptez de participer à son financement, alors ce rêve aura une chance supplémentaire de voir le jour. C'est un Jules Sitruk à l'enthousiasme très communicatif qui a, une fois de plus, bien voulu répondre à mes questions - je l'en remercie, vivement. Fenêtre, donc, sur... Windows. Ouvrez-la, vous ne serez pas déçus... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JULES SITRUK

 

« Mon premier film ?

J'y crois dur comme fer... »

 

Jules Sitruk 2014

(Photos : J. Sitruk.)

 

Q. : 23/02/14 ; R. : 11/03/14

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Jules. Je suis heureux de te retrouver pour une nouvelle interview, quatre mois après celle d'octobre. À cette occasion, tu m'avais un peu parlé de ton projet "Windows", sans trop entrer dans le détail. Avec sa mise en ligne sur le réseau de financement participatif Ulule, les choses se précisent, depuis quelques jours... Raconte-nous... Quelle a été, dans les grandes lignes, l'histoire de ce projet, de l'idée d'origine à la publication Ulule ?

 

Jules Sitruk : Bonjour Nicolas, ravi, aussi, de te retrouver !

 

Cela fait maintenant plus de deux ans que l'écriture de Windows a commencé. L'idée m'est venue le jour où j'ai emménagé seul pour la toute première fois. Avant cela, l'appartement que nous habitions avec mes parents était au rez-de-chaussée. Je me suis retrouvé dans un appartement dont la distance entre ma fenêtre et celle du couple d'en face était minuscule, trois ou quatre mètres, tout au plus. Je me suis alors rendu compte qu'ils partageaient avec moi, sans le vouloir, une grande partie de leur intimité. Je connaissais certaines de leurs habitudes, comme leurs émissions favorites respectives, leur rituel au petit déjeuner, ou encore la mélodie de leurs disputes. Alors que, dès que nous nous croisions dans l'escalier, nous redevenions de simples voisins, de proches inconnus. Voilà comment l'idée de Windows à commencé à germer en moi. J'ai commencé à écrire, puis Cyril Paris, réalisateur et ami proche, m'a rejoint dans ce travail.

 

L'écriture a pris beaucoup de temps. Plusieurs projets d'acteur m'en détournaient. Surtout, je me cherchais : en tant qu'auteur, en tant que conteur... Il m'a fallu beaucoup de temps et de réflexion pour mettre le doigt sur ce qui me travaillait réellement, sur ce que j'avais envie de dire, de dénoncer, et surtout pour trouver "ma" manière de le raconter.

 

Nous avons commencé à nous lancer à plein temps sur la prépa à la fin de l'été 2013. Le tournage est prévu pour début juin. La durée de préparation (presque un an) peut paraître longue, mais nous avions des choix restreints concernant les dates, notamment en rapport avec les emplois du temps de chacun. Et, ne voulant rien laisser au hasard, j'ai préféré avoir de la marge pour arriver, au premier jour de plateau, parfaitement préparé.

 

PdA : Ton expérience en tant qu'acteur est, pour ton âge, déjà très conséquente, nous l'avions pas mal évoquée la dernière fois. Passer derrière la caméra, m'avais-tu confié, était quelque chose qui te faisait « énormément » envie. Vois-tu la réalisation, la mise en scène comme une évolution naturelle de ton métier ?

 

J.S. : Non, pas du tout. Acteur, c'est un métier magnifique, qui se suffit en lui-même. Beaucoup n'ont pas besoin d'écrire ou de réaliser pour s'épanouir. Non, je pense que ce sont deux envies bien distinctes. J'ai toujours écrit des scénarios, dès mon plus jeune âge. Cela me permet de me lâcher, de déverser des flots de pensées, de reproches, d'idées, de fantasmes, qu'il me serait bien difficile de crier autrement, je suis bien trop réservé pour cela...

 

Le fait de mettre en scène est tout aussi important pour moi. On dit qu'il y a trois écritures dans un film : le scénario, la réalisation, et le montage. Je veux suivre l'oeuvre d'un bout à l'autre, la modeler du début à la fin. Je ne me suis rendu compte, avec l'expérience que j'ai pu acquérir en tant qu'acteur, que scénariste et réalisateur n'étaient pas le même travail, que rares étaient les réalisateurs écrivant leurs films en totalité. Mais c'était trop tard, le schéma était déjà bien installé en moi, et ces deux envies ont grandi côte à côte dans mon esprit.

 

PdA : Comment appréhendes-tu ce nouvel exercice ?

 

J.S. : Beaucoup d'excitation, mêlée à de l'angoisse... J'appréhende beaucoup, mais cela me transcende, et me pousse à tout préparer, dans le moindre détail. Je pense qu'il faut savoir où l'on va. Encore une fois, je ne veux rien laisser au hasard, et je sais que le travail que nous abattons en amont, avec la merveilleuse équipe qui m'entoure, me permettront d'être serein sur le plateau, et de pouvoir être pleinement concentré sur l'essentiel.

 

PdA : Le pitch de Windows : Léonard, jeune nerd asocial, se met à épier ses voisins, un jeune couple. Il ne sait pas encore à quoi il va s'exposer... La parenté avec Fenêtre sur cour (1954) est évidente. Quel est ton rapport au cinéma d'Hitchcock ?

 

J.S. : Depuis petit, les films noirs, de genre, les thrillers composent un cinéma qui m'a toujours fasciné. Je ne pourrais l'expliquer… J'adore avoir peur, ne pas savoir, être manipulé. C'est donc naturellement que, ma culture du cinéma se développant, j'ai découvert Hitchcock, assez tôt, et je l'ai tout de suite admiré. Ma mère me passait des épisodes d'Alfred Hitchcock présente... J'étais fan !

 

Mais je ne suis pas du genre à tout dévorer, quand je rencontre un cinéma que j'aime, il y en a tant. Je me laisse le temps de pouvoir savourer. Alors, crois-le ou non, quand j'ai commencé à écrire Windows, je n'avais encore jamais vu Fenêtre sur cour ! C'est durant l'écriture, en en parlant à des proches, que l'on m'en a parlé.

 

Les histoires de voisinages et de voyeurisme sont des thèmes vus et revus au cinéma - Caruso, de Palma, Mendes, entre autres, ont aussi travaillé dessus. Le véritable challenge est d'arriver à transcender, à sa manière, et avec sa propre vision, ces thèmes, créer, au final, son propre cinéma.

 

PdA : Les thèmes des nouveaux moyens de communication - et du déclin des communications réelles - au sein de la jeunesse, celui d'une société au voyeurisme de plus en plus généralisé, banalisé sont au cœur de ton intrigue. Pourquoi avoir voulu construire ton premier film autour de ces sujets ?

 

J.S. : Parce que je pense que le voyeurisme n'a jamais été aussi puissant qu'aujourd'hui. Et ce à cause de toutes ces nouvelles plateformes virtuelles : Facebook, Twitter, Instagram, les télé-réalités... Cela semble naturel, de nos jours, d'observer ses voisins, ses amis, sa famille, et même n'importe quel étranger, sans noter la perversité de la chose. 

 

Il n'a pas si longtemps, cela ne semblait pas aussi normal. Je vous donne un exemple, parmi d'autres... Tout jeune, j'ai vu Ennemi d'État, de feu Tony Scott. Et j'avais été terrorisé à l'idée que le gouvernement puisse être aussi présent dans la vie privée de chacun, à l'aide de satellites, de caméras de surveillance, de hackers, etc… Vraiment, c'est un film qui m'a marqué. Je me suis dit qu'il avait dû en terroriser bien d'autres… Sauf qu'aujourd'hui, beaucoup de gens divulguent leur intimité en permanence, leurs activités, leurs réflexions personnelles, leurs problèmes, leurs réussites, ils se géo-localisent même pour informer en temps réel sur ce qu'ils font, où ils mangent, etc… Je ne critique pas, je trouve juste cela étonnant, mais surtout dangereux : certains poussent le vice jusqu'à se filmer en plein acte de violence, et combien se retrouvent à moitié nus, en première page de leur profile, et ce à la vue de n'importe quel étranger... Je pourrais continuer longtemps sur ce sujet…

 

PdA : Il y a de toi, chez Léonard ? Est-ce qu'il te ressemble, ne serait-ce qu'un peu ?

 

J.S. : Il y a de moi, bien sûr. Premièrement, car, comme je l'ai dit, la base de Windows vient d'une expérience que j'ai moi-même vécue. Mais aussi dans son caractère : c'est un jeune homme réservé, toujours en observation, il tient cela de moi. Il y en a forcément plus, mais c'est alors de l'ordre de l'inconscient.

 

J'aime imaginer, créer de toutes pièces mes personnages. Jamais je ne chercherai à m'inspirer totalement de mes expériences ou de mon vécu pour écrire. La force du cinéma est de sublimer, d'une manière ou d'une autre, la réalité.

 

PdA : As-tu considéré l'idée de l'incarner toi-même, ou pas du tout ?

 

J.S. : Jamais. C'est une question qui revient souvent, mais je n'écris pas pour m'offrir des rôles. J'ai besoin de toutes mes forces pour réaliser. Je ne me vois pas, pour le moment, combiner les deux. Si j'arrive à mener à bien ce film, et que d'autres suivent - c'est ce vers quoi je tends plus que tout -, je ne m'accorderais des rôles que dans l'hypothèse où je ne verrais personne d'autre à la place. Pour Windows, personne ne pourrait mieux incarner Léonard que Michael Grégorio.

 

PdA : Tu m'offres la transition vers la prochaine question sur un plateau. Dans le rôle de Léonard, donc, on retrouvera, et c'est une surprise, Michael Gregorio, que l'on connaît d'abord en tant qu'imitateur et interprète de grand talent. Qu'est-ce qui t'a guidé dans ce choix ? A-t-il été partant rapidement ?

 

J.S. : Je n'ai jamais cherché à avoir une tête d'affiche, un acteur dit "bancable", pour faciliter le développement de mon film. Je hais l'idée que l'Artistique ne soit pas le principal nerf d'un film. Heureusement, en court-métrage, il y a plus de liberté qu'en long. Je cherchais l'acteur le plus à même d'incarner Léonard, celui qui me permettrait de voir mon personnage venir à la vie, et non pas quelqu'un qui s'en rapprocherait.

 

Michael, c'est en tombant par hasard sur lui à la télévision, en pleine ébauche de la première version du scénar', que j'ai su. Je dis bien « j'ai su », car jamais depuis le doute ne s'est immiscé. Il était absolument idéal pour jouer Léonard. Physiquement, déjà. Puis dans sa manière d'être, de jouer, de modeler sa voix et son corps au fil des différents personnages qu'il incarne dans ses spectacles. C'est un caméléon extraordinaire.

 

J'ai eu la chance de pouvoir entrer très facilement en contact avec lui. Je lui ai fait lire une première version, qui lui a beaucoup plu. Nous nous sommes donc rencontrés, et le feeling est tout de suite passé. Je crois que nous nous retrouvions dans le fait qu'il s'agit pour l'un et pour l'autre d'une première fois, chacun d'un côté de la caméra.

 

PdA : Quel sera le calendrier de la conception de Windows ? Débutera-t-elle avant le remplissage de ta jauge Ulule ?

 

J.S. : Le travail artistique à commencé il y a longtemps déjà. Et les dates de tournage sont déjà fixées : du 7 au 12 juin 2014. Mais c'est une véritable course contre la montre pour arriver à obtenir le budget nécessaire, et le compte Ulule, si nous arrivons à le mener à bien, représentera une aide colossale pour nous.

 

PdA : Admettons - ce que je te souhaite - que la somme demandée soit réunie, que le film se fasse comme tu l'espères. Qu'est-ce qui sera, ensuite, au programme pour Windows ? Je pense à sa diffusion, en particulier...

 

J.S. : Très sincèrement, je n'y pense pas pour le moment. Je suis obnubilé par la seule idée de mener le film à bien, voilà tout. Bien sûr, nous espérons qu'il sera acheté par des chaînes de TV, ce qui nous permettrait de le partager avec un maximum de personnes. Peut-être aura-t-il aussi une vie dans les festivals… Mais tout cela me semble encore bien loin...

 

PdA : Quel message aimerais-tu adresser à nos lecteurs pour les convaincre, pour leur donner envie de participer au financement du film ?

 

J.S. : Hmm… Le paradoxe, c'est que j'ai envie d'en parler longuement, de le raconter dans ses moindres détails, et ce avec la flamme de celui qui porte son projet, et, surtout, qui y croit dur comme fer. Mais je ne peux me permettre de trop en dire, car c'est ce qui est merveilleux dans ce genre de cinéma : se laisser surprendre, manipuler, pour notre plus grand plaisir...

 

Je peux simplement dire que les productions, l'équipe technique, les acteurs et moi-même, nous battons pour faire voir le jour à ce film qui nous emballe tous autant les uns que les autres. Nous voulons arriver à en faire une oeuvre époustouflante. Je n'ai pas peur de le dire. C'est ce vers quoi tend chaque personne travaillant sur un film. Et nous avons besoin d'aide financière car, malheureusement, sans aides venues d'amoureux du cinéma, d'amis, de mécènes, de solidaires, de curieux, cela sera bien plus laborieux...

 

PdA : As-tu, à ce jour, d'autres envies, d'autres projets en tant que réalisateur ?

 

J.S. : Bien sûr ! Je ne m'arrête jamais d'écrire ! Du court, mais aussi du long-métrage, pour un jour, peut-être. Seulement, chaque chose en son temps. Je me consacre, en ce moment, en tant que auteur/réalisateur en herbe, uniquement à Windows. Après... nous verrons...

 

PdA : Un dernier mot ?

 

J.S. : Merci, et rejoignez nous dans cette aventure !

 

Windows

 

Le projet vous a séduit ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Et, surtout, allez sur la page Ulule de Windows pour en savoir plus et soutenir l'équipe du film ! Nicolas alias Phil Defer

 

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9 mars 2014

Municipales 2014 : Paroles de jeunes candidats

À la fin du mois, nous nous rendrons aux urnes pour renouveler les plus de trente-six mille conseils municipaux qui constituent, ensemble, la première strate politique et administrative de notre pays, le cœur de la France des territoires. Pour l'occasion, j'ai souhaité donner une nouvelle fois la parole à quelques jeunes engagés, chacun sur une liste. Je ne prétends évidemment pas à l'exhaustivité, pas davantage à une représentativité parfaite du panel tel qu'il apparaît ici : Paris et Lyon sont, au 9 mars (date de la rédaction de cette introduction - 11 réponses reçues), sur-représentées, les hommes le sont largement. Les rapports de forces issus de ce panel ne reflèteront pas nécessairement ceux que l'on retrouvera au plan national, après les résultats. D'autres réponses me parviendront peut-être, je l'espère, en tout cas.

 

Le parti pris est le suivant : laisser s'exprimer quelques jeunes qui croient en la politique, en la capacité qu'elle peut avoir de changer les choses. Le scepticisme, le désabusement ne sont pas de mise ici. Ça fait du bien, parfois... Il y a également dans ce document un aspect "décrochage régional" que j'assume totalement : il vous donnera, je l'espère, l'envie de découvrir les communes, les coins dont il est question, de vous intéresser aussi à ces scrutins-là. Si vous souhaitez réagir à tel ou tel propos, interpeller un candidat ou apporter vos propres réponses, n'hésitez pas... les commentaires sont là pour ça ! Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

UNE EXCLUSIVITÉ PAROLES D'ACTU

MUNICIPALES 2014 

Paroles de jeunes candidats

 

Marianne

(Illustration : Larousse.)

 

 

 

Bruno Clavet

Bruno Clavet

3e ar. de Paris - FN/RBM (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Bruno Clavet. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Bruno Clavet : Originaire de Marseille où j’étudiais en école de commerce, j’ai emménagé à Paris en 2012 pour intégrer un master de stratégie à Sup de Pub, la grande école de communication de Paris. Installé durablement dans la capitale, j’ai ainsi fait mes premiers pas en tant que militant frontiste parisien avant de devenir tête de liste du 3e arrondissement pour les élections municipales.

 

Toutefois, c’est depuis mes dix-huit ans que j’ai à cœur de devenir un acteur du changement, afin de ne pas rester spectateur du spectacle catastrophique qui nous est offert depuis des années. Hier à l’UMP, aujourd’hui au Front national, je suis convaincu que nous incarnons la véritable alternative politique attendue par les Français attachés à leur pays, à ses valeurs, à son histoire et à son identité.

 

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 3e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

B.C. : Continuer de voter pour le système UMPS, c’est continuer la politique menée aujourd’hui par le gouvernement - politique que l’on sait injuste et inefficace. À cela s’ajoute une insécurité croissante : vols à la tire, cambriolages, violence des mineurs... Cela est intimement lié à la politique pénale voulu par le PS.

 

Que voit-on ? Une fiscalité écrasante, notamment pour les commerces, qui peinent à payer toutes leurs charges et à employer. Une crise du logement, qui favorise les plus riches et laisse les classes moyennes sur le bord de la route. Pour conclure, les politiques menées jusque là ont fait perdre au troisième son attractivité, aussi bien pour les commerces que pour les classes moyennes.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

B.C. : Nous voulons réduire la fiscalité, afin de recréer un écosystème attractif pour les commerces de proximité, qui sont la force vive de Paris et qui font partie de son histoire. Nous mettrons un terme aux travaux pharaoniques qui creusent la dette un peu plus chaque jour. Nous prônerons l'utilisation accrue de la vidéosurveillance et le retour d’une police municipale mieux équipée, donc plus efficace. Nous ferons en sorte d’appliquer le plus strictement possible le principe de laïcité cher à notre République. Et, pour finir, en ce qui concerne le logement, nous voulons le retour des classes moyennes dans Paris. Les commissions d’attribution des logements sociaux qui se tiendront sous notre mandat seront publiques, transparentes, elles appliqueront le principe de priorité nationale.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

B.C. : Je suis assez optimiste en ce qui concerne un poste de conseiller d’arrondissement. L’accueil est assez chaleureux. La population de l'arrondissement est désormais beaucoup moins fermée à l’idée d’un vote FN. C’est très encourageant... Au niveau de la ville, nous aurons évidemment des conseillers de Paris. Ce qui marque un véritable changement de mentalité.

 

Évidemment, nous attendons également avec impatience les élections européennes, qui signeront la fin du système européiste UMPS...

 

Propos recueillis le 12/02/14

Retrouvez Bruno Clavet sur Twitter...

 

 

Hugo Hanry 2014

Hugo Hanry

15e ar. de Paris - FG

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Hugo Hanry. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Hugo Hanry : Bonjour. Tout d'abord, je suis très heureux de répondre à nouveau à Paroles d'actu, qui avait déjà interrogé les jeunes sur le thème « Hollande, l'an 1 ». J'ai 20 ans et je suis étudiant en deuxième année de science politique à l'Université Paris Ouest Nanterre. J'habite Paris depuis 2000, et j'ai grandi dans le 15e arrondissement, où je suis candidat pour l'élection municipale sur la liste « À Paris, place au peuple ! » du Front de Gauche, menée dans le 15e par Françoise Giboteau et soutenue par Danielle Simonnet, tête de liste dans le 20e et à la mairie de Paris.

 

Je me suis engagé en politique en 2010, au Parti socialiste et au Mouvement des Jeunes socialistes, où j'étais coordinateur d'équipe des 15e et 7e arrondissements. La campagne présidentielle de 2012 a été un moment crucial dans mon engagement politique, puisque c'est à ce moment-là que j'ai pris véritablement conscience de la dérive néo-libérale du Parti socialiste. Le programme politique des « 60 engagements » de François Hollande ne prenait pas la mesure de l'ampleur de la crise que nous connaissons et des urgences sociales qui en découle. Un quinquennat d'austérité s'annonçait, et j'ai donc quitté mes fonctions au MJS et rendu ma carte du Parti socialiste.

 

Mon choix est allé vers le Front de Gauche et, plus précisément, le Parti de Gauche, seul parti à défendre une orientation de résistance à l'austérité et, en même temps, éco-socialiste : l'écologie politique et les réponses aux urgences sociales sont au cœur du programme. La politique économique de droite appliquée aujourd'hui par François Hollande et Jean-Marc Ayrault me conforte dans ma décision, et je porterai donc les couleurs du Front de Gauche aux élections municipales dans mon arrondissement.

 

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 15e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

H.H. : Le 15e arrondissement de Paris est un arrondissement particulier. C'est, tout d'abord, le plus grand, si l'on enlève les bois de Boulogne et de Vincennes des 16e et 12e arrondissements, et le plus peuplé, avec plus de 235 000 habitants. C'est également un arrondissement acquis à la droite depuis toujours.

 

Concernant le bilan de la municipalité sortante, sur Paris, tout d'abord, le bilan est très mitigé. En 2001, les Parisiennes et les Parisiens brandissaient les clefs de Paris devant l'hôtel de ville pour symboliser la fin de l'ère Chirac-Tibéri et exprimer leur ras le bol de la droite à Paris. D'ailleurs, le projet de Nathalie Kosciusko-Morizet, la marquise de Longjumeau qui vit des « moments de grâce » dans la ligne 13 du métro (toujours saturée), est comparable à la politique de la droite menée à Paris avant 2001. Notre opposition y est donc totale, je n'y reviendrai pas, son cas est réglé. Sous les deux mandatures de Bertrand Delanoë, des choses ont été faites. Par exemple, alors que la droite s'obstinait, par volonté politique, à réserver Paris aux riches, refusant de produire du logement social, Bertrand Delanoë a respecté la loi SRU et atteint en deux mandatures le taux de 20% de logement social sur la ville. Cependant, de grandes disparités subsistent selon les arrondissements : le taux de logement social dans le 7e arrondissement n'est que de 1,3%, contre plus de 36% dans le 19e...

 

Pour être plus critique, on constate à Paris un phénomène de « gentrification » qui s'accélère, et donc un exode social toujours plus important des classes populaires et moyennes, du fait du coût de la vie. Celles-ci sont forcées de se loger de plus en plus en banlieue, accentuant les distances domicile-travail et rendant par conséquent souvent obligatoire l'usage de la voiture ou le paiement de tarifs de transports en communs très élevés. On ne peut pas trouver un 50m² à moins d'un SMIC et, du fait de la rapacité des promoteurs immobiliers et du refus de s'attaquer à la spéculation immobilière, les loyers continuent de grimper, et la loi Duflot ALUR n'y changera malheureusement rien. On ne peut plus se loger dans la capitale de la France ! Du fait de la politique d'autofinancement de la ville et du refus d'investir dans le logement social par le recours à l'emprunt, seul un logement social sur trois - parmi les 70 000 produits en douze ans- est accessible aux personnes les moins aisées.

 

L'accès à la santé se dégrade, et de plus en plus de Parisiennes et de Parisiens ne peuvent plus se soigner, du fait des dépassements d'honoraires et du coût exorbitant de certains soins. La municipalité actuelle a d'ailleurs engagé la casse des urgences de l'Hôtel-Dieu, seul hôpital de proximité contenant des urgences dans les neuf premiers arrondissements de Paris. De plus, une grande partie des services de Paris a été privatisée au profit de grands groupes privés : JCDecaux pour Vélib et la publicité, Vinci qui, pour les parkings, pratique des prix exorbitants, Bolloré qui effectue avec Autolib une opération de publicité industrielle en faisant payer les Parisiens, ou encore Derichebourg, pour la collecte des déchets... Ce recours au privé coûte une fortune aux Parisiennes et aux Parisiens, d'une part parce que ces groupes doivent faire du profit pour rémunérer leurs actionnaires, mais aussi du fait des contrats signés. Dans le cas de Vélib, par exemple, si le taux de vélos dégradés dépasse celui prévu par le contrat, la ville paye 400 euros par vélo dégradé supplémentaire !

 

Malgré douze ans de mandature du Parti socialiste, la « gentrification » s'accentue, et Paris devient, de plus en plus, une ville réservée aux riches, du fait, principalement, de la spéculation immobilière. Pour ce qui est du 15e arrondissement, le bilan est également très mitigé et, les mairies d'arrondissements ayant peu de pouvoir, la mairie de Paris a plutôt limité la casse par rapport à ce qu'aurait pu faire le maire de droite du 15e, qui distribue actuellement sur les marchés des tracts anti-Roms racistes. Cependant, les projets de Bertrand Delanoë soutenus par la candidate Anne Hidalgo ne vont pas dans le bon sens. Tout d'abord, les 20% de logements sociaux ne sont toujours pas atteints, et le 15e manque cruellement de logement accessible à toutes et tous.

 

Je vais m'attarder ici sur un projet soutenu uniquement par le Parti socialiste qui résume parfaitement toutes les problématiques de l'arrondissement, et même celles de Paris en général : celui de la « Tour Triangle ». Ce projet inutile et imposé consiste à détruire une partie du Parc des Expositions de la Porte de Versailles pour y construire une tour de 180m de hauteur, composée à 95% de bureaux, sur un terrain vendu à Unibail par la ville à un prix trois à quatre fois inférieur à celui expertisé. Ce projet est anti-écologique, anti-social, il encourage la spéculation immobilière, engraisse les profits d'un groupe privé et est une tache architecturale. Anti-écologique parce qu'une tour de cette hauteur est obligatoirement énergivore, et elle est également contraire au plan climat adopté par le Conseil de Paris. Anti-social car cette tour sera composée à 95% de bureaux, alors que le 15e arrondissement manque cruellement de logements et, surtout, de logement social.

 

Des études ont montré que la construction de tours de grande hauteur faisait mathématiquement augmenter le prix du foncier, des loyers et des baux commerciaux dans le quartier alentour, du fait de la spéculation immobilière. Nous refusons par ailleurs les constructions de grande hauteur, par respect des impératifs écologiques mais aussi du patrimoine architectural de Paris. Bref, des projets coûteux, inutiles, imposés et anti-écologiques, voilà ce que nous réserve Anne Hidalgo si elle est élue, au lieu de s'attaquer à la spéculation immobilière et de rendre Paris accessible à toutes et tous.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

H.H. : Nous proposons aux Parisiennes et aux Parisiens un programme de 424 mesures de radicalités concrètes pour cette élection municipale. Je ne vais évidemment pas toutes les énoncer, mais je vais insister sur quelques points, notamment sur le logement, qui est notre priorité dans cette élection.

 

Tout d'abord, nous assumons de soutenir que l'élection municipale est une élection politique, et que la politique nationale a, bien évidemment, des répercussions à l'échelle locale. Par exemple, dans le budget 2014, du fait des baisses de dotations de l'État aux collectivités décidées par François Hollande, c'est un demi milliard de moins qui rentre dans les caisses de la Ville ! Nous portons l'ambition de faire de Paris la capitale de la résistance à l'austérité. Tous les autres candidats, que ce soient Anne Hidalgo, NKM, le candidat du Front national ou Christophe Najdovki pour EELV, sont dans une logique de soumission à l'austérité. Nous, nous refuserons la baisse des dotations de l'État à la Ville de Paris et nous réclamerons le remboursement de la dette de l'État auprès des Parisiennes et des Parisiens : elle s'élevait déjà, en 2011, à plus d'1,3 milliard. Parce que le logement est notre priorité, et que beaucoup de leviers relèvent du domaine législatif, nous assumons, si les électeurs portent le Front de Gauche à la mairie de Paris, capitale de la France, d'imposer un rapport de force avec le parlement pour faire adopter une loi d'encadrement à la baisse des loyers de 20%, dans le privé et dans le public. Pour en finir avec ce qui relève du domaine national, nous réclamerons une révolution fiscale pour rendre l'impôt plus juste et plus redistributif.

 

Concernant les radicalités concrètes locales, je vais développer plus longuement nos mesures pour l'accès au logement, préoccupation numéro 1 des Parisiens. Nous engagerons un combat sans relâche pour faire baisser les loyers. Pour cela, il faut frapper la spéculation immoblière en augmentant les droits de mutation, que la municipalité sortante a refusé d'augmenter, alors que la loi l'y autorise ! Nous taxerons davantage les transactions immobilières dans les quartiers les plus chers. Il est également indispensable de faire appliquer le droit de réquisition sur les 115 000 logements vides, presque un million de m² de bureaux vides, pour rééquilibrer l'offre et la demande qui mettra fin à la course folle à la hausse des loyers. Malheureusement, pas une seule réquisition n'a eu lieu depuis l'élection de François Hollande et l'arrivée de Cécile Duflot au ministère du Logement. Nous développerons également le compte foncier de la ville, en assumant notamment le recours à l'emprunt. Nous créérons dans cette logique 12 000 logements sociaux par an, répartis dans tous les arrondissements, pour parvenir à l'objectif de 30% de logements sociaux avant la fin de la mandature et non, comme le propose hypocritement Anne Hidalgo, en 2030 (soit trois mandatures)... Nous baisserons également le loyer de ces logements sociaux pour les rendre accessibles à toutes et tous. Nous créerons des conseils de l'habitat social pour avancer dans la participation des locataires à la co-gestion du parc social.

 

Notre programme est ambitieux, il répond aux urgences sociales et écologiques des Parisiens. C'est pourquoi il s'accompagne d'une série de mesures d'émancipation par rapport aux intérêts privés mais aussi, par exemple, par rapport à la publicité. Nous reprendrons la main sur les intérêts privés en municipalisant ou remunicipalisant ce qui a été privatisé. Ce sera le cas pour Autolib, Vélib, les parkings, la collecte des déchets, les cantines scolaires ou encore le nettoyage des bureaux. Nous souhaitons défendre et étendre nos services publics en créant des espaces de gratuité, notamment dans les transports, pour les premiers m3 d'eau, pour les musées, les bibliothèques et médiatèques... Nous instaurerons une régie publique de l'internet et des énergies renouvelables et embaucherons 4 000 nouveaux agents de la ville. Pour désengorger Paris, nous développerons et rendrons les transports publics accessibles à toutes et tous en baissant drastiquement les tarifs et en portant une bataille qui n'a pas été menée par la majorité sortante, celle de la tarification unique - sur les tarifs des zones 1 et 2 - pour toute l'Île-de-France.

 

Pour faire face aux impératifs écologiques et garantir le droit aux espaces verts, nous organiserons une planification écologique municipale et défendrons la création d'un troisième bois dans Paris, en plein coeur du 18e arrondissement, sur la friche « Chapelle International ». Nous repenserons également l'aménagement du territoire pour réduire les distances domicile-travail, rééquilibrer le ratio emploi/logement dans les quartiers et, ainsi, amoindrir le recours à la voiture. Pour faire vivre la vie associative, nous affecterons 50m² pour 100 habitations à des locaux dédiés aux activités associatives dans les immeubles gérés par les bailleurs sociaux. Enfin, à l'instar de São Paulo, nous portons l'ambition de faire de Paris une ville débarrassée de la publicité, notamment sur les édifices publics en travaux, tout cela nourrit la logique consumériste, et, de surcroît, engraisse les profits de JCDecaux. Nous favoriserons au contraire l'art dans la rue.

 

La Ville de Paris n'est pratiquement pas endettée et fonctionne à 80% en autofinancement par ses propres recettes fiscales. Pour planifier et préparer l'avenir, nous assumerons le fait d'avoir un plus grand recours à l'emprunt et nous dégagerons de nouvelles recettes, notamment en taxant la spéculation immobilière.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

H.H. : Je dois d'abord dire que je suis désespéré de constater que nous faisons face à une candidate UMP qui ne connaît pas le prix d'un ticket de métro, ni les horaires de bus, qui propose de créer des « zones franches de droit du travail » dans les quartiers (complètement illégales, et heureusement), qui souhaite engager le plus grand plan social que la Ville ait connu en supprimant 2 500 postes d'agents et veut réserver le logement social aux classes moyennes aisées. Donc, de fait, soutient un Paris réservé aux riches.

 

Je suis également désespéré de voir un candidat du Front national, déjà champion d'absentéisme au Conseil régional de Picardie, déclarer qu'« À Paris, il n'y a que des bobos et des immigrés », qu'il ne « gagne pas (sa) vie si bien que ça » avec des revenus annuels de plus de 100 000 euros - alors que 15% des Parisiens vivent en dessous du seuil de pauvreté (25% dans les 18e, 19e et 20e arrondissement) - et préparer la plus sévère cure d'austérité que la ville ait jamais connue (et, qu'heureusement, elle ne connaîtra jamais). Bref, le profil type du vote inutile : même si, par malheur, il était élu, il ne daignerait même pas siéger au Conseil de Paris...

 

Enfin, je suis consterné par le programme du Parti socialiste et celui d'EELV. Ils manquent gravement d'ambition et condamnent Paris à se soumettre aux logiques d'austérité dictées par le gouvernement et Bruxelles. Les listes d'Anne Hidalgo sont bien des listes gouvernementales.

 

Je pense que le Front de Gauche, dans de nombreuses villes, et également à Paris, sera la surprise de ce scrutin. Nous sommes les seules listes assumant une rupture avec les logiques de réduction des dépenses au détriment des citoyens et préparant l'avenir en investissant dans nos services publics. Malgré un cadrage médiatique déloyal focalisé sur le « duel NKM/Hidalgo » qui n'en est pas un, sauf à être un duel de l'austérité, Danielle Simonnet, notre tête de liste à la mairie de Paris, réussit à percer dans ce cadre médiatique. Lors du débat sur LCP et Europe 1 réunissant les cinq candidats à la mairie de Paris, notamment, où le chef du service politique d'Europe 1 a reconnu qu'elle était « excellente » et « la révélation » de ce débat. Je le dis franchement, les autres candidats ont pour eux l'image et la priorité médiatique, mais nous avons le fond et la force militante de terrain. Pour preuve, nous sommes les seules listes en progression, et, déjà, la troisième force politique de Paris, à cinq semaines du scrutin.

 

Je ne vais pas cacher que, pour le 15e arrondissement, la tâche est rude, mais nous comptons sur le travail de terrain, où nous avons de très bons retours, pour remporter cette élection et faire triompher l'autonomie conquérante. Nous souhaitons remobiliser les 110 000 électrices et électeurs parisiens de Jean-Luc Mélenchon lors de l'élection présidentielle et, bien sûr, rassembler au-delà. Je pense notamment aux électeurs socialistes et écologistes qui ne se reconnaissent pas dans la politique menée par François Hollande et qui ne veulent pas en subir les conséquences à Paris en votant pour Madame Hidalgo. N'hésitez plus. Vous êtes de gauche, votez Front de Gauche ! À Paris, place au peuple !

 

Propos recueillis le 18/02/14

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Valentin Fontan-Moret 2014

Valentin Fontan-Moret

1e ar. de Lyon (Rhône) - UMP

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Valentin Fontan-Moret. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Valentin Fontan-Moret : Bonjour. J'ai 18 ans et suis un militant engagé depuis deux ans aujourd'hui à l'Union pour un Mouvement populaire. Mes convictions viennent toutes d'un même credo : "Il faut que cela change !" Voilà, pour moi, le sens réel et profond d'un engagement : l'envie d'en finir avec ce qui ne va pas, ce qui ne va plus, et participer à l'avènement d'une vision nouvelle. La volonté de faire bouger les lignes et l'optimisme, conditions sine qua non à tout engagement, sont pour moi les piliers indestructibles du combat politique. Et c'est précisément cette envie de porter un projet nouveau qui motive aujourd'hui mon engagement dans le 1er arrondissement de Lyon, aux côtés de Jean-Baptiste Monin. La volonté d'incarner le renouveau et de porter des idées nouvelles est à mon sens une belle façon d'ajouter sa pierre à l'édifice républicain, qui en a bien besoin.

 

Pour ce qui est de mon "étiquette" (UMP), elle est le fruit de l'adhésion à cette idée certaine de la France qui est celle du gaullisme. Aussi bien sur le plan institutionnel, économique que social, je crois que la quintessence du modèle français qui nous est cher est gaulliste avant tout. Mais je ne suis pas un nostalgique : je crois que notre devoir à tous aujourd'hui est d'être tournés vers l'avenir, et qu'il nous faut pour cela ne pas oublier d'où nous venons, c'est aussi ça, le gaullisme, selon moi. C'est cette vision de la France et du monde qui motive mon engagement. 

 

PdA : Vous serez candidat à Lyon, dans le 1e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

V.F.-M. : Le pluriel est effectivement de mise ! Je ne suis pas de ceux qui jetteront la pierre à un camp ou l'autre. La gauche est fracturée dans le 1er arrondissement : une liste du Parti socialiste présentée par Gérard Collomb ; une liste plus à gauche portée par Nathalie Perrin-Gilbert, maire sortante après deux mandats, soutenue par le Front de Gauche ainsi que son propre groupe, le Gram ; et, enfin, une liste Europe Écologie Les Verts.

 

On ne peut pas reprocher à Nathalie Perrin-Gilbert d'avoir fait du mal à l'arrondissement. Mais les citoyens ont souffert du jeu politicien de rivalité entre ces différents mouvements de gauche et les ambitions des uns et des autres qui ont trop souvent primé sur l'intérêt des habitants. C'est pour moi la grande part d'ombre du bilan des équipes sortantes, et le drame, c'est que ces équipes, Parti socialiste en tête, ont fait le choix de poursuivre cette bataille d'égos et d'ambitions sur la place publique, devant les électeurs, à l'occasion de cette campagne. Je crains que cela ne se fasse au détriment de notre arrondissement, et c'est pour cela que je milite pour l'alternative ambitieuse et dynamique qu'incarne Jean-Baptiste Monin.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

V.F.-M. : Notre projet est très dense, et c'est une fierté pour nous ! Nous n'avons pas peur d'être ambitieux pour notre arrondissement. Mais, parmi nos propositions, certaines me tiennent particulièrement à cœur : l'idée, par exemple, de rendre son sens et sa fonction à ce lieu chargé d'histoire et pourtant abandonné qu'est l'Amphithéâtre des Trois Gaules, en y organisant régulièrement les états généraux de l'arrondissement : une grande concertation ouverte à tous sur la politique à mettre en oeuvre dans l'arrondissement pour impliquer chacun dans le processus de décision. S'exprimer autrement que par un bulletin de vote tous les six ans : voilà le sens profond de ce qu'est la démocratie !

 

Mais il y a aussi cette proposition de bon sens, et pourtant trop rare, qui est de faire de la police municipale une véritable police de proximité, bien loin d'une politique répressive : l'idée est que les agents soient comme des veilleurs de quartier, vecteurs de lien social, figures connues et respectées dans leurs quartiers et quotidiennement au contact des riverains pour contribuer à ramener une atmosphère paisible. Je pourrais aussi développer longuement les thématiques qui touchent directement les jeunes : l'intergénérationnel ne sera pas laissé de côté avec le projet du Collège Truffaut qui a fait l'actualité ces dernières semaines. C'est une belle perspective qui redonne tout leur sens à ces termes que certains mettent aujourd'hui à toutes les sauces et que sont l'humanisme, le vivre ensemble. Nous n'en faisons pas un argument marketing, et pourtant, c'est l'essence même de ce type de projets.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

V.F.-M. : Je les sens bien, pour tout vous dire !

 

Évidemment, la situation actuelle invite à un vote massif en faveur de notre mouvement, qui représente l'alternative. Mais je vois aussi en ces élections municipales, dans un certain nombre de communes comme dans le 1er arrondissement de Lyon, un moyen de renouveler les tendances, idées et personnes. Et, peut-être, qui sait, de faire définitivement éclater un certain nombre de clivages qui n'ont plus de sens et que certains entretiennent comme un fonds de commerce, électoralement très rentable ?!

 

PdA : Un dernier mot ?

 

V.F.-M. : Engagez-vous ! D'autres vous incitaient à vous indigner, je préfère inciter tous les jeunes qui, comme moi, ne sont pas à l'aise avec la situation politique qui est la nôtre, ni avec une bonne partie des projets qu'on leur soumet pour l'avenir, à s'engager, quelles que soient leurs convictions. Il m'arrive encore, souvent, de me lever le matin, de regarder les nouvelles du jour et de penser : "Nous ne pouvons pas ne pas agir !". Jeunesse, agissons !

  

Propos recueillis le 22/02/14

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Stéphanie V.

8e ar. de Paris - PS

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Stéphanie V. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

  

Stéphanie V. : Je suis étudiante en droit des affaires, passionnée par tout ce qui touche à l'entrepreneuriat et aux start-up. J'aime aussi beaucoup le monde de l'art et en particulier le théâtre, que j'ai pratiqué de nombreuses années, notamment au cours Florent, ainsi que la peinture - je me réfugie dans un musée dès que j'ai un peu de temps ! -. Parallèlement à mes études, j'ai la chance de travailler dans une galerie d'art du 10e arrondissement de Paris, où je participe à la programmation et à la logistique. J’adore la musique et joue du violon depuis mon enfance. 

  

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

  

S.V. : J'aime mon pays. Depuis petite, je me suis intéressée à l’histoire de France et j'ai voulu apporter ma modeste contribution personnelle à l'histoire collective. J'ai d'abord milité dans l'associatif mais, au bout de quelques années, j'ai eu envie d'agir au cœur du « mécanisme », je me suis donc naturellement tournée vers la politique en adhérant au Mouvement des Jeunes socialistes et en rejoignant la sensibilité La Relève. J'ai aujourd'hui la chance de coordonner l'équipe des jeunes socialistes du 8e arrondissement de Paris, dans lequel je réside.

  

PdA : Vous serez candidate à Paris, dans le 8e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ? 

  

S.V. : Quel gâchis... Notre arrondissement a un potentiel incroyable, qui n'est absolument pas exploité par la majorité sortante, qui manque cruellement d'énergie et de dynamisme. Le 8e s'est endormi, les familles et les commerçants sont délaissés, le maire ne relaye pas correctement les nombreux dispositifs mis en place par la mairie de Paris pour les habitants de l'arrondissement, et particulièrement pour les jeunes. Ce manque d'ambition et de volonté est affligeant. Nous abritons le premier quartier d'affaires de France et la plus belle avenue du monde : nous méritons un 8e innovant, qui soit un arrondissement d'excellence. Un maire qui soit au service des citoyens et capable de prendre des décisions courageuses sur des dossiers sensibles ou difficiles, sans se dédouaner comme c'est le cas actuellement, en particulier sur le manque de places en crèches, la sécurité ou encore la propreté. 

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

S.V. : Nous avons fait le choix de contribuer activement au développement économique de l'arrondissement. Je considère tous les cabinets et les entreprises qui entourent nos résidences comme un patrimoine, une richesse qu'il faut exploiter. Cette réflexion nous a conduit, par exemple, à proposer la création d'une pépinière d'entreprises et la création d'un label "Paris8e".

 

Les petits commerces aussi sont précieux, ils garantissent la vitalité du quartier et sont un facteur de lien social conséquent, pour les personnes âgées en particulier. Nous proposons de mettre en œuvre de nombreux dispositifs pour favoriser et protéger l'implantation des commerces de bouche, tels que l'inscription des principales rues commerçantes dans le plan local d'urbanisme.

 

Nous voulons aussi préparer l’avenir et penser à ceux qui seront le 8eme de demain. Aussi, nous voulons construire une nouvelle école dans le nord de l'arrondissement, ainsi qu'une crèche d'une trentaine de berceaux. Nous avons également souhaité faire un focus sur cette jeunesse trop longtemps oubliée par la droite, en avançant des propositions élaborées par les jeunes pour les jeunes, telles que la création d'une bourse de stage à destination des 15/30 ans ou encore celle d'un local jeunesse muni d'ordinateurs et de wifi en libre accès, ainsi que de nombreux partenariats avec les entreprises environnantes.

 
Des événements récents ( une fusillade puis un blessé par balle) ont aussi démontré la nécessité absolue de traiter des questions afférentes à la sécurité de manière rapide et efficace : si nous sommes élus, nous mettrons en place un conseil local de sécurité, demanderons qu'un bus antenne de police soit présent dans les lieux touristiques, un gardien et l'installation d'une vidéosurveillance dans le square Marcel Pagnol.

 

Un plan local de propreté, en partenariat avec les inspecteurs de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations, ndlr), sera mis en place et nous inscrirons l'arrondissement dans une démarche environnementale plus approfondie (mise en place de l'Agenda 21, trame verte, lieux de compost...).

 

Dans la lignée de mon parcours et de mes hobbies, je suis très attachée à l'idée de promouvoir la culture, dans toute sa dimension intergénérationnelle, en enrichissant notre identité culturelle (création du forum de l'entreprenariat européen, demande d'obtention de la localisation du Musée du Numérique et de la Société Informatique sur notre territoire, création de soirées "Paris Upground" sur les toits d'immeubles parisiens en partenariat avec des galeries d'art du 8e, création d'un centre socio-culturel type Centre Barbara du 18e). Nous favoriserons aussi l'accès au patrimoine existant : le Festival de l'Europe, qui s'appuierait sur les rues affiliées, le Parcours de Design culinaire, en partenariat avec nos grandes maisons gastronomiques du 8e, le Parcours Modo (transposition de l'événement bruxellois)...

 

La solidarité et la citoyenneté sont au cœur de notre engagement, et sont deux thématiques portées avec force et conviction par notre tête de liste, Corine Barlis : un conseil de la jeunesse et une assemblée de tous les conseils de quartiers seront notamment crées en mairie.

 

Enfin, nous nous engageons fermement sur le logement et sommes fiers de voir cette thématique revendiquée comme prioritaire pour Anne Hidalgo. Nous interviendrons, par exemple, en fournissant un effort de vigilance sur les immeubles vacants, par la mise en place de "Relais location 8e", de l'agence Multiloc et, dans un souci de transparence, nous installerons une commission d'attribution des logements sociaux avec une commission de surveillance paritaire.

 

Ceci est très loin d'être exhaustif, je vous invite donc à venir découvrir l'intégralité de notre projet sur notre site.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

S.V. : Très bien! Notre équipe a déjà réussi beaucoup de choses : cohésion, pragmatisme et écoute des habitants lors de l'élaboration de notre programme ont porté leurs fruits et, au fil des tractages, de nos rencontres avec les commerçants, porte-à-porte et autres actions de terrain, je découvre les nombreuses retombées positives de notre travail : une confiance qui croît de jour en jour en la capacité de Corine Barlis et de son équipe à gérer cet arrondissement et à en faire un lieu de vie privilégié. Nos propositions sont pertinentes, concrètes et audacieuses, dans la droite ligne de celles de notre candidate à la mairie de Paris, Anne Hidalgo. Je suis très fière de la soutenir dans le 8e, c'est une personnalité qui m'inspire énormément, en tant que militante mais également en tant que femme : progressiste, écologiste, féministe et bosseuse, je pense qu'elle fera une excellente maire de Paris et j'ai toute confiance en ses chances de victoire.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

S.V. : Oui ! Je vais en profiter pour remercier Corine Barlis et toute la commission qui a procédé à l'élaboration de la liste pour m'avoir donné la chance de participer à cette campagne en tant que candidate. Nous comptons quatre personnes de moins de 30 ans sur notre liste, ce qui témoigne de leur confiance en la jeunesse. Je voudrais également saluer mes colistiers : nous sommes une liste hétéroclite, unie, au sein de laquelle chacun a su trouver sa place et apporter ses compétences, ce qui est suffisamment rare pour être salué. Nous avons une équipe de communication qui fait un incroyable travail, des militants socialistes et des formations politiques partenaires qui savent se mobiliser au quotidien, je tiens à les remercier chaleureusement pour cette belle aventure collective. 

  

Propos recueillis le 02/03/14 

 

 

 

Julien Mariller

Julien Mariller

Binges (Côte-d'Or) - UMP (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Julien Mariller. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Julien Mariller : Parler de soi est toujours un exercice difficile, surtout lorsque l’on fait preuve d’une certaine humilité. Depuis très jeune, l’engagement public est une véritable passion. Il permet d’offrir des perspectives à nos concitoyens, de transformer le quotidien, d’être l’acteur de notre avenir commun. Depuis huit ans, j’ai la chance d’accompagner un certain nombre d’élus en Côte-d’Or. Ils sont présents pour m’apprendre à analyser les rouages de la République et la servir. Ils sont, pour moi, comme des pères.

  

Depuis 2010, je suis, d’ailleurs, secrétaire de l’association de soutien du député de ma circonscription et membre de Conseil national de l’Union pour un Mouvement populaire. Ce sont de très belles missions. Mais, désormais, je suis prêt, avec l’équipe qui m’accompagne, à assumer d’autres responsabilités : c’est le sens de ma candidature aux élections municipales de notre belle commune, Binges.

 

PdA : Vous serez candidat à Binges (Côte-d'Or) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

J.M. : À cet instant, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces hommes et toutes ces femmes qui, bien avant nous, ont œuvré pour la réussite de notre commune. Je pense notamment à l’ensemble des élus municipaux, aux bénévoles associatifs, aux artisans et commerçants, aux agriculteurs... Binges possède une identité, une histoire qu’il nous faut avant tout respecter pour construire notre avenir. Notre commune est aujourd’hui à la recherche d’une espérance, d’une perspective. Nous avons besoin de retrouver un projet commun, une envie de vivre ensemble.

 

Je suis un amoureux de notre belle commune. D’abord parce que j’y suis né, parce que Binges a toujours été le témoin des étapes de ma vie, de mon enfance à ma vie d’adulte. Mais aussi parce que les liens d’amitié et de proximité que j’ai tissés avec chacun des Bingeois depuis vingt-cinq ans sont pour moi une drogue dont je ne pourrais aujourd’hui me passer.

 

J’ai beaucoup de respect pour l’équipe municipale sortante, même si je considère désormais qu’un autre avenir est possible. Nous n’avons plus le temps d’attendre que le temps passe. Avec mon équipe, nous éveillerons Binges. D’une certaine manière, nous sommes tous les membres d’une même famille. C’est cette famille que nous souhaitons servir avec passion. C’est pour cette famille que nous souhaitons nous battre et donner beaucoup de notre temps.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

J.M. : Le moment est venu de développer un projet de vie qui s'appuie largement sur les contacts humains, l’écoute et la proximité. Le moment de construire une commune qui défende ses racines et ses intérêts. Le projet que nous défendons est enraciné dans l’identité de notre commune. Il est composé de propositions réalistes, comme la redynamisation de notre tissu associatif et de notre cœur de village, la limitation du nombre de nouveaux logements ou encore la sécurisation de notre route départementale, avec le souci permanent du respect des équilibres financiers et de l’argent public. Ce projet est porté par une équipe rassemblée d’hommes et de femmes venant d’horizons complémentaires et animée par une même volonté : mettre leurs compétences et leurs énergies au service de notre commune.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

J.M. : Les élections municipales sont un rendez-vous démocratique majeur. Les Bingeois auront à faire un choix qui engagera notre commune pour les six prochaines années. Je suis très serein, avec le sentiment d’un devoir pleinement accompli. J’ai toujours choisi la sincérité, la proximité et l’honnêteté dans la campagne que nous conduisons. Je ne me détournerai jamais de l’objectif de servir Binges et ses habitants.

 

D’une manière plus générale, ces élections doivent être un moment de vérité. Dans un contexte national difficile, les Français ont besoin de faire confiance à des élus de proximité compétents et présents.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

J.M. : Je veux dire qu’au service de notre commune, il n’y aura pas de clan. Il n’y aura que les bonnes volontés de ceux qui aiment Binges. Il n’y aura que les compétences, les idées, les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l’intérêt général. À tous ceux qui veulent servir notre belle commune, je dis, du fond de mon cœur, que nous sommes prêts à travailler avec eux. Qu’est-ce qui nous fédère ? C’est d’abord une conception élevée de notre identité communale. Cette conception n’est en rien démodée. Il y a chez de nombreux habitants une demande d’ordre, d’unité et d’avenir commun. Ce qui nous fédère, c’est aussi une certaine idée de l’engagement publique faite de lucidité et de courage.

 

Nous menons un engagement de vérité. Cette vérité peut parfois déranger mais nous sommes présents pour servir Binges, pas pour séduire avec un tissu de mensonge, ni pour nier la réalité qui nous entoure. Ce qui importe, c’est d’incarner une lucidité, une franchise en continu, et de mettre cette attitude au service d’un projet nouveau et structurant. Nous ne gagnerons pas avec des postures. Je veux dire qu’il est dangereux de penser que les fautes de mon adversaire feront nos succès. Ce sont les idées qui guident les victoires et les actes.

 

Nous avons un travail de crédibilité à accomplir, crédibilité qui doit être solide et qui doit être digne. Crédibilité dans notre projet, qui doit être profondément réfléchi et débattu avec chacun des habitants. Crédibilité, enfin, dans notre volonté de rassembler les Bingeois et de les convaincre que nous devons passer à l’étape que nous permettra de tous nous rassembler.

 

Propos recueillis le 03/03/14

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Anthony_Pitalier

Anthony Pitalier

Château d'Olonne (Vendée) - PS (tête de liste)

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Anthony Pitalier. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Anthony Pitalier : Je suis collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale depuis 2007, d'abord aux côtés d'Elisabeth Guigou et aujourd'hui auprès de Pascal Deguilhem et, depuis 2012, de Sandrine Doucet. Je me suis engagé en politique à 18 ans, en adhérant au Parti socialiste. Le virus de la politique, je l'ai attrapé à l'âge de 15 ans.

 

PdA : Vous serez candidat à Château d'Olonne (Vendée) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

A.P. : Ce n'est pas à moi de faire le bilan, mais aux électeurs.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

A.P. : Ma première priorité, c'est un nouveau mode de gouvernance : je veux réconcilier les citoyens avec leurs élus en développant la démocratie participative. Ma deuxième priorité est l'excellence environnementale, les pouvoirs publics doivent montrer l'exemple dans ce domaine. Ma troisième priorité c'est le vivre ensemble et l'intergénérationnel, je ne veux pas d'une ville cloisonnée. Pour les jeunes de moins de 30 ans et les familles monoparentales : je propose la mise en place d'une caution municipale pour leur installation dans ma commune. Pour les personnes âgées : je veux permettre leur maintien à domicile. Enfin, ma quatrième priorité, c'est de redynamiser ma commune, notamment en mettant en place une bourse communale pour les 18-30 ans qui veulent créer leur entreprise. Pour les seniors de 50 ans et plus, je propose un plan "emploi rebond senior" en direction des entreprises de ma commune qui embaucheront un senior. L'aide communale sera de 2 000 euros pour un emploi en CDI, 1 000 euros pour un emploi en CDD. Une charte entre l'entreprise et la commune devra être signée, si elle n'est pas respectée, l'entreprise devra rendre les aides perçues à la commune.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

A.P. : Le porte-à-porte se passe très bien. L'accueil est chaleureux, et je suis plutôt surpri,s car le contexte national n'est pas favorable aux socialistes. Mais je pense que pour les citoyens, les élections municipales restent avant tout des élections locales, ils ne mélangent pas tout.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

A.P. : Je suis très fier et très heureux d'être candidat dans la ville qui m'a vu grandir !

 

Propos recueillis le 04/03/14

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Julien Rochedy 2014

Julien Rochedy

Montélimar (Drôme) - FN/RBM (tête de liste)

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Julien Rochedy. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

 

Julien Rochedy : Bonjour. Alors, très rapidement, je suis directeur national du FNJ (Front national de la Jeunesse, ndlr). J’aurai bientôt 26 ans (le 10 mars), j’ai un master de Relations internationales et j’ai déjà écrit quelques livres (mon premier ressort bientôt). Je suis candidat aux municipales à Montélimar, ville que je connais bien puisque j’y ai travaillé et que j’y ai ma belle famille, dont je suis très proche. 

  

PdA : Vous serez candidat à Montélimar (Drôme) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

J.R. : Nous avons à faire, à Montélimar, à un maire du centre droit qui n’a pas vraiment d’idées politiques et qui ne s’intéresse qu’aux affaires. Depuis quelques années, il apparaît que son ambition est de ruiner la ville par de grands projets absolument inutiles et même nuisibles, en oubliant totalement nos atouts, comme le centre-ville qui se meurt, la culture qui n’est pas assez mise en avant, et, bien sûr, la sécurité. Nos objectifs sont tout l’inverse. 

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

J.R. : Nous voulons, nous, nous reconcentrer sur l’essentiel, sur nos atouts, pour les revaloriser afin d’éviter que Montélimar ne devienne qu’une ville de Provence sinistrée, comme tant d’autres. Nous voulons associer les Montiliens aux grandes dépenses de la ville, en faisant des référendums locaux. Nous voulons rétablir la sécurité par la création de brigades d’intervention de la police municipale, en sous-effectif aujourd’hui dans notre ville. Enfin, pour faire très court, nous voulons baisser la fiscalité pour rendre notre ville attractive aux commerces et aux entreprises.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

J.R. : Je pense que ces élections municipales vont changer beaucoup de choses. Enfin, le Front national aura partout (ou presque) des conseillers municipaux qui incarneront, physiquement, d’autres idées. Et la France en a grand besoin, de ces idées-là...

 

Propos recueillis le 05/03/14

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Charles Aslangul

Charles Aslangul

Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) - UMP (tête de liste)

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Charles Aslangul. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Charles Aslangul : Mon engagement politique s’est fait en deux temps. D’abord par amour de l’histoire de France, et donc de mon pays. J’ai appris, à travers le gaullisme, à chérir mon pays, mais surtout l’engagement à son service. Le patriotisme, la souveraineté nationale, la résistance, le refus du renoncement et le rayonnement de la France sont l’essence même du gaullisme. Épouser ces notions, c’est épouser une « certaine idée de la France ». Cette prise de conscience s’est faite à l’âge de 14-15 ans. Dès lors, j’ai voulu concrétiser mon amour de la France non plus dans la contemplation du passé, mais dans l’action pour l’avenir.

 

Au même moment, Nicolas Sarkozy amorçait son ascension vers la présidence de la République. Son dynamisme, son discours décomplexé et volontaire a éveillé l’appétit de l’engagement du jeune gaulliste que j’étais. J’ai donc adhéré à l’UMP en 2006 puis fait campagne pour Nicolas Sarkozy au sein des Jeunes populaires. Après la victoire, j’ai senti le besoin de ne plus rester simple militant. Mais de m’investir à mon tour, concrètement, pour changer les choses. J’ai donc décidé d’écrire fin 2007 au maire de Bry-sur-Marne, à 18 ans, pour lui proposer ma candidature. Trois mois plus tard, je me suis retrouvé élu de la République dans la commune qui accueille ma famille depuis cinq générations. Quel bonheur de concrètement se rendre utile pour sa ville !

 

En parallèle, j’ai fondé L’Ordre républicain, association gaullienne de défense et promotion des valeurs républicaines, citoyennes et civiques. J’ai attaqué l’entreprise Quick pour son offre tout halal, alors accompagné de Maître Gilbert Collard (dont je me suis séparé avec son adhésion au FN). Je ne me doutais sincèrement pas un seul instant que cela allait déclencher un telle polémique au rayonnement national… Beaucoup n’ont pas compris mon message d’alors, que j’assume plus que jamais aujourd’hui : il n’existe qu’une seule communauté, la communauté nationale. Je dénonce fermement la communautarisation de notre société qui se clive de plus en plus. Offrir exclusivement une offre religieuse spécifique dans ces restaurants, c’est participer à ce communautarisme détestable. Par définition, le vivre ensemble commande de ne pas exclure. Cette offre clanique fait tout l’inverse. (J’ajoute que Quick est détenu à 94% par l’État via la Caisse des Dépôts et Consignations). Je ne regrette rien et reste déterminé à me battre pour le retour à une réelle cohésion nationale. Peut-être en commençant par revenir vers une véritable assimilation, un apprentissage scolaire non dogmatique et repentant (Histoire de France) et en appliquant nos lois avec fermeté (Laïcité).

 

Pour Bry, j’ai continué à servir ma vision de la ville, mais différemment, en démissionnant de la majorité municipale avec un autre élu municipal. Nous ne partagions plus la politique menée qui allait, selon nous, à l’encontre de la volonté générale et de ce pourquoi nous avions été élus en 2008.

 

PdA : Vous serez candidat à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

C.A. : Ma candidature était dans la logique. Je ne pouvais pas dénoncer la politique du maire sortant mais me taire dans le secret espoir d’avoir une place au chaud. Ce n’est pas dans mon caractère. J’ai réussi à créer les conditions d’un grand rassemblement bryard de la droite et du centre avec le ralliement de deux anciens maire-adjoints reconnus à Bry pour leur expérience.

 

Nous tirons un bilan assez dur. En effet, en quatorze ans le maire sortant n’a pas livré une seule nouvelle infrastructure à destination des Bryards, pourtant demandeurs. Pire, la seule fut une nouvelle mairie pour la somme de… 10 millions d’euros ! Nous aurions pu faire tellement de choses avec cette somme par une rationalisation de ce projet extravagant. Notre ville pourtant riche s’est donc fortement endettée et nous empêche d’avoir l’ambition que Bry mérite. Sur l’urbanisme, le maire sortant prône une politique de construction immobilière quand je porte l’idée de préservation de notre formidable cadre de vie. Bry est un « village aux portes de Paris » que nous devons protéger.

 

Par ailleurs le maire sortant s’est enfermé dans sa tour d’ivoire au mépris d’un contact indispensable avec les Bryards. Enfin, les Bryards réclament plus de transparence. En effet, l’attribution des permis de construire et des marchés publics pose question à Bry…

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

C.A. : Nos propositions sont très concrètes. Nous souhaitons modifier le P.L.U. pour le rendre plus protecteur et facteur d’activité (nous voulons privilégier l’activité économique à la densification incontrôlée). Il y aura un gel temporaire des constructions des collectifs dans les zones pavillonnaires, le temps de la modification du P.L.U. Nous réduirons les dépenses de 5% par an pour réduire notre dette et injecter les économies dans des investissements utiles aux Bryards : rénovation de la Grande rue, livraison d’un nouveau gymnase et étude de la faisabilité d’un bassin municipal... Une grande moralisation des pratiques interviendra, avec une application ferme de nos règles d’urbanisme, sans traitement de faveur, et l’embauche d’un contrôleur de gestion pour s’assurer de la saine gestion des finances et des marchés publics à Bry… Enfin, nous renouerons le dialogue par la création de permanences du maire, de comités de quartiers et l’organisation régulière de référendums locaux. Je vais m’arrêter là; pour ne pas être trop long, mais il y aurait tellement à dire encore…

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

C.A. : De l’avis commun, la dynamique est de notre côté. Nous livrons toutes nos forces dans cette aventure collective exceptionnelle. Le maire sortant est globalement rejeté à Bry. Encore fallait-il offrir une véritable alternative. C’est ce que nous nous efforçons de faire avec mon équipe. J’ai confiance en la démocratie, seuls les Bryards seront juges, rendez-vous donc les 23 et 30 mars !

 

Nationalement, les Français doivent comprendre qu’avec l’UMP, ils trouveront des réponses à leurs attentes légitimes. Le matraquage fiscal et l’insécurité sont typiquement les sujets sur lesquels l’UMP leur apporte des solutions : maîtrise des dépenses et donc réduction de la pression fiscale, création de postes dans la police municipale, déploiement de la vidéo-protection, etc... Ce sera aussi le moyen de passer un message fort à François Hollande : nous voulons du changement, non plus comme slogan creux mais comme réalité politique !

 

PdA : Un dernier mot ?

 

C.A. : La jeunesse de France doit s’engager pour ses idées, pour son pays. À l’UMP, premier parti d’opposition de France, les jeunes ont toute leur place pour préparer la reconquête et assurer des lendemains meilleurs…

 

Propos recueillis le 06/03/14

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Amaury Rubio

Amaury Rubio

2e ar. de Lyon - EELV (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Amaury Rubio. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

 

Amaury Rubio : Étudiant de 25 ans en Master 2 Éthique et Développement durable à l’Université Lyon 3, je suis engagé dans la vie politique lyonnaise auprès d’EELV et dans le militantisme associatif étudiant (Lyon 3 Développement durable, Fac verte Lyon, Anciela, Jeunes écologistes).

 

La question de la déforestation en Amazonie m’a confronté très tôt aux enjeux environnementaux. Contrairement à ce que l’on m’enseignait, j’ai compris que les désordres climatiques n’étaient pas la faute de l’autre mais que chacun pouvait, avec ses capacités et à son échelle, tenter de faire bouger les lignes.

 

Je m’engage ainsi pour une écologie concrète au quotidien, qui s’appuie sur l’intelligence collective pour trouver, ensemble, des solutions de long terme aux urgences auxquelles nos concitoyen-ne-s sont confronté-es aujourd’hui. 

  

PdA : Vous serez candidat à Lyon, dans le 2e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ? 

  

A.R. : Les écologistes lyonnais ont décidé, en décembre 2012, de partir en autonomie au premier tour pour présenter un projet écologiste, responsable et concret pour la ville de Lyon. Nous pensons que les élections municipales sont le moment idéal pour présenter des propositions, que nous co-construirons avec les habitant-e-s de la ville lors de la mandature 2014-2020. Pour nous, l’expertise habitante doit être valorisée et reconnue au même titre que l’expertise institutionnelle des élus ou l’expertise technique des professionnels de l’aménagement.

 

Notre position est claire et sans ambiguïté, tant envers le PS que l’UMP. Le maire sortant souhaite faire de Lyon une ville internationale, mais il ne se tourne que vers Dubai et Abu Dhabi. Nous souhaitons que Lyon s’ouvre plutôt aux expériences internationales en matière de citoyenneté et d’écologie (budget participatif, transport par câble, agriculture urbaine, pistes cyclables sécurisées, fab lab, …) plutôt que vers les pétrodollars des pays de l’OPEP.

 

Dans le 2e arrondissement, le maire sortant UDI-UMP ne dédie son mandat qu’au quartier d’Ainay, où il fait ses meilleurs résultats, en oubliant les autres quartiers. Il bloque les initiatives et entreprises citoyennes (notamment celles et ceux qui ont voulu, en vain, la création d’un composteur dans l’écoquartier Confluence pour valoriser les déchets alimentaires ou sur le refus de développer un centre social au sein de la MJC Presqu’île Confluence).

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

A.R. : Nos propositions visent à répondre aux formes de vulnérabilité auxquelles sont confronté-e-s les habitant-e-s du 2e, de Lyon et du Grand Lyon :

 

- Pour une mobilité facilitée, nous souhaitons développer une voie cyclable sécurisée traversant la Presqu’île jusqu’au pont Raymond Barre, développer des lignes de bus supplémentaires pour les Rives de Saône de Perrache et l’écoquartier Confluence, promouvoir le covoiturage, le transport par câble et en finir avec les nuisances (sonores, visuelles, pollutions, olfactives, poussières) de l’autoroute A7 qui coupe le 2e arrondissement en deux.

 

- Pour rendre notre ville respirable, nous proposons de multiplier les murs végétaux dépolluants, la végétalisation des espaces publics, cours d’immeubles, d’accompagner le développement de jardins partagés et de composteurs collectifs.

 

- Pour redonner un nouveau souffle à l’économie locale, nous voulons créer une Cité des Artisans pour faciliter aux habitants l’accès aux services artisanaux, ouvrir une Fab Lab (ateliers de bricolage partagés ouverts à tous et permettant l'innovation et la création via des outils numériques), accélérer l’éco-rénovation du 2e (principalement à Ste Blandine et à la Cité Perrache) pour créer des emplois tout en réduisant la facture énergétique.

 

- Pour une attention particulière aux générations présentes et futures, nous nous engageons à créer de nouvelles crèches, atteindre le 100% bio dans les repas scolaires et de développer l’habitat intergénérationnel.

  

- Pour un arrondissement plus sûr, nous souhaitons le démantèlement immédiat des caméras de vidéosurveillance inefficaces, la mise en place d’une police au service de la population, à l’écoute de ses besoins ou difficultés et la valorisation des métiers qui favorisent la tranquillité publique (médiateurs, gardiens, éducateurs de rue…).

 

Nous voulons également changer les processus de concertation, trop descendantsl afin de laisser de la place à l’expression de l’expérience des habitant-e-s, essentielle sur les projets d’aménagement à venir (rue Victor Hugo, Gare de Perrache, ZAC 2 de Confluence…). 

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ? 

  

A.R. : Les écologistes réussissent toujours les élections municipales (et aussi les européennes, qui auront lieu cette année aussi) car nous portons des propositions concrètes et ne tombons pas dans les attaques personnelles. Nous ne faisons pas campagne contre untel ou untel mais nous nous engageons en faveur de propositions qui favorisent le « toujours mieux ».

 

PdA : Un dernier mot ?

 

A.R. : Nous pensons que les expériences des habitant-e-s qui entreprennent chaque jour pour améliorer le cadre de vie, l’économie locale et la tranquillité publique de leur rue, quartier, arrondissement, doivent être reconnues et mises en avant. C’est le sens de mon engagement.

  

Propos recueillis le 07/03/14

 

 

Thomas G.

Chamalières (Puy-de-Dôme) - PS

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Thomas G. (...) D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

T.G. : Je suis né dans une famille de gauche, mais pas engagée, donc sans réseau politique. J’ai eu la fibre militante en échangeant beaucoup avec mon meilleur ami, lui-même colistier sur la préfecture du Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand. Puis de fil en aiguille, je me suis encarté, comme on dit, non pas pour changer le monde, mais pour participer activement à « la vie de la cité », qu’est le sens originel de la politique.

 

PdA : Vous serez candidat à Chamalières (Puy-de-Dôme) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

T.G. : L’équipe sortante se targue d’avoir un bilan formidable, après tout, qui ne le ferait pas ? Mais prétendre que des crèches rénovées par un coup de peinture, et quelques trottoirs réajustés sont dignes d’un grand bilan, il ne faut pas exagérer, je dirais même que c’est la moindre des choses. Rien n’est fait depuis près de dix ans, et cela me désole de voir ma belle commune, dans laquelle j’ai grandi, devenir un lieu triste et résidentiel où l'on laisse agoniser le commerce de quartier, et où l'on délaisse les associations, pourtant il s’agit là de deux piliers fondamentaux de l’action communale, avec les employés municipaux qui ne sont pas toujours considérés à leur juste valeur.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

T.G. : Des propositions crédibles, ambitieuses, et justes, tout simplement. Généraliser le stationnement gratuit les vingt premières minutes sur toute la commune, aider les personnes isolées à se connecter au monde en leur fournissant des tablettes numériques et un accompagnement pour se former à ces nouveaux outils, aider les commerces à subsister, car ce n’est pas la qualité qui manque ! Nous avons beaucoup de commerce de bouche et de services qui sont connus et reconnus dans toute la région, nous devons les aider. Mais la droite n’ayant pas l’apanage de la sécurité, nous proposons aussi la création d’un poste d’adjoint à la sécurité, la délinquance sur les biens et les personnes étant malheureusement en hausse, nous devons réagir, les caméras de sécurité servent à éventuellement identifier l’auteur d’infraction, pas à l’arrêter. Il y a de nombreux points, des nombreuses pierres à l’édifice que je vous épargnerai mais qui sont disponibles dans la rubrique programme du site internet de la campagne.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

T.G. : La droite est présente depuis très longtemps dans cette commune, elle se divise en trois listes, deux se revendiquent « de centre et de droite », une « de droite et du centre ». Nous ne voulons pas participer à la lutte fratricide de gros égos de petites personnes qui en oublient toute considération pour nos concitoyens, dont ils font partie, à eux de s’en rappeler ! Mais le sortant ayant toujours l’avantage, nous ne sommes pas certains de l’emporter dans les urnes cette fois-ci. En revanche, nos idées, car nous sommes les premiers à avoir publié notre programme, sont reprises une à une par les listes de droite, ce qui signifie que nous avons déjà gagné une bataille, et pas des moindres, celle des valeurs et des idées !

 

Les autres élections se déroulerons bon gré mal gré, mais grâce au travail de terrain que le PS sait produire, je suis certain que nous allons montrer aux habitants des quelques 36 000 communes de France que l’enjeu local n’est pas l’enjeu national, et que nous sommes à l’écoute des personnes, en allant frapper aux portes, pour écouter et intégrer leurs revendications, afin de ne pas les laisser succomber à l’obscurantisme politique.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

T.G. : Allez voter. Des personnes se sont battues toute une vie sans jamais voir une élection. Des personnes sont mortes pour nous permettre de choisir, de simplement glisser un bulletin dans une urne, de simplement changer les choses, car chaque voix compte, et ce n’est pas qu’un effet de manche à la tribune.

 

Propos recueillis le 07/03/14

 

 

Yasin Amrouche

Yasin Amrouche

Limoges (Haute-Vienne) - PS

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Yasin Amrouche. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ? 

 

Yasin Amrouche : Issu d’un quartier de Limoges où j’ai grandi, étudié et forgé ma personnalité, mon premier engagement a été associatif en 2010. Depuis quelques années germait en moi l’idée de m’investir pour essayer d’améliorer le quotidien des habitants de ma ville et plus largement. Il ne faisait aucun doute pour moi que le vote est un acte primordial et fondateur pour changer les choses. Avec des amis, nous avions donc décidé de créer en Haute-Vienne un collectif civique pour promouvoir les droits et les devoirs des citoyens. C’est en animant les débats de ce collectif que j’ai eu envie de m’intéresser de plus près à la politique. J’ai assisté à des réunions publiques de différents candidats républicains et, très rapidement, mon choix s’est porté sur le Parti socialiste, dont le discours correspondait plus à mes valeurs et à mon idéal. Les élections présidentielles et législatives ont été le départ de ma vie de militant politique, période au cours de laquelle j’ai rejoint le MJS. J’ai milité, fait des rencontres et pu confronter mes idées tant avec mes camarades qu’avec la population. Animateur fédéral des jeunes socialistes haut-viennois depuis le dernier congrès, j’ai la chance de pouvoir mettre en avant les propositions de notre mouvement et des jeunes limougeauds.

  

PdA : Vous serez candidat à Limoges (Haute-Vienne) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

Y.A. : Pour convaincre, nous nous appuyons sur un solide bilan. L’équipe sortante n’a pas à rougir. En dépit d’une conjoncture rendue difficile par une crise économique et financière sans précédent, aujourd’hui, les Limougeauds sont en mesure de constater que les objectifs fixés en 2008 ont tous été atteints, et même dépassés. Notre ville est une cité où il fait bon vivre, où la culture est accessible à tous, où, à chaque âge de la vie correspondent des structures adaptées (crèches, établissements scolaires, centres de loisirs, centres culturels, centres sociaux, établissements pour personnes âgées…).

 

De nombreux chantiers ou réalisations ont été menés, je citerai en vrac : le maintien d’une fiscalité modérée, le développement de nouvelles zones d’activités, la labellisation Ville d’Art et d’Histoire, l’ouverture du prestigieux musée des Beaux-Arts, la réhabilitation de nombreux logements, le réaménagement progressif d’un large plateau piétonnier, la création de grands équipements sportifs et de loisirs (Zénith, nouveau conservatoire, centre aquatique et stade de Beaublanc profondément rénové…), la mise en œuvre de solutions énergétiques innovantes, écologiques et sources d’économies pour les usagers (notamment les plus précaires)…

 

Grâce à cette volonté et à l’action des élus, notre ville continue à offrir une sérénité et une qualité de vie largement reconnues en France.

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

Y.A. : L’équipe conduite par Alain Rodet souhaite continuer à faire de Limoges une capitale régionale dynamique, cœur d’une agglomération en constante expansion économique et démographique. Nous sommes attachés à valoriser les atouts d’une ville au patrimoine exceptionnel,  à visage humain, solidaire et soucieuse de son environnement. Nos propositions visent à améliorer encore la qualité de vie de chaque génération - avec des services accessibles à toutes et à tous - et à poursuivre la mise en valeur de nos quartiers.

 

L’avenir, c’est aussi la poursuite du combat prometteur que nous menons depuis plusieurs années pour permettre à notre ville d’entrer résolument dans le domaine de la grande vitesse ferroviaire, avec la LGV Poitiers-Limoges. Nos propositions sont nombreuses, mais réalistes. Faire un tri est impossible, je vous invite à les découvrir sur notre site internet.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

Y.A. : Comme je vous l’ai exposé précédemment, l’équipe sortante possède un très bon bilan et la richesse de nos propositions aux attentes des citoyens est à la hauteur des capacités de notre ville. Je ne doute pas qu’une majorité de Limougeauds nous accorderons leur confiance car ils savent que, pour nous, l’essentiel, c’est notre ville, et que nous sommes toujours à leur écoute.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

Y.A. : Le vote doit être un acte réfléchi, il ne faut pas le prendre à la légère… Les citoyens doivent analyser les programmes des candidats et ne pas se contenter de belles phrases, souvent simplistes que tiennent malheureusement trop souvent les opposants, et notamment l’extrême-droite. C’est l’avenir de nos villes qui se jouera les 23 et 30 mars 2014.

 

Propos recueillis le 09/03/14

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Robin Pretot 2014 2

Robin Pretot

Istres (Bouches-du-Rhône) - UMP

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Robin Pretot. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Robin Pretot : J'ai 24 ans et je suis étudiant à Sciences-Po Aix, en Master 2 Ingénierie politique. Je suis également surveillant d'internat la nuit au lycée militaire d'Aix pour payer mes études et, en 2012, j'ai fait campagne pour Nicolas Sarkozy, collaborant avec son équipe de campagne web.

 

Mon engagement et mes convictions politiques viennent de très loin. J'ai toujours été intéressé par la chose publique. Mais il y a deux personnes qui ont motivé mon engagement : Nicolas Sarkozy, pour la passion et l'espoir qu'il m'a donnés. Et mon maire actuel, pour tout ce que je déteste et dont je veux me débarrasser dans ce milieu : la magouille, les menaces, le clientélisme forcené...

 

PdA : Vous serez candidat à Istres (Bouches-du-Rhône), lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

R.P. : Forcément, je ne suis pas tendre, mais il y a vraiment de quoi critiquer. À tel point que la presse nationale s'est penchée sur ce bilan, comme le magazine Le Point, qui a fait une double page sur mon maire (édition du 13 février). Il a endetté la ville à hauteur de 23 millions d'euros alors que nous n'avions plus que 11 000 euros d'emprunts à éponger. Pire, en parallèle, il a accablé les contribuables d'une double augmentation d'impôts de 10% (taxe d'habitation et foncière ) pour, au final, construire une troisième mairie de 6 500 m², pour un coût de 25 millions d'euros... Ce n'est pas ce que j'appelle une gestion "en bon père de famille" d'une commune.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

R.P. : L'idée est d'abord de rendre aux contribuables l'effort conséquent qu'on leur a demandé, en baissant les impôts de 10% (ce qui fait une économie de 2,5 millions d'euros, à réaliser en rognant sur le train de vie excessif des élus et les autres dépenses inutiles).

 

Ensuite, nous leur soumettons des projets urbains ambitieux, mais raisonnés, propres à la commune (une grande place au centre-ville pour redonner du souffle aux commerces, ou encore une côte maritime développée avec un musée des savoir-faire et une navette maritime pour relier la ville à Marignane, où se trouvent l'aéroport et Eurocopter). Nous entendons redynamiser notre économie en maximisant son potentiel aéronautique (présence de la base aérienne militaire la plus stratégique de France, avec des industriels comme Dassault et Thalès).

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

R.P. : Il est clair que cela sera compliqué. On ne vient pas à bout d'un tel système facilement. Nous faisons face à des méthodes d'un autre temps. Ce sera d'autant plus difficile que le FN a choisi de cibler la ville pour faire un score, ce qui divise les voix des opposants à la majorité actuelle. Pour autant, je ne perds pas espoir ! Il y a un ras-le-bol palpable au sein de la population.

  

Pour les autres élections, j'ai peur que le FN ne devienne, lors des Européennes, le premier parti de France...

 

PdA : Un dernier mot ?

 

R.P. : « Mot. » Non, je plaisante. Juste merci à toi d'offrir à des jeunes comme moi une tribune qui leur permettent de témoigner de leur engagement.

 

Propos recueillis le 09/03/14

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Martin Dourneau 2014

Martin Dourneau

Angers (Maine-et-Loire) - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Martin Dourneau. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Martin Dourneau : Bonjour Nicolas. J'ai 19 ans et je suis étudiant en deuxième année de droit à l'Université d'Angers. À côté de mon activité d'étudiant, qui est relativement prenante, j'arrive à me dégager du temps pour assumer, au mieux, je l'espère, ma fonction de président des Jeunes UDI du Maine-et-Loire.

 

Je dois dire que mon engagement politique est réellement né en 2002, lors des résultats du 1er tour de l'élection présidentielle. Ce n'est certainement pas faire preuve d'originalité que de dire ça, mais je me revois, alors âgé de 7 ans, en train de pleurer devant ma télévision. Je crois que j'avais saisi l'intensité du moment, et c'est là que j'ai mesuré l'impact de la politique sur nous, citoyens. J'ai alors décidé, quelques années après avoir fait de l'associatif, de découvrir le monde de la politique. 

 

PdA : Vous serez candidat à Angers (Maine-et-Loire) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

M.D. : Je suis effectivement sur la liste de Laurent Gérault, candidat UDI à la mairie d'Angers. En cas de victoire, je serai en charge de la jeunesse et de la citoyenneté. Quant à l'équipe sortante, on ne peut avoir qu'une conviction : Angers décroche. Je suis profondément attaché à ma ville et je souffre aujourd'hui de voir que nous perdons des habitants (4 000 en l'espace de 10 ans). Je souffre aussi de voir que les jeunes cherchent à s'éloigner d'Angers pour trouver du travail, alors que nous regorgeons de talents, de créateurs, d'entrepreneurs. Je souffre que, pour la première fois de notre histoire, le taux de chômage à Angers soit supérieur à la moyenne nationale.

 

Depuis près de 40 ans, il n'y a pas eu d'alternance. Il est nécessaire d'opérer cette respiration démocratique, de faire bouger les lignes et qu'apparaissent, enfin, de nouveaux visages. Alors, certes, Angers est une ville formidable, dans laquelle il fait bon vivre - les classements l'attestent au quotidien. Toutefois, il ne faut pas se contenter de ce constat, qui met de côté une grande partie des Angevins qui souffrent de la situation actuelle, qui se sentent délaissés. Je souhaite qu'Angers redevienne une ville attractive dans laquelle aucun habitant n'aura le sentiment d'être oublié par les équipes nouvellement élues.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

M.D. : Il faut distinguer deux dimensions dans cette campagne. La première concerne avant tout l'équipe et la dynamique qui nous anime. Nous avons rassemblé ces propositions dans notre charte éthique.

  

Concernant la liste, nous avons une vision commune de la politique : c'est un mandat, pas un métier. Voilà pourquoi nous nous engageons à limiter les mandats au sein de l'exécutif à deux au maximum. Les élus ont la particularité de tous habiter Angers et d'avoir des compétences particulièrement pointues dans le domaine qui leur a été confié, ce qui nous distingue de nos concurrents. De plus, nous avons fait de la justice fiscale le fondement de notre pacte local. Nous faisons des choix pour ne pas augmenter les impôts, ces choix sont réalistes, pragmatiques et tiennent compte d'une notion fondamentale à nos yeux : l'équité fiscale. Ainsi, nous limiterons les dépenses d'investissement que nous prévoyons pour le mandat suivant. Nous avons le courage d'affirmer qu'il y a des priorités, ce sont l'emploi et le pouvoir d'achat.

 

Les élus seront exemplaires et auront autant une obligation d'engagement que de résultat envers les Angevins. Chaque adjoint aura en effet une délégation dont les contours seront consignés dans une lettre de mission publique, engageant ainsi sa responsabilité sur les résultats attendus. De plus, nous comptons renforcer la notion de démocratie locale, en nous engageant à soumettre à référendum tout investissement supérieur à 10 millions d'euros. Tout cela participe à la construction du nouveau pacte budgétaire et fiscal que nous souhaitons mettre en place. Nos objectifs sont clairs et réalistes : nous n'augmenteront pas les impôts et les taxes en vue d'agir sur le pouvoir d'achat. Vous pouvez retrouver l'ensemble de nos mesures, dont je n'ai évoqué ici que des généralités, sur notre site de campagne.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

M.D. : Je pense qu'il ne faut pas se laisser déstabiliser par les sondages ou les attaques. Le seul sondage qui compte reste celui du 23 mars, et c'est certainement la plus belle réponse que nous pourrons apporter à nos détracteurs.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

M.D. : J'espère que les Angevins se mobiliseront les 23 et 30 mars pour ne pas faire de l'abstention la grande gagnante de ces élections.

 

Propos recueillis le 10/03/14

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PHB 2014

Pierre-Henri Bovis

Achères (Yvelines) - UMP

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Pierre-Henri Bovis. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Pierre-Henri Bovis : Bonjour, merci de me redonner la parole sur votre blog. C’est toujours un immense plaisir de m’exprimer chez vous.

 

Étudiant en Master de Droit public et d’Économie fondamentale à l’Université Sorbonne-Paris Cité, j’ai pris ma carte à l’UMP en 2011. Après avoir travaillé au Bureau des Jeunes populaires auprès de Benjamin Lancar (alors président des Jeunes UMP) puis dans la 5e circonscription de Paris pour les élections législatives (10e et 3e), j’ai monté avec Mickaël Camilleri, entre autres, les « Jeunes avec Fillon » pour la campagne interne à la présidence de l’UMP. J’estimais, à ce moment-là, que l’ancien Premier ministre était l’homme du rassemblement des diverses droites, tout en continuant dans l’héritage sarkozyste. Depuis le début de l’année 2014, je suis Délégué national des Jeunes populaires et membre de la direction collégiale des Jeunes UMP. Par ailleurs, je suis candidat aux élections municipales sur la liste « Unis Pour Achères » (Yvelines, 78230), aux côtés de Marc Honoré.

 

PdA : Vous serez candidat à Achères (Yvelines) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

P.-H.B. : Le maire communiste sortant est élu depuis treize ans et les communistes gèrent la ville depuis 1977, sans interruption. Aujourd’hui, le fort rejet de l’équipe dirigeante mélangé aux nombreux reniements et retournements de veste de François Hollande nous amène à penser que nous pouvons renverser la vapeur ! Nous ressentons aisément une grande amertume à Achères, encore plus depuis que les socialistes ont fait alliance avec les communistes ! Eux qui ne se sont jamais entendus sur aucun sujet au cours du dernier mandat…

 

Notre action quasi-quotidienne sur le terrain démontre sans difficultés que les premières préoccupations des Achérois sont la montée exponentielle des impôts, qui les étouffent par strangulation, l’incohérence des réalisations immobilières, ainsi que l’insécurité permanente.

 

Sans trop m’étendre, le bilan du maire sortant se résume à quelques chiffres : 40% d’impôts locaux supplémentaires, seulement 40 berceaux créés en crèche collective depuis 1976, 44 ans pour mettre en chantier un centre de loisir, une école restée en préfabriqué depuis 40 ans, sans compter l’augmentation de la dette par habitant, qui est passée de 625 à 1 753 euros au cours du dernier mandat ! Cela prouve que les élus communistes n'ont pas été capables de maîtriser leurs finances et d'anticiper l'endettement, en dépensant toujours plus pour encore moins de résultats. Des élus inconscients du risque de banqueroute qui menace Achères. Même le développement économique de la ville est abandonné, comme le prouve la réhabilitation de la ZAC des Communes, qui était une promesse de campagne… mais qui n’a jamais été réalisée…

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

P.-H.B. : Nous voulons redonner espoir aux habitants et montrer que l’essor économique des villes avoisinantes n’est pas le fruit d’un miracle mais d’un déterminisme sans faille.

 

Sur le volet urbanistique, la densification est nécessaire mais le bétonnage intensif du maire sortant se fait au détriment des zones pavillonnaires existantes et défigure nos rues. Nous devrons donc réorienter la politique de la ville, en concertation avec les habitants. L’installation de pistes cyclables est une solution pour combiner le respect de l’environnement et la lutte contre le stationnement anarchique. Pour dépister rapidement les dégradations accidentogènes, nous voulons créer un système d’alerte citoyen pour réagir dans les quarante-huit heures.

 

Côté solidarité, à l’instar de nos voisins, nous proposons la création d’une maison médicale et le renforcement du maintien à domicile, par l’implantation d’une résidence intergénérationnelle. Pour les étudiants, qui vont étudier, en particulier, à Cergy et Nanterre, nous créerons une résidence étudiante.

 

Pour la sécurité, l’un des piliers phares de notre campagne, nous avons la volonté de mettre en place une police municipale. Le tout pour zéro impôt supplémentaire. Démagogie ? Non. Seulement grâce à une meilleure gestion des comptes publics et la suppression des nombreuses gabegies de l’actuelle équipe dirigeante.

 

Enfin, au sujet du développement économique, il nous paraît essentiel de renforcer l’action du SAREF (service d'aide à l'emploi, ndlr) par la création d’un site internet pour se faire rencontrer les offres d’emplois des entreprises et les demandes des Achérois. Réhabiliter la ZAC des Communes est, enfin, essentiel à nos yeux.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

P.-H.B. : Nous sommes très confiants, car la connaissance des dossiers de notre candidat, Marc Honoré, est infaillible, et sa notoriété locale est un atout non négligeable. Les résultats de 2008 étaient déjà très prometteurs. Le contexte national et les mauvais chiffres de François Hollande ne peuvent que nous faire remporter cette élection. La victoire est toute proche… mais l’ennemi redoutable est toujours le même : l’abstention de notre électorat.

 

Au niveau national, la seule réponse forte que les Français peuvent adresser au gouvernement actuel passe par le vote : enlever des pouvoirs à la gauche, en commençant par les municipalités. C’est le moment ou jamais de montrer que nous sommes mobilisés face à une gauche mortuaire qui tue l’économie du pays. Nous sommes confrontés, entre autres, à une hémorragie sans précédent qui est la fuite des jeunes vers l’étranger. L’entreprenariat doit être félicité et l’assistanat sanctionné. Autrement dit, l’inverse de la politique actuelle de François Hollande.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

P.-H.B. : Comme le disait un ancien président, « Il n’est rien de plus beau en démocratie que d’aimer son pays ». Pour que celui-ci rayonne à l’international et conserve son rang de cinquième puissance mondiale, la politique menée doit être à la hauteur des exigences. Cela commence au niveau local, au premier maillon d’une longue chaîne...

 

Propos recueillis le 12/03/14

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Jérémy Coste 2014

Jérémy Coste

Vanves (Hauts-de-Seine) - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Jérémy Coste. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politiques ?

 

Jérémy Coste : Bonjour, Paroles d'Actu. J'ai 28 ans et je suis conseiller parlementaire à la Société du Grand Paris dont la mission est de réaliser le métro Grand Paris Express. Dans cet établissement public, je suis particulièrement responsable du Comité stratégique qui réunit les collectivités et acteurs socio-économiques d'Île-de-France concernés. J'effectue également un travail de veille parlementaire et suis les relations institutionnelles d'André Santini, président du conseil de surveillance de la SGP.

 

Politiquement, j'ai été adhérent UMP de 16 à 18 ans puis j'ai cessé mon engagement pour créer une association de promotion de l'identité européenne avec des étudiants. Parallèlement à cet engagement politique et associatif, j'ai participé à la formation de jeunes sportifs aux fonctions de dirigeants au sein du Comité olympique de la région Rhône-Alpes. C'est donc dans l'engagement associatif sportif et européen, ainsi que dans la richesse de ces expériences que je puise mes convictions et mes méthodes de fonctionnement. En 2007, j'ai soutenu Nicolas Sarkozy puis rejoint le Nouveau Centre. En 2010, j'ai été élu président national des Jeunes centristes.

 

Candidat en 2008 à Lyon, en 2010 en Rhône-Alpes et aux législatives dans le Rhône en 2012, j'ai finalement décidé de m'investir pleinement en Île-de-France où je suis installé et où je travaille depuis 2009. C'est un déracinement/enracinement qui fut progressif. Sans oublier mes terres natales, j'ai choisi Vanves car je m'y sens bien. J'apprécie les transitions douces et réfléchies. Aujourd'hui, je suis prêt à m'investir à 100% dans la région capitale, car les défis sont nombreux pour demeurer au premier rang des villes mondes et des pays qui comptent. La mondialisation nous impose de réussir ce pari.

 

PdA : Vous serez candidat à Vanves (Hauts-de-Seine) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

J.C. : Vanves est un "village" de 27 000 habitants. J'aime l'état d'esprit qui y règne, aux portes de Paris. On y trouve une douceur de vivre, un climat apaisé, loin de la tornade stimulante et épuisante parisienne. Pour autant, j'aime pouvoir me rendre dans la capitale en quelques arrêts de métro, de Transilien ou de coups de pédales grâce au Vélib'. Cette ville est bien située. Le bois de Meudon est tout proche, la Seine à Issy-les-Moulineaux offre des balades très agréables, et le niveau d'emploi y est excellent, grâce à une politique dynamique de l'agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO). Vivre à Vanves, c'est un peu vivre dans une campagne urbaine avec tous les avantages que peut offrir une capitale en termes de culture et d'emploi. Mais Vanves est par elle-même dynamique et attractive, tant au niveau sportif que culturel. Nous avons deux équipes sportives de très bon niveau et un festival international qui attire les foules.

 

Voilà une partie du bilan du maire centriste que je soutiens. Si la ville ressemble à cela aujourd'hui, c'est incontestablement grace à son action ainsi que celle de son équipe depuis douze ans. Bernard Gauducheau (UDI) et Isabelle Debré (sa première adjointe UMP) ont su inscrire Vanves dans une dynamique régionale et nationale. Évidemment, il reste de nombreuses choses à faire. Le maire actuel souhaite poursuivre l'embellissement de la ville, qui a souffert d'un aménagement incohérent, et parfois disgracieux, après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir rénové le centre-ville, la place de la République et son église du 15ème siècle, Bernard Gauducheau souhaite entamer une réflexion sur les autres quartiers. Vanves doit continuer de progresser et de nombreux chantiers doivent être finalisés, c'est pourquoi nous sollicitions la confiance des Vanvéennes et des Vanvéens.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

J.C. : Notre défi, avec la création de la Métropole du Grand Paris en 2016, c'est de garantir aux Vanvéens une réelle proximité entre eux et l'équipe municipale. Lors de la mise en place de la MGP, nous veillerons à conserver ce lien, car nous refusons que cette structure géante réunissant plus de six millions d'habitants se coupe des préoccupations réelles des habitants du Grand Paris et de Vanves en particulier. A Vanves, il faut faire campagne pour réaliser à quel point les citoyens connaissent leur maire. C'est un atout essentiel pour préserver la confiance des Français dans les institutions républicaines. La MGP risque de réduire l'influence du maire, ses compétences et ses marges de manœuvre. Nous militerons au coté de Bernard Gauducheau pour défendre cette proximité importante aux yeux des habitants et la faculté du maire de prendre des décisions qui concernent le quotidien de chacun.

 

Plus généralement, notre projet consiste dans un premier temps à poursuivre ce que le maire et son équipe ont commencé. Mais nous souhaitons aussi améliorer les portes d'entrée de la ville, en assurant une meilleure liaison avec Paris. Si l'on veut construire une métropole cohérente, il faudra que Paris et ses voisines investissent massivement pour faire disparaitre ses frontières, telles que le périphérique. C'est la même chose pour le tunnel du métro, que nous souhaitons rénover. Mais une ville, c'est aussi un espace de détente le week-end et les soirs de semaine. C'est pourquoi, malgé le refus des socialistes du Conseil régional d'Île-de-France, nous souhaitons offrir un second parc à Vanves, en ouvrant le domaine du lycée Michelet aux familles de notre commune

 

La ville doit aussi poursuivre sa politique en faveur des commerçants. Jeunes et moins jeunes aiment les services de proximité, les restaurants et commerces. Nous nous nous battrons pour que de nouvelles entreprises s'installent dans notre commune. En 2020, la gare du Grand Paris Express viendra accroître l'offre de transport dans la ville. Nos souhaitons accompagner les riverains de la future gare dans l'aménagement de leur quartier.

 

Les projets sont nombreux. Je vous invite à venir les découvrir le 20 mars, à l'espace Saint-Rémy. Vanves est une ville "village" que nous souhaitons développer tout en garantissant ce cadre de vie si paisible et plaisant.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ?

 

J.C. : Je suis serein, mais vigilant. Chaque élection est différente et le contexte national décourage de nombreux Français d'aller voter. C'est la raison pour laquelle nous avons débuté notre campagne très tôt pour expliquer le bilan du maire et notre ambition pour Vanves à l'horizon 2020. Les Vanvéennes et les Vanvéens sont assez réceptifs et ils apprécient le maire, car c'est un élu de proximité et compétent. Toutefois, chaque élection est un combat et une confrontation d'idées. Dans une relative bonne entente avec nos opposants, nous sommes sur le terrain pour défendre notre vision.

 

PdA : Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

J.C. : Ces élections sont un plaisir. Rencontrer les gens est une bouffée d'oxygène, car cela nous inspire pour la suite. Les Français et les Vanvéens, notamment, ont une tonne d'idées géniales pour améliorer leur quotidien. C'est une expérience à chaque fois enrichissante d'aller à leur rencontre et d'entendre leur doléances.

 

Les élections européennes seront pour les centristes de l'Alternative un moment important, il sera déterminant pour l'Europe et la France. À l'heure où des gens meurent pour rejoindre notre communauté, d'autres tombent dans la facilité du populisme et du repli sur soi. C'est inquiétant. C'est pourquoi, avec le MoDem, l'UDI a décidé d'investir le terrain des idées et de la vérité. Nous serons mobilisés pour dire aux Français ce que l'Europe apporte concrètement dans leur quotidien. Nous leur dirons aussi que l'Europe telle qu'elle est construite n'est pas idéale, mais qu'elle est l'unique voie à suivre pour se protéger de la vision des États-Unis, qui veulent faire la guerre partout et tout le temps pour faire tourner leur économie, de l'hégémonie naissante de la Chine, qui exploite l'Afrique de façon déraisonnée et d'une Russie bien décidée à récupérer ses territoires perdus en 1991. L'Union européenne n'est pas la coupable de nos problèmes, ceux qui sont responsables, ce sont les politiques qui nous gouvernent. Il est donc inutile de s'en prendre à l'Europe mais il faut sanctionner ses gouvernants. Voilà les messages que nous défendrons, dès mai prochain. Nous voulons que l'Europe et les Européens reprennent confiance en eux et défendent leur vision dans le reste du monde, sans attendre d'autrui une quelconque aide. L'Europe puissance qui protège ses citoyens et lancent de grands projets pour garantir l'emploi, voilà de quoi nous avons besoin. L'Alternative et les Européens sont les seuls à pouvoir offrir cet avenir.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

J.C. : J'ai été stupéfait et agréablement surpris par un sondage récent sur la politique et les jeunes. Dans cette étude, on voit que les jeunes ne sont pas en rupture avec la politique mais avec les partis politiques. La jeunesse préfère s'investir dans le monde associatif et syndical, elle aime manifester ses opinions, sur le web comme dans la rue. C'est très positif pour notre démocratie. Les partis, quant à eux ne nous représentent plus réellement. Je suis bien placé pour le dire, puisque j'en suis membre depuis l'âge de 16 ans. C'est un repère de citoyens conscients, voire un club d'intérêt. Néanmoins, s'ils sont de plus en plus éloignés des préoccupations des Français, les partis politiques sont essentiels au bon fonctionnement de la démocratie car ils forment et accompagnent les Français dans l'exercice des fonctions républicaines. Voilà pourquoi je milite pour une modification de la gestion des partis et une autre façon de concevoir le lien avec les Français.

 

Je souhaite défendre un modèle davantage coopératif et direct de la politique où les partis, les militants et les élus seraient davantage des facilitateurs, des accompagnateurs de projets que des guides et des concepteurs d'idées. Les Français regorgent d'initiatives, écoutons-les, défendons-les et rendons-les concrets grâce à nos réseaux et l'influence de nos élus dans tous les territoires. Voilà mon combat, je veux révolutionner la façon de faire de la politique. Avec des copains, nous avons quelques idées concrètes... Cela passe également par le niveau local. Selon moi, depuis la loi portant sur les métropoles, les communes doivent s'adapter et se concentrer sur la gestion du quotidien et l'accompagnement des projets citoyens. Le rôle des élus, c'est de représenter et aider le peuple. Alors, il est temps de retrouver cette mission première.

 

Dernier mot. Ma photo est un peu décalée et estivale, mais je tenais à vous la transmettre pour parler de la Nouvelle-Calédonie, où je me suis rendu l'été dernier. C'est un territoire français du Pacifique exceptionnel, je le conseille vivement aux lecteurs de Paroles d'Actu. C'est loin, mais c'est un paradis qui vaut le détour. Alors, mention spéciale à ces territoires et ces Français du bout du monde qui participent au rayonnement de notre beau pays.

 

Propos recueillis le 13/03/14

 

 

Michael Rameil

Michael Rameil

18e ar. de Paris - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Michael Rameil. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

Michael Rameil : J’ai fait toute ma scolarité en région parisienne, je me suis installé à Paris à l’été 2012 afin de poursuivre mes études en management politique. Le 18e est un arrondissement dynamique et multiculturel. Ses habitants peuvent être fiers de participer à une vie locale et associative aussi riche. J’aimerais faire triompher cette vision de l’arrondissement, loin des images d’insécurité et de précarité auxquelles il est souvent attaché.

 

J’ai rejoint l’UDI peu après sa formation et je me suis engagé totalement dans la campagne municipale. Malheureusement, les accords nationaux UDI-Modem-UMP n’ont pas tenu compte du travail et des compétences de l’UDI locale. Aussi, j’ai pris part à la liste dissidente « Le 18e, évidemment » emmenée par David Pierre-Bloch. Cette indépendance vis-à-vis de l’UDI, nous a permis de construire une liste citoyenne, avec des propositions concrètes qui font appel au dynamisme de la société civile.

 

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le dix-huitième arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

M.R. : C’est sans conteste un constat d’échec. Durant les dix-neuf ans de gestion socialiste, l’arrondissement s’est paupérisée, et la délinquance s’est accrue. Les problèmes liés à la vente à la sauvette ou aux trafics perdurent. Par ailleurs, très peu d’efforts ont été faits pour les jeunes couples, qui souffrent d’un manque cruel de crèches et de solutions de garde. La prochaine équipe devra prendre à bras le corps ces problèmes cruciaux, et y obtenir des résultats.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

M.R. : En premier lieu, nous nous engageons à soumettre une grande part de nos décisions aux suffrages de nos concitoyens, via la procédure du référendum local, qui demeure sous-utilisée, malgré sa reconnaissance légale, et nous prônons une gestion irréprochable et transparente de la part de nos élus. Pour pallier le manque de crèches publiques, nous voulons favoriser l’implantation de crèches privées. Nous souhaitons également la création d’une antenne de sécurité municipale locale joignable à toute heure pour compléter l’action de la police, et l’instauration de « zones de nettoyage prioritaire ». Enfin, nous appelons de nos vœux le développement de ramassages scolaires piétons effectués par des retraités du 18e pour alléger l’emploi du temps des parents.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

M.R. : Nos propositions sont très bien accueillies, notre offre politique séduit et suscite la curiosité des habitants. La plupart de nos interlocuteurs sont étonnés de trouver les principes de consultation citoyenne et de transparence en tête de nos priorités. Nous pouvons créer la surprise dans cet arrondissement historiquement ancré à gauche.

 

Concernant les élections municipales d’une manière générale, je crains une montée des extrêmes et de l’abstention. Il y a une profonde exaspération à l’encontre des partis traditionnels, beaucoup d’habitants se détournent du politique. Rousseau écrivait : « Sitôt que quelqu'un dit des affaires de l'État, "Que m'importe ?", on doit compter l'État pour perdu. ». Je veux croire qu’il y a encore de l’espoir, toujours est-il qu’il faut de solides convictions pour se présenter aujourd’hui devant les électeurs, il me paraît urgent d’en revenir à des listes locales et citoyennes qui fassent passer l’intérêt des habitants avant les querelles et les intrigues de parti.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

M.R. : J’ai été heureux d’apprendre la constitution d’une liste de 18-25 ans à Saint-Cloud, les Français placent beaucoup d’espoir dans le renouveau du personnel politique. La profusion de listes enregistrées pour ces municipales montrent que l’envie de participer au processus démocratique reste vive contrairement à ce que pourrait laisser supposer l’abstention.

 

Propos recueillis le 13/03/14

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Cédric Mouflard

Cédric Mouflard

Lille (Nord) - FN/RBM

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Cédric Mouflard. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

 

Cédric Mouflard : Bonjour ! J'ai 34 ans. Je suis divorcé, et papa de trois enfants. Professionnellement, je suis Chef d'Antenne. Titulaire d'un BTS audiovisuel en option administration de la production et des spectacles vivants, obtenu au lycée Jean Rostand de Roubaix (59), voilà bientôt 14 ans que j'évolue dans l'univers de la programmation télé !

 

Politiquement, je suis engagé au Front national - Rassemblement Bleu Marine depuis l'été 2012. Candidat aux élections municipales de Lille les 23 et 30 mars prochains, je suis neuvième de la liste « Lille Bleu Marine », conduite par Éric Dillies.

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

C.M. : Pour mieux me cerner politiquement, voici, en résumé, mon parcours...

 

La chose publique m'a mordu dès le jeune âge ! Il arrivait souvent que l'on me reproche de trop m'intéresser à des sujets qui n'étaient pas de mon âge... Mais visiblement, si je vous réponds aujourd'hui, c'est sans doute que, malgré la critique, je n'ai pas contrarié cette disposition à la réflexion et la controverse.

 

Passionné par l'histoire de France, je me suis attaché assez tôt à sa souveraineté, jusqu'à en faire pleinement mon cheval de bataille. En effet, j'avais 12 ans l'année de Maastricht, lorsque j'ai commencé à développer ma conscience politique, et que je me suis positionné pour la première fois. C'était pour dire « non » au traité ! Même si, malheureusement, il me fallait encore attendre pour pouvoir voter, c'était déjà un bon point de départ. Aurais-je été influencé par mon entourage, me demanderez-vous ? M'aurait-on inculqué cela ? Assurément non. Ma famille et mes fréquentations ont toujours été politiquement très hétéroclites ! À l'époque, une partie pour Jacques Chirac, l'autre pour François Mitterrand, un peu de Raymond Barre, et même de Georges Marchais... Une diversité d'opinions à l'image du résultat serré du référendum en 1992 ! D'ailleurs, je serais d'avis de consulter à nouveau le peuple français à ce sujet...

  

Je suis souverainiste, et conservateur social. J'ai navigué dans les eaux de la droite dite de gouvernement tant que je l'assumais. Cependant, les pertes successives, pan après pan, de notre souveraineté - et particulièrement l'adoption de traité de Lisbonne dans le dos du peuple français, alors que nous avions dit « non » - ont sonné le glas de mon engagement avec l'UMP, dont j'ai été adhérent par contrat d'association, de 2002 à 2006, via le Forum des Républicains sociaux. 2007 a été pour moi l'année de la contestation, pour ce qui a été de mon vote de premier tour - et de la rupture avec l'UMP. Je n'ai absolument pas pris au phénomène Sarkozy, bien au contraire : il m'a fait partir ! Maintenant, je dois avouer, je voulais m'abstenir au second tour, mais pour ne pas avoir Ségolène Royal, j'ai voté contre elle. C'était la dernière fois que je faisais le choix du "moins pire". Ensuite, je me suis rapproché du Front National pour les échéances électorales suivantes, tout en restant sans appartenance politique jusqu'en 2012, où j'ai adhéré au Front national dans la lignée de la présidentielle de 2012.

 

L'échiquier politique a glissé avec le temps, j'ai été attentif à Marine Le Pen, une femme d'aujourd'hui, qui développait et défendait les grandes idées qui sont miennes depuis l'éveil de ma conscience politique. J'ai donc franchi le Rubicon ! J'y suis venu par Marine Le Pen, sa personnalité, son propos ; pour la défense de la souveraineté de la France, et le volet Europe notamment. Sur le fond des idées, j'abordais cette traversée sans craintes ! Sur la forme, après tout ce que j'avais pu lire et entendre au sujet du Front national depuis mon enfance, étant homosexuel, je vous avouerais avoir eu quelques appréhensions... Cependant, une fois arrivé sur l'autre berge, et depuis que je m'investis au Front national, il en est tout autre en réalité ! Cela n'était que préjugés ! Lorsque l'on dépasse ces derniers, que l'on pousse la porte, on rencontre des personnes sincères, de valeurs, attachées à la France, et au débat d'idées. Après, comme dans tous groupes, tous les caractères sont présents, et on ne peut pas forcément plaire à tout le monde. Néanmoins, je n'y ai pas d'ennemis, bien au contraire ! Sur un plan humain, j'y ai trouvé des camarades d'engagement pour la défense et l'avancée de nos idées, et même une amie sincère en politique, ce qui m'est très précieux !

 

J'aime la France, mon pays ! J'aime sa culture, ses traditions, son identité, ses valeurs ! Mon engagement politique vient de la volonté de transmission, ainsi que de la défense de toute cette richesse à partager, de l'idée que j'ai de la nation, de la patrie, de la nécessité de notre souveraineté. Aujourd'hui, plus que jamais, ces grandes idées que certains voudraient présenter comme désuètes, arriérées, ou très sombres, revêtent toute leur superbe, car seuls remparts et réponses à cette mondialisation galopante sans règles sacrifiant l'Homme sur l'autel de l'argent ! La raison de mon engagement politique, ce sont mes enfants, et plus largement les générations qui nous suivent, à qui je ne veux pas laisser la société telle qu'elle est, ni le monde tel qu'il part à la dérive, sans m'être investi pour changer le cours des choses...

 

Ceux qui ne chercheront pas à voir plus loin que le bout de leur prêt-à-penser conformiste, me trouveront sans doute pessimiste. Si je le suis, à prime abord, c'est par pur réalisme de la situation. Mais il n'y a aucune fatalité à cela ! Au contraire, je suis en parallèle terriblement optimiste car je considère que lorsque nous sommes tombés bien bas, nous ne pouvons que nous relever ! Je crois que je fais partie de cette génération qui va user de son droit d'inventaire ; rectifier le choix de la facilité aveugle, intéressée, individualiste, et court-termiste qui a été fait par ses aînés ; restaurer une cohésion et un avenir commun plus juste ; et sortir de la honte de nous-même et de l'état de repentance permanente dans lesquels nous nous sommes progressivement laissés plonger. Lorsque nous relevons la tête, et que nous réalisons pleinement qui nous sommes, d'où nous venons, nous savons où nous allons !

 

PdA : Vous serez candidat à Lille (Nord) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

C.M. : Je suis critique quant à l'action du mandat de Martine Aubry qui s'achève.

 

De mon point de vue, le bilan de sa majorité rose, vert, rouge est en réalité en trompe-l'oeil ! À l'image du feuillet de 79 pages distribué il y a peu chez chaque administré(e) pour la promotion de la liste de Martine Aubry. Un vrai catalogue de tour opérateur ! Au moins, à mon sens, ils pourront se recycler dans ce domaine, à défaut de gérer convenablement la commune pour les Lilloises et les Lillois. Des photos et des propos alléchants, épurés et pris sous leur meilleur angle... Néanmoins, une fois que vous ouvrez votre porte et partez en immersion dans le monde réel... vous cherchez le décor carte postale ! À la place, insalubrité, bouchons permanents, mendicité agressive, insécurité, chômage... Alors que Lille est une très belle ville, aux atouts nombreux, et au potentiel énorme ! À ces teintes plurielles des tenants du bilan, je rajouterais également le bleu ciel délavé, à savoir "l'opposition" UMP et centriste qui a finalement voté 95% des délibérations socialistes du mandat qui se termine ! Et ce n'est pas le sénateur Jean-René Lecerf - soutien de la réforme pénale de Christiane Taubira, pour qui la campagne de l'UMP-UDI sur Lille ressemble plus à un chemin de croix imposé, qu'à une motivation réelle et profonde de s'investir pour modifier et reconstruire les choses - qui est capable d'incarner un quelconque changement. Au contraire ! Ces dernières semaines, la campagne de l'UMP-UDI, c'est un peu Règlements de comptes à O.K. Corral, à qui arrachera le leadership de la "droite" locale. Dans ces brisbrouilles internes, une fois de plus, l'intérêt premier des Lilloises et des Lillois est le grand absent ! Jean-René Lecerf fera comme Valérie Létard, en son temps, lors des élections régionales de 2010 en Nord Pas de Calais... un petit tour... et puis s'en va !

 

Les échecs de Martine Aubry, qu'elle partage avec ses alliés objectifs précédemment nommés, en termes de sécurité ; d'emploi ; de dette par habitant ; d'insuffisances d'intendance de la commune - comme la propreté que l'on souhaiterait identique dans tous les quartiers sur la durée totale du mandat au zèle mis en place le mois précédant le premier tour de l'élection municipale... ; de transports et de déplacements dans la commune..., etc. sont masqués en fait par le volet culture "Lille Fantastic" que Martine Aubry s'empresse sans cesse de mettre en avant, quasi religieusement. À 15% du budget municipal, lorsque la sécurité, par exemple, n'en représente que 3%, ce serait un tort !

  

Cependant, voilà, il y a juste comme un "petit" bémol à cette gestion de façade, avant tout idéologique, des affaires courantes. L'insécurité, bien plus que le simple sentiment d'insécurité, ne grimperait pas en flèche à Lille, ainsi que dans la communauté urbaine de Lille (j'aimerais pouvoir vous donner des chiffres, mais même après la demande faite auprès de la préfecture, l'opacité reste totale sur la réalité de la situation. En parallèle, les témoignages et sollicitations de victimes lilloises et de la communauté urbaine de Lille victimes se multiplient) ; le chômage ne serait pas, dans la capitale du Nord, significativement supérieur à la moyenne nationale ; Lille ne serait pas un immense bouchon permanent ; la propreté serait la règle dans tous les quartiers et non l'exception... alors, je comprendrais sans doute ce tel déséquilibre dans les priorités et moyens accordés par la majorité sortante ! Alors, je saurais sûrement expliquer qu'ils aient réussi à trouver le moyen de doubler la dette de la commune ces quatre dernières années pour un résultat quasi nul, au regard des critères qui intéressent nos administré(e)s dans les enjeux de cette élection ; et un résultat fait surtout de paillettes, tourné davantage vers les citoyens du monde et les bobos de passage, qu'au profit des Lilloises et des Lillois eux-mêmes. C'est important d'être attractif, pourtant il ne faudrait pas que les premiers acteurs et intéressés, qui vivent tous les jours dans leur ville, en soient les grands oubliés !

 

Hormis pour les grandes parades de Lille Fantastic et la Grande braderie - que Martine Aubry n'a d'ailleurs pas inventée - (j'en profite pour vous inviter toutes et tous à venir y faire plus qu'un tour, les 6 et 7 septembre prochains ! :)), Lille n'est pas assez connue pour sa gastronomie régionale, ses savoir-faire, son histoire et son influence flamande, notamment. Ce déficit de notoriété lui est préjudiciable pour son développement, et c'est sûrement cela que les Lilloises et les Lillois sont en droit d'attendre d'une équipe municipale. Un cap ; une valorisation de l'existant, des acquis et de l'histoire ; des priorités et des moyens équilibrés, en premier lieu au service des Lilloises et des Lillois, pour leur présent et leur avenir !

 

À l'issue de ce constat, la seule alternative à Martine Aubry et son système - limite féodal - en place, c'est Éric Dillies, ses co-listières et ses co-listiers de la liste « Lille Bleu Marine » ! Un homme de bon sens, conseiller régional, implanté localement de longue date. Une équipe dynamique et motivée pour défendre et porter la voix des Lilloises et des Lillois, et leur rendre la part de leur cité qui leur revient !

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

C.M. : La recherche de l'intérêt premier de toutes les Lilloises et de tous les Lillois est la clé de voûte de notre projet pour Lille, le lien entre chacune de nos propositions. Nous voulons rendre aux habitantes et aux habitants de Lille la place qui est la leur, à savoir les principaux bénéficiaires des politiques de la ville, puisqu'ils en sont les premiers contributeurs. Une équipe municipale, et des services municipaux au service de leurs administré(e)s.

 

Nous redéfinirons les priorités, et redéploieront les moyens alloués à leur financement. Pour Lille, nous nous engageons à :

- Rétablir la sécurité. La première des libertés, c'est la sécurité !
- Attirer, protéger, encourager l'emploi.
- Lutter contre les gaspillages, les dépenses fastueuses et inutiles.
- Assurer la transparence totale des critères et procédures d'attribution des logements sociaux.
- Donner le pouvoir aux Lilloises et aux Lillois par référendum.
- Faire de nos écoles un lieu de transmission des savoirs dans la sérénité.
- Défendre la laïcité dans tous les secteurs de la vie municipale.
- Restaurer la propreté dans toute la ville.
- Mettre fin aux installations sauvages de campements de Roms et interdire la mendicité agressive.

 

Afin d'y parvenir voici quelques une de nos propositions phares, par thèmes, qui nous différencient des autres listes.

 

Délinquance et criminalité - Sous le mandat municipal qui se termine, Martine Aubry a consacré 3% du budget à la sécurité des Lilloises et des Lillois, alors qu'elle en a attribué 15% à la culture. Les moyens financiers existent. Nous proposons juste aux Lilloises et au Lillois, sans dénigrer une thématique par rapport à une autre, de répartir équitablement les priorités et les moyens accordés. Afin de rétablir la sécurité dans notre commune de Lille, nous proposons de redéfinir la convention de coordination entre la police municipale et les forces de sécurité de l'État. Concernant la police municipale, nous proposons de tripler les effectifs. Actuellement, 95 agents, dont près de la moitié affectés au stationnement, assurent la protection de plus de 225 000 habitants. Nous proposons de porter leur nombre à 300. Les policiers municipaux seront présents et répartis sur l'ensemble de la commune. Pour assurer cette présence sur le terrain, un poste de police municipale sera créé dans chaque quartier de Lille et des villes associées (Hellemmes et Lomme). Les agents de la police municipale seront armés, et formés au port de l'arme. Un professionnel reconnu sera placé à sa tête, et des cadres issus de la police nationale et de la gendarmerie seront recrutés. Parallèlement, nous créerons un réseau de vidéo-surveillance. Dans les transports en commun lillois, les postes de médiateurs seront remplacés par une police métropolitaine des transports.

 

Économie et emploi - Nous voulons attirer, protéger, et encourager l'emploi à Lille. Parmi nos propositions, l'aide à la création d'entreprises par la mise à disposition de locaux à loyer minoré pendant les trois premières années d'activité, et la création de zones d'activités sécurisées. Nous proposons de favoriser l'attribution des marchés publics aux PME/PMI, TPE, et aux artisans. Ces entreprises qui emploient les travailleuses lilloises et les travailleurs lillois, qui payent réellement des impôts, et qui sont respectueuses des droits du travail, doivent être encouragées ; de même, les aides directes leur seront exclusivement réservées.

 

Nous voulons également faire de Lille un moteur de croissance ! Ce ne sont pas les projets qui manquent, ni les femmes, ni les hommes, mais bien les financements. Force est de constater que les banques et les collectivités locales n'assurent plus leur mission de financement. Pour pallier cet abandon, nous proposons d'innover en mettant en place de nouveaux instruments permettant de mobiliser l'épargne disponible dans la région, par la création d'une coopérative d'investisseurs particuliers permettant de lever l'épargne des ménages au profit de la petite entreprise.

 

Fiscalité et gestion - Nous voulons agir pour le désendettement de notre ville. Une fois élus, afin de réaffecter les fonds à des dépenses utiles pour les Lilloises et les Lillois, nous commencerons par réaliser un audit complet des finances réelles de la ville. Nous proposons de recourir au référendum d'initiative municipale pour tout sujet majeur qui engage les deniers publics et augmente le niveau de la dette des contribuables.

 

Nous proposons de supprimer les subventions aux associations communautaristes, électoralistes et celles dont les actions ne servent pas l'intérêt local. Nous porterons l'idée du chèque associatif, à discuter et à définir, permettant aux Lilloises et aux Lillois de décider de la répartition de tout ou partie des subventions publiques municipales accordées aux associations. Nous créerons une commission citoyenne d'audit financier composée d'électeurs, chargée de contrôler les comptes de la commune, et également des associations qui reçoivent des subventions publiques. Afin que les Lilloises et les Lillois puissent juger des finances publiques en toute liberté, et par eux-même, tous les rapports d'audit seront publiés.

 

Démocratie locale - Nous voulons une vraie participation des citoyennes et des citoyens à la vie de leur cité. La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Élire un maire, ce n'est pas lui signer un chèque en blanc pour six ans. Les habitantes et les habitants doivent pouvoir exercer un contrôle sur les choix majeurs, sur l'utilisation de l'argent public durant cette période. Un peu à l'image de la démocratie suisse, nous proposons aux Lilloises et aux Lillois de rétablir un droit de pétition réel. Le dépôt d'une pétition signée par 2 000 habitants permettra d'inscrire automatiquement une question à l'ordre du jour soumise au débat du conseil municipal. Nous consulterons régulièrement les Lilloises et les Lillois par la voie du référendum local. Nous permettrons aussi aux Lilloises et aux Lillois de déclencher l'organisation d'un référendum local dès lors qu'une pétition recueillera 10 000 signatures.

 

Logement - Il manque à Lille, et aux villes associées (Hellemmes et Lomme) 16 500 logements pour satisfaire la demande des habitantes et des habitants. Afin de lutter contre la spéculation immobilière qui en découle, nous lutterons contre la pénurie de logements en libérant du foncier public. Les friches et les bâtiments publics non occupés seront affectés prioritairement au logement. Concernant les logements sociaux, nous proposons de mettre fin au clientélisme, et d'imposer la transparence dans leur attribution.

 

Nous proposons de développer les aides financières allouées à la rénovation des logements insalubres, et inciterons à la construction de logements à énergie positive. Nous refuserons que les hébergements d'urgence soient principalement attribués aux Roms et aux immigrés clandestins. Nous proposerons de créer un service de consignes pour les SDF, afin qu'ils puissent y déposer leurs papiers d'identité et leurs documents administratifs, trop souvent volés dans les centres d'hébergement.

 

Circulation et stationnement - Le chantage permanent exercé par les Verts sur leurs alliés socialistes a eu pour conséquence d'abandonner complètement le transport routier à Lille et dans toute la métropole. La congestion a gagné toute l'agglomération. Nous proposons de redéfinir le plan de circulation pour fluidifier les déplacements dans la ville et raccourcir les temps de trajets ; doubler les places de stationnement en mutualisant les parkings des administrations pour les ouvrir au public entre 17h00 et 7h00 ; rétablir la gratuité du stationnement entre 12h00 et 14h00 ; réaliser le contournement autoroutiers au sud-est de Lille.

 

Concernant les transports en commun, nous proposons de les redéployer dans toute la ville et de les sécuriser ; le prolongement de la ligne 1 du métro de la station des 4 cantons jusqu'à l'aéroport de Lille-Lesquin ; également la création d'une 3ème ligne de métro entre Wattignies et Saint-André desservant le quartier universitaire Vauban-Esquermes, le Vieux-Lille, Lille-Europe et La Madeleine.

 

Environnement et propreté - Nous proposons de renégocier le contrat de ramassage des ordures ménagères et affecter un opérateur unique par secteur géographique ; de mettre en place une incitation financière pour le recyclage déchets, afin d'affiner leur tri ; de développer la production de biogaz à partir des déchets ménagers. Concernant la distribution de l'eau, nous proposons de renégocier la délégation de service public à l'avantage des Lilloises et des Lillois, auquel cas nous remettrons sa distribution en régie. Nous accélérerons la transition vers l'éclairage LED pour réaliser des économies sans altérer la puissance de l'éclairage de nos rues, en installant des chaussées et des trottoirs à récupération d'énergie cinétique.

 

École et petite enfance - L'école doit redevenir le lieu de l'apprentissage du respect, de l'effort et de l'excellence. Cela passe par la sérénité. Il est anormal de constater que les écoles primaires elles-mêmes puissent devenir des lieux d'insécurité. Les enfants des quartiers populaires ont eux aussi le droit à la sécurité et à l'excellence. Dans le cadre de la réforme scolaire, nous proposons de privilégier le mercredi pour son application ; et de favoriser les activités sportives et artistiques, de promouvoir le patrimoine local et son histoire. Dans les cantines, nous proposons d'augmenter la part de produits issus de l'agriculture locale et biologique, et d'y faire respecter la laïcité.

 

Lille souffre d'un manque de place de crèche et de personnel dédié. Nous proposons d'accompagner le développement des crèches d'entreprises, et de mettre en place des crèches de nuit, en co-gestion et en co-financement. Nous proposons de développer les crèches familiales, sous la responsabilité d'une assistante maternelle, subventionnées par la municipalité ; ainsi que la mise à disposition des bâtiments publics vides pour créer des maisons d'assistantes maternelles.

 

Culture - La municipalité actuelle dépense plus de 63 millions d'euros pour la culture, soit 15% du budget, essentiellement pour des spectacles éphémères et coûteux, qui expliquent le délabrement des finances municipales et font l'objet d'un clientélisme scandaleux. Nous proposons de permettre l'émergence d'artistes indépendants en généralisant la pratique des concours, sous la direction de jurys indépendants. Comme évoqué dans le thème "Fiscalité et gestion" au sujet du chèque associatif, nous souhaitons associer les Lilloises et les Lillois à la décision de subventionner des artistes ou des structures culturelles. Concernant le zoo de Lille, nous sommes pour le maintien de sa gratuité. Nous privilégierons l'entretien des bâtiments historiques de la ville, tel que le Palais des Beaux-Arts.

 

Sport - Les socialistes engagent des dépenses pharaoniques dans des projets tels que le grand stade à Villeneuve d'Ascq, et ne financent presque pas les équipements sportifs de proximité. Il ne reste que des reliquats pour les habitantes et les habitants : 4% des investissements. Nous proposons de doter Lille de piscines modernes, et réhabiliter ou reconstruire la piscine Max Dormoy. Nous avons en projet de rouvrir la salle de sport La Chênaie, à Lille-Sud, après l'avoir réhabilitée, et également de réaménager les créneaux horaires dans tous les équipements sportifs pour qu'ils soient ouverts au plus grand nombre. Nous proposons de passer un accord avec le LOSC pour que les joueurs s'impliquent, une journée par mois, auprès des jeunes lilloises et lillois.

 

Personnes âgées - Nous pensons que nos aînés doivent devenir une force vive de la vie locale. Ils disposent de deux atouts qui peuvent être mis à profit par la collectivité : d'une part, ils ont des compétences et de l'expérience ; d'autre part, ils ont du temps libre. Nous proposons de favoriser le tutorat par des personnes âgées, pour transmettre les expériences professionnelles. Également d'associer les personnes âgées aux activités périscolaires. Nous proposons de développer la solidarité entre les générations, par l'hébergement des étudiants contre des services d'assistance à la personne. Nous sommes pour le maintien des EHPAD au cœur de la ville.

 

Personnes handicapées -La cité ne peut laisser à l'écart les personnes souffrant d'un handicap physique. Nous proposons de créer, en concertation avec les associations de défense des handicapés, un label et un logo pour signaler les bâtiments publics et privés qui leurs sont accessibles. Dans un même temps, nous proposons d'accroître l'accessibilité aux bâtiments et lieux publics, et de faciliter l'accès aux transports en commun. Concernant le parc de logements sociaux LMH (Lille Métropole Habitat), nous réaliserons un audit des besoins en la matière.

 

Pour prendre connaissance de l'ensemble de nos propositions, je vous invite à consulter l'intégralité de notre programme sur internet.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

C.M. : Je n'ai pas de boule de cristal... Néanmoins, sans vouloir tomber dans des lieux communs, tout dépendra de la participation ! Maintenant, force est de constater qu'il y a plus qu'un malaise dans notre pays, dans nos communes ! Malgré les manipulations, les coups bas, et les calculs politiques de l'exécutif, je crois que les Françaises et les Français sauront se faire entendre, sans doute dans une mesure moindre nationalement que la lame de fond que l'on peut déjà percevoir, et qui déferlera lors des élections européennes le 25 mai prochain.

 

Cependant, localement pour les municipales, il est certain que là où le FN-RBM est présent, le signal sera fort et scruté de très près ! Concernant les villes politisées où le FN-RBM ne sera pas présent, l'UMP par défaut captera certainement les mécontentements du moment, mais je pense en réalité que le PS et ses satellites résisteront mieux qu'attendu... Les résultats des listes de Debout la République (Nicolas Dupont-Aignan) seront aussi à observer, et plus précisément leur capacité à capter la fronde de l'électorat centriste qui ne serait pas encore prêt à soutenir nos listes FN-RBM dans les urnes.

 

Pour ce qui est de Lille, la situation est particulière. Martine Aubry y règne presque en régente absolue ! Entre clientélisme, réseaux d'influence, et accointance avec la presse régionale et locale, le débat est quasi verrouillé, difficile alors de laisser entrevoir autre chose et de sonder la réalité du terrain... En tous cas, lorsque je tracte dans la rue, ou que je fais du porte-à-porte, comme samedi dernier par exemple, les sympathisants socialistes vous témoignent leur désamour pour Martine Aubry ! Étrangement, comme quelque chose que l'on se transmet de mère en fille, et de père en fils, sans pour autant savoir pourquoi, si ce n'est peut-être la peur de l'inconnu, je comprends que certains s'interdisent de se libérer et votent religieusement pour le système en place. L'outrance, pour une partie d'entre eux, cette fois-ci, sera sans doute le "choix" éphémère parmi les quelques listes dissidentes de gauche et d'extrême gauche, qui le soir venu des résultats du premier tour auront déjà convolé avec Martine Aubry pour former sa liste du second tour... Par contre, toujours sur le terrain, il en est tout autre des sympathisants UMP ! D'une manière générale, à l'exception des quelques personnes politisées, ou débordant de préjugés à notre égard... l'accueil chez les commerçants, les habitantes et les habitants de Lille est chaleureux. Les échanges sont constructifs, les attentes et les espoirs très grands ! Les gens prennent et demandent nos tracts ainsi que notre programme de plus en plus facilement, et avec le sourire !

 

Je crois que notre liste « Lille Bleu Marine » va créer la surprise le 23 mars ! Aujourd'hui, nous sommes estimés entre 14 et 20%, là où, en 2008, une liste déjà conduite par Éric Dillies avait obtenu 5,69%, après le siphonnage temporaire des voix FN par Nicolas Sarkozy. L'UMP-UDI chute d'autant entre les résultats de 2008 et les estimations pour le prochain scrutin, que de points supplémentaires que l'on veut bien nous accorder dans les sondages. Il n'est, à mon sens, pas impossible de voir notre liste talonner celle de l'UMP-UDI, et peut-être même arriver devant, au final, face à Martine Aubry dans une triangulaire avec l'UMP-UDI. L'avenir nous le dira !

 

PdA : Un dernier mot ?

 

C.M. : À l'heure où tout est insidieusement fait pour favoriser l'abstention (absence de débat, polémiques nationales à mille lieux des enjeux locaux, affaires...), en réalité le meilleur moyen pour ne mener aux urnes que les bataillons de fidèles politisés et reconduire les majorités sortantes - notamment UMP et PS - j'exhorte sincèrement toutes les électrices et tous les électeurs à reprendre en main le destin de leur cité ! Pour cela, une première chose à faire : se déplacer massivement les 23 et 30 mars prochains, et voter ! La deuxième, être attentif et exigeant après l'élection, en veillant et s'impliquant dans la vie et la gestion de leur commune. Merci pour vos questions, et peut-être à bientôt !

 

Propos recueillis le 17/03/14

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Vincent Fleury

Vincent Fleury

Montrouge (Hauts-de-Seine) - MoDem

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Vincent Fleury. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

 

Vincent Fleury : Bonjour. Merci de me donner la parole. Alors, j’ai 28 ans, je suis actuellement vice-président des Jeunes démocrates (MoDem), après en avoir été le trésorier. J’ai fait des études de droit et d’assurance, exercé plusieurs métiers. Comme je suis aujourd’hui demandeur d’emploi et que j’ai la possibilité de me réorienter, je cherche un secteur dans lequel je puisse vraiment m’épanouir. Pourquoi pas la politique, puisque ça me plaît ? On ne travaille bien que quand on est heureux de faire ce qu’on fait, non ?

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

V.F. : J’ai toujours aimé l’engagement citoyen. C’est un truc qui est en moi depuis pas mal de temps. Adolescent, j’ai été délégué de classe, scout de France… Mais honnêtement, avant la création du MoDem en 2007, aucun parti ne me donnait envie d’adhérer. C’était pour moi synonyme d’enfermement idéologique ! Le Mouvement démocrate m’a prouvé le contraire. Quand j’ai pris ma carte pour la première fois, en 2011, je ne l’ai fait que pour soutenir un parti qui correspondait à mes idées, un parti centriste qui ne voyait pas la gauche et la droite comme des suppôts de Satan. Un parti pragmatique et bienveillant. Bon, au départ, je voulais juste lui donner 20 euros et un adhérent de plus. Mais en fait, depuis, tout s’est enchaîné assez vite. Chassez le naturel, il revient au galop !

 

Pour résumer mon engagement, je pense à une phrase de Gandhi. Il disait que « croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête ». Voilà, je cherche à être honnête avec moi-même.

 

PdA : Vous serez candidat à Montrouge (Hauts-de-Seine) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ?

 

V.F. : Le bilan est bon. Comme vient très justement de l’écrire la revue Challenges, Montrouge est « une ville aux allures de village ». À deux pas de Paris et avec 49 000 habitants, ce n’est pas rien. On comprend que de plus en plus de Parisiens viennent y trouver ce qui leur manque dans la capitale. L’équipe sortante accompagne cela, tout en dotant Montrouge de belles infrastructures. Alors, effectivement, il manque des places en crèche, et la ville devient de plus en plus chère, mais c’est la rançon du succès. La prochaine équipe municipale devra se pencher là-dessus, afin que Montrouge reste une ville accueillante. La politique est toujours une question d’équilibre.

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

V.F. : Il n’y a pas grand-chose à changer à Montrouge aujourd’hui. L’heure n’est plus vraiment aux grands travaux, elle est aux finitions et à l’entretien. Ce qu’il faut préserver et améliorer désormais, c’est la qualité de vie des Montrougiens. Il va falloir rénover certains lieux, rajouter des espaces verts, un cinéma, une école, des gymnases, limiter l’implantation des panneaux publicitaires, etc. Et il faudra lancer tout ça avant 2016, avant que Montrouge ne soit absorbée par la création du Grand Paris dans laquelle elle risque de perdre une bonne partie de son autonomie politique. Je pense que l’équipe actuelle, avec son bilan et son expérience, est la mieux préparée pour face à ces défis. C’est pour ça que j’ai accepté de rejoindre la liste du maire sortant.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres... ?

 

V.F. : À Montrouge, ça sent bon. L’équipe sortante devrait être reconduite assez facilement, peut-être même dès le premier tour. Elle a un bon bilan, les Montrougiens aiment bien leur maire, et l’opposition ne propose rien de solide.

 

Pour le reste de la France, j’avoue que je ne sens pas grand-chose ! Il faut dire que, malgré ce que pensent certains partis et certains médias, les municipales sont des élections locales. Dans la plupart des cas, elles ne sont pas liées à la couleur politique des candidats, mais à leur compétence, leurs propositions, leur bilan, s’ils en ont un, etc.

 

Le seul truc que je sens, c’est que les extrémistes et les écolos vont faire de bons scores. Je crois que beaucoup de gens n’ont plus envie de voter de façon réfléchie, car ils ne croient plus à la politique. Ils votent en réaction, et attendent une espèce de grand soir. Du coup, comme c’est la crise, ils votent FN ou Front de Gauche, et comme il vient d’y avoir un nuage de pollution, ils vont sans doute aussi voter pour les Verts. À force d’avoir des politiques qui ne pensent qu’à court terme, les électeurs s’y mettent aussi. Bon, dans le cas des Verts, ce n’est pas une si mauvaise chose, car il y a une urgence écologique que le PS prend à la légère. Mais sinon, la France a besoin d’aller de l’avant avec pragmatisme. Il ne faut pas qu’on cherche à sanctionner le passé, il faut construire l’avenir, et il y a du boulot.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

V.F. : Deux en fait. D’abord, je crois que la tendance générale est à la passivité et à la résignation, mais je suis convaincu que c’est en agissant tous un peu qu’on avancera. « Je me révolte donc nous sommes », disait Camus. C’est tout à fait ça, on est tous dans le même bateau. Donc, si le monde dans lequel vous vivez ne vous convient pas, quelle que soit votre sensibilité, engagez-vous ! Ensuite, le premier des engagements, c’est le vote. Vous pouvez voter deux fois cette année, aux municipales et aux européennes. Profitez-en.

 

Propos recueillis le 17/03/14

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Laurine Nocera

Laurine Nocera

Loire-sur-Rhône (Rhône) - Sans étiquette

 

Paroles d'Actu : Bonjour, Laurine Nocera. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

Laurine Nocera : Bonjour, je suis actuellement en deuxième année de DUT Génie Civil à Lyon. Le bâtiment est un milieu qui me passionne depuis toute petite. Je souhaiterais donc intégrer une école d'ingénieur l'année prochaine.

 

En ce qui concerne mon engagement politique, il y a trois mois, je ne pensais pas intégrer une liste. Puis Anne-Marie Sanchez m'a contactée et m'a parlé de son projet de monter une liste apolitique. J'ai trouvé cela intéressant de pouvoir s'investir dans les projets de sa commune, d'exprimer ses opinions et d'être écoutée, malgré mon jeune âge.

 

PdA : Vous serez candidate à Loire-sur-Rhône (Rhône) lors des élections municipales qui se tiendront à la fin du mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

L.N. : Il est plus difficile, pour ce qui me concerne, de faire un bilan, car je n'avais que 13 ans lors de l'élection de l'équipe sortante. Néanmoins, j'ai pu voir que beaucoup de leurs projets n'ont pas été réalisés. De plus, il n'y a pas beaucoup de différences entre leurs propositions d'il y a six ans et celles d'aujourd'hui. 

 

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

 

L.N. : Il a y un réel esprit d'équipe dans notre liste. Nous voulons montrer que nous sommes 19, et non pas 1+18. De plus, il y a aussi bien des "nouveaux" Loirards que des "anciens", cela nous permet d'avoir une vision assez large. Nous voulons essayer de donner un nouvel élan à Loire-sur-Rhône. Nous avons quelques projets clés, comme la création d'une Halle au centre du village, ou encore une fête pour réunir toutes les associations. Enfin, la communication entre les conseillers et les habitants est très importante, nous aimerions donc travailler à son amélioration.

 

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ?

 

L.N. : Il est très difficile de savoir si nous allons être élus. Quoi qu'il arrive, cela m'aura permis de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir une nouvelle facette de Loire-sur-Rhône, qui est la vie politique. J'ai pu d'ores et déjà m'investir, lors de rédactions de tracts, notamment. 

 

PdA : Un dernier mot ?

 

L.N. : Je remercie Anne-Marie Sanchez pour m'avoir permis de me joindre à elle pour cette aventure. Et je trouve cela intéressant d'intégrer des jeunes dans les listes, car nous apportons une vision différente pour certaines choses.

 

Propos recueillis le 19/03/14

 

 

Nicolas Vervliet

Nicolas Vervliet

1er ar. de Lyon (Rhône) - PS

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Nicolas Vervliet. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ? 

 

Nicolas Vervliet : Bonjour Nicolas. Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre travail au sein de Paroles d’Actu, car il est rare que les jeunes, quelle que soit leur sensibilité politique, aient une tribune dans la presse à la hauteur de leur engagement au service de la cité.

 

Me concernant, j’ai 31 ans et suis originaire de Dunkerque. Après des débuts professionnels à Paris, j’ai choisi d’habiter Lyon à la suite d’un séjour chez des amis lyonnais. C’est une ville pour laquelle j’ai eu le coup de foudre, et notamment pour la Croix-Rousse. Ingénieur en électronique (ENSEA), spécialisé dans l’organisation du travail (Arts et Métiers ParisTech), je préside une coopérative de consultants indépendants que j’ai créée dans le 1er arrondissement. Une coopérative, parce que c’est le modèle de l’entreprise que je promeus, du fait de mon attachement à la valorisation de la force de travail avant la valorisation du capital, une coopérative dans le 1er arrondissement parce que c’est aussi cela, l’héritage des Canuts.

 

Je me suis engagé en politique à l’âge de 21 ans, au MJS et au PS, puis à HES (Homosexualités et Socialisme), dont je suis l’actuel trésorier national. Issu d’une famille de classe moyenne non politisée, mes convictions sont nées de la volonté de construire un monde plus juste, un monde meilleur où chacune et chacun peut trouver sa place sans prendre celle de l’autre, des convictions profondément humanistes. Pour moi, le respect des différences est ce qu’il y a de plus essentiel pour donner du sens au vivre ensemble. Lyon est une ville ouverte, notamment aux LGBT, j’œuvre pour qu’elle le soit encore plus. 

  

PdA : Vous serez candidat à Lyon, dans le premier arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action des équipes sortantes ? 

 

N.V. : Je suis candidat dans le 1er arrondissement de Lyon, aux côtés d’Odile Belinga, sur la liste « Évidemment Lyon », portée par le maire sortant Gérard Collomb, qui a un excellent bilan. Lyon est classée la ville la mieux gérée de France alors que les investissements publics sont nombreux et très appréciés des Lyonnais. Cela prouve que l’on peut mettre en œuvre une politique de gauche ambitieuse tout en étant soucieux de maîtriser la dépense publique. Et les réalisations profitables aux Lyonnais-e-s sont nombreuses : trois fois plus de logements sociaux construits par an par rapport à 2001 (dont de nombreuses préemptions dans le 1er arrondissement), création des maisons de santé, création de deux trams et prolongations de trois lignes de métro/tram existantes, aménagement des rives de Saône, deux fois plus de pistes cyclables (par rapport à 2008), baisse de 10% des émissions de CO2, un développement économique profitable à l’emploi… Bref, un bilan que je porte fièrement. 

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

N.V. : Continuer à développer l’offre de logements sur Lyon, c’est aussi développer les logements étudiants, nous en créerons 6 000 d’ici 2020, tout en continuant notre politique volontariste en matière de logement social (4 500 logements par an) et de réhabilitation des quartiers.

 

Lyon est une ville économiquement dynamique, et nous avons un vivier de ressources précieuses, c’est pourquoi nous souhaitons développer les technologies vertes, numériques et robotiques. Pour cela, nous donnerons aux étudiants et chercheurs de la métropole les moyens de travailler dans de bonnes conditions, en rénovation des campus Lyon Tech la Doua, Charles Mérieux et Bron-Parilly.

 

En matière de transport, nous souhaitons prolonger le service de nuit du métro jusqu’à 2h le week-end – une mesure que nous attendons avec impatience –, accroître la capacité des rames de métro pour désencombrer l’espace lors des périodes de pointe, développer les voitures électriques libre service (1 000 d’ici 2020) et compléter l’offre de Vélo’v par des Vélo’v à assistance électrique - très pratique pour remonter les pentes de la Croix-Rousse.

 

Lyon, c’est aussi une capitale culturelle. Nous développerons les pratiques amateurs dans chaque institution culturelle pour que la culture soit notre bien commun. Dans le 1er arrondissement, la galerie des Terreaux (place des Terreaux) accueillera une galerie de l’architecture et du paysage. La culture passant aussi par la culture numérique, nous installerons le wifi en ville, la 4G dans les stations de métro et créerons des applications mobiles pour faciliter la vie quotidienne.

 

Niveau urbanisme, nous réhabiliterons la place des Terreaux, requalifierons la gare de Perrache et son centre d’échange afin de réunifier la Presqu’île à la Confluence.

 

Côté environnement, nous continuerons à rendre la ville plus verte, à développer les pistes cyclables et les lieux de balades piétonnes, dont les terrasses de la Presqu’île, qui seront aménagées au dessus du parking Saint-Antoine, qui deviendra alors souterrain... Il est très difficile de résumer les 400 pages de notre projet pour Lyon en quelques lignes. Des idées, nous n’en manquons pas et nous tiendrons nos engagements, comme nous les avons toujours tenus à Lyon. 

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement… Et les autres … ?

 

 

N.V. : Sur Lyon, je regrette que l’ensemble des sensibilités de gauche ne se soit pas toutes rassemblées autour de Gérard Collomb car contrairement à 2008, nous ne pourrons pas gagner dès le 1er tour. Notre liste est favorite mais cela ne nous empêche pas d’aller à la rencontre, dans la rue et en porte-à-porte, de nos concitoyens depuis 6 mois pour échanger avec eux et les inciter à aller voter pour nous dès le 1er tour. Sachant que le 1er arrondissement compte 16 400 électeurs inscrits, nous avons frappé près de 10 000 portes. C’est un travail de proximité qui est notre marque de fabrique : nous sommes à l’écoute parce que nous sommes proches de nos électeurs pour améliorer leur quotidien.

 

Au niveau national, les difficultés économiques que connaît notre pays, et plus globalement l’Europe, ne créent pas un climat favorable à la victoire de la gauche aussi largement qu’en 2008, cela malgré la bonne gestion des municipalités socialistes. Je suis navré que le président de la République et son gouvernement soient aussi peu populaires, cela joue en notre défaveur au niveau local. J’attends beaucoup de leur part d’ici 2017 pour être fier de leur bilan.

 

Par ailleurs, je suis inquiet de la montée du Front national, et d’autant plus pour les élections européennes car Marine Le Pen et ses amis font la politique de la haine en créant les conditions favorables à un repli sur soi, à encore plus d’individualisme. Leurs solutions sont extrêmes et irréalisables dans une démocratie. Le passé nous a montré qu’ils étaient capables du pire au niveau d’une municipalité, imaginez les conséquences dramatiques sur la France et sur l’Europe que causerait leur politique appliquée à plus grande échelle ! 

  

PdA : Un dernier mot ? 

  

N.V. : Je crois que j’en ai déjà beaucoup dit… alors je serai bref. E-lectrices, e-lecteurs n’oubliez pas d’aller voter les dimanches 23 et 30 mars prochains, votez à gauche, votez pour les listes soutenues par le PS. À Lyon votez pour les listes « Évidemment Lyon » ! 

 

Propos recueillis le 21/03/14

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Gaëtan Dussausaye

Gaëtan Dussausaye

11e ar. de Paris - FN/RBM (tête de liste)

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Gaëtan Dussausaye. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ? 

 

Gaëtan Dussausaye : Bonjour. 19 ans, étudiant en troisième année de Licence Philosophie et Lettres modernes à Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) et à Paris 3 (Sorbonne Nouvelle), je suis actuellement Secrétaire départemental du FNJ de Paris et candidat FN-RBM à la mairie du 11ème arrondissement de Paris.

 

Je me suis découvert un certain intérêt pour la question politique à partir de la troisième. Ayant été confronté, assez jeune, à différentes problématiques qui malmènent encore aujourd’hui le quotidien d’un grand nombre de jeunes Français - que ce soit l’absence progressive d’autorité au sein des établissements scolaires, la nécessité de porter telle ou telle marque ou d’écouter telle ou telle musique dans un souci de reconnaissance de soi vis-à-vis des autres – je me suis posé un certain nombre de questions qui m’ont amené progressivement et plus largement à la question politique.

 

Afin d’être en mesure de mieux saisir notre actualité politique, j’ai pris le temps et le soin de regarder et de scruter les différents projets, réactions et communiqués de tous les mouvements politiques possibles. C’est au début de l’année 2011 que j’ai compris que le premier bulletin que je glisserais lors des présidentielles de 2012 serait un bulletin Front national - Rassemblement Bleu Marine. Face aux deux grands perdants de ces quarante dernières années, que sont l’UMP et le PS confondus, je considérais - et je considère évidemment encore - le FN-RBM comme le seul mouvement politique crédible, cohérent et clairvoyant, qui permet d’espérer à nouveau en la France et en son peuple.

 

Souveraineté, liberté, républicanisme, patriotisme, démocratie (réelle), unité nationale, justice sociale, laïcité, etc… Voici mes convictions ; convictions qui font les raisons de mon engagement au sein du Front national-Rassemblement Bleu Marine, que j’ai rejoint officiellement début décembre 2011.

  

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 11e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l’action des équipes sortantes ?

 

G.D. : Vois-tu, nous avons « la chance » d’avoir au sein du conseil municipal du 11e arrondissement non moins de sept sensibilités politiques « différentes » : PS, UMP, PCF, EELV, Modem, PRG, et MRC. Pourtant, à chaque conseil d’arrondissement, toutes les propositions faites par l’équipe municipale de Monsieur Patrick Bloche (PS) sont votées à l’unanimité ! Par conséquent, j’en tire la conclusion que tous les élus au conseil du 11e arrondissement, quelle que soit leur étiquette politique, sont tous responsables du matraquage fiscal que subissent de plein fouet les familles et les classes moyennes et populaires de l’arrondissement, de la chasse des classes moyennes et populaires hors de la capitale, de l’explosion des cambriolages, des braquages et des incivilités, de l’abandon des commerçants et des artisans au profit de la grande distribution sauvage, des politiques nocives à la qualité de vie des habitants et tout particulièrement des familles (crèches, hygiène, propreté, etc…).

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ? 

  

G.D. : Le 23 mars, les citoyens du 11e arrondissement auront le choix entre le projet des sœurs jumelles de l’UMPS et de leurs alliés, et notre projet – un projet de bon sens, dont le fondement repose sur ces trois éléments : prospérité, sérénité et solidarité. Ainsi, conformément aux attentes des Parisiennes et des Parisiens, nous proposons de faire du 11e arrondissement :

- un arrondissement fiscalement attractif, pour rendre de l’oxygène aux commerces et redonner du pouvoir d’achat aux ménages ;

- un arrondissement tranquille et serein, en développant davantage la vidéosurveillance, en renforçant l’action municipale, et en encourageant les initiatives citoyennes à travers le milieu associatif ;

- un arrondissement où les classes moyennes et populaires peuvent de nouveau s’y loger, en vendant une partie du parc social aux locataires, en priorisant ceux qui travaillent dans la capitale dans l’attribution des logements sociaux, en créant de nouveaux logements par des réquisitions-réhabilitations de logements ou de bureaux vides ;

- un arrondissement qui soutienne les commerçants et les artisans d’abord, seuls garants d’une ville à taille humaine, plutôt que la grande distribution folle ;

- un arrondissement où les citoyens pourront enfin retrouver la parole, par la mise en place d’une démocratie locale et participative réelle (notamment par l’organisation de référendums locaux sur les grands sujets de l’action municipale)...

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... 

 

G.D. : Cela fait plus d’un an que nous sommes, mes équipes et moi-même, sur le terrain dans le 11e arrondissement. Que ce soit sur les marchés, à la sortie des métros, ou lors de visites aux commerçants et artisans, l’accueil a incroyablement changé. Les réactions vives, colériques ou agressives ont définitivement laissé place à la curiosité, aux échanges nombreux, si ce n’est à l’adhésion. Je crois que nous pouvons d’ores et déjà nous féliciter de cette évolution. Maintenant, rendez-vous le 23 mars au soir pour les résultats !

  

PdA : Et les autres... ?

  

G.D. : Je pense que le Front national-Rassemblement Bleu Marine sera le grand vainqueur de ces élections municipales de 2014. Déjà, nous avons réussi, à la grande surprise de nos adversaires de l’UMPS, à constituer près de 600 listes FN-RBM dans la France entière ! Et je suis persuadé que la quasi-totalité de ces listes parviendront à se maintenir au second tour. Cette élection sera donc très bénéfique pour notre mouvement, nous en tirerons plus d’un millier de conseillers municipaux, et plus d’une dizaine de mairies. Les Français verront ainsi, directement, de quoi sont capables les élus FN-RBM.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

G.D. : Merci ! Je tiens à te remercier de laisser une telle place à la jeunesse qui s’engage, comme tu le fais à travers ton blog. La jeunesse de France veut s’engager, veut s’exprimer, mais elle veut encore plus être écoutée ! Ta démarche contribue à lui ouvrir cette dernière porte.

 

Propos recueillis le 21/03/14

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Aurélien Taché 2014

Aurélien Taché

18e ar. de Paris - PS 

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Aurélien Taché. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?  

 

Aurélien Taché : Bonjour Nicolas. J’ai 29 ans et j’habite le 18e arrondissement de Paris. Je travaille comme chargé de mission Lutte contre les Exclusions au Conseil régional d’Île de France, où je suis plus particulièrement en charge des dispositifs d’aide aux personnes sans abris, habitants des bidonvilles et gens du voyage. J’ai grandi dans un milieu rural modeste et j’ai pu mesurer, après un parcours scolaire chaotique, les difficultés que l’on peut rencontrer en France pour prendre un nouveau départ et notamment suivre un cursus universitaire, quand on est sorti des sentiers battus.

 

Tout cela, conjugué à une conviction profonde dans les valeurs de liberté et de solidarité et à une aversion totale pour les situations d’injustices, m’a rapidement conduit à ma passionner pour l’action politique et à vouloir agir pour l’émancipation du plus grand nombre. Dans cette optique, la lutte contre le racisme et ceux qui le propagent, en particulier l’extrême-droite et l’idée que la démocratie et la coopération doivent trouver à s’appliquer au niveau international, ont pour moi été des marqueurs forts. L’engagement est néanmoins arrivé un peu plus tard, sans doute en raison d’un attachement prononcé pour l’indépendance (rires), puisque c’est seulement à l’âge de 24 ans que j’ai sauté le pas en rejoignant à la fois une organisation politique de jeunesse - à travers le MJS - et un syndicat étudiant - l’UNEF. J’ai ensuite adhéré au Parti socialiste, quelques temp après. 

   

PdA : Vous serez candidat à Paris, dans le 18e arrondissement, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l’action des équipes sortantes ? 

 

A.T. : C’est un exercice assez convenu pour les sortants de défendre le bilan, mais pour ce qui est de Paris et du 18e arrondissement, on peut vraiment dire qu’il est excellent. Même si je n’y vivais pas encore, combien d’amis parisiens, engagés ou non, m’ont dit combien Paris avait changé depuis l’élection de Bertrand Delanoë... On est passé de 13 à 20% de logements sociaux entre 2001 et 2014, nous avons gagné deux moyens de transports en commun supplémentaires avec le tramway et le Vélib', de nombreux événements culturels comme Paris Plages ou la Nuit blanche, qui rythment la vie de Paris, ont vu le jour…Et, au-delà des réalisations, Bertrand Delanoë et son équipe ont su renouveler profondément la démocratie locale. Je ne prendrai qu’un exemple, qui me touche, car il est en lien avec mon combat pour le droit de vote des étrangers (non-communautaires, ndlr) aux élections locales : l'Assemblée des Citoyens parisiens extra communautaires, qui permet aux Parisiens n’ayant pas le droit de vote en raison de leur nationalité de s’exprimer sur les affaires de la Ville. En un mot, Bertrand Delanoë, a redonné les clefs de la ville aux Parisiens, à tous les Parisiens.

 

On peut dire exactement la même chose du 18e arrondissement, que Daniel Vaillant administre depuis 1995. Là encore et a fortiori, je ne vivais pas dans le 18e avant, mais autour de moi, le sentiment est unanime : le 18e s’est métamorphosé. En 2001, Daniel Vaillant a lancé, avec le soutien de Bertrand Delanoë, nouvellement élu, le plus vaste plan d’éradication de l’insalubrité et de l’habitat indigne qu’ait connu Paris. Des quartiers entiers ont été rénovés, notamment à la Goutte-d’Or, et plus de 3 000 logements sociaux nouveaux ont été créés.

 

De grands projets d’aménagements, tels que l’éco-quartier Chapelle International ou la création d’un grand pôle universitaire Porte de la Chapelle ont aussi été initiés. Surtout, le 18e arrondissement est un arrondissement jeune, et Daniel Vaillant a su en prendre toute la mesure, en le dotant d’équipements tels que le Centre Barbara, pour la culture, la Cité Traëger, pour le sport, ou encore la ZAC Pajol et sa superbe auberge de jeunesse. Bref c’est simple, avant il fallait lutter contre le risque de ghettoïsation du 18e, bientôt ce sera contre celui de sa boboïsation ! (rires) 

   

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

   

A.T. : Anne Hidalgo à Paris et Éric Lejoindre dans le 18e ont a cœur de poursuivre ce qui a été entrepris, mais aussi d’aller plus loin. En matière de logement, qui est leur priorité n°1, par exemple, Anne Hidalgo s’est engagée à atteindre 30% de logement sociaux à Paris en 2030, en construisant 10 000 nouveaux logements par an. Rien que pour le 18e, nous avons pour objectif la construction de 6 000 nouveaux logements diversifiés d’ici à 2020. Anne Hidalgo souhaite aussi s’engager fortement pour les transports et lutter contre la pollution, en créant un métro fluvial, en faisant fonctionner les lignes 1 et 14 du métro toute la nuit le week-end, en développant un réseau de scooters électriques en libre-service (Scootlib') et en faisant, d’une manière générale, le pari de la voiture électrique. Anne Hidalgo va aussi créer, avec son projet d’« Arc de l’Innovation », 100 000 m² d’incubateurs d’entreprises et de centres de télétravail supplémentaires autour de Paris. Elle compte enfin imaginer de nouveaux dispositifs de solidarité, tels que les premiers mètres cubes d’eau gratuits pour les Parisiens les plus modestes, et accentuer la politique de soutien aux jeunes créateurs et aux lieux culturels. Mettre la puissance de la capitale au service de sa bienveillance, voilà le programme d’Anne Hidalgo.

 

Éric Lejoindre à la même ambition pour le 18e. Il veut poursuivre la métamorphose urbaine de l’arrondissement, en accentuant notamment la rénovation des quartiers situés sur les portes, qui sont prioritaires et en poursuivant les grands projets d’aménagement. Mais il veut aussi plus loin, en étendant le tramway jusqu’à la porte d’Asnières, en créant une grande promenade urbaine sous le viaduc du métro aérien de Barbès à Jaurès, ou encore transformant les terrains « Chapelle Charbon » et « Hébert » en 250 000 m² dédiés aux loisirs et aux espaces verts ! Il veut aussi renforcer les effectifs de sécurité et de propreté dans notre arrondissement et y doubler le nombre de pistes cyclables ! 800 places nouvelles de crèches seront aussi créees, ainsi qu’un « café jeunes associatifs » et des maisons intergénérationnelles. Enfin, l’attractivité du 18e sera aussi renforcée, avec notamment la mise en place du dispositif « Vital'Quartier » pour maintenir et favoriser le commerce de proximité. Ce dispositif permet d’utiliser le droit de préemption urbain de la Ville de Paris afin d’acquérir des murs de locaux commerciaux, implanter des acteurs économiques de qualité et les accompagner dans leurs démarches d’installation, ce qui est crucial pour des quartiers comme la Goutte-d’Or ou Amiraux-Simplon. Un « marché des cinq continents » sera aussi créé Porte de la Chapelle, car pour Éric Lejoindre, la diversité culturelle de notre arrondissement est une richesse qu’il faut valoriser dans cette ville-monde qu’est Paris. 

   

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres ? 

  

A.T. : Très bien ! Les Parisiens savent ce que cela veut dire, la gauche à Paris et dans le 18e arrondissement, ils n’ont aucune envie de revenir en arrière. On ne va pas se mentir, nous nous heurtons à des difficultés sur le plan national, notamment en raison de la dette abyssale laissée par Nicolas Sarkozy - il l’a creusée de près de 600 milliards en cinq ans - mais aussi car certaines politiques peuvent être mal comprises, voir questionnées. Mais la dimension locale des élections municipales a toujours primé dans notre pays, et les électeurs ne s’y tromperont pas : dimanche, c’est le maire qu’on élit. 

 

Propos recueillis le 21/03/14

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Rémi Tell

Rémi Tell

Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) - UMP

   

Paroles d'Actu : Bonjour, Rémi Tell. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ? D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?  

 

Rémi Tell : Je suis originaire des Yvelines. J’ai passé mon enfance à Conflans-Sainte-Honorine, où je vis encore. J’ai 19 ans, et je suis étudiant à l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po). Je viens d’un milieu modeste, ce qui ne nous a jamais empêché de toujours beaucoup échanger sur la politique à la maison. Très tôt déjà, j’avais des discussions avec mes parents sur des sujets d’actualité. Je trouvais le monde politique fascinant : ses codes, ses destins personnels, les ascensions comme les chutes… cela avait un caractère romanesque qui émerveillait mes yeux d’enfant. Puis, j’ai commencé à essayer de m’investir, en tant que délégué de classe, d’abord, puis en tant qu’élu, dans le conseil municipal des enfants de ma ville. J’avais cette envie, même à un niveau modeste, de pouvoir changer la donne, d’avoir une prise sur la réalité. Faire quelque chose qui puisse aider les autres, rendre leur quotidien meilleur.

 

Aujourd’hui, je suis engagé au sein de l’UMP, parce que je crois beaucoup aux valeurs de liberté et de responsabilité. Être un jeune militant dans ce parti est passionnant, car nous sommes dans l’opposition. Rien ne nous est acquis, et nous devons nous battre sans cesse pour faire valoir nos idées.

   

PdA : Vous serez candidat à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l’action des équipes sortantes ? 

 

R.T. : Nous sommes les challengers lors de ces élections. Cela fait maintenant presque quarante ans que la ville est aux mains des socialistes. Des personnalités fortes comme Michel Rocard ou Jean-Paul Huchon en ont été les maires. Mais nous ne sommes pas dans une stratégie de revanche. Nous voulons construire quelque chose pour Conflans et pour les Conflanais, leur proposer un véritable projet.

 

Certaines des politiques qui ont été menées par la muncipalité en place ont été positives, et c’est de notre devoir de le reconnaître, car il en va de notre crédibilité. Je pense à l’action vis-à-vis des seniors, notamment. Mais pour le reste, beaucoup de choses restent très insatisfaisantes. Conflans est une ville “dortoir”. Beaucoup ne font qu’en partir le matin pour aller travailler ailleurs et en revenir le soir pour se coucher, afin de… mieux repartir le lendemain ! Il y a très peu d’animation, et le potentiel de notre commune, pourtant capitale européenne de la batellerie, reste très largement inexploité. L’équipe en place n’a pas su développer une vision à moyen et à long terme, ne se contentant que de satisfaire des clientèles.

 

La situation est aussi critiquable au niveau des personnes. Nous avons un sénateur-maire, Philippe Esnol, qui a choisi, contre l’avis du plus grand nombre, y compris dans son propre camp, de présenter sa femme aux élections pour lui succéder. Cela pose des problèmes évidents de démocratie, et les Conflanais ne sont pas dupes de ces basses manoeuvres. C’est pour cela qu’un vent nouveau doit souffler sur la ville, qui permettra de d’apporter quelque chose de neuf pour les habitants.

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

   

R.T. : Nous avons des propositions résolument innovantes à proposer aux Conflanais. L’enjeu n’est ni plus ni moins que de faire rentrer pleinement Conflans dans le 21e siècle.

 

Nous formulons 78 propositions très concrètes pour la vie des gens, selon trois grands axes : la rénovation de l’aménagement du territoire, le développement économqiue et touristique, et enfin la scolarité et la petite enfance. Nous avons eu à cœur de formuler des propositions qui puissent s’adresser à tout le monde, quels que soient son origine, son âge ou sa condition sociale.

 

Pour l’aménagement du territoire, nous proposons par exemple de mettre fin au bétonnage de la ville et de favoriser, sauvegarder et mettre en valeur les espaces verts existants, afin de rendre le cadre de vie plus agréable, de faire de Conflans une ville moins grise, moins stressante. Et ce tout en garantissant l’accès de chacun au logement, qui est une priorité pour nous. Nous avons aussi de grands projets de réaménagement dans des endroits clés de la ville, afin de la redynamiser et de lui redonner toutes ses couleurs.

 

En ce qui concerne le développement économique et touristique, nous voulons faire de Conflans une ville attractive pour les entreprises, en créant un cadre d’accueil favorable. Il s’agira aussi de bâtir des ponts entre la municipalité et le secteur privé, afin de permettre aux Conflanais sans emploi de se réinsérer plus facilement dans le monde du travail. Pour favoriser le développement du tourisme, nous avons prévu l’installation de commerces et de lieux culturels sur les quais de Seine, ainsi que la mise en place d’une meilleure communication autour de la ville à l’extérieur. Nous avons des propositions très précises sur le sujet, qui je n’en doute pas permettront enfin à Conflans de mériter son titre de capital européenne de la batellerie.

 

Enfin, nous voulons faire de la jeunesse, de la scolarité et de la petite enfance nos priorités, en redéfinissant les besoins en place dans les crèches et dans les classes, en favorisant l’installation de logements pour les étudiants ou en élargissant la gamme d’activités proposées aux jeunes.

 

Bien sûr, nous avons aussi beaucoup de projets qui concernent la sécurité, les loisirs ou les sports, ainsi que le renforcement de la proximité entre la municipalité et les citoyens.

   

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres ? 

  

R.T. : Je suis assez serein en ce qui concerne ces élections. Nous avons mené une belle campagne, audacieuse, respectueuse des habitants, et je sais qu’elle portera ses fruits.

 

Au niveau national, l’UMP devrait aussi faire de très bons scores. Beaucoup de villes de taille moyenne vont basculer de notre côté. Plus que le résultat de la politique du gouvernement, je crois que ce sera la consequence logique de l’incroyable investissement de nos candidats sur le terrain. Ils ont fait au cours des mois passés un formidable travail, et je suis sûr qu’ils en seront récompensés.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

R.T. : Votez. Votez et engagez-vous. Notre pays va mal, et c’est le seul moyen de le sortir de l’état calamiteux dans lequel il se trouve. Des défis majeurs nous attendant, et c’est la nouvelle génération qui va devoir les relever. Les jeunes d’aujourd’hui doivent prendre leurs responsabilités en main, car le monde de demain est déjà le leur et parce qu’ensemble, malgré nos différences, nous pouvons faire quelque chose de grand pour la France, redresser ce pays qui souffre depuis tant d’années, et être à l’initiative des changements majeurs et indispensables qui se profilent pour les décennies à venir.

  

Propos recueillis le 21/03/14

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Aurélien Sebton

Aurélien Sebton

Talence (Gironde) - UDI

  

Paroles d'Actu : Bonjour, Aurélien Sebton. Voulez-vous vous présenter, en quelques mots ?

 

Aurélien Sebton : J'ai 29 ans, je suis un jeune de mon temps, prototype de la Génération Y. Je suis juriste de formation, diplômé de l'Université Bordeaux IV où j'ai étudié le droit et les sciences politiques. Depuis 2007, je travaille comme attaché de groupe politique, d'abord au Conseil régional d'Aquitaine, pour le groupe centriste, et dorénavant à la Communauté urbaine de Bordeaux, au sein du groupe Communauté d'avenir, présidé par Alain Juppé.

 

En ce qui concerne mes fonctions électives, je suis conseiller municipal de Talence (ville de 45 000 habitants, la banlieue bordelaise), en charge de la jeunesse, de la politique de la ville et de la ZUS (zone urbaine sensible, ndlr). J'ai été élu président national de l'UDI Jeunes en novembre dernier et je suis par ailleurs vice-président de l'UDI en Gironde. En parallèle, et afin de m'ouvrir au monde de l'entreprise, je passe le Master des Grandes écoles de commerce à l'ESC de Bordeaux (Kedge Business School).

 

Je suis passionné de sport, que je pratique le plus régulièrement possible. L'amitié, la fraternité occupent une place prépondérante dans mon fonctionement. Les échanges, l'ouverture aux autres et l'entraide que cela engendre sont primordiaux pour moi. Je marche à l'affect.

 

PdA : D'où vous viennent vos convictions, votre engagement politique ?

 

A.S. : Très jeune, j'ai voulu m'engager, monter au créneau pour défendre ce qui me semblait juste, j'ai souhaité prendre mes responsabilités, ne pas "laisser faire" par les autres. J'ai commencé dans la cause anti-raciste, l'injustice des injustices. C'était insupportable pour un jeune qui vivait quotidiennement la diversité culturelle et sociale des « ZEP ». Il n'y a aucun doute, le 21 avril 2002 a été le déclencheur de mon engagement, je me souviens encore de l'effroi, à me glacer le sang, que j'ai ressenti quand j'ai vu apparaître le nom de Jean-Marie Le Pen.

 

Par ailleurs j'ai toujours été convaincu que la défiance du citoyen pour sa classe politique venait essentiellement de l'impression d'entre-soi, voire même de népotisme que l'on retrouve dans l'organisation des partis et la distribution des mandats. Ce n'est cependant pas une fatalité et j'en fais une de mes priorités, le rôle des dirigeants des partis politiques et a fortiori des responsables des mouvements de jeunes est de inciter les uns et les autres à s'engager dans le débat public, de rappeller que le mandat d'élu ne necessite pas de qualifiaction particulière, que chaque point de vue mérite d'être entendu, que la politique, c'est l'affaire de tous... Pour reprendre une expression d'initié : les voix se comptent, elles ne se pèsent pas...

 

PdA : Vous serez candidat à Talence (Gironde) lors des élections municipales qui se tiendront au mois de mars. Quel bilan faites-vous de l'action de l'équipe sortante ?

 

A.S. : Oui, je suis candidat sur la liste du maire Alain Cazabonne, pour exercer un deuxième mandat à ses côtés. Je le dis à souhait, il est pour moi un « père » en politique. J'apprends avec lui l'importance de la proximité qu'il doit y avoir entre l'élu local et ses administrés. L'expertise et la maîtrise des dossiers ne suffisent pas. La présence au-delà des murs de la mairie, l'écoute des préoccupations quotidiennes des habitants sont indispensables  Le rôle de l'élu est d'aller prendre le pouls de la population, d'aller à la rencontre de ceux qui sont les plus éloignés des institutions, souvent d'ailleurs ceux qui en ont le plus besoin. Cette mandature qui s'achève a été placé sous le signe de la solidarité. Je pense à la mixité sociale, notamment, Talence étant la seule ville de l'agglomération à imposer aux promoteurs immobiliers 25% de logement sociaux dans leurs projets, ainsi qu'une obligation d'y inclure des logements familiaux. Je pense à la construction du plus bel équipement de la ville, le « Dôme », qui accueille une médiathèque, un centre social, un centre de loisirs, la maison des droits de l'Homme... dans notre quartier politique de la ville.

 

Notre bilan, c'est aussi l'accueil des « chalets d'Emmaüs ». Je suis assez fier que nous ayons été avant-gardistes en France sur ce projet. Cela se traduit évidemment par la requalification entière du quartier de Thouars, notre ZUS. Nos services sociaux sont plus performants. Ce que l'on observe, c'est aussi l'excellence de notre politique associative et sportive, puisque nous avons été récompensés en accédant à la plus haute notation au classement « Sports pour tous » : je citerai la construction du gymnase Boris Diaw dans les quartiers nord, le développement de notre politique culturelle avec le Festival 1,2,3 Musique, l'extension du Centre Animation Jeunesse, la création de la manifestation jeunesse Code Forum, pour sensibiliser sur les discriminations, la création d'une pépinière d'entreprises, de la crèche dans le nouveau quartier Renaissance, etc... En somme, nous pouvons être fiers du bilan de notre équipe.

  

PdA : Quelles sont, dans les grandes lignes, les propositions que vous entendrez soumettre aux suffrages de vos concitoyens ?

   

A.S. : En ces temps difficiles pour les Français, nous ferons de la solidarité la priorité de ce mandat. Nous allons continuer à nous battre pour réouverture de la gare de la Médoquine et, à la différence du bus proposé par l'opposition socialiste, avec Alain Juppé, nous réaliserons un tramway desservant le campus et le quartier de Thouars, si les électeurs nous donne la majorité à la C.U.B. (Communauté urbaine de Bordeaux, ndlr). Nous construirons une nouvelle école de musique, avec un des plus grands auditoriums de l'agglomération, pour continuer nos efforts afin de faciliter l'accession à la culture pour tous. Nous lancerons le chantier du stationnement pour faciliter les déplacements des riverains encombrés par les voitures-ventouses, du fait du succès du tramway. Nous continuerons nos efforts pour l'environnement, en nous battant pour que le PLU nous permette de diminuer la hauteur des constructions, pour protéger nos espaces verts et de nouveaux espaces de respiration verte. Nous achèverons la construction de l'école Georges Lasserre. Nous réaliserons tous ces projets en contrôlant les finances de la ville et en nous assurant de ne pas aloudir la pression fiscale subie par les Talençais, déjà trop lourdement taxés par le gouvernement de François Hollande.

  

PdA : Comment les "sentez"-vous, ces élections municipales ? Celle qui vous concerne directement... et les autres ? 

  

A.S. : Je les sens bien, mais rien n'est jamais gagné d'avance ! Nous avons un bilan qui nous rend fier, tant en ce qui concerne la gestion de la ville que sur notre présence au quotidien, à l'écoute des Talençais. Et franchement, je pense que les Talençais réalisent la chance qu'ils ont d'avoir un maire d'un humanisme rare, et dont le dévouement pour sa ville et ses habitants n'est plus à démontrer. Enfin, même si ce n'est pas le principal, et que je ne peux m'en réjouir, c'est la première fois que les Français auront l'occasion de juger l'action de François Hollande et de son gouvernement. La réaction des Français risque d'être cinglante pour le socialistes. Hélas, je crains, comme tous, la tentation pour les extrêmes. Je note tout de même sur le terrain que l'union du centre UDI-MoDem, allié sans ambiguïté avec la droite républicaine, est un signal d'unité bien perçu par les électeurs.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

A.S. : Toutes ces « affaires » me font enrager, ce sont d'énièmes coups de canif portés à la démocratie. Certains jouent scandaleusement les intrigants, comme si nous étions dans une serie américaine avec Kevin Spacey. Sauf qu'à la fin, la seule gagnante sera Marine Le Pen. Enfin, évidemment, je tiens à féliciter tous les jeunes UDI, qui ont été candidats par centaines dans toute la France, et tous ceux qui ont fait camapgne pour défendre nos valeurs. Alors, à tous « merde » pour dimanche !

  

Propos recueillis le 21/03/14

Retrouvez Aurélien Sebton sur Twitter, sur son blog...

 

 

  

Merci à toutes et à tous...

Au 21 mars, 24 réponses dont :

6 UMP (25%), 6 PS (25%), 4 FN (17%), 4 UDI (17%), 1 FG (4%), 1 EELV (4%), 1 MoDem (4%), 1 sans étiquette (4%)...

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20 février 2014

François Cochet : "Avant 14-18, seuls les chefs étaient honorés"

   Le dernier « poilu » français est mort en 2008. Il n'y a plus, depuis 2012, de survivant parmi les vétérans connus de la « Grande Guerre », toutes nations confondues. Restent quelques témoins directs de l'époque, un lien vivant, pour quelques années encore... Ensuite ? Quelle place la mémoire collective, les consciences de chacun feront-elles à cette guerre qui devait être la « dernière des dernières » mais qui n'attendit pas l'espace d'une génération avant de trouver, par son ampleur, par ses horreurs, sa digne successeur ? La Seconde Guerre mondiale « parle », au moins dans ses grandes lignes, aux jeunes générations. Le souvenir de la première, la perpétuation de son enseignement semblent, eux, doucement s'estomper, en dépit des manifestations qui, heureusement, marqueront dès cette année son centenaire...

   J'ai souhaité, à cette occasion, poser quelques questions à l'un des grands spécialistes de la guerre de 1914-18, M. François Cochet. Professeur d'Histoire contemporaine et responsable du Master "Politique et conflits" de l'Université de Lorraine-Metz, il a consacré de nombreux ouvrages au conflit - dont le tout récent La Grande Guerre : Fin d'un monde, début d'un siècle (Perrin, 2014) - et est membre du conseil scientifique de la Mission du Centenaire. Je le remercie pour ses réponses passionnantes et très instructives. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

FRANÇOIS COCHET

Responsable du Master "Politique et conflits" de l'Université de Lorraine-Metz ;

Professeur d'Histoire contemporaine.

 

« Avant 14-18, seuls les chefs

étaient honorés »

 

La Grande Guerre

(Affiche : Éd. Perrin. Photographie : F. Cochet.)

 

Q., R. : 16/02/14

  

Paroles d'Actu : Bonjour François Cochet. Nous commémorerons cette année, à l'occasion du centenaire de son démarrage, la guerre à laquelle allait rapidement être accolé le qualificatif de « grande ». La cause formelle de son déclenchement, par le jeu des alliances, chacun la connaît : l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand par un militant nationaliste serbe.

Parmi les mouvements de fond ayant contribué à faire de ce conflit local un cataclysme continental, n'est-il pas juste, au regard de l'Histoire, de pointer les ambitions, l'agressivité de l'Empire allemand ?

 

François Cochet : Les choses sont complexes aux yeux de l'historien. D'une part, parce qu'il n'existe pas une raison de l'entrée en guerre, mais toute une palette entrant en interférence. La "Grande Guerre" est le résultat de causes venant faire masse entre elles. Par ailleurs, un très récent ouvrage, qui connaît un succès éditorial considérable en Europe, Les Somnambules, de l'Australien Christopher Clark, revient totalement sur la responsabilité de l'Allemagne dans le déclenchement de la guerre et insiste - un peu trop, sans doute - sur les responsabilités françaises. Il faut donc raison garder et analyser l'entrée en guerre en fonction d'éléments sûrs, loin des modes intellectuelles et des relectures anachroniques :

- Le climat international est tendu depuis la deuxième crise marocaine de 1911.

- Les nationalismes s'expriment un peu partout en Europe, mais il convient de nuancer ce point : les pacifismes aussi semblent très puissants.

 

Qu'est-ce qui fait l'enchaînement infernal vers la guerre (européenne, dans un premier temps, ne l'oublions pas) ?

- La conviction qu'une guerre entre l'Autriche et la Serbie (rendue imminente par l'assassinat de François-Ferdinand et de sa femme Sophie) doit être limitée à ces deux États. Le soutien de l'Empire allemand à l'Autriche se fait dans ces conditions.

- La mobilisation partielle de la Russie vient changer la donne le 31 juillet. C'est l'acte fondamental.

- Que se sont dit le Président de la République Raymond Poincaré et le Tsar Nicolas II durant le voyage officiel du premier à Saint-Pétersbourg, quelques jours avant l'enchaînement fatal ? Personne ne le saura jamais. Rien d'essentiel, sans doute se sont-ils contentés de réaffirmer, en termes vagues, l'alliance des deux États.

- Poincaré n'est pas le "va-t-en-guerre" que les pacifistes proches du PCF ont décrit par la suite.

- L'Angleterre ne veut pas d'une guerre continentale, et ce n'est que l'invasion de la Belgique qui la décide à entrer en guerre.

- Dans tous les camps s'exprime une politique du "risque mal calculé". Chacun est persuadé - à la lumière des événements récents, notamment des guerres balkaniques - qu'un conflit ne peut être que localisé et, du coup, "pousse ses pions trop loin".

 

En tout cas, contrairement à ce qu'affirment le fameux article 231 du Traité de Versailles de 1919 et la tradition historiographique allemande issue de Fritz Fischer, l'Allemagne n'est pas la seule responsable de la Grande Guerre.

 

PdA : Près de quarante-cinq années après la perte de l'Alsace et de la Lorraine, la France entre, à la mi-août 1914, à nouveau en guerre contre l'Allemagne...

Dans quel état d'esprit l'armée, la population françaises se trouvent-elles, à ce moment-là ? Sont-ils nombreux, alors, ceux qui anticipent avec clairvoyance l'ampleur de ce qui attend l'Europe entière ?

 

F.C. : Cette question de la "clairvoyance" relève de la téléologie. À l'époque, personne ne peut imaginer ce que sera cette guerre. L'historien doit se méfier méthodologiquement des reconstructions a posteriori. Plusieurs choses sont certaines et avérées par la recherche historique : 

- L'Alsace-Lorraine, même si elle est du registre de la reconstruction mémorielle qui a cours peu avant la Grande Guerre (Colette Baudoche de Maurice Barrès paraît en 1909), ne passionne pas les Français en 1914. Les Alsaco-Lorrains eux-mêmes ont, dans leur immense majorité - les milieux favorables au retour à la France représentent 2% des électeurs au Reichstag en 1913 - intégré le fait qu'ils appartenaient au Reich. Ils veulent simplement être considérés comme des citoyens de plein droit du Reich, ce qui n'est pas encore le cas.

- En France, la population est alors préparée par toutes les institutions sociales (École, Armée, Justice, Églises...) à obéir. Chaque citoyen accepte de faire son devoir pour la République. Le fait qu'elle soit apparue comme menacée (les premières opérations de guerre sont le fait des Allemands) joue un rôle absolument essentiel dans le ralliement de l'opinion à la guerre, y compris dans ses composantes socialistes et pacifistes. De ce point de vue, les analyses marxistes se révèlent totalement fausses. Le sentiment national l'emporte, aussi bien en Allemagne qu'en France, sur le sentiment "prolétarien", preuve de la superficialité de ce dernier.

 

PdA : On a beaucoup parlé de « miracle » à propos de la bataille dite de « la Marne» (1914) : les Allemands croyaient pouvoir venir à bout de la France plus rapidement encore qu'en 1870-71, ils se sont heurtés à une résistance tenace, bien organisée et ont finalement dû reculer. La guerre allait s'installer dans la durée...

 

F.C. : La bataille de la Marne ne relève en rien du "miracle", même si la République - pourtant anti-cléricale ! - de l'époque a beaucoup insisté sur cette notion. Le plan allemand « Schlieffen » s'appuie sur une notion fondamentale : la rapidité d'éxécution. Il faut se débarrasser des armées françaises le plus rapidement possible afin de se tourner ensuite contre les forces russes, dont on sait qu'elles sont lentes à mobiliser. D'où l'idée d'enfermer les forces armées françaises dans une nasse, les repoussant à l'est de Paris, dos à la Lorraine.

  

Joffre, en bon logisticien, sait utiliser au mieux les forces françaises après la tragique offensive - au vrai, davantage voulue par le pouvoir politique que par le pouvoir militaire - sur la Lorraine et l'Alsace. Grâce à sa remarquable maitrise des flux ferroviaires, il fait "roquer" des troupes de l'est du front français - notamment du secteur de Verdun - vers l'ouest, ce afin de briser l'aile marchante des Allemands. Au moment de l'inflexion de von Kluck vers le sud-ouest - une incontestable erreur stratégique, par ambition personnelle -, les Français sont en mesure de "tronçonner" les Allemands. Si le centre français (Foch et son armée dans les marais de Saint-Gond) tient, les Allemands peuvent être repoussés. Mais non évacués du territoire français. Chacun tente, entre septembre et novembre 1914, de se déborder par les flancs. Quand les deux adversaires buttent sur les rives de la mer du Nord et s'enterrent dans les tranchées, il devient évident aux yeux du plus grand nombre que la guerre va s'installer dans le temps.

 

Durant la phase de la guerre de mouvement, les actes d'héroïsme sont légion de part et d'autre, mais se trouvent confrontés à une représentation ancienne de la guerre - faite de charges à la baïonnette - alors même que les progrès de l'armurerie de la fin du XIXème siècle sont immenses et viennent périmer ces actes d'héroïsme archaïque.

 

PdA : Le bilan humain de la Première Guerre mondiale a été lourd, exceptionnellement lourd : quarante millions de victimes, dix-neuf millions de morts - neuf millions de civils, dix millions de militaires. Ces chiffres sont terrifiants et ont, en même temps, quelque chose d'inhumain au regard des masses concernées. Vous avez dirigé en 2012 l'ouvrage Les Soldats inconnus de la Grande Guerre (Soteca/14-18 éditions)...

 

F.C. : La démarche qui s'inscrit à la fin de la guerre est tout à fait intéressante. Jusqu'alors, les nations en guerre avaient honoré les chefs, ou, en tout cas, les officiers. Les simples soldats tombés à l'ennemi étaient largement ignorés. Leurs corps étaient souvent incinérés, ou, dans le meilleur des cas, inhumés dans des fosses collectives. En Lorraine, c'est encore le cas des tués des combats de Gravelotte, en 1870. Pour la première fois, à la fin de la guerre de 1914-1918, le besoin se faire sentir d'honorer les anonymes.

 

PdA : L'entrée en guerre des États-Unis - en 1917, en même temps que le retrait russe - a-t-elle réellement été, comme on l'a souvent lu, décisive pour la victoire de 1918 ?

 

F.C. : Ce n'est pas l'entrée en guerre des États-Unis qui marque un tournant décisif pour la victoire. C'est la montée en puissance des forces armées de cet État telle qu'attendue pour 1918 et 1919 qui est vraiment importante. La défection russe permet aux Allemands, dans le court terme de mars 1918, de ramener leurs troupes du front est vers le front ouest. Ils savent qu'ils ne peuvent l'emporter définitivement, mais pensent que des succès militaires à l'ouest pourront les mettre en position de négocier une sortie de guerre favorable.

 

Pour en revenir aux États-Unis, il faut s'imaginer que, d'après les projections d'opérations prévues sur l'année 1919, les forces américaines auraient fini par représenter la majeure partie des troupes de l'alliance. C'est en cela que leur poids est considérable.

 

PdA : C'est dans le cadre de la conférence de Paris, qui s'est tenue en 1919-1920, qu'ont été organisées la paix, l'Europe d'après-guerre. Son volet le plus fameux demeure, évidemment, le Traité de Versailles, qui définit les modalités de la fin des hostilités entre l'Allemagne et les Alliés.

J'aimerais vous demander, à ce stade de notre entretien, à cet instant de l'Histoire, ce qu'ont été, de votre point de vue, les erreurs, pour ne pas dire les fautes les plus manifestes qui ont été commises lors de la conférence de Paris, au regard de toutes les difficultés, de toutes les rancœurs - et de tous les prétextes faciles - qu'elles allaient faire naître, au regard des conséquences funestes qu'elles contribueraient bientôt à engendrer en Italie, en Allemagne...

 

F.C. : L'historien n'est pas un moraliste ! Il est difficile pour moi de répondre à votre question. D'une part, il est certain que tout traité de paix révèle le "droit du vainqueur" est que le fameux article 231 attribuant à l'Allemagne la seule responsabilité de la guerre était parfaitement outrancier. De là à prévoir, comme l'a fait De Gaulle - en 1940-1944 ! - une « guerre de trente ans », cela relève de la téléologie et de la reconstruction mémorielle. Que les clauses à l'égard de l'Allemagne aient été trop dures, cela semble relever de l'évidence. Que certaines forces nationalistes allemandes en aient fait leur cheval de bataille relève aussi de la tautologie : cela va de soi.

 

Mais si vous voulez me faire dire que la Seconde Guerre mondiale est inscrite, dès 1919, dans les suites de la Grande Guerre, je ne vous suivrais pas. Bien d'autres dimensions spécifiques de la période 1919-1939 - évolutions des mentalités pacifistes dans les démocraties occidentales, évolution du régime soviétique, crise économique, etc... - entrent en jeu pour expliquer la deuxième guerre.

 

PdA : La Grande Guerre et ses suites ont vu l'effondrement des régimes monarchiques russe, autrichien, allemand, ottoman ; l'ouverture d'une période de désorganisation, de troubles profonds, nous les avons évoqués il y a un instant... On l'a dit, ses conséquences démographiques ont été terrifiantes, incalculables.

La Première Guerre, n'équivaut-elle pas, d'une certaine manière, au suicide collectif des puissances européennes en tant que grandes puissances mondiales, ce qu'elles avaient été depuis le XVIe siècle, ce qu'elles cesseront d'être à partir de cette guerre apocalyptique ?

 

F.C. : Les thématiques du « suicide collectif » sont des réprésentations a posteriori. En 1914, personne n'imagine que la guerre va durer quatre ans et demi. Personne ne peut avoir la moindre idée des pertes militaires et civiles. L'apocalypse est toujours du registre de la reconstruction mémorielle.

 

L'Europe s'est-elle suicidée, en 1914 ? C'est justement sa puissance qui lui permet d'entrer en guerre, tant au plan économique que militaire ou humain. Les puissances continentales font un choix qui s'avère désastreux après-coup. Est-ce le dernier ? Pourquoi alors les États européens sont-ils encore la deuxième puissance économique mondiale ?

 

PdA : Vous avez à cœur, depuis de nombreuses années, de vous assurer de la perpétuation de la mémoire de cette guerre, qui devait être la dernière. Les derniers poilus ont quitté ce monde voilà plusieurs années.

Pourquoi est-il, pour vous, essentiel que ce souvenir, la conscience de ces faits demeurent présents, cent ans après, en chacun de nous, et notamment chez les jeunes générations ?

 

F.C. : Les témoins ne font, fort heureusement, pas l'Histoire. D'une part, parce qu'ils se trompent souvent ; d'autre part, parce que leur disparition marque au contraire le commencement de l'Histoire. La recherche en histoire ancienne ou médiévale se fait sans témoin, sauf de leur temps. La conscience des événements doit passer par les travaux d'historiens, à la condition que ces derniers ne sombrent pas dans l'empathie à l'égard des témoins, mais fassent leur travail de nécessaire distanciation.

 

PdA : Souhaitez-vous ajouter quelque chose avant de conclure cette interview ?

 

F.C. : Un vœu pieux, sans doute ! Que le "devoir d'histoire" l'emporte définitivement sur le pseudo "devoir de mémoire". Dans les médias, le monde politique et le monde scolaire...

 

François Cochet

 

Quel regard portez-vous sur ce qu'a été, sur ce qu'a signifié la Grande Guerre ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver François Cochet...

  

19 février 2014

Jonas Haddad : "La droite doit se reconnecter aux réalités du pays"

Le secrétaire national de l'UMP (en charge de l'entrepreneuriat des jeunes) et délégué national des Jeunes populaires Jonas Haddad est devenu, je l'en remercie, un habitué de Paroles d'Actu. Il a participé à trois articles avant celui-ci, m'a accordé trois interviews correspondant, chacune, à un moment de la vie de sa formation politique. Il a exprimé avec force ce qu'étaient ses convictions après les défaites de la droite en 2012, s'est clairement engagé en faveur de Jean-François Copé dans le cadre de l'élection à la présidence de l'UMP et a fait, comme d'autres, un premier bilan négatif de la présidence de François Hollande, un an après son investiture.

 

L'UMP bénéficiera-t-elle de l'impopularité record de l'exécutif national pour gagner quelques positions lors des élections locales et européennes qui se tiendront ce printemps ? Chacun l'espère, en tout cas, rue de Vaugirard... Dans ce contexte préélectoral intense, Jonas Haddad a accepté, une nouvelle fois, de répondre à mes questions. Parmi les sujets évoqués : l'entrepreneuriat et la politique économique de François Hollande, l'hypothétique retour de Nicolas Sarkozy et la nouvelle direction des Jeunes pop'... À propos de la branche junior de l'UMP, il affirme - Julien Rochedy ne sera pas forcément d'accord avec lui - qu'elle est aujourd'hui le premier parti jeune de France. Son dernier livre, Droite 2.0 (coécrit avec son camarade Michael Miguères, préfacé par Jean-Pierre Raffarin et publié aux éditions L'Harmattan), vient de sortir, il nous en dit quelques mots, en ouverture de l'entretien... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JONAS HADDAD

 

« La droite doit se reconnecter

aux réalités du pays »

 

Jonas Haddad 2014

(Photo proposée par Jonas Haddad.)

 

Q. : 13/02/14 ; R. : 19/02/14

  

Paroles d'Actu : Bonjour Jonas Haddad. L'été dernier, vous avez fait parvenir à Nicolas Sarkozy, qui vous a reçu en privé, une note sur la notion de « progrès », une thématique à laquelle vous avez consacré un livre, Droite 2.0, cosigné avec Michael Miguères... Pouvez-vous nous en dire davantage à propos de cet ouvrage ?

 

Jonas Haddad : C'est un ouvrage qui a nécessité deux ans de travail, mais qui se fonde surtout sur un constat implacable, issu de nos réunions dans toute la France : si la gauche est intégralement décrédibilisée, toute une frange de la population ne voit pas dans la droite une alternative innovante. C'est une condition sine qua non à tout retour au pouvoir que de remettre notre logiciel idéologique à jour.

 

L'objectif de ce livre est de redonner des boussoles claires à la droite, le « progrès » et le « patriotisme », pour qu'elle soit enfin le rempart au déclin de notre pays, qu'elle incarne un espoir pour les jeunes, les entrepreneurs.

 

PdA : Ces derniers mois, je le suggérais à l'instant, Nicolas Sarkozy a multiplié les rencontres avec les « jeunes pousses » les plus en vue de l'UMP, celles en lesquelles il croit pour l'avenir et sur la fidélité desquelles il compte sans doute dans l'optique d'un retour éventuel pour 2017. Voulez-vous nous révéler ce qu'a été la teneur de votre conversation, de ses interrogations ? Quels ont été vos sentiments quant à cet entretien ?

 

J.H. : Notre conversation a d'abord porté sur la France. En me rendant à ce rendez-vous, j'avais beaucoup entendu dans la presse cette conviction des journalistes que Nicolas Sarkozy voulait s'attacher la jeune génération. Sauf qu'une fois rentré dans son bureau, celui d'un président de la République, j'ai sincèrement oublié tout cela. Je ne fais pas partie de ces blasés de la politique et, conscient de l'importance de l'instant, j'ai évoqué tous les sujets qui me semblaient à la hauteur de l'importance du moment.

 

Nous avons évoqué le sort des jeunes générations, leur capacité à croire en l'avenir de la France, comment le pays pouvait redevenir une terre de progrès. Pour le reste, cela tient du privé.

 

PdA : Quelle est votre intime conviction ? Reviendra-t-il sur le devant de la scène ? Le souhaitez-vous, ou bien est-il temps pour l'UMP de passer à autre chose, de favoriser l'émergence de nouvelles idées, de nouvelles têtes ?

 

J.H. : Vous me permettrez de laisser à un ancien président de la République la décision de revenir ou pas. J'ai déjà dit clairement que son retour était souhaitable, et surtout que ce n'était pas incompatible avec l'émergence de nouvelles têtes... La preuve, vous m'avez évoqué parmi les « jeunes pousses » dans votre question précédente.

 

PdA : L'UMP continue tant bien que mal de panser les plaies nées du scrutin calamiteux qu'elle a tenu pour sa présidence au mois de novembre 2012. Des directions collégiales - et pléthoriques - ont été mises en place pour essayer de contenter les deux parties, à la tête du parti et de sa branche junior, les « Jeunes populaires ». Plusieurs jeunes responsables de la Droite sociale de Laurent Wauquiez, présidée par Mickaël Camilleri - pour ne parler que d'eux - ont fait savoir à l'automne dernier qu'ils se sentaient marginalisés, voire, pour certains, sciemment floués par le montage d'alors. La composition du nouveau bureau national transitoire, annoncée il y a quelques jours, semble répondre en partie à ces inquiétudes. Les « Jeunes populaires » sont-ils pour de bon en ordre de bataille ? N'en êtes-vous pas, de facto, le nouveau chef ?

 

J.H. : Je ne partage pas votre pessimisme. Malgré les difficultés de novembre 2012 - qui commencent d'ailleurs à dater, nous sommes en 2014 - nous avons réussi à promouvoir une nouvelle génération qui va partir à la reconquête des territoires avec une foi inébranlable dans nos valeurs, dans notre pays.

 

Quant à moi, je me contente, à la place qui est la mienne, de mettre toute mon énergie au service des Jeunes Populaires qui, au nombre de 20 000, sont aujourd'hui le premier parti jeune de France.

 

PdA : Lors de sa conférence de presse du 14 janvier, le président de la République a affirmé, sans ambiguïté, son appartenance au courant de pensée social-démocrate. Il a dévoilé son intention de procéder à une baisse massive des charges incombant aux entreprises au titre de la politique familiale en échange d'engagements en matière d'embauches. Ces annonces ont été globalement bien accueillies, y compris par certaines personnalités de l'UMP. Ne vont-elles pas, à votre avis, dans le bon sens ?

 

J.H. : Tout ce qui va dans le sens de sortir nos entreprises de l'étranglement provoqué par l'empilement des impôts est positif, si cela produit des emplois. Cependant comment s'enthousiasmer sur un virage sémantique, un débat interne à la gauche sur la ligne à adopter ? Trop de temps a été perdu par ce gouvernement pour se rendre enfin compte des réalités économiques, des besoins profonds du pays.

 

PdA :  L'entrepreneuriat, c'est votre sujet de prédilection au sein de l'UMP et, à l'évidence, l'une des clés maîtresses pour l'avenir de notre économie, de notre pays. Quelles actions d'ordres législatif - budgets compris - et réglementaire devraient, de votre point de vue, être conduites pour favoriser au maximum l'éclosion et le développement d'entreprises en France ?

 

J.H. : Depuis des années, bien avant que ce sujet ne soit à la mode, j'ai rencontré des associations, des entrepreneurs de tous âges pour m'imprégner des aspirations de cette nouvelle économie. J'ai proposé de façon claire de supprimer l'impôt sur les sociétés pour les moins de 25 ans. Ce n'est pas une mesure qui va plomber les finances de la France - déjà bien dégradées. C'est un signal puissant envoyé à tous ces jeunes qui ne croient plus en l'avenir de notre pays, qui pensent que le système est plus porteur d'espoir ailleurs.

 

PdA : Au vu de l'impopularité record de l'exécutif actuel, l'UMP paraît être en mesure d'aborder - au moins sur le papier - les échéances électorales de 2014 (les municipales au mois de mars, les européennes en mai) dans une position relativement favorable. Vous travaillez à titre personnel sur le fond des sujets, nous l'avons vu avec l'entrepreneuriat. Les interventions des différents ténors de votre parti semblent, elles, être riches davantage de critiques que de propositions concrètes ou prospectives. L'UMP, qui a exercé le pouvoir au plan national pendant dix ans, se veut toujours l'alternative naturelle à François Hollande et aux socialistes. Quand aura-t-elle un projet pour la France et les Français ?

 

J.H. : L'UMP décline depuis plusieurs mois des conventions destinés à bâtir un projet alternatif à la société divisée que produit la gauche. Je comprends de votre propos que nous ne sommes pas assez entendus sur les propositions, davantage sur l'opposition. Mais quand un président de la République est au plus bas niveau historique d'adhésion des Français, ces derniers comprendraient-ils qu'on ne dénonce pas, qu'on ne pointe pas toutes les failles du système ?

 

Si l'UMP ne fait pas ce travail d'opposition pied à pied, elle laissera prospérer ceux qui préfèrent la contestation à l'opposition républicaine.

 

PdA : Quelque chose à ajouter ?

 

J.H. : 2013 a été l'année de la société civile, 2014 doit être l'année de la droite 2.0, celle qui se reconnecte aux réalités du pays, à ses aspirations profondes.

 

PdA : Merci !

 

Droite 2

 

 

Et vous, que vous inspirent les propos, les propositions de Jonas Haddad ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Jonas Haddad...

  

9 février 2014

Pascal Légitimus : "Entre nous et le public, c'est affectif"

Un p'tit message à ton endroit, ami lecteur, avant d'aller plus loin. Si tu n'as pas aimé Les trois frères, pour toi, je n'peux rien. L'humour des Inconnus t'est étranger ? Je n'te traite pas d'Martien, mais j'te l'dis cash, tu peux passer ton chemin. Rien d'perso, mais cet article ne t'apport'ra rien. C'est en fan assumé de ce film depuis des années, en amateur inconditionnel de toutes ses répliques incontournables que j'ai la joie, la fierté de vous proposer ce document, une interview exclusive de Monsieur Pascal Légitimus.

 

Je l'avais contacté pour la première fois à l'occasion de notre date d'anniversaire commune, le 13 mars 2013. On savait déjà qu'il y aurait une suite, à l'époque, mais on n'en parlait pas - encore - beaucoup. Je lui avais demandé s'il accepterait de répondre à quelques unes de mes questions, pour Paroles d'Actu. « Ok », m'avait-il répondu, mais pas avant l'automne. Finalement, pas avant janvier. J'ai regardé le calendrier défiler. La grosse montée en puissance de la promo. Très heureux de les revoir, un peu dépité, aussi. « Ça ne se fera plus... ». « Dimanche, dernier carat. ». Hum... trois jours avant la sortie du film ? C'est gentil de me donner un peu d'espoir, mais je n'y crois plus trop... Enfin, on verra...

 

C'est tout vu. Ses réponses me sont parvenues aujourd'hui, vous pouvez imaginer ce qu'a été ma joie en les découvrant. Merci, cher Pascal Légitimus, d'avoir tenu votre promesse. Et pour vos réponses, généreuses, enthousiastes... « Entre nous et le public, c'est affectif. » Le public sera au rendez-vous, dès mercredi, pour Les trois frères, le retour... Je ne l'ai pas encore vu, mais je sais à quel point j'apprécierai, comme des millions de spectateurs, de vous retrouver, tous les trois... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

PASCAL LÉGITIMUS

 

« Entre nous et le public,

c'est affectif »

 

Pascal Légitimus

(Photos proposées par Pascal Légitimus.)

 

Q. : 04/01/13 ; R. : 09/02/14

  

Paroles d'Actu : Bonjour Pascal Légitimus. Ce mercredi, ce sera la sortie en salles des Trois frères, le retour. Retour, justement, sur le premier film, totalement culte... On vous en a certainement beaucoup parlé depuis sa sortie en 1995 et jusqu'à aujourd'hui. Quels ont été les interpellations, les témoignages qui vous ont le plus amusé, touché à propos des Trois frères ?

 

Pascal Légitimus : Je ne cesse d'être surpris par ce côté « culte », justement. Des dialogues entiers du film sont cités par cœur, et cela touche tout le monde : toutes les couches sociales, toutes les catégories socioprofessionnelles...

 

PdA : Est-ce que, comme nous, vous vous marrez toujours autant en le revisionnant ?

 

P.L. : En général, je regarde souvent mes « oeuvres » en compagnie d'autres personnes, cela me permet de découvrir le film avec un oeil neuf, comme un spectateur lambda. C'est toujours difficile de regarder son travail : on y trouve des erreurs, on regrette certaines choses, on aurait aimé mieux faire, etc... L'oeil du critique se met à analyser. C'est pour cela qu'entendre des gens rire de mes bêtises autour de moi me plonge dans une écoute différente.

 

PdA : Une scène qui, parmi tant d'autres, me fait mourir de rire à chaque fois : celle de ce dîner d'affaires entre gens très spirituels, bientôt perturbé par de talentueux « artistes-peintres »... Voulez-vous nous parler de cette séquence ? Peut-être nous offrir quelques anecdotes à son sujet ?

 

P.L. : C'est une belle situation, pour un acteur. Être dans l'embarras, au point de paniquer, parce que les événements ne se déroulent pas comme prévu, avec surtout l'impératif de ne rien montrer... c'est du velours. Il faut jouer la scène avec sincérité, sinon, cela devient « gugusse » et burlesque, et on y croit moins. Il y a eu, ce jour-là, de vrais fous rires entre Élie et moi. D'autre part, Bernard et Didier s'en donnaient a cœur joie pour trouver des mimiques de drogués parmi les plus éthérées qui soient. Bernard étant celui qui a vraiment fait l'expérience de la drogue, il était le spécialiste-conseil sur le tournage ! (Rires)

 

PdA : Les Trois frères dressait avec humour et une bonne dose de tendresse un tableau assez représentatif, dans une certaine mesure, de ce qu'ont été les années 90. Pas mal de galères, déjà. Le Monochrome de WhiteMan et le Koendelietzsche (merci Google !) ont été saisis depuis longtemps. Eux n'ont « pas changé », on veut bien vous croire, et on l'espère, d'ailleurs. En quoi la société dans laquelle évoluent Bernard, Didier et Pascal Latour a-t-elle changé depuis 20 ans ?

 

P.L. : On nous a souvent reproché, en leur temps, le « manque d'agressivité » ou de « causticité » de certains de nos sketchs ou films. C'est ce que disaient certains journaleux, en tout cas. Alors qu'aujourd'hui, quand on les revisionne, on nous taxe du contraire. On dit que la chanson des vampires (Rap tout, ndlr) est - malheureusement - encore d'actualité. En fait, nous avons toujours été des témoins de notre temps, des chroniqueurs, des imitateurs sociaux qui retracent, à l'aide de petites saynètes, l'humeur, la vibration du présent. D'où l'aspect indémodable de nos sketchs, qui ont été vus par des millions d'internautes. La transmission s'est faite par les parents, et par internet.

 

Les Inconnus 2

 

PdA : Que pouvez-vous - et voulez-vous ! - nous révéler, à ce stade, quant à l'intrigue de cette suite et au film en lui-même ?

 

P.L. : Le pitch : « La société a changé, pas eux ». Les trois frères Latour sont toujours aussi mythos, minables, menteurs, mal dans leur peau, en carence affective... et la crise n'arrange pas les choses !

 

PdA : Le film vous plaît, c'est ce que vous avez déclaré lors d'une interview accordée au Figaro. Avez-vous la conviction qu'il sera à la hauteur de ce qu'en espère votre public ?

 

P.L. : Depuis quelques semaines, nous faisons la tournée des villes de province pour présenter le film, et je dois dire que l'accueil est au-delà de nos espérances. Non seulement les exploitants ouvrent plusieurs salles - jusqu'à sept, parfois - dans la même ville, ce qui est rare, mais, à la sortie, le bouche à oreille est exceptionnel. Cela nous rassure quant au démarrage...

 

PdA : Les Inconnus, c'est l'histoire d'une collaboration artistique géniale. C'est aussi celle d'une amitié authentique, de trente ans, je crois. Quelques mots sur vos compères, Bernard Campan et Didier Bourdon ?

 

P.L. : Ce sont avant tout des amis, avec lesquels j'ai débuté ma carrière. Nous avons à la fois des points communs et des différences, c'est ce qui fait la richesse créative du groupe, que je considère comme une famille artistique. Bernard, c'est le plus rationnel, réflexif et concret de l'équipe. Didier a le sens de la mise en scène, il aime mener, contrôler, il a de l'énergie à revendre. Et moi, je navigue entre les deux. Je suis l'aîné, non pas en âge, mais en responsabilité. Quand on voyage, par exemple, c'est moi qui ai les billets de train. J'ai aussi une imagination débordante, et le sens du risque.

 

Affiche Les trois frères le retour

 

PdA : Quels sont vos projets, vos rêves pour la suite ?

 

P.L. : Aucun. Nous sommes monotâches. Le film est une priorité. Cela faisait onze ans que nous n'avions pas tourné ensemble, on n'est pas pressés. On goûte le plaisir de l'instant présent...

 

PdA : La réunion de votre bande s'est vue accélérée par les innombrables signes d'attachement, d'affection et de désir qui vous ont été témoignés par toutes celles et tous ceux qui vous aiment depuis tant d'années. Je pense au triomphe qui vous avait été réservé lors d'une représentation fameuse de la pièce Plus si affinités et, depuis, aux très beaux chiffres qui ont accompagné chacune de vos apparitions : vos vidéos, celle avec Norman, votre émission sur France 2... Quel message souhaiteriez-vous adresser à votre public en ce début d'année ?

 

P.L. : Nous avons reçu beaucoup de témoignages d'amour de la part du public, des spectateurs, des téléspectateurs, des fans, des aficionados, des fidèles... Ce film est une réponse à tout cela. Entre eux et nous, c'est affectif. Pas de divorce, on est liés pour le meilleur et le meilleur, c'est pour cela que nous prenons notre temps pour bien faire les choses, par respect, vis-à-vis de nous, et vis-à-vis d'eux. On ne veut pas être obligatoirement reconnus. Mais appréciés, en tout cas.

 

PdA : Que peut-on vous souhaiter pour 2014, cher Pascal Légitimus ?

 

P.L. : Que ça dure... Que ce film soit un franc succès. Et que les prochains projets, seul ou à trois, soient aussi qualitatifs...

 

PdA : Quelque chose à ajouter ? Merci infiniment...

 

P.L. : À bientôt peut-être...

 

PdA : Merci infiniment...

 

Les Inconnus 1

 

Et toi, cher lecteur, quel message aimerais-tu adresser à Pascal Légitimus, aux Inconnus ? Les commentaires sont là pour ça ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Les Inconnus...

  

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4 février 2014

Jean-Claude Dreyfus : "Il y a beaucoup de respect mutuel avec Francis Huster"

Lors de notre premier entretien, qui s'était tenu au mois de février de l'année dernière, nous avions évoqué pas mal de sujets, avec Jean-Claude Dreyfus : son actualité du moment, quelques éléments de sa bio, etc. J'ai voulu remettre cela, il y a quelques jours, à l'occasion du démarrage d'une nouvelle pièce dont il partage la vedette avec Francis Huster : La Trahison d'Einstein, écrite par Éric-Emmanuel Schmitt et réalisée par Steve Suissa. Il m'a immédiatement donné son accord, avec la gentillesse que je connais à ce grand homme de scène et de cœur. Je lui ai fait parvenir mes questions quelques jours avant la première. En dépit du rythme effrené avec lequel les représentations s'enchaînent depuis le 30 janvier au Théâtre Rive Gauche, malgré les plannings tendus liés à la préparation, aux répétitions du spectacle, il a pris un peu de son temps pour me répondre. Je l'en remercie et lui transmets mon amitieuse gratitude. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

JEAN-CLAUDE DREYFUS

 

« Il y a beaucoup de respect mutuel

avec Francis Huster »

 

Dreyfus 1

(Photos n.b. : Olivier Denis. Affiche : production.)

 

Q. : 14/01/13 ; R. : 04/02/14

  

Paroles d'Actu : Bonjour Jean-Claude Dreyfus. Lors de notre première interview, datée de février 2013, nous nous étions livrés, pour mon plus grand plaisir - partagé, j'espère ! -, à une longue évocation de votre vie et de votre parcours, à l'occasion de la sortie du premier tome de votre autobiographie, Ma bio dégradable : J'acte I. Votre actu du moment, c'était également Dreyfus-Devos, d'Hommages sans interdit(s)votre spectacle que les spectateurs et la critique ont largement salué... Quel bilan tirez-vous de cette belle expérience de scène et de cœur ?

 

Jean-Claude Dreyfus : Ç'a été un bonheur de jouer des textes de Devos... Savoureux. Et le public a suivi !

 

PdA : Vous serez bientôt à l'affiche de La Trahison d'Einstein, aux côtés de Francis Huster et de Dan Herzberg. La pièce a été écrite par Éric-Emmanuel Schmitt, sa mise mise en scène est de Steve Suissa. Quelle a été l'histoire de ce projet dont le public découvrira bientôt la concrétisation ?

 

J.-C.D. : Une belle aventure, là aussi... Après avoir joué deux spectacles seul, revenir au dialogue, à l'écoute de l'autre, en l'occurrence Francis Huster, c'est super !

 

PdA : « Sur les rives d'un lac du New Jersey, deux excentriques se rencontrent et sympathisent. L'un est Albert Einstein, le physicien de génie ; l'autre est un vagabond en rupture avec la société... » L'action se déroule sur une quinzaine d'années avec, en toile de fond : le développement du projet Manhattan, les interrogations torturées du père "malgré lui" de la bombe, les soupçons nés de ces états d'âme, aux premières heures de la Guerre froide...

 

J.-C.D. : Dix-neuf ans, exactement. Il serait venu converser avec ce vagabond, miroir de lui-même...

 

PdA : Qu'est-ce qui, sur le papier puis, par la suite, vous a séduit dans cette aventure ? Chez votre personnage ?

 

J.-C.D. : Avant tout, l'écriture d'Éric-Emmanuel Schmitt. C'est le plus important, d'autant qu'il a pas mal réécrit après la première lecture, en pensant plus à nous, et à nos personnages.

 

PdA : Parlez-nous de la pièce, de sa mise en scène ? De votre équipe ? Que souhaiteriez-vous dire à nos lecteurs pour tenter de leur donner envie de venir la découvrir au Théâtre Rive Gauche, ce à partir du 30 janvier ?

 

J.-C.D. : Je suis tombé au sein d'une équipe déjà soudée et qui, grâce a Steve Suissa, le papa de l'entreprise avec Éric-Emmanuel Schmitt, avait l'habitude de travailler ensemble. L'harmonie est totale, tant sur le plan des décors - signés Stéfanie Jarre - que sur les vidéos et la musique. Sans oublier, bien sûr, mon partenaire, Francis Huster, qui collabore depuis plusieurs années avec Steve... Je me suis facilement fondu dans leurs moules, le rapport avec Francis étant par ailleurs très simple et clair, plein de respect mutuel et d'amour du théâtre...

 

PdA : Dans quel état d'esprit vous trouvez-vous, à quelques jours de la première représentation de La Trahison d'Einstein ? Comment appréhendez-vous ces instants, le trac, d'une manière générale ?

 

J.-C.D. : Il y a le trac, l'angoisse de perdre un texte encore trop frais. La peur de commencer... et surtout d'aller au bout... et de finir !

 

Einstein

 

PdA : On ne compte plus les pièces, les films et téléfilms auxquels vous avez participé... Est-ce qu'il y a, à ce jour, des rôles ou des types de personnages que vous aimeriez, a priori, comme ça, interpréter ?

 

J.-C.D. : Oui... J'aime aller à la découverte de personnages complexes. Les décortiquer, pour les rendre simples. Et rendre toute leur panoplie, sans en avoir l'air...

 

PdA : La mise en scène, la réalisation, c'est quelque chose qui pourrait vous attirer pour la suite, ou pas du tout ?

 

J.-C.D. : J'ai déjà fait quelques mises en scène. Ça me plaît bien de travailler avec des comédiens pour tirer des émotions rares que, peut-être, je n'arriverais pas à donner moi-même ?

 

PdA : Je compléterai votre actu de ce début d'année en rappelant que vous serez bientôt à l'affiche du court métrage Sauliac, signé Édouard Giraudo, avec Sheila O'Connor. Et que l'on peut d'ores et déjà retrouver chez tous les bons libraires votre belle voix lisant César Birotteau de Balzac. Quels sont, à côté de tout cela, vos projets, vos rêves ?

 

J.-C.D. : Ce serait, après La Trahison d'Einstein, de reprendre mon spectacle sur Devos et mon tour de chant, En toute sobriété, à Paris et en tournée. 

 

PdA : Janvier, c'est le temps d'une jolie tradition, celle des échanges de voeux... Que peut-on vous souhaiter pour 2014, cher Jean-Claude Dreyfus ?

 

J.-C.D. : De continuer sur cette longue route déjà parcourue. De la poursuivre en pleine santé, surtout...

 

PdA : Un message pour nos lecteurs ?

 

J.-C.D. : Non à la morosité. Même si le temps paraît morose, derrière, toujours, un nuage rose en prose se posera...

 

PdA : Pour quelqu'un en particulier ?

 

J.-C.D. : Pour Albert et Francis : c'est une joie de vous retrouver chaque soir !

 

PdA : Quelque chose à ajouter ?

 

J.-C.D. : Amitieusement. À tous.

 

PdA : Merci infiniment !

 

Dreyfus 2

 

Si vous avez vu la pièce, qu'en avez-vous pensé ? (Sinon, allez-y ! Allez au théâtre, d'une manière générale !) Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Jean-Claude Dreyfus...

  

1 février 2014

Marie-Paule Belle : "Le public ? Ils sont toute ma vie..."

   « Est-ce que vous avez déjà entendu parler de Marie-Paule Belle ? Non ? Ça ne m'étonne pas, et si vous m'aviez répondu "oui", j'aurais presque été inquiet. Inquiet, et puis déçu, parce que je comptais ce soir la faire découvrir aux téléspectateurs, pour la première fois. Regardez-la bien. Vous la reverrez, certainement. Vous en entendrez parler. Il y a très peu de jeunes chanteuses à qui l'on puisse prédire ce destin, en ce moment... » Nous sommes en mars 1973. Philippe Bouvard est emballé par cette nouvelle venue sur la scène musicale, à tel point qu'il va lui permettre d'interpréter deux de ses chansons, deux titres plutôt fantaisistes : Wolfgang et moi et Nosferatu. Elle est seule sur scène, en piano-voix. C'est elle qui en a signé les mélodies... La Parisienne sortira trois ans plus tard...

   « Cette femme est absolument faite pour "attaquer" Barbara » (Fabrice Luchini, Vivement dimanche, 2011). « Elle a la volupté et la grâce pour chanter du Barbara » (Fabien Lecœuvre, Les années bonheur, 2011). J'en passe, et des meilleures (la grande dame brune elle-même lui avait confié, dans un élan de tendre enthousiasme, qu'elle adorait son travail)... Marie-Paule Belle n'est pas uniquement le « diablotin sautillant sur un tabouret de piano » que l'on pourrait croire, vue de loin, en surface. Ses fans, eux, connaissent parfaitement l'étendue de sa palette, de son œuvre. Écoutez ses reprises de Attendez que ma joie revienne, de Dis, quand reviendras-tu ?, de Nantes... Écoutez Berlin des années vingt, L'enfant et la mouche, La petite écriture grise, Quand nous serons amis... Écoutez Un pas de plusCelles qui aiment elles, Assez... Quelques échantillons, simplement, il y en a tellement...

   Pour cette première publication Paroles d'Actu de l'année, je vous invite à découvrir ou à redécouvrir une grande, une très grande musicienne et artiste de la chanson française. Les médias feraient bien de s'en souvenir et d'en faire autant, tout le monde y gagnerait... Un talent. Une femme de cœur et de convictions. En trois mots comme en cent : une « Belle » personne... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

MARIE-PAULE BELLE

 

« Le public ? Ils sont toute ma vie... »

 

Marie-Paule Belle

(Source des photos : production)

 

Entretien réalisé entre le 27 janvier et le 1er février 2014

  

Paroles d'Actu : Bonjour Marie-Paule Belle. J'aimerais, pour débuter cet entretien, vous inviter à évoquer pour nous la figure de Barbara : vous lui avez consacré plusieurs enregistrements, deux spectacles et de nombreuses représentations publiques depuis 2001. Quelle est la place qu'elle a occupé, qu'elle occupe dans votre vie ?

 

Marie-Paule Belle : C'est grâce à Barbara et Brel que j'ai décidé de chanter, lorsque je les ai vus sur scène, adolescente... J'étais bouleversée... Barbara a été une révélation pour moi. C'était la première fois qu'une femme parlait de l'amour, de la mort avec un éclairage si personnel ! Elle s'accompagnait au piano avec des mélodies classiques, parlait de ses sentiments, de son histoire... Tout ce que j'aime ! Par la suite, mon chemin est passé par l'Écluse, cabaret de la Rive gauche, où elle a chanté longtemps !

 

J'ai eu la chance de la rencontrer et de lui parler quelquefois... J'ai deux fax d'elle dans mon bureau, je les considère comme des porte-bonheur... Les spectacles que je lui ai consacrés m'ont apporté beaucoup d'émotions, même au Japon et en Pologne ! Parfois le public a redécouvert quelques chansons, ce qui m'a fait très plaisir... Elle est toujours présente dans ma vie...

 

PdA : Et dans la nôtre... Abordons maintenant, si vous le voulez bien, votre répertoire à proprement parler. La Parisienne est probablement celui de vos titres que l'on vous associe le plus naturellement. Son succès a contribué à vous apporter notoriété et reconnaissance.

Quels sont, au quotidien, les signes de cette popularité, les témoignages d'affection du public qui vous touchent particulièrement ? Question subsidiaire : n'est-ce pas un peu frustrant, parfois, d'être régulièrement "réduite" à cette chanson dans les médias ? Entendons-nous bien : elle est formidable, éminemment moderne, et l'énergie que vous dégagez avec elle est à chaque fois communicative. Mais vous en avez d'autres, beaucoup d'autres...

 

M.-P.B. : Il est vrai que La Parisienne est ma carte d'identité ! Lorsque l'on me reconnaît, on me chante cette chanson, ou l'on sourit avec gentillesse et complicité à un feu rouge, par exemple ! On me dit : « Vous avez enchanté ma jeunesse », « Quelle énergie ! », etc..., etc...

 

C'est vrai qu'au bout de plus de quarante ans de carrière, et une vingtaine d'albums, j'aurais aimé que l'on se souvienne d'autres chansons que j'aime aussi, soit pour leur mélodie, soit pour leur sujet, car j'ai chanté des chansons très différentes... Mon public fidèle, mes fans s'en souviennent ! Je ne suis pas frustrée car je trouve merveilleux de rester encore dans la mémoire de certains, d'une façon aussi joyeuse et positive ! Si je suis venue au monde pour apporter un peu de joie, c'est déjà pas mal, et j'ai plaisir à le constater lors des signatures, après les concerts. J'ai aussi une grande chance de partager encore, de nos jours, cette joie sur scène !

 

PdA : C'est en effet quelque chose d'exceptionnel et qui n'est pas donné à tout le monde... La plus belle des récompenses pour un artiste, j'imagine... S'agissant, justement, de ces autres titres qui gagnent à être connus, parlons-en.

Quelles sont, sur l'ensemble de votre répertoire, les cinq ou dix chansons que vous préférez ? Celles que vous aimeriez inviter nos lecteurs à découvrir ou redécouvrir via, par exemple, les plateformes de téléchargement légal ?

 

M.-P.B. : Il est difficile pour moi de répondre à cette question ! De plus, beaucoup de mes chansons ne peuvent être téléchargées, car elles sont introuvables sur internet, ou ailleurs, mes albums ayant eu des producteurs indépendants et des distributeurs différents...

 

Il y a des chansons comme Sur un volcan, L'enfant et la mouche, Berlin des années vingt qui sont très bien écrites, par Michel Grisolia et Françoise Mallet-Joris. Ou, dans le dernier album, Assez et Celles qui aiment elles, écrites par Dominique Valls. Elles évoquent des sujets graves, en dehors des modes, comme la décadence conduisant aux extrêmes, l'indifférence, la cruauté, la violence, l'homophobie, etc... Ces sujets sont traités sans lourdeur, avec justesse, avec poésie par leurs auteurs.

 

Il y a des chansons romantiques ou nostalgiques, comme Quand nous serons amis, La petite écriture grise, Elle t'a changé, Patins à roulettes, 42 colonnes corinthiennes, La cabine en verre, Matin d'amour, Nuage rose, etc... Il y a des chansons comme Beauté de banlieue, dont je suis fière de la musique, ou des chansons autobiographiques dont je suis l'auteur, comme Sans pouvoir se dire au revoir. Enfin, les chansons drôles qui m'ont beaucoup fait rire en les créant avec mes amis, dont Isabelle Mayereau, avec qui j'ai écrit aussi des chansons drôles pour Anne Baquet. Je pense à Moujik russe, L'oeuf -complètement surréaliste -, Placali Calalou, etc...

 

Mes goûts personnels vont plus vers les chansons graves ou romantiques, qui sont souvent à l'opposée de mon image médiatique caricaturée, celle d'un diablotin sautillant sur un tabouret de piano !

 

PdA : Parmi ces chansons, il en est qui sont, pour le coup, à la fois romantiques et graves. Vous évoquiez l'un des titres de votre dernier album en date, Celles qui aiment elles, sur Marie Paule ReBelle. Des trésors de sensibilité, dans ce texte... Vous savez « le prix de leurs amours rebelles »...

Qu'avez-vous ressenti après l'adoption en 2013 de la loi Taubira ouvrant droit au mariage pour tous ? Cette reconnaissance par la République de ces amours encore trop souvent montrées du doigts, vous l'attendiez, vous l'espériez depuis longtemps ?

 

M.-P.B. : Je l'attendais et je suis très heureuse qu'enfin, cette loi soit votée !

 

PdA : Plusieurs sondages ont indiqué, à l'occasion de ces débats, qu'un grand nombre de Français approuvait cette évolution et qu'il y avait, en tout état de cause, un recul de l'intolérance en matière d'homosexualité. Mais il y a eu, ici ou là, à la marge mais de manière parfois organisée, des actes, des mots qui n'ont pas grandi leurs auteurs...

J'aimerais vous demander, en tant que femme engagée, en tant qu'artiste populaire, quel message vous adresseriez à un père, à une mère qui, de bonne foi, sans pensée haineuse, vivrait mal l'annonce par son enfant de son homosexualité ?

 

M.-P.B. : Je lui demanderais simplement ce qui est le plus important : le bonheur de son enfant ou le souci du regard des autres ?! Cela dit, je ne suis pas du tout d'accord avec les sondages : l'homophobie (comme le racisme) a progressé en France, on l'a vu lors des manifestations contre le mariage pour tous ! Je le vois tous les jours après mes concerts, avec les nombreux témoignages d'homosexuels, hommes et femmes, qui me remercient pour la chanson Celles qui aiment elles et qui souffrent beaucoup dans leur quotidien, surtout en province !

 

PdA : Puissent cette chanson, la sagesse de vos propos contribuer à faire progresser l'esprit de tolérance, ou plutôt de respect, je le souhaite de tout cœur. Parmi vos titres récents, il y en a un autre, très beau, qui aborde le sujet ô combien douloureux des femmes battues : Assez (Marie Paule ReBelle). J'imagine que, dans un domaine qui ne s'éloigne pas trop de cette question et de celle abordée précédemment, la résurgence des débats portant sur l'IVG, en France, en Espagne, surtout, ne doit pas vous laisser indifférente...

Quels sont les sujets d'actualité qui vous interpellent, vous révoltent et qui pourraient, peut-être, vous inspirer la création de nouvelles chansons ?

 

M.-P.B. : Tout est dit dans votre question. Dominique Valls a écrit de très beaux textes sur ce qui me tient à cœur... Quand un sujet me révolte ou m'interpelle de quelque façon que ce soit, j'en parle avec mes auteurs, et ils m'écrivent de très jolies choses... C'est vrai que la résurgence des débats portant sur l'IVG m'inquiète beaucoup, moi qui ai défilé pour dans les années 70 ! Quelle régression...

 

PdA : Vous avez justement rendu hommage à vos auteurs au cours de notre interview. Envisageons maintenant, si vous le voulez bien, un domaine qui passe souvent au second plan et dans lequel vous excellez depuis toujours : la composition. Quel rapport entretenez-vous avec votre piano ?

 

M.-P.B. : Le piano est comme une personne. Certains me parlent tout de suite, d'autres ne me diront jamais rien ! J'avais évoqué le sujet avec Barbara, qui avait le même dialogue avec son piano. Un jour où je n'avais aucune inspiration, ce qui me rendait malheureuse, elle m'a dit, en parlant de mon piano : « Laisse-le bouder ! Laisse passer le temps et il te reparlera ! ».

 

Mon piano est réglé spécialement pour moi, selon mes goûts (graves profonds, un peu métalliques, mécanique souple, aigus perlés). Pour les concerts, je fais très attention à la qualité du piano, car j'ai eu beaucoup de problèmes, surtout en début de carrière... Je chante complètement différemment si j'ai un bon piano ou pas.

 

PdA : Quel est, pour ce qui vous concerne, le processus qui mène à la naissance d'une mélodie ? Vient-elle, en général, avant ou après le texte ?

 

M.-P.B. : Les mélodies arrivent souvent avec le plaisir de l'improvisation, ou bien n'importe où et n'importe quand. Je ne le commande pas et je les enregistre dès qu'elles me restent dans la tête. J'ai dans mon iPhone et mon ordinateur des musiques très différentes allant de la ballade classique au jazz.

 

Pour les chansons, je pars sur quatre vers que l'on me donne, et je m'envole... Ou bien, je donne à l'auteur la mélodie structurée en couplets, refrains, avec la métrique des vers. Il n'y a pas de règle, mais j'écris très rarement sur un texte définitif. 

 

PdA : Merci pour ces quelques anecdotes précieuses, tout droit venues des coulisses de votre art. En filigrane, il y a aussi la question de la production musicale, de son évolution. Vous aviez fait appel aux internautes pour coproduire votre dernier album.

Qu'est-ce qui, depuis vos débuts, a changé dans la manière de faire de la musique, de la diffuser ? Quel regard portez-vous sur le paysage musical actuel ?

 

M.-P.B. : Tout a changé depuis mes débuts ! Les mentalités, la technique, le marché, etc... Large question ! Je dirai seulement que, lorsque j'ai commencé, j'ai signé pour trois albums ! À cette époque, on pouvait donner une chance à l'artiste, afin qu'il dispose d'un temps suffisant pour faire connaître son univers. J'ai eu la chance d'être récompensée par des prix prestigieux pour les trois premiers albums, ce qui m'a aidée pour resigner... Aujourd'hui, peu importe l'univers de l'artiste ! Ce qui compte c'est qu'il vende. L'artiste est d'abord un produit, il doit être formaté, avec des critères précis pour cibler une clientèle précise. Le CD ne se vend plus. Tout se passe par internet. Pour reprendre le slogan d'une pub : avant, il y avait des directeurs artistiques qui lisaient les partitions, mais ça, c'était avant ! Aujourd'hui, il y a des directeurs de marketing qui regardent les chiffres... Moi, je n'ai regardé que l'artistique !

 

Avec internet, on découvre de belles choses, mais aussi n'importe quoi ! Ce qui est merveilleux, c'est qu'avec un bon logiciel, un clavier, tout le monde peut faire de la musique, avoir un Steinway ou un orchestre philharmonique au bout des doigts... faire un album à la maison ! J'adore ces nouvelles technologies ! Ce qui est moins merveilleux, c'est ce qu'on entend parfois... Hélas, certaines émissions de télé ont développé de fausses valeurs... Tout le monde chante pareil, sans charisme, sans présence. Peu de personnalités sont "habitées" ! Peu se détachent (quelques exceptions, comme Stromae). On a montré les paillettes et non le travail ! J'espère encore que, si le talent est là, avec le travail, la chance (les bonnes rencontres au bon moment), on peut garder l'espoir d'être agréablement surpris !

 

PdA : Quels sont celles et ceux qui, pour ce qui concerne la chanson française, trouvent grâce à vos yeux - ou plutôt à vos oreilles - aujourd'hui ? Je pense à ceux, plus ou moins connus, qui émergent, je pense évidemment, aussi, à ceux qui, fort heureusement, sont toujours là...

 

M.-P.B. : Les grands auteurs-compositeurs, dans des styles très variés, de Trenet, Brel, Bécaud, Barbara, à Gainsbourg, Berger, Bobby Lapointe, pour ceux qui nous ont quittés. Et d'Aznavour, Sheller, Le Forestier, Lama à Jonasz, Souchon, Sanson, Voulzy, Julien Clerc, pour ceux d'aujourd'hui. Piaf, Maurane pour les voix... J'en oublie... Mouloudji, Cora Vaucaire, Montand, etc... De nos jours, Stromae se détache par son originalité, Zaz pour son timbre de voix. Je ne connais ni le rap, ni l'électro, et j'écoute des voix féminines anglo-saxonnes dans le jazz classique ou actuel.

 

PdA : Vous avez récemment annoncé, à regret, l'annulation de la tournée Sacrée soirée, à laquelle vous deviez participer. Où et quand pourra-t-on vous applaudir, dans les prochaines semaines, dans les prochains mois ?

 

M.-P.B. : À cause de cette tournée, aucun contrat n'a été signé, aucune démarche n'a été faite, car je ne pouvais cumuler les concerts de la tournée et les miens. Les deux prochaines et dernières dates de concerts du spectacle De Belle à Barbara, signées avant cette tournée, sont le 7 février, à Villeparisis, en région parisienne, et le 11 février, à Bayeux. Ensuite... ?

 

PdA : Allez-vous essayer de proposer de nouvelles dates, en Île-de-France et en province, pour De Belle à Barbara ?

 

M.-P.B. : Je ne crois pas... C'est trop tard. Toutes les salles sont programmées et prises, y compris pour les réunions électorales. La production est en train de voir si l'on peut avancer le nouveau spectacle, mais là aussi, c'est compliqué...

 

PdA : Voulez-vous nous dire quelques mots de ce que sera ce nouveau spectacle ?

 

M.-P.B. : Ce sera toujours du piano-voix, avec des chansons du répertoire et les miennes, dont certaines remontent à la période de mon passage à l'Écluse. Je le donnerai dans des petites salles, pour être très proche du public. Le titre provisoire est Comme au cabaret.

 

PdA : Avez-vous d'autres projets, d'autres envies dont il vous plairait de nous faire part ? Par exemple, planchez-vous, ou allez-vous plancher sur de nouvelles chansons ? Sur un nouvel album ?

 

M.-P.B. : Pour l'instant, je n'ai pas d'autre projet.

 

PdA : Quel message auriez-vous envie d'adresser à nos lecteurs et, en particulier, à celles et ceux d'entre eux qui, nombreux, vous suivent et vous aiment, depuis six mois, dix ans ou trente-cinq ans ?

 

M.-P.B. : Merci ! Car c'est grâce à leur fidélité, à leurs témoignages, à leur amour, tout simplement, si je suis toujours là ! C'est cet élan d'amour qui me donne l'énergie et l'envie de continuer lorsque je suis découragée et que je songe arrêter... Je le leur ai redit sur scène il y a huit jours, je l'écris en dédicace sur les albums ou les programmes, je le leur redis maintenant et je le ferai toujours, car ils sont toute ma vie !

 

PdA : « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous »... Très belle dédicace, je suis sûr qu'elle les touchera beaucoup... Que peut-on vous souhaiter, chère Marie-Paule Belle ?

 

M.-P.B. : Que je continue à être émerveillée...

 

PdA : Je vous le souhaite de tout cœur... Continuez à nous émerveiller, à nous émouvoir... Un dernier mot ?

 

M.-P.B. : Merci Nicolas ! À bientôt ?...

 

PdA : Ce serait un honneur et, surtout, un plaisir. Merci infiniment pour ce bel entretien...

 

Marie-Paule Belle 2 

 

Que vous inspirent l'oeuvre, les combats de Marie-Paule Belle ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Marie-Paule Belle...

 

28 décembre 2013

Thierry Lentz : "Napoléon a manqué l'Allemagne"

   En août dernier, j'avais pris l'initiative d'inviter M. Thierry Lentz, auteur de L'assassinat de John F. Kennedy : Histoire d'un mystère d'État (Nouveau monde), à évoquer pour Paroles d'Actu la funeste journée du 22 novembre 1963 et ses nombreuses zones d'ombre, la présidence de J.F.K. et l'évolution qu'a connue l'Amérique depuis lors. Son accord de principe me parvint rapidement. Le 26 août, trois mois avant le cinquantième anniversaire de la tragédie de Dallas, l'entretien était en ligne.

   Thierry Lentz dirige depuis 2000 la Fondation Napoléon ; il compte au rang des spécialistes les plus éminents du Consulat et de l'Empire. Parmi ses projets tels qu'évoqués lors de notre première interview : la sortie prochaine d'un nouvel ouvrage consacré à Bonaparte, une étude extrêmement fouillée et franchement novatrice de l'épisode dit de l'« agonie de Fontainebleau » (1814). L'idée fut lancée d'un deuxième échange, finalement concrétisé au mois de décembre et dont le texte est reproduit ci-dessous. Un point, notamment, à lire absolument : le développement passionnant qu'il nous livre quant aux politiques allemandes de Napoléon et à leurs conséquences pour la suite de l'histoire... Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

THIERRY LENTZ

Directeur de la Fondation Napoléon

 

« Napoléon a manqué l'Allemagne »

 

Tableau Napoléon

Les Adieux de Napoléon à la Garde impériale, le 20 avril 1814

(Antoine Alphonse Montfort, d'après Horace Vernet)

 

Q. : 18/12/13 ; R. : 23/12/13

  

Paroles d'Actu : Bonjour Thierry Lentz. Qu'est-ce qui, dans votre parcours, dans votre vie, a fait naître et nourri l'intérêt marqué que vous portez à Napoléon ?

 

Thierry Lentz : Je me suis toujours passionné pour l’histoire, depuis mon enfance. Mon grand-père, Charles Lentz, était abonné à toutes les revues historiques et m’a beaucoup raconté ce qu’il y lisait. Et puis, en 1969 - j’avais dix ans -, la France a célébré en grand le bicentenaire de la naissance de Napoléon. Cela m’a passionné. Une voisine m’a alors offert le livre que toute ma génération « napoléonienne » a lu : Napoléon raconté à tous les enfants, édité par Fernand Nathan. C’était un très grand livre avec des textes simples et de très belles illustrations. Je crois que tout est parti de là. Il y a eu ensuite le Napoléon d’André Castelot et d’autres lectures, toujours plus nombreuses.

 

PdA : Quels sont l'objet et les activités de la Fondation Napoléon, dont vous êtes directeur ?

 

T.L. : La Fondation Napoléon a un double objet : aider au développement des études napoléoniennes au sens le plus large et pour tous les publics, d’une part ; aider à la préservation du patrimoine napoléonien, d’autre part. Pour la première mission, nous créons des outils pour le public : sites internet, livres, conférences. Nous touchons, grâce au site napoleon.org, environ 3,5 millions de personnes par an, dans le monde entier. Nous avons aussi des activités historiques plus pointues : édition de la Correspondance générale de Napoléon (dix volumes parus sur quatorze aux éditions Fayard), organisation de colloques scientifiques. Dans la même veine, nous donnons chaque année sept bourses de 7 000 euros à des étudiants de doctorat sélectionnés par un jury indépendant et, pour les auteurs plus chevronnés, trois prix d’histoire.

 

Concernant le patrimoine, nous conservons nous-même une grande collection d’objets historiques dont une partie est actuellement exposée à Astana, capitale du Kazakhstan. Notre collection a plus de 1 200 numéros d’inventaire. Par ailleurs, nous subventionnons parfois des projets de restauration, dont celui des Domaines nationaux de Sainte-Hélène.

 

PdA : Justement. Vous vous trouvez, à l'heure de notre entretien, sur l'île de Sainte-Hélène. Le cadre de l'ultime exil forcé de l'ex-empereur, celui de ses dernières années... Quel est votre ressenti quant à ce séjour ?

 

T.L. : J’étais déjà venu à Sainte-Hélène en 2003, pour un voyage purement historique et de mémoire. Comme j’ai un assez bon souvenir de ce premier voyage, l’émotion est moindre cette fois-ci. De plus, je suis ici pour travailler, puisque la Fondation Napoléon et le ministère des Affaires étrangères conduisent depuis deux ans une vaste opération de restauration et de mise en valeur des Domaines nationaux de Sainte-Hélène, afin qu’ils soient prêts pour l’ouverture de l’aéroport, en 2017.

 

Mon séjour de douze jours, sans compter les onze jours de bateau, est l’occasion, d’une part, de vérifier le chantier, et d’autre part, de travailler avec le directeur des Domaines, M. Dancoisne-Martineau, à l’avenir de cet établissement si émouvant et important pour la mémoire nationale et même mondiale. J’ai pratiquement une réunion de travail par jour pendant mon séjour, avec les différentes autorités de l’île. Notre but est d’augmenter à la fois la fréquentation et les ressources des Domaines, pour les mettre à l’abri autant que ce sera possible des économies budgétaires de l’État.

 

PdA : Opérons, si vous le voulez bien, un petit retour en arrière... 1805 fut une année de contrastes pour l'Empire, une année charnière pour l'Europe. Il y eut le chef d’œuvre tactique de Napoléon : la victoire retentissante remportée à Austerlitz, en terre autrichienne. Quelques semaines auparavant, un désastre, celui de Trafalgar. Une défaite franco-espagnole qui marqua la fin de ses rêves de conquête des îles britanniques, le point de départ d'une suprématie maritime qui allait durer un siècle...

 

T.L. : 1805 est une année paradoxale, en effet. D’un côté, Napoléon rend inéluctable la prépondérance continentale de la France. De l’autre, il perd quasiment toute chance de vaincre l’Angleterre sur mer. Il en conclut qu’il faudra que « la terre vainque la mer », donc assurer à l’Empire français une domination totale du continent pour assécher le commerce britannique.

 

PdA : On a souvent dit de Bonaparte qu'il n'entendait pas grand chose aux questions navales, mais comment expliquer, au vu de son génie organisationnel et du statut assumé d'« âme des coalitions » du Royaume-Uni, qu'il n'ait pas cherché avec davantage de conviction à bâtir une flotte offensive réellement capable de rivaliser avec celles que dirigeait Nelson ?

 

T.L. : Il n’a cessé de construire une flotte, et même plutôt deux fois qu’une après Trafalgar. Mais on ne construit pas des dizaines de vaisseaux en quelques années. Selon les plans très optimistes qu’il avait élaborés, il pensait pouvoir rivaliser vers les années 1811-1812 avec la Royal Navy. Il s’aperçut bien vite que c’était impossible. Et puis, depuis l’émigration massive des capitaines de vaisseaux pendant la Révolution, il ne disposait pas des marins nécessaires à la manœuvre, si tant est qu’il aurait pu disposer des bateaux nécessaires. Il consentit donc un grand effort de formation, qui porta ses fruits au milieu des années 1820 : ce sont les amiraux et capitaines formés sous l’Empire qui redonnèrent du lustre à la Royale… de Charles X et Louis-Philippe.

 

PdA : Après avoir renoncé à les atteindre sur et par les mers, Napoléon a déployé des efforts colossaux pour frapper les Britanniques via un terrain ultra-sensible, celui du commerce, donc de l'industrie. Son intransigeance sur la question du « blocus continental » l'a contraint à des entreprises de plus en plus démesurées, l'exposant à des revers - des difficultés rencontrées dans la péninsule ibérique jusqu'à la catastrophe russe - qui allaient précipiter sa chute...

 

T.L. : Le calcul n’était ni neuf, ni mauvais. Depuis toujours, les continentaux essayaient non pas de rivaliser avec l’Angleterre sur les mers, mais de perturber sa puissance commerciale. Napoléon faillit y parvenir, autour de l’année 1811. Il y eut une grave crise économique et sociale en Angleterre, qui fut réprimée avec violence par les autorités. L’année suivante, il partait en Russie et risquait tout sur ce qu’il appela lui-même « la guerre suprême ». Ce faisant, il donna un répit inattendu à l’industrie et au commerce britanniques. La « cavalerie de St George », c’est-à-dire la puissance financière de Londres, maintenue à grands coups d’emprunts, fit le reste : c’est avec l’argent anglais que les autres puissances européennes purent financer les coalitions qui mirent l’Empire à genoux.

 

PdA : Londres craignait un déséquilibre trop marqué des rapports de force sur le continent, elle redoutait la perte des marchés européens - ce qui l'a conduite à refuser toujours, avec acharnement, le contrôle par la France de la Belgique et des Pays-Bas -. Paris, quant à elle, ne pouvait tolérer sans s'en inquiéter la suprématie de sa rivale sur les mers, les océans et, donc, les colonies. Une entente sincère et durable entre ces deux géants était-elle réellement hors de portée, sur des bases acceptables par chacune des parties ?

 

T.L. : Dans cette lutte de titans, personne n’a joué le jeu de l’apaisement. On en veut pour preuve les négociations de 1806, qui faillirent aboutir à une paix souhaitée par les deux peuples, mais pas forcément par leurs gouvernements. L’histoire complexe de cette négociation le montre : les deux parties ont perdu une belle occasion de s’entendre. Mais ni l’un ni l’autre ne souhaitait partager la puissance.

 

PdA : Les stratégies adoptées par Napoléon en Allemagne se sont, sur bien des aspects, inscrites dans la continuité de traditions dont les origines remontaient aux Bourbon : une volonté d'abaisser l'Autriche des Habsbourg ; une bienveillance à l'égard de la Prusse, celle, toujours, du mythe Frédéric II. La destruction du Saint-Empire et de l'ordre établi au sein du monde germanique, l'affaiblissement de l'Autriche au profit de la Prusse puis, in fine, la poussée des nationalismes en réaction aux subjugations napoléoniennes n'ont-ils pas été autant d'éléments ayant favorisé un processus - l'unité allemande autour de la Prusse des Hohenzollern - portant en lui de nouveaux déséquilibres et, bientôt, de nouveaux malheurs pour les peuples d'Europe ?

 

T.L. : Ce thème est un de mes favoris, aussi répondrai-je un peu plus longuement à cette question. Napoléon manqua avec les États allemands une alliance stratégique, en raison d’une sorte de préjugé qui voulait que la France soit plus forte contre l’Autriche ou la Prusse si l’Allemagne restait divisée. Mais ce qui était vrai en un temps où aucune force n’était en mesure de fédérer la « tierce Allemagne », l’était moins lorsque la France dominait à ce point l’Europe. Napoléon aurait pu créer puis soutenir une entité politique solide dans la partie sud de l’espace germanique, avec les États les plus ouverts à l’influence française : Bavière, Bade, Wurtemberg, les deux Hesse, voire la Saxe. Il eût fallu pour cela assigner des buts finis au système napoléonien et avoir une vision de l’Europe future. Napoléon n’avait pas clairement cette vision et c’est pourquoi il ne s’éloigna pas des traditions diplomatiques, alors même que les États qui auraient pu constituer le socle d’un accord de grande ampleur ne demandaient qu’à se rapprocher de lui.

 

Leur premier objectif était de se débarrasser du Saint-Empire, ressenti comme un obstacle à leur indépendance. Mais l’empereur ne sut pas approfondir les rapprochements franco-allemands. Il voulut seulement les mettre au service de ses propres desseins. Le renoncement à la couronne impériale par François d’Autriche (1806) permit pourtant une redistribution des cartes : Vienne était exclue de l’Allemagne, avec la complicité des États moyens. C’est alors que Napoléon tenta d’organiser la coopération au sein de la Confédération du Rhin créée par le traité du 12 juillet 1806. Elle compta une quarantaine d’adhérents autour de la France. L’empereur en était le « protecteur ». Les premiers fruits de l’accord furent récoltés sur le terrain de la guerre franco-prussienne (1806) et de la paix de Tilsit (1807) : après avoir confiné l’Autriche au sud, l’empereur des Français rejeta la Prusse vers le nord.

 

Un espace politique et géographique s’ouvrait. Il aurait fallu l’occuper et en renforcer les composantes. On put le croire avec cette Confédération, dont le texte fondateur prévoyait des institutions politiques communes : l’archevêque de Mayence, Dalberg, fut désigné prince-primat et président d’un « collège des rois », d’une diète confédérale qui aurait dû s’assembler à Mayence… mais ne fut jamais réunie. La Confédération du Rhin ne fut qu’un outil militaire, permettant certes aux alliés de se protéger les uns les autres mais servant surtout à appuyer les projets napoléoniens : il y eut environ 125 000 Allemands dans la Grande Armée de 1812. L’historien Michel Kerautret a pertinemment comparé ce montage à l’Otan. Les autres domaines de coopération restèrent du ressort des relations bilatérales, ce qui avec l’empereur des Français était synonyme de dialogue entre fort et faible.

 

Finalement, Napoléon se servit surtout de la Confédération du Rhin pour maintenir la division de l’Allemagne, désormais sous autorité française, et non tenter une « union » politique autour de la France. La dureté des règles du Blocus continental, le favoritisme commercial, les tentatives d’imposer des solutions juridiques et administratives auxquelles toutes les élites allemandes n’étaient pas favorables, le mépris manifesté aux princes confédérés n’étaient sans doute pas de bonne politique pour souder la tierce Allemagne à la France. L’effondrement de l’Allemagne « napoléonienne » en 1813, le retour à l’incertaine bascule entre l’Autriche et la Prusse allaient s’avérer à long terme une calamité pour le continent. En ayant sanctionné aussi durement la Prusse après 1806 et en ayant manqué l’Allemagne, Napoléon en porte une part de responsabilité.

 

PdA : Votre prochain ouvrage, prévu pour le mois de janvier, sera consacré aux « vingt jours de Fontainebleau », qui précédèrent la première abdication de l'Empereur, en 1814. Qu'avez-vous appris de vos recherches à propos de cet épisode plutôt méconnu de sa vie et de notre histoire ?

 

T.L. : Ce que de nombreux historiens ont appelé l’« agonie de Fontainebleau » tient en deux tableaux célèbres. Le premier, conservé au Musée de l’Armée, a été peint en 1840 par Paul Delaroche. Il représente Napoléon à Fontainebleau, le 31 mars 1814. Le second, intitulé Les Adieux de Napoléon à la Garde impériale, le 20 avril 1814, est une composition d’Horace Vernet, réalisée en 1825. Les deux œuvres illustrent la légende de l’agonie : Napoléon seul et prostré, les bras presque ballants, son arme inutile, son chapeau tombé comme sa couronne ; puis le même, vingt jours plus tard, redevenu ferme et droit, contenant son émotion et forcé de se dégager avec dignité de l’étreinte de ses soldats que symbolise le baiser de leur général. Les historiens du Consulat et de l’Empire peinent à détacher leurs regards de ces deux représentations postérieures aux événements. Ils racontent ces vingt jours comme la tragédie du héros abandonné de tous mais qui accepte son destin.

 

J’ai voulu rouvrir ce dossier en revenant sur ce qui s’est passé entre les deux tableaux. Mon récit provoquera peut-être quelques surprises chez certains lecteurs. Car même si mon projet n’est pas de s’opposer par principe aux mythes qui embrument ces vingt jours tragiques, tout ne s’est pas toujours passé comme on le dit ou comme on le croit.

 

Dans mon ouvrage, j’ai tiré plusieurs remises en cause, parfois profondes, quelquefois anecdotiques, de ce que l’on croit savoir sur ces vingt jours : réévaluation du rôle de Caulaincourt, un des « préférés » des napoléonistes mais qui fut sans doute celui qui poussa le mieux à l’abdication ; contestation de la vulgate sur le rôle des maréchaux, autour de ce que nous appelons « la grande scène » du 4 avril 1814 où, nous a-t-on dit, ils forcèrent la porte de l’empereur pour l’obliger à abdiquer ; confirmation de la tentative de suicide de Napoléon, dans la nuit du 12 au 13 avril, grâce à un exceptionnel témoignage inédit ; atténuation du reproche fait au major-général Berthier d’avoir « lâchement » abandonné son chef ; déroulement revisité de la négociation et de la ratification du traité de Fontainebleau qui attribuait l’île d’Elbe au vaincu ; circonstances revues et corrigées de la signature des deux versions de l’abdication ; rejet du texte habituel du discours d’adieu prononcé par Napoléon au matin du 20 avril, etc...

 

PdA : Des zones d'ombre subsistent-elles encore s'agissant d'un sujet auquel tant d'études et d'ouvrages ont déjà été consacrés ? Entrevoyez-vous de nouvelles perspectives de recherche ?

 

T.L. : On n’a pas fini de parler et d’écrire de et sur Napoléon. Chaque génération, chaque école historique, chaque historien a sa propre vision, c’est ce qui fait l’exceptionnalité des études napoléoniennes. Par exemple, le Bonaparte de Patrice Gueniffey, qui vient de paraître chez Gallimard, ouvre de nouvelles pistes, amène à de nouvelles conclusions et hypothèses sur un sujet biographique que l’on croyait pourtant clos. Et je puis vous dire que ça n’est pas fini.

 

PdA : Quel regard l'historien honnête et objectif devrait-il, de votre point de vue, porter sur Napoléon ?

 

T.L. : Tout mon travail se fonde sur le refus des anachronismes et des comparaisons d’actualité. Napoléon est un personnage historique qui doit être traité comme tel. Rien ne m’agace plus que ceux qui parlent à tort et à travers, le comparent à Hitler, voient du Napoléon en Sarkozy, et je ne sais quoi d’autre dans les événements de la vie quotidienne. Si l’histoire n’est pas seulement le passé, le grand saut vers les comparaisons doit être fait avec prudence, retenue, j’oserais dire « avec intelligence ». C’est à ce prix que nous pouvons évaluer le rôle de Napoléon dans notre histoire et à quel point l’étape de son passage aux affaires a été essentiel pour la France, et même pour l’Europe. En clair, je milite pour que nous étudions cette période historique de la même façon que les autres, sans aucun excès, ni dans la passion, ni dans le dénigrement.

 

PdA : Je n'ai pas pour habitude de chercher à faire parler les morts... mais je suis sûr que vous vous êtes déjà posé la question, je me permets donc de vous la proposer. Que penserait-il de la France d'aujourd'hui ? De l'Europe telle qu'elle s'est (ré)organisée ?

 

T.L. : Pour les raisons évoquées ci-dessus, je me garderai bien de vous dire ce qu’il dirait. Son Europe n’était pas la même que la nôtre et sa France, n’en parlons pas. Sans doute serait-il surpris par l’inconsistance d’une grande partie du personnel politique, le manque d’enthousiasme des citoyens et de courage des dirigeants. Mais, ceci est une autre histoire… qui n’est pas de l’histoire.

 

PdA : 2014 et 2015 seront riches d'occasions de commémorations relatives à l'épopée napoléonienne. Ce sera le bicentenaire de nombreux événements : la Campagne de France, l'invasion, l'abdication et l'exil sur l'île d'Elbe, les Cent jours, la bataille de Waterloo, la seconde abdication de l'Empereur et son ultime déportation, sur l'île de Sainte-Hélène. Comment la Fondation Napoléon entend-elle aborder ces deux prochaines années ?

 

T.L. : Comme nous le faisons toujours, nous serons en retrait des commémorations proprement dites, sans les rejeter, bien sûr. Nous resterons dans notre domaine d’expertise : l’histoire et le patrimoine. Nous aurons donc un colloque en mars 2014 sur la diplomatie au temps de Napoléon ; nous consentirons des prêts d’objets aux expositions ; nous assisterons à des événements et organiserons des conférences, tout en poursuivant notre travail de fond. La seule exception sera l’inauguration de la « nouvelle » maison de Longwood, entièrement restaurée, en octobre 2015, et peut-être un événement surprenant à Waterloo… mais je ne vous en dirai pas plus.

 

PdA : Quels sont vos projets, Thierry Lentz ?

 

T.L. : Continuer à diriger le mieux possible la Fondation et poursuivre mon travail d’écriture sont au programme des dernières années de ma vie professionnelle. J’ai plusieurs projets de livres dont nous reparlerons probablement.

 

Thierry Lentz

 

Mille mercis, cher Thierry Lentz, pour vos réponses et votre bienveillance à mon égard. Heureux et honoré que vous ayez accepté, une nouvelle fois, de m'accorder un peu de votre temps. Et vous, que vous inspire la figure de Napoléon ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Thierry Lentz...

 

2 novembre 2013

Nathalie André : "Je me battrai toujours pour les nouveaux talents"

Elle est l'une des personnalités les plus influentes, mais aussi les plus exposées du paysage médiatique français. Son job ? La tête du département Jeux et Divertissements de France 2. La chaîne, qui a depuis peu un nouveau patron, Thierry Thuillier, doit actuellement faire face, comme ses soeurs de l'audiovisuel public, à d'importantes restrictions budgétaires. Tant bien que mal...

Nathalie André a bien voulu répondre à mon invitation. Elle évoque pour Paroles d'Actu sa conception du service public, son travail et ses coups de cœur, ses fiertés et ses regrets, ses difficultés et ses projets... Je tiens à la remercier. Pour la bienveillance avec laquelle elle a considéré ma démarche. Pour ses réponses, empreintes de sincérité. Un entretien confession. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

NATHALIE ANDRÉ

Directrice des Jeux et Divertissements de France 2

 

« Je me battrai toujours

pour les nouveaux talents »

 

Nathalie André

(Source de la photo : Nathalie André)

 

Q : 02/05/13

R : 02/11/13

  

Paroles d'Actu : Bonjour Nathalie André. Les budgets sont serrés, pour ne pas dire tendus, en ce moment à France Télévisions. Comment cette situation impacte-t-elle le département des Divertissements et des Jeux de France 2 ?

 

Nathalie André : Les budgets sont serrés, comme partout, en ce moment, et tous les animateurs, les producteurs, les techniciens font des efforts pour réussir à proposer de beaux programmes. Nous essayons de faire en sorte que le téléspectateur qui regarde France 2 ne ressente pas ces baisses de budgets. Nous proposons des prime de qualité, mais avec nos moyens !

 

Certes, nous n'avons pas les budgets du privé, ni la possibilité de faire des campagnes de publicité pour annoncer nos programmes, mais nous gardons le plaisir de faire ce métier, avec moins d'argent, et nous essayons de le faire partager.

 

PdA : Parlez-nous de votre job, de vos activités au quotidien. En quoi votre mission consiste-t-elle exactement ?

 

N.A. : Ma mission est de choisir les futurs programmes de jeux et divertissements qui seront mis à l'antenne, et de suivre avec mon équipe ceux qui existent déjà. Concernant les jeux, je m'appuie sur Corinne Fix, responsable des jeux depuis sept ans à la chaîne.

 

Je suis une passionnée qui essaie de travailler avec tout le monde de la même façon, dans la confiance. Je m'implique énormément dans les émissions dont j'ai la responsabilité. Lorsque je travaille avec des producteurs comme Michel Drucker ou Patrick Sébastien,  je suis surtout un relais, l'oreille et la vision de la chaîne pour eux.

 

Je suis présente sur tous les enregistrements dont j'ai la responsabilité, par respect pour l'animateur et pour les producteurs. Je suis donc souvent entre les plateaux de télé, à Bry-sur-Marne, à la Plaine Saint-Denis... Un exemple : tous les jeudis soir, je suis au Moulin Rouge, et j'assiste à l'enregistrement de l'émission On n'est pas couché. Cela me permet de voir Laurent Ruquier, de partager des idées avec Catherine Barma, la productrice du programme.

 

Ma journée commence vers 10h, car je suis souvent très tard, la veille au soir, en plateau, sur un enregistrement ou le spectacle d'un artiste qui sera prochainement reçu dans une émission. Je passe beaucoup de temps en réunion avec mon patron, Thierry Thuillier (le nouveau directeur de France 2, ndlr), avec mes équipes, à échanger, partager des idées, proposer des projets ou réfléchir à l'avenir de mon unité de programmes, vérifier l'habillage des émissions, la musique des génériques, valider une liste d'invités ou le conducteur d'une émission que je prépare avec une production... Je consacre également beaucoup de temps aux rendez-vous avec tous les producteurs qui viennent me proposer de nouveaux concepts.

 

PdA : Est-il difficile de diriger des arbitrages lorsque l'on a face à soi d'influents producteurs, des poids lourds de la chaîne tels que Michel Drucker, Patrick Sébastien, Nagui, Laurent Ruquier... ? Qu'est-ce qui vous guide dans vos choix ?

 

N.A. : Mes choix sont d'abord guidés par le respect des téléspectateurs fidèles à France 2.

 

Les arbitrages sont parfois difficiles, mais tout est question de respect. Et puis, pour 80% d'entre eux, nous nous connaissions déjà, nous avions déjà travaillé ensemble, ou je les avais déjà invités sur les plateaux des émissions dont je m'occupais quand j'avais ma société (Nathalie André Organisation, ndlr). Comme Patrick Sebastien, que je connais depuis 1989. Il était animateur à RMC et, à l'époque, je dirigeais la programmation musicale de la station. J'ai ensuite programmé ses émissions avec ma société NAO, avant d'arriver à France 2.

 

Je respecte le professionnalisme, la carrière de mes animateurs, et leur longévité sur la chaîne. Ils me respectent aussi, je pense, et je crois que nous parlons le même langage, que nous cherchons à aller dans la même direction, à faire de belles émissions, qui marchent et qui plairont à nos téléspectateurs. Trente ans de métier, cela permet aussi de pouvoir donner un avis, faire une remarque, proposer une modification sur un programme, d'échanger entre professionnels. J'aime que cela se passe avec humour et dans l'échange, je ne sais pas tout, loin de là, mais je sais ce que je veux ! (sourire)

 

PdA : Je me fais, l'espace d'un instant, le messager d'une question que se posent nombre de nos compatriotes. Tous ne sont pas de bonne foi en la formulant, j'en conviens volontiers, mais après tout, elle n'est pas illégitime, France Télévisions étant d'abord financée par le contribuable. Que souhaiteriez-vous répondre, donc, à quelqu'un qui prétendrait ne pas voir de différence notable entre la programmation de France 2 et celles de chaînes privées comme TF1 ou M6 ? À cette même personne qui, forcément, ne comprendrait pas pourquoi elle doit payer une redevance d'un côté, alors qu'on lui "offre" des programmes de l'autre ?

 

N.A. : Je répondrais qu'il y a une grande différence entre le privé et le public, entre une chaîne privée coupée par des écrans publicitaires et un programme du service public qui se regarde de A à Z sans coupure. Je répondrais que, sur le service public, on peut découvrir de nouveaux talents qui seront ceux de demain, s'instruire, apprendre en s'amusant, passer d'un documentaire à une émission d'humour, d'un grand reportage à un magazine culturel, d'une grande émission de variétés à un concert de classique, voir une pièce de théâtre, un concert de rock en deuxième partie de soirée... tout ce que le privé ne propose pas forcément. Et que, lorsque France 2 offre aux téléspectateurs (unité Spectacles vivants) le grand concert classique à la Tour Eiffel, on ne pense pas à l'audience, mais au plaisir de mettre du classique en prime timeLe choix est très large sur le service public.

 

PdA : Lors d'une interview, réalisée il y a quelques mois, vous faisiez ce constat : aujourd'hui, « on a peur de tout », on n'ose plus. C'est souvent vrai en matière d'humour, de "chance aux talents", de diversité en général... Sur France 2, il y a On ne demande qu'à en rire et quelques vitrines positionnées hors des chantiers battus. Vous aimeriez aller plus loin, vous êtes en position de le faire... comment comptez-vous vous y prendre ?

 

N.A. : J'ai toujours aimé "lancer" de nouveaux talents, et je serais très malheureuse si je ne pouvais plus me battre pour un jeune humoriste auquel je crois, une chanson que je pense être un tube, un artiste auquel je crois, un concept fort... Je continuerai toujours à me battre pour ça. Pour ce faire, j'agirai comme j'ai toujours agi : je défendrai mes convictions, je chercherai à convaincre, à faire en sorte de travailler en équipe pour impliquer les différents intervenants de la chaîne, les bandes-annonces, l'info, le responsable des réseaux sociaux, bref, de travailler tous ensemble pour essayer de faire un succès.

 

Aujourd'hui, personne ne travaille seul. Nous partageons des idées, et c'est pour cela peut être que nous sommes plus frileux, car, à trop demander l'avis des uns et des autres, il y a toujours, à la fin, une personne pour vous décourager ou vous faire douter. Mais mon metier, c’est aussi de convaincre et de ne pas avoir peur de l’échec. Parfois on gagne, parfois on perd, c’est ainsi. Mais on se relève et on recommence, en essayant de corriger ses erreurs. 

 

PdA : France 2 ouvre régulièrement son antenne à des spectacles vivants de qualité, diffusés en direct. Je pense à l'opéra, au théâtre... Des programmations qui peinent pourtant à séduire le grand public, qui n'y va pas spontanément. Votre Troupe d'un soir, pourtant destinée à faire découvrir le théâtre, à le rendre plus accessible, n'a pas été un grand succès. Des artistes comme Bruno Solo se sont exprimés à ce sujet. En substance : le public ne viendra pas en masse sur un tel programme, de toute façon, donc pourquoi essayer à tout prix de l'y attirer avec un show où tout va trop vite ? Si la qualité est là, les fidèles répondront présents, et quelques curieux seront comblés par la pièce, par cette expérience nouvelle. Et viendront grossir les rangs des fidèles, pour la prochaine fois. Quel est l'avenir du spectacle vivant sur France 2 ?

 

N.A. : Je ne peux pas répondre à cette question, il y a un directeur de l'unité Spectacles vivants, Monsieur Nicolas Auboyneau, qui propose de beaux programmes de théâtre, de classique... Ce serait à lui de vous répondre.

 

PdA : En filigrane, finalement, une question : quel "service au public" une chaîne comme France 2 se doit-elle de proposer ? Quelle en est votre conception ?

 

N.A. : La découverte, toujours. Laisser la place à la diversité, à la tolérance, au partage et à la connaissance. Et ne pas oublier de rire, de s'amuser, de chanter et de divertir.

 

PdA : Une Nabilla qui réussit à faire un buzz monstre - un programme culturel n'en connaîtra pas le dixième - dans les médias et la société pour des propos consternants tenus dans une émission consternante, ça vous inspire quoi ?

 

N.A. : Ce n'est pas du tout ma "came". Je ne ferais jamais ce type de programmes, même si je respecte les producteurs qui ont trouvé ce "filon". Ce n'est pas ma conception de la télévision, ni ce que j'aimerais proposer aux téléspectateurs de France 2. 

 

PdA : Je considère comme acquis que vous êtes, évidemment, cliente de l'ensemble des jeux et divertissements de France 2. Quels sont, sur les autres chaînes, notamment étrangères, les programmes qui vous plaisent ? Ceux pour lesquels vous pouvez vous dire, parfois, « Tiens, l'idée n'est pas mal. On aurait pu - on pourrait - le faire sur France 2 ! » ?

 

N.A. : Beaucoup de programmes me séduisent ailleurs. L'amour est dans le pré (M6) aurait pu être sur France 2. C'est facile de dire ça maintenant que c'est un succès, mais cette émission nous fait découvrir le dur travail des agriculteurs et leur solitude, sans pour autant être vulgaire. Même si, sur le service public, je l'aurais peut-être fait d'une autre façon, c'est un beau programme, très humain. Ce programme démontre que l'on peut parler d'amour autrement qu'en regardant un documentaire, un film ou une télé-réalité vulgaire. Mais, si on me l'avait proposé, aurais-je osé le produire sur France 2... ? Je n'en suis pas sûre !

 

The Voice (TF1) est un programme magnifique, car il permet à des personnes de toutes nationalités, tous styles confondus, d'avoir leur chance. C'est un programme qui aurait pu être sur le service public car il n'y a, dans ce programme, aucune humiliation.

 

J'aurais adoré faire Un trésor dans votre maison (M6), qui raconte aussi l'histoire du passé, des objets, de la peinture. Clique, sur Canal +, même si le public visé est un peu différent de celui qui regarde France 2. Touche pas à mon poste, sur D8. Et toutes les émissions de Cyril Lignac. Je me souviens d'un programme passionnant qu'il avait fait sur les cantines des écoles, Vive la cantine !, je crois. Ce programme aurait pu être sur France 2.

 

Danse avec les stars pourrait être aussi sur France 2, d'une façon différente, mais ce programme est très bien fait. Chez moi, il y aurait eu plus d'histoire de la danse, des titres différents sur les danses, un rappel de la mémoire collective, peut-être, et certainement moins de lumières, pour des raisons de budget. (rires)

 

Il y a un programme que j'aime énormément, à l'étranger, il s'appelle Dragon's Den. Il mélange Incroyable talent et le monde des affaires. Comment aider de jeunes entrepreneurs à développer leur projet, leurs idées... Ils se retrouvent face à quatre grands patrons d'industrie qui vont décider de "miser" sur leur idée et les aider à la réaliser financièrement.

 

Il y en a tellement, des programmes que j'aime ! Mais l'émission que j'aurais adoré produire restera Mon zénith à moi, que présentait Michel Denisot sur Canal +. Elle reste mon émission préférée. Je pense aussi à Lunettes noires pour nuit blanches, de Thierry Ardisson et Catherine Barma. C'étaient encore des années où l'on pouvait tout dire, rire de tout à la télé, sans que, la minute d'après, une petite phrase, une attitude fasse un "mini scandale" sur Twitter. J'ai beaucoup d'admiration pour Thierry Ardisson, que je considère comme un talent à part.

 

Je voudrais également citer Les enfants de la télé d'Arthur, pour son originalité et la belle humeur de ce prime.

 

PdA : Quel bilan, quelles leçons tirez-vous de vos presque deux premières années et demie à la tête des divertissements et des jeux de France 2 ?

 

N.A. : Bientôt trois ans maintenant, en décembre. Beaucoup de choses. La première : prendre son temps pour développer un projet avant de le mettre à l'antenne. Ne pas penser "perso", mais se mettre à la place des téléspectateurs. Ne pas vouloir faire du M6 ou du TF1, le service public ne peut pas faire tous les types de programmes.

 

Quand je fais, par exemple, Qui sera le prochain grand pâtissier ?, avant de penser au concours, je préfère penser à mettre en valeur un métier, un talent, à traverser la France à la rencontre des grands pâtissiers français, à faire découvrir le travail de ces artisans, bien avant de penser à qui va remporter l'épreuve. Lorsque je fais Hier encore avec Charles Aznavour, je pense surtout à faire partager, grâce à Charles, les belles histoires des chansons de notre patrimoine. Et quand je fais Le Grand Show, je me régale avec ce grand divertissement, avec lequel nous faisons revenir la variété et dans lequel les artistes peuvent chanter leurs derniers titres.

 

PdA : De quoi êtes-vous fière, quand vous regardez le travail accompli depuis 2011 ?

 

N.A. : Du travail fait depuis que j'ai compris tout cela. De mon équipe. Des belles émissions que j'ai créées avec Morgane Production et Stephane Bern : Le village préféré des Français, Le jardin préféré des Français... D'avoir installé de nouveaux programmes et de remettre la variété en prime, comme avec Le Grand Show de Patrick Bruel, Le Grand Show de Laurent Gerra ou celui de Céline Dion. Tellement de choses au quotidien... de moments passionnants, que je ne pourrais tous les lister. 

 

Je suis fière de travailler avec tous ces animateurs et producteurs que je respecte, comme Michel Drucker, avec lequel j'ai travaillé durant six ans, dans une ambiance délicieuse, et que je retrouve... De travailler aux côtés de "l'artiste", car il est artiste avant d'être animateur : Patrick Sébastien. Il a une approche très populaire de la télévision, et j'aime ces émissions populaires.

 

Je suis heureuse de passer du temps à faire de beaux programmes avec Stephane Bern, son humour, son érudition et sa gentillesse. De m'occuper des émissions de Laurent Ruquier et de pouvoir travailler et apprendre aux côtés de Catherine Barma qui, pour moi, est une des grandes productrices de télé.

 

PdA : D'autres belles rencontres ?

 

N.A. : François Goetghebeur, grand réalisateur, que j'ai rencontré grâce à la productrice du Gala de l'Union des artistes, Elsa Caillart. Je souhaite continuer à faire ce programme magnifique sur France 2.

 

Les réalisateurs de mes émissions, avec lesquels j'apprécie le travail que nous faisons ensemble, main dans la main : Tristan Carné, Gerard Pullicino, Serge Khalfon... Les grands chefs op' qui subliment les artistes : Fred Dorieux, Jean-Philippe Bourdon... Et tous ces techniciens que je connais depuis des années.

 

Pierre Godde, qui a fait Fort Boyard dans l'ombre pendant vingt-cinq ans. J'ai découvert un homme avec de grandes qualités. Il est, en toute discrétion, le "maître des lieux" de ce Fort, animé avec humour par Olivier Minne.

 

Je pense également aux jeunes producteurs pleins d'avenir de la société 64 Millièmes Productions. Je suis heureuse de leur avoir donné leur chance sur la chaîne avec Hebdo Musique Mag, car ce sont des producteurs bourrés d'idées, et avec lesquels je retravaillerai.

 

PdA : Deux ou trois grands moments ?

 

La Fête de la Musique, avec Daniela Lumbroso. Je la voulais populaire et elle a été, à Marseille, un très beau succès. Je pense que les jeunes sont dehors, les 21 juin. Ils vont voir des groupes de rock jouer dans la rue. Les téléspectateurs qui regardent La Fête de la Musique veulent chanter et danser "dans leur salon" sur des rythmes populaires... et "populaire" n'est pas un gros mot ! Ce que j'aime, c'est de pouvoir continuer à défendre la variété, la musique en général, et d'être soutenue en cela par mes patrons.

 

Qui sera le prochain grand pâtissier ? et, sur ce programme, notre collaboration avec Martange Production, aux côtés de ces grands chefs reconnus du monde entier.

 

PdA : Quelques regrets... ?

 

N.A. : D'avoir "planté" Un air de famille, qui était un beau programme, familial, populaire, mais qui était, pour moi, un prime et non un access. Dommage... nous avons travaillé avec des producteurs formidables, Fremantle, et trois artistes adorables, talentueux et d'une grande simplicité : Gilbert Montagné, Elisa Tovati et Mickaël Miro. Je suis triste que ce programme n'ait pas marché, par respect pour ces artistes, pour Virginie Guilhaume, pour les familles, et pour Fremantle.

  

Peut-être aussi d'avoir démarré mon émission de pâtisserie après M6 (rires), alors que ce projet était travaillé depuis mars 2011, même si nous n'avons pas du tout fait la même émission.

 

PdA : Que pouvez-vous nous révéler de vos projets pour France 2 pour les mois à venir ?

 

N.A. : Le retour du programme C'est votre vie, que Stephane Bern présentera, avec, comme première invitée, Céline Dion.

 

De nouveaux Grands Shows à venir. Les 25 ans de Fort Boyard. Les 30 ans des Francofolies de La Rochelle... La Fête de la Musique, le 21 juin, à Montpellier. Toujours avec Daniela Lumbroso.

 

Nous allons faire, avec un grand bonheur, le troisième Village préféré des Français, avec Stephane Bern. C'est toujours avec joie que nous assistons à la mobilisation de tous ces villages de France qui fabriquent des savons, décorent les places des villages, et, grâce à ce programme, assistent à un accroissement des visites de touristes.

 

Nous mettrons à nouveau, cette année encore, le jardin à l'honneur, en prime, avec Le jardin préféré des Français

 

PdA : Quels sont vos rêves ? Rêves de concepts, de programmes, d'invités, rêves tout court...

 

N.A. : Top secret ! Mais... continuer à faire de belles émissions sur France 2, me réveiller le dimanche matin et voir que mes audiences sont belles... C'est le rêve de tous les dimanches matins, et la récompense du travail d'une équipe  ! 

 

PdA : Le grand public vous connaît sans doute d'abord pour le rôle de directrice que vous teniez à la Star Ac', il y a quelques années...

 

N.A. : La Star Ac' est une des grandes émissions auxquelles j’ai collaboré. Huit ans, avec ma société NAO. En coulisses, sur la direction artistique. Ce fut un immense plaisir, et, surtout, une grande joie de travailler aux côtés de Nikos (Aliagas, ndlr) qui est un des animateurs avec qui je rêve de travailler à nouveau. Mais la partie "médiatique", le rôle de la "directrice" représente 10% de ma carrière. Je l'ai accepté à la demande d'Étienne Mougeotte car Alexia Laroche-Joubert a eu des soucis personnels. Sinon, je n'aurais jamais fait de télé.

 

PdA : Avant France 2, vous comptiez surtout parmi les producteurs les plus influents de notre pays. Quels sont vos coups de cœur du moment, ceux que vous aimeriez nous faire découvrir ?

 

N.A. : Vous vous trompez, je n'ai jamais été productrice. J'ai travaillé à la radio : NRJ, RMC... comme responsable de la programmation musicale, puis comme programmatrice (cela veut dire programmer les personnalités sur les plateaux de télé : humour, musique, cinéma, théâtre, sport, politique...). J'ai travaillé pour Michel Drucker, Jean-Luc Delarue, Yves Mourousi, Marie-France Brière, Dominique Cantien, Max Guazzini, Arthur (je recommence demain, tellement cet animateur est créatif et drôle), Jean-Pierre Foucault, Guillaume Durand, Patrick Sébastien... et j'ai créé la première société de programmation indépendante, NAO (Nathalie André Organisation), mais j'ai produit peu d'émissions. J'en ai assuré la direction artistique, ce n'est pas pareil ! (Les doigts de votre serviteur ont ripé sur son clavier, mais c'est heureux, finalement, cela a permis, par cette mise au point, de découvrir ce métier méconnu, ndlr)

 

PdA : Que peut-on vous souhaiter, chère Nathalie André ?

 

N.A. : De continuer à m'amuser en travaillant beaucoup, comme je le fais actuellement.

 

D'arriver à dîner de temps en temps avec mon fils !

 

De ne jamais me laisser influencer par la politique ou par les réseaux, mais uniquement par mes coups de cœur et mon intuition.

 

De continuer à travailler avec les professionnels qui m'entourent, car j'apprends tous les jours à leurs côtés, que ce soient les personnes qui me dirigent ou les producteurs de talents avec qui je bosse dans la confiance : Franck Saurat pour Carson, Anne Marcassus pour DMLS TV, Marie Genest pour Fremantle, Laurence Jomand pour Starling, Gérard Pont pour Morgane, Catherine Barma pour TSE, Daniela Lumbroso pour Degel Prod... Et de faire de nouvelles rencontres, de développer de nouveaux projets, de continuer à soutenir tous les artistes et de faire découvrir sans cesse de nouveaux talents. 

 

J'aimerais aussi refaire travailler Bruno Guillon et Jérémy Michalak... 

 

PdA : Un message pour nos lecteurs ? Pour quelqu'un en particulier ?

 

N.A. : Je n'aime pas cette "guerre des chaînes", et j'aime particulièrement les moments où, entre concurrents, on se souhaite bonne chance, on se félicite, sur Twitter, sur Facebook, ou par texto, pendant nos émissions, le samedi soir ou autre, sans penser aux audiences, mais juste à reconnaître la qualité du travail des uns et des autres. Il n'y a rien de plus difficile que d'aimer faire un programme et de voir qu'il n'a pas marché, que ce soit sur France 2 ou sur une autre chaîne. 

 

Que mes "lecteurs" n'écoutent pas toujours ce qu'ils lisent sur internet et ne jugent pas trop vite sans savoir. Nous n'avons pas tous les mêmes budgets, les mêmes ambitions, les mêmes objectifs, nous essayons juste de leur faire plaisir. Je parle pour les divertissements et les jeux. Mais, tous les matins, à 9h, nous recevons les audiences, et, parfois, les jugements de personnes qui ne connaissent pas nos contraintes nous mettent en colère car nous sommes un des rares métiers où tout le monde a un avis, sans en connaître les coulisses ou, souvent, les contraintes que nous avons eues sur tel ou tel programme.

 

PdA : Un dernier mot ?

 

N.A. : Une phrase de Nelson Mandela, accrochée depuis vingt ans dans mon bureau : « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès » !

 

Il n'est pas de belle émission sans un bon animateur, sans tous ces techniciens formidables du spectacle qui, dans l'ombre, font des merveilles, sans le balayeur de plateau et sans le public qui nous regarde.

 

PdA : Merci infiniment...

 

N.A. : Merci à vous !

 

 

Merci pour tout, Nathalie André. Merci d'avoir joué le jeu, avec un enthousiasme communicatif ! Et vous, que pensez-vous des jeux et des divertissements proposés par France 2 ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Nathalie André...

 

1 novembre 2013

Virginie Duby-Muller : "Nous aurions dû instaurer l'union civile"

On ne les voit pas souvent, sur les plateaux télé, hors LCP. Ils ne comptent pas, chez les jeunes pousses de l'Assemblée, parmi les plus médiatisés, les plus media-friendlyIls n'ont jamais fait le News Show mais ils sont mus, eux aussi, par des valeurs, par des convictions profondes. Eux aussi ont reçu l'onction du suffrage universel. Leurs idées, ils les avancent avec, peut-être, un focus un peu plus localisé, un brin d'ego en moins. Quelques mois après le socialiste Pierre-Yves Le Borgn', voici Virginie Duby-Muller (UMP). Élue depuis l'année dernière de la quatrième circonscription de la Haute-Savoie (Annemasse, Saint-Julien-en-Genevois, Seyssel, Frangy), elle est, à 34 ans, l'une des benjamines de la chambre basse. Une exclusivité Paroles d'Actu. Par Nicolas Roche, alias Phil Defer. EXCLU

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF - PAROLES D'ACTU

VIRGINIE DUBY-MULLER

Députée UMP de la quatrième circonscription de la Haute-Savoie

 

« Nous aurions dû instaurer

l'union civile »

 

Virginie Duby-Muller

(Source de la photo : Virginie Duby-Muller)

 

Q : 31/08/13

R : 31/10/13

  

Paroles d'Actu : Bonjour Virginie Duby-Muller. En juin 2012, les électeurs de la Quatrième circonscription de la Haute-Savoie vous ont désignée pour siéger en leur nom à l'Assemblée Nationale, hémicycle dont vous êtes l'une des benjamines. Vous n'avez pas trente-quatre ans, à ce moment-là... Qu'avez-vous ressenti, lorsque vous avez eu connaissance de ce résultat ? À quoi, à qui avez-vous pensé ?

 

Virginie Duby-Muller : J’ai pensé à Claude Birraux, mon mentor, qui m’a passé le relais (elle fut sa collaboratrice entre 2007 et 2012, ndlr). Il a fait un choix qui a pu paraître audacieux en choisissant une femme, jeune, devenue mère de famille quelques mois auparavant et, qui plus est, blonde. L’opération a été réussie, au nom d’un renouvellement nécessaire du personnel politique et d’une représentation accrue de la jeunesse et des femmes !

 

J’ai pensé à ma famille, également, et tout spécialement à ma grand-mère, qui était de caractère, engagée, conseillère municipale et sage-femme. J’ai enfin pensé aux électeurs et aux électrices qui m’ont fait confiance, et à la responsabilité qu’ils m’avaient confiée.

 

PdA : Votre engagement à droite est ancien, vous avez adhéré au RPR l'année de vos dix-huit ans et citez parmi les valeurs qui vous sont chères « le travail, la méritocratie, la liberté et la responsabilité des individus ». Ces valeurs-là sont-elles, de votre point de vue, réellement mises à mal par les orientations suivies depuis un an par la majorité, par le gouvernement et par le président de la République ?

 

V.D.-M. : La France va mal. Les Français souffrent. Je reprendrai volontiers les propos de mon collègue UMP Hervé Mariton : « En 1981, la volonté était de changer la France, en 2013, l’objectif est de défaire la France ».

 

François Hollande avait promis un « changement » fondé sur soixante engagements. Souvenez-vous du « Moi, Président... » ! On assiste plutôt à la succession de soixante ratés, couacs et reniements. À force de renoncements, d’inélégances, d’ambiguïtés, de mauvaises décisions, le président de la République a perdu toute crédibilité et a aggravé la crise de notre pays, qui décline, tant d’un point de vue économique que sur le plan des valeurs.

 

Regardez les réformes imposées sans concertation, sur les rythmes scolaires, la remise en cause des auto-entrepreneurs, de la politique familiale, le matraquage fiscal... Pigeons, poussins, tondus, les Français sont étouffés !

 

PdA : Parmi vos combats récents, il y a ceux qui touchent à la famille. Vous vous êtes opposée à l'ouverture du droit au mariage pour les couples homosexuels et combattez toute banalisation de ce que l'on appelle communément la « théorie du genre ». Quel message adresseriez-vous à un(e) jeune homosexuel(le) ayant du mal à s'assumer, souffrant du regard des autres, et qui vivrait de bonne foi ces prises de positions comme une attaque portée contre ce qu'il (elle) est ?

 

V.D.-M. : Je me suis opposée au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe car il s’agissait d’une question sociétale dont l’ampleur est telle qu’elle méritait un référendum, et non une loi. Pour moi, le mariage doit rester celui d’un homme et d’une femme : c’est lié à la notion de famille. Mais ce qui m’inquiète plus, c’est l’instauration d’un droit à l’enfant, avec la PMA et la GPA. Avec cette loi, le gouvernement socialiste a obéi à un lobby, il a voulu réaliser une promesse de campagne qui a profondément clivé la société française.

 

Et, pour en revenir à votre question, je dirais à ce jeune homosexuel de s’en prendre au gouvernement socialiste qui a stigmatisé les homosexuels avec l’adoption d’une loi maladroite, alors que ce n’était pas le cas auparavant !

 

PdA : Sans transition... Je reprends l'une de vos déclarations récentes. « Beaucoup de gens ne connaissent pas le travail de député. Parfois, j'ai envie de leur dire, suivez-moi, une journée, une semaine. Le soir, on est sur les rotules... » À quoi ressemblent-t-ils, justement, votre quotidien, votre semaine de parlementaire ?

 

V.D.-M. : Je me suis imposée comme rythme de siéger à Paris les mardis et mercredis de façon incompressible. Le reste de la semaine, je rencontre les gens qui le souhaitent à mon bureau parlementaire, à Paris, ou à ma permanence, à Annemasse. Je travaille sur les dossiers en cours, je participe à des réunions, aux différentes manifestations ou visites de terrain. D’après la Constitution, notre rôle consiste à siéger à l’Assemblée nationale, mais il est essentiel de garder de la proximité avec son territoire.

 

PdA : Trouvez-vous quelques vertus au fait de siéger dans l'opposition à l'Assemblée ?

 

V.D.-M. : Le fait d’être dans l’opposition permet de ne pas être noyé dans la masse, surtout lorsque vous êtes primo-député, d’avoir plus de temps de parole, d’être mieux identifié. Même si j’aurais préféré que notre programme politique l’emporte, pour l’avenir de notre pays.

 

PdA : La pertinence ou non d'un « inventaire » sur la présidence Sarkozy fait débat actuellement au sein de l'UMP. Quel est votre avis sur la question ? Nourrissez-vous, en tant que militante, quelques regrets quant au quinquennat précédent ?

 

V.D.-M. : Jeudi 17 octobre 2013 s’est tenue, au siège de l’UMP, une convention sur l’évaluation de son action entre 2007 et 2012. Il ne s’agissait pas d’être dans l’inventaire, mais plutôt de définir les priorités à défendre pour l’alternance. Il s’agit de reprendre le fil des réformes engagées en 2007, plutôt que de le rompre. Car, on le voit bien, la politique conduite par les socialistes mène le pays au chaos ! Concernant le « mariage pour tous », par exemple, qui a clivé la société, il est peut-être dommage que nous n’ayons pas mis en place une « union civile » ?

 

PdA : Je laisse de côté la question des personnes, finalement assez secondaire et peu intéressante pour l'instant. Quelle doit être la ligne politique de l'UMP pour les années à venir ? Autour de quels grands axes, de quelles idées novatrices souhaiterez-vous articuler le projet d'alternance que vous proposerez aux Français ?

 

V.D.-M. : Nous devons faire preuve de courage en matière économique, d’autorité en matières de sécurité, de justice, d'immigration et de laïcité, et, enfin, de générosité sociale, sans assistanat.

 

La gestion du pays par les socialistes est calamiteuse. Cela fait plus d’un an et demi que la gauche est au pouvoir, et tous les indicateurs sont au rouge vif. Jamais la dette, les dépenses publiques et le matraquage fiscal n’ont été aussi élevés, et le pouvoir d’achat baisse. Face à cela, nous devons reprendre la main pour un sursaut français ! Les prochaines élections en seront la première occasion.

 

PdA : Retour à 2013... À l'Assemblée, à votre circonscription. Parlez-nous de la 4ème de Haute-Savoie ? Quelles sont ses spécificités ? Les priorités, les inquiétudes particulières de ses habitants ?

 

V.D.-M. : La 4e circonscription de la Haute-Savoie, qui a été remodelée en 2012, est un territoire varié, composé de 53 communes, à la fois rurales et urbaines. Sa spécificité est d’être une circonscription transfrontalière proche de Genève et de la Suisse. D’ailleurs, je me bats actuellement pour le maintien du droit d’option pour l’assurance maladie des travailleurs frontaliers, remis en cause par le gouvernement sans se soucier des conséquences économiques, sociales et humaines que cela va entraîner.

 

PdA : Quels sont les sujets sur lesquels vous aurez à cœur de faire entendre votre voix au sein de l'hémicycle ?

 

V.D.-M. : Les problématiques frontalières, la défense des classes moyennes, de la famille et de l’égalité hommes-femmes me tiennent à cœur. Mais les questions éducatives, l’audiovisuel, le numérique m’intéressent également. On ne peut pas intervenir sur tout, mais j’essaie de rester dans une démarche d’opposition constructive.

 

PdA : Quelles leçons avez-vous tirées de votre - déjà long ! - parcours politique jusqu'ici ?

 

V.D.-M. : La politique révèle les personnalités. Si je ne suis pas quelqu’un de rancunier, en revanche, je ne suis pas amnésique… Il faut que, seuls, vos convictions et votre sens de l’intérêt général guident vos décisions.

 

PdA : Qu'est-ce qui, finalement, fonde votre engagement dans la vie publique ?

 

V.D.-M. : Je suis optimiste. Il ne faut jamais se résigner, et rester fidèle à ses convictions !

 

PdA : Quels sont vos projets, vos envies, Virginie Duby-Muller ?

 

V.D.-M. : Je souhaite que l’on aide davantage les femmes à concilier vie professionnelle et familiale.

 

Je souhaite que les politiques publiques conduisent à une amélioration du niveau de vie lié au bonheur des gens, tel qu’il est intégré dans certains pays, comme le Bhoutan. Aujourd’hui, je trouve que le gouvernement manque de vision et qu’il nivelle notre pays par le bas.

 

PdA : Quelque chose à ajouter ? Vous avez carte blanche. Merci infiniment...

 

V.D.-M. : Aux jeunes : engagez-vous en politique ! Nous avons besoin d’oxygène !

 

 

Merci à vous, Virginie Duby-Muller, pour vos réponses, pour avoir respecté votre engagement. Merci également à Catherine Hurstel, sa collaboratrice parlementaire. Et vous, que vous inspirent les propos de Virginie Duby-Muller ? Postez vos réponses - et vos réactions - en commentaire ! Nicolas alias Phil Defer

 

 

Vous pouvez retrouver Virginie Duby-Muller...

 

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